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09 avril 2015

Chiens de traîneau, chiens d'attelage.

Découvrez la présentation pas-à-pas du dernier-né de ma collection de dessins.

En consultant en bas d'article les mises à jour régulières et annoncées,

vous découvrirez progressivement ce nouveau dessin  !

Dernière étape le JEUDI 9 AVRIL.

 

LUNDI 23 MARS 2015 (étape 1)

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Le plus souvent, les chiens de traîneau, chiens d’attelage par excellence, sont attachés deux par deux en ligne. Dans cette forme d’attelage nommée tandem double -la plus utilisée par les mushers, terme anglais pour meneurs de chiens-, les chiens sont attelés par deux, chaque chien étant attaché à une ligne centrale, la ligne de trait, par deux extrémités, par leur collier au niveau du cou et par un harnais au niveau du bas du dos, à l'origine de leur queue. 

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MERCREDI 25 MARS 2015 (étape 2)

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D’autres formes d’attelages existent selon le territoire dans lequel ils évoluent.

Dans le tandem double dont je vous parlais précédemment, les deux chiens de tête "font la trace", c'est-à-dire qu'ils préparent le terrain sur la neige fraîche et facilitent le passage des suivants qui avanceront ainsi plus aisément.  Cette forme d’attelage est le plus souvent utilisée pour les passages en forêt. L’on voit aussi parfois un attelage impair avec un seul leader, même si les chiens à sa suite sont disposés par deux...

Le tandem simple est préféré sur des pistes très étroites ou lorsque la neige est très profonde.  Les avantages de trace sont alors augmentés puisque chaque chien suit un seul guide qui peut être aidé, lorsque l’épaisseur de neige est trop importante, par le musher lui-même chaussé de raquettes et progressant pas à pas devant son attelage.  Mais avec ce type d’attelage plus long, les manœuvres –dans les virages par exemple- sont plus compliquées, et le démarrage de l’attelage est plus dur.  Les mushers privilégient alors de plus petits attelages...

attelage-tandem-simple.gifforme d'attelage simple

SAMEDI 28 MARS 2015 (étape 3 et 4)

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Moins répandu, l’attelage en éventail s’avère pourtant fort intéressant dans certaines circonstances.  Sans avoir besoin de faire de trace, les chiens se répartissent sur une plus grande largeur.  Principalement utilisé dans le Grand Nord, le Grand Blanc des Inuits vivant dans les régions arctiques du Groenland et de l’Amérique du Nord, c’est l’attelage idéal pour la chasse et les longs déplacements sur les territoires sans obstacles et les sols durs de la banquise enneigée et durcie par les vents qui soufflent. 

attelage-eventail-veritable.gifforme d'attelage en éventail véritable

 

Dans un attelage en éventail, chaque chien est plus libre que dans toute autre formation, pouvant courir plus aisément et davantage à son rythme.  Surtout, si un chien tombe dans une crevasse –comme lors d’une traversée d’un lac gelé- il n’emmène pas le reste de l’attelage avec lui et peut être sauvé plus facilement.

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DIMANCHE 29 MARS 2015 (étape 5)

L’inconvénient majeur d’une formation en éventail est la perte de puissance pour la traction.  Bien que dirigés à la voix et au claquement de fouet, tantôt à gauche tantôt à droite, les chiens sont parfois un peu trop écartés et l’énergie se perd dans plusieurs directions.

Les attelages en éventail de traîneaux à chiens peuvent se décliner sous une forme quelque peu différente que celle montrée hier sur le schéma : je vous en parlerai dès demain et vous présenterai la suite de ce dessin évolutif, si toutefois le rendez-vous vous convient.

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LUNDI 30 MARS 2015 (étape 6)

Dans l’éventail véritable, rappelé ci-dessous, chacun des chiens est directement relié au traîneau par une ligne de trait, toutes d’égale longueur.

attelage-eventail-veritable.gifforme d'attelage en éventail véritable

L’éventail allongé est semblable à l’attelage en éventail véritable, avec comme différence la longueur des lignes de traits : chaque chien est tenu à distance du traîneau à une longueur variable, selon les qualités et le rôle que le musher souhaite lui faire jouer dans l’attelage, les lignes de trait devenant progressivement plus longues lorsque l’on se rapproche des chiens centraux.  

attelage-eventail-allonge.gifforme d'attelage en éventail allongé

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 JEUDI 2 AVRIL 2015 (étape 7)

 L’attelage en éventail prend de l’ampleur : d'autres chiens le rejoindront-ils encore ? 

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 VENDREDI 3 AVRIL 2015 (étape 8)

Je ne sais à quelle race ces chiens appartiennent : sont-ils des husky sibériens, des malamutes d’Alaska, des esquimaux du Groenland, des samoyèdes, des alaskan huskies ?  Je me demande dans quelle mesure il est possible, même pour un spécialiste en races canines, de la déterminer en n’observant que cette seule photo de face ? 

Dès lors, sans connaissance particulière en la matière, je ne m'y risquerai pas !

Ce qui m’importe davantage, c'est le charme et la beauté de cette photo de chiens d'attelage ainsi unis dans l’effort, tirant un traîneau de prime abord invisible mais cependant bien réel, guidés par un musher dont la présence indispensable ne peut être décelée que par la silhouette de la tête et de l'épaule.  Le distinguez-vous, derrière l'un des chiens ?

Les chiens de traîneau, quelle que soit leur race, ont tous une silhouette, des comportements et instincts communs qui rappellent la loi du clan, propre à leurs ancêtres les loups !

Comme eux, ne sont-ils pas superbes ?  Leur corps solidement charpenté et leur tête de forme triangulaire où pointent des oreilles plutôt petites, bien dressées, attire immanquablement le regard.  Leur fourrure est double, avec un sous-poil cotonneux et une couche extérieure de poils denses et plus longs qui les protègent un peu plus encore du froid, du vent et de la neige.  Elle se prolonge en une queue retournée sur le dos.

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Les lois auxquelles ils se soumettent volontiers répondent chacune à l'instinct de conservation de l'espèce, qui prime dans la plupart des comportements animaux.  Avec, toutefois, des différences psychiques profondes par rapport au loup.  Mais tous préfèrent instinctivement la hiérarchie sociale de la meute à la solitude.  Comme dans une meute de loups, ils respectent un chef de groupe dominant qui s’impose comme étant le chien le plus fort physiquement et psychologiquement.

La comparaison s'arrêtera là...  Car leur réputation est excellente : l'on sympathisera naturellement, sans grande arrière-pensée, avec tout chien de ces races utilisées pour les attelages, en le regardant, l'admirant, le caressant.  Pourtant, leurs prédécesseurs, a contrario, souffrent d'un manque de considération  (depuis des siècles, l'homme a éprouvé une peur, une haine viscérale pour les loups qu'il décrit comme des animaux cruels, sanguinaires, lâches et sournois) qui, heureusement, disparaît progressivement...

DIMANCHE 5 AVRIL 2015 (étape 9)

Ils hurlent plutôt qu’ils n’aboient.  Un seul, souvent le chef de meute, entame une légère plainte lancinante qui va crescendo, et toute la troupe se met à l'unisson, quelques secondes ou plusieurs minutes, et en une fraction de seconde, tous s'arrêtent. Ces cris confirment qu’ils trouvent bien leurs origines dans les hordes sauvages de loups qui peuplent encore le Grand Nord. 

Ils communiquent entre eux par des mimiques diverses indiquant, pour celui qui est capable de les comprendre, la soumission (la plus spectaculaire : sur le dos, pattes en l'air, la gorge déployée et vulnérable) la provocation (pattes raides en se grandissant et en hérissant leur fourrure pour impressionner) ou simplement l’invitation au jeu. 

Dans un contexte polaire, ils s'avèrent être des chiens extrêmement durs, les places de la hiérarchie étant aussi enviées qu’enviables. Lorsque les motivations sont fortes, ils sont toujours prêts à grogner, à montrer les crocs.  Une bagarre est vite engagée, sans raison apparente, l’instinct ancestral des canidés sauvages bien présent.  Alors, le musher intervient rapidement, il faut en effet veiller à ce que cette attitude ne dégénère pas par la mort d’un chien.  Parfois, le seul son de sa voix calme les chiens.  Souvent, le chien le plus faible interrompt subitement le combat en adoptant l'une des positions de soumission. 

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LUNDI 6 AVRIL 2015 (étape 10)

N'est-il pas normal que, puisqu'ils descendent du loup, leur instinct de chasse soit très développé !  Mais mieux vaut être sur ses gardes : ils ne différencient pas la faune sauvage de la faune domestique !

D’aucuns leur attribue une réputation de férocité envers l'homme.  Cette réputation est totalement surfaite : ce sont des chiens très respectueux et amicaux s’ils sont bien éduqués.  D’ailleurs, on dit souvent... que les chiens ressemblent à leur maître !

Tous les chiens de traîneau ont en commun la conformation de leur corps, qui leur permet de courir devant un traîneau, et leur volonté de courir, le fameux "will to go" !  Mais attention : un vieil adage eskimo dit "Pas de pattes, pas de chien ".  Il prouve combien il est important pour le musher de prendre parfaitement soin des pattes de ses chiens, tant le contact répété avec la neige et la glace peut se révéler destructeur. Pour prévenir les problèmes, rien de mieux que des onguents spéciaux et les fameuses bottines, vues au moins une fois par tout spectateur sur une course de traîneaux à chiens.  Mais la bottine, pour amusante qu'elle soit, est une véritable nécessité et atteint un niveau de technicité important.  On en trouve en nylon épais, polypropylène, en Cordura (le tissu le plus résistant qui soit à l'abrasion), en fourrure polaire ou en kevlar tissé, selon le type de neige rencontré.

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LUNDI 6 AVRIL 2015 (étape 11 - étape finale - dessin achevé) 

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dessin 10 x 40 cm - mines de graphites 0,3 mm 4H, H, HB, B et 0,5 mm B

 

A voir, regarder, observer, analyser cette image dans ses moindres détails pour bien la percevoir afin de la dessiner au mieux...

A voir, regarder, observer, analyser ces chiens de traîneaux dans leurs moindres détails pour bien les percevoir afin de les dessiner au mieux...

A voir, regarder, observer, analyser, percevoir dans ses moindres détails - afin de le dessiner au mieux - cet attelage tout juste décelable par quelques centimètres de lignes de trait, devançant son musher tout juste perceptible par une forme de tête sombre et l'épaule couverte d'un épais manteau de fourrure...

... j'ai si souvent imaginé une meute de loups, tous pacifiques, lancée vers moi, à pleine vitesse, sur une vaste étendue enneigée, une meute de loups pacifiques lancée vers moi et qui pourrait être comparable à ce pacifique attelage de chiens de traîneaux... 

... j'ai si souvent réfléchi à ce manque de considération de certains hommes pour le loup, cette peur, cette haine viscérale dont je vous parlais précédemment, et qui serait, face à ce spectacle qui m'émerveille, totalement injustifiée et irrespectueuse...

 

Nous n'avions pour eux aucune haine.

Ils faisaient métier de loups comme nous faisions métier d'hommes.

Ils étaient créatures de Dieu.

Comme nous.

Ils étaient nés prédateurs.

Comme l'homme.

Mais ils étaient restés prédateurs, alors que l'homme était devenu destructeur.

 

Paul-Emile Victor

 

Paul Eugène Victor dit Paul-Émile Victor, né le 28 juin 1907 à Genève, décédé le 7 mars 1995 à Bora-Bora, était un explorateur polaire, scientifique, ethnologue, écrivain français, fondateur et patron des expédions polaires françaises durant 29 ans.

En 1936, il réalise l’exploit de traverser le Groenland en traîneaux à chiens, d'ouest en est, avec ses compagnons Robert Gessain, Michel Perez et le Danois Eigil Knuth.  Arrivé à l'est, il reste quatorze mois seul à Kangerlussatsiag au sein d'une famille Inuits "Comme un eskimo parmi les eskimos".

source : Wikipédia

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Mes sources d'information pour la rédaction de cet article :

Les races de chiens de traîneaux

Chiens et traîneaux magazine

Le blog de l'Outdoor qui a du chien

La ferme des Huskies

Futura - Sciences

Voyage Forum

 

 

 

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30 mars 2015

Histoire d'un dessin pas à pas, d'un portrait, d'un homme, d'un artiste d'exception.

Nouvelle publication d'un dessin déjà présenté en novembre 2014.

En consultant en bas d'article les mises à jour régulières,

vous découvrirez progressivement un nouveau dessin pas à pas

et l'histoire d'un portrait, d'un homme, d'un artiste d'exception !

- DERNIERE ETAPE CE JEUDI  27 NOVEMBRE -

LUNDI 24 NOVEMBRE

Lorsque je dessine un portrait, j'appréhende à chaque fois le moment où il s'agira de dessiner les yeux.

Plus encore avec cet œil dessiné tout récemment, fin de l'été, à lui seul débordant d'expression, élément central d'une superbe photo aimablement offerte par un ami photographe...

Plus encore parce que cet œil est celui de quelqu'un que je connais personnellement et que j'ai, ces dernières semaines, plus d'une fois rencontré, parfois longuement...

(Lorsque le dessin sera achevé, il vous paraîtra réussi s'il est beau et si vous ne connaissez pas le modèle, alors qu'il pourrait me décevoir s'il ne ressemble pas à ce modèle que je connais si bien.  Par contre, lorsque je dessine un visage d'après photo de quelqu'un qui m'est inconnu, je ne cours guère de risque si la "copie" n'est pas conforme à la réalité : l'essentiel est qu'elle soit belle et attire le regard des gens, le vôtre, le mien...)

En entamant mon dessin par cet œil, je choisis donc délibérément de commencer par le plus risqué et si je ne réussis pas, j'abandonnerai le projet !

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Apparemment, c'est réussi...

Je prends le risque et je continue, je persévère ! 

Travaillons les sourcils, les petites rides sous les yeux...

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Les sourcils, très importants pour préciser le regard, me paraissent réussis...  Continuons !

Il s'agit de ne pas exagérer l'importance des rides, ce qui assurément n'enchanterait pas le modèle (qui, à ce moment-là, ignore tout de mon projet !).

Difficile aussi, cette oreille : les réglages photographiques l'ont rendue floue et les détails n'apparaissent guère, ou pas du tout.  Je choisis, comme à l'habitude, une fidélité totale à la photo qui m'inspire et la rend tout aussi floue.

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Quelques cheveux au niveau des oreilles, imprécis eux aussi...  Un nez à dessiner tout en douceur, prolongé par une ride nettement marquée ; la lèvre supérieure et quelques poils montrant que notre homme n'était pas rasé de près au moment de la prise  de vue !

MARDI 25 NOVEMBRE

Je suis fébrile tant j'ai peur de rater les éléments entamés du visage : je commence le menton...

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Mes mines se concentrent tour à tour sur chaque partie du visage déjà entamée.  

Toujours et toujours angoissé à l'idée d'aller trop vite et de me tromper, je change d'endroit : je me lance maintenant sur la mèche de cheveux couronnant le front, que j'appréhende aussi depuis l'entame du dessin ; tout va bien, continuons les cheveux près de la tempe...

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Rassuré par la tournure que prend le dessin, je voyage sur la feuille, du menton et des lèvres aux cheveux, à la joue, aux tempes...

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Tout va bien, me semble-t-il... 

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Je ne suis pas mécontent du menton et des lèvres, en voie d'achèvement. 

Le front ne devrait pas être source de difficultés...

Si l'on me voyait pour l'instant, j'affiche un sourire plus ample que celui, discret de mon modèle.  Car le voici enfin, le dessin achevé, et avec lui, le défi relevé...

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Qui est l'auteur de cette photo qui m'a inspiré ?  A qui sont ces rides souriantes ? A qui appartient ce demi-visage à l’œil qui vous regarde, vous observe, intensément, comme pour analyser votre âme ?  Qui possède un tel regard vous scrutant au plus profond de vos sentiments et semblant percevoir vos rêves les plus secrets ?  Comment mes mines m'ont-elles mené vers lui ?  Pourquoi ai-je ressenti ce besoin de le dessiner, en secret, puis de le publier (car il vient d'être publié...) ? 

Vous trouverez réponses à ces questions en revenant demain, ce jeudi 27 novembre et en cliquant, tout simplement, sur l'image qui apparaîtra ci-dessous !

 

JEUDI 27 NOVEMBRE : CLIC SUR L'IMAGE POUR DECOUVRIR LA SUITE

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27 mars 2015

le dessin de Goupil le renard roux, maraudeur et gourmand : tout un roman !

Nouvelle publication d'un dessin déjà présenté en août 2014.

 

En consultant en bas d'article les mises à jour qui seront régulières,

vous verrez progressivement grandir ce renard,

connaîtrez son histoire, et les méfaits que l'on lui attribue !

LUNDI 11 AOÛT 2014

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Je me réjouis de vous présenter sous peu, à nouveau, les différentes étapes d'un dessin évolutif réalisé en 2009 (auparavant déjà proposées sur mon précédent blog Overblog). 

En guise d'alléchante mise en bouche pour ce jour, voyez ce tableau et les textes ci-dessous : ils vous donneront un avant-goût de ce qui se trame sous mes mines...

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M. Verlat,  "Retour du maraudeur" (1860)

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" ...  Mais si la loi de chasse accorde quelque faveur, à l’animal des bois poursuivi à force ouverte ;

si, avant de lâcher les chiens et de décocher la flèche, nous permettons au cerf de s’éloigner un peu,

le renard maraudeur n’a point les mêmes privilèges ; on le prend, on le tue, où et quand on le peut.  ... " 

Sir Walter Scott, poète et écrivain irlandais, 1771-1832

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« … A quelques centimètres du museau de renard, nageait une anguille insouciante dont les ondulations le fascinaient. Chaque fois qu'elle passait et repassait sous le reflet de ses crocs, goupil sentait au creux de son ventre un délicieux petit creux qu'il avait une irrésistible envie de combler. Ce n'était pas de la faim puisque, profitant de ce que le fermier avait passé sa nuit à courir les bois, il avait eu tout le loisir de se gaver de ses poules, de ses canards et de ses cailles. C'était autre chose, quelque chose d'inutile, sans doute, mais tellement agréable qu'il ne saurait être question d'y renoncer. C'était quelque chose à quoi les renards ne savent pas donner de nom et que parfois les hommes appellent gourmandise. Péché mortel... »

extrait de « La sittelle et le renard » (la Gourmandise) © Dominique Lemaire

(Dans le cadre du Festival Bibliobulle (Aizenay - Vendée) : la Gourmandise)
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La loi du plus fort ...

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... n'est pas toujours  ...

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... celle à laquelle on pense ! 

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 MERCREDI 13 AOÛT 2014

Bonjour.  Tout un roman que ce renard roux Goupil, maraudeur et gourmand, que je vous présenterai sous forme d'un dessin évolutif que j'intégrerai dans un article lui aussi évolutif !  Comme souvent, à intervalles réguliers, en mentionnant la date de mise à jour, j'ajouterai chaque nouvelle photo de l'avancement de mon dessin l'une à la suite de l'autre, le tout agrémenté parfois de quelques explications sur les mœurs du renard.

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Maître Renard, par l’odeur alléché, est-il parti visiter quelque poulailler ?

Si le renard a mauvaise réputation -on le dit invétéré mangeur de poules, lapins ou lièvres- , la réalité est pourtant bien différente. N’oublions pas son rôle d’efficace régulateur des pullulations de rongeurs dans les campagnes :  considérons-le avant tout comme un fantastique prédateur de rats, de souris ou de campagnols (il en mange entre 6000 et 10 000 par an ; on aurait un jour dénombré, ai-je lu, 48 campagnols des champs dans l’estomac d’un seul individu).  Bon nombre d’agriculteurs ne l’ignorent pas : de leurs tracteurs, ils le voient chasser, tôt le matin, dans les prairies fraîchement fauchées.

Par ailleurs, son régime alimentaire diversifié –qui varie selon le type d'habitat, la période de l'année et également, au cours de son existence, en fonction de son âge, de ses habitudes de chasse, de ses besoins nutritionnels et de ceux de sa portée- est constitué aussi bien de proies vivantes, de végétaux, que de déchets ménagers et de charognes et cadavres d'animaux, notamment les accidentés de la route (chats, hérissons, oiseaux...) qu'il glane ici et là. C'est dire son utilité.  Durant la bonne saison, les invertébrés -lombrics, coléoptères...- et les végétaux -baies, fruits...– complètent son menu, en fonction des disponibilités du moment.

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Maître Renard, par l’odeur alléché, aurait-il visité quelque poulailler ?  
A bientôt, ci-dessous, pour le savoir !..................................................................................................................................

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Je dois d'emblée vous prévenir : âmes sensibles, s'abstenir.  Les images qui  suivent risquent de choquer nos plus jeunes spectateurs.  Demandez à vos enfants, s'ils jouent près de vous voire sur vos genoux, de quitter des yeux quelques instants l'écran de votre ordinateur ...

Chers lecteurs, Goupil vous dit merci !  Oui.  Grâce à l’homme et aux modifications qu’il apporte à l’environnement, le renard trouve réunies de bonnes conditions pour s’installer et vivre heureux, tant à la campagne qu’en ville.

L’écologie, à la mode, se traduit à la campagne par une profusion de petits élevages - poulaillers, oiseaux d’ornement,… qui, souvent trop peu protégés par des grillages mal posés, sont une aubaine : il ne reste plus à notre animal rusé qu’à se servir.

Si, d’aventure, il ne trouve pas en ville de volatile à se mettre sous la dent, il ne s’en soucie guère.  Des déchets ménagers mis à sa disposition - parfois volontairement (nourrissage des animaux dans les parcs) – feront l’affaire : opportuniste, le renard "fait les poubelles" sans se gêner.

Le petit gibier disparaît-il dans les plaines à cause, notamment, des cultures intensives ?  Peu importe.  Faisans et perdrix se multiplient par contre : peu adaptés à la vie sauvage, ils sont pour lui des proies faciles.

Vous m'avez compris : la lutte était inégale et cette pauvre oie a perdu la vie ...

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Voici le sol couvert de racines, brindilles et feuilles mortes ...

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Ne trouvez-vous pas, maintenant que vous avez découvert cette proie,
que ce regard de renard n'est plus aussi amène, beau et gentil que précédemment ?


C'est avec cette provisoire vue d'ensemble de notre Goupil le maraudeur, 
que nous nous séparerons aujourd'hui ! 
A très bientôt pour la suite ...

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DIMANCHE 17 AOÛT 2014

 A votre avis, Goupil le maraudeur vit-il seul, en couple ou en bande ? 

Quelle que soit votre réponse, je vous donne raison. 

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Pourquoi ?  La réponse est simple : tout dépend de son milieu de vie. 

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Que son environnement soit pauvre en ressources alimentaires et le renard vivra en solitaire : seule la période de rut l’incitera à rencontrer un congénère.  Un milieu plus favorable l’autorisera à vivre en couple l’année durant.  Une pullulation de rongeurs -et donc un garde-manger bien achalandé- lui permettra d’adopter un mode de vie communautaire.  Des bandes hiérarchisées se formeront alors, constituées d’un mâle dominant, d’au moins une femelle dominante reproductrice, et de quelques individus de rang subalterne, en l’occurrence des femelles non reproductrices dont la mission sera de participer à l’alimentation et à l’éducation des renardeaux.  Dès lors, les groupes de renards hiérarchisés occuperont un territoire bien délimité -inversement proportionnel, la logique étant ainsi respectée, à la quantité de nourriture disponible- qu’ils marqueront et défendront.  Dès lors, les renards solitaires seront itinérants mais prêts à occuper un espace dès qu’il se libérera.

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Mais alors, qu’en est-il de la progéniture, des rejetons lorsqu’ils sont capables de voler de leurs propres ailes ? (pardonnez-moi cette expression de circonstance pouvant paraître un tantinet déplacée !) 

Vers la fin de l'été, les jeunes renards quitteront le territoire parental et se disperseront en quête d'un nouvel espace de vie ou d'une place vacante dans un groupe social. Les jeunes mâles entameront des déplacements généralement plus importants que leurs homologues féminins (entre 5 et 25 km, rarement au-delà de 30), qui peuvent rester dans le territoire parental, et occuperont alors une position subalterne dans la hiérarchie du groupe social.

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La proie a souffert, pas trop longtemps, je l'espère.

Notre Goupil le maraudeur s'est montré le plus fort mais la lutté était inégale.

(Rassurez-vous : il n'a pas perdu une patte dans l'aventure, il n'est pas "unipattiste" !)

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MERCREDI 20 AOÛT 2014

Le dessin évolue, lentement ; peut-être trop lentement à votre goût, cher ami lecteur ?

Vous savez que le niveau de précision que je cherche à atteindre me force à une extrême rigueur et à une grande lenteur !  Les détails supplémentaires que vous découvrirez aujourd’hui ont nécessité, à l'époque, une quinzaine d’heures…

Deux de ces trois poignées d’heures m'ont permis de dessiner la souche sur laquelle notre renard se campe.  La photo qui m'a inspiré, à cet endroit, était un peu floue : pour représenter des détails, j’ai ajouté à l’avant-plan quelques feuilles mortes, brindilles et autres petits champignons des bois.

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Avez-vous remarqué ?

Goupil le maraudeur continue à grandir sous mon portemine : d’unipattiste, il est devenu bipède.

Grâce à la troisième poignée d’heures !

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Le pelage de l’entrejambe et de son torse, sous le cou arraché de l’oie, est achevé.  Ce ne fut pas une mince affaire : difficile de transformer en noir et blanc ces feuilles mortes, ces débris végétaux collés sur ce cou déplumé et sanguinolent, sur le poil du renard !  J’avais envie d’essayer de colorer en rouge : je n’ai pas osé, c'eût été trop cruel...

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Gros plan sur mes pattes ...

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De bipède, je suis enfin devenu quadrupède !

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  Mon arrière-train et mon pelage me mettent à mon avantage, je trouve ...

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Il est stoïque : sans doute a-t-il été surpris par le photographe …

Clic-clac, clic-clac, clic-clac, clic-clac ... Photo !

Un photographe ?  S'il vous racontait lui-même l'histoire de sa photo ?

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DIMANCHE 24 AOÛT 2014

Jean-Claude Dechamps, le photographe,

nous raconte la passionnante histoire de sa photo :

je vous invite à la découvrir en suivant   ce lien...

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MERCREDI 27 AOÛT 2014

Cette histoire de Goupil le renard, contée par le photographe Jean-Claude Dechamps, se termine par ces mots : 

« ... il s'agissait certainement là d'une proie tentante et exceptionnelle qu'un imprudent avait sans doute oublié de protéger.  N'oublions pas que le renard, en détruisant quantité de micromammifères, est un des meilleurs alliés de nos agriculteurs.  A ce titre, il mérite bien, sans doute, une récompense gastronomique de temps à autre : tout travail mérite salaire...».

Ce regard bienveillant qu'il porte sur l'animal ne doit cependant pas nous faire oublier que, depuis plusieurs décennies, l’homme a tenté de le supprimer : parce que, dans l’esprit du public, il passe pour un invétéré mangeur de poules ; parce qu’il dérange lorsqu’il implante ses terriers à proximité des habitations humaines, dans des endroits pour le moins inattendus ; parce qu’il fait les poubelles et visite les dépotoirs ; parce qu’il est vecteur de la rage, cette maladie virale mortelle pour l’homme...

Mais à quoi bon s’efforcer d’exterminer le renard ? 

Voici, en conclusion à ce long article évolutif, une tentative de réponse...

Le renard n’est pas en surnombre parce que, par définition, un prédateur ne peut jamais être en surnombre.  Les études scientifiques attestent que la densité de population d'un prédateur, quel qu’il soit, est fonction avant tout de la disponibilité du milieu en proies. Si celles du renard sont abondantes, s'il y a pullulation de rongeurs par exemple, ses nichées seront fournies. Si la nourriture vient à manquer sur le territoire, le nombre de renards diminuera en conséquence, par interaction des mécanismes de mortalité importante, de dispersion et de concurrence territoriale.

Les populations de renards n’ont jamais été régulées par les superprédateurs, aujourd’hui disparus de la plupart de nos régions, que sont l’ours, le loup ou le lynx.  Aucun d’eux n’a jamais été capable de les infléchir, même s’ils capturaient à l'occasion l'un ou l'autre renardeau ou adulte.  Seul, dans mes contrées belges, le hibou grand-duc peut, parfois, l’attaquer, le blesser, rarement le tuer.

L’homme, dans ce rôle de régulateur, se révèle lui aussi totalement inefficace.  Souvenez-vous (si votre âge vous y autorise !) : alors que des centaines de milliers de renards étaient annuellement massacrés en Europe, au cours des années 1980 – 1990, au plus fort de l'épidémie de rage, jamais les populations ne se sont si bien maintenues ; en Belgique, les renards étaient moins répandus avant l'apparition de l'épidémie, au début des années soixante, que lorsque cette dernière atteignait son pic maximal d'incidence et que la lutte contre le renard était la plus intensive !

On peut donc légitimement se poser la question de l'utilité de tenter la destruction du renard...  Tout au plus peut-on stabiliser ses effectifs en limitant les ressources alimentaires accessibles à cet omnivore opportuniste :

en encourageant les propriétaires de petits poulaillers à grillager efficacement leur élevage ;

en privilégiant l'utilisation de poubelles rigides à la place des sacs poubelles ;

en encourageant les agriculteurs et les chasseurs à maintenir et restaurer, dans les plaines, des habitats favorables au petit gibier (bandes herbeuses, jachères, haies,...) ;

en obligeant les agriculteurs à enterrer les arrière-faix de leur bétail après les mises bas, et les chasseurs à enterrer les viscères du gibier et les animaux non consommables abattus...

 

A quoi bon s'efforcer d’exterminer le renard ?

Sachons tout simplement vivre avec lui !

Sources  http://www.aves.be

 

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© Jc Dechamps - pour blog                            

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A VOS AGENDAS !

PROCHAIN DESSIN : DEBUT SEPTEMBRE

 

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17 mars 2015

Achala, nomade, Achala, Rabari. Second portrait.

Nouvelle publication d'un dessin déjà présenté en janvier 2015.

 

En ce premier jour d'une année que je vous souhaite remplie de moments heureux, je vous invite à un deuxième voyage - avec un second portrait - à la rencontre d'Achala le Rabari, ce pasteur nomade de l'Inde que nous avions déjà croisé le 4 août de l'an dernier, sous le titre

Achala, nomade, Achala, Rabari

(Un clic sur le lien proposé vous permettra de retrouver l'histoire des Rabaris et de ce premier dessin.)

Rabari signifie "hors du chemin".

En effet, depuis tant et tant de siècles, ce peuple de pasteurs nomades parcourt les territoires du Gudjarat, du Pendjab, du Harayana et du Rajasthan, situés le long de la frontière avec le Pakistan.  Ils seraient originaires du Baluchistan (une région du Pakistan), et auraient migré vers l'Inde il y a plus d'un millénaire.  Certaines sources les apparentent parfois au peuple des Tsiganes.  Le mythe décrivant les origines des Rabaris raconte que leurs hommes ont épousé les Apsaras, ces demi-déesses, des nymphes célestes à la beauté séduisante qui habitaient les cieux et les airs et marchaient sur l’eau...

Mais les Rabaris ont déjà cessé ...

d'être ce qu'ils sont ... ... pour pouvoir survivre !

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Photo © Hervé Blandin

   Photo © Hervé Blandin

Voici à nouveau ce premier portrait d'Achala le nomade, d'Achala leRabari 

que vous venez de retrouver en cliquant sur le lien proposé plus haut

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 "ACHALA, LE BERGER NOMADE RABARI" -  25 x 37 cm

Le voici, ci-dessous, en photo noir et blanc et couleur.

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En primeur et en guise de présent en ce jour de l'an neuf, voici ce nouveau portrait d'Achala que je vous annonçais en début d'article, un portrait jamais encore exposé ou montré à quelqu'un, un portrait que je tenais secret depuis quelques jours avant de vous l'offrir, ici :

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  "ACHALA, LE BERGER NOMADE RABARI" -  30 x 40 cm

 

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Je vous souhaite une très, très belle année !

Que vos projets et rêves se réalisent !

Que la santé soit votre compagne

dans vos faits et gestes de chaque jour de 2015 !