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mercredi, 22 février 2017

Le Maître et son Rapace : la force du Regard

Depuis ce 12 janvier 2017, voici l’histoire d’un dessin, d’une photo,
d’un homme hors du commun !
 

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   Dernière modification ce MERCREDI 22 février.  

   Prochaine mise à jour ce SAMEDI 25 février en soirée.  


Il me plaisait de remémorer ici, sur Hautetfort, cette histoire déjà publiée une première fois sur mon précédent blog Overblog, aujourd'hui délaissé. Le dessin que vous allez (re)découvrir m'a permis de vivre une histoire personnelle riche et émouvante.

L'article sera mis à jour régulièrement, grâce à de nouveaux éléments, apportés en fin de page. Ces mises à jour seront chaque fois annoncées en haut et bas d'article.

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JEUDI 12 JANVIER 2017

Aujourd’hui, je suis impatient et heureux de vous présenter le début de l’histoire de cet être d'exception, Monsieur Jean-Pierre Vergès, et et de son hibou grand-duc.

Vous l'avez probablement remarqué, depuis le temps que j'écris des articles pour mes blogs : c'est dans ma nature, j'ai besoin d'en savoir toujours plus, encore et encore, à propos des dessins que je réalise. Puisque chacun d'eux trouve son inspiration dans une photo, parfois personnelle, qui m’a attiré et qui repose - pour celui qui a appuyé sur le déclencheur - sur l’envie de garder en souvenir un instant visuel privilégié et exceptionnel, je cherche à comprendre tout ce qui entoure cet instant devenu définitif et ce qu’il signifie. Et si j'ignore tout de l'origine d'une photo, je cherche à la découvrir, j'entreprends de longues et captivantes recherches pour mieux cerner ce qu'elle représente. Cette démarche me passionne à chaque fois.

Trêve de bavardages : commençons donc par ... le début de cette histoire !

Nous sommes en 2004. Des amis venus des Pays-Bas, Mirjam et Sébastien, me font découvrir une impressionnante photo chargée pour eux de souvenirs et d'émotions, ça se lit dans leurs yeux, ça s'entend dans leur voix : ce regard que la pellicule a gravé me charme dès le premier coup d’œil. A ce moment déjà, ils me parlent de ce hibou grand-duc et de son Maître. Je me lance alors le défi de les dessiner méthodiquement avec la pointe de mes portemines : nul doute, le plaisir promet d'être au rendez-vous : il sera immense !

Avant d'apposer ma signature au bas de ce dessin, il m'a bien sûr été nécessaire de me pencher de longues heures sur ce puissant échange de regards. C'est sûr, à mes yeux : ces deux-là, immortalisés sur la pellicule, se connaissent parfaitement et sont même inséparables. Cela se devine, cela se voit ! Mais qui est le Maître, est-ce l’Homme ou le Grand-Duc ? Ne sont-ils pas, simplement, compagnons ? L’oiseau soutient, immobile et fier, ce regard, aussi autoritaire que respectueux, qui le fixe et l’observe. Quelle intensité ! Leurs yeux se parlent, mais ne se défient pas. Pourquoi en auraient-ils besoin ?

 

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01 - dresseur - gros plan visage

Ils s’apprécient !

04 - hibou - gros plan

Ils s'aiment !

Cher lecteur, chère lectrice, pour vous, pour moi, j'ai cherché, cinq ans plus tard, à connaître plus en détails leur histoire, celle de mon dessin : la voici, telle que mes amis me l’ont alors contée plus en détails en 2009, la voici avec tout ce que j'ai pu y ajouter moi-même par la suite...

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DIMANCHE 15 JANVIER 2017

Tout d'abord, parlons de Marc. Néerlandais lui aussi, il est à la fois artiste, artisan, réputé restaurateur d’antiquités, forgeron et horloger. Mirjam et Sébastien le comptent parmi leurs proches. En 1990, Marc quitte son pays pour un long pèlerinage qui doit le mener à Saint-Jacques-de-Compostelle. En cheminant dans le sud de la France, il rencontre un autre pèlerin, Jean-Pierre, accompagné de son chien et d'un faucon - pèlerin, lui aussi !- juché sur son épaule : lui s’est mis en route depuis son village natal. Il est Catalan et habite au pied du massif du Canigou, dans les Pyrénées-Orientales.

Marc apprécie très vite la compagnie de cet homme jovial et chaleureux, portant un fin collier de barbe blanche bien soigné, et coiffé comme il se doit - vu ses origines - d'un chapeau rouge. Ils sympathisent et marchent ensemble, à l'unisson, dans un but commun propice à la création de liens profonds et durables.

Effectivement : ils se lient d'amitié. Chaque année, Marc et son épouse Linda prennent la route vers le Sud, destination le Vallespir, la vallée du fleuve Le Tech, où Jean-Pierre les accueille. Bientôt, les deux passions de Jean-Pierre, les rapaces et les vieilles pierres, n'ont plus de secrets pour eux.

Les rapaces ? C’est que le faucon pèlerin que Marc a connu sur les chemins de Compostelle n’est pas le seul oiseau de ce sympathique compagnon de voyage : le Catalan recueille et héberge tous les rapaces blessés et malades, victimes d’accidents ou d’empoisonnement qui, sans son aide, périraient. Sa maison est un refuge, il sauve et ramène à la vie tous ces oiseaux sauvages en perdition qu’on lui apporte de toute la région.

Les vieilles pierres ? Depuis 1981, bien plus que son Président, Jean-Pierre est l'âme d'une association de bénévoles comptant beaucoup de jeunes, s'occupant de la restauration et de la reconstruction d'une vieille église romane située à deux pas de chez lui, près de Sant Marti de Cortsavi, consacrée en 993, reconstruite une première fois en 1159, église paroissiale du XVIe siècle, et abandonnée depuis.

Marc et son épouse, quant ils rencontrent nos amis communs néerlandais, sont intarissables : ils parlent, racontent, et au travers de toutes ces confidences, Mirjam et Sébastien découvrent un être d’exception qu’ils ont envie, eux aussi, de rencontrer. Mais Marc décède suite à une longue et pénible maladie… 

Leur rêve prend tout de même forme : ce sera un hommage à leur ami ! La tête emplie de tous ces souvenirs qui leur ont été confiés, ils partent, en 2003, dans les Pyrénées, dans le but de rencontrer l’ami de leurs amis, dans le but de connaître cet homme passionné, comme eux, de nature et de culture, dans le but de voir de leurs propres yeux ces rapaces blessés qu’il recueille chez lui, dans le but d'admirer la reconstruction de cette église. Très ému, Jean-Pierre les accueille chaleureusement : eux ont l’impression de l’avoir toujours connu !

En arrivant chez lui à Arles-sur-Tech, on est accueilli par poules et poussins, mais aussi chiens, canards et oies, et surtout rapaces qui prennent l'air au soleil, retenus à des blocs ou piquets par des longes et tourets. Le plus impressionnant de tous, précisent-ils, c'est ce hibou grand-duc recueilli à l'époque tout jeune et blessé, encore avec ses plumes de duvet, et qui ne pouvait plus que voleter. Notre homme le soigne comme son enfant. A l’intérieur de la maison, le ménage d’un homme seul ; sur l’armoire, une photo-souvenir de sa maman, décédée, dont il s’est occupé jusqu’à la fin.

Quant à l’église Sant Martí de Cortsavi, son autre passion, ils m'invitent à la découvrir sur ce site présentant dans ses moindres détails l’historique, l’architecture et l’incroyable travail de l’association que Monsieur Vergès a créée en 1981, appelée  "Salvaguarda de Sant Martí de Cortsavi".

http://www.guideduvallespir.com/accueil/vallespir-tourism...

Vous vous en doutez, l'histoire ne s'arrête pas ici : lorsque je l'ai publiée sur mon précédent blog en janvier 2010, il y a tout juste sept ans, elle ne faisait, mais je ne m'en doutais pas encore vraiment, que commencer.  Permettez-moi de vous demander de patienter quelques jours, tout au plus jusqu'au prochain week-end, pour en découvrir la suite...

 

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Prochaine mise à jour le dimanche 22 janvier en journée.

 

DIMANCHE 22 JANVIER 2017

Un matin d'octobre 2009 (le dessin était encadré depuis cinq ans déjà), mes amis Mirjam et Sébastien prennent une tasse de café et un petit verre chez moi. Nous parlons de loisirs, de la société (nous refaisons un peu le monde !), de mes récents dessins au portemine, de Jean-Pierre et bien sûr de son fidèle compagnon grand-duc...

Qui  de nous émet l'excellente idée de prendre de ses nouvelles ? Je ne sais plus, mais peu importe. L'idée se concrétise bientôt : je photocopie mon dessin et Mirjam le joint à une lettre.

De mon côté, quelques recherches sur internet me mènent au site internet d'Arles-sur-Tech (en catalan : Arles de Tec - voir note ci-dessous) avec quelques liens qui m'intéressent beaucoup (j'y reviendrai).

Note :
Merci à M. Jean Pla Sabadell, conseiller municipal à la commune d'Arles, qui m'informa plus tard, lors d'un échange de courrier, que Arles-sur-Tech est le nom francisé d'Arles de Tec en catalan : le h, poursuivait-il, a été introduit on ne sait trop par qui ni pourquoi, en tout cas, par quelqu'un qui ne connaissait sans doute rien du catalan. Peut-être s'agissait-il d'un technocrate parisien qui, lors de la francisation forcée par l’État français des noms catalans, a ainsi reproduit le "h" du mot "technocrate".

Le 23 novembre, Jean-Pierre répond à mes amis. La veille de Noël, ils me parlent de cette lettre et me l'envoient, scannée, quelques jours plus tard... Pour moi, un cadeau venu du ciel. 

 

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Cette lettre est avant tout le reflet de sa bonté et de sa gentillesse. Jean-Pierre parle d'Arthuro, de Sant Marti de Cortsavi, de quelques malheureux soucis de santé qu'il explique avec philosophie et humour, et ses pensées vont aussi vers Linda ; je vous ai parlé moi-même de tout cela, c'est un peu comme s'il me répondait, comme s'il tenait à nous expliquer. Ces mots font chaud au cœur. Et quel bel en-tête de lettre avec cette maxime qui lui va comme un gant (de fauconnier) : la beauté est dans l’œil de celui qui regarde. 
 

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Après avoir lu cette lettre, je n'ai qu'une envie, montrer mon dessin sur le blog, raconter cette histoire de Jean-Pierre et de son grand-duc que j'ai commencée par la fin, peut-être le faire savoir dans son village, parmi ses amis que j'imagine nombreux : tout cela à la condition bien sûr que quelqu'un, là-bas parmi ses proches, trouve l'idée plaisante et lui demande son accord. Mais qui contacter ? Non, pas son association de sauvegarde de Sant Marti de Cortsavi dont il est Président : je n'ose pas, d'autant plus que je voudrais le surprendre, par l'intermédiaire d'un de ses proches !


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A quelle porte frapper ? A qui écrire ? En voyageant sur les liens du site de la municipalité d'Arles-sur-Tech (je vous avais promis d'y revenir), je découvre le site internet d'une bien sympathique chorale.
 
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Les quelques mots que je lis sur ce site me réjouissent énormément !

"Après deux mois de vacances, l’Ensemble Vocal a repris ses activités par un stage de 3 jours à Corsavy, les 4-5 et 6 septembre. Ce stage a été suivi d’un concert, dont le bénéfice est allé à l’association “Salvaguarda de SantMarti de Cortsavi”, concert donné dans la vieille église restaurée par notre ami Jean-Pierre Vergès. L’émotion était au rendez-vous. Concert et journée inoubliable." (J. Weckel)

Chef de choeur : Thomas DELIGNY - Présidente : Josiane WECKEL

 
Ainsi, je trouve, en la personne de la Présidente Josiane Weckel, une amie qui l'apprécie beaucoup ! L'adresse de messagerie de cette dame est mentionnée. Fébrile, je lui écris un message dont vous devinez la teneur. Je me présente et lui propose de découvrir mes dessins à travers mon blog. Surtout, je lui explique en quelques mots comment m'est venue l'idée de dessiner le fauconnier et son grand-duc (un dessin dont il a reçu il y a peu de temps une copie format A4). Je lui envoie bien sûr une image JPEG du dessin et lui propose de demander à Monsieur Vergès s'il accepte que je raconte sur mon blog son histoire, tout en se prêtant à un petit interview. Et elle me répond...
 
Jeudi prochain, je vous montrerai la réponse reçue :
quelle joie, quelle émotion, en lisant et relisant les mots qu'elle contient...

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 JEUDI 26 JANVIER 2017

... et elle me répond très vite, le 4 janvier 2010, en ces termes...

 

Je viens de prendre connaissance de votre émail au sujet de Jean-Pierre Vergès. Je ne suis pas surprise de l'effet qu'a produit sur vous la photo de Jean-Pierre, et votre dessin lui rend hommage. Sa forte personnalité, sa détermination se lisent sur son visage, mais son cœur, sa générosité et sa gentillesse ne se comprennent qu'à son contact, et si vous ne le connaissez pas encore, je vous recommande de le faire sans tarder.
 
Bien sûr, je serai heureuse de faire connaître votre blog, je vais faire le nécessaire auprès des membres de l'Ensemble vocal, mais aussi auprès de l'association théâtrale d'Arles/Tech et des autres associations.
 
Je suis allée voir votre blog et j'ai pu voir (trop vite, mais j'y reviendrai) vos dessins et vos commentaires qui rendent vos dessins encore plus intéressants.
 
Je vous remercie de me donner l'occasion de rendre un peu à Jean-Pierre ce qu' il nous donne si généreusement : son amitié.
 
Avec tous mes sincères remerciements,
Josiane Weckel.
 

J'osais à peine espérer un accueil aussi immédiat et chaleureux.

Le contact est créé et gardé ; nous convenons de la date de publication de l'article, le mardi 26 janvier.
 
Le samedi 23 janvier, je reçois cet important courriel de Josiane :
 

23 JANVIER 2010
 
Voilà c'est fait, du moins une partie. Chaque personne que j'ai prévenue en fera autant de son côté.
J'ai pu voir Jean-Pierre entre deux Galettes des rois :-))).  Je lui ai dit deux mots sur votre projet. Il a été très étonné qu'on parle de lui aussi loin. (toujours aussi modeste notre Jean-Pierre).
Il n' a pas Internet, mais une de ses amies proche, Ingrid, s'en occupe à sa place. Voici son adresse : (...) 
Le lendemain il a mis ces photos dans ma boîte à lettres pour que je vous les envoie. Je les ai scannées...

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Actuellement il est très préoccupé par la recherche de fonds pour la construction du clocher de Sant Marti. Ce n'est pas une chose facile pour lui.
Voilà ce que je peux faire pour l'instant, je vais aussi imprimer quelques cartes avec l'adresse de votre blog, car je n'ai malheureusement pas les adresses mail de tout le monde.
Je fais bien sûr cela pour Jean-Pierre, mais j'estime aussi que votre blog vaut le détour, je n'ai pas encore tout vu, car le temps me fait parfois défaut.... Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais depuis la retraite le temps passe plus vite :-))) 
En tout cas vous avez beaucoup de talent et pour les dessins et pour la forme originale de les mettre en valeur.
J'attends impatiemment la parution de votre article sur Jean-Pierre. A bientôt, Josiane.
 
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 DIMANCHE 29 JANVIER 2017

L'histoire présentée ci-dessus peut donc être publiée. Et je m'y attelle sans tarder.

Quel étrange sentiment de savoir qu'à mille km de chez moi, de nombreuses personnes attendent...

Bien sûr, j'accompagne la publication du dessin complet :

 
"Le Maître et son rapace ou la force du regard"
 
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 Prendre une belle photo, c’est commencer une histoire par la fin ! "
(Valérie ZENATTI, journaliste, professeur, traductrice et romancière d'origine juive)

Deux jours plus tard, Jean-Pierre m'écrit déjà par l'intermédiaire d'Ingrid, une voisine et amie de longue date...

Cher ami,

Merci pour le blog......... c'est super et je suis heureux que vous mettiez mon Grand-Duc en valeur.

Je suis émerveillé (et le mot est faible !) par la qualité de vos dessins, pleins de vie !

Comme fauconnier sachez bien que je n'utilise jamais de cage car jamais un fauconnier ne met un rapace - quel qu'il soit - en cage (blocs de faucons ou d'autours, longe, tourets........ oui ! mais surtout jamais de cage car les rapaces se blessent la cire du bec, dès qu'ils sont en cage........... C'est la raison pour laquelle nous ne pouvons que les "jardiner", terme de fauconnerie : blocs dans un pré ou une pelouse).

En ce qui concerne le Grand-Duc (son nom est Arthur) : c'était un jeune grand-duc, blessé malheureusement par un coup de feu........... un vétérinaire a essayé de le sauver, puis me l'a confié car il avait perdu une partie de ses capacités pour chasser et n'a jamais pu récupérer de cet handicap : il peut "voleter" mais nous restons ensemble obligatoirement........... ad vitam aeternam............

Merci pour tout et mes amitiés à Linda, Myriam et Sébastien.

Je n'ai jamais oublié Marc Van Baars - un homme hors du commun qui m'a aidé sur le "chemin".

Jean Pierre Vergès

 

Très vite après la parution de l'article, je reçois aussi des témoignages via ma boîte de messagerie personnelle. C'est merveilleux, Jean-Pierre, là-bas, au pied des Pyrénées, fait l'unanimité : ses qualités humaines sont à chaque fois mises en exergue. Je mesure, à travers tous ces mots, l'ampleur de ces valeurs essentielles que sont l'estime, le respect et l'amitié qui le lient à chacun de ses amis. Je le pressentais, en introduction à cette histoire, Monsieur Vergès est un Homme d'Exception : je l'avais d'emblée perçu en découvrant la photo. Mes amis me l'avaient dit ; sans savoir qu'un jour j'en parlerais de cette manière.
 
Voici ce que m'écrit Josiane, Présidente de la chorale, qui a parlé de la publication de l'article dans son entourage et communiqué mon adresse email...

Cher Jean-Claude, à la lecture de votre blog, l'émotion est partagée des deux côtés. Il y a d'un côté l'émotion de voir Jean-Pierre mis à l'honneur, et de l’autre l'émotion de la découverte de votre talent. J'ai eu un peu de temps pour me promener à l'intérieur du blog, je n'ai pas encore tout vu ni tout lu, mais ce que j'y vois me plaît tellement.

Lorsque j'aurai tout exploré je vous dirai ce qui m'a le plus touché. Jusqu'à présent c'est la souffrance que j'ai lue sur le visage d'un petit garçon qui porte des briques trop lourdes pour lui, et le regard du renard dans lequel je n'ai vu aucune cruauté, mais une détermination.  Je ne connais pas assez la technique du dessin pour oser simplement donner un avis. La seule chose qui me vient à l'esprit, c'est le mot "merveilleux". Tout est merveilleux. 

Voilà, vous en faites ce que vous voulez  :-)))

Je viens d'écrire ce poème, très vite, c'est maladroit mais je ne le renie pas...

Dites-moi pourquoi je ne suis pas étonnée

Que notre ami Jean-Pierre soit ainsi honoré ?

Vous ne le connaissez pas ?  Je vais vous en parler :

Il a l’aspect d’un roc, de cette pierre dure

Que durant des années il a su façonner.

De sa jeunesse il n’a plus l’élégante stature,

Mais son regard est plein de générosité.

Il vous parle d’oiseaux, d’abeilles et de pierres

Avec un enthousiasme qui vous les fait aimer.

Mais son plus grand amour je sais que c’est sa Terre

Celle de ses racines, ce sont ses Pyrénées.

Cette belle rencontre de Jean-Claude et Jean-Pierre

N'est pas due au hasard, c’est bien plus que cela

Une chaîne d’amitié qui passe les frontières

Il  y a fort à parier qu’ils n’en resteront pas là.

Un grand Merci Jean-Claude,

Un grand Merci Jean-Pierre,

Vous êtes tous les deux des êtres exceptionnels.

Et puis il y a la suite du courriel de Josiane, qui a elle-même reçu des messages qu'elle me transmet...

De Marie-Claire : "Un régal, ce site".

De Nicole : "'Quel plaisir de voir et lire, puisque JC Vincent nous offre les deux, que de belles rencontres peuvent se faire. Je ne saurais que te dire merci car je suis ravie de voir ce beau dessin de Jean-Pierre et d'Arthur, son ami Grand-Duc. Bises et à bientôt."

D'ingrid : "Quel merveilleux dessin de JP avec Arthur (le grand-duc). C'est vrai que le regard sort du commun : il y a vraiment beaucoup à lire dedans : amour, complicité, jeu, humour... Tout Jean-Pierre, non ?"

Et d'autres encore mais de vive voix.

Samedi, nous organisons un repas, Jean-Pierre sera des nôtres, je penser que nous parlerons beaucoup de vous. Amicalement, Josiane.

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MERCREDI 1er FEVRIER 2017

Ingrid, cette dame qui m’avait très vite fait parvenir le commentaire de Jean-Pierre reproduit précédemment, m'a adressé ce chaleureux message : 

Bonjour Monsieur Vincent,

Je viens de visiter votre blog et l'histoire de Jean-Pierre. Je suis touchée.

Votre blog est magnifique, votre travail un régal pour les yeux........... Vous êtes un être sensible et vous savez partager cette sensibilité..........  dans ce monde d'aujourd'hui : un cadeau ! ! !

Je vous envoie encore quelques photos : Jean-Pierre avec l'autour Onix, Jean-Pierre en montagne avec son sac à dos et une photo de Sant Marti du compte-rendu que nous envoyons chaque année aux adhérents de l'association "Salvaguarda de Sant Marti de Corsavy".

Je vous remercie et n'hésitez pas à me contacter, si je peux faire quelque chose pour vous.

Avec mon amitié,

Ingrid Matthys

Je vous montrerai bientôt, bien sûr, les photos qu’elle m’a envoyées. Vous verrez : celle avec l'autour Onix, tout particulièrement, est superbe, très différente mais tout aussi attirante que celle que j’ai dessinée…  Un autre regard, mais tout aussi fort !

Je continuerai par cet autre message reçu : les mots parlent d’eux-mêmes... (Jean-Pierre, soyez heureux. Si vous ne le saviez pas encore, maintenant, vous ne pouvez l’ignorer : on vous aime, là-bas, autour de vous, au pied de votre Terre).

La journée a bien commencé avec la joie de découvrir votre dessin et l'article parlant de Jean-Pierre.

Jean-Pierre fait partie de nos amis rencontrés ici à Arles-sur-Tech. Vous parler de lui, des heures de conversations sur plein de sujets, de repas pris ensemble dans la joie, la musique, le chant, de partager ses passions, de la générosité de son accueil, je n'y arriverais pas en cent feuilles de papier.

C'est un enchanteur qui parle de ses passions … avec passion !  Fin orateur, il a la facilité de nous faire entrer dans son monde et son humanisme.  Nos petits-enfants ont eu la chance de le côtoyer, c'est important pour les jeunes de faire des rencontres comme celle-là.  Jean-Pierre a réussi à les captiver pendant des heures en leur présentant ses rapaces, son église, ses abeilles et sa philosophie sur le monde.

Vous dire que parler de Jean-Pierre devrait se faire au coin du feu de bois, résume l'atmosphère généreuse qui se crée de suite avec lui.

Jean Pierre a aussi écrit un livre retraçant des histoires du Vallespir.  

Votre dessin est sublime de finesse et de sensibilité, de justesse dans son approche quand on connaît Jean-Pierre : vos amis vous ont bien parlé de lui et ont su vous faire ressentir le personnage.  J'attends la suite de l'histoire avec impatience.  Vos dessins révèlent votre talent et votre blog donne envie d’aller y voir jusqu'au bout, le passage des photos à vos dessins est impressionnant.

Bernadette.

 Je reçois aussi ce message d' une lectrice parmi les plus fidèles et attentives de mon blog : 

MonsieurJean-Pierre Vergès est sans nul doute une personne que beaucoup aimeraient voir, connaître, écouter. Merci, cher Jean-Claude, de nous faire "rencontrer" cet homme d'une personnalité si attachante, cette belle âme... Je viendrai souvent lire et relire votre article et les messages que vous portez si amicalement à notre connaissance.

Aurore, le 28.01.2010 à 19h36

Puis, cet email qui m'a réjoui ; mes amis Mirjam et Sébastien m'avaient promis de lui parler de mon dessin et de mon blog... :  

Je suis l'épouse de Marc, c'est si bon de trouver ce blog. L'histoire de l'amitié de Marc et Jean-Pierre reste très vivant, merci pour tout ça...

Linda Majoor, le 01.02.2010 à 11h49

Et ces deux autres encore, de deux dames dont je ne sais rien d'autre...

Quel bel hommage à Jean-Pierre.

Habitant Corsavy avec mon mari Christian, la vie a permis que nos chemins se rencontrent. C'est vraiment quelqu'un d'authentique, de passionné et passionnant. On ne se lasse jamais de l'écouter tant il a à nous apprendre.

Et félicitations pour votre dessin qui porte bien son titre !

Isabelle, le 02.02.2010 à 18h29

.......................................................................................................................................................................

Je suis une Arlésienne (c'est ainsi que l'on nomme les habitants d'Arles-sur-Tech) et je suis ébahie de découvrir ici notre ami Jean-Pierre dont vous parlez avec justesse et élégance. Le portrait, dans les deux sens du terme, que vous en tirez est copie conforme de la réalité, criant de vérité et je vous remercie de ce que vous avez fait pour lui.

Je ne vous dirai presque rien de vos dessins, vous le savez déjà tant on vous l'écrit à ce que j'ai vu en parcourant votre site, ils sont tout simplement époustouflants. On vous a dit aussi que votre talent pour les mettre en valeur est immense? Je ne peux que le répéter alors. Félicitations.

Je reviendrai vous lire ce week-end, c'est certain.

Une Arlésienne, le 05.02.2010 à 11h21

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DIMANCHE 5 FEVRIER 2017

Avant de vous présenter, comme promis, les photos qu'Ingrid m'a envoyées, voici le message que Josiane m’envoie...


Merci Jean-Claude, mais je suis gênée de la place que vous me donnez dans cette belle histoire.
Je n'ai été qu'un intermédiaire, heureuse de l'être, ça c'est sûr.
Merci à vous de nous donner la possibilité de vivre ensemble des moments d'intenses émotions.
Je continue à venir sur votre blog, afin de tout voir et de tout lire.
Je viens y puiser beauté, émotion et gentillesse.
Je vous embrasse affectueusement - Josiane

Josiane Weckel, le 07.02.2010 à 17h38

 
 
Place donc à ces deux magnifiques photos de Jean-Pierre et tout d'abord celle-ci, de Sant Marti, extraite du compte-rendu annuel envoyé en 2010 aux adhérents de l'association "Salvaguarda de Sant Marti de Corsavy".


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Jean-Pierre sur le massif du Canigou.


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Jean-Pierre et un autour.
 
L'effet boule de neige, assurément : d'autres courriels arrivent encore, sur le blog ou dans ma messagerie personnelle, trop nombreux pour les reprendre tous ici... Vous vous en doutez, l'histoire n'est pas terminée. Permettez-moi, avant de vous quitter jusqu'à mercredi, de vous dire combien Jean-Pierre me fait penser au personnage central du livre de Jean Giono, "Que ma joie demeure", cet hymne à la vie, ce chant merveilleux en l'honneur de la nature, des hommes et des animaux. Là-bas, en Provence, les enseignements de Bobi, cet homme au cœur généreux, révolutionnent le triste labeur des paysans qui peinent tristement sur leurs terres, chacun de leur côté, sur le rude plateau de Grémone. Bobi leur révèle une vie meilleure, plus authentique, moins égoïste, en harmonie avec la nature, les hommes et les animaux. Une vision idéaliste sans doute, mais émouvante et interpellante. Ces hommes comprendront le message de joie et d'espérance que leur apporte le sage Bobi, et, malgré les difficultés de l'existence, la joie renaîtra sur le plateau. Certes, Jean-Pierre n'est pas Bobi... mais ils ont tous deux des points communs, c'est sûr !

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MERCREDI 8 FEVRIER 2017

L'histoire n'est pas terminée, écrivais-je dimanche ! Avec bien sûr, l'accord de les publier sur mon blog, je reçois d'autres nouvelles de Jean-Pierre... En réponse aux questions que je lui ai posées - pour mieux le connaître - par l'intermédiaire d'Ingrid, il m'écrit longuement, aimablement...

Bonjour Monsieur Jean-Claude, ici Jean-Pierre, voici le message que je voudrais vous transmettre...

Le blog que vous réalisez est super-intéressant et vous êtes remarquable en ce domaine du coup de crayon et du conte : mais en toute franchise, je voudrais vous dire que les qualificatifs employés à mon égard me gênent, me troublent et m’interpellent parfois, ainsi que les réactions très sympathiques qui me sont envoyées. Arrivé à un âge « respectable »,  je pense être parvenu à me connaître sans tricher et je sais que je suis un homme comme tous les hommes avec des qualités et des défauts : arrivé à l'orée de ma vie, je suis conscient - me semble-t-il - de mes imperfections et de mes faiblesses : je les connais !  Vaste programme pour y faire face !

Jean-Claude, votre initiative concernant Arthuro m'a fait énormément plaisir et votre démarche ne peut que faire aimer la nature et les rapaces de jour et de nuit. Les explications qui suivent, et toutes celles sur la fauconnerie ainsi que mon "chemin" dans l’approche de cette technique, peuvent être utilisés par vous et pour votre conte.

Vous demandez à en connaître un peu plus sur Arthuro mon Grand-Duc … 

Handicapé depuis tant d'années à la suite d'un malheureux coup de feu, il m’avait été confié par un vétérinaire.  J'ai fait tout ce que j'ai pu pour lui permettre de survivre malgré son handicap pour la chasse. Il est libre dans ma petite propriété : il a de l'eau, un repas substantiel (un demi-pigeon par jour), une cabane de tronc d'arbre, du soleil et de l'ombre quand il le désire… et il se rappelle à mon bon souvenir quand j'oublie parfois de lui porter son "repas" ...  Il me tue alors une poule ou un canard et leur mange la tête en premier (plat favori, souvent, des rapaces) ... Nous vieillissons ensemble - j'aimerais "partir" avec lui dans la "fosse commune du temps" - et il a actuellement autour de 30 ans : c'est un âge très respectable pour ce beau rapace de nuit (un traité de fauconnerie très ancien nous parle d'un fauconnier syrien qui détenait un Grand-Duc âgé de 35 ans) .  Inch Allah !

Vous me demandez comment j’ai pris goût à la fauconnerie…

 Je l’ai pratiquée, comme l'autourserie, par le biais de la sécurité des vols dans les aéroports car j'ai travaillé pour l'aviation ; le péril aviaire est réel sur beaucoup d’aérodromes et bien des accidents sont arrivés dans l'aviation civile et militaire à cause des collisions avions/volatiles. Il y a divers moyens pour effaroucher les oiseaux sur les aéroports : la technique qui consiste à utiliser les rapaces dressés pour faire fuir mouettes et goélands par exemple, est un de ces moyens.

Un jour j'ai eu connaissance de l'expérience d'un éminent ornithologue espagnol Félix Rodriguez de la Fuente qui avait réussi à chasser avec des faucons les petits canards d'un aérodrome important en Espagne. Cet éminent personnage est mort en accident d'avion au Canada en faisant un reportage sur les loups. Un peu plus tard, j'ai connu l'expérience réussie d'un grand autoursier hollandais Monsieur Arendonk qui était arrivé à chasser les gros goélands de l’aéroport de Leeuwaarden aux Pays Bas... Il  est "parti" aussi…  J'ai également fait appel à un éminent autoursier et fauconnier français, qui lui aussi réussit à chasser mouettes et goélands de certains aéroports. Cet homme remarquable est devenu mon ami, Monsieur Prévost Bernard.

Un jour, j’ai quitté l'aviation ; je garderai cette passion dans mon cœur tant que la santé me le permettra car la fauconnerie est un sport, une manière de vivre, une éthique.

Cette santé et une certaine disponibilité m'ont aussi permis d'essayer de sauver, avec de nombreux amis, une très ancienne église romane du XII°S, totalement ruinée "Sant Marti de Cortsavi" : plus de 2500 personnes de toutes confessions,  de tous milieux et de toutes nationalités, jeunes pour la plupart, ont à ce jour participé à ce sauvetage de notre patrimoine architectural et culturel catalan. C’est une histoire étrange et particulière qui restera dans le cœur de chacun.

Je terminerai par la passion des abeilles qui me fut transmise par un oncle qui les aimait beaucoup : ce fut de l'apiculture traditionnelle avec des récoltes pour la famille. Je fus initié à ce monde par mon oncle, décédé depuis 20 ans, un monde personnel, curieux, étrange. Je parle de l'apiculture artisanale et familiale avec ses traditions un peu particulières.

Monsieur Jean-Claude, je vous remercie pour tout votre art au service de la nature. Vous pouvez utiliser les explications de ma réponse à votre guise.

Jean-Pierre.

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 SAMEDI 11 FEVRIER 2017

Quant à l'église Sant Marti, cette autre passion de Jean-Pierre à propos de laquelle il se montre discret et modeste, voici l'historique de sa rénovation, récemment conté, lu sur Internet.

(Située à 1 km du village de Corsavy, l'église Sant Martí de Cortsaví - Saint Martin de Corsavy - fut consacrée en 993, puis en 1158 suite à une reconstruction. Elle est dans le plus pur style roman du Vallespir. Elle restera église paroissiale de Corsavy jusqu'à la fin du XVIe siècle. Elle est actuellement en cours de restauration grâce aux bénévoles de l'association Salvaguarda de Sant Martí de Cortsaví et de la municipalité de Corsavy.)

"De retour d'une excursion au Canigou, en août 1981, un Breton et un Catalan décidèrent de sauver les magnifiques ruines de l'ancienne église Saint Martin, proche du village de Corsavy, en Vallespir. Appelé "église vieille" depuis son abandon au XVIe siècle, cet édifice fut consacré en 1158 par Artal, évêque d'Elne. En partie détruit lors du tremblement de terre de la Chandeleur 1428, puis pillé vers 1500 et depuis en ruines, ce bâtiment devint une carrière de granit, fut transformé en citerne de récupération des eaux de pluie aux alentours de 1870 puis abandonné en 1917.

En août 1981, une équipe de jeunes, encadrée par nos deux montagnards, commence à défricher autour et dans l'église où une importante végétation a pris place. Une association "Salvaguarda de Sant Martí de Cortsaví" est créée, regroupant une dizaine de personnes motivées par la préservation du patrimoine local.

En 1982, l'association demande à la municipalité d'acheter les ruines et l'acquisition est réalisée l'année suivante. Quelques temps plus tard, un protocole définissant les buts poursuivis et les rapports entre l'association et la municipalité est signé.

Durant les trois premières années, l'église est dégagée de la végétation qui l'étouffe et le site est aménagé. Le monument est débarrassé de la terre et des gravats qui l'envahissent. Les vestiges  du clocher sont mis à jour dès 1982. En 1983 et 1984, des sondages sont exécutés.

En 1985 commencent les premiers travaux de restauration proprement dits : dégagement des restes du clocher du Xe siècle, remontage des murs, construction d'un escalier d'accès en taille de pierre pour commencer à reconstituer les parements intérieurs disparus, grâce aux calepinages fournis par le service départemental de l'architecture des Pyrénées-Orientales.

Des chantiers avaient lieu régulièrement chaque année pour continuer à sauver ce patrimoine. Il y a quelques années encore, de nombreux jeunes se relayaient sur le site, y apprenant la maçonnerie, la construction des murs en pierres sèches, le gâchage du mortier de chaux, la taille du granit et la forge des outils.

Au cours des 30 dernières années ont été restaurés, reconstruits même, le chevet ainsi que la chapelle latérale sud et leurs toits d'ardoises, la porte monumentale, les piliers et l'arc triomphal, l'abside et tous les murs intérieurs de l'église, dont les parements avaient disparus au cours de ces cinq cents ans d'abandon et de pillage. En 2003, le coffrage puis la voûte en pierre en arc brisé sont réalisés. En 2005 sont posées les dents d'engrenage, les corniches extérieures ainsi que le toit d'ardoises brutes (200m²). Puis les deux acrotères est et ouest sont réalisées. Dès 2012, le clocher du Xe XIe siècle commence à être relevé avec les autorisations de la DDE, de l'architecte des bâtiments de France, de la DRAC et des monuments historiques.

L'on peut dire aujourd'hui que les ruines de Sant Martí de Cortsaví sont sauvées. Le site est aménagé, entretenu par la municipalité, et la restauration se poursuit. Cette mission nécessite des équipes plus petites et déjà formées. Cette action bien ancrée dans le pays indique que les travaux se poursuivront pour que restent vivantes l'histoire de ce pays, sa civilisation, sa culture, son architecture médiévale.

Le chantier de Saint Martin de Corsavy est exemplaire dans la mesure où s'est instauré un dialogue permanent entre bénévoles, architecte des bâtiments de France et municipalité, ayant pour but la mise en valeur d'un monument médiéval, littéralement arraché à l'oubli, animé par la population locale et de plus en plus visité dans cette région touristique du Vallespir."

Jean-Pierre Vergès

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MERCREDI 15 FEVRIER 2017

Sur mon précédent blog en 2010, l'histoire "Le Maître et son rapace ou la force du regard" s'arrêtait ici.

Avec, en conclusion, quelques messages choisis, tous aussi chaleureux les uns que les autres, parmi tous ceux qui me parvenaient, dans ma messagerie personnelle ou dans un commentaire, des messages qui parlaient de cet homme hors du commun… 

Si je ne peux que lui donner raison lorsqu'il écrit que, comme chacun, il a aussi des défauts et des faiblesses, du moins puis-je aussi affirmer, sans même le connaître, que ses qualités et richesses sont grandes et qu'il est bon de les mettre en valeur !

En lisant ces quelques lignes, j'ai réellement eu l'impression d'y voir mon grand-père.
C'est vrai, il a la main sur le cœur, et ses innombrables talents font de lui un homme Extraordinaire.
C'est un grand homme, qui aime avant tout le calme de sa région à laquelle il est très attaché.
Je me souviens des montées au Tresvents, au Canigou, de sa joie de vivre qu'il a encore d'ailleurs !
En bref, je voulais vous remercier pour ce portrait en beauté, en détail, d'un homme qui mérite le respect, et qui aime à rendre heureux les gens qui l'entourent :)

Je vous remercie très sincèrement, car il est tout de même rare de reconnaître un homme à sa juste valeur.
Vous avez su rendre mon grand-père tel qu'il est, sans artifice ni mensonge.

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La beauté de vos dessins m'épate...
L'histoire de Jean-Pierre Vergès et de cette modeste église m'émeut beaucoup ; je l'ai entr'aperçue en passant lors de ma visite à Corsavy, je regrette de n'avoir pas pris le temps de m'arrêter !
Les photos "avant-après" montrent l'ampleur du travail accompli, c'est remarquable !
merci de m'avoir fait connaître Jean-Pierre Vergès et une partie de ses talents.

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… mon mari et moi avons pris un repas en bonne compagnie, puisqu’il y avait, parmi les invités, Jean-Pierre.  Il nous a raconté des petites histoires vécues avec une telle passion qu'il nous aurait été impossible de nous ennuyer …

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… il est important pour les jeunes de connaître quelqu’un comme lui …

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... la vie a permis que nos chemins se rencontrent. C'est vraiment quelqu'un d'authentique, de passionné et passionnant.  On ne se lasse jamais de l'écouter tant il a à nous apprendre. ...

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… Jean-Pierre est un grand Monsieur avec un énorme cœur et des rêves plein la tête, rêves qui se réalisent grâce à sa passion qui se transmet rapidement à son contact …

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... Je n' ai pas encore vu Jean-Pierre, mais je connais déjà sa réaction à la lecture de cette histoire. Il a pleuré c' est sûr. … La première phrase qu’il vous écrit le définit bien : "Je suis heureux que vous mettiez mon grand-duc en valeur..."  Cette modestie n'est pas feinte, il est ainsi, les autres d' abord. …

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... Nous vous remercions d'avoir ainsi rendu hommage à Jean-Pierre qui apporte beaucoup à notre communauté par son attachement au riche patrimoine que nous ont légué nos ancêtres. …

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… Je n'ai pas revu Jean-Pierre depuis plus d'un an autrement que par Webcam. Ce fut d'ailleurs un grand moment de bonheur cette “webcam party” : eh dis ! tu me vois ?! oh c'est fabuleux ! et tu m'entends aussi ? attends, j'appelle tout le monde on va chanter ensemble !"…
J’ai connu Jean-Pierre sur le chantier de Sant Marti et il m’a appris à tailler le granit, j’avais 10 ans à l’époque. C'est un cadeau immense que vous lui avez fait là, lui qui est si humble. Il a dû être touché au plus profond de recevoir un pareil présent. ...

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...  Je suis ébahie de découvrir ici notre ami Jean-Pierre dont vous parlez avec justesse et élégance. Le portrait, dans les deux sens du terme, que vous en tirez est copie conforme de la réalité, criant de vérité et je vous remercie de ce que vous avez fait pour lui. ...

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MERCREDI 22 JANVIER 2017

En février 2010 encore, je recevais deux demandes inattendues et similaires. Bien sûr, sans l'ombre d'une hésitation, j'avais marqué mon accord...

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Une demande par courriel :

De : Benjamin de tresvents.fr [mailto:-----XXX@---XXX.fr]
Envoyé : mercredi 3 février 2010 1:58
À : ----xxx@----xxx.be
Cc : Tres vents
Objet : La Force du Regard Jean-Pierre VERGES et son hibou grand-duc

Bonjour Jean-Claude,

Je me présente : Benjamin, fondateur du site tresvents.fr et ami de la famille Vergès. J'ai découvert avec plaisir votre blog grâce non pas à Jean-Pierre mais à votre lien vers notre site (merci beaucoup ça nous fait toujours plaisir de voir que notre site est utile).

Vivant temporairement au Canada (oui c'est moi les points verts de ce côté du monde sur la carte de votre compteur de visites), je n'ai pas revu Jean-Pierre depuis plus d'un an autrement que par Webcam. Ce fut d'ailleurs un grand moment de bonheur cette “webcam party”:

… eh dit ! tu me vois fils ?! oh c'est fabuleux !
et tu m'entends aussi ? attends, j'appelle tout le monde on va chanter ensemble !"…

J’ai connu Jean-Pierre sur le chantier de Sant Marti et il m’a appris à tailler le granit, j’avais 10 ans à l’époque.

C'est un cadeau immense que vous lui avez fait là, lui qui est si humble. Il a dû être touché au plus profond de recevoir un pareil présent. Je trouve d'ailleurs votre démarche artistique ingénieuse et remarquable, un grand bravo.

Nous serions très intéressés par présenter votre blog avec, si possible, en illustration votre travail sur Jean-Pierre. Notre site Tres Vents (nom emprunté du "Pic des trois vents" qui est le petit frère du mont Canigou) a été créé par une petite équipe dans le but d’aider et promouvoir les démarches culturelles, artistiques et artisanales du Vallespir. La documentation et le savoir de Jean-Pierre nous sont d'ailleurs d'une grande aide.

Nous serions très heureux si vous acceptiez la présentation de votre blog sur notre site.

Au plaisir et bonne continuation.

Benjamin Malassingne

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Cette autre demande émanant d'un conseiller municipal d'Arles-sur-Tech, Monsieur Jean Pla Sabadell, dont voici l'aboutissement :

 

   Prochaine mise à jour ce SAMEDI 25 février en soirée.  

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samedi, 24 décembre 2016

Il est grand temps...

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Que 2017 nous apporte des soupirs de soulagement !

Qu'il chasse aux quatre vents ces pauvres fous de dieu arrivés du Levant...

- d'après un poème de Sabine VAN OP DEN BOSCH -

dimanche, 18 décembre 2016

Une insoutenable détresse...

une présentation progressive de dessin entamée le mercredi 30 novembre

ULTIME mise à jour effectuée ce DIMANCHE 18 décembre

PROCHAINE PUBLICATION EN JANVIER

 

 
MERCREDI 30 NOVEMBRE 2016
 
Bonjour. En cette fin novembre comme promis, je vous présente, chères lectrices, chers lecteurs, sur ce blog Hautetfort, un nouvel article accompagnant un dessin créé en 2011 et publié l'année suivante sur mon précédent blog Overblog, aujourd'hui abandonné.
 

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Une insoutenable détresse pénible à montrer, tant son origine est douloureuse .

Ce dessin évolutif s’agrandira progressivement sous vos yeux, à intervalles le plus souvent réguliers, parfois plus espacés... comme il en va de chacun de mes dessins qui, du premier trait jusqu'à la signature finale, voit s'écouler de nombreux jours, un mois souvent... 

Cette détresse que je vous montrerai est d'une terrible actualité, en cette année 2016 qui se termine avec ces dramatiques conflits armés en Syrie ou en Irak paraissant dans l'impasse, avec ces terribles scènes de souffrance que vivent les populations d'Alep ou de Mossoul, où l'on écoute chaque jour impuissant les SOS que lancent les humanitaires sur la situation de centaines de milliers d'habitants...

Progressivement, vous (re)découvrirez ce dessin en noir et blanc à tel point réaliste qu'il en sera pénible de le regarder. Mais c'est là où mes mines m'ont mené, et je vous raconterai ce que je sais de l'histoire de cette cruelle scène de vie que provoqua une guerre qui n'aurait jamais dû pouvoir exister.

En fin d'article, je vous présenterai la photo qui m'a inspiré ce dessin.

... Si toutefois vous souhaitez m'accompagner dans cet article évolutif, dans la présentation de ce dessin pas à pas d'une insoutenable détresse, je vous le répète...

 


JEUDI 1er DECEMBRE 2016

Lors de sa première présentation, je me doutais que les premiers traits de ce dessin et les explications l'accompagnant risquaient d’interpeller.  

J'avais par ailleurs hésité à me lancer dans ce portrait d'enfant en profond et douloureux désarroi, dans le dessin de cette insoutenable détresse provoquée par la folie meurtrière des adultes, quelque part sur le continent africain. Mais j'avais aussi ressenti, dès l’instant où je l’avais découverte, l’envie de dessiner cette douloureuse photo d’un photographe de presse de guerre, comme l'envie de la montrer par la suite sur mon blog Overblog, et je n'avais pas eu besoin de réfléchir plus longuement.  Je voulais suivre mes sentiments, mes envies, mes besoins.

 

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En cette fin novembre, tout en jonglant avec mes portemines sur les infimes détails d'un nouveau et passionnant dessin en cours, bien différent (il s'agit d'écorce d'arbre), j’ai alors longuement réfléchi : Ne devrais-je pas à nouveau montrer, quitte à ce que cela ressemble à un naïf apitoiement, cette image choquante ? Oui, il me paraît important d’éprouver une profonde compassion face aux souffrances absurdes que des enfants sont obligés de subir, à cause de la folie humaine : rester indifférent ou insensible serait par contre inadmissible.  Pire encore serait de se voiler la face et de ne pas juger opportun de montrer ces souffrances que personne ne réussira jamais à justifier raisonnablement. 

Essayez d'imaginer, chers lecteurs, dans les jours qui viennent, en observant l'avancement régulier de mon dessin, l'état d'esprit du photographe à cet instant précis où il a osé – sans nul doute un réflexe « réfléchi » - appuyer sur le déclencheur, face à cette terrible scène : vous comprendrez bientôt l’intensité de l'instant.  Pour cet homme témoin d’un drame indescriptible, il s'agissait d'un devoir de mémoire ! 

Moi-même, j’ai alors consacré des heures, des jours, à traduire avec mes mines cet instant, cette émotion, ce devoir.  Je ne le regrette pas. D'ailleurs, le bandeau d'accueil de mon blog de l'époque comportait ces mots chargés de sens :

ATTRAITS, EMOTIONS ET DESSEINS

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SAMEDI 3 DECEMBRE 2016

 

"Ma détresse est profonde, mais je la surmonterai, il le faut, il s’agit de tenir bon !

Tenir, avant tout, il le faut.

Je suis épuisée... je n’en peux plus... je vais m’écrouler... abandonner.

Oh, je pleure... non, vite, il faut essuyer ces larmes inutiles ... courage, il le faut.

Oui, il faut tenir : je dois La sauver, nous sauver.

Vite, je sèche ces larmes qui m’envahissent, ces larmes inutiles qu’il me faut contenir. Réprimer.

Réprimer ... Répression ... Que ces mots sont terribles, quand cela vous arrive...

Vite, je dois surmonter ces sentiments de total abandon et d’impuissance qui m’envahissent !

Je dois survivre.  Me sauver pour  la sauver. 

Que faire ?  Comment faire ? Je suis épuisée.  Je n’en peux plus.  

Où aller ? Comment  fuir ? M’en aller pour fuir où ? Fuir et les retrouver. Où les retrouver ?"

 

Protegee, cette fillette en fuite à l'est du Congo,

pensait probablement ces mots,

les murmurait peut-être ...

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Protegee, cette fillette en fuite à l'est du Congo,

aurait sans doute bien aimé que son prénom lui porte chance, à ce moment !


LUNDI 5 DECEMBRE 2016

Aujourd'hui, observons de près traits et détails de mon dessin.

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Percevez-vous comme moi la tristesse, la peine, la douleur qu'éprouve cette fillette ? Elle cache son visage...  Son attitude, ce bras qui, par-dessus le col du T-shirt, essuie des pleurs, nous permet de ressentir la profonde douleur qu'elle éprouve, à peine maîtrisée et réprimée.

Observons attentivement les cheveux : ils m'ont donné... beaucoup de fil à retordre ! La nature a certes admirablement réussi son œuvre en créant ces cheveux crépus, très denses et vrillés, un rempart naturel contre les attaques du soleil, évitant ainsi des souffrances au cuir chevelu ; mais croyez-bien qu'ils n'étaient pas aisés à représenter.

Observons aussi, mais sans doute l'aviez-vous déjà remarqué, l’œil : on le devine fermé et les sourcils relevés.  Ou encore cette joue creusée et ces petits boutons d'acné sur la peau. Ou enfin le relief du col du T-shirt souligné méthodiquement par les traits parallèles de mes portemines.

 

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C’est le bras qui essuie les larmes parce que les doigts de la main s’agrippent au tissu, pour une raison importante, primordiale, que vous comprendrez plus tard...
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Observons enfin les rayures du tissu : les dessiner se révèle bien plus ardu que je ne l’imaginais. En réalité, vous le découvrirez plus tard sur la photo couleur, quatre coloris le composent : des lignes bleues et roses côtoient d'autres beige clair et beige plus foncé. Pas facile de traduire ces teintes en noir et blanc.

Puis, il me faut impérativement mettre en valeur les plis formés par ces doigts agrippés au tissu. Et les rayures doivent se prolonger, correspondre d’un pli à l’autre. Vraiment, ce n’est pas une sinécure !

Je vous quitterai ce jour en vous priant de m'excuser : je vous ai involontairement - oh, la méprise n'est pas bien grave, mais importante pour la suite du dessin et de son histoire - induits en erreur. Il ne s'agit pas d'une fillette comme je l'ai précédemment écrit, mais plutôt d'une adolescente : en découvrant la nouvelle étape ci-dessous du dessin, vous en aurez la preuve en regardant l'épaule que le tissu glissant sur la peau dévoile...

 

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MERCREDI 7 DECEMBRE 2016 

 

Protegee, cette jeune fille congolaise, souffre.

Pourquoi ces larmes essuyées de l'avant-bras sur le col du T-Shirt? 

Pourquoi ce bras droit tendu vers l'arrière ?

06 - insoutenable détresse - dessin au crayon de jean-clau

 

Vous souvenez-vous ? A l'automne 2008, la province du Nord-Kivu de la République démocratique du Congo est en pleins troubles. Partout, des milliers et des milliers de civils sont forcés à fuir les combats. Malgré la présence des troupes des Nations-Unies. La plus forte présence au monde. 

Protegee, au milieu d'une foule d'un millier d'autres fuyards, marche depuis trois jours. Elle a parcouru une vingtaine de kilomètres, après avoir été séparée de sa mère alors qu'elles abandonnaient leur village. Protegee soutient d'un bras, sur son dos, sa petite nièce Reponse, effrayée, qui s'agrippe à elle de toutes ses forces...  Aussi terrorisée qu'elle... Plus encore ! 

 

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Protegee protège ... Il le faut. 

Il faut sauver Reponse. Il faut la sauver. Il faut se sauver. 

Il faut retrouver ses parents. Les siens. Les leurs. 

Pour elle. Pour elles.    

Il faut, il faut, il faut ... Il le faut.

 


 VENDREDI 9 DECEMBRE 2016  

« Trois millions de morts, c’est ce qu'on appelle une crise de basse intensité. Peu de grands titres dans la presse. Pas de manifestations, de collectes de fonds. Les chanteurs sont muets, les pétitionnaires aussi. Qui soutenir dans une affaire aussi compliquée ? Où sont les bons, les méchants, les persécutés ? ».

Cette citation de Colette Braeckman (Les nouveaux prédateurs. Politique des puissances en Afrique centrale, Fayard, 2003), journaliste belge spécialiste de la République Démocratique du Congo, résume bien le questionnement que l’on est en droit d’avoir à propos des violences connues par ce pays.

 

08 - insoutenable détresse - une guerre sans fin - Kiwanja

 

Trois millions de morts... en 2003, date de la publication du livre. D'autres sources parlaient de quatre millions...

A ce jour, d'après le site Cluster News (lien), le double... 

La RDC traverse une succession de conflits depuis le début des années 90.  Si le pays semblait avoir retrouvé une certaine stabilité sous Joseph-Désiré Mobutu, le « léopard de Kinshasa », entre 1965 et 1997, les tensions s’étaient ravivées dans les années 90. Le pays a connu des affrontements armés entre différentes communautés, d’autres violences découlant de l’épisode tristement célèbre du génocide rwandais de 1994, puis deux guerres, baptisées prosaïquement première et deuxième guerre du Congo. Le premier conflit (1996-1997) a vu la chute de Mobutu, évincé par Laurent-Désiré Kabila, tandis que le second (1998-2003) a opposé la RDC à certains de ses voisins, tout en étant soutenu lui-même par d’autres Etats limitrophes.

Depuis, tous les problèmes à l’origine des différents conflits sont loin d’être réglés : entre octobre 2008 et janvier 2009, date de son arrestation, l’offensive du général Laurent Nkunda - officier rebelle tutsi soutenu par le Rwanda, qui s'illustra déjà en 2002 lors des massacres de Kisangani - , est là pour rappeler que la RDC est toujours enlisée dans une guerre larvée – qui fait rage depuis une vingtaine d'années - ravageant une grande partie de l’est de son territoire.

Cette photo que j'ai dessinée, cette image de Protegee portant à bout de bras sa nièce Reponse a été prise le jeudi 6 novembre 2008, alors que les forces de Nkunda intensifiaient leur offensive sur le Nord Kivu, forçant des centaines de milliers de personnes à fuir les combats, et ce malgré la plus forte présence des troupes des Nations-Unies au monde.

Je vous raconterai bientôt ce terrible jeudi 6 novembre 2008.


DIMANCHE 11 DECEMBRE 2016  

Kiwanja : le Srebenicza du Congo

 

Selon un rapport de l’organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) publié en décembre 2008 à Kinshasa, au moins 150 civils (186 selon la Croix Rouge) ont été tués les 4 et 5 novembre de cette même année dans la ville de Kiwanja, dans l'est  de la RDC, la plupart exécutés sommairement par la rébellion de Laurent Nkunda, ces exécutions dont furent témoins Protegee et sa nièce Reponse, ces exécutions qui les obligèrent à fuir la ville pour tenter de sauver leur vie.

 

Sur base de plus de cent entretiens, HRW estime qu'au moins 150 habitants de Kiwanja ont été tués les 4 et 5 novembre à Kiwanja. La plupart des personnes tuées à Kiwanja ont été exécutées sommairement le 5 novembre par les forces du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du commandant rebelle Laurent Nkunda, assure HRW. Il s'agit du pire massacre dans la province du Nord-Kivu en deux ans. HRW dénonce des crimes de guerre commis par les deux parties, assurant que les rebelles de Laurent Nkunda et les milices Maï-Maï (des combattants irréguliers congolais qui coopèrent parfois avec les forces gouvernementales mais agissent aussi en francs tireurs) ont délibérément tué des civils au cours des deux derniers jours. Avec une virulence exceptionnelle, HRW met en cause les Casques bleus, qui disposent d’une base à Kiwanja : ils n’ont pas pris les mesures adéquates pour protéger les civils et n’ont mené que quelques patrouilles pour limiter les violences. HRW conclut : ces casques bleus, dont c’est pourtant le mandat, sont tout simplement incapables de protéger les civils qui sont délibérément visés.

 

La ville de Kiwanja, située à environ 80 km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu, était passée sous contrôle rebelle le 29 octobre. Mais des milices pro gouvernementales Maï-Maï avaient brièvement repris la localité le 4 novembre. Le 5 novembre, le CNDP avait lancé une contre-offensive. Après avoir rétabli leur contrôle sur Kiwanja, les rebelles ont lancé une opération brutale contre les éventuels combattants Maï-Maï restants ou leurs sympathisants supposés, affirmait HRW.

 

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un dessin de 30 X 40 cm

 

 

Colette Braeckman (voir mise à jour précédente) relate ainsi ce drame humain (extraits choisis).  

 

Au secours… Les hommes en armes passent de maison en maison. Ils s’emparent de tous les garçons et jeunes hommes et leur fracassent le crâne. Une femme de Kiwanja m’a appelée jeudi soir en pleurant, disant que les militaires de Laurent Nkunda étaient en train de massacrer la jeunesse de Kiwanja depuis mercredi à 13 heures. Ils font une opération de porte-à-porte pour enlever et tuer les jeunes garçons et filles entre 12 et 33 ans.

Des messages de détresse venus de Kiwanja ont commencé à affluer en Europe dès mercredi soir, deuxième jour des assassinats. Sur le terrain, les équipes de l’ONU, qui ont une base militaire à Kiwanja même, ont commencé à enquêter dès … vendredi midi sur d’éventuelles violations des droits de l’homme afin de déterminer les responsabilités. Il est vrai que, tentant des sorties, les Casques bleus ont à plusieurs reprises été la cible de tirs croisés et qu’ils ont tenté de protéger les réfugiés qui s’étaient placés sous leur protection aux abords de la base. Dès mercredi cependant, des journalistes se sont déjà rendus sur le terrain, dont Thomas Scheen, reporter pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Des reporters de la BBC ont également gagné Kiwanja jeudi. Ils ont vu des cadavres gisant dans les maisons et enregistré des récits d’horreur.

Des civils massacrés pratiquement sous les yeux de Casques bleus impuissants ou indifférents. Kiwanja serait-il un Srebenicza congolais ? A la décharge des soldats de la paix, un porte-parole de l’ONU a cependant déclaré que les soldats ne pouvaient tirer sur les rebelles, car ces derniers étaient entourés de civils qui couraient dans toutes les directions

 

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MARDI 13 DECEMBRE 2016  

 

Peut-on rester indifférent face à un tel désarroi ? 

12 - insoutenable détresse - une guerre sans fin - Kiwanja

format du dessin  30 x 40 cm

Chacun de mes dessins est le fruit d'un travail méthodique et de longue haleine, réclamant beaucoup de concentration. Combien de temps te faut-il ? me demande-t-on souvent... Un mois pour celui-ci, plus d'une centaine d'heures de travail, cent cinquante heures peut-être...

Jamais de repentir possible, comme dans la vie où aucune gomme ne permet d’effacer l’existence accomplie. Et comme tout effacement laisse d'infimes traces sur le papier immaculé, je ne m'en autorise que rarement. Une fois les repères pris, l'hésitation est interdite. Par ailleurs, je protège en permanence l'entièreté de la feuille : seul l'élément que je suis occupé à dessiner n'est pas recouvert. Pas à pas, millimètre par millimètre, mes traits remplissent l'espace vierge que je découvre puis recouvre, progressivement. Je ne reviens pas en arrière, ou exceptionnellement.

Tous les détails que je décèle sur une photo couleur, ma perception de ce qu'elle dévoile, les impressions qui m’envahissent au fur et à mesure de son observation, je les transforme en une impression avec mes mines, en noir et blanc, sur le papier...

Puisse cette impression à la mine de plomb, ce dessin, traduire l’impression de mes sentiments d’incompréhension face à une telle absurdité ; l'impression d’un besoin de la montrer pour que l’on sache ; l’impression intime d’un sentiment d’amour du monde qui m’entoure. Ce monde, je désirerais tant qu'il devienne meilleur, même si ce désir peut paraître inassouvissable, inapaisable ...

 

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Dans les prochains jours, vous découvrirez enfin la photo de presse, primée,

cette photo qui m’a bouleversé, qui m'a inspiré ce dessin.

Je vous raconterai ensuite l’épilogue de son histoire...

 Sera-t-il heureux, ou plus terrible encore ?   

 

12 - insoutenable détresse - une guerre sans fin - Kiwanja

  format du dessin  30 x 40 cm 

 


 
VENDREDI 16 DECEMBRE 2016  
 
 

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  2008 © Jérôme DELAY


   PRIX BAYEUX-CALVADOS DES CORRESPONDANTS DE GUERRE DE L'ANNEE 2009 

  1er prix du jury public et 3e prix du jury international (catégorie photo)

 


Jérôme DELAY Jerome-DELAY.jpg (ASSOCIATED PRESS)

 

Première ville libérée de France continentale en juin 1944, la ville normande de Bayeux, associée au Conseil général du Calvados, a lancé en 1994, dans le cadre du 50e anniversaire du Débarquement en Normandie, cet événement international annuel qui consiste en la remise d'un Prix prestigieux à des journalistes du monde entier qui exercent leur métier dans des conditions périlleuses pour nous permettre d'accéder à une information libre. 

Au-delà de la remise de trophées (qui concernent toutes les catégories de médias - presse écrite, radio, télévision et photographie -), le Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre propose chaque année une semaine riche en échanges, rencontres, débats avec le public pour prendre le temps de mieux comprendre l'actualité internationale. 


 

Jérôme Delay avait suivi l'offensive du général Laurent Nkunda dans le Nord Kivu à l'automne 2008.  

 

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Il avait photographié, inlassablement -12000 clichés -, afin que l'on sache de par le monde ; il voulait porter un regard objectif sur ces milliers de déplacés, ces milliers de réfugiés ; il voulait faire connaître à tous ce regard objectif sur une population meurtrie, si souvent oubliée.  

 

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 Jérôme DELAY présentait ensuite - à l'occasion de l'édition 2010 du Prix Bayeux des correspondants de guerre - 180 de ses photos (sous forme de tapisserie, clin d’œil à la célèbre tapisserie de la ville !) lors d'une exposition intitulée "Congo, une guerre sans fin".   

 12 - insoutenable détresse - une guerre sans fin - Kiwanja

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Il avait photographié Protegee :

elle n'avait pu lui dire que son prénom,

elle avait juste pu lui dire qu'elle était à la recherche de sa mère...  

 

L'histoire de cette photo aurait pu s'arrêter là, sans cette consécration par le public. Ce prix l'avait rendue célèbre. Sa publication dans de nombreux médias avait rapidement suscité l'émoi et l'envoi de centaines d'e-mails de personnes à travers le monde nourrissant l'espoir que quelqu'un, l'auteur de la photo peut-être, pourrait tenter de partir pour les retrouver et les aider.  

Alors, Jérôme Delay était retourné à Kiwanja, appareil numérique et photo à la main, avec l'espoir ténu, vain peut-être, de revoir ces fillettes vivantes et les aider à retrouver leur famille ; à moins que ces vœux ne soient déjà réalisés...

 


DIMANCHE 18 DECEMBRE 

"J'ai photographié la guerre et les réfugiés partout dans le monde depuis le début des années 1980. 

Je n’ignorais pas que mes chances de succès étaient minces en décidant de partir à la recherché de Protegee et de sa nièce. Mais j’avais été particulièrement touché par les réactions des lecteurs à la publication de cette enfant au visage défiguré par la peur et le désespoir, portée par une fillette en détresse : j'étais déterminé à essayer de les retrouver et de les aider.

Je n'ignorais pas que mes chances de succès étaient minces : je voyais des enfants marchant seuls sur les routes chaque jour. Des années de violence sporadique dans l'Est du Congo et les récents combats entre l'armée et les combattants fidèles au chef rebelle Laurent Nkunda avaient déplacé au moins 250 000 personnes, et ce malgré la présence de la plus importante au monde des forces de paix des Nations Unies. Des centaines d'enfants avaient été séparés de leurs familles depuis que les combats avaient éclaté en août et en une semaine, selon l'UNICEF, plus de 1600 enfants de la province du Nord Kivu étaient à la recherche de leurs parents. Leur jeune âge et leur incapacité à donner des informations détaillées - ainsi que le manque de documents officiels dans la campagne congolaise - rendaient encore plus difficiles ces recherches.

Kiwanja est une ville typiquement africaine avec une bande de chemin de terre bordée de quelques petits magasins  en guise de rue principale, un rond-point, un carrefour, et les bidonvilles tentaculaires s’étendant à l'infini sur les collines avoisinantes. Atteindre Kiwanja signifiait traverser une ligne de front instable à quelques kilomètres au nord de Goma, croiser des centaines de rebelles lourdement armés et les troupes gouvernementales déployées de chaque côté, parcourir un trajet cahotant de deux heures sur une route anciennement pavée, devenue aujourd'hui un nid de poule géant.

La photo de Protegee et Reponse à la main, j'ai commencé à questionner autour de moi. Les femmes fronçaient les sourcils : elles ne connaissaient pas ces filles. Pas plus de chance à la cour d'école ou à la clinique. Sur le point de rentrer à Goma, je me suis encore arrêté près d'une base des Nations Unies. Quelques jours plus tôt à peine, sa périphérie avait en effet accueilli des milliers de réfugiés. Pourtant, il ne restait plus que des squelettes de huttes de fortune et une tente blanche du UNHCR. (agence des Nations Unies pour les réfugiés).

 

Je me suis aventuré à l'intérieur de la tente. Là, les yeux de Maria Mukeshimani se sont éclairés à la vue de la photo. La femme, qui avait elle-même été déplacée suite aux violences, connaissait ces enfants : elle les avait vus dans cette même tente cinq jours plus tôt et elle connaissait la mère de Protegee ainsi que son nom Esperance Nirakagori.  Esperance - le mot français pour l'espoir.

Esperance s’était, paraît-il, refugiée à l'église catholique locale de Kiwanja. Je suis arrivé là-bas, accueilli par les voix d'une chorale. C'était la messe du soir. «Quelqu'un sait-il si Espérance habite par ici ?" ai-je demandé.  Un homme âgé m'a répondu que je la trouverais dans une petite maison à proximité.

Vêtue d'une robe jaune et bleue, Espérance m’a accueilli. Son foulard était mouillé de sueur et elle parlait doucement. Je lui ai montré la photo et elle a souri à la vue des filles. Elle m’a expliqué que Protegee et Reponse avaient erré seules, égarées, pendant trois jours, lorsque la famille avait fui à pied leur village de Kiseguru, à une vingtaine de km de là. Protegee avait dormi une nuit dans une église, sans nourriture ni eau, blottie contre Reponse sous un léger foulard.

J’ai été soulagé d’apprendre qu'elle les avait retrouvées. Malheureusement, trop faible pour faire elle-même le voyage, elle avait dû les renvoyer aussitôt chez sa fille aînée, dans leur village, seules et à pied, car elle craignait pour leur sécurité à Kiwanja. Elle continuait à regarder la photo. Ce n'est que lorsque je lui dis que je reviendrais le lendemain matin pour la conduire et rejoindre les filles à Kiseguru que son visage s'illumina en un large sourire sincère.

Nous partîmes le lendemain après un arrêt dans un restaurant en ville. Esperance était calme durant tout le trajet. Arrivée dans le village, elle serrait la photo des filles pendant qu’elle marchait dans les rues, une ribambelle d'enfants excités dans son sillage.

Les retrouvailles avec Protegee et Reponse, dans une petite cabane en terre, furent brèves. Elles se sourirent mutuellement. Personne ne parlait. Protegee est une jeune fille timide qui n'avait que deux mois quand son père avait été tué au Congo de la dernière guerre sanglante.

 

"Etes-vous heureux de voir votre mère?" lui demandai-je. 

Elle répondit, d'une voix douce: "Oui."

 

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Esperance Nirakagori, Reponse et Protegee dans leur hutte à Kiseguru,

lors de leurs retrouvailles du 17 novembre 2008.  

 

Protegee raconta comment elle était arrivée épuisée à Kiseguru le 12 novembre. Quand elle avait voulu trouver refuge dans sa famille, elle avait trouvé la maison vide - sa sœur et les autres membres de sa famille avaient fui. Pendant cinq jours, elle avait attendu qu’un adulte arrive. Personne ne venait. Elle avait l'intention de partir pour Kiwanja et rejoindre sa mère le jour même où je l’avais photographiée.

Protegee, Reponse et Espérance sont maintenant revenues à Kiwanja. Elles ont installé un lit dans le coin d'une chambre dans la propriété de l'église catholique. A l'extérieur, le Programme alimentaire mondial de l’ONU distribue de la nourriture, mais la situation dans la ville reste volatile.

Avant mon départ, j'ai offert à Esperance la photographie des enfants. Elle l’a tendue à Protegee, qui, avec Reponse sur ses genoux, l’a longuement regardée. Je les ai laissées là, sur leur lit, serrant la photo, l'une de leurs rares possessions.

Quand je leur demandai quand elles retourneraient dans leur village, Esperance répondit : «Quand la guerre sera finie."

 

texte inspiré d'un interview en anglais de Jérôme DELAY

extraits - traduction personnelle

 

 

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Protegee ferme la porte de sa hutte avant de quitter le village de Kiseguru,

pour la seconde fois, le 17 novembre. 

2008 ©  Jérôme DELHAY


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Protegee est suivie d’une ribambelle d’enfants en quittant Kiseguru.

  2008 ©  Jérôme DELHAY 

 

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Protegee montre comment elle enroulait une couverture sur elles

lorsqu’elle dormait dans l’église avec sa nièce.

2008 ©  Jérôme DELHAY

 

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Protegee montre l’église où elle a passé une nuit avec sa nièce Reponse. 

2008 ©  Jérôme DELHAY


Mes principales sources d'information pour la rédaction de "insoutenable détresse" :

 

Le prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre

Le Soir : les carnets de Colette Braeckman

The Sacramento Bee : Congo conflict continues

Human Rights Watch : killings in Kiwanja

reliefweb : massacres à Kiwanja

 

Human Rights Watch : massacres à Kiwanja : rapport PDF

 

Un blog d'un africain sur le bilan du massacre 

The Digital Journalist : finding Protegee and Reponse

The Sacramento Bee : children and mother reunited.

mouche-copie-1.gifImage du Blog ypjane.centerblog.net

jeudi, 03 novembre 2016

Le cerf, roi de la forêt : un dessin d'un "16 cors irrégulier"

Ultime mise à jour en bas d'article effectuée ce JEUDI 3 NOVEMBRE.

La prochaine publication n'est pas envisagée

avant la fin du mois de novembre.

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DIMANCHE 2 OCTOBRE

En fin de période de brame du cerf dans mes forêts ardennaises, je suis heureux de vous retrouver pour vous présenter sur ce blog Hautetfort un dessin créé en 2009, déjà publié en ce temps sur mon précédent blog Overblog, aujourd'hui abandonné.

À cette époque, il y a sept ans, ce projet de dessin de cerf mijotait depuis le début de l'été mais la tâche paraissait ardue : serais-je capable de dessiner cet animal noble, majestueux, le Roi des forêts, le plus caractéristique des cervidés, traqué par les hommes depuis la nuit des temps, souvent considéré comme nuisible à cause des petites pousses, des jeunes arbres et des écorces dont il se régale, mais heureusement, grâce à certaines associations de défense de la faune, protégé par des réglementations strictes ? Assurément, il méritait de figurer un jour dans ma galerie de dessins...

Par ailleurs, mon vieil ami Joseph, aujourd'hui décédé, rêvait que je lui en dessine un. Je t'en commande un, m'avait-il dit un jour. Attention, il doit être magnifique... avait-il précisé.  Depuis qu'il avait vu mes dessins, l’idée de posséder et de pouvoir regarder tous les jours un portrait de cerf tracé de mes doigts trottait en effet dans sa tête... Serais-je capable d'exaucer son vœu ?

Ce double défi me stimulait. Le cerf représente l'une des rares espèces sauvages de cette taille que l'on peut encore contempler en pleine nature dans nos forêts d'Europe, si l’on sait s’y prendre. Sa majesté tient à la grandeur et à la beauté de ses bois. Réussirai-je à faire naître ce superbe animal sur ma feuille vierge, et ainsi rendre un ami heureux ?

Le projet me taraudait. J'étais pourtant obligé de le garder en veilleuse, ou plutôt de mettre l’ordinateur en veille, bredouille, chaque soir. Je recherchais en vain sur Internet une photographie de cerf répondant à quatre critères bien précis que Joseph et moi avions déterminés : une ramure bien développée ; il ne pouvait pas bramer ; il devait vous regarder bien en face, dans le blanc des yeux ; enfin et essentiel pour moi, la photo devait être très précise. Pas aisé à trouver : les quelques beaux clichés dénichés ça et là ne correspondaient pas pleinement aux trois premiers souhaits, ou n’étaient pas de qualité suffisante pour m’offrir les détails recherchés pour une précision extrême. Encore m'aurait-il fallu contacter au préalable les photographes pour obtenir leur autorisation... J’attendais donc : je trouverais bien, un jour...

Par hasard, lors d'une exposition de mes dessins en juin 2009, je rencontre un monsieur aussi discret que sympathique qui, lorsque je lui explique rechercher un modèle de cerf, pour honorer une demande, me dit Vous en voulez un ? et sort son portefeuille. Aurait-il une petite photo de cerf sur lui, me dis-je ?  Non, cela ne me conviendra pas, pensai-je très vite, la photo sera trop petite, les détails manqueront !  Et il me propose sa carte de visite.


Il pourrait m’envoyer en haute résolution un des cerfs dont son site regorge.  Vous verrez, vous aurez l'embarras du choix. me dit-il. A moi de sélectionner la prise de vue idéale et de le contacter.  Sitôt rentré à la maison, je m'assieds devant l'écran de l'ordinateur et découvre son blog d'alors "Ardennes sauvages" : il n'a rien exagéré.
 
       

Permettez, cher lecteur, de ne pas vous montrer d'emblée "la" photo qui a obtenu ma préférence. Sachez simplement qu'il s'agit d'un 16 cors irrégulier (les connaisseurs apprécieront !). Voici les premiers traits de mon dessin...

Le premier chandelier, appelé également l'empaumure, avec ses épois.

Le chandelier ou l'empaumure, c'est le nom que l'on donne aux extrémités du bois dont la disposition rappelle la forme d'un chandelier ou d'une main humaine ; les épois, ainsi s'appellent les cors qui terminent le bois.

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MERCREDI 5 OCTOBRE

Aujourd'hui, la suite de la présentation de mon dessin vous permettra de découvrir la chevillure, c'est-à-dire la troisième ramification du bois du cerf à partir de la tête, qui s'est développée sur le merrain, la tige du centre de la ramure. Les premiers traits du surandouiller, inachevé, apparaissent.

 

 

           
Dessiner l'oreille demande temps et précision... Méticuleusement, je tente de rendre compte de la finesse des poils.

Le surandouiller est achevé, comme l'andouiller de massacre (le cor au-dessus de l'oreille).

Si vous le voulez, vous apprécierez les détails sur la photo suivante, agrandie.



 

La large ramure de ce cerf m'oblige à dessiner... majestueusement !
Les dimensions prévues pour ce dessin ?  40 X 50 cm !

 © Jean-Claude Dechamps
Non, ce n'est pas ce cerf que je dessine...

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SAMEDI 8 OCTOBRE
Bonjour...
Au programme ce matin, avant de nouveaux traits de mon dessin,
quelques précisions fort utiles à propos de la ramure du cerf !

 

N'étant en aucune manière spécialiste en la matière, j'ai cherché à approfondir mes connaissances par Internet et surtout grâce à de fréquents et instructifs échanges d'emails avec Jean-Claude Dechamps, et je voudrais vous faire part de mes découvertes. 

 

J'ai précédemment écrit que "le cerf représente l'une des rares espèces sauvages de cette taille que l'on peut encore contempler en pleine nature...". Effectivement, il est le plus grand des animaux vivant dans nos forêts. Les données recueillies divergent quelque peu d’un site internet à l’autre, en fonction de la région concernée : en France par exemple, les cerfs de l’est ou du nord-est sont plus imposants que leurs congénères de l’ouest. L'on peut toutefois considérer que la hauteur au garrot dépasse parfois un mètre trente, la longueur du corps approche deux mètres et le poids des plus vieux spécimens peut atteindre deux cents kilos. Seul, le sanglier de nos Ardennes (et autres régions forestières) peut se targuer de le concurrencer, au niveau du poids, avec ses quelque 150 kilos.

 

Vous aurez probablement remarqué, à la lecture des premières étapes de cet article, que chaque pointe, chaque extrémité, chaque cor de la ramure de ce somptueux animal sauvage porte un nom bien spécifique. 

 

Une telle différenciation de termes trouve son origine dans le besoin des veneurs qui, lors de leurs chasses à courre, avaient coutume de donner des noms à chacun de ces cors de façon à pouvoir décrire au mieux l'animal qui était aperçu, chassé et abattu.
         
             
J'ai été surpris d'apprendre que la croissance de la ramure du cerf n'est pas aussi rectiligne que je ne l'imaginais (avec une chute des bois chaque année suivie d'une repousse annuelle d'un andouiller supplémentaire).

 

A l'âge d'un an et demi, un jeune mâle forme ses premiers bois, deux tiges droites, lisses et non ramifiées, appelées dagues (ce qui explique pourquoi l'animal est nommé daguet). Il les perdra. Ensuite - mais pas année après année - la dague sera remplacée par une tige plus forte, le merrain, qui portera l'andouiller de massacre, parfois désigné par andouiller d'oeil ou maître andouiller.  Apparaîtront plus tard, à la repousse, un surandouiller qui se placera au-dessus de l'ancien, puis par la suite, la chevillure, ainsi dénommée parce qu'elle sert de point d'articulation et d'appui aux cerfs lors des combats. Un andouiller supplémentaire ne poussera que rarement : la trochure qui donne alors aux bois une conformation assez reconnaissable.

 

J'ai écrit "à la repousse" car, contrairement à l'idée répandue, il ne s'ajoute pas un andouiller supplémentaire chaque année aux anciens bois : ils tombent à chaque printemps vers mars - à ce moment, on dit que le cerf est mulet - et repoussent bientôt, généralement plus gros et plus lourds, enveloppés dans une peau nourricière d'aspect doux, les fameux "velours".

 

En outre, l'observation des bois du cerf ne permet pas de déterminer avec certitude son âge puisque l'évolution des bois peut varier d'un animal à l'autre, pour devenir sans règle à partir d'une dizaine d'années, les aptitudes à la reproduction diminuant. On considère généralement que la ramure est à son apogée vers l'âge de 8 à 10 ans, et qu'elle régresse au-delà de 12 à 15 ans.

 

Les veneurs (encore eux) nommaient également les cerfs en fonction du nombre de leurs andouillers. Ils s'appelaient ainsi 2e tête, 3e tête, 4e tête,  puis 10 cors, 10 cors royal (pour les cerfs à empaumure), vieux cerf et enfin … grand vieux cerf.



 
Je ferme ici cette page didactique, en espérant qu'elle rencontrera l'approbation de mes lecteurs les plus avertis ou qu'un commentaire judicieux viendra compléter mes propos.
 
Passons sans plus tarder à mon dessin, la raison d'être, évidemment, de cet article. Je vous propose aujourd'hui le pivot, c'est-à-dire le socle sur lequel les bois poussent, ainsi qu'un oeil et presqu'une demi-tête. 
 
Voici plusieurs clichés de mon dessin : quelques détails et une vue d'ensemble pour terminer ! 
 
           
     
     
     
     
     
     


 
Votre oeil attentif aura peut-être remarqué que j'ai aussi entamé la robe (au niveau de la nuque) : beaucoup de travail en perspective, quelques cheveux blancs sans aucun doute, mais qu'importe ! 
 

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MARDI 11 OCTOBRE
Au programme aujourd'hui : la photo que m'a offerte le photographe J.-Cl. Dechamps et la tête entièrement dessinée complétée par quelques traits supplémentaires de la crinière, appelée aussi fanon.

  © Jean-Claude Dechamps

Il est rare de rencontrer pareil spécimen de cerf, un 16 cors irrégulier.

Comment ce nom est-il déterminé ? 

Observons-le attentivement, si vous voulez bien... 

Son merrain droit (à gauche, sur votre écran) porte sept andouillers : en commençant par le bas, nous voyons l’andouiller d’œil ou de massacre, le surandouiller et la chevillure surmontée par une empaumure (ou chandelier) de quatre épois (voyez également ces noms sur le schéma ci-dessous), l'un d'eux (et donc le septième andouiller), étant caché par le tronc de l’arbre !  (Ce qui, comme vous pouvez l'imaginer, me crée quelques soucis pour la suite du dessin.)

Son merrain gauche (à droite, pour nous…), achevé sur mon dessin, compte huit andouillers, puisque le chandelier compte un époi supplémentaire, et donc cinq épois.  

 

 

« 8 + 7 = 15 » me direz-vous ?  Pourquoi donc l'appelle-t-on "16 irrégulier" ?

Ce nom est déterminé en fonction du merrain qui porte le plus d’andouillers : huit, pour les cors de  notre cerf.  On multiplie alors ce nombre par deux, donc seize cors dans ce cas de figure ; irrégulier, vous avez compris pourquoi...

Ce cerf a été photographié en début du brame : un œil averti remarquera qu’il est encore bien gras (la crinière bien fournie cache à peine un sérieux embonpoint), aucun andouiller ne manque ou est brisé, et il ne montre pas de blessure apparente. 

Il est encore bien gras, disais-je : pendant la période du brame en effet (période de reproduction allant du 15 septembre au 15 octobre dans nos forêts d'Ardennes belges), à cause de son extrême vigilance pour éloigner ses rivaux et garder ses femelles,  et de son état d'excitation permanent, il ne se nourrit que très peu (si peu qu’on peut dire qu’il vit d’amour et d'eau fraîche !) et il perd une bonne partie de ses réserves qu’il devra ensuite reconstituer au cours de l’hiver.

Voici deux autres photos de ce même cerf, les trois clichés ayant été pris à quelques secondes d’intervalle. Si on regarde d’un œil rapide ces photos, m'explique Jean-Claude D., on pourrait penser que ce sont des individus différents, mais non, c’est bien le même. Il suivait la trace des biches au début du brame et avançait la tête baissée, le nez au sol dans les fougères, droit sur moi. Je l’ai un peu approché mais à cette courte distance, il a entendu le premier déclic, a levé la tête (deuxième photo) a encore fait quelques mètres puis m’a aperçu. A ce moment j'ai fait la 3e et dernière photo sans plus pouvoir me déplacer. J'étais ravi, un 16 c'est loin d'être courant !"

 

 

© Jean-Claude Dechamps

 

 

© Jean-Claude Dechamps

 

"Pour la petite histoire", puisque ces photos sont prises en sous-bois, et qu'il s'agit d'animaux totalement libres et sauvages, et donc très farouches, je suis obligé d'adapter la sensibilité en fonction des conditions de prises de vues. Et comme c'est souvent en forêt avec très peu de lumière, une sensibilité de 800 ASA, voire plus, est indispensable. La qualité des détails en souffre malheureusement. J'espère que la précision que vous recherchez sera suffisamment présente."

Oui, Jean-Claude, la qualité est largement suffisante. Comme il s'agit d'une photo de 7,87 mégas, en l'agrandissant (200%) à l'écran, les pixels et détails restent en quantité. Place à mon dessin maintenant, en guise de preuve.

 

       

           
         
           
           
           




 

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VENDREDI 14 OCTOBRE 

 

En début d'article, le dimanche 2 octobre, j’avais écrit, sans développer davantage mon idée, que le cerf est considéré comme nuisible, à cause des petites pousses, des jeunes arbres et des écorces dont il se régale : quelques précisions s'imposent.

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© Jean-Claude Dechamps

 

Il ne faut pas se leurrer : dans une forêt tournée vers une productivité intensive, le cerf, au même titre que le chevreuil ou le sanglier, est accusé de multiples dégâts et trop souvent jugé indésirable. Les dégradations qu'il occasionne aux arbres sont de trois types : l’abroutissement, l’écorçage et les frottis.

 

L’abroutissement, c’est la consommation par le cerf (ou le chevreuil) des jeunes pousses et des bourgeons. Ce dommage n'est heureusement pas irrémédiable : une pousse plus vigoureuse finira toujours par se développer...

 

Quant à l’écorçage pratiqué par le cerf, heureusement moins fréquent, il consiste comme son nom l’indique à arracher des morceaux d'écorce du tronc. Les écorçages d'hiver sont minimes. Ceux de printemps ou d'été sont souvent spectaculaires ; la sève étant remontée, des lambeaux entiers du tronc peuvent être arrachés. Les essences les plus touchées sont le frêne, le hêtre, le pin, l'épicéa et le douglas.

 

Enfin, les frottis apparaissent par frottement lorsque les cerfs vont "frayer" leurs bois sur les arbres afin de les dépouiller de leur velours : c’est d’ailleurs le tanin de l'écorce qui donnera la couleur aux bois. Ils surviennent le plus souvent en juillet quand les cerfs auront "tout allongé" c’est-à-dire lorsque leur ramure se sera complètement développée. On les observe également en mars lors de la chute des bois et lors de la période de rut en septembre.  Les essences les plus recherchées sont les résineux, pour leur pouvoir odorant, et les feuillus à bois plus tendre.  Les dégâts restent assez limités.

 

Mon cerf a eu tout le temps de frayer, puisque la photo a été prise en début de brame, et qu'il s'est débarrassé depuis longtemps de ses velours. Je puis vous en montrer la suite, la partie inférieure du second merrain et les andouillers qui le composent : l'andouiller d'oeil ou de massacre, le surandouiller et la chevillure.

 

J'ai beaucoup travaillé sur la seconde oreille et me suis concentré sur les longs poils drus de la crinière.  Ce fanon m'a donné beaucoup de... fil à retordre ! Comme la photo a été prise un mois de septembre, il est extrêmement fourni et d'une rare élégance...

 

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LUNDI 17 OCTOBRE 

Aujourd'hui, je vous montrerai le septième andouiller, ce cor manquant de l'empaumure caché sur la photo par le tronc d'arbre. Si dessiner sa forme était plutôt simple, en ce qui concerne les ombres, c'était moins aisé.

Enfin, vous découvrirez la suite de ce fanon bien fourni dans lequel, s'ils le pouvaient, nombre de chasseurs ou photographes glisseraient volontiers les doigts... 

 

Mais auparavant, voici encore quelques précisions fournies par Jean-Claude Dechamps en 2009 quant aux mœurs du cerf en période de brame, précieuses explications qui m'ont donné l’envie d’en connaître plus encore sur ses mœurs tout au long du reste de l’année, alors qu’il semble avoir disparu ou, du moins, se montre très discret.

Plusieurs fois par jour, il se roule dans la souille, une zone humide, une sorte de flaque dans laquelle il se couvre de boue, autant pour imprégner cet endroit de son odeur que pour se rafraîchir, car cette époque est un moment de grande activité pour lui : Il lui faut sans cesse rassembler ses biches et les tenir à l'œil jour et nuit, manifester en permanence sa présence et éloigner les rivaux voire même se lancer dans des violents combats...

 

Presque plus le temps de manger, juste dormir un peu et se souiller !

 

Entamons le cycle annuel en novembre/décembre, lorsque les plus âgés s’attroupent et se réfugient dans les grands forts, leurs repaires, leurs retraites au plus profond des bois. On trouve pourtant quelquefois, exceptionnellement, de vieux cerfs avec les jeunes, même avec des biches. Ils font leurs viandis – terme de vénerie signifiant aller en pâture – aux bruyères, dont ils mangent la pointe et la fleur (la substance de cette plante leur rend les forces perdues au rut). Ils sont aussi particulièrement friands de glands, châtaignes, faînes et autres marrons.

 

Les cerfs plus jeunes accompagnent les biches et se mettent en harde avec elles ; ils se retirent également dans les forts de fonds de forêt pour s'échauffer de leur haleine et pour y être à l'abri du froid, des neiges et des verglas. Ils font leur viandis, pendant ce mois, à toute espèce de bois mort, tout autant qu'au genêt, au saule, au peuplier, au châtaignier, aux ronces, aux framboisiers, à la bourdaine, etc. Ils sont entre autres fort friands du lierre de terre qui couvre certains sols, et de celui qui s'attache aux arbres contre lesquels ils s'élèvent pour l'atteindre, ce qui permet aux plus fins observateurs de se forger une petite connaissance de la taille et du corsage (du poitrail) du cerf qui s'en est repu. 

 

Au mois de janvier, les cerfs abandonnent les biches pour s'accompagner d'autres cerfs et recherchent les endroits à l’abri des grands coteaux car le froid y est parfois trop violent. Si la neige recouvre trop longtemps le sol, ils se nourrissent alors d'écorce qu'ils déchirent sur le fût des arbres, résineux de préférence, en longues lanières qu'ils saisissent avec leurs incisives

 

En février et mars, lorsque les grands froids sont souvent passés, les cerfs se séparent et se rapprochent des lisières des forêts, se choisissent des buissons commodes tant pour aller aux gagnages, ces prés verts où ils vont chercher leur nourriture dès la tombée de la nuit, que pour mettre bas, c’est-à-dire perdre leurs bois et refaire leur tête.

 

En avril et mai, puis l’époque des premières moissons passée, ils quittent difficilement la forêt et ses buissons (pourtant, les pommiers les attirent, ainsi que - autant profiter de l'aubaine - certains champs de carottes ou de betteraves).  Ils ne les abandonnent plus, ordinairement, qu'à l'entrée du rut, à moins qu'ils n'y soient inquiétés par l’homme.

 

Aux mois de juin, de juillet et août, les cerfs sont dans leur grande venaison : ils grossissent et accumulent de la graisse. Ce sont les graminées et céréales de toutes sortes, vertes ou en épis, qui ont leur prédilection, en raison de leur tendreté, ainsi que les feuilles de saule, de frêne, de hêtre ou de bourdaine. On les rencontre aux endroits où il y a de l'eau, parce que la grande chaleur de cette saison, jointe à la soif que leur ont causée les pâtures sèches, les obligent à aller y boire, et même à s'y vautrer dans la souille dont je vous parlais. Vers la mi-septembre généralement, ils quittent leurs buissons pour aller au rut…  Mais cela, c’est une autre histoire, que j'aurais voulu vivre et vous conter en fin connaisseur !

 

Vers la mi-septembre, ai-je écrit ?  Lors de la prise du cliché, nous y sommes depuis une dizaine de jours déjà.  Notre cerf se montre depuis peu : regardons-le. Sa crinière que voici, bien épaisse, cache difficilement un embonpoint certain qui disparaîtra bientôt. 

 

 

 

Prenons un peu de recul.  Souvenez-vous : les bois du cerf m'obligent à voir grand. Mon dessin mesure en réalité 40 X 50 cm : les cors occupent, dès lors, toute la largeur de la page.  La tête, d'une oreille à l'autre, sur papier : 18 cm.  La voici, cette tête, avec les épois au complet et le fanon achevé...

 

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JEUDI 20 OCTOBRE 
LE BRAME DU CERF  

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Permettez-moi d’interrompre aujourd'hui les étapes évolutives de la présentation de mon dessin de cerf car... le temps presse ! Il n'est déjà presque plus possible d'écouter le brame du cerf, que l'on entendait dès la mi-septembre en forêt ! Déjà, l’activité des mâles décroît et les biches se regroupent en noyaux familiaux tandis que les cerfs se retirent en petits groupes dans d’autres quartiers des massifs forestiers.
 
Depuis la mi-septembre, les cerfs quittaient leurs buissons pour aller au rut. Cette période de rut et de brame est donc achevée et en cette seconde partie d'octobre, je brûle d’impatience de vous la conter sans tarder. En 2009, n’étant guère compétent en la matière, j’avais consulté Internet et découvert un texte extrêmement intéressant, intitulé essai sur le brame des cerfs, écrit par le peintre ardennais Jacques V. Lemaire.

J'avais alors contacté l'auteur : il m’avait aimablement autorisé à puiser dans son essai tout élément susceptible de m’intéresser aux fins de rédiger un article sur ce thème. Je l’en remercie encore bien sincèrement et je me permets ici, modestement, de dégager de sa réflexion quelques éléments qui me semblent essentiels, dont vous pourrez prendre connaissance en cliquant sur le lien ci-dessous qui vous dirigera vers une page de ce blog.

essai sur le brame des cerfs

Je vous invite aussi, si vous le souhaitez, à consulter l’essai dans son entièreté, ainsi que le site artistique de l'artiste, les liens étant disponibles en fin de cette même page.

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DIMANCHE 23 OCTOBRE 

À l'époque de la réalisation de ce dessin, à ce stade d'avancement - en apparence achevé -, quelque chose me gênait beaucoup. J'avais longtemps cherché : comment résoudre un problème qui me perturbait au plus haut point ?

 

Le fond blanc, trop blanc, à côté de la crinière, me causait problème. Que faire ?
 
Devrais-je peut-être laisser apparaître les quelques fougères de l'avant-plan de la photo de Jean-Claude Dechamps ?
 
 
              



 

 

 

Non, j'avais finalement écarté ce projet : ces fougères, trop petites, ne combleraient pas suffisamment le vide qui me dérangeait. Dessiner quelques branches ? Envisageable... mais pas question d'en montrer à la hauteur des cors qui y perdraient en visibilité. Derrière eux, le fond doit rester immaculé.

Ma solution ? Faire rapidement pousser des herbes... De grandes, bien larges...

Dites-moi, comment appelle-t-on encore ces herbes auxquelles je pense... Comme sur cette photo ?


Ah oui, des joncs...

Non, ceux-là sont trop épais, trop larges. 

 

 



Ceux-ci peut-être... 


Oui oui... Ils me conviennent parfaitement.


C'est d
écidé : je vais en dessiner à la gauche de mon dessin.

               

Voici le résultat : gros plan sur les premières tiges et feuilles de joncs, puis dans la foulée, regardons l'effet qu'elles produisent à côté du cerf.

 

               
     
     

Belle opération non ? Sur ma lancée, j'avais aussi dessiné quelques feuilles devant la crinière du cerf : je l'avais prévu, il le fallait, mais l'opération s'avérait délicate et risquée. Il me fallait, exceptionnellement, gommer.

 

D'un geste souple et décidé (j'ai lu cette expression sur un écran de paiement de station-service !  "Retirez votre carte d'un geste souple et décidé")..., j'avais fait glisser ma gomme,  méticuleusement biseautée au cutter, sur la crinière du cerf (en la relevant d'un geste... tout aussi souple et décidé) : quitte ou double. Gagné : ça gommait bien. Pas trop large au début, affiné en fin de tige...Parfait.  Hop, hop, hop, en quelques  instants, les vides escomptés apparaissaient.  Y'avait plus qu'à border et griser ces blancs et le tour était joué...
 
Voulez-vous voir le dessin entier maintenant ? 
Non, Veuillez m'excuser... un peu de patience... revenez jeudi, voulez-vous bien ?

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JEUDI 27 OCTOBRE  

 
Ce dessin achevé promis pour ce jeudi , le voici ci-après...

... les joncs, destinés à combler discrètement cet espace vide éblouissant à côté de la crinière...


... les joncs, dessinés devant la crinière et les poils du cerf...


 
 
C'était une commande, vous le savez... De son fauteuil en maison de repos, souvent, pendant la journée, son propriétaire, aujourd'hui décédé, a inévitablement croisé, c'était son rêve, le regard de ce superbe cervidé.

Il était devenu SON cerf, il le comblait : je l'avais dessiné encore plus beau qu'il ne l'espérait, m'avait-il dit, et répété... :
 

 
Chers lecteurs, merci pour vos visites, votre fidélité.

Merci au photographe pour sa photo, pour sa précieuse collaboration !
Si mon dessin est réussi, c'est parce que sa photo était superbe.


Si le dessin est achevé, je n'ai pourtant pas l'intention de mettre un terme à cet article aujourd'hui. Revenez encore, car je voudrais vous raconter qu'en automne 2009, je suis allé, bien accompagné, écouter le brame en forêt ! Je vous en parlerai... dans la prochaine mise à jour prévue ce dimanche 30 octobre en cours de journée...
 
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Le cerf brame, la forêt rêve.
 


Le cerf évoque la virilité.
Son brame, ce cri rauque qui symbolise l'extase, n’y est pas étranger !
 
 
Jeudi, je vous quittais avec ces mots : "Je suis allé, bien accompagné, écouter le brame en forêt !".

Pensez : vivre un mois en charmante symbiose avec mon cerf et découvrir tant de passionnantes choses à son propos donnent envie de partir à l’écoute de son brame. 

Et à l'époque de la création de ce dessin, je l'ai écouté, merveilleusement bien accompagné par un "guide" d'exception qui a accédé à ma demande avec une grande gentillesse, et accepté que je vous parle de cette escapade nocturne, malgré quelques légitimes réticences : surtout, ne pas dévoiler le lieu et bien mentionner le caractère exceptionnel de ce rôle de "guide"...

Ainsi, nous partons sur les chemins, quelque part dans les Hautes Fagnes, pour une visite crépusculaire vers le lieu de brame que mon guide a choisi de m'offrir et que je tairai donc, parce que, activité à la mode, l’écoute du brame du cerf, lorsqu’elle n’est pas menée en respectant quelques règles simples, peut effrayer inutilement l’animal et sa harde et le perturber fortement, à cette époque de rut. Dès lors, en reprenant ses paroles : "les gardes-forestiers, photographes naturalistes et autres spécialistes en la matière sont très réticents à la vue de tous ces gens, de plus en plus nombreux, non accompagnés, qui partent en forêt à ce moment de l’année, n’importe où, n’importe comment, et y font n’importe quoi sauf respecter la nature et ceux qui la peuplent, leurs véritables propriétaires. Si des personnes de tel gabarit prennent connaissance d'un lieu de brame, il est immédiatement... infesté !"

Mais tout cela ne correspond pas à Jean-Claude Dechamps : il préfère se fondre dans la nature qui l'acceptera, surtout s'il y va seul.  Je le lui promets : je m'engage à respecter le cerf et faire honneur à cette confiance qu'il m'accorde, généreusement en appliquant à la lettre les consignes reçues.

- Mes vêtements sont sombres et silencieux, pour éviter tout bruissement intempestif. Pas de K-WAY mais du tissu...

- Je porte bonnet noir et gants sombres : mes cheveux blancs, mes mains et mon visage pâle doivent autant que possible devenir invisibles...

- Mon GSM est coupé. Bien évidemment, pensez-vous ? Sachez qu'il paraît que cela arrive d'entendre quelqu’un qui, peut-être juché peut-être au sommet d'un arbre, s'écrie, portable en main "Eh, trop cool, attends, écoute le cerf qui brame!".

- Je ne me suis pas aspergé de parfum ou de lotion après-rasage : les cerfs ont un odorat particulièrement développé et me repéreraient à distance...

- Je ne fume jamais...

- Je n'ai aucune source lumineuse sur moi. Lui tient pourtant une lampe de poche, dans la rarissime éventualité où nous nous trouverions, inopinément, en tête à tête avec un cerf décontenancé : alors, le rayon lumineux suffirait à nous protéger et faire fuir notre pauvre animal (mais il n'en a jamais eu besoin).

- Il m’a prêté une bonne paire de jumelles de vision nocturne...

Les conditions climatiques sont idéales : un ciel dégagé, une lune gibbeuse ascendante, un imperceptible souffle de vent que j’apprends à percevoir et que les cerfs n'aiment guère car leurs larges oreilles y sont trop sensibles, un temps doux et un sol sec. Il ne devrait pas y avoir de problème, nous devrions entendre les cerfs bramer m’annonce Jean-Claude : même s'il arrive parfois, alors que toutes les conditions paraissent réunies, que ce soit le silence total. Et lui de stresser à l’idée de rentrer bredouille : et moi pareil !

Et c’est bien ainsi que cela commence : rien ! Jamais je n’ai marché aussi silencieusement : dans la pénombre de la nuit, je m’applique à coller à la forme sombre de mon compagnon que je suis, petits pas après petits pas.  Contrôle total du corps pour qu’il se glisse dans le silence, jusqu’à retenir son souffle...

Rien. 20 minutes passent très vite : il me chuchote quelques explications sur notre environnement. Nous observons le coupe-feu dans toute sa longueur avec nos jumelles : oui, même la nuit, on y voit clair, croyez-moi. Puis, enfin, ils se font entendre : loin, trop loin, à plus d’un kilomètre probablement, mais je les entends, pour la première fois. Étonnant !  Surprenant ! Merveilleux...

Déjà, je suis comblé. Encourageant, me dit mon ami : s’ils commencent à s’exciter entre eux de la sorte au loin, la soirée pourrait s’animer plus près de nous aussi.

Il a raison : subitement, un cerf a bramé à proximité, très près, moins de 50 mètres peut-être. Et dans le silence profond de la nuit, ce cri n’en prend que plus d’ampleur. Pour moi, non-initié, ce premier brame restera à jamais gravé dans ma mémoire... Ce puissant râle emplit la forêt et donne à ce lieu une atmosphère insolite et magique.

 

© Jean-Claude Dechamps

Nous l’écoutons quelques minutes (une éternité !), sans le moindre mouvement. Lui nous sent peut-être, puisqu'un léger frémissement aérien se déplace de notre lieu en sa direction. Nous l’entendons, un peu inquiet, lancer quelques rots graves et rauques, puis s’éloigner, lentement : le retentissement, paraît-il typique, de ses bois contre quelques branches d’arbres, est audible. Oui, il nous a sentis mais nous ne l’avons pas effrayé ni tracassé - enfin, juste un peu...

Nous continuons cette lente progression sur un sentier forestier. Jean-Claude, c'est flagrant, connaît parfaitement la typographie du terrain : il me prévient parfois, tantôt de la présence de racines peu apparentes, tantôt d'une petite zone boueuse ou de pierres protubérantes. 

La magie continue d'opérer, les cerfs brament de plus belle, dans le lointain. Il nous faut changer d’emplacement, sans attirer l’attention de ceux que nous cherchons à approcher : nous progressons un long moment (mais à peine de quelques dizaines de mètres), jusqu’à atteindre un champ bordé d’une haute sapinière, un endroit où mon ami escompte bien entendre l’un ou l’autre nouveau raire proche de nous. Là, il me propose d’utiliser ses lunettes d’approche avec amplificateur de lumière.  Je n’avais jamais entendu parler de ce type de lunettes, très impressionnantes : il me montre un lièvre traverser le champ, sans se presser.  Dans le noir, je ne l'aurais pas distingué : avec ces lunettes spéciales, je le vois clairement !

Subitement, le majestueux cri tant espéré retentit, très près de nous. Nous sommes, cette fois, du bon côté. L'odorat extrêmement  développé du cerf ne peut déceler notre présence car le souffle d'air circule de lui vers nous, ou du moins parallèlement à nos positions respectives.  Ainsi, pendant de longues minutes, je peux entendre le brame dans toute sa splendeur.

 

© Jean-Claude Dechamps

Le cerf progresse à l’orée de la sapinière, dans notre direction, lentement. Je suis figé. Nous entendons sans doute des raires de marquage et d’appel, leur fonction étant de marquer l'emplacement du cerf vis-à-vis de ses congénères et d’appeler les biches : il en a sans doute autour de lui et tente de les rassembler, on le perçoit au déplacement de son brame.  J’ai l’impression qu’il s’éloigne, puis subitement, se rapproche : non, non, le cerf lance cet appel aux différents points cardinaux avec un temps de latence et d’écoute plus ou moins important entre chaque émission, c'est pourquoi, selon la direction de l'appel, le son nous semble si proche, ou éloigné.

Quel moment intense pour moi, quelle scène exceptionnelle et naturelle se déroule là sous mes yeux, pardon, sous mes oreilles attentives. Régulièrement, j'ai la chance, le bonheur d'entendre retentir cette longue plainte rauque et profonde, ce cri étrange et pas aussi lugubre qu'on le dise :  c'est le brame du cerf.

Nous n’en avons pas vus : peu importe !  Les photos de Jean-Claude me suffisent. Mais je les ai entendus ! Je suis privilégié ... et comblé. 



Quel spectacle pour les sens ! 

Le cerf brame, la forêt rêve.

      

La prochaine publication

n'est pas envisagée avant,

le 20 novembre !

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Je vous remercie

pour votre fidélité.

samedi, 24 septembre 2016

P A U S E

 

" Le temps n'est pas une courbe lisse

mais une série de cahots, de bonds

et de pauses. "

Niall Williams

 

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