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31 août 2016

Un dessin de soldat en terre cuite de l’armée enterrée de Qin Shi Huang.

Depuis le 4 juin, présentation d'un nouveau dessin pas à pas,

un soldat de l'armée millénaire du premier empereur de Chine,

QIN SHI HUANG (prononcer tchin che rhou-agne).

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- ultime mise à jour, en bas de page, le samedi 18 juin -

 

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SAMEDI 4 JUIN 2016    Qin Shi Huang, le César de la Chine

Bien avant l'ère des chrétiens, la Chine était écartelée en une multitude de royaumes et états guerriers, chacun sous le contrôle de seigneurs féodaux, ce qui engendrait une grande instabilité. 

De plus en plus, les 37 générations de la dynastie Qin et les penseurs de l’époque aspiraient à l’unité, tout en exerçant un pouvoir politique, militaire et économique sans précédent sur l’empire de Chine, et en faisant progresser son niveau social, culturel et artistique.

   

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plaine chinoise à la fin des Royaumes combattants (source : wikipedia)

     

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Qin Shi Huang (source : wikipedia)

 

On le surnomme "le César de la Chine". 

Autoritaire, il se fait appeler Zheng, "Homme-Dieu".

Le Prince Zheng, né en 259 avant notre ère, réalise le rêve auquel ses prédécesseurs aspiraient : il s’autoproclame Shihuang des Qin, c’est-à-dire "Premier Auguste Empereur de Qin".

Il monte sur le trône encore adolescent, abolit l’état féodal pour doter la Chine d’un régime impérial qui, tant bien que mal, ne s’éteindra qu’en 1911.

Il devient le fondateur du premier empire unifié de l’histoire chinoise.

 

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

étape 1 - gros plan sur le visage (grandeur réelle : ± 9 x 5 cm)

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LUNDI 6 JUIN 2016     Qin Shi Huang, son oeuvre

Qin Shi Huang promulgue des réformes politiques et économiques majeures à travers le pays.

Il standardise le système des poids et mesures, afin de calculer l’impôt en nature de manière exacte.

Il codifie les dimensions des essieux des roues de chars et charrettes.

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 Il impose une monnaie ronde, carrée en son centre

- pour les Chinois, le ciel est rond, la terre est carrée -,

unité monétaire qui restera en place

jusqu’à Mao Tsé-Toung.


Il unifie les caractères chinois en créant une écriture « petite sigillaire »

- c'est dramatique : tout en brûlant les livres classiques et en exterminant les lettrés ! -  

afin d’installer une langue et un seul système de communication.

                   

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Il entreprend de réunir et surtout de développer des tronçons de fortifications existants pour en faire un système défensif cohérent contre les invasions venues du nord : un projet extravagant, insensé... qui se poursuivra jusque sous les Ming (1368-1644) ! Ces travaux ont produit le plus gigantesque ouvrage de génie militaire du monde, la fameuse Grande Muraille de Chine. Son importance historique et stratégique n'a d'égale que sa valeur architecturale.

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carte de l'histoire de la construction de la Grande Muraille de Chine (source : wikipédia)

un clic ici, ou sur la carte, vous permettra de la visualiser dans ses moindres détails

 

Enfin, et j'y consacrerai entièrement la suite de cet article, il entreprend la construction de son fameux mausolée bâti sur son tombeau, encore inexploré de nos jours et protégé par une armée de milliers de soldats en terre cuite.

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

étape 2 - visage et partie de l'armure (grandeur réelle : ± 13 x14 cm)

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MERCREDI 8 JUIN 2016    

Qin Shi Huang, son oeuvre, selon Sima Qian et son livre Shiji

Le Premier empereur de Chine se comporte comme un despote : on le dit tyran, sanguinaire, mégalomane… Obsédé par l’immortalité dès le début de son règne, il réquisitionne, à l’âge de 26 ans, 700 000 ouvriers, et débute la construction d’un complexe funéraire sur 56,25 km2 – l’équivalent d’un carré de 7,5 km de côté - qui durera 38 ans.

Le mausolée, le plus important jamais construit de l’histoire chinoise, sera un palais souterrain, enfoui sous un gigantesque tumulus d’une hauteur de plus de 50 mètres, bâti à l’intérieur d’une enceinte rectangulaire à double paroi, protégé par une grande armée : toujours dans l’obsession d’un ennemi, jusque dans l’au-delà.  Des arbres plantés, à la fin des travaux, sur la vaste butte, lui donnent un air de colline verdoyante, mais les alentours ne sont que champs de maïs et de blé.

 

La seule description que l’on en possède provient du livre Shiji (Mémoires historiques) de l’historien chinois Sima Qian, écrit un siècle après la mort de l’empereur, un livre qui couvre l’histoire chinoise jusqu’à l’époque où vécut son auteur, un livre comparable aux Histoires d’Hérodote.

        

 

 

 

 

 

      

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CLIC SUR L'IMAGE

L’on pourrait penser que le récit relève de la science-fiction… On transporte des modèles de maisons, de bâtiments officiels, les objets les plus précieux. Des rivières de mercure représentant les deux grands fleuves de Chine, le Jaune et le Yangzi, sont mises en mouvement par des machines sophistiquées. Les vapeurs mortelles protégeraient la tombe des pilleurs, tout comme un système d’arbalètes au déclenchement automatique. La voûte est incrustée de perles symbolisant le soleil, la lune, les étoiles ; au sol, ce sont les planisphères de l’empire chinois. Les concubines sans enfants, les artisans, les ouvriers qui auparavant avaient subi le supplice de la castration, sont enterrés vivants.

Pure fantaisie que tout cela ? C’est ce qu'imaginait l’archéologue Wang Xueli, l’un des plus grands experts de la nécropole, avant d’étudier la composition chimique du sol sous le monticule, en 1981. Il a trouvé du mercure, beaucoup de mercure. Nous mesurons des taux jusqu’à 100 fois plus élevés que la normale, dit l’archéologue, qui a travaillé 14 ans sur le site…

 

Ces constations semblent corroborer les écrits de Shiji...

A bientôt, pour la suite !

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

étape 3 - visage et torse protégé par une armure (grandeur réelle : ± 15 x 21 cm)

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SAMEDI 11 JUIN 2016     Histoire de la découverte de l'armée en terre cuite

Mars 1974.

La sécheresse menace les récoltes si l’eau ne les irrigue pas… Les paysans sortent pelles et outils et creusent des puits. À environ 1 500 mètres du tumulus jamais exploré, présumé recouvrir le tombeau du Premier empereur de Chine, Yang Zhifa et ses frères buttent sur des fragments de terre cuite, puis sur des flèches en bronze. La trouvaille se révèle bientôt sensationnelle : ces fragments apparaissent provenir de guerriers en terre rouge cuite. Les chefs du village sont prévenus et l'information remonte aux autorités de la ville, puis de la capitale : les archéologues sont informés.

Telles est la version officielle de l’événement largement exploitée par le gouvernement de Mao Zedong, celle qui met en scène le petit peuple... Quoi qu'il en soit, les faits, indéniables, attestent le caractère exceptionnel de cette découverte.

Mai 1974.

Une équipe d’archéologues se rend sur les lieux pour entreprendre – négligemment, sans protection contre les intempéries - les premières fouilles de ce qui va devenir la plus grande découverte archéologique du 20e siècle. Ce n'est pourtant qu'en 1982, grâce à une nouvelle loi sur la sauvegarde des monuments, que le site se dote des infrastructures nécessaires. En 1987, le site est inscrit à la Liste du Patrimoine mondial de l’humanité. La mise au jour du tombeau de l’empereur s’annonce comme le défi archéologique des prochaines années.

                   

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Rien de comparable n'existe. Pas même la grande pyramide de Gizeh, en Égypte... La pyramide, ce n’est qu’un tombeau. Ici, nous parlons d’une vaste nécropole, d'une ville souterraine où les découvertes archéologiques s’enchaînent les unes après les autres.

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  Et ce n’est qu’à partir de 1991 que vu l’ampleur de la tâche, le vaste chantier s’ouvre progressivement aux chercheurs étrangers, même si, jusqu'il y a peu encore, la fierté nationale rendait difficile toute aide étrangère, comme cette offre de financement refusée, faite il y a quelques années par une chaîne de télévision japonaise, rêvant d'introduire une minuscule caméra high-tech dans le tombeau de Qin Shi Huang...

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

étape 4 - visage, buste et armure, bras et main (grandeur réelle : ± 15 x 24 cm)

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 MARDI 14 JUIN 2016        Des guerriers à la pelle !

Depuis plus de 40 ans, une véritable armée de guerriers en terre cuite grandeur nature, avec chevaux, chars et armes en bronze, sort de terre jour après jour. Sculptés dans les moindres détails, les soldats présentent des visages uniques, tous différents. Des chefs-d'œuvre de réalisme !

 

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Jusqu’à présent, on en dénombre environ sept mille à avoir accompagné leur maître dans l'au-delà. Ils témoignent de la mode vestimentaire de l’époque, des coiffures, des armures : c’est un document inestimable, une photo de l’histoire !

Sans doute ne représentent-ils que la garde, l’avant-poste veillant sur la nécropole ; et il reste probablement encore des milliers de statues à mettre au jour. Personne ne sait vraiment pourquoi cette immense armée tomba dans l'oubli et ne fut redécouverte que plus de deux millénaires plus tard. Les épées, lances, hallebardes à crochet pour désarçonner les cavaliers, flèches et autres carreaux de bronze ont été consolidés par une couche de chrome pour les rendre indestructibles. (en Europe le procédé de l’oxyde de chrome n’a été mis au point par le chimiste français Louis Nicolas Vauquelin qu’en 1797 !). Tous les soldats avec d'un côté les fantassins, de l'autre les archers et arbalétriers, sont disposés en ordre de bataille parfait, orientés vers l'ouest pour protéger le tombeau auquel ils tournent le dos. L'ennemi mongol n'a qu'à bien se tenir !

 

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On dénombre près de six cents chevaux sculptés, de race Prejvalski, avec leur harnachement et parfois leur char. Posséder de nombreux chars était un signe évident de richesse, dit Duan Qingbo qui dirige l’équipe d’archéologues sur le site. L’empereur les a emportés avec lui dans la tombe : comme si, dans 2 000 ans, on découvrait, enterrée près de Bill Gates, une collection de Mercedes-Benz !

 

Les vestiges totalisent plus de six cents sites dans une zone qui couvre 56,25 kilomètres carrés. Par ailleurs, on se doute que quelques dizaines de concubines ont été ensevelies quelque part, peut-être même une reproduction complète de son gouvernement, de sa cour, de ses fonctionnaires : les hommes de guerre ont échappé à ce sort en étant "simplement" modelés.

Des milliers de touristes visitent chaque jour les trois différents sites auxquels ils ont accès, trois vastes fosses rassemblant la majorité des statues de soldats découvertes. De larges bâtiments sont édifiés pour protéger les fosses. L'ensemble de ces statues était à l'époque recouvert par de grandes poutres dont on peut observer les fondations à certains endroits.

 

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Même si, avec les siècles, un grand nombre de statues a été endommagé, ou saccagé par d'autres conquérants sous d'autres dynasties, une grande partie a été fidèlement restaurée et la vision de ces milliers de soldats debout, combattants en arme aux visages figés, offre un spectacle saisissant.

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

étape 4 - visage, buste et armure, mains et bras posé sur genoux (grandeur réelle : ± 15 x 26 cm)

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SAMEDI 18 JUIN 2016      Si l'on pénétrait à l'intérieur du Mausolée...

Lorsqu’ils furent mis au jour, les soldats de l'armée de terracotta de l’empereur Qin étaient tous peints ; peu de temps après qu’on les eut dégagés du sol, la peinture s’écailla et tomba.

Selon l’archéologue en chef responsable des fouilles, Duan Qingbo, ouvrir maintenant le mausolée de l’empereur Qin scellé depuis des siècles modifierait immanquablement son environnement intérieur. Personne ne peut garantir que les objets que l’on trouverait, dès qu’ils seraient exposés à l’oxygène, à la lumière et aux bactéries, ne se détérioreraient pas ou même, s'agissant des étoffes, des soieries, des parchemins ou des fresques, ne se désintégreraient pas purement et simplement en poussière...

Les archéologues sont convaincus que tant qu'ils ne sont pas absolument certains de réaliser un travail de qualité, il est préférable de laisser le tombeau intact et de confier la poursuite des fouilles aux prochaines générations, car pour le moment, la Chine ne possède ni la technologie ni l’expertise nécessaires pour ouvrir ce tombeau, ni d’ailleurs les moyens financiers : mettre à découvert la sépulture nécessiterait, c'est certain, des investissements colossaux !

         

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D’ailleurs, même s’ils le voulaient, les archéologues se heurteraient à la position inflexible du Conseil d’Etat, l’instance suprême chinoise, qui s’en tient à sa dernière décision de 1997 de ne pas approuver l’excavation, dans un avenir proche, de tout mausolée d’empereur important.

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Lorsque les Chinois décideront d’aller de l’avant, trouveront-ils un tombeau vide, pillé des siècles plus tôt, comme ce fut le cas pour les pyramides d’Égypte? "Les textes anciens indiquent que la sépulture a été profanée", explique Duan Qingo. Si on les croit, le repos éternel de l’empereur a été plutôt court. À sa mort, les paysans se sont révoltés. Plus d’un million d’entre eux, soit 5% de la population de l’empire, avaient été réduits en esclavage pour bâtir la Grande Muraille et la nécropole. Ils seraient descendus dans la fosse où se trouvait l’armée de terre cuite et auraient volé la plupart des armes, brisant les statues sur leur passage. C’est en partie dans cet état, en morceaux, que les archéologues ont en effet trouvé bon nombre de ces dernières en 1974…

D’autres chercheurs estiment quant à eux que les insurgés ne se sont pas rendus jusqu’à la chambre funéraire, expliquant que l’armée de terre cuite n’était enterrée qu’à six mètres de profondeur. Se rendre à trente, quarante ou cinquante mètres sous terre est beaucoup plus difficile, de plus, selon les écrits historiques, sous des rivières de mercure nocives, véritable poison... 

Des solutions seront trouvées, ou existent déjà : elles seront vraisemblablement mises un jour en pratique par les responsables chinois. Peut-être décideront-ils d'utiliser des techniques de télédétection... Peut-être introduira-t-on à l’intérieur du monument une caméra miniature, une intrusion qui coûterait moins cher qu’une opération à plus grande échelle et permettrait d’en apprendre beaucoup en ne causant que des dégâts minimes…

Ce qui est sûr, c'est que l'avenir promet d'être passionnant...

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

dessin achevé  -  17 x 37 cm

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Mes sources principales d'informations pour l'élaboration de cet article :

UNESCO - liste du patrimoine mondial

Les soldats en terre cuite de Qin Shi huang

soldats terracotta qin shi huang : mausolée de l'empereur : entre mythe et réalité

herodote.net : Qin Shi Huangdi - L'armée immortelle de l'empereur Qin

Hélène de Ribaupierre : travail de mémoire de Bachelor en Système d’Information

lactualite.com : l'armée millénaire de l'empereur de Chine

Liberation.fr : la nouvelle garde de l'empereur

wikipedia.org : Mausolée de l'empereur Qin

blogs.mediapart.fr - Yves Faucoup - Armée en terre cuite : le tyran se cache dans les détails

rtbf.be - les fouilles reprennent dans le mausolée de l'empereur Qin

maxisciences.com : les soldats de l'armée en terre cuite portaient de redoutables armes

decouvertes-archeologiques : l'immense tombeau de la grand-mère du Premier Empereur de Chine

 http://www.voyage-chine.com : L’armée de soldat en terre cuite de l’empereur Qing

guide-de-voyage.com : L'armée enterrée de soldats en terre cuite - Chine 

 

 

18 août 2016

Exposition à Lambermont : je participe...

       E X P O S I T I O N       

       " V E N E Z   R E N C O N T R E R    L E S   A R T I S T E S "        

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Lambermont, situé sur les hauteurs de Verviers, a remis à neuf son église, à nouveau accessible depuis le week-end de Pâques 2014.

Dans l'église fermée au culte six mois seulement, les différents corps de métier se sont succédé durant dix-sept années pour redonner à l’église Saint-Bernard, plus que centenaire, de style néogothique, son éclat d’antan, de l'extérieur comme de l'intérieur. Nouvelle toiture, nouvelle électricité, nouveau plafonnage et nouvelles peintures…

L'église est lumineuse, accueillante et méconnaissable. Afin que les oeuvres exposées entrent en harmonie avec cet espace original, Anne de Sturler http://www.lavillasauvage.be/ participe à la coordination et à la scénographie de cette exposition collective organisée par le photographe Philippe Thimister http://philippethimister.piwigo.com/ .

 

Venez découvrir l'église rénovée de Lambermont et...

       Une belle exposition en perspective à laquelle je participe !       

 

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Publié dans ACCUEIL - EXPOSITIONS | Lien permanent | Commentaires (4) |

09 août 2016

"... Se souvenir, c'est presque recommencer... "

Dernière mise à jour ce mardi 9 août.

 

JEUDI 28 JUILLET

introduction

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Si vous comptez (et vous comptez beaucoup, pour moi) parmi les fidèles lecteurs de là où mes mines me mènent, le contenu de cet article titré Se souvenir... vous paraîtra insolite, voire incongru, car ses mots et phrases n'accompagneront pas, contrairement à l'habitude, un dessin au portemine, qu'il soit neuf, réédité ou sorti des archives...

Einmal ist keinmal, dit-on en langue allemande, ce qui se traduit par une fois n'est pas coutume ! Le prochain article se devra donc de contenir un dessin : n'est-ce pas là, depuis sa création, le but premier de ce blog ?

En cette dramatique et interminable période d'attentats terroristes, en cette fin de mois de juillet où la folie meurtrière d'abominables individus a encore et encore frappé un peu partout dans nos pays européens et au-delà sur d'autres continents, une profonde tristesse me submerge et me fait craindre le pire pour l'avenir : oh, pas tant pour le mien, mais pour celui des générations qui me suivent, celles de mes enfants et petits-enfants...

Une crainte... une peur...

... une peur pour l'avenir... Oui : oser croire en l’Homme me paraît de plus en plus utopique. Nos hautes sphères retrouveront-elles la voie de la Paix, comme ce fut si souvent le cas à travers les âges, alors qu'il me semble que l'on s'en éloigne toujours davantage ?

... une peur pour l'avenir... Les nouveaux moyens d’investigation, la prévention de la radicalisation violente, le renforcement des contrôles et la lutte contre son financement seront-ils suffisants pour éradiquer le terrorisme ?

...
une peur pour l'avenir... Car en outre, nos hauts dirigeants sont confrontés à tous ces conflits qui se généralisent (entre autres à cause de convictions religieuses divergentes), aux flots migratoires pour lesquels l'Europe ne trouve pas de solution, à l'éclatement des États provoqué par l'aspiration grandissante des peuples à une plus grande autonomie, aux défaillances de nombreux États centraux voire à leur effondrement (en cause, la corruption, le crime organisé, les coups d’État et les renversements de pouvoir, les guerres civiles, les conflits linguistiques),...

... une peur pour l'avenir... Comment lutter contre le chômage, les catastrophes naturelles, les événements et changements climatiques extrêmes auxquels l'humanité est incapable de faire face, les cyberattaques et le vol ou le détournement de données informatiques ?

... une peur pour l'avenir... Ouh là là : elle me fait perdre, provisoirement, le goût du dessin et toute envie de concrétiser un beau et difficile projet qui occupe pourtant mes pensées depuis quelques semaines. Mais cela n'est pas bien grave, ce ne peut être que provisoire, je l'ai écrit ci-dessus...

Tant et tant de choses à combattre : nos meneurs en seront-ils capables ? En espérant que Marine Le Pen dans l'Hexagone, Donald Trump de l’autre côté de l’Atlantique, Bart de Wever dans mon pays, et tant d'autres indésirables et incapables, ne feront pas partie, un jour, des futurs meneurs de la planète et n'ajouteront leur incompétence à la difficulté des politiciens et spécialistes en tout genre déjà si réelle à surmonter tant d'écueils !

Alors - et sans doute est-ce dû aussi à l'âge qui avance, je veux dire mon âge !, j'éprouve en ce moment le besoin de me réfugier (une fuite ?) dans les souvenirs d'un monde qui, avec le recul, me semblait tellement simple et naturel, sans drame chaque jour alentour, sans peur du lendemain, dans le bonheur de vivre sur une Terre qui certes semblait tourner plutôt bien...

... et j'éprouve le besoin de décrire quelque part, ici en l’occurrence, ces souvenirs ; avant qu'à tout jamais ils ne s'effacent...

 

Juillet se termine : 

c'est donc des souvenirs de mois de juillet du passé que je vous conterai.

De simples et à mes yeux superbes souvenirs de jeunesse,

souvenirs d'une enfance insouciante...

 

LUNDI 1er AOÛT.

première partie

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On ne recommence plus,

mais se souvenir,

c'est presque

recommencer.

 

(Charles Nodier)

 

Source photographique : Wikimedia Commons

 

citation extraite des Contes de Charles Nodier

(Bibliothèque nationale de France)

Qui ne connaît et n'utilise parfois l'expression : Je m'en souviens comme si c'était hier !?

Oui : c'est comme si c'était hier... ou presque... Une profonde impression, une intime conviction de comme si c'était il n'y a pas très longtemps.... Pourtant, c'était il y a plus de cinquante ans !

Plus de cinquante ans, tout de même, ce n'est tout de même pas hier...

Soit : c'est comme s'il était d'hier, ce souvenir ancré dans les profondeurs de ma mémoire et qui jaillit instantanément en surface, au gré d'une recherche avancée sur Google après une promenade dans les Hautes Fagnes wallonnes.

Je voulais mieux connaître le degré de toxicité de la digitale pourpre (une seule est visible sur la photo ci-dessous), réputé extrême ; j'ai découvert que pourtant, l'on extrait de cette attractive plante à fleurs la digitaline, ainsi que des sucres complexes, utilisés ensuite pour soigner la tachycardie, en régulant, ralentissant et renforçant les battements des muscles cardiaques.

Et je me suis rappelé que mon grand-père m'interdisait d'y toucher, lorsque nous étions dans la forêt...

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Ah, mon grand-père ! C'est autour de lui que flotte le souvenir dont je voudrais vous parler. Oui : ce souvenir intact, après cette randonnée en Fagnes, avait le lendemain guidé mes foulées de joggeur plus très jeune - passer d'une altitude de 180 mètres à plus de 300 mètres, bel effort, non ? - dans le bois de Staneux, à la rencontre de lieux de mon enfance.

Voici ce souvenir...

Réciter Le Petit Savoyard d'Alexandre Guiraud :

c'était le défi que mon grand-père, le papa de maman, m'avait lancé.

Ce devait être en 1964, je crois ; en juillet. 

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                               Je n'ai pas connu mon grand-père paternel, décédé avant ma naissance, à la grande tristesse de papa qui, par la force des choses, était monté à l'échelon supérieur sur l'échelle des responsabilités : seul homme de la famille, il lui fallait s'occuper, pour autant que je sache, outre de ses études d'ingénieur, de sa maman, probablement guère préparée à se retrouver seule, de sa sœur jumelle et de ses deux autres sœurs...

Il me lançait là un sacré défi, mon grand-père Joseph.

Car il était très long, mais par chance à mes yeux d'enfant tellement émouvant et donc attrayant, le texte de ce poème qu'il me proposait de réciter de mémoire. 

Ce n'est qu'une proposition, mais ça me ferait plaisir... m'avait-il dit. 

Avais-je vraiment le choix ?

 

MARDI 2 AOÛT.

deuxième partie

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Tu en seras capable, c'est sûr, avait-il ajouté, puis précisé : puisque tu viens d'obtenir ton diplôme de primaire... Sans doute pour me rassurer, me convaincre, m'appâter peut-être. Mais ce que je comprenais bien, c'est que c'était important à ses yeux, c'est que cela lui ferait beaucoup plaisir, à lui-même...

Mon diplôme de fin de sixième année ! Une autre époque, bien sûr... Je venais de le décrocher chez les Frères des Écoles Chrétiennes... Catastrophe...  : je n'étais "que" quatrième de classe !  Je me souviens avant tout de mes parents déconcertés lors de la remise des prix (publique bien sûr, et sur la scène de l'école, par surcroît). Ils étaient assis au premier rang : je leur avais lancé un regard furtif... Moi, j'étais juste étonné, et inquiet de leur réaction. Je me souviens surtout des reproches et remontrances, de retour dans la Ford Taunus année 1963 (que j'adorais), et encore en rentrant à la maison... Diable, comment était-ce Dieu possible ? N'avais-je pas depuis la première année, toujours, oui, toujours ramené un bulletin trimestriel sur lequel je figurais dans le trio de tête, jamais moins ?

Une autre époque, sans doute... N'empêche : si le souvenir de cette remise des prix est toujours bien présent dans mon esprit, c'est sûr, c'est que l'événement et surtout les réactions engendrées m'avaient perturbé... 

Revenons à ce fameux défi...

Mon grand-père se voulait rassurant :

Ne te tracasse pas, tu es en vacances maintenant, ce ne sera pas pour des points ; mais pas pour des prunes non plus... C'est un beau défi, non ?

Un beau défi, oui. Rien de plus qu'un beau défi à relever ? 

Un beau défi, je dois l'avouer, et qui me plaisait bien. D'autant plus qu'à la clef, la récompense était alléchante : une petite pièce, avant même de commencer l'étude, et d'autres suivraient, à chaque progression significative dans le travail... 

C'était juillet... J'attendais impatiemment cette période de la cueillette des myrtilles en forêt. Chaque année, je me réjouissais d'aller dormir deux ou trois jours chez lui, dans le grand lit de la chambre de devant. Dès l'aube, nous savourions le copieux petit-déjeuner que Bobonne avait préparé, composé d'une fricassée qu'on voit le jaune et d'une tranche de lard croustillante et croquante. Il était maçon, en congé du bâtiment je crois, ou déjà à la retraite, je ne sais plus. Ce dont je me rappelle, ce sont ses couennes qui glissaient de son assiette à la mienne et que je croquais à pleines dents (mon papa me le défendait, ce n'était que de la peau de porc après tout, et... il ne fallait pas risquer de casser... mes dents).

Bref, après avoir mis la poêle et les assiettes à tremper dans l'évier, nous fermions la porte à double tour, passions par par le centre du village, longions la rivière, gravissions une rue escarpée et allions par les chemins : nous montions au bois, que nous atteignions au lever du soleil, non sans de fréquents regards en arrière pour s'assurer que d'éventuels suiveurs, curieux ou simples promeneurs ne risquaient pas de repérer le lieu choisi pour la cueillette, où nous allions installer le camp de base et où serait déposé le matériel pour la journée.

Ce lieu, bien sûr, c'était un lieu à l'écart des chemins, placé à un endroit stratégique, au milieu des plus beaux et prolifiques myrtilliers de la forêt, que mes grand-parents prenaient bien sûr garde de ne dévoiler à personne. Mais il était toujours le même, chaque année, pour autant que je m'en souvienne.

La journée d'étude poétique et la coupe aux myrtilles pouvaient commencer !

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 VENDREDI 5 AOÛT.

troisième partie

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Je pose près de moi, au gré de mes déplacements dans le massif de myrtilliers, l'édition du Petit Savoyard qui m'a été confiée.

Bobonne, vigilante, reste à proximité et m'encourage à voix basse, me soufflant parfois le mot que je recherche ; pas tant que sa mémoire soit excellente, mais grâce aux vérifications régulières dans le livret de l'exactitude des vers qui me voient hésiter.

À quelques mètres, mon grand-père donne le rythme, déclamant à voix haute et accentuant l'intonation : nous récitons ensemble.  Lorsqu'il me sent prêt, mon tour vient...

 

 

 

 

 

 

       

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Ma boîte de conserve en fer blanc, longuement trempée dans l'eau pour la débarrasser de son étiquette, est suspendue au cou par une corde confectionnée avec une ficelle aux couleurs noir-jaune-rouge. 

Remplie, elle pèsera 1/4 de kilo.

Elle sera facilement repérable s'il m'arrivait de l'ôter de mon cou pour la déposer, ce qui m'est de toute manière fortement déconseillé.

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À bonne école, j'applique au mieux la technique de coupe, en respectant les directives de grand-père, qui me surveille du coin de l’œil ! 

Un myrtillier bien fourni mérite que l'on s'y accroche et le dépouille, je l'ai bien sûr compris, mais j'ai parfois tendance à circuler en ne dépouillant qu'en partie les buissons chargés des plus beaux et plus gros fruits : je sais que mon maître, méthodique, repassera un peu plus tard derrière moi pour ne rien laisser !

Lorsqu'une une strophe est bien mémorisée, je me concentre sur la cueillette en veillant à épargner tout mouvement inutile : je gagne un temps précieux en conservant dans la paume quelques myrtilles avant de les déposer dans le pot. 

Surtout, prendre délicatement les myrtilles entre les doigts ! Bien sûr, le peigne est interdit, les myrtilles ne peuvent pas saigner leur jus, elles doivent garder leur superbe duvet bleuté attestant de leur fraîcheur. Et pas question de mêler trop de feuilles à la cueillette. Couper, c'est tout un art ! Pendant ce temps, Les rimes remplissent l'esprit, les piécettes sont comptabilisées, ainsi que le nombre de boîtes versées dans un des grands paniers plats en osier...

Le réveille-matin sonne enfin : chacun sait qu'il est midi, le moment de la pause ô combien bienvenue...

 

 

DIMANCHE 7 AOÛT

quatrième partie

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S'il y a des souches proches l'une de l'autre, elles compléteront parfaitement la vieille couverture emportée, histoire d'éviter le chatouillement désagréable des piqûres de fourmis. Les vaporisations régulières sur la peau d'un mélange d'eau, de vinaigre et d'un peu de jus de citron éloigneront quelque peu les taons, redoutés pour leurs morsures. Comme ils préfèrent se poser sur des tissus foncés pour ne pas être repérés, nous portons d'ailleurs des vêtements de couleurs claires ! Quant aux tiques, s'ils existent, paraît-il, depuis 140 millions d'années, l'on n'en parlait guère et assurément, ils ne pullulaient pas comme maintenant...      

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                            Bobonne sort le pique-nique et le couteau qui coupe bien : salami d'Ardennes pour tous, tartines à la confiture pour eux, pain-choco pour moi.  Et... j'ai droit à une larme de vin rouge... ça ne peut pas te faire de mal... mais pas besoin d'en parler...

Ce temps libre, c'est une petite délivrance, je dois l'avouer, l'occasion d'oublier un moment la coupe, l'étude, l'occasion de guetter les lézards et autres insectes rampants se faufilant sous les fougères, ou les papillons virevoltants. Puis, privilège à tenir tout aussi secret, je reçois une cigarette...

Quelques années plus tôt, l'aviation allemande ennemie avait bombardé l'usine du quartier et c'est par brouettes entières, ai-je appris bien plus tard, que mon grand-père avait sauvé des flammes de la manufacture de tabac voisine plusieurs caisses de fardes de paquets de cigarettes de marque BELGA (ou BOULE D'OR, j'hésite maintenant)  : assurément, de quoi remplir plusieurs étagères de la massive, profonde et vieille armoire peinte en blanc de la cuisine et fumer jusqu'à la fin de sa vie, privilège dont il n'abusait guère, car très économe il fumait avec modération. 

Mémoire qui meurt
Photos effacées
Rumeur ô rumeur
Des choses passées

Odeur des myrtils
Dans les grands paniers

(paroles extraites de la chanson de Jean FERRAT, Odeur des Myrtils, un poème d'Aragon)

 

MARDI 9 AOÛT

cinquième et dernière partie

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Et en fin d'après-midi, il donne le signal : on peut enfin redescendre dans la vallée ! Il me rappelle avec insistance qu'il s'agit d'être très prudent, ne pas trébucher, ne pas secouer le panier de myrtilles : il m'a confié le plus petit... Bientôt, nous traversons fièrement la localité, nos larges paniers plats en osier au bout de nos bras fatigués, la couche supérieure composée des plus belles et plus rondes myrtilles sélectionnées avec soin. 

Le plus souvent, six boîtes, et donc un kilo et demie m'appartiennent ! Parfois, une ou deux de plus (si Bobonne m'a un peu aidé, en cachette). Nous nous arrêtons souvent, juste quelques secondes, histoire de détendre les bras tout en laissant les passants admirer notre merveilleux butin.

                                       

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Puis, moi en premier, évidemment fier comme Artaban, nous poussons la porte des trois boulangeries de la Place du Perron : les clochettes de la porte d'entrée tintent, l'on me laisse le soin de présenter et parfois monnayer la marchandise (mais Joseph a déjà fixé les prix et personne n'ose contredire l'enfant si courageux : Rendez-vous compte, toute la journée à cueillir !).

Par ailleurs, comment le boulanger, trop content de l'aubaine, ne serait-il pas d'accord ? Que de savoureuses tartes et tartelettes en perspective, et une clientèle comblée...

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De retour à la maison, la partie préservée de la récolte est distribuée (ou vendue) aux voisins âgés qui nous attendent, ou transformée en confitures, ou encore, les plus belles myrtilles saupoudrées de sucre impalpable sont bien vite dégustées avec une tartine de pain frais.

 

Enfin, grand-père sort un calepin de comptes et me montre ma page. Nous calculons ensemble, lui surtout, le nombre de strophes du Petit Savoyard, le nombre de piécettes et le nombre de boîtes de myrtilles : moi, un peu distrait sans doute, j'avais mal compté mes parts du butin, car lui compte une ou deux boîtes de plus, pendant que Bobonne me sourit secrètement.

                                                                   

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Je me réjouis de rentrer à la maison et de faire part de mon travail, de mes gains... Puis, je dois mettre mon linge à laver et prendre un bon bain avant de retourner chez mes grand-parents le soir même : si le lendemain le soleil luit, nous remonterons au bois...

Le début de mes vacances d'été se passait ainsi. Mes économies gonflaient (plus tard, j'achèterai une mobylette !) et en quelques jours, je réussissais ce petit tour de force de réciter le poème "sur le bout des doigts" (surtout Le Départ, et Paris, car Le Retour restait tout de même source de nombreuses hésitations).

Qui sait, peut-être reprendrai-je un jour la plume pour d'autres souvenirs de vacances, sous le doux soleil de Tourcoing (que Bourvil aimait tant) ? C'était là, derrière cette étroite façade, dans une longue maison, et tout derrière, dans un jardin plus long encore avec au bout, des poules...

C'était chez Tant' Palmyre, ma merveilleuse marraine, et mon oncl' Guillaume...

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Je remercie vivement Améthyste de m’avoir fait connaître, par son commentaire du 11 août,

le livre "Le Tour de la France par deux enfants"

que je vous propose de découvrir par ce lien :

http://www.icem-pedagogie-freinet.org/sites/default/files...

 

23 juillet 2016

Des dessins sur Internet, à la place de mots et phrases, pour ne jamais oublier, toujours espérer !

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Répression des putschistes par Erdogan, depuis le 15 juillet 2016.

 

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München (Munich) - 22 juillet 2016

 

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Baie des Anges et Promenade des Anglais - 14 juillet 2016

 

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