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19 juillet 2016

A nice Moment of Love ! Un beau moment d'amour !

Clap, première...

 

En 2010, j'ai pris le risque de mettre en couleur un de mes dessins au portemine !

Ce dessin évolutif déjà publié sur mon précédent blog en 2013,

je vous le présente à nouveau,

et vous invite à regarder les nouvelles modifications apportées à l'article l'accompagnant.

 

- ultime mise à jour ce JEUDI 14 JUILLET -

        prochaine parution prévue à la fin de ce mois de juillet     
 

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ETAPE 1 : DIMANCHE 3 JUILLET 2016.

 

Pour ce seul dessin en couleur jamais signé, gros plan sur un détail,

histoire d'attiser votre curiosité et vous inciter à revenir mardi pour la suite !

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A mardi, pour la suite !

 

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ETAPE 2 : MARDI 5 JUILLET 2016.

 

"Aux dons que ta bonté mesure

Tout l'univers est convié ;

Nul insecte n'est oublié

À ce festin de la nature."

 

- Hymne de l'enfant à son réveil - Alphonse de Lamartine

 

Les éléments du dessin présentés le 3 juillet, aux teintes jaune et orange,

sont ceux d'un corps longiligne,

qui se prolonge en un abdomen, un thorax et une tête d'insecte que voici, de couleur verte ...

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La frissonnante libellule
Mire les globes de ses yeux
Dans l'étang splendide où pullule
Tout un monde mystérieux.

Les Rayons et les Ombres (1840)
Victor Hugo
 

... le corps se prolonge (...) ai-je écrit plus haut ! On pourrait effectivement le penser !

Détrompez-vous ... (à suivre)

 

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ETAPE 3 : MERCREDI 6 JUILLET 2016.

 Dans le livre La libellule et le philosophe,

il semble que pour son auteur Alain Cugno,

la libellule manifeste quelque chose qui l’interloque particulièrement,

une source singulière, pour lui, de perplexité comme de satisfaction.

 

(…) La libellule fascine par la façon dont, quasiment, elle s’efface. Presque végétale, elle paraît flotter, elle tient d’un effet d’atmosphère plus que d’un être individué, mais pourtant, improvise.

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(…) Par sa taille, la libellule (…) effleure notre monde, mais s’en absente. (…) Les libellules sont des êtres (...) trop petits pour être vraiment vues de loin, trop grosses et trop farouches pour l’être de très près, on les cherche et on les repère sans entrer dans leur monde puisqu’elles ne vous laissent pas le temps de changer d’échelle pour vous adapter.

(…) A différents points de vue donc, la libellule intrigue. Elle flotte, elle traverse, elle n’est que de passage, trop petite pour notre monde, trop grande pour celui des insectes, animal, mais animal qui semble incomplet, qui manque, dans ses tourbillons, ses errances, de cette forme de saturation de soi.

(…) La nature est machine jusqu’au bout, tandis que l’art ne l’est que jusqu’à un certain point ; l’art est moins mécanique que la vie ; par son manque de mécanisme, son côté rafistolé, la libellule a l’air fabriquée. Les libellules (…) font plus artificiel que nature.

 

(…) En somme, la libellule est signe d’un trouble ; elle est de ces phénomènes qui par leur fugacité, leur apparence de gratuité, par l’impression qu’ils donnent de n’appartenir à aucun ordre des choses mais de les traverser seulement, rappellent que les choses ne vont pas de soi.

04 - agrion     

      Mes explications du mardi 7 juillet le suggéraient :

en réalité, deux insectes, et non un seul, sont à présent visibles,

étrangement collés, comme soudés l'un à l'autre !

Pourquoi cette étrange proximité ?  Quel est le nom de ces insectes ?

Vous le découvrirez bientôt ! Rendez-vous ce vendredi 8 juillet !

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ETAPE 4 : VENDREDI 8 JUILLET 2016.

 

Peut-on rester de marbre devant ma beauté ?

Mes couleurs vives alliées à la forme caractéristique de mon corps impressionnent et participent à ma plaisante réputation ; par ailleurs, chacun me sait inoffensive ! Mes larves sont aquatiques : c'est pourquoi je multiplie mes allées et venues furtives, toujours très appréciées, dans les jardins proches d’un plan d’eau. A mon apparition, toute discussion s’arrête chez les humains et je me délecte de telles exclamations à peine murmurées : Ne bouge pas … Regarde, une libellule ! Ne fais aucun bruit ! J'adore particulièrement les mares bien aménagées : j'aime rivaliser de beauté avec les nymphéas en fleurs de l'ami Marcel. Je ne suis pas peu fière de réussir à capturer en plein vol les moustiques, surtout à la tombée du jour où ils se montrent plus abondants.

Je suis aisément reconnaissable, au premier regard, à mes grandes ailes allongées et très nervurées, mon thorax trapu et mon abdomen filiforme et annelé. S’il m’arrive de me poser et de permettre à mes admirateurs une observation attentive, je prends bien garde - pour ne pas les effaroucher - de leur montrer l'extrême mobilité de ma tête ! Ils pourront parfois, s’ils se comportent à mon égard avec le plus grand respect, découvrir combien mes grands yeux composés occupent un large espace et comprendront pourquoi ils me procurent un champ de vision avoisinant 350°. Peut-être réussiront-ils à apercevoir mes courtes antennes ? A tout le moins, mes pièces buccales, de type broyeur, les étonneront.  Et s’ils font preuve d’une extrême patience, je leur dévoilerai les techniques de ma vie amoureuse...

Mais je me sens rougir ... 

Sur mes ébats, je préfère rester, un peu encore, discrète...

Ne jetez qu'un simple coup d’œil sans trop vous attarder...

Et revenez bientôt : promis, je dévoilerai et partagerai un peu mon intimité ! 

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  Mais - cela dit entre nous - sommes-nous vraiment deux libellules ? 

Vous le découvrirez bientôt ! Rendez-vous ce lundi 11 juillet !

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ETAPE 5 : LUNDI 11 JUILLET 2016.

  En réalité,  nous ne sommes pas des libellules... 

 

J’aperçois dans votre regard une surprise non feinte :

" Pas des libellules, ces insectes ailés, annelés et colorés ?  Mais bien sûr que si ?

Permettez-moi dès lors de réitérer ces mots : nous ne sommes pas des libellules. 

Quelques explications s'imposent.

D’apparence très proche et adoptant un mode de vie similaire, appartenant à un ordre commun, les odonates, la plus ancienne espèce d’insectes ailés dont les origines remontent à la Préhistoire, nous, les demoiselles, faisons partie du sous-ordre des zygoptères alors que nos cousines les libellules appartiennent à celui des anisoptères.

Des différences morphologiques évidentes permettent de nous distinguer. 

Observez tout d'abord les photos ci-dessous : pouvez-vous en déceler quelques-unes ?

 

dragonfly---libellule.jpg   Damselfly - demoiselle
  LIBELLULE (DRAGONFLY)   DEMOISELLE (DAMSELFLY)
YEUX-LIBELLULE.jpg YEUX-AGRION.jpg

 

Notre corps est plus élancé et notre abdomen plus svelte : force est de reconnaître que nous surpassons les libellules en élégance !

Notre vol est moins rapide et plus saccadé que celui de nos cousines, capables, accordons-leur ce privilège, de voler en surplace ou même en arrière, de faire des piqués ou de décoller à la verticale, imitées en ce domaine par les ... hélicoptères !

La position de nos ailes au repos -  toujours repliées l’une contre l’autre et dressées le long du corps ou au-dessus, alors qu’elles sont étendues à l’horizontale chez les anisoptères – permet  à celui qui hésiterait encore de nous différencier à coup sûr.

Observez enfin, en conclusion, une autre différence flagrante : les yeux des libellules sont gros et joints en un point tandis que les nôtres sont plus petits et toujours séparés …

 

07---agrion---.JPG

Tout à l'heure, je lisais dans vos yeux une certaine surprise !

Maintenant, je perçois à votre rythme de lecture de plus en plus rapide une évidente impatience.  Je sais que vous attendez que je lève le voile sur notre intimité : contentez-vous, pour aujourd'hui, de contempler nos ébats amoureux, car c'est bien d'une scène d'accouplement qu'il s'agit... Contemplez... et essayez de comprendre !

 

A bientôt : rendez-vous le 14 juillet en matinée !

 

mouche-copie-1.gifImage du Blog ypjane.centerblog.net

ETAPE 6 : JEUDI 14 JUILLET 2016. 

" LOVE MOMENT "

  Bayu Sahaja

08 - agrion 

En colorisant mon dessin au portemine comme un infographiste le ferait avec un bon vieux film en noir et blanc, j'ai cherché à préserver l'éclat naturel de mes demoiselles ailées ! Êtes-vous, comme moi, émerveillé par leur élégance naturelle rare ?

Si vous m'avez accompagné dans les étapes successives de la mise en couleur de ce couple d'odonates et que vous avez lu avec attention les diverses considérations qui les ont accompagnées, vous êtes à coup sûr en mesure de différencier aisément libellules et demoiselles et vous n'avez pas oublié ma promesse de vous présenter en ces lignes les pratiques amoureuses propres à cette espèce d'insecte ailé que les entomologistes répertorient sous le ravissant nom de "agrion élégant" ("ischnura elegans").

 

  Alors, ne perdons pas une seconde et ne bougeons plus.

Observons-les un instant dans leur intimité. 

 

Habituellement, les mâles matures se distinguent aisément par leur thorax bleu pâle alors que les femelles sont de coloration variable, soit bleue (et ressemblent à s'y méprendre aux mâles), soit verte, soit verte et brune. Or, nous admirons ici un tandem inhabituel d'agrions élégants, tous deux de coloration verte, tout simplement parce que la femelle (à gauche) appartient au type vert et le mâle (au-dessus) est encore immature et donc, pas encore bleu. En général, seuls les imagos (les adultes en phase finale de développement) s'accouplent mais chez les demoiselles de telles unions ne sont pas rares.

Ce couple de fragiles et sveltes zygoptères (de près de quatre centimètres de long tout de même) est très, très amoureux...

Notre demoiselle mâle (surprenante association de mots !) a jeté son dévolu sur la compagne de ses rêves, s’est empressée de la saisir par le prothorax, au niveau du cou, et la maintient immobile à l’aide de sa paire de pinces caudales, ces appendices anaux appelés "cerques  abdominauxé que votre œil attentif observera sur mon dessin et la photo originale. Ainsi maîtrisée, lorsqu'elle est prête, la femelle se courbe et colle l'organe génital de l’extrémité de son abdomen contre le deuxième segment abdominal du mâle pour rejoindre son pénis.

 

Le couple adopte ainsi une posture caractéristique en cercle, roue ou coeur,

appelée "cœur copulatoire" ou encore "Wheel Position" (position de la roue).

Un vrai moment d'amour !

 

Bien arrimés, ces deux superbes agrions exécutent quelques zigzags dans le ciel, puis se posent sur des végétaux. Notre reproducteur s'accroche le plus souvent seul à une tige, tandis que la femelle se maintient dans les airs. Si des conditions climatiques venteuses ou l'arrivée impromptue d'un concurrent ne viennent pas perturber le mâle, l'accouplement dure de longues minutes, parfois plusieurs heures. La copulation terminée, il libère sa congénère, qui s'empresse après un court repos de partir en quête d'un site favorable à la ponte, à moitié enfoncée dans l'eau, attendant le plus souvent le soir pour pondre ses œufs.

Bien des aspects des caractéristiques et mœurs de ces passionnantes créatures animales n'ont pas été abordés ici. Si le sujet vous intéresse, voici quelques sites consultés pour la rédaction de mes articles : certaines de ces pages web, particulièrement spécialisées, ne manqueront pas de répondre aux questions supplémentaires que vous pourriez encore vous poser...

http://www.larousse.fr/encyclopedie/vie-sauvage/libellule/...

http://odonates69.unblog.fr/biologie/

http://1x.com/photos/member/32126/32553/

http://photosinsectes.free.fr/odo/album/elegans.htm

http://www.insectesjardins.com/index.htm

http://odonates22.chez-alice.fr/zygopteres/agrion_elegant...

http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/387812

http://www.meslibellules.fr/thematique/anat/pterostigmas/...

http://www.libellulesmaizieres.fr/zygoptera/ischnura_eleg...

http://fr.wikipedia.org

http://entnemdept.ufl.edu/creatures/misc/odonata/odonata_...

http://hymenopterius.chez.com/libellule.htm

 

Avant de vous quitter, voici quelques photos de cœurs copulatoires glanées sur la toile ...

 

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 Bayu Sahaja

 

 

08 mai 2016

L'Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz, une étrange chapelle espagnole...

- une présentation progressive de dessin - 

- ultime mise à jour ce samedi 16 avril -

- prochain dessin fin du mois de mai -

 

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DIMANCHE 3 AVRIL 2016

Chers lectrices, chers lecteurs, si vous saviez comme j'ai hâte de montrer à nouveau - cette fois sur ce blog hébergé par Hautetfort,- un dessin déjà proposé il y a près de sept ans sur mon précédent blog, dont les plus fidèles d'entre vous se souviendront peut-être !

C'est vers une chapelle espagnole que mes mines et moi-même vous emmenons...

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Au hasard de mes fréquentes pérégrinations sur l'internet à la recherche de photos susceptibles de susciter un dessin au portemine, j'avais découvert, un jour de 2008, par le plus grand des hasards, un surprenant édifice religieux. 

 

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Sans hésiter, j’avais préparé mes portemines et une grande feuille de papier, pris mes repères et tracé les premiers traits. En sélectionnant cette photo, j’étais convaincu d’avoir réalisé un bon choix. Par la suite, je n'avais pas désenchanté. Au fur et à mesure de l’avancement du dessin de cette étonnante bâtisse, je pressentais qu’elle disposait d'une valeur architecturale certaine, sans toutefois en savoir davantage...

J'avais bien vite découvert que cette chapelle est située en Espagne, dans la Communauté valencienne, une des dix-sept communautés autonomes d'Espagne (Comunidad autónoma), dont le castillan, langue nationale, est la langue principale. Elle porte le nom aussi long que charmant de "Ermita de la Nuestra Señora de la Huerta de Ademuz" ou encore "Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz". Dès le premier regard, ses proportions inhabituelles m'avaient surpris et séduit. 

Regardez ce large porche d'entrée et cette toiture supportée par deux colonnes : ne sont-elles pas étonnantes, disproportionnées même, comparées à l'ensemble de la bâtisse, à la petite et vieille porte en bois surmontée d’un majestueux demi-arc de cercle sur lequel quelques inscriptions sont encore visibles ?

 

          
 
La courbe de cette toiture qui semble s'affaisser me surprend tout autant...  Est-elle délibérée, ou au contraire la conséquence des outrages du temps ? 
Et j'aime beaucoup ces vieilles tuiles romaines antiques, qui me rappellent celles, souvent observées, de ces régions du sud souvent visitées, comme la Provence, la Toscane ou l'Ombrie...
Quel bonheur aussi de représenter tous les détails de la maçonnerie, ces tuiles savamment posées l'une sur l'autre, et cette porte étonnante...
 
                             
 
 
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MARDI 5 AVRIL 2016
 
Ce clocher aux cloches envolées, dominant à peine le portail d'entrée, je le trouve tout simplement ravissant.  On y aperçoit, creusés dans la pierre, leurs trous d'ancrage et des traces circulaires, sans doute le souvenir du régulier frottement de l'une d'entre elles. Sous ce clocher au côté droit du parvis de l'Ermita, les murs de pierre bien conservés, restaurés même, attestent de récents efforts de rénovation. 
 
          
 
Par contre, le mur du côté gauche recouvert de ciment en décrépitude attend probablement une bienvenue rénovation. Quant au dôme bombé à quatre faces, il est tout simplement... magnifique !
 
            
 
Cet autre dôme moins bombé et plus pointu, à droite et à l'arrière de la chapelle, rend à mes yeux l'ensemble architectural plus beau.  Je me demande à quelle partie de la chapelle il correspond ?  En observant attentivement la photo proposée en début d'article, j'ai l'impression que le chœur est construit sous l'autre dôme...
 
               

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JEUDI 7 AVRIL 2016

Vous souvenez-vous de ces quelques mots du début d'article "Je pressentais qu’elle disposait d'une valeur architecturale certaine" : vous imaginez certainement mon envie de découvrir l'origine et la valeur historique de cette Ermita !

D'emblée, lors de mes premières recherches, je suis confronté à une difficulté majeure : je ne récolte que peu de renseignements rédigés en langue française. Les sites rencontrés sont écrits en castillan (la langue officielle espagnole) ou parfois catalan : trop tard pour apprendre ces langues ! La fonction de traduction automatique disponible sur Google n'est pas toujours suffisamment performante pour oser entièrement s'y fier...  Alors, je me débrouille en parallèle avec un site de traduction en ligne et - puisque les langues que je compare sont chacune romanes - avec une bonne dose de réflexion et d'analyse des mots et phrases...

                                                    

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Un an plus tard, dans mon précédent blog, je présente le dessin.  Arrivé à cette étape de son avancement et de l'article qui l'accompagne, un commentaire inattendu, extraordinaire - signé Isabel López - s'affiche sur mon écran à la suite de l'article.  Je le reproduis tel quel ci-dessous...

Un hasard, je viens d'ouvrir votre blog, j'ai vu vos dessins et qu'est ce que je vois? La ermita de la Virgen de la Huerta, à 4 Km. du village oú j'habite. C'est pas fou??
Comme vous pourrez voir dans la wikipedia, cette église est située à "el Rincón de Ademuz", région naturel (comarque) dans la province de Valencia. Le vrai nom est en castellano "Nuestra Señora de la Huerta" ou "Virgen de la Huerta", parce que nous sommes castellanophones. Nous sommes trés proches a l'autonomie d'Aragón, à 30 Km. de Teruel, un enclave de Valencia entre les provinces de Teruel et Cuenca. Une sorte d'île, administrativement, parce que la culture ne connais pas les frontiéres. Avec la surprise j'oublié de vous dire que vos dessins sont trés beaux, merveilleux, je vous admire et félicite. Je vais vous envoyer des photos de nôtre region, si pauvre, si perdue, si belle et presque vide, il ne reste que la Nature, quelques vieux et très peux d'idéalistes. Je vais suivre la suite de votre travail. Saludos et vive le hasard !!!
Isabel López

Voici les links :
http://es.wikipedia.org/wiki/Ermita_de_Nuestra_Se%C3%B1or...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ademuz

J'écarquille les yeux : une dame a donc découvert, par un heureux hasard, mon dessin de cette chapelle qu'elle connaît très bien, puisqu'elle habite à proximité, à quatre kilomètres précisément ! Je lis et relis le reste du commentaire. Tout en me communiquant quelques renseignements géographiques fort intéressants, elle m'apporte d'emblée les précisions nécessaires qui me permettent de dénommer parfaitement cette Ermita. 

Ce serait passionnant, si elle acceptait de m'aider pour améliorer la suite de l'article !

                     

 

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SAMEDI 9 AVRIL 2016

Une passionnante collaboration permet la préparation de la suite de l'article, supervisée, critiquée, précisée, corrigée puis amendée par Isabel.  Un plaisir pour elle, si j'en juge par ses compétences : à ce moment en 2009, elle est responsable d'une ADL (agence de développement locale), ainsi que du Centre internet et du Point Info Tourisme du village. Je suis heureux de vous présenter le fruit de cette passionnante collaboration.

Que signifie ce nom Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz ?

De découverte en découverte, d'explication en explication, je découvre que cet édifice religieux est aussi appelé, dans certains documents écrits en catalan, Ermita de la Mare de Déu de l'Horta d'Ademús. La Mare de Déu se traduit aisément, vous l'aviez imaginé, par la Mère de Dieu. On lit encore en castillan Ermita de Nostra Señora c’est-à-dire l’ermitage de Notre-Dame. Ces dénominations varient donc en fonction de la langue. 

Une ermita signifie un ermitage : une simple chapelle, généralement exiguë, isolée dans la campagne, retirée loin des autres habitations et permettant une retraite pieuse et spirituelle.

Voici un cliché de l'Ermita pris à la fin du XIXe siècle, témoignant de son environnement de l'époque. Elle possède clairement les caractéristiques évoquées. Les plus attentifs auront observé que la porte d'entrée est obstruée par un tas de bois peut-être, ou plutôt un buisson ? Cette chapelle paraît abandonnée, comparée à la photo plus récente qui a servi de modèle à mon dessin.

Une Huerta est une zone agricole partagée en portions de terrain où l'on cultive fruits et légumes. De nombreux paysans en vivent ; les parcelles sont rentabilisées au mieux. Ces productions reposent également sur une bonne irrigation, climat oblige, très réglementée à cause des insuffisances en eau en certaines périodes.

La Huerta de Ademuz (horta en catalan, huerta en castillan) est une comarque espagnole de la Province de Valence. Qu’est-ce qu’une comarque ?  Ce terme "comarca" utilisé dans la péninsule ibérique (et en France avec les "comarques" dans les Pyrénées-Orientales) pourrait se traduire par contrée : il correspond plus ou moins à la notion de pays ou de région naturelle en France.

 

Une parenthèse historico-géographique s'impose. Depuis 1833, L’Espagne est partagée en 50 provinces qui forment l'essentiel de son territoire. Ces provinces, avant la Constitution espagnole de 1978, n'avaient pas de pouvoir, l'Etat étant centralisé. Depuis 1978, l'Espagne est décentralisée et structurée en 17 communautés autonomes, chacune composée d'une ou plusieurs provinces. La Constitution établit quels sont les pouvoirs respectifs de ces communautés (qui jouissent d'une assez large autonomie), selon qu'elles appartiennent essentiellement à l'Etat ou qu'elles soient partagées.

"Rincón de Ademuz" est une comarque de la Province de Valence située dans la Communauté valencienne - une des 17 communautés, Ademuz étant son centre administratif - qui reconnaît deux langues officielles, le castillan et le valencien, mais pas le catalan. Même si la plupart des mots sont identiques dans ces deux dernières langues citées, à Valence on parle le  "valencià" (en valencien) ou "valenciano" (en castillan). Dans la région de Rincón de Ademuz, 100 km à la ronde, le valencien n'est pas pratiqué, bien qu'il soit enseigné à l'école et que ce soit la langue officielle prônée par le gouvernement autonome. On y parle le castillan.

 
LES 50 PROVINCES
 
 

L’Espagne comprend 50 provinces qui forment l'essentiel de son territoire.

 

 

 

 

Ci-contre, la carte de ces provinces, avec la minuscule enclave "Rincón de Ademuz" appartenant à la Province de Valence, indiquée par des flèches sur la carte ci-dessous.

 LES 17 COMMUNAUTES

La comarque "Rincón de Ademuz" est séparée de son territoire principal et enclavée entre Castille la Manche et Aragon, deux autres communautés espagnoles.  La langue parlée est majoritairement le castillan.



 
 

L' "Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz" appartient donc à la Communauté valencienne dans laquelle la langue principale, parlée par 74% de la population, est le castillan.
              

Avant de vous quitter ce jour, je voudrais encore vous présenter deux étonnantes photos, glanées sur l'Internet, de l'Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz : je m'aperçois que je ne suis pas le seul à avoir eu un "coup de foudre"pour cette superbe autant qu'étrange Ermita !

photo by Tony Duarte (Flickr)

 

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photo by Rosa Dia Del Camp (Flickr)

 

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LUNDI 11 AVRIL 2016

Cet édifice médiéval du XIVe siècle, construit selon les caractéristiques propres au siècle précédent et en partie transformé ultérieurement, est considéré comme un joyau du patrimoine artistique de Valence. Selon la tradition, c’est Jacques Ier dit le Conquérant (en castillan : Jaime I El Conquistador), né à Montpellier(1208-1276), qui fit ériger la chapelle initiale au cours de son règne. Sa situation privilégiée sur les rives de la rivière Túria et le long d’une ancienne voie de communication va progressivement faire de ce lieu un sanctuaire d’une grande popularité.

Il ne me reste plus qu'à pousser le portail d'entrée : l'intérieur, paraît-il, n'est pas dépourvu d'intérêt. Je ne suis pas déçu : que de découvertes...

 

                                                    

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Isabel m'a envoyé une série de photos personnelles accompagnées d'explications écrites : plusieurs vues sous différents angles, gros plan sur le portail, dépassements de tuiles, divers détails de façade, et aussi, cerise sur le gâteau, clichés multiples pris à l'intérieur de l'édifice.

Cette Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz me passionne depuis que je l'ai découverte, vous l'aurez compris si vous suivez cet article que je lui consacre. En début d'article, j'avais écrit : "Regardez ce large parvis supporté par deux colonnes de pierre. N'est-il pas étonnant, disproportionné par rapport à la petite et vieille porte en bois surmontée d’un majestueux demi-arc de cercle sur lequel quelques inscriptions sont encore visibles..."

Regardez, apercevez-vous ces lettres en partie disparues ?

Vous êtes un peu loin, n'est-ce pas.  Approchez-vous... un peu plus encore...

Cette porte d’entrée de tradition romane est protégée par un portique soutenu par deux larges colonnes toscanes.  Elle offre à notre vue ce détail très intéressant, l'inscription qui nous occupe ce jour, en partie effacée au cours du temps, d’une phrase du Coran (psaume V,8) traduite en caractères hébraïques. Voici sa traduction en catalan suivie de la traduction française.

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Mes jo, per l'abundància de la teva gràcia, entraré a casa teva,

em postraré en el teu Temple Sant, en el teu amor.

Image du Blog ypjane.centerblog.netMais moi, par l'abondance de ta Grâce, j'entrerai dans ta maison

et je me prosternerai dans ton Temple Saint, dans ton amour.

Image du Blog ypjane.centerblog.net

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MERCREDI 13 AVRIL 2016

Parmi les photos qu'Isabel m'a envoyées, accompagnées de commentaires et explications, j'ai choisi de vous montrer celle de la porte d'entrée vue de face, avec ces inscriptions en partie encore  intactes : Isabel nous a ouvert l'un des battants pour notre visite guidée...

© Concha Tormo

 

   
Entrons dans cette "Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz". Découvrons l'intérieur de cet étonnant édifice moyenâgeux.
La lecture d'extraits du livre "Ademuz y su patrimonio histórico-artístico" écrit par Raúl Eslava Blasca, proposé en format PDF sur internet, nous a permis de préparer la visite guidée qui suit...

     
Sans conteste, cette Ermita de Ademuz est, parmi les œuvres architecturales qui ont survécu au fil des siècles dans ces terres du nord-est de l’Espagne, celle qui brille le plus par sa singularité et son état surprenant de conservation, bien qu’elle fut longtemps négligée au cours des siècles précédents. De facture romane, c’est le bijou le plus remarquable du patrimoine artistique de la Communauté valencienne et un bâtiment d’une grande valeur, historique par ses origines du Moyen Âge d’une part, religieuse et sentimentale d’autre part grâce à l’attrait qu’elle inspire aux touristes et pèlerins qui la visitent et y prient. 

Malgré cette importance, l'édifice était pourtant peu étudié par les historiens de l’art jusqu’en 1996. Depuis, heureusement, le niveau des connaissances de la richesse historique du bâtiment a sensiblement été accru par les recherches de Raúl Eslava Blasco et d'utiles restaurations ont été effectuées.
 
Cette ermita répond à un modèle de typologie architecturale bien défini appelé "iglesias de conquista", que l’on pourrait traduire par "église de conquête" (destinée à développer le culte du christianisme dans les nouvelles terres conquises par l'Islam).
Construite à l’origine sur un plan rectangulaire, elle bénéficie d’une toiture en bois, reposant sur six arcs gothiques disposés longitudinalement et sur des piliers massifs, créant ainsi une nef centrale deux fois plus large que les deux latérales ; on peut aussi y admirer un jubé et un chœur avec balustrades en bois.
             

 
     
         
   

 
Cette construction originale du XIIIe siècle a donc subi, tout au long de son histoire, divers agrandissements, en accord avec les nouvelles modes et les goûts architecturaux des époques qui ont suivi sa conception. Ainsi, deux chapelles collatérales au sanctuaire ont été ajoutées fin du XVIe siècle et redécorées au siècle suivant.
 
J'aime beaucoup cette charmante coupole octogonale ornée d'une décoration picturale certes endommagée, mais digne d'intérêt : très lumineuse, construite sur pechina*, elle est le résultat d'un agrandissement profond du sanctuaire en pleine époque baroque et terminé en 1673.
* pechina

("una pechina", c’est un triangle curvilinéaire, soutenant une coupole

et permettant de passer d’un plan carré à un autre circulaire.)

 

La chapelle St-Antoine de Padoue (Sant Antoni de Pàdua) (1673), adossée au mur sud de la  construction initiale, a constitué le dernier ajout à l'ermitage médiéval. 

Bien qu'elle ait été
érigée au XVIIe siècle, elle reproduit en grande partie la conception spatiale du sanctuaire puisque son plan est similaire et se compose également d'une coupole sur pechina.
         

Cette chapelle est bien visible sur la photo ci-dessous, à droite et à l’arrière de l’Ermita, qui me permet de trouver l’explication de ce dôme pointu mais légèrement bombé situé du côté droit et qui m’intriguait lorsque je le dessinai.
 
 
                  

 

 

A l’intérieur de l’Ermita, des pilastres d'ordre corinthien soutiennent des décorations picturales de moindre qualité, avec des motifs floraux, de vases blancs ou d’angelots sur un fond rose.

Datant pour la plupart du XIXe siècle, ces frises furent peintes dans le style élisabéthain, tout comme ces rubans rouges et les encadrements floraux sur les espaces plats sous la coupole et les mur
s.

 
     
 
     
 

Il reste cependant quelques fragments de peintures originales, possiblement médiévales, qui affleurent au-dessous des plafonnages décoratifs modernes et permettent aux experts de bien évaluer la construction comme étant d'époque romane.

   
 

 
La visite vous plaît-elle ?  Je vous invite, dès ce vendredi 15 avril, à la poursuivre, avec la présentation d'autres richesses artistiques de cette Ermita.
 
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VENDREDI 15 AVRIL 2016

Poursuivre cette visite..., disais-je il y a deux jours ; et l'achever, bientôt !
 
Mes lectures m'ont aussi appris que cette chapelle abritait sous son toit un grand et magnifique retable du XVIIe siècle nommé  "Retable de Saint Jean Baptiste" (Retablo de San Juan Bautista). Ce chef-d’œuvre aurait été réalisé en 1681 et est malheureusement introuvable depuis 1930. Il n'en subsiste que des photos...
 
A l'origine simple meuble de bois ou de pierre dont la fonction semblait surtout utilitaire (en quelque sorte, des gradins destinés à recevoir des objets liturgiques), un retable est une construction verticale, en arrière de la table d'autel, portant des décors sculptés ou peints et ayant plutôt une dimension décorative liée à la fonction religieuse.
Si on le rencontre
à partir du Moyen Âge, c'est aux 17e et 18e siècles qu'il prend de l'importance, en devenant une véritable œuvre d'art. Son iconographie évoque essentiellement la vie du Christ, de la Vierge et des Saints.
 
 
Retablo de San Juan Bautista. Círculo del Maestro de Perea. Ermita de Nuestra Señora de la Huerta. Ademuz.

Photo :  Arxiu Mas, 1932

Le "Retable de Saint Jean Baptiste" n'échappe pas à la tradition et présente parmi d'autres sujets l’Annonciation de l’Archange Gabriel, Saint Jean l’Évangéliste, la Vierge des Douleurs, Sainte Barbara, Sainte Lucie, etc. Il semble qu'à l'époque des quatre prises de vue que je vous en propose, le curé de la localité ait décidé de déplacer retable, peintures et autres objets de valeur, de l'ermita moyenâgeuse à l'église paroissiale. Depuis, toute trace de cette œuvre a disparu.
 
 

"San Miguel"

Photo : Arxiu Mas, 1932

     

  

"Virgen de la Humildad"

Dios Padre y Anunciación en los guardapolvos.

Photo : Arxiu Mas, 1932

 



"San Sebastián"

Photo : Arxiu Mas, 1932


Pour le plus grand bonheur des historiens, l’Ermita abrite encore sous son toit deux autres œuvres artistiques historiquement intéressantes. 

La chapelle a conservé jusqu’à nos jours une peinture sur bois de "la Vierge au Lait", un tableau de l'école valencienne du XVe siècle attribué à Reixach. Je ne puis malheureusement vous en montrer une photo. 

Par contre, l'on peut encore admirer ici-contre, peinte sur un pilastre, l’effigie de Marie Madeleine (La figura de María Magdalena).
                                            
 
Déjà, depuis quelques décennies, quelques fragments de cette peinture murale restaient apparents et laissaient présager d’une œuvre d’origine ancienne, qui fut par la suite révélée par des méthodes peu orthodoxes, à coups de marteau égriseur, au temps de la construction de l' (horrible) institut d'enseignement secondaire limitrophe.
 


 
Peut-être animé par la découverte, l'auteur anonyme de cette maladroite restauration a ensuite essayé d'enlever la couche de plâtre à base de gypse présente à divers endroits des arcs gothiques, avec l'envie évidente de trouver de nouvelles peintures.

Cette intervention agressive a certes abîmé certaines œuvres picturales anciennes. Cependant, comme il n'existe pas mal qui par bien ne finisse, l'action a mis en évidence qu'une série de peintures murales ornaient - par le passé - l'Ermita, quelques fragments de ces  décorations étant déjà devinés dans certaines zones ; ces peintures, nous le verrons plus loin, sont aujourd'hui considérées de grande valeur, à cause de leur caractère ancien et parce qu’elles comptent parmi les exemples  - peu abondants en ce domaine - conservés dans la Communauté valencienne.

    
   
    
Cette effigie de la première moitié du XVe siècle a fait l'objet d'une minutieuse restauration. Peinte sur un fond pâle gris bleuté, elle se trouve encadrée dans sa partie supérieure par une fine décoration crénelée dans des tons vivants orangés et ocre : une architecture succincte en manière de dais, qui évoque le lieu  d'origine de la sainte représentée, Magdala, ville fortifiée de Galilée avec à cette époque vingt mille habitants. Enfin, aucun doute n’est possible quant à l’attribution de cette effigie à Marie Madeleine, car  la composition picturale reste couronnée d'une inscription en lettres gothiques noires...

Une Madeleine

De forme élancée, parée d’une tunique d’un rouge criard, estampée de motifs floraux blancs, elle présente un beau visage ovale entouré de très longs cheveux blonds qui se prolongent des deux côtés du corps jusqu’à hauteur des genoux. Un fin collier de perles rouges et noires enserre le cou : avec les vêtements riches et la longue chevelure, il symbolise la vanité mondaine et se présente comme un témoin de sa vie passée dissolue.

À la main droite, elle exhibe son attribut le plus caractéristique : le flacon d'onguents destinés à laver les pieds de Jésus ou son corps après sa crucifixion. Remarquons le nimbe qui entoure sa tête, indicateur indubitable de sa sainteté.


     

Avant de nous séparer bientôt, je voudrais encore, chère visiteuse, cher visiteur, attirer votre attention sur les tuiles qui recouvrent l'Ermita. Veuillez me suivre à l'extérieur. Regardez : patinées par le temps, elles sont de couleur ocre clair, rosée ou grise, pour se fondre dans le paysage environnant. Ce sont ces tuiles canal dont je vous parlais avec admiration en début d'article...

 

            
 
       

On les nomme aussi "romaines" ou encore "arabes", car elles sont venues du Proche-Orient par la route de la soie - apportées par les Grecs et les Romains - et doivent leur forme à la technique du potier. Moulées directement sur la cuisse, elles sont incurvées, étroites vers le genou et plus larges vers l'aine. Cette forme leur permet d'être utilisées d'un côté ou de l'autre. L'assemblage des tuiles canal est simple : Il est fait sur voligeage horizontal, c’est-à-dire la pose d'un fin plancher latté sur lequel elles sont attachées. L'imbrication des tuiles de couverture dos au ciel, par-dessus celles d'écoulement, dos au toit, et leur  orientation côté large vers le bas, ainsi que leur superposition et alignement en tête-bêche, garantissent une isolation et une étanchéité efficaces contre tous les temps au fil des saisons. Du mortier ou quelques pierres les fixent par la partie supérieure pour résister aux vents ravageurs. Ainsi l'eau qui ruisselle sur le dos des tuiles de dessus et réussit tout de même à s'infiltrer est recueillie par le canal que constituent celles de dessous.

 
J'espère avoir été à la hauteur de la réputation de mon édifice "coup de coeur" ! L’ermitage de Notre Dame de l’Horta, ce joyau de l’architecture valencienne, constitue donc un résumé de styles artistiques, en vertu des agrandissements successifs réalisés pendant son histoire et des œuvres qu'elle contient ou a contenus. Je suis ému, pas peu fier même (veuillez excusez ce sentiment qui pourrait paraître, à tort, présomptueux), d’avoir pu la dessiner et  partager avec vous  toutes ces découvertes.

L'article n'est pourtant pas achevé, comme je l'annonçais au début de mon intervention de ce jour.  L'article, ou plutôt le dessin, incomplet...  En le comparant avec la photo, vous remarquerez peut-être une étrange différence...

 
    
 
SAMEDI 16 AVRIL 2016 
 
Il manque, un effet, un élément architectural important.  Concentrez votre regard sur les deux dômes à pans... Si celui de gauche, bombé, ne présente aucune anomalie, celui de droite, pointu, est inachevé: j'ai malencontreusement oublié d'en dessiner l'un des pans !
 
 
Cette erreur rectifiée, je vous présente à présent le dessin achevé !
(tout en vous donnant rendez-vous, pour le prochain dessin, à la fin du mois de mai)
 

 

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prochaine publication de dessin

à la fin du mois de mai
 
  de
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22 mars 2016

Mon pays est en deuil.

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14 février 2016

Le corbeau, un oiseau de malheur ou de bon augure ?

Présentation progressive d'un dessin inédit, à ce jour - 18 janvier - bientôt achevé.

          consultez aussi la page publiée ce dimanche 14 février         

          Henri Gougaud, Le livre des chemins, chapitre 24, le corbeau.        

     par un simple clic sur l'image du corbeau ci-dessous      

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Les nombreuses sources d'informations consultées pour la rédaction de cet article

sont mentionnées en toute fin de présentation.

 

LUNDI 18 JANVIER 2016

De prime abord, l'aspect de cet oiseau paraît justifier l’antipathie que sa présence soulève.

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Dans nos contrées occidentales, le corbeau de couleur noire signe de deuil est considéré comme malveillant, dévoreur de récoltes ou de jeunes poussins, amateur de charognes.  Son cri lugubre irrite souvent ceux qui le perçoivent.

Vivant en communautés, il construit son nid sur les branches supérieures des plus hauts arbres.  Dispersés la journée, ces oiseaux s’y rassemblent au crépuscule pour de longs conciliabules et d’orageuses discussions où chacun semble raconter ses péripéties de la journée.

Que ce soit au printemps au moment des reproductions, ou en automne et hiver lors des longues heures passées dans le dortoir, le corbeau ne cherche pas sa nourriture là où il gîte :  il part le matin pour ne rentrer que le soir.

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JEUDI 21 JANVIER 2016

Et pourtant, cette sombre image est récente.  Nombre de mythologies anciennes louent sa sagesse, sa mémoire et ses dons de prophétie, en lui donnant un aspect protecteur, voire civilisateur, proche du bonheur.  L’animal est souvent perçu comme un intermédiaire entre l’homme et le monde des dieux.

Chez les Scandinaves par exemple, un nom à lui seul évoque le corbeau, celui d’Odin, roi des dieux de la mythologie nordique aux fonctions multiples, appelé aussi Hrafnagud, c’est-à-dire dieu aux corbeaux.

Odin est borgne, ce qui, dans la civilisation scandinave, fait de lui un voyant. 

Deux corbeaux l'accompagnent, perchés sur ses épaules.  Hugin, la mémoire, et Munin, la réflexion et la pensée, oiseaux inséparables de ce dieu souverain et maître du destin des mortels, font de lui le dieu de la connaissance, de la science et du savoir.

A l’aube, Odin les envoie voler à travers le monde entier ; ils reviennent à l’heure du déjeuner et lui glissent ensuite à l’oreille tous les événements qu’ils ont vus et entendus.

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détail d'une image de la mythologie scandinave provenant du manuscrit du 18e siècle "SÁM 66"

- Institut islandais Árni Magnússon -

(source :  WIKIMEDIA COMMONS - clic gauche sur l'image pour une vision complète)

Nuance importante, plus encore que dieu de la guerre, Odin est le dieu de la victoire, une victoire obtenue par la ruse, la stratégie et l’intelligence davantage que par la force brutale. En ce sens va le corbeau, oiseau fatidique qui sait ce qui va arriver car il est pourvu du don prophétique.

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                    Cette fascination exercée par le corbeau sur les peuples nordiques explique sa représentation fréquente sur les bannières des armées vikings, pliant sous le vent et donnant l'impression qu’il bat des ailes.

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DIMANCHE 24 JANVIER 2016

 

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Caspar David FRIEDRICH - Greifswald, 1774 - Dresde, 1840

L'Arbre aux corbeaux (côte de la mer Baltique) - vers 1822 - Musée du Louvre, Paris.


Le chêne, frappé par le temps, enraciné dans un tumulus de l'époque des Huns (" Hühnengrab"), évoque la vaine gloire du héros païen enseveli là.  Oiseaux noirs, feuilles mortes, souches aux formes menaçantes sont signes de mort et d'adversité ; le paysage lumineux du fond, avec Arkona au loin (île de Rügen), évoque au contraire l'espoir chrétien de la vie éternelle.

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Dans la mythologie celtique, le corbeau est associé à Bran (bran signifie corbeau en gaélique), le dieu des navigateurs, car ils l'emmènent avec eux pour le lâcher en temps opportun en pleine mer : son vol indiquera la direction de la terre.

Les Celtes lui attribuent également des fonctions prophétiques : Bodb, déesse de la guerre, observe les batailles sous forme de corneille.  Le cri et le vol de l'oiseau, par ailleurs, sont l’objet d’augures.

Cependant, le corbeau est aussi l’emblème du mal, par opposition au cygne, symbole de pureté.  Charognard, il déchire les chairs des cadavres humains exécutés et abandonnés sur les champs de bataille et est associé aux morts et aux âmes perdues.  La poésie galloise témoigne de ce symbolisme en utilisant la métaphore "le corbeau t’a percé" pour dire "tu es mort".  En outre, les Celtes croient que le corbeau accompagne le soleil dans sa course nocturne, c’est-à-dire aux enfers.

      

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MERCREDI 27 JANVIER 2016

Dans la mythologie grecque, le corbeau est le messager des dieux, plus particulièrement d’Apollon, l'une des principales divinités.  Follement amoureux de la princesse Coronis, fille du roi Phlégias, il confie à un corbeau blanc la responsabilité de veiller sur sa bien-aimée et de la protéger.  Lorsque le dieu apprend qu’elle lui est infidèle et séduite par un être mortel, Ischys, il est fou de rage et envoie sa sœur Artémis tuer la jeune fille d’une flèche en pleine poitrine, alors qu'elle est enceinte de lui.  Mais pris de pitié pour l'enfant à naître, il arrache ce dernier du ventre de sa mère (qui se consume sur le bûcher) et le porte au centaure Chiron, qui l'élève et lui enseigne l'art de la médecine.

Pour punir l'oiseau de sa négligence, Apollon l'habille d’un plumage noir.

Apollon le charge aussi d'aller chercher de l'eau : distrait par la découverte fortuite d'un figuier dont les fruits ne sont pas mûrs, plutôt que d'accomplir sa mission, le corbeau choisit de rester près de l'arbre en attendant qu'ils soient comestibles... Il est condamné à mourir de soif et remplacé par une chouette, par ailleurs moins bavarde.

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Apollon portant une couronne de laurier ou de myrte, un péplos blanc, un himation rouge et une paire de sandales est assis sur un diphros aux pieds de lion.  Il tient une cithare dans la senestre et verse une libation de la dextre.  Face à lui un oiseau noir identifié à un pigeon, un choucas, une corneille (allusion possible à sa liaison avec Coronis) ou un corbeau (oiseau aux pouvoirs mantiques).

Médaillon d'un kylix attique à fond blanc d'attribution incertaine (Peintre de Pistoxénos, Peintre de Berlin ou Onésimos ?), v. 460 av. J.-C. D. 18 cm.

Provenance : une tombe à Delphes, vraisemblablement celle d'un prêtre. Musée archéologique de Delphes, Inv. 8140, salle XII.

source :  WIKIMEDIA COMMONS
 

  clic sur l'image pour une visualisation complète

C'est donc par son égoïsme, sa désobéissance et sa négligence, ou encore par sa fonction de messager des dieux, porteur de mauvaises nouvelles, que le corbeau devient oiseau de malheur chez les Grecs.

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SAMEDI 30 JANVIER 2016

1 - Dans le christianisme, le corbeau apparaît pour la première fois dans l'Ancien Testament, au livre de la Genèse, dans le récit du déluge et de l’Arche de Noé qui en donne l’image d’un animal plutôt infidèle et égoïste.  En effet, Noé, au bout de quarante jours de pluies incessantes, lâche un corbeau, animal impur, pour savoir si l'eau a baissé ou non et si la terre est en vue.  Il ne semble pas capable de comprendre les signes avant-coureurs de la décrue des eaux. Le corbeau tourne en rond, ne fait qu'aller et venir sans vouloir se poser.  Il ne prévient pas de la fin du déluge, et passe donc pour un jouisseur.  Noé choisit ensuite la colombe, animal pur, et la lâche.  Elle reviendra avec en sa bouche une feuille d’olivier, signe que les eaux ont baissé au-dessus des terres.

 

 

 

 

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2 - Mais dans la Bible, le corbeau joue parfois un rôle bénéfique. Permettez-moi de ne proposer que l'exemple ci-après, parmi d’autres...

3 - Le corbeau apparait au chapitre XVII du Livre des Rois, lors d’une longue présentation des monarques ayant gouverné le royaume d’Israël après Salomon.  Pendant le règne du dernier de la liste, Achab, au IXe siècle avant notre ère, c’est la décadence religieuse d’Israël. Les prophètes de Yahvé sont persécutés.  L’impiété est grande...  Elie, le justicier, intervient et dit à Achab : "Par Yahvé vivant, le Dieu d’Israël que je sers, il n’y aura ces années-ci ni rosée ni pluie sauf à mon commandement".

 

 

 

 

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4 - Après une telle insolence, le prophète n’a d’autre alternative que la fuite, car, poursuivi par les milices d’Achab, où pourrait-il se cacher ?  La parole de Yahvé lui est alors adressée en ces termes : "Va t’en d’ici, dirige-toi vers l’orient et cache-toi au torrent de Kerit, qui est à l’est du Jourdain. Tu boiras au torrent et j’ordonne aux corbeaux de te donner à manger là-bas."  Il fait comme Yahvé a dit et part s’établir au torrent de Kerit, à l’est du Jourdain. Les corbeaux lui apportent du pain le matin et de la viande le soir, et il boit au torrent. »

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MARDI 2 FÉVRIER 2016

La mauvaise réputation du corbeau en Europe, récente, correspondrait à l’influence chrétienne sur tous les symboles animaux considérés comme païen.

Dans les civilisations de nomades, de chasseurs et de pêcheurs, le corbeau revêt un aspect positif.

Pour les ethnies indigènes d’Amérique du nord, le corbeau est la personnification de l’Être Suprême chez les Haïdas, ou chez les Tlingits la figure divine centrale qui organise le monde et répand la civilisation et la culture.

Le corbeau n’est pas absent de la symbolique asiatique...

Au Japon, comme il vit en clan dans une organisation sociale élaborée au sein de laquelle il nourrit ses parents - une pratique qui ressemble à la tradition de la société japonaise - , il est l’emblème de l’amour et de la gratitude filiale.

En Chine, il est considéré comme un oiseau solaire.  Des pierres sculptées de l’époque des Hans le montrent au centre du soleil, avec trois pattes représentant le déroulement du cycle solaire sur une journée : lever, zénith et crépuscule.

                

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En Afrique noire, le corbeau prévient les hommes des dangers qui les menacent ; il est leur guide et un esprit protecteur.

Il est aussi le messager du dieu de la foudre et du tonnerre des Mayas.

Le Coran raconte que les deux fils d’Adam offrent un sacrifice à Allah.  Seul, celui du fils sincère est accepté, et l’autre fils tue son frère.  Allah envoie alors un corbeau qui gratte la terre pour lui montrer comment ensevelir le cadavre de son frère : c'est en le voyant que le fils d’Adam est pris de remords...

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SAMEDI 6 FÉVRIER 2016

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champs de blé aux corbeaux - Vincent VAN GOGH - Musée Van Gogh, Amsterdam

 - détail -

Van Gogh se serait suicidé peu de temps après avoir peint cette toile.

Cette peinture à l'huile réalisée en juillet 1890 résume, selon les historiens de l'art, les sombres pensées de son auteur, avec ce ciel foncé et menaçant, l’indécision de trois chemins allant dans des différentes directions et les fameux corbeaux noirs, signes de mauvais augure ou même de mort .

 

Rusé comme... un corbeau !

N’en déplaise à La Fontaine et à sa fable Le Corbeau et le Renard, la légendaire intelligence du corbeau est attestée par de nombreuses études scientifiques : ne faudrait-il pas réécrire le texte pour lui rendre justice ?  Fort heureusement, l’écrivain a aussi signé La Corneille et la Cruche, une fable bien plus élogieuse pour sa cousine la corneille qui, assoiffée, ne peut tout d’abord atteindre l’eau d’un pichet pour s’abreuver.  Une relation de cause à effet qui démontre son intelligence : elle collecte alors des cailloux qu’elle laisse tomber dans le récipient et lorsque l'eau atteint un niveau accessible, elle peut étancher sa soif...  

Dans le même ordre d'idées, Il est couramment observé que le corbeau se montre capable de jeter des cailloux dans un tube pour faire monter le niveau de l'eau et s’emparer d’un morceau de nourriture qui y flotte. 

Mieux encore, si on  laisse à sa disposition des cailloux et des morceaux de bois, elle sera capable de discernement et choisira les cailloux.

                                       

 

 

 

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Le corbeau, comme nombre d’oiseaux de la famille des corvidés (des passereaux comprenant 130 espèces de corbeaux, corneilles, pies, témias et geais), présente en effet de la matière grise en abondance.  Il est le surdoué de la famille, certains chercheurs le décrivant comme un Einstein à plumes.  Leurs observations le révèlent capable de résoudre des problèmes, de fabriquer des outils ou d’imaginer des manœuvres de tromperie pour arriver à leurs fins.  Cette intelligence exceptionnelle serait apparue, au cours de l’évolution, sous l’effet de deux facteurs : la vie en société et un régime alimentaire omnivore.

la vie en société

Les corbeaux se reproduisent avec succès, jusqu’à 5 à 7 oisillons par portée.  Un corbeau peut vivre jusqu'à 50 ans.  Cette longévité lui permet une organisation sociale élaborée et une formation de clan : lorsqu’un couple niche, des rejetons des années précédentes - jusqu'à l’âge de 5 ou 6 ans - supportent l’élevage des nouvelles couvées par leurs parents en les nourrissant et contribuent au succès de l’espèce...

un régime alimentaire omnivore

Cet oiseau a une grande facilité d’adaptation.  Omnivore, capable de se sustenter de nombreuses manières, il ne doit pas migrer car il adopte une alimentation opportuniste, diversifiée, variable en fonction de ce qu’il trouve ou de ses préférences.  Sa masse corporelle lui confère une isolation thermique qui l’aide à braver toutes les types d'intempéries.  En outre, c’est un gros oiseau, bagarreur s'il le faut (surtout la corneille, qui l’emporte toujours sur les plus petits oiseaux lorsqu’il s’agit de s’approprier la nourriture...)

une intelligence exceptionnelle

L’internet regorge d’anecdotes révélatrices de comportements souples et innovants de corvidés, capables d’établir une relation de cause à effet.

On a observé un corbeau qui volait les prises des pêcheurs en tirant sur leurs lignes, immergées à travers des trous dans la glace, au moment où de petits drapeaux signalaient qu'un poisson avait mordu à l'hameçon.

Un corbeau en captivité humidifiait sa nourriture lyophilisée lorsque son propriétaire oubliait de le faire : il remplissait d'eau une petite tasse en plastique avant de l'apporter jusqu'à sa mangeoire.

Le corbeau, comme d'autres oiseaux et comme les primates, sait ouvrir des noix et coquillages ou utiliser des outils pour rechercher de la nourriture, en développant des techniques qui lui sont propres, comme laisser tomber les objets durs afin de les briser et d'accéder ainsi à leurs parties comestibles.  Le corbeau utilise parfois une technique plus élaborée, plaçant délibérément des noix sur la chaussée afin qu'un véhicule roule dessus et les casse.

Un étonnant stratagème de tromperie, extrêmement révélateur : s’il y a surabondance de nourriture, une expérience montre qu’un corbeau, biscuit dans la bouche, essaie pourtant d'échapper à l'attention des autres et va cacher son butin, le recouvre d'une touffe d'herbes, puis s'en va. Aussitôt, un autre corbeau, qui l'observait, s'empresse d’aller récupérer le biscuit... Surprise : le biscuit n'est pas là, car mine de rien le premier corbeau l'a caché ailleurs.

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MERCREDI 10 FÉVRIER 2016

J'aurais envie de vous parler encore, tant et plus du corbeau, comme par exemple de la surprenante patience dont il sait faire preuve avant de prendre une décision ; mais je choisirai sagement de conclure aujourd'hui cet article commencé le 16 janvier dernier, car je vous sens dan l'attente de sa fin et ne souhaite en aucun cas prendre le risque d'abuser de votre... patience... même s'il s'agit là d'une qualité humaine par excellence !

Permettez-moi simplement de préciser que dessiner sur ma feuille blanche jour après jour, parfois de nombreuses heures, parfois quelques dizaines de minutes seulement, le plus souvent en début et fin de journée, élaborer progressivement le plumage, la tête, l’œil et le bec de ce fier et noir corbeau, tout cela trois semaines durant, fut pour moi une indescriptible source de joies et plaisirs, mais aussi de doutes et difficultés...

Comme à chaque fois qu'un dessin fraîchement achevé est précieusement glissé dans une grande farde en attendant le passe-partout et le cadre qui le protégeront, je ressens une vague tristesse m'envahir, comme lorsqu'il faut se séparer provisoirement d'un proche qui vous est cher ; bien vite, je m'empresse alors de chasser ce sentiment en entamant, avec une énergie renouvelée, un nouveau travail ; c'est déjà chose faite ! 

Cette fois, je livre un combat contre un moulin à vent... La tâche est géante : je ne sais si je vaincrai...

 

Cette étonnante photo de corbeau dont je me suis inspiré pour mon dessin ...

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... est extraite de la monographie Entre Terre et Ciel (Between Earth and Sky), parue en octobre 2013, présentant en cinq tomes la majeure partie des œuvres depuis 1999 de la photographe américaine Beth Moon : Portraits du Temps (Portraits of Time), des arbres anciens et légendaires de la planète entière (Le kapokier que je vous avais présenté en août dernier fait partie de ce tome)Le Royaume arrive (The Kingdom Come) où les croyances totémiques mettent en relation l’homme à l’animal ; La Baie d’Odin (Odin's Cove), l’histoire d’un couple de corbeaux vivant dans leur milieu naturel ; Le Jardin sauvage (The Savage Garden), la sinistre beauté des plantes carnivores ; Augures et Devins (Augurs and Soothsayers), portraits photographiques de poulets exotiques.

Cette superbe monographie de Beth Moon propose une approche de ses sujets de prédilection d’un point de vue évoluant entre science et spiritisme, trouvant ses bases dans la réalité qu’elle transpose pour la rendre accessible aux autres, universellement.

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Conceptrice de vêtements pour femmes, Beth Moon s’est au fil du temps intéressée à la photo, jusqu’à choisir de prendre elle-même les clichés de ses nouvelles créations plutôt que de confier le travail à des professionnels du métier.  Elle s’est ensuite séparée de sa société pour se spécialiser en photographie, allant jusqu’à expérimenter différentes méthodes alternatives d'impression.  Pour la majeure partie de son travail actuel, elle utilise la technique de Mike Ware, l'impression sur platine.  Depuis une dizaine d’années, elle et sa famille vivent dans la région de San Francisco Bay.

La Baie d’Odin (Odin's Cove) parle du sentiment d’appartenance.  Le tome célèbre la beauté de la nature dans un environnement visuel attrayant, stimulant, inchangé depuis ses origines, où une vue régénératrice de la terre peut être découverte dans les falaises luxuriantes dominant la mer et où l’on peut se laisse bercer par la musique des ailes des corbeaux.

Ce projet, né lors d’une série de voyages à un endroit très particulier du littoral californien, a permis à Beth Moon de développer ce qu’elle décrit comme une relation d’amitié avec un couple de corbeaux.  Trois années durant, elle a effectué plusieurs voyages vers ces contrées uniques au monde, et sa relation d’amitié avec les corbeaux a grandi.

Ils m’ont appris, écrit-elle, tant de choses sur leur vie et leur personnalité, à la fois pirates et prophètes, capables de magie comme de sottises, leurs appels gutturaux répétés par l’écho de colline en colline sur ce bord de mer...  A travers cette série de portraits, ils m’ont confié leur loyauté l’un pour l’autre, m’ont accueillie dans les lieux les plus secrets de leur territoire et m’ont permis de partager leur vie dans une nature à l’état sauvage...

Chaque fois que je revenais dans cette baie, les corbeaux me reconnaissaient, volant et s’approchant pour saluer mon arrivée.  Espèce incroyablement intelligente, les corbeaux sont capables de reconnaître les visages humains.  Avec le temps, ce couple s’habituait à ma présence et l’appréciait... et je veillais à ne pas m’immiscer dans leur espace de vie.  Les corbeaux sont des créatures très loyales, s’unissant pour la vie, créant des liens indestructibles.  En observant discrètement ce couple, j’étais témoin de leur partenariat impénétrable.  Ils passaient la majeure partie de leur temps ensemble, et s’ils s’éloignaient l’un de l’autre, ils restaient en contact par de petits cris gutturaux.  Ils se nourrissaient l’un l’autre…  C’était attachant d’observer leurs parades amoureuses.

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Pour m'informer et élaborer l'article qui accompagne ce dessin de corbeau,

j'ai consulté les sites listés ci-dessous et me suis inspiré de bon nombre d'entre eux.

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http://www.bethmoon.com/Odon'sCoveIntro.html

http://ashp.revues.org/407

http://www.futura-sciences.com/magazines/nature/infos/act...

http://betweenearthandsky.info/

http://www.bdtheque.com/search.php?cboThemes=731&chkD...

http://al-wassat.com/2012/07/20/le-corbeau-ruse-comme-un-...

http://www.equi-nox.net/t9224-le-corbeau

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Apollo_black_bird...

http://cathygarcia.hautetfort.com/

https://krapooarboricole.wordpress.com/2011/02/23/la-fin-...

http://temporel.fr/+-numero-13-+

https://books.google.be/books?id=bW4rAgAAQBAJ&pg=PT64...

http://litteradoc.free.fr/gratos/c_corbo/symbolique%20du%...

http://ashp.revues.org/407

http://www.autourdelalune.com/animal-totem/le-corbeau-et-...

http://autourdulivre.free.fr/divreitorah/noah.html

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-ruse-comm...

https://www.contrepoints.org/2014/08/12/176791-la-corneil...

https://ici.radio-canada.ca/actualite/decouverte/reportag...

https://scribium.com/corinne-vomscheid/a/quelle-est-la-di...

http://www.bdtheque.com/search.php?cboThemes=731&chkD...

https://www.youtube.com/watch?v=AVaITA7eBZE&feature=y...

https://www.youtube.com/watch?v=ZerUbHmuY04

https://www.youtube.com/watch?v=URZ_EciujrE

 

 

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... à bientôt pour un nouveau voyage,

là où mes mines me mèneront ...

 

 

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