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30 mars 2015

Histoire d'un dessin pas à pas, d'un portrait, d'un homme, d'un artiste d'exception.

Nouvelle publication d'un dessin déjà présenté en novembre 2014.

En consultant en bas d'article les mises à jour régulières,

vous découvrirez progressivement un nouveau dessin pas à pas

et l'histoire d'un portrait, d'un homme, d'un artiste d'exception !

- DERNIERE ETAPE CE JEUDI  27 NOVEMBRE -

LUNDI 24 NOVEMBRE

Lorsque je dessine un portrait, j'appréhende à chaque fois le moment où il s'agira de dessiner les yeux.

Plus encore avec cet œil dessiné tout récemment, fin de l'été, à lui seul débordant d'expression, élément central d'une superbe photo aimablement offerte par un ami photographe...

Plus encore parce que cet œil est celui de quelqu'un que je connais personnellement et que j'ai, ces dernières semaines, plus d'une fois rencontré, parfois longuement...

(Lorsque le dessin sera achevé, il vous paraîtra réussi s'il est beau et si vous ne connaissez pas le modèle, alors qu'il pourrait me décevoir s'il ne ressemble pas à ce modèle que je connais si bien.  Par contre, lorsque je dessine un visage d'après photo de quelqu'un qui m'est inconnu, je ne cours guère de risque si la "copie" n'est pas conforme à la réalité : l'essentiel est qu'elle soit belle et attire le regard des gens, le vôtre, le mien...)

En entamant mon dessin par cet œil, je choisis donc délibérément de commencer par le plus risqué et si je ne réussis pas, j'abandonnerai le projet !

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Apparemment, c'est réussi...

Je prends le risque et je continue, je persévère ! 

Travaillons les sourcils, les petites rides sous les yeux...

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Les sourcils, très importants pour préciser le regard, me paraissent réussis...  Continuons !

Il s'agit de ne pas exagérer l'importance des rides, ce qui assurément n'enchanterait pas le modèle (qui, à ce moment-là, ignore tout de mon projet !).

Difficile aussi, cette oreille : les réglages photographiques l'ont rendue floue et les détails n'apparaissent guère, ou pas du tout.  Je choisis, comme à l'habitude, une fidélité totale à la photo qui m'inspire et la rend tout aussi floue.

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Quelques cheveux au niveau des oreilles, imprécis eux aussi...  Un nez à dessiner tout en douceur, prolongé par une ride nettement marquée ; la lèvre supérieure et quelques poils montrant que notre homme n'était pas rasé de près au moment de la prise  de vue !

MARDI 25 NOVEMBRE

Je suis fébrile tant j'ai peur de rater les éléments entamés du visage : je commence le menton...

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Mes mines se concentrent tour à tour sur chaque partie du visage déjà entamée.  

Toujours et toujours angoissé à l'idée d'aller trop vite et de me tromper, je change d'endroit : je me lance maintenant sur la mèche de cheveux couronnant le front, que j'appréhende aussi depuis l'entame du dessin ; tout va bien, continuons les cheveux près de la tempe...

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Rassuré par la tournure que prend le dessin, je voyage sur la feuille, du menton et des lèvres aux cheveux, à la joue, aux tempes...

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Tout va bien, me semble-t-il... 

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Je ne suis pas mécontent du menton et des lèvres, en voie d'achèvement. 

Le front ne devrait pas être source de difficultés...

Si l'on me voyait pour l'instant, j'affiche un sourire plus ample que celui, discret de mon modèle.  Car le voici enfin, le dessin achevé, et avec lui, le défi relevé...

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Qui est l'auteur de cette photo qui m'a inspiré ?  A qui sont ces rides souriantes ? A qui appartient ce demi-visage à l’œil qui vous regarde, vous observe, intensément, comme pour analyser votre âme ?  Qui possède un tel regard vous scrutant au plus profond de vos sentiments et semblant percevoir vos rêves les plus secrets ?  Comment mes mines m'ont-elles mené vers lui ?  Pourquoi ai-je ressenti ce besoin de le dessiner, en secret, puis de le publier (car il vient d'être publié...) ? 

Vous trouverez réponses à ces questions en revenant demain, ce jeudi 27 novembre et en cliquant, tout simplement, sur l'image qui apparaîtra ci-dessous !

 

JEUDI 27 NOVEMBRE : CLIC SUR L'IMAGE POUR DECOUVRIR LA SUITE

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27 mars 2015

le dessin de Goupil le renard roux, maraudeur et gourmand : tout un roman !

Nouvelle publication d'un dessin déjà présenté en août 2014.

 

En consultant en bas d'article les mises à jour qui seront régulières,

vous verrez progressivement grandir ce renard,

connaîtrez son histoire, et les méfaits que l'on lui attribue !

LUNDI 11 AOÛT 2014

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Je me réjouis de vous présenter sous peu, à nouveau, les différentes étapes d'un dessin évolutif réalisé en 2009 (auparavant déjà proposées sur mon précédent blog Overblog). 

En guise d'alléchante mise en bouche pour ce jour, voyez ce tableau et les textes ci-dessous : ils vous donneront un avant-goût de ce qui se trame sous mes mines...

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M. Verlat,  "Retour du maraudeur" (1860)

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" ...  Mais si la loi de chasse accorde quelque faveur, à l’animal des bois poursuivi à force ouverte ;

si, avant de lâcher les chiens et de décocher la flèche, nous permettons au cerf de s’éloigner un peu,

le renard maraudeur n’a point les mêmes privilèges ; on le prend, on le tue, où et quand on le peut.  ... " 

Sir Walter Scott, poète et écrivain irlandais, 1771-1832

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« … A quelques centimètres du museau de renard, nageait une anguille insouciante dont les ondulations le fascinaient. Chaque fois qu'elle passait et repassait sous le reflet de ses crocs, goupil sentait au creux de son ventre un délicieux petit creux qu'il avait une irrésistible envie de combler. Ce n'était pas de la faim puisque, profitant de ce que le fermier avait passé sa nuit à courir les bois, il avait eu tout le loisir de se gaver de ses poules, de ses canards et de ses cailles. C'était autre chose, quelque chose d'inutile, sans doute, mais tellement agréable qu'il ne saurait être question d'y renoncer. C'était quelque chose à quoi les renards ne savent pas donner de nom et que parfois les hommes appellent gourmandise. Péché mortel... »

extrait de « La sittelle et le renard » (la Gourmandise) © Dominique Lemaire

(Dans le cadre du Festival Bibliobulle (Aizenay - Vendée) : la Gourmandise)
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La loi du plus fort ...

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... n'est pas toujours  ...

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... celle à laquelle on pense ! 

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 MERCREDI 13 AOÛT 2014

Bonjour.  Tout un roman que ce renard roux Goupil, maraudeur et gourmand, que je vous présenterai sous forme d'un dessin évolutif que j'intégrerai dans un article lui aussi évolutif !  Comme souvent, à intervalles réguliers, en mentionnant la date de mise à jour, j'ajouterai chaque nouvelle photo de l'avancement de mon dessin l'une à la suite de l'autre, le tout agrémenté parfois de quelques explications sur les mœurs du renard.

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Maître Renard, par l’odeur alléché, est-il parti visiter quelque poulailler ?

Si le renard a mauvaise réputation -on le dit invétéré mangeur de poules, lapins ou lièvres- , la réalité est pourtant bien différente. N’oublions pas son rôle d’efficace régulateur des pullulations de rongeurs dans les campagnes :  considérons-le avant tout comme un fantastique prédateur de rats, de souris ou de campagnols (il en mange entre 6000 et 10 000 par an ; on aurait un jour dénombré, ai-je lu, 48 campagnols des champs dans l’estomac d’un seul individu).  Bon nombre d’agriculteurs ne l’ignorent pas : de leurs tracteurs, ils le voient chasser, tôt le matin, dans les prairies fraîchement fauchées.

Par ailleurs, son régime alimentaire diversifié –qui varie selon le type d'habitat, la période de l'année et également, au cours de son existence, en fonction de son âge, de ses habitudes de chasse, de ses besoins nutritionnels et de ceux de sa portée- est constitué aussi bien de proies vivantes, de végétaux, que de déchets ménagers et de charognes et cadavres d'animaux, notamment les accidentés de la route (chats, hérissons, oiseaux...) qu'il glane ici et là. C'est dire son utilité.  Durant la bonne saison, les invertébrés -lombrics, coléoptères...- et les végétaux -baies, fruits...– complètent son menu, en fonction des disponibilités du moment.

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Maître Renard, par l’odeur alléché, aurait-il visité quelque poulailler ?  
A bientôt, ci-dessous, pour le savoir !..................................................................................................................................

VENDREDI 15 AOÛT 2014 2991129710.2.gif

Je dois d'emblée vous prévenir : âmes sensibles, s'abstenir.  Les images qui  suivent risquent de choquer nos plus jeunes spectateurs.  Demandez à vos enfants, s'ils jouent près de vous voire sur vos genoux, de quitter des yeux quelques instants l'écran de votre ordinateur ...

Chers lecteurs, Goupil vous dit merci !  Oui.  Grâce à l’homme et aux modifications qu’il apporte à l’environnement, le renard trouve réunies de bonnes conditions pour s’installer et vivre heureux, tant à la campagne qu’en ville.

L’écologie, à la mode, se traduit à la campagne par une profusion de petits élevages - poulaillers, oiseaux d’ornement,… qui, souvent trop peu protégés par des grillages mal posés, sont une aubaine : il ne reste plus à notre animal rusé qu’à se servir.

Si, d’aventure, il ne trouve pas en ville de volatile à se mettre sous la dent, il ne s’en soucie guère.  Des déchets ménagers mis à sa disposition - parfois volontairement (nourrissage des animaux dans les parcs) – feront l’affaire : opportuniste, le renard "fait les poubelles" sans se gêner.

Le petit gibier disparaît-il dans les plaines à cause, notamment, des cultures intensives ?  Peu importe.  Faisans et perdrix se multiplient par contre : peu adaptés à la vie sauvage, ils sont pour lui des proies faciles.

Vous m'avez compris : la lutte était inégale et cette pauvre oie a perdu la vie ...

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Voici le sol couvert de racines, brindilles et feuilles mortes ...

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Ne trouvez-vous pas, maintenant que vous avez découvert cette proie,
que ce regard de renard n'est plus aussi amène, beau et gentil que précédemment ?


C'est avec cette provisoire vue d'ensemble de notre Goupil le maraudeur, 
que nous nous séparerons aujourd'hui ! 
A très bientôt pour la suite ...

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DIMANCHE 17 AOÛT 2014

 A votre avis, Goupil le maraudeur vit-il seul, en couple ou en bande ? 

Quelle que soit votre réponse, je vous donne raison. 

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Pourquoi ?  La réponse est simple : tout dépend de son milieu de vie. 

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Que son environnement soit pauvre en ressources alimentaires et le renard vivra en solitaire : seule la période de rut l’incitera à rencontrer un congénère.  Un milieu plus favorable l’autorisera à vivre en couple l’année durant.  Une pullulation de rongeurs -et donc un garde-manger bien achalandé- lui permettra d’adopter un mode de vie communautaire.  Des bandes hiérarchisées se formeront alors, constituées d’un mâle dominant, d’au moins une femelle dominante reproductrice, et de quelques individus de rang subalterne, en l’occurrence des femelles non reproductrices dont la mission sera de participer à l’alimentation et à l’éducation des renardeaux.  Dès lors, les groupes de renards hiérarchisés occuperont un territoire bien délimité -inversement proportionnel, la logique étant ainsi respectée, à la quantité de nourriture disponible- qu’ils marqueront et défendront.  Dès lors, les renards solitaires seront itinérants mais prêts à occuper un espace dès qu’il se libérera.

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Mais alors, qu’en est-il de la progéniture, des rejetons lorsqu’ils sont capables de voler de leurs propres ailes ? (pardonnez-moi cette expression de circonstance pouvant paraître un tantinet déplacée !) 

Vers la fin de l'été, les jeunes renards quitteront le territoire parental et se disperseront en quête d'un nouvel espace de vie ou d'une place vacante dans un groupe social. Les jeunes mâles entameront des déplacements généralement plus importants que leurs homologues féminins (entre 5 et 25 km, rarement au-delà de 30), qui peuvent rester dans le territoire parental, et occuperont alors une position subalterne dans la hiérarchie du groupe social.

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La proie a souffert, pas trop longtemps, je l'espère.

Notre Goupil le maraudeur s'est montré le plus fort mais la lutté était inégale.

(Rassurez-vous : il n'a pas perdu une patte dans l'aventure, il n'est pas "unipattiste" !)

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MERCREDI 20 AOÛT 2014

Le dessin évolue, lentement ; peut-être trop lentement à votre goût, cher ami lecteur ?

Vous savez que le niveau de précision que je cherche à atteindre me force à une extrême rigueur et à une grande lenteur !  Les détails supplémentaires que vous découvrirez aujourd’hui ont nécessité, à l'époque, une quinzaine d’heures…

Deux de ces trois poignées d’heures m'ont permis de dessiner la souche sur laquelle notre renard se campe.  La photo qui m'a inspiré, à cet endroit, était un peu floue : pour représenter des détails, j’ai ajouté à l’avant-plan quelques feuilles mortes, brindilles et autres petits champignons des bois.

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Avez-vous remarqué ?

Goupil le maraudeur continue à grandir sous mon portemine : d’unipattiste, il est devenu bipède.

Grâce à la troisième poignée d’heures !

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Le pelage de l’entrejambe et de son torse, sous le cou arraché de l’oie, est achevé.  Ce ne fut pas une mince affaire : difficile de transformer en noir et blanc ces feuilles mortes, ces débris végétaux collés sur ce cou déplumé et sanguinolent, sur le poil du renard !  J’avais envie d’essayer de colorer en rouge : je n’ai pas osé, c'eût été trop cruel...

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Gros plan sur mes pattes ...

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De bipède, je suis enfin devenu quadrupède !

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  Mon arrière-train et mon pelage me mettent à mon avantage, je trouve ...

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Il est stoïque : sans doute a-t-il été surpris par le photographe …

Clic-clac, clic-clac, clic-clac, clic-clac ... Photo !

Un photographe ?  S'il vous racontait lui-même l'histoire de sa photo ?

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DIMANCHE 24 AOÛT 2014

Jean-Claude Dechamps, le photographe,

nous raconte la passionnante histoire de sa photo :

je vous invite à la découvrir en suivant   ce lien...

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MERCREDI 27 AOÛT 2014

Cette histoire de Goupil le renard, contée par le photographe Jean-Claude Dechamps, se termine par ces mots : 

« ... il s'agissait certainement là d'une proie tentante et exceptionnelle qu'un imprudent avait sans doute oublié de protéger.  N'oublions pas que le renard, en détruisant quantité de micromammifères, est un des meilleurs alliés de nos agriculteurs.  A ce titre, il mérite bien, sans doute, une récompense gastronomique de temps à autre : tout travail mérite salaire...».

Ce regard bienveillant qu'il porte sur l'animal ne doit cependant pas nous faire oublier que, depuis plusieurs décennies, l’homme a tenté de le supprimer : parce que, dans l’esprit du public, il passe pour un invétéré mangeur de poules ; parce qu’il dérange lorsqu’il implante ses terriers à proximité des habitations humaines, dans des endroits pour le moins inattendus ; parce qu’il fait les poubelles et visite les dépotoirs ; parce qu’il est vecteur de la rage, cette maladie virale mortelle pour l’homme...

Mais à quoi bon s’efforcer d’exterminer le renard ? 

Voici, en conclusion à ce long article évolutif, une tentative de réponse...

Le renard n’est pas en surnombre parce que, par définition, un prédateur ne peut jamais être en surnombre.  Les études scientifiques attestent que la densité de population d'un prédateur, quel qu’il soit, est fonction avant tout de la disponibilité du milieu en proies. Si celles du renard sont abondantes, s'il y a pullulation de rongeurs par exemple, ses nichées seront fournies. Si la nourriture vient à manquer sur le territoire, le nombre de renards diminuera en conséquence, par interaction des mécanismes de mortalité importante, de dispersion et de concurrence territoriale.

Les populations de renards n’ont jamais été régulées par les superprédateurs, aujourd’hui disparus de la plupart de nos régions, que sont l’ours, le loup ou le lynx.  Aucun d’eux n’a jamais été capable de les infléchir, même s’ils capturaient à l'occasion l'un ou l'autre renardeau ou adulte.  Seul, dans mes contrées belges, le hibou grand-duc peut, parfois, l’attaquer, le blesser, rarement le tuer.

L’homme, dans ce rôle de régulateur, se révèle lui aussi totalement inefficace.  Souvenez-vous (si votre âge vous y autorise !) : alors que des centaines de milliers de renards étaient annuellement massacrés en Europe, au cours des années 1980 – 1990, au plus fort de l'épidémie de rage, jamais les populations ne se sont si bien maintenues ; en Belgique, les renards étaient moins répandus avant l'apparition de l'épidémie, au début des années soixante, que lorsque cette dernière atteignait son pic maximal d'incidence et que la lutte contre le renard était la plus intensive !

On peut donc légitimement se poser la question de l'utilité de tenter la destruction du renard...  Tout au plus peut-on stabiliser ses effectifs en limitant les ressources alimentaires accessibles à cet omnivore opportuniste :

en encourageant les propriétaires de petits poulaillers à grillager efficacement leur élevage ;

en privilégiant l'utilisation de poubelles rigides à la place des sacs poubelles ;

en encourageant les agriculteurs et les chasseurs à maintenir et restaurer, dans les plaines, des habitats favorables au petit gibier (bandes herbeuses, jachères, haies,...) ;

en obligeant les agriculteurs à enterrer les arrière-faix de leur bétail après les mises bas, et les chasseurs à enterrer les viscères du gibier et les animaux non consommables abattus...

 

A quoi bon s'efforcer d’exterminer le renard ?

Sachons tout simplement vivre avec lui !

Sources  http://www.aves.be

 

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© Jc Dechamps - pour blog                            

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A VOS AGENDAS !

PROCHAIN DESSIN : DEBUT SEPTEMBRE

 

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17 mars 2015

Achala, nomade, Achala, Rabari. Second portrait.

Nouvelle publication d'un dessin déjà présenté en janvier 2015.

 

En ce premier jour d'une année que je vous souhaite remplie de moments heureux, je vous invite à un deuxième voyage - avec un second portrait - à la rencontre d'Achala le Rabari, ce pasteur nomade de l'Inde que nous avions déjà croisé le 4 août de l'an dernier, sous le titre

Achala, nomade, Achala, Rabari

(Un clic sur le lien proposé vous permettra de retrouver l'histoire des Rabaris et de ce premier dessin.)

Rabari signifie "hors du chemin".

En effet, depuis tant et tant de siècles, ce peuple de pasteurs nomades parcourt les territoires du Gudjarat, du Pendjab, du Harayana et du Rajasthan, situés le long de la frontière avec le Pakistan.  Ils seraient originaires du Baluchistan (une région du Pakistan), et auraient migré vers l'Inde il y a plus d'un millénaire.  Certaines sources les apparentent parfois au peuple des Tsiganes.  Le mythe décrivant les origines des Rabaris raconte que leurs hommes ont épousé les Apsaras, ces demi-déesses, des nymphes célestes à la beauté séduisante qui habitaient les cieux et les airs et marchaient sur l’eau...

Mais les Rabaris ont déjà cessé ...

d'être ce qu'ils sont ... ... pour pouvoir survivre !

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Photo © Hervé Blandin

   Photo © Hervé Blandin

Voici à nouveau ce premier portrait d'Achala le nomade, d'Achala leRabari 

que vous venez de retrouver en cliquant sur le lien proposé plus haut

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 "ACHALA, LE BERGER NOMADE RABARI" -  25 x 37 cm

Le voici, ci-dessous, en photo noir et blanc et couleur.

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En primeur et en guise de présent en ce jour de l'an neuf, voici ce nouveau portrait d'Achala que je vous annonçais en début d'article, un portrait jamais encore exposé ou montré à quelqu'un, un portrait que je tenais secret depuis quelques jours avant de vous l'offrir, ici :

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  "ACHALA, LE BERGER NOMADE RABARI" -  30 x 40 cm

 

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Je vous souhaite une très, très belle année !

Que vos projets et rêves se réalisent !

Que la santé soit votre compagne

dans vos faits et gestes de chaque jour de 2015 !

16 mars 2015

Achala, nomade, Achala, Rabari.

Nouvelle publication d'un dessin déjà présenté en août 2014.

 

En consultant -en bas d'article- les mises à jour régulières,

-LA DERNIERE EN DATE CE LUNDI 4 AOUT-

vous verrez progressivement grandir ce portrait d'Achala le Rabari

et connaîtrez l'histoire et le mode de vie de ce peuple nomade.

LUNDI 30 JUIN 2014

 "Là où mes mines me mènent ..."2734466719.gif

 

Dès ce mercredi 2 juillet, en ce début de mois de vacances et de voyages, c’est vers le nord de l'Inde que mes mines guideront mes pas, jour après jour, en votre compagnie si le voyage vous tente, à la rencontre des Rabaris, ce peuple qui parcourt les territoires du Gudjarat, du Pendjab, du Harayana et du Rajasthan, le long de la frontière avec le Pakistan ; nous voyagerons à la faveur d'un dessin évolutif que je vous avais déjà proposé à pareille époque sur mon blog précédent il y a 3 ans, un dessin agrémenté de quelques superbes photos d'artistes de renom et de diverses explications glanées sur la toile quant au mode de vie de ces nomades aux origines lointaines et méconnues, au futur incertain.

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Venez avec moi à la rencontre d'Achala, un Rabari, berger comme ses frères !

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MERCREDI 2 JUILLET

Ce peuple de pasteurs nomades, depuis des siècles et des siècles, parcourt les territoires du Gudjarat, du Pendjab, du Harayana et du Rajasthan, situés le long de la frontière avec le Pakistan. 

 

Rabari signifie « hors du chemin ».

 

Ils seraient originaires du Baluchistan (une région du Pakistan), et auraient migré vers l'Inde il y a plus d'un millénaire.  Certaines sources les apparente parfois au peuple des Tsiganes.  Le mythe décrivant les origines des Rabaris raconte que leurs hommes ont épousé les Apsaras, ces demi-déesses, des nymphes célestes à la beauté séduisante qui habitaient les cieux et les airs et marchaient sur l’eau.

Chez les Rabaris, la plupart des hommes portent un costume composé d’un large pantalon blanc orné, parfois, de discrets motifs de couleurs, et d'une chemise courte -blanche également- avec de longues et amples manches.  Achala, vous le verrez, fait honneur à la tradition : un turban immaculé complète le plus souvent ce costume.  Ils arborent parfois deux grosses boucles d’oreille de forme semi-conique assez lourdes appelées « Toliya »qui traversent le cartilage de l’oreille de part et d’autre : Achala n'en portera pas, vous le verrez, mais à la place, il a choisi... mais cela, il est encore un peu tôt pour en parler, attendons que le dessin vous le révèle bientôt !

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mise à jour du SAMEDI 5 JUILLET.

LA VIE DE NOMADE AVANT 1947 ... 

Depuis des siècles, basés dans leur région ancestrale du Kutch, les Rabaris partent en transhumance -sitôt la mousson estivale terminée- et sillonnent les plaines à la recherche de pâturages, en parfait accord avec les paysans des régions traversées, selon un mode de vie séculaire, rythmé par les saisons et les besoins de leurs troupeaux de chameaux, dromadaires, vaches, chèvres et moutons.

Depuis des siècles. 

Jusqu’en 1947.

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(Les agneaux, trop faibles pour parcourir de longs trajets, sont ménagés !)

Jusqu'en 1947, jusqu'à ce que la "révolution verte" lancée alors par le gouvernement indien

bouleverse progressivement, complètement et irrémédiablement leur vie. 

 

LA VIE DE NOMADE APRES 1947 ...

Une nouvelle politique agricole plus intensive, instaurée afin de nourrir une population humaine en pleine expansion, a mené à un épuisement des sols et, pour de multiples raisons que je tenterai de résumer bientôt, a obligé les Rabaris à abandonner leurs zones de pâture traditionnelles, à mener toujours plus loin leurs troupeaux, essentiellement composés de nos jours de chèvres et de moutons, et à devenir progressivement semi-nomades : en 2010, l’on estimait que seulement 2% de Rabaris sont encore nomades.

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Beaucoup vivent dans de petits hameaux de huttes rondes aux murs de boue et toits de chaume. 

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Sous une chaleur accablante, les hommes continuent, inlassablement, à sillonner -les routes cette fois– en quête de nouveaux pâturages, souvent en butte à l'hostilité des cultivateurs locaux qui les voient maintenant comme des envahisseurs, souvent en butte au racket et au mépris, pendant que les femmes redoublent d’astuce et d’intelligence pour vendre la laine et le beurre clarifié près des commerçants des villes proches.

Plus encore que le turban, c'est l'étoffe de la chemise d'Achala que j'ai aimé dessiner : vous la découvrirez bientôt... 

Davantage encore, le visage, ridé à souhait, m'a intéressé. Quel plaisir pour moi de le détailler ! En voici les premiers traits, ici, et ci-dessous.

Enfin, et surtout, j'ai craqué pour ses moustaches, de belles bacchantes...

Vraiment : j'ai littéralement jubilé en les dessinant, poil après poil !

 

 

 

 

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mise à jour du MARDI 8 JUILLET.

LES RABARIS : en voie vers une lente et inéluctable disparition ?

Le gouvernement indien, par sa révolution verte de 1947, a tenté de protéger les terres agricoles des dégradations dues à l’érosion et a procédé à des plantations d’arbustes qui, envahissant aussi les terres incultes que les Rabaris avaient coutume d’utiliser, ont condamné leur accès et limité les parcours traditionnels de transhumances.  Ces plantations se répandant le long des routes, les pasteurs ont même été contraints de se déplacer en leur bordure, cette situation provoquant ainsi des risques pour le bétail et de graves perturbations pour la circulation.

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Auparavant, les régions réservées aux cultures et celles propices à l’élevage étaient bien distinctes et les pasteurs n’entraient guère en concurrence avec les paysans locaux.  Par certaines réformes, le gouvernement a progressivement incité ces derniers à élever eux-mêmes d'autres espèces de bovidés.  Les vaches indigènes des Rabaris, dont les productions telles que les bouses pour la fumure, les peaux ou la traction étaient autrefois hautement appréciées par les agriculteurs que les nomades côtoyaient lors de leurs déplacements, ont alors perdu de leur valeur.  En tant que mode d’existence, le pastoralisme a par voie de conséquence été hautement déprécié car l'élevage intensif des buffles a été privilégié sur les exploitations agricoles comme source principale de revenus, les agriculteurs conservant désormais les résidus de cultures pour leurs propres animaux plutôt que de laisser les pasteurs les utiliser. 

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L’agriculture s’est intensifiée et des champs qui demeuraient toute l’année en jachère –prisés par le peuple nomade– ont désormais été exploités toute l’année pour des cultures et un élevage rentables, allant même parfois jusqu’à bloquer l’accès aux points d’eaux pour les pasteurs.  Les engrais chimiques ont supplanté le fumier autrefois tant apprécié.  Les rapports se sont détériorés, querelles et tensions sont venues remplacer l’harmonie d’antan, laissant le peuple des Rabaris, les frères d'Achala, dans la perplexité et l'incompréhension.

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Parlons aussi du secteur industriel : lui qui reposait autrefois sur le textile, et donc profitait aux Rabaris éleveurs, s’est diversifié avec l’exploitation de minéraux comme le bauxite, ou du pétrole et du gaz naturel.  En conséquence déplorable,  les nouvelles industries se sont souvent implantées sur des terres marginales, sources de fourrages pour les pasteurs au cours de leurs migrations.

Enfin, l’évolution climatique -ce réchauffement qui affecte la planète entière- ne joue pas non plus en faveur des Rabaris.  Ces dernières décennies, une tendance à des sécheresses prolongées répétitives est apparue,  ce qui a perturbé la croissance des végétaux en détruisant les graines et appauvrissant les terres : la détérioration croissante des sols a réduit le nombre et la variété des espèces fourragères disponibles.


MISE A JOUR DU SAMEDI 12 JUILLET 

Le crépuscule des Rabaris

  Devront-ils perdre leur identité pour survivre ?

 

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Le crépuscule des Rabaris

2528017748.jpg  Hier, une vocation, aujourd’hui, un commerce. 

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Où qu'ils aillent, les Rabaris doivent désormais payer les agriculteurs qui ont cessé de les accueillir sur leurs champs en toute liberté.  Les redevances des contrats de pâture, établies pour une durée spécifiée, se négocient entre les villageois - qui décident le plus souvent des prix - et les chefs de tribus : il est du devoir des pasteurs de ne pas transgresser les règles du système, sans quoi ils ne seront plus acceptés dans le voisinage.

 

CREDIT PHOTOGRAPHIQUE : ©Meena Kadri

En conséquence, les Rabaris perçoivent de nos jours le nomadisme tout autrement : ce n’est plus une vocation mais un commerce !  Incités par le gouvernement qui leur octroie prêts, assurances, voire même aide financière lors des années de sécheresse, ils se lancent, bon gré mal gré, dans celui de la laine –pour la confection de vêtements et tapis– et dans la vente d’animaux sur les marchés locaux (la vente de bovins pour la consommation humaine constitue encore une infraction morale, mais  les ovins et caprins fournissent une viande non interdite par la tradition hindoue).  La vente de lait - jadis tenue comme un délit semblable à la vente de sang – entre également dans les mœurs. 

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©Michael Sheridan

Puisque les pasteurs n’ont qu’une connaissance très limitée de l’économie de marché, ils ne savent pas grand-chose de l’âpre concurrence qui joue entre les négociants d’ovins et de laine ; avec la fluctuation des prix, ils reçoivent parfois moins d’argent pour leur laine ou leurs moutons que lors de la transaction précédente et pensent avoir été floués ; ils ont le sentiment d’être trahis par ceux en qui ils avaient confiance.

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©Steve McCurry

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 MISE A JOUR DU MARDI 15 JUILLET

 S’adapter par la sédentarisation, l’éducation et le changement d’activité.

S’il ne reste que 15 ou 20 moutons et chèvres, un membre de la famille gardera le troupeau pendant que les autres –y compris femmes et enfants- rechercheront un emploi salarié comme main-d’œuvre non qualifiée : manœuvre pour creuser l’argile, travailleur dans les champs, ouvrier dans les mines de sel, garde de nuit sur des chantiers de construction, employé dans des stations-service et des commerces.  Le domaine des transports les attire également : voyager est dans leur sang. 

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Pour permettre cette intégration par le travail, ils considèrent que l’enseignement, vital, leur permettra de développer de nouvelles opportunités d’abandonner leur mode de vie inadapté à ce monde moderne auquel ils veulent s’intégrer pour survivre. Pour ces adultes analphabètes -qui parfois n'ont ni emploi ni papiers officiels pour attester de leur existence- gagner un statut reconnu est un vrai défi et ils ne veulent pas que leurs enfants rencontrent les mêmes problèmes ; mais faute d’écoles mobiles, la scolarisation ne peut vraiment concerner que les familles sédentarisées. 

Des choix de vie importants conditionnent et bouleversent leur vie et de telles décisions ne peuvent être prises à la légère ...

... sans le conseil des anciens ...   ... sans le soutien des proches ...

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Photo © Angshuman Chateerjee Photo © Angshuman Chateerjee

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Photo © Caleb Coleman 

De plus, très conscients de l'impact négatif que l'école peut jouer sur le tissu culturel de leur groupe ethnique, ils souhaitent un système d'éducation qui respecterait leurs valeurs morales et religieuses, leurs traditions, leur style de vie de nomades. Les écoles formelles des villages voient à peine la réalisation de ce projet d'éducation. Les valeurs des groupes minoritaires ne sont-elles pas réduites par les messages traditionnels des textes d'école ?  De plus, il n'y a que très peu d'enseignants d’origine rabari qui puissent être des exemples pour les enfants et pour les jeunes gens de la communauté.

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Photo © Mitchell Kanashkevich  

 

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MISE A JOUR DU VENDREDI 1er AOUT 2014

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Le crépuscule des Rabaris

Devront-ils cesser d’être qui ils sont pour pouvoir survivre ?

Devront-ils cesser d'être... pour pouvoir survivre ?

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 Les tatouages, une affaire de femmes ...

Les Rabaris font partie des peuples les plus tatoués d'Asie. 

Traditionnellement, le tatouage incombait -et était destiné- aux femmes qui, munies d'une longue aiguille,  représentaient des motifs compliqués sur les jambes, bras, mains, cous et visages, motifs qui assuraient la fertilité, protégeaient des dangers extérieurs et racontaient leur vie, celle des chameliers nomades du désert du Gudjarat.  Très fréquemment, on retrouvait le symbole du puits sur les avant-bras : avec un climat essentiellement sec, il représentait la vie pour ces nomades qui voyagent.  L’encre se composait d’un mélange de charbon noir et de colorants naturels.  Les mères tatouaient leurs filles dès l'âge de trois ans et jusqu’à leur mariage à 20 ans, car une femme non tatouée n’était pas considérée comme attrayante et ne pouvait attirer un mari.

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Il y a une trentaine d'années, la machine à tatouer a remplacé les aiguilles.  Des tatoueurs ambulants –qui utilisent dorénavant de l’huile de noix de coco et du kérosène dilué dans de l’eau- ont repris le rôle autrefois dévolu aux femmes.  Cependant, leur méconnaissance de la symbolique rabari a provoqué une dégradation de la tradition, qui disparaît peu à peu au nom du progrès et de la modernité issus du monde occidental et valorisant des images de femmes modernes à la peau claire.

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  all photo © Daniel Pissondes

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Le crépuscule des Rabaris

Devront-ils cesser d’être qui ils sont pour pouvoir survivre ?

Devront-ils cesser d'être... pour pouvoir survivre ?

Des femmes monochromes  ...

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  photo © Angshuman Chatterjee

Les femmes portent un long châle noir, puisque les moutons des Rabaris sont souvent noirs, châle appelé « lobadi » ou « ludi » et qui recouvre la tête, allant parfois jusqu’à voiler entièrement le visage lorsqu’un homme étranger à la famille apparaît.  Dessous s’entrevoit une blouse courte ornée de broderies colorées et rehaussées d’or et d’argent, blouse ouverte dans le dos et dont les pans sont reliés par des lacets.

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    Des femmes monochromes aux couleurs chatoyantes ...

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photo © Angshuman Chatterjee 

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photo © Angshuman Chatterjee 

De tous temps, les femmes brodent pendant leur temps libre et transmettent leur savoir-faire aux jeunes filles.  La broderie joue un rôle primordial dans leur vie : c’est une obligation sociale et une monnaie d’échange lors des mariages, mais aussi l’expression matérielle de leur culture.  Chaque point, chaque motif, chaque dessin -et la manière dont ils sont réalisés-, les occasions auxquelles les étoffes sont portées, tout a une signification et permet de distinguer la provenance du tissu par ses broderies.

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photo © Angshuman Chatterjee

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photo © Angshuman Chatterjee

 

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 MISE A JOUR DU LUNDI 4 AOUT

«J’avais remarqué un sac aux finitions délicates, le tissu était brodé de couleurs chatoyantes et parsemé de miroirs» écrit Judith Frater, anthropologue américaine qui se bat pour la survie des artisanats locaux et a partagé plusieurs mois la vie de ce peuple nomade."

    «The Threads of Identity» (1995) [Tissus identitaires].  

“C’était à la fois naïf et vivant, les miroirs en forme de cœurs et les couleurs vibrantes étincelaient joyeusement pour créer un autre univers.  J’étais comme hypnotisée.»

“J’ai été frappée par ces femmes mystérieuses enveloppées de noir, dont je n’apercevais qu’un œil à travers l’entrebâillement des portes. Qui étaient ces femmes de l’ombre ? Comment leur existence monochrome leur permettait-elle de créer ces broderies exubérantes ? A quoi pensaient-elles quand elles brodaient ces motifs si expressifs ?”

   

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Les motifs de chameaux, de paons et d’éléphants rappellent leurs origines de chameliers et leur lignée royale, et les scorpions, l’acacia et les femmes qui portent de l’eau évoquent l’âpreté de la vie dans le désert.  Les miroirs sont des parures, mais ils sont également destinés à aveugler et à désorienter les esprits malfaisants ainsi qu’à protéger leurs enfants du mauvais œil.

 

photo © Retlaw Snellac

De nos jours, l’art rabari résiste pourtant mal aux pressions du monde moderne.  De plus en plus de femmes se sont mises à travailler et consacrent donc moins de temps à la broderie, préférant même orner leurs vêtements de passements en tissu synthétique brillant, ou utiliser la machine à coudre ; la laine est délaissée pour le polyester, et les motifs anciens du désert comme les paons et les oiseaux sont remplacées par des motifs plus urbains et futiles comme des tracteurs et des motos.

 

Oui, les Rabaris ont déjà cessé ...

d'être ce qu'ils sont ... ... pour pouvoir survivre !

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Photo © Hervé Blandin

   Photo © Hervé Blandin

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 Mes principales sources d'information :

 http://www.decomood.com/s/18599_94990_les-rabaris-font-le...

http://www.trekearth.com/gallery/Asia/India/West/Gujarat/...

 http://www.touarek.org/BODYART/histoire_tatouage.php

http://www.kustomtattoo.com/tatouage-piercing-paris-tatoo...

http://fiveprime.org/hivemind/Tags/rabari,tattoo

http://www.courrierinternational.com/article/2005/08/04/b...

http://art.ba.meunier.free.fr/index.php?option=com_conten...

http://www.hommes-racines.fr/peuples-les-rabaris/page_4kk...

http://ngm.nationalgeographic.com/2010/02/nomads/mccurry-...

http://ngm.nationalgeographic.com/2010/02/nomads/lancaste...

http://www.photoradar.com/photos/757/ffotolady/rabari-elder

http://www.eenet.org.uk/resources/eenet_newsletter/news4_...

http://books.google.be/books?id=_xb59d1KcC0C&pg=PA11&lpg=PA11&dq=les+rabaris&source=bl&ots=XAR29Px07c&sig=0uYPSrYJH95JWZT4J2cfM9GUEaE&hl=fr&ei=3xYPTqPaCcyZOp_CobgL&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CBcQ6AEwADgo#v=onepage&q=les%20rabaris&f=false

http://indiahistoryspeaks.blogspot.com/2008/07/rabaris-of... 


Depuis le 30 juin, au gré des mises à jour de cet article,  vous m'avez accompagné, aussi attentivement que fidèlement je l'espère, tout au long du cheminement de ce dessin évolutif, de ce portrait d'Achala le Rabari, de ce magnifique berger nomade de l'Inde !  

Le voici enfin terminé, tout vêtu de blanc, sa barbe (un des pans s'est décroché) suspendue aux oreilles par un collier de fines perles, de part et d'autre d'un visage aux traits amaigris, le regard empli de tristesse peut-être, mais d'une grande fierté, sans aucun doute ; et chargé d'interrogations...

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 "ACHALA, LE BERGER NOMADE RABARI" -  25 x 37 cm

Le voici donc : ci-dessus, en dessin, ci-dessous, en photo.

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Au gré de mes recherches pour élaborer cet article, j'ai découvert sur l'internet que le mensuel "Sciences et Avenir" avait publié en novembre 2009 un article intitulé "Le voyage sans fin des Rabaris".  J'ai très vite réussi -grâce à la redoutable efficacité de la bibliothécaire de ma ville- à me procurer ce numéro 753 qui m'intéressait, vous vous en doutez, au plus haut point.  Permettez-moi, à l'occasion de la présentation de mon dessin achevé, de vous présenter ce texte en intégralité : il me paraît compléter à merveille mes articles. Ensuite, je vous proposer de visionner une vidéo -en anglais- tout aussi judicieuse !

De vrais reportages de journalistes et cinéastes

partis vivre quelques semaines parmi les Rabaris,

que vous pouvez découvrir en cliquant sur le dessin d'Achala ci-dessous !

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