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28 juin 2013

"GANESH" : dessin d'un enfant... d'un enfant porteur de briques... d'un enfant esclave...

DIMANCHE 23 JUIN

 "Pour cent briques, t'as dix roupies"

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Dans la province du Bihar, en Inde, près de la frontière du Népal, vit le « Vieux Sage » Babadji.  Il parle doucement, gravement : il sait tout.  On l’écoute et on aime cette drôle de lueur, au fond de son regard noir.  Il sait comment charger toujours plus de briques sur un socle posé en équilibre sur le turban serré.  Comment éviter les gestes inutiles ou dangereux ; comment lutter contre la fatigue ; comment dormir à l’abri.  Il sait compter et, surtout, il sait rassurer…

Dans la briqueterie, il explique à des gamins de huit ans - comme à Ganesh, que je vous montrerai bientôt - comment gagner quelques roupies en transportant plus de trois tonnes de briques chaque jour. 

Il y a longtemps, très longtemps, Babadji a été un enfant, lui aussi.  A la mort de son père, il lui avait fallu quitter son village, pour trouver de quoi nourrir ses quatre frères et sœurs.  Il avait mendié, chipé à Calcutta, pendant des mois. 

Mais c’était il y a... des siècles ! 

Aujourd’hui, le « Vieux Sage » a treize ans.

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      Comme tous les autres gosses de la manufacture, c’est à une huitaine d’années qu’il a commencé à travailler, aussi timide et gauche que Ganesh, le petit nouveau que j'ai dessiné et vous montrerai bientôt, arrivé il y a six mois. 

Une chance pour ces petits hommes dont l’enfance se termine avec la chute des dents de lait : le four, comme des milliers d’autres, en Inde, a toujours besoin de bras, pour répondre à la demande sans cesse croissante de matériaux de construction. 

La gigantesque gueule de terre cuite, longue de 150 m et large de 30, est insatiable : en une seule fournée, elle cuit un demi-million de briques !

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Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, les cheminées du four embrument le paysage et les hommes d’une fumée qui retombe en poudre d’argile.

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     "Notre métier, c’est un métier de poussière", résume Babadji.

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Un métier d’insecte aussi : la briqueterie est comme une fourmilière dont on aurait botté le dôme, découvrant la ronde des ouvrières qui se hâtent sous leur charge.  Ici, chaque ouvrière est un enfant.

Pour mille briques d’argile crue transportée jusqu’au four, Ganesh gagne quelques dizaines de roupies : moins de deux euros.  Mille cinq cents briques par jour, chacune pesant 2,5 kilos… 3750 kilos transportés quotidiennement sur une colonne vertébrale de huit ou dix ans !

Dans la fabrique, c’est une ronde sans fin.  A l’extérieur, les enfants viennent nombreux chercher les briques crues.  De l’intérieur, dans la partie refroidie du four géant, d’autres sortent les briques déjà cuites.  Là, à l’autre bout, les hautes cheminées ne cessent jamais de cracher leur fumée …

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Ganesh, huit ans : trois tonnes de briques par jour.

 MARDI 25 JUIN
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Regardez ces bras interminables...

Ils grandissent et s'allongent chaque jour un peu plus... 

Regardez ces bras interminables...


Toujours plus grands, toujours plus longs,

capables de maintenir toujours davantage sur la tête,

pour amasser le plus de briques possible,

pour amasser... quelques petites roupies !


 JEUDI 27 JUIN

 Selon le site "  http://www.droitsenfant.com/  " ils seraient 60 millions d'enfants au travail, rien que sur le continent asiatique ; Chine non comprise (je vous en reparlerai).


Au Pakistan, en Inde ou au Népal, les enfants, certains âgés à peine de 4 ans, sont vendus à des fabricants de tapis pour subvenir aux besoins de leur famille : ils tissent la laine, accroupis pendant des heures, avec pour conséquence des problèmes de croissance (dus à la position pénible de travail), des mains gonflées et douloureuses, des maladies respiratoires telle la silicose (dues aux poussières de laine). Ils sont soumis au travail forcé dans des conditions d'une dureté extrême, travaillant jusqu'à vingt heures par jour et parfois enchaînés aux métiers à tisser pour prévenir toute fuite.  Ceux qui parviennent à s'échapper se retrouvent dans la rue, mendiant et surtout abusés sexuellement par les touristes étrangers. Dans ces pays à forte démographie, on trouve aussi les petits cireurs de chaussures, les vendeurs de bouteilles d'eau ou de verres de thé.

Au Népal, des petites filles sont arrachées à leur famille par des trafiquants d'enfants et,  parfois dès l’âge de sept ans, se retrouvent dans des maisons closes (20% d'entre elles n'atteignent pas l'âge de seize ans, selon l’UNICEF).  D'autres enfants travaillent dans des briqueteries, dans l’industrie du jouet ou du feu d'artifice, et dans de nombreux ateliers de taille et polissage de diamants et de pierres précieuses.  Mais ils sont aussi : chiffonniers, mendiants, conducteurs de vélos-taxis, livreurs ou domestiques occasionnels.

En Inde, aux Philippines, plus d'un million d'enfants travaillent dans la récupération de déchets. Au Cambodge et au Viêt-Nam subsistent de très jeunes enfants exerçant des métiers de la rue (vendeurs de cartes postales, de cigarettes ou de billets de loterie, cireurs de chaussures et ramasseurs d'ordures) ou des adolescents salariés dans des petites entreprises (de textile, de jouets destinés à l'exportation).

Il est aussi fréquent en Asie de voir les enfants travailler dans les fermes et les rizières familiales (tabac, canne à sucre, hévéas, thé, jasmin ou noix de cajou). Dans certaines régions rurales d'Inde, un salarié agricole sur dix est un enfant.

Aux Philippines, l'activité rurale, tous secteurs confondus, occuperait 63% des enfants.  Même le secteur maritime emploie de la main-d'œuvre enfantine : travailleurs en conserveries de poisson, rabatteurs de poisson en plongée apnée.

Chine non comprise, écrivais-je précédemment.  En Chine, les autorités continuent de nier l'existence du travail des enfants sur leur territoire et même ne facilitent pas la mise en place d'enquêtes sérieuses pour connaître la réalité. Tout porte à penser que l'exploitation enfantine y est largement répandue : travaux agricoles, enfants mendiants.  Quand on sait que les enfants chinois de moins de quinze ans représentent une masse tournant autour des quatre cents millions, on est obligé de reconnaître que, ne serait-ce que du simple point de vue des statistiques, le silence au sujet des enfants esclaves en Chine rend impossible l'élaboration d'une vision globale de la situation en Asie, et soit dit en passant met également en cause les statistiques au niveau mondial.

 

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Des solutions ?  Oui, il en existe.  Celle-ci, par exemple...

Il suffirait que l'école soit, dans tous ces pays appelés pauvres, moins rapidement mise hors jeu, empêchant ainsi un départ au travail précoce.  Cela semble simple, évident même.  Mais le travail des enfants, c'est aussi un enjeu dans les luttes d'adultes : et  là, tout se complique !  Mais cela, c'est une autre histoire, dont je voudrais un jour vous parler dans un futur article, lorsque je vous présenterai un autre dessin d'enfant esclave...