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26 avril 2019

L'Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz, une étrange chapelle espagnole...

- une réédition d'un dessin qui me tient à coeur - 

- une réédition de son histoire -

- une réédition d'un article paru en mai 2016 - 

- et auparavant déjà sur mon blog OB -

Et si je partais là-bas en vacances,

afin de découvrir cette chapelle... et Valencia ?!

 

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DIMANCHE 3 AVRIL 2016

Chers lectrices, chers lecteurs, si vous saviez comme j'ai hâte de montrer à nouveau - cette fois sur ce blog hébergé par Hautetfort,- un dessin déjà proposé il y a près de sept ans sur mon précédent blog, dont les plus fidèles d'entre vous se souviendront peut-être !

C'est vers une chapelle espagnole que mes mines et moi-même vous emmenons...

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Au hasard de mes fréquentes pérégrinations sur l'internet à la recherche de photos susceptibles de susciter un dessin au portemine, j'avais découvert, un jour de 2008, par le plus grand des hasards, un surprenant édifice religieux. 

 

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Sans hésiter, j’avais préparé mes portemines et une grande feuille de papier, pris mes repères et tracé les premiers traits. En sélectionnant cette photo, j’étais convaincu d’avoir réalisé un bon choix. Par la suite, je n'avais pas désenchanté. Au fur et à mesure de l’avancement du dessin de cette étonnante bâtisse, je pressentais qu’elle disposait d'une valeur architecturale certaine, sans toutefois en savoir davantage...

J'avais bien vite découvert que cette chapelle est située en Espagne, dans la Communauté valencienne, une des dix-sept communautés autonomes d'Espagne (Comunidad autónoma), dont le castillan, langue nationale, est la langue principale. Elle porte le nom aussi long que charmant de "Ermita de la Nuestra Señora de la Huerta de Ademuz" ou encore "Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz". Dès le premier regard, ses proportions inhabituelles m'avaient surpris et séduit. 

Regardez ce large porche d'entrée et cette toiture supportée par deux colonnes : ne sont-elles pas étonnantes, disproportionnées même, comparées à l'ensemble de la bâtisse, à la petite et vieille porte en bois surmontée d’un majestueux demi-arc de cercle sur lequel quelques inscriptions sont encore visibles ?

 

          
 
La courbe de cette toiture qui semble s'affaisser me surprend tout autant...  Est-elle délibérée, ou au contraire la conséquence des outrages du temps ? 
Et j'aime beaucoup ces vieilles tuiles romaines antiques, qui me rappellent celles, souvent observées, de ces régions du sud souvent visitées, comme la Provence, la Toscane ou l'Ombrie...
Quel bonheur aussi de représenter tous les détails de la maçonnerie, ces tuiles savamment posées l'une sur l'autre, et cette porte étonnante...
 
                             
 
 
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MARDI 5 AVRIL 2016
 
Ce clocher aux cloches envolées, dominant à peine le portail d'entrée, je le trouve tout simplement ravissant.  On y aperçoit, creusés dans la pierre, leurs trous d'ancrage et des traces circulaires, sans doute le souvenir du régulier frottement de l'une d'entre elles. Sous ce clocher au côté droit du parvis de l'Ermita, les murs de pierre bien conservés, restaurés même, attestent de récents efforts de rénovation. 
 
          
 
Par contre, le mur du côté gauche recouvert de ciment en décrépitude attend probablement une bienvenue rénovation. Quant au dôme bombé à quatre faces, il est tout simplement... magnifique !
 
            
 
Cet autre dôme moins bombé et plus pointu, à droite et à l'arrière de la chapelle, rend à mes yeux l'ensemble architectural plus beau.  Je me demande à quelle partie de la chapelle il correspond ?  En observant attentivement la photo proposée en début d'article, j'ai l'impression que le chœur est construit sous l'autre dôme...
 
               

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JEUDI 7 AVRIL 2016

Vous souvenez-vous de ces quelques mots du début d'article "Je pressentais qu’elle disposait d'une valeur architecturale certaine" : vous imaginez certainement mon envie de découvrir l'origine et la valeur historique de cette Ermita !

D'emblée, lors de mes premières recherches, je suis confronté à une difficulté majeure : je ne récolte que peu de renseignements rédigés en langue française. Les sites rencontrés sont écrits en castillan (la langue officielle espagnole) ou parfois catalan : trop tard pour apprendre ces langues ! La fonction de traduction automatique disponible sur Google n'est pas toujours suffisamment performante pour oser entièrement s'y fier...  Alors, je me débrouille en parallèle avec un site de traduction en ligne et - puisque les langues que je compare sont chacune romanes - avec une bonne dose de réflexion et d'analyse des mots et phrases...

                                                    

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Un an plus tard, dans mon précédent blog, je présente le dessin.  Arrivé à cette étape de son avancement et de l'article qui l'accompagne, un commentaire inattendu, extraordinaire - signé Isabel López - s'affiche sur mon écran à la suite de l'article.  Je le reproduis tel quel ci-dessous...

Un hasard, je viens d'ouvrir votre blog, j'ai vu vos dessins et qu'est ce que je vois? La ermita de la Virgen de la Huerta, à 4 Km. du village oú j'habite. C'est pas fou??
Comme vous pourrez voir dans la wikipedia, cette église est située à "el Rincón de Ademuz", région naturel (comarque) dans la province de Valencia. Le vrai nom est en castellano "Nuestra Señora de la Huerta" ou "Virgen de la Huerta", parce que nous sommes castellanophones. Nous sommes trés proches a l'autonomie d'Aragón, à 30 Km. de Teruel, un enclave de Valencia entre les provinces de Teruel et Cuenca. Une sorte d'île, administrativement, parce que la culture ne connais pas les frontiéres. Avec la surprise j'oublié de vous dire que vos dessins sont trés beaux, merveilleux, je vous admire et félicite. Je vais vous envoyer des photos de nôtre region, si pauvre, si perdue, si belle et presque vide, il ne reste que la Nature, quelques vieux et très peux d'idéalistes. Je vais suivre la suite de votre travail. Saludos et vive le hasard !!!
Isabel López

Voici les links :
http://es.wikipedia.org/wiki/Ermita_de_Nuestra_Se%C3%B1or...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ademuz

J'écarquille les yeux : une dame a donc découvert, par un heureux hasard, mon dessin de cette chapelle qu'elle connaît très bien, puisqu'elle habite à proximité, à quatre kilomètres précisément ! Je lis et relis le reste du commentaire. Tout en me communiquant quelques renseignements géographiques fort intéressants, elle m'apporte d'emblée les précisions nécessaires qui me permettent de dénommer parfaitement cette Ermita. 

Ce serait passionnant, si elle acceptait de m'aider pour améliorer la suite de l'article !

                     

 

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SAMEDI 9 AVRIL 2016

Une passionnante collaboration permet la préparation de la suite de l'article, supervisée, critiquée, précisée, corrigée puis amendée par Isabel.  Un plaisir pour elle, si j'en juge par ses compétences : à ce moment en 2009, elle est responsable d'une ADL (agence de développement locale), ainsi que du Centre internet et du Point Info Tourisme du village. Je suis heureux de vous présenter le fruit de cette passionnante collaboration.

Que signifie ce nom Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz ?

De découverte en découverte, d'explication en explication, je découvre que cet édifice religieux est aussi appelé, dans certains documents écrits en catalan, Ermita de la Mare de Déu de l'Horta d'Ademús. La Mare de Déu se traduit aisément, vous l'aviez imaginé, par la Mère de Dieu. On lit encore en castillan Ermita de Nostra Señora c’est-à-dire l’ermitage de Notre-Dame. Ces dénominations varient donc en fonction de la langue. 

Une ermita signifie un ermitage : une simple chapelle, généralement exiguë, isolée dans la campagne, retirée loin des autres habitations et permettant une retraite pieuse et spirituelle.

Voici un cliché de l'Ermita pris à la fin du XIXe siècle, témoignant de son environnement de l'époque. Elle possède clairement les caractéristiques évoquées. Les plus attentifs auront observé que la porte d'entrée est obstruée par un tas de bois peut-être, ou plutôt un buisson ? Cette chapelle paraît abandonnée, comparée à la photo plus récente qui a servi de modèle à mon dessin.

Une Huerta est une zone agricole partagée en portions de terrain où l'on cultive fruits et légumes. De nombreux paysans en vivent ; les parcelles sont rentabilisées au mieux. Ces productions reposent également sur une bonne irrigation, climat oblige, très réglementée à cause des insuffisances en eau en certaines périodes.

La Huerta de Ademuz (horta en catalan, huerta en castillan) est une comarque espagnole de la Province de Valence. Qu’est-ce qu’une comarque ?  Ce terme "comarca" utilisé dans la péninsule ibérique (et en France avec les "comarques" dans les Pyrénées-Orientales) pourrait se traduire par contrée : il correspond plus ou moins à la notion de pays ou de région naturelle en France.

 

Une parenthèse historico-géographique s'impose. Depuis 1833, L’Espagne est partagée en 50 provinces qui forment l'essentiel de son territoire. Ces provinces, avant la Constitution espagnole de 1978, n'avaient pas de pouvoir, l'Etat étant centralisé. Depuis 1978, l'Espagne est décentralisée et structurée en 17 communautés autonomes, chacune composée d'une ou plusieurs provinces. La Constitution établit quels sont les pouvoirs respectifs de ces communautés (qui jouissent d'une assez large autonomie), selon qu'elles appartiennent essentiellement à l'Etat ou qu'elles soient partagées.

"Rincón de Ademuz" est une comarque de la Province de Valence située dans la Communauté valencienne - une des 17 communautés, Ademuz étant son centre administratif - qui reconnaît deux langues officielles, le castillan et le valencien, mais pas le catalan. Même si la plupart des mots sont identiques dans ces deux dernières langues citées, à Valence on parle le  "valencià" (en valencien) ou "valenciano" (en castillan). Dans la région de Rincón de Ademuz, 100 km à la ronde, le valencien n'est pas pratiqué, bien qu'il soit enseigné à l'école et que ce soit la langue officielle prônée par le gouvernement autonome. On y parle le castillan.

 
LES 50 PROVINCES
 
 

L’Espagne comprend 50 provinces qui forment l'essentiel de son territoire.

 

 

 

 

Ci-contre, la carte de ces provinces, avec la minuscule enclave "Rincón de Ademuz" appartenant à la Province de Valence, indiquée par des flèches sur la carte ci-dessous.

 LES 17 COMMUNAUTES

La comarque "Rincón de Ademuz" est séparée de son territoire principal et enclavée entre Castille la Manche et Aragon, deux autres communautés espagnoles.  La langue parlée est majoritairement le castillan.



 
 

L' "Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz" appartient donc à la Communauté valencienne dans laquelle la langue principale, parlée par 74% de la population, est le castillan.
              

Avant de vous quitter ce jour, je voudrais encore vous présenter deux étonnantes photos, glanées sur l'Internet, de l'Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz : je m'aperçois que je ne suis pas le seul à avoir eu un "coup de foudre"pour cette superbe autant qu'étrange Ermita !

photo by Tony Duarte (Flickr)

 

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photo by Rosa Dia Del Camp (Flickr)

 

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LUNDI 11 AVRIL 2016

Cet édifice médiéval du XIVe siècle, construit selon les caractéristiques propres au siècle précédent et en partie transformé ultérieurement, est considéré comme un joyau du patrimoine artistique de Valence. Selon la tradition, c’est Jacques Ier dit le Conquérant (en castillan : Jaime I El Conquistador), né à Montpellier(1208-1276), qui fit ériger la chapelle initiale au cours de son règne. Sa situation privilégiée sur les rives de la rivière Túria et le long d’une ancienne voie de communication va progressivement faire de ce lieu un sanctuaire d’une grande popularité.

Il ne me reste plus qu'à pousser le portail d'entrée : l'intérieur, paraît-il, n'est pas dépourvu d'intérêt. Je ne suis pas déçu : que de découvertes...

 

                                                    

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Isabel m'a envoyé une série de photos personnelles accompagnées d'explications écrites : plusieurs vues sous différents angles, gros plan sur le portail, dépassements de tuiles, divers détails de façade, et aussi, cerise sur le gâteau, clichés multiples pris à l'intérieur de l'édifice.

Cette Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz me passionne depuis que je l'ai découverte, vous l'aurez compris si vous suivez cet article que je lui consacre. En début d'article, j'avais écrit : "Regardez ce large parvis supporté par deux colonnes de pierre. N'est-il pas étonnant, disproportionné par rapport à la petite et vieille porte en bois surmontée d’un majestueux demi-arc de cercle sur lequel quelques inscriptions sont encore visibles..."

Regardez, apercevez-vous ces lettres en partie disparues ?

Vous êtes un peu loin, n'est-ce pas.  Approchez-vous... un peu plus encore...

Cette porte d’entrée de tradition romane est protégée par un portique soutenu par deux larges colonnes toscanes.  Elle offre à notre vue ce détail très intéressant, l'inscription qui nous occupe ce jour, en partie effacée au cours du temps, d’une phrase du Coran (psaume V,8) traduite en caractères hébraïques. Voici sa traduction en catalan suivie de la traduction française.

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Mes jo, per l'abundància de la teva gràcia, entraré a casa teva,

em postraré en el teu Temple Sant, en el teu amor.

Image du Blog ypjane.centerblog.netMais moi, par l'abondance de ta Grâce, j'entrerai dans ta maison

et je me prosternerai dans ton Temple Saint, dans ton amour.

Image du Blog ypjane.centerblog.net

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MERCREDI 13 AVRIL 2016

Parmi les photos qu'Isabel m'a envoyées, accompagnées de commentaires et explications, j'ai choisi de vous montrer celle de la porte d'entrée vue de face, avec ces inscriptions en partie encore  intactes : Isabel nous a ouvert l'un des battants pour notre visite guidée...

© Concha Tormo

 

   
Entrons dans cette "Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz". Découvrons l'intérieur de cet étonnant édifice moyenâgeux.
La lecture d'extraits du livre "Ademuz y su patrimonio histórico-artístico" écrit par Raúl Eslava Blasca, proposé en format PDF sur internet, nous a permis de préparer la visite guidée qui suit...

     
Sans conteste, cette Ermita de Ademuz est, parmi les œuvres architecturales qui ont survécu au fil des siècles dans ces terres du nord-est de l’Espagne, celle qui brille le plus par sa singularité et son état surprenant de conservation, bien qu’elle fut longtemps négligée au cours des siècles précédents. De facture romane, c’est le bijou le plus remarquable du patrimoine artistique de la Communauté valencienne et un bâtiment d’une grande valeur, historique par ses origines du Moyen Âge d’une part, religieuse et sentimentale d’autre part grâce à l’attrait qu’elle inspire aux touristes et pèlerins qui la visitent et y prient. 

Malgré cette importance, l'édifice était pourtant peu étudié par les historiens de l’art jusqu’en 1996. Depuis, heureusement, le niveau des connaissances de la richesse historique du bâtiment a sensiblement été accru par les recherches de Raúl Eslava Blasco et d'utiles restaurations ont été effectuées.
 
Cette ermita répond à un modèle de typologie architecturale bien défini appelé "iglesias de conquista", que l’on pourrait traduire par "église de conquête" (destinée à développer le culte du christianisme dans les nouvelles terres conquises par l'Islam).
Construite à l’origine sur un plan rectangulaire, elle bénéficie d’une toiture en bois, reposant sur six arcs gothiques disposés longitudinalement et sur des piliers massifs, créant ainsi une nef centrale deux fois plus large que les deux latérales ; on peut aussi y admirer un jubé et un chœur avec balustrades en bois.
             

 
     
         
   

 
Cette construction originale du XIIIe siècle a donc subi, tout au long de son histoire, divers agrandissements, en accord avec les nouvelles modes et les goûts architecturaux des époques qui ont suivi sa conception. Ainsi, deux chapelles collatérales au sanctuaire ont été ajoutées fin du XVIe siècle et redécorées au siècle suivant.
 
J'aime beaucoup cette charmante coupole octogonale ornée d'une décoration picturale certes endommagée, mais digne d'intérêt : très lumineuse, construite sur pechina*, elle est le résultat d'un agrandissement profond du sanctuaire en pleine époque baroque et terminé en 1673.
* pechina

("una pechina", c’est un triangle curvilinéaire, soutenant une coupole

et permettant de passer d’un plan carré à un autre circulaire.)

 

La chapelle St-Antoine de Padoue (Sant Antoni de Pàdua) (1673), adossée au mur sud de la  construction initiale, a constitué le dernier ajout à l'ermitage médiéval. 

Bien qu'elle ait été
érigée au XVIIe siècle, elle reproduit en grande partie la conception spatiale du sanctuaire puisque son plan est similaire et se compose également d'une coupole sur pechina.
         

Cette chapelle est bien visible sur la photo ci-dessous, à droite et à l’arrière de l’Ermita, qui me permet de trouver l’explication de ce dôme pointu mais légèrement bombé situé du côté droit et qui m’intriguait lorsque je le dessinai.
 
 
                  

 

 

A l’intérieur de l’Ermita, des pilastres d'ordre corinthien soutiennent des décorations picturales de moindre qualité, avec des motifs floraux, de vases blancs ou d’angelots sur un fond rose.

Datant pour la plupart du XIXe siècle, ces frises furent peintes dans le style élisabéthain, tout comme ces rubans rouges et les encadrements floraux sur les espaces plats sous la coupole et les mur
s.

 
     
 
     
 

Il reste cependant quelques fragments de peintures originales, possiblement médiévales, qui affleurent au-dessous des plafonnages décoratifs modernes et permettent aux experts de bien évaluer la construction comme étant d'époque romane.

   
 

 
La visite vous plaît-elle ?  Je vous invite, dès ce vendredi 15 avril, à la poursuivre, avec la présentation d'autres richesses artistiques de cette Ermita.
 
Image du Blog ypjane.centerblog.net

VENDREDI 15 AVRIL 2016

Poursuivre cette visite..., disais-je il y a deux jours ; et l'achever, bientôt !
 
Mes lectures m'ont aussi appris que cette chapelle abritait sous son toit un grand et magnifique retable du XVIIe siècle nommé  "Retable de Saint Jean Baptiste" (Retablo de San Juan Bautista). Ce chef-d’œuvre aurait été réalisé en 1681 et est malheureusement introuvable depuis 1930. Il n'en subsiste que des photos...
 
A l'origine simple meuble de bois ou de pierre dont la fonction semblait surtout utilitaire (en quelque sorte, des gradins destinés à recevoir des objets liturgiques), un retable est une construction verticale, en arrière de la table d'autel, portant des décors sculptés ou peints et ayant plutôt une dimension décorative liée à la fonction religieuse.
Si on le rencontre
à partir du Moyen Âge, c'est aux 17e et 18e siècles qu'il prend de l'importance, en devenant une véritable œuvre d'art. Son iconographie évoque essentiellement la vie du Christ, de la Vierge et des Saints.
 
 
Retablo de San Juan Bautista. Círculo del Maestro de Perea. Ermita de Nuestra Señora de la Huerta. Ademuz.

Photo :  Arxiu Mas, 1932

Le "Retable de Saint Jean Baptiste" n'échappe pas à la tradition et présente parmi d'autres sujets l’Annonciation de l’Archange Gabriel, Saint Jean l’Évangéliste, la Vierge des Douleurs, Sainte Barbara, Sainte Lucie, etc. Il semble qu'à l'époque des quatre prises de vue que je vous en propose, le curé de la localité ait décidé de déplacer retable, peintures et autres objets de valeur, de l'ermita moyenâgeuse à l'église paroissiale. Depuis, toute trace de cette œuvre a disparu.
 
 

"San Miguel"

Photo : Arxiu Mas, 1932

     

  

"Virgen de la Humildad"

Dios Padre y Anunciación en los guardapolvos.

Photo : Arxiu Mas, 1932

 



"San Sebastián"

Photo : Arxiu Mas, 1932


Pour le plus grand bonheur des historiens, l’Ermita abrite encore sous son toit deux autres œuvres artistiques historiquement intéressantes. 

La chapelle a conservé jusqu’à nos jours une peinture sur bois de "la Vierge au Lait", un tableau de l'école valencienne du XVe siècle attribué à Reixach. Je ne puis malheureusement vous en montrer une photo. 

Par contre, l'on peut encore admirer ici-contre, peinte sur un pilastre, l’effigie de Marie Madeleine (La figura de María Magdalena).
                                            
 
Déjà, depuis quelques décennies, quelques fragments de cette peinture murale restaient apparents et laissaient présager d’une œuvre d’origine ancienne, qui fut par la suite révélée par des méthodes peu orthodoxes, à coups de marteau égriseur, au temps de la construction de l' (horrible) institut d'enseignement secondaire limitrophe.
 


 
Peut-être animé par la découverte, l'auteur anonyme de cette maladroite restauration a ensuite essayé d'enlever la couche de plâtre à base de gypse présente à divers endroits des arcs gothiques, avec l'envie évidente de trouver de nouvelles peintures.

Cette intervention agressive a certes abîmé certaines œuvres picturales anciennes. Cependant, comme il n'existe pas mal qui par bien ne finisse, l'action a mis en évidence qu'une série de peintures murales ornaient - par le passé - l'Ermita, quelques fragments de ces  décorations étant déjà devinés dans certaines zones ; ces peintures, nous le verrons plus loin, sont aujourd'hui considérées de grande valeur, à cause de leur caractère ancien et parce qu’elles comptent parmi les exemples  - peu abondants en ce domaine - conservés dans la Communauté valencienne.

    
   
    
Cette effigie de la première moitié du XVe siècle a fait l'objet d'une minutieuse restauration. Peinte sur un fond pâle gris bleuté, elle se trouve encadrée dans sa partie supérieure par une fine décoration crénelée dans des tons vivants orangés et ocre : une architecture succincte en manière de dais, qui évoque le lieu  d'origine de la sainte représentée, Magdala, ville fortifiée de Galilée avec à cette époque vingt mille habitants. Enfin, aucun doute n’est possible quant à l’attribution de cette effigie à Marie Madeleine, car  la composition picturale reste couronnée d'une inscription en lettres gothiques noires...

Une Madeleine

De forme élancée, parée d’une tunique d’un rouge criard, estampée de motifs floraux blancs, elle présente un beau visage ovale entouré de très longs cheveux blonds qui se prolongent des deux côtés du corps jusqu’à hauteur des genoux. Un fin collier de perles rouges et noires enserre le cou : avec les vêtements riches et la longue chevelure, il symbolise la vanité mondaine et se présente comme un témoin de sa vie passée dissolue.

À la main droite, elle exhibe son attribut le plus caractéristique : le flacon d'onguents destinés à laver les pieds de Jésus ou son corps après sa crucifixion. Remarquons le nimbe qui entoure sa tête, indicateur indubitable de sa sainteté.


     

Avant de nous séparer bientôt, je voudrais encore, chère visiteuse, cher visiteur, attirer votre attention sur les tuiles qui recouvrent l'Ermita. Veuillez me suivre à l'extérieur. Regardez : patinées par le temps, elles sont de couleur ocre clair, rosée ou grise, pour se fondre dans le paysage environnant. Ce sont ces tuiles canal dont je vous parlais avec admiration en début d'article...

 

            
 
       

On les nomme aussi "romaines" ou encore "arabes", car elles sont venues du Proche-Orient par la route de la soie - apportées par les Grecs et les Romains - et doivent leur forme à la technique du potier. Moulées directement sur la cuisse, elles sont incurvées, étroites vers le genou et plus larges vers l'aine. Cette forme leur permet d'être utilisées d'un côté ou de l'autre. L'assemblage des tuiles canal est simple : Il est fait sur voligeage horizontal, c’est-à-dire la pose d'un fin plancher latté sur lequel elles sont attachées. L'imbrication des tuiles de couverture dos au ciel, par-dessus celles d'écoulement, dos au toit, et leur  orientation côté large vers le bas, ainsi que leur superposition et alignement en tête-bêche, garantissent une isolation et une étanchéité efficaces contre tous les temps au fil des saisons. Du mortier ou quelques pierres les fixent par la partie supérieure pour résister aux vents ravageurs. Ainsi l'eau qui ruisselle sur le dos des tuiles de dessus et réussit tout de même à s'infiltrer est recueillie par le canal que constituent celles de dessous.

 
J'espère avoir été à la hauteur de la réputation de mon édifice "coup de coeur" ! L’ermitage de Notre Dame de l’Horta, ce joyau de l’architecture valencienne, constitue donc un résumé de styles artistiques, en vertu des agrandissements successifs réalisés pendant son histoire et des œuvres qu'elle contient ou a contenus. Je suis ému, pas peu fier même (veuillez excusez ce sentiment qui pourrait paraître, à tort, présomptueux), d’avoir pu la dessiner et  partager avec vous  toutes ces découvertes.

L'article n'est pourtant pas achevé, comme je l'annonçais au début de mon intervention de ce jour.  L'article, ou plutôt le dessin, incomplet...  En le comparant avec la photo, vous remarquerez peut-être une étrange différence...

 
    
 
SAMEDI 16 AVRIL 2016 
 
Il manque, un effet, un élément architectural important.  Concentrez votre regard sur les deux dômes à pans... Si celui de gauche, bombé, ne présente aucune anomalie, celui de droite, pointu, est inachevé: j'ai malencontreusement oublié d'en dessiner l'un des pans !
 
Cette erreur rectifiée, je vous présente à présent le dessin achevé !
(tout en vous donnant rendez-vous, pour le prochain dessin, à la fin du mois de mai - 2019 - )
 

ermita%20de%20la%20virgen%20de%20la%20huerta%20de%20Ademuz.JPG

                                        762519450.gif                  

prochaine publication de dessin

à la fin du mois de mai (2019)
 
  de
Image du Blog ypjane.centerblog.net

16 février 2019

cri de colère

Réédition d'un article, partiellement modifié, et d'un dessin évolutif,

parus en 2010 sur mon précédent blog OB, aujourd'hui abandonné.

article mis à jour ce samedi 16 février

Notez bien que la parution du prochain article

est reportée à la mi-avril 2019

20 JANVIER 2019

Si vous me suivez sur mon blog Hautetfort, ou m'avez déjà suivi sur le précédent Overblog, vous souvenez-vous de ces quelques Dames, aussi respectables qu'âgées, déjà présentées sur mon blog ?

 
SUIVEZ CES LIENS ! Qu'elles soient originaires de l'Ethiopie ou du Rwanda, du Brésil ou de l'Argentine, du Bénin ou de la Mauritanie, du Vitenam ou du Cachemire,  ou encore de l'Argentine,  elles ont toutes accepté, un jour, de prendre la pose sous mes porte-mines et surtout, de nous parler de leur vie au travers de mes articles. Et il y en eut d'autres... et des Hommes aussi !

En ce début d'année, je suis très heureux de pouvoir présenter sur ce blog un autre portrait de belle, vieille et fière Dame ! Mais peut-être certains d'entre vous s'en souviendront-ils dès ses premiers traits...

Pas de couleur : je reste fidèle à mes porte-mines qui me permettent d'élaborer des dessins aux nuances de gris. Celui-ci sera foncé, sombre même, afin de rester le plus fidèle possible à la photo qui me sert de modèle, une photo que j'observe et analyse mm par mm : vous le découvrirez au fur et à mesure de son évolution sur ma feuille blanche.

Vous le savez maintenant, si vous me suivez depuis longtemps, je dessine lentement et patiemment, et vous devrez vous montrer tout aussi patient - comme pour de nombreux autres articles et dessins précédemment publiés - avant de le découvrir achevé et de lire pourquoi je l'ai nommé "cri de colère".

Mon travail vous sera à nouveau présenté, vous l'avez bien sûr compris, sous forme d'article évolutif pas à pas, sous forme de dessin que j'appellerai cette fois trait par trait !

Alors, allons-y pour les premiers traits.  

 

01 - dessin de roms

 

Les yeux, le regard sont des éléments primordiaux de mes portraits...

 Ce premier œil n'est pas encore achevé !

Délibérément, je l'abandonne quelques jours et le retravaillerai plus tard.

J'attendrai de dessiner le second pour les préciser l'un par rapport à l'autre

et les assombrir à l'identique... 

Je vous l'ai dit, ce dessin sera sombre.  Patience !

 


22 JANVIER 2019

 

02----dessin-de-roms.JPG

 

L'oeil, inachevé, n'a pas encore été modifié ou précisé.

Un foulard noir à motifs clairs enserre des cheveux gris.

Rien ne vous permet de déceler le pays d'origine de cette Dame âgée.

Pas grand-chose à dire de plus à ce stade d'avancement du travail.

Sinon que tout va bien et que le modèle me passionne.

 

Sinon que, même si pour vous cela ne revêtira aucune importance - car la différence est invisible à l'écran de l'ordinateur - le papier choisi est totalement différent de celui que j'utilise le plus souvent : moins blanc, légèrement grainelé même, beaucoup plus tendre et dès lors très sensible aux plus légers des traits de mine, il répond immédiatement à la moindre sollicitation de ma part et se prête à merveille au but que je me suis fixé, depuis le début :  réussir un portrait gris, foncé, sombre même.

 

Je n'en suis encore qu'au début ...

Je suis d'accord avec vous : tout cela n'avance pas très vite !

Patience, vous disais-je.

Revenez ce jeudi 24 janvier !  


24 JANVIER 2019

03 - dessin de vieille rom-copie-1

"Vous croyez que c'est sa faute ?

Ne la tenez pas responsable du malaise de société et des problèmes économico-sociaux actuels. 

Non...

Ne la tenez pas responsable de la violence des banlieues,

de l'impunité des grands groupes financiers et économiques,

des dépenses militaires ou du désastre environnemental.

Non...

Ne la tenez pas responsable de l'énorme insécurité

que les plus fragiles d'entre les citoyens

ressentent en cette malheureuse période historique.

Non...

 Non.  Ce n'est pas sa faute !" 

 

- une opinion de l'écrivain italien Antonio Tabucchi -


27 JANVIER 2019

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le bleu du ciel

la roue de la route

le vert de la prairie

 

Mon peuple : les Roms.

Le nom de mon peuple a été adopté en 1971 par l'Union romani internationale.

Mon peuple est dispersé sur le globe dans une trentaine de pays, pour la plupart en Europe.

Mon peuple y représente la minorité la plus importante en termes numériques.

Mon peuple n'a pas de territoire compact et ne prétend pas à un tel territoire. 

 

Depuis des siècles, chaque État nomme mon peuple en des termes différents. Les Anglais parlent de Gypsies, les Espagnols de Gitanos, les Italiens de Zingari ; les Allemands utilisent le vocable Zigeuner ; en Europe centrale et dans les Balkans, notre nom est nationalisé sous les termes tchèque de Cikan, hongrois de Cigany ou roumain de Tsigani. En France, depuis le XVIe siècle, on nous appelle Gitans, Tsiganes ou Tziganes, Manouches, mais aussi Bohémiens, Romanichels ou encore... Egyptiens.

 

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MARDI 29 JANVIER 2019

"TINTIN AU CONGO" devant la justice belge

En 2010, peut-être en aviez-vous entendu parler, Mbutu Mondondoun, un étudiant congolais en Sciences politiques à Bruxelles avait porté plainte pour infraction à la législation sur le racisme et demandé, dans la foulée, à la société MOULINSART, société gérante des droits du dessinateur Hergé, le retrait de la vente de l’album Tintin au Congo qu'il jugeait raciste et insultant à l'égard des Africains. En 2017 déjà, la Commission britannique pour l’égalité raciale avait qualifié l’ouvrage de raciste en considérant que cet album contenait "des images et des dialogues porteurs de préjugés racistes abominables, où les 'indigènes sauvages' ressemblent à des singes et parlent comme des imbéciles."

pour lire l'article paru dans LE MONDE, suivez ce lien s.v.p.

L'année suivante, la justice belge avait définitivement tranché : non, la célèbre bande-dessinée d'Hergé "Tintin au Congo" n'est ni raciste, ni méchante, entendant ainsi clore la polémique.

pour lire l'article paru dans FRANCE INFO, suivez ce lien s.v.p.

Tintin au Congo, avec d'autres BD du célèbre Hergé, restent malgré tout de très contestables classiques de la Bande Dessinée... Permettez-moi d'y revenir plus tard dans l'article.

Mais dites-moi, avez-vous lu TINTIN CHEZ LES ROMS ?  Non ... En êtes-vous bien certains ?

 

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Soyez rassurés.  TINTIN CHEZ LES ROMS n’est ni le titre d’un nouvel album de Tintin, ni celui d’un inédit ressorti des archives de la "Fondation Hergé et Moulinsart".  Cette BD n’a jamais existé ... quoique ! Attendez !

En France, l'an dernier, en août 2018, plusieurs campements ont été démantelés dans la métropole lilloise. Des opérations courantes dans les 38 départements faisant état de ces bidonvilles sur leur territoire. Quelles solutions pour la population rom ?

pour lire l'article paru dans FRANCE INTER, suivez ce lien s.v.p

 

Ces opérations régulières d'évacuation et de destruction de camps illicites devraient nous inciter à relire – comme un antidote à l’indignité d'une telle décision -  "Les bijoux de la Castafiore" (1963), cette célèbre BD de Tintin, reporter ... sans frontières.

 

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SAMEDI 2 FEVRIER 2019

Vous souvenez-vous ? Le capitaine Haddock se promène en forêt avec Tintin et découvre, ahuri, un campement de romanichels installé près d'un dépotoir. "Aucun sens de l'hygiène, ces zouaves-là !" grommelle-t-il avant de découvrir que ces gens du voyage étaient contraints par la police de vivre au milieu d'immondices.          

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N'écoutant que son cœur, le marin le plus célèbre au monde après Popeye les invite aussitôt à s'installer près d'une petite rivière, sur une belle pâture, dans le parc de Moulinsart...

 

 

 

... au grand regret de son domestique Nestor - "Ces bohémiens, c'est tout vauriens, chapardeurs et compagnie !" ou encore “Inviter des Romanichels chez soi! C’est de la folie!… Je dis que c’est de la folie!!” -, du chef des gendarmes - "Moi, je vous aurai mis en garde. Il ne faudra vous en prendre qu'à vous-même s'ils vous amènent des ennuis" - et même d'un jeune Rom - "Je les déteste, ces gadjé ! Ils font semblant de nous aider, et dans le fond de leur coeur, ils nous méprisent" -.

 

       

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Lorsque l'émeraude de la Castafiorte disparaît, tout le monde sauf Tintin soupçonne imméditatement les Tizganes.   « Les voilà, les coupables, ça ne fait pas l’ombre d’un doute … Des preuves ?... Nous les trouverons ! Ces gens sont des voleurs !... Ah, ça ne va pas traîner.» déclarent les frères Dupondt. 

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  Malheureusement pour ces détectives diplômés,

 le vol n'a pas été commis par les Roms mais par une pie … 

 

"C'est bien notre chance, concluent nos deux dyslexiques, pour une fois que nous tenions des coupables, il faut qu'ils s'arrangent pour être innocents!".

Le criminel n'est qu'un oiseau, et les Roms ne sont que des boucs émissaires...

Les Romanichels tiennent donc, dans cet album, un rôle de premier plan  : ce sont des coupables idéaux dans le vol des bijoux ! Une leçon sur les préjugés sans doute enfantine mais ô combien efficace - même si, comprenez-moi bien,  Hergé ne rachète en rien les idées prônées dans "Tintin au Congo" -

Bien évidemment, des Roms truands existent … tout comme des truands existent aussi  dans toutes les catégories de population. 

Est-il besoin de stigmatiser toute une communauté en raison des agissements de certains ?

 

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"Est-il besoin de stigmatiser tout mon peuple en raison des agissements de certains ?"

https://livres-interdits.fr/tintin-au-pays-censure/


6 FEVRIER 2019   

"Un pays sans Roms est un pays sans liberté"

(citation rom)

 

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"Et je suis fier d’appartenir à un peuple qui n’a jamais déclaré la guerre

parce que, nous les tziganes, nous n’avons pas eu besoin d’avoir un territoire :

nous n’avons pas éliminé et poussé les autres populations pour nous installer à leur place."


(Alexian Santino Spinelli, Rom)

 

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"Avant que ne viennent la haine et la bagarre, accroche ta caravane et pars !"

 (proverbe manouche)

 


9 FEVRIER 2019  

Bonjour, amis lecteurs, visiteurs occasionnels ou témoins fidèles de l'évolution de ce dessin de fière Rom au visage et au regard aussi impressionnants qu'interpellants, que je vous présente "trait par trait" depuis le 20 janvier, à un rythme de présentation similaire à celui de l'avancement de mon travail.

L'occasion est trop bonne : moi qui ne maîtrise que maladroitement la plume (suffisamment je l'espère que pour vous donner un peu plus envie de revenir voir mon dessin - avouez que ce serait bien monotone si je me contentais de vous en montrer son évolution sans aucune autre forme de commentaire -), je suis en perpétuelle admiration devant un certain Jean, célèbre et talentueux, un certain Jean ... Ferrat ! 

Dans les chansons que voici, quelle maîtrise de la voix, de la mélodie, de la composition, des mots ; quels messages emplis de profond respect envers les Nomades et Tziganes, en cette époque de rejet et d'expulsion des gens du voyage, en cette époque de rejet de gens de tous pays ; et pourtant, ces textes ne datent pas d'hier.

 

 

 

Ils ont habité la roulotte
Les quatre planches qui cahotent
De Saint-Ouen aux Saintes-Maries
Mais ils s’en vont encore d’ici
Les Nomades
Ni la couronne d’oranger
Ni la cheminée de faux marbre
Ne leur mettent racine au pied
Ils ne sont pas comme les arbres
Les Nomades

 
Jean Ferrat,  

Les Nomades,

1961

 

Disparus l’enfant
Voleur de cerceaux
Les chevaux piaffants
De tous leurs naseaux
Disparus les ânes
Avec leurs paniers
Les belles gitanes
Sous les marronniers
En ce temps qui va
Qui va dévorant
On n’a plus le droit
D’être différent

 
Jean Ferrat, 

 Les Derniers tziganes,

1971

   

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L'occasion est trop bonne : moi qui ne maîtrise avec un certain succès que le portemine et le noir et blanc (j'en ai pris mon parti), je suis en perpétuelle admiration devant un autre Vincent, bien plus célèbre et surtout plus talentueux, un certain Vincent ... Van Gogh !  Quelle maîtrise de la couleur et de la composition dans cette œuvre !

 

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Vincent Van Gogh - Les roulottes, campement de bohémiens

Fuyant Paris, Van Gogh gagne le Midi et s’installe à Arles en février 1888. Ebloui par la lumière, il y peint quelques-unes de ses toiles les plus célèbres : Les Tournesols, sa Chambre ou l’Arlésienne.

Pas de temps à perdre. Entre ciel et terre, hommes, femmes, enfants, chevaux s’installent sous la lumière d’août. Perception sur-le-champ, touche pressée, couleurs franches, le campement de gitans est brossé sur le vif.

« Une petite étude d’une halte de forains, voitures rouges et vertes », c’est ce qu’écrit Van Gogh à Théo, son frère et fidèle confident.

Ce tableau est considéré à juste titre comme un des chefs-d’œuvre du peintre.

 

A bientôt, amis lecteurs, visiteurs occasionnels ou témoins fidèles de l'évolution de ce dessin.

Je vous retrouverai mercredi pour vous parler de la musique tzigane que j'aime tant. Plus tard, je vous présenterai la suite du dessin de cette vieille Rom et je vous parlerai davantage d'Antonio Tabucchi et de son "cri de colère".


13 FEVRIER 2019  

J'aurais pu vous parler des guitares du manouche Django Reinhardt, né en 1910 dans une roulotte à Liberchies, dans mon pays de Belgique. J'aurais pu vous parler des doigts de fée, ou plutôt des petites mains d'argent du gitan Manitas de Plata, né lui aussi dans une roulotte, à Sètes en 1921 : bien au-delà de leur communauté tzigane, ils continuent à faire vibrer les cœurs. 

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Ederlezi :

quatre consonnes (la prononciation du r se doit discrète, presqu’inaudible) et quatre voyelles (dont trois e).

Ce mot sonne comme une mélodie.

Ederlezi :

c’est le nom tsigane de la fête de la Saint-Georges chez les Roms des Balkans, la fête du printemps, célébrée le 6 mai.

Ederlezi : ce mot est une mélodie.

Hidirellez : telle est l’origine turque du mot Ederlezi qui désigne les célébrations annonçant le retour du printemps. Les catholiques y ont ajouté la dimension chrétienne du jour de la Saint-Georges (Hagia Georgi pour les Orthodoxes).

Hidirellez revêt une grande importance en Anatolie : le mot lui-même signifie  la renaissance de la nature.  Selon les croyances anatoliennes, il est la combinaison des noms de deux prophètes et amis, Hizir et Ilyas, qui auraient bu l’eau de l’immortalité en se promettant de se revoir à nouveau chaque année - la nuit du 5 mai - pour redonner vie à la nature (Hizir, protecteur des plantes et des gens pauvres, apporte l'abondance et Ilyas, protecteur des eaux et des animaux, redonne la santé).

Ces traditions villageoises se sont répandues jusque dans les villes. La croyance veut que les vœux formulés cette nuit-là seront honorés, que les malades seront soignés et que ce sera la fin des malchances. De nombreux rituels participent à cette fête. Les préparatifs commencent avec le grand ménage de la maison qui doit être propre de fond en comble ; on enfile des vêtements propres et soignés ; on laisse également une fenêtre ouverte afin qu'Hizir puisse entrer et apporter la prospérité dans toute la maisonnée. Certains placent une pièce de monnaie dans un tissu rouge et l'accrochent à une rose ; au matin, cet argent sera remis dans le porte-monnaie, censé apporter l'abondance. De grands pique-niques sont organisés où l'on danse, chante, saute au-dessus du feu jusqu'au matin. On écrit des voeux sur un papier que l'on dépose sur un cours d'eau, on décore également un arbre "Nahil" de toutes sortes d'objets en faisant un voeu. Parfois, un "Georges vert" - un garçon vêtu d’habits verts ornés de feuilles de cette même couleur - devient symbole de sagesse en éloignant le mal : il doit exorciser les animaux, les plantes, les cours d'eau et les bien de la tribu afin de prévenir les maladies.  Il y a encore ce mannequin de feuilles qui, tel un « Georges vert », est jeté dans l'eau pour symboliser la victoire du bien contre le mal.

Ederlezi est aussi une chanson que j'adore depuis des années et dont la paternité est controversée, rendue célèbre pour la première fois en 1988 sur la bande originale du film "Le Temps des Gitans". Elle est parfois présentée comme une chanson traditionnelle tzigane, celle des Gitans, mais elle est généralement attribuée à Goran Bregović : sur sa version, la voix de Vaska Jankovska commence à chanter a cappella son histoire, celle d'un jeune musicien  gitan obligé de rester à l'écart pendant la fête de l'Ederlezi.  Des cuivres puis un choeur mixte viennent ensuite porter la voix pour le reste de la mélodie, largement inspirée des chants et de la musique tziganes.

Le succès de cette chanson, aussi bien à l'étranger que parmi les communautés de Roms, pour qui elle est devenue un traditionnel, presque un hymne, fut à l'époque une surprise. Elle a également fait l'objet de plusieurs reprises (Boban Markovic Orkestar, Ysa Ferrer, Amina, Norig, Kayah,...) et est depuis devenue un hymne pour les nationalistes, bien que Goran Bregović, il faut le souligner, soit opposé à cette mouvance.

 

 

Ederlezi

Sa o Roma babo, E bakren cinen. A me coro, dural besava.
A a daje, amaro dive. Amaro dive erdelezi. Ediwado babo,
amenge bakro. Sa o Roma, daje. E bakren cinen. Eeee.Sa
o Roma, babo babo, Sa o Roma daje. Sa o Roma, babo babo,
Erdelezi. Erdelezi, Sa o Roma Daje. Eeee.Sa o Roma, babo babo,
Sa o Roma daje. Sa o Roma, babo babo, Eeee..Erdelezi, Erdelezi.
Sa o Roma Daje

Traduction française : 
Tous les Roms, papa, sacrifient les moutons mais moi, pauvre tambour,
je dois surveiller de loin. Ah oui, maman, c'est notre fête.
C'est notre fête, Ederlezi… Papa, un mouton pour nous.
Tous les Roms, maman, sacrifient les moutons, et tous les Roms, papa,
Papa, tous les Roms, maman. Tous les Roms, papa, papa
Ederlezi, Ederlezi, tous les Roms, maman.

 

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16 FEVRIER 2019

 "Cette vieille dame au regard scrutateur,

qui devine et juge nos sentiments et nos intentions,

dont les lèvres ont un pli amer et presque méprisant...

Oh ! combien de reproches se lisent sur ce visage parcheminé,

dans le dessin de ses rides profondes et de ses traits douloureux !"

 

Ce touchant commentaire fut écrit à l'époque de la première publication de cet article,

par une fidèle lectrice de mon blog, en 2010, le vingt-trois octobre.

Elle se reconnaîtra, et je l'en remercie encore.

 

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format du dessin

24 x 36 cm

format de la photo originale

12 x 18 cm

 

Comme il y a neuf ans, je ne dissimulerai pas ma joie et mon émotion - certes teintées de tristesse -  en vous montrant enfin, après toutes ces heures et ces heures de travail, cette vieille Rom qui nous défie fièrement du regard. Vous l'avez vue, ou revue naître, grandir trait par trait, détail après détail, sous mes doigts et mes portemines. Parmi tous ces portraits que je dessine, celui-ci est l'en de mes préférés...

 Et j'en viens enfin au titre de cet article, pourquoi ce "cri de colère" ?

PEUPLE ROM

 

Depuis plus de vingt ans, l’écrivain toscan Antonio Tabucchi (né à Pise en 1943),  s’indigne de voir les Tziganes bafoués dans son pays, l’Italie.  

 

« LE MONDE MAGAZINE » - dans son supplément au Monde n° 20408 du 4 septembre 2010 - lui a demandé de réagir à la politique d’expulsions menée à cette époque par le gouvernement français.

 

ROMS LES MAUDITS DE L'EUROPE :

LE CRI DE COLERE D'ANTONIO TABUCCHI

« Ce serait donc de la faute des Tziganes ? »

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Voici quelques extraits choisis de la réaction d'Antonio Tabucchi ...

(...)  Le rapatriement des Roms mis en œuvre de façon si tapageuse, dans un esprit  de propagande, me semble socialement plus nocif que le débat sur l’identité nationale ; et cela non seulement pour la France mais aussi pour l’Europe, parce qu’il est porteur de zizanie sociale. (...) 

(...)  Désigner un bouc émissaire est un vieux réflexe européen. Nul besoin d’avoir une profonde culture pour savoir que le recours au bouc émissaire et le racisme s’allient depuis toujours aux moments les plus difficiles que traverse l’Europe : on commence par stigmatiser le plus pauvre, puis on arrive aux Juifs, aux Arabes, aux homosexuels, aux handicapés, aux démunis, aux intellectuels, aux dissidents politiques. (...) 

(...)  La grande force du racisme est sa banalité. Le raciste, le xénophobe, n’est pas un monstre sorti de notre imaginaire. (...)  Le racisme tend à devenir le point de vue de la majorité et la majorité tend à éliminer naturellement la minorité, parce que (...) le racisme fait croire qu’on ne devient pas criminel, mais qu’on l’est par naissance : est criminel celui qui appartient à une certaine ethnie, indépendamment du délit qu’il a pu commettre. Appartenir à cette catégorie est déjà un délit. (...)

(...)  Est-il possible que l'Europe ait déjà perdu la mémoire de sa honte ? Faut-il rappeler qu'avant-hier, à Auschwitz, furent brûlés entre 500 000 et 700 000 Tziganes (l'estimation est incertaine pour une population en bonne partie privée de carte d'identité) ? Faut-il rappeler les temps les plus sombres que la France a réservés aux gens du voyage ? Faut-il rappeler qu'après la loi de 1912, les Tziganes se sont vu imposer un carnet anthropométrique, qu'ils devaient faire viser dans chaque commune, à leur arrivée et à leur départ ? Faut-il rappeler qu'en octobre 1940, à la demande de l'occupant nazi, le gouvernement de Vichy interna les Tziganes dans des camps de "surveillance" ? Faut-il rappeler le train (billet "offert" aux Tziganes par Pétain) qui, de France, partit pour Auschwitz ? Est-il possible que certains politiciens ne sachent pas que l'ordonnance de déportation de Himmler, en avril 1940, s'appelait "ordonnance de transplantation"?  Les Tziganes constituent un problème ? Evidemment ! La France, l'Italie, l'Europe ont les moyens et les capacités d'affronter de manière sérieuse et décente un problème réel. Qu'elles l'affrontent et le résolvent. (...) 

 

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Si vous souhaitez prendre connaissance de la version complète de l'article,

cliquez sur le logo du magazine :

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 Je vous propose de revenir dans un mois pour un nouveau dessin trait part trait, pas à pas.

PROCHAINE PUBLICATION

REPORTEE A LA MI-AVRIL 2019

Merci de patienter !

 

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18 juillet 2018

Le chef indien Jack Red Cloud "Chief Jack Red Cloud".

Présentation d'un dessin pas à pas

entamée ce lundi 14 mai 2018.

    Une réédition, fidèle dans son ensemble,    

 d'un article présenté en 2012 sur un blog depuis abandonné (voir lien)

  avec quelques remaniements apportés en fonction de récents commentaires ou de nouvelles lectures.  

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 Ultime mise à jour : vendredi 15 juin 2018.

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"Qu'est-ce que la vie ? C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit, c'est le souffle d'un bison en hiver, c'est la petite ombre qui court dans l'herbe et se perd au couchant."

dernières paroles de Crawfoot, 1830-1890, chef indien Blackfoot. (Source, Wikipédia et Paroles indiennes, Ed. Albin Michel 1993, collection Carnets de sagesse.)

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 lundi 14 mai 2018

Dessine-moi un Indien ...

Un jour, un proche me propose gentiment, cartes postales d’Indiens à l'appui : Tu sais, il adore les Indiens.  Voici des photos qui lui appartiennentPeut-être, si l'idée te plaît, réussirais-tu à lui en dessiner un ?
Une idée me vient à l’esprit : secrètement, dessiner un de ces Indiens et lui offrir en surprise...
Ces photos, je les admire longuement, elles sont superbes. Pourtant, elles ne me conviennent pas : vous savez, question modèle de dessin, je suis très exigeant !
André Maurois n'a-t-il pas écrit : Etre exigeant, c'est montrer de l'intérêt.
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 Sans tarder, avec comme seul bagage souris et clavier d'ordinateur,

je pars pour un long voyage virtuel, à l'insu de mes proches, sur la piste des bisons.

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et surtout sur la piste des plus beaux portraits d'Indiens d'Amérique !

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vendredi 18 mai 2018

 

D'emblée, tous ceux que je découvre m'émeuvent et me fascinent... 

Plus encore que par leur beauté plastique, ces photographies prises fin du XIXe siècle et début du XXe siècle par Edward S. Curtis ou Frank A. Rinehart constituent la quintessence du portrait.

Des photographies réalisées dans l'optique de constituer une trace tangible d'un peuple que les colons soutenus par certains Présidents de l'Amérique ont exterminé délibérément.

Des photographies réalisées dans l'ultime but de rassembler pour l'avenir - avec une immense nostalgie - des traces visuelles de la disparition irrémédiable d'une nation entière.

 

Edward S. Curtis (1868 - 1952)

Admirerez-vous autant que moi ces prises de vue d'Edward Sheriff Curtis, le plus célèbre peut-être de tous ces photographes d'un autre temps ? 

Considéré comme ethnologue et anthropologue social des Amérindiens d'Amérique du Nord et de l'Ouest américain, il a, parallèlement à de nombreux écrits, entrepris l'inventaire photographique - sur plaques de verre - des 80 tribus existantes composant une population indienne estimée à plus d'un million d'individus au XVIIIe siècle et aux alentours de quelques dizaines de mille lorsqu'il se lança dans cet honorable travail de mémoire.  On estime qu'il a traversé 125 fois les Etats-Unis pour rassembler, en trente années, 50 000 clichés. Une partie de son travail fut publiée dans une somme de vingt volumes intitulée The North American Indian, comprenant 2500 photographies et 4000 pages de textes.

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EAR CUT EAR

Crow Tribe Chief

CALICO

Oglala Tribe Chief

SITTING BEAR

Arikara Tribe Chief

     
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RED HAWK

Oglala Chief

Apsaroke War Group

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Frank A. Rinehart (1861 - 1928)

On ne peut qu'admirer l'extraordinaire héritage photographique de Frank Albert Rinehart conservé au Haskell Indian Nations University.  En 1898, lors d'un célèbre Congrès indien, cet homme fut chargé de photographier l'événement et les personnalités amérindiennes qui y participaient, produisant ainsi l'une des meilleures documentations photographiques des dirigeants indiens à la fin du XIXe siècle : sans nul doute, les dernières photos de toute beauté que l'on put découvrir avant le déclin du peuple indien.

 

La beauté spectaculaire de ces portraits - réalisés dans un studio pour des raisons d'exposition - réside dans la dignité et la force d'expression de ces visages, ainsi que, techniquement parlant, dans leur tirage au platine produit pour offrir un large éventail de valeurs tonales. 

Après le Congrès, Rinehart parcourt les réserves indiennes deux années durant, dépeignant en photos les chefs de tribus absents à l'événement, tout autant que des aspects de la vie quotidienne et de la culture des peuples indiens.



 

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BROKEN ARM

Oglala Sioux

CHIEF HOLLOW HORN BEAR

Sioux

HIGH BEAR

Sioux

 

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In Summer, Kiowa Tribe Two Little Braves, Sac & Fox

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Dilemme ! 

Parmi tous ces étonnants clichés d'un peuple

si fier et élégant, mais colonisé et décimé,

lequel choisir ?

Et si je m'en remettais à Manitou pour me guider ?

Qui sait : le Grand Esprit me viendra-t-il en aide ?

 

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 mardi 22 mai 2018

Est-ce le hasard qui m'a guidé ? Le destin ? Manitou le Grand Esprit ?

 

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Fin mars : un court séjour dans ma belle-famille autrichienne touche à sa fin. Comme souvent à la veille du retour, je vais faire le plein d'essence. C'est l'occasion d'aller saluer le propriétaire de la seule Tankstelle du village, un copain de longue date (et d'économiser de précieux euros, les carburants sont si chers le long des autoroutes allemandes).

C'est la fin de la journée, pas de voiture en vue derrière moi, la clientèle se raréfie depuis qu' une voie rapide aménagée à flanc de montagne n'incite plus les touristes à traverser le village qui, dès lors, retrouve enfin la quiétude qu'il souhaitait depuis près de trois décennies ... 

Un brin de causette s'improvise, nous parlons de tout et de rien, du passé et de l'avenir, des enfants et des petits-enfants, du bonheur qu'ils procurent, de ses loisirs lorsqu'il en trouve le temps, de ma passion pour le dessin qui me comble : j'explique à Reinhard mon envie de dessiner un Indien d'Amérique et être à la recherche d'une photo qui me conviendrait !

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Tu cherches une photo d'Indien ?  Range ta voiture, suis-moi, les Indiens, c'est ma passion ... Nous passons dans le petit bar qui jouxte sa boutique.  Regarde ces photos au mur, ce calendrier accroché ...  Que des Indiens !  Attends, je possède encore tous ceux des années précédentes.  N'hésite pas, regarde les photos une à une, si tu trouves celle qui te plaira, emporte le calendrier jusqu'à ton prochain retour au Pays !   

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Je ne sais si c'est Manitou, le Grand Esprit qui m'est à ce moment venu en aide, mais je déniche enfin mon Indien !  Le temps de "ein großes Bier ?"  pour fêter dignement l'événement et j'emporte sous le bras un précieux calendrier de 2008, non sans promettre à Reinhard de le lui rapporter lors de ma prochaine visite, afin de ne pas amputer sa précieuse collection.  Accompagnera le précieux calendrier, promis, une reproduction numérique en haute qualité - seul un œil averti percevra les légères différences entre l'original et la copie - du dessin que j'aurai, d'ici là, eu le temps d'achever...

et dont voici les premiers traits. 

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vendredi 25 mai 2018

 Dessine-moi un mouton... », disait le Petit Prince.

Sur l’astéroïde du Petit Prince, minuscule, il suffisait de déplacer un peu sa chaise pour contempler, à volonté, un coucher de soleil. Il n’a eu longtemps pour distraction que leur douceur.

Je peux en admirer, disait-il, jusqu’à quarante-quatre sur une journée.  

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"J'aime bien les couchers de soleil. 

Allons voir un coucher de soleil... "

  

"Tu sais... quand on est tellement triste,

on aime les couchers de soleil... "

 

"Je voudrais voir un coucher de soleil...

Faites-moi plaisir... "

« Dessine-moi un Indien... » : ainsi commence cet article.

Le Petit Prince et mon Chef Indien partagent probablement l’admiration des couchers de soleil.  


Oui, ce Sioux dessiné à l’insu de ce proche, juste pour lui faire plaisir,

cet Indien de la tribu des Oglalas qui orne, majestueux, un mur de son séjour,

ce Chef Indien des Grandes Plaines admirait – comme vous, comme moi –

le spectacle quotidien des couchers de soleil... 

Assurément, il ne les manquait que rarement, du moins, je l'imagine.


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En feuilletant le calendrier, lors de mon premier regard vers ce visage d'Indien, je me souviens avoir admiré sa fierté hautaine, mêlée à une certaine tristesse ; je n’avais que trop peu prêté attention au nom, pourtant illustre.  A ce moment, il m'importait peu.  Mes yeux s'étaient ensuite tournés d'emblée vers le poème "Great Spirit Prayer" imprimé sur le côté gauche de la photo, rédigé en anglais.  Le message qu'il véhicule est une source de sagesse, fondée sur le respect de la nature et la compréhension de "l'Esprit" qui est en toute chose. Voici, en guise d'exemple, un court extrait...

Let me walk in beauty,

Laisse-moi marcher dans la beauté,

And make my eyes ever behold the red and purple sunset. 

 

Et permets que mes yeux contemplent toujours les couchers de soleil rouges et pourpres.

dessin d'indien - 02  

je vous invite à découvrir

la traduction entière de ce poème

"Great Spirit Prayer"

- "Prière du Grand Esprit" -

  en cliquant sur son image.

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dessin d'indien - 02

Lorsque je vis "mon" Indien, vous disais-je, je n’avais que très peu prêté attention à son nom, pourtant illustre. Permettez-moi de ne pas encore vous le dévoiler avec tout le respect qu'il mérite ; pour vous permettre de mieux l'appréhender, je voudrais le situer dans son contexte historique et pour cela, vous conter - brièvement - l'histoire d’un autre Chef Sioux que "mon" Indien a admiré et aimé :

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"Ils nous ont fait beaucoup de promesses, plus que je ne puis me rappeler,

mais ils n'en ont jamais tenu qu'une :

ils avaient promis de prendre notre terre, et ils l'ont prise." 

RED CLOUD (1822-1909) - SIOUX - Chef indien Oglala de la tribu Lakota

 

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drapeau des Sioux 

Les Oglalas (« ils se dispersent » en langue lakota) constituent le plus puissant des sept clans indiens qui forment la branche des Lakotas, elle-même intégrée à la vaste Nation des Sioux, une des tribus indigènes qui peuplaient les grandes plaines et vivaient essentiellement de la chasse au bison. Ce sont eux qui représentent le stéréotype du "peau rouge" tel qu’il est représenté dans l’histoire et les westerns.

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lundi 25 mai 2018

 

A cet instant, vous attendez que je vous parle sans plus tarder de ce Sioux Red Cloud, Chef indien Oglala de la tribu Lakota.

Sachez déjà que les recherches effectuées pour connaître son passé m'ont passionné. Mais avant, permettez-moi, de transcrire ici le commentaire - merveilleusement rédigé - signé par la plume d'Améthyste après la mise à jour précédente. Ses mots illustreront à merveille mon propos de ce jour.


Tandis que vos mines tracent minutieusement, artistiquement, ce visage du Chef indien des Grandes Plaines qui vous inspira, j'ai scruté ses traits où j'ai découvert, en effet, cette "fierté hautaine" dont vous parlez si bien.

Cet Indien, au nom pour l'instant mystérieux, regarde au loin, bien au-delà de sa propre existence. Que voit-il ? L'errance sans fin de sa tribu, ou son enfermement dans une réserve ?

Je me suis tournée vers le Chef indien oglala Red Cloud et j'ai tenté de déchiffrer sur son visage, par-delà sa profonde gravité, toute la douloureuse lucidité blasée de celui à qui incombe la survie d'un peuple, la cruelle lutte d'un Chef contre un devenir inexorable.

Abattue, je me demandais comment ces deux magnifiques Chefs indiens parvenaient à ne pas s'effondrer, lorsque Red Cloud me désigna une ligne de la Prière du Grand Esprit : "Laisse-moi marcher dans la beauté..."

Merci, cher Jean-Claude, pour cette prière (que j'ai recopiée en français et en anglais !), prière intemporelle si belle avec ses mots pleins de fraîcheur dans leur simplicité, prière d'une sagesse infinie...

Améthyste


Red Cloud - son nom lakota : Mahpiya Lutaé - s'affirme, dès l'adolescence, comme un brillant chef de bande, autant par son caractère et son audace que par une bravoure et un courage exceptionnels. Pourtant, il n'est pas issu d'une lignée de chefs : il ne devra son ascension qu'à lui-même, en étendant son influence sur d'autres groupes de guerriers oglalas par son implication dans des guerres tribales et territoriales contre les Pawnees, les Crows, les Utes ou encore les Shoshones.

Les Grandes Plaines - ces prairies qui s'étendaient à perte de vue dans le mid-west - étaient les terres de chasse des Sioux, Cheyennes, Assiniboines, Crows, Blackfoots, Crees, Utes, Shoshones, Mandans, Arikaras, Kiowas, Comanches, Pawnees. Ces tribus d'Indiens nomades, dont les coiffes de plumes et les vêtements décorés de perles sont devenus les symboles même des Indiens d'Amérique, dépendaient entièrement du bison pour leur survie.

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"Bull Buffalo" — une peinture de George Catlin (1845) (source : Wikimedia Commons)

Les bisons étaient alors nombreux (plus de 30 millions) et parcouraient en toute liberté des plaines aux horizons illimités. Tout était utilisé : la viande bien sûr, mais aussi la peau pour confectionner les tipis, des couvertures, des boucliers, des mocassins ou des sacs. Les tendons servaient de fil à coudre et de cordes d'arc. Des cuillères étaient faites avec les cornes et la colle avec les sabots. Rien n'était gâché : jusqu'au crâne qui servait dans les cérémonies religieuses.

Avec l'arrivée des trappeurs, des chasseurs, puis des pionniers et des chercheurs d'or, presque tous les grands troupeaux de bisons furent rapidement décimés. Abattus par centaines de milliers pour leurs peaux, pour le sport - comme l'a illustré William Cody alias Buffalo Bill - voire seulement pour leur langue, mais aussi, et surtout, pour délibérément affaiblir les Indiens, ces massacres mettaient en péril la survie même des Amérindiens.

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"Laisse-moi marcher dans la beauté ..."

Soutenu par le Grand Esprit et jugeant indispensable de protéger les territoires de chasse ancestraux et sacrés de son peuple menacés par l'arrivée massive de tous ces hommes blancs, de tous ces visages pâles, nouveaux ennemis des Indiens, Red Cloud orchestre en 1865 une coalition de Sioux, d'Araphos et de Cheyennes : c'est la première fois dans l'histoire des Plaines que tant de guerriers, plusieurs milliers, sont rassemblés sous le commandement d'un seul chef. Réunis, ils combattent, avec un succès remarquable, l'armée américaine chargée de protéger ses colons, les harcèlent dans tous leurs déplacements, les empêchant de continuer à aménager des forts et d'utiliser la "piste Bozeman", le "Bozeman Trail Corridor", une route tracée à travers le cœur de l'important territoire de chasse des Lakotas et permettant aux convois des hommes blancs de passer du Wyoming au Montana et en Oregon pour gagner la côte pacifique, de nouvelles terres, et surtout... les champs aurifères et les riches mines d'or du Montana, leur but ultime !

 

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caravane de mineurs et de colons sur la piste Bozeman

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Chief Red Cloud organise, avec ses alliés de circonstance,

une guerre d'escarmouche contre les convois de ravitaillement.

Il intercepte les troupes assignées à l'aménagement de cette voie de passage.

Il les retient plusieurs semaines, les assiège.

Il isole les trois fortifications déjà construites dans le but de maintenir la piste ouverte.

Il exige leur abandon.

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Victorieux, il parvient à contraindre Washington de négocier, en avril 1866, un traité interdisant tout convoi et, les termes du traité ne le satisfaisant pas, car il demandait aussi le démantèlement des forts, il refuse de signer. En août, les États-Unis cèdent (ce sera la seule fois où Washington se résoudra à signer un traité comportant des clauses à son désavantage) : ainsi que le stipule le traité de Fort Laramie, signé en 1868, trois forts d'importance stratégique décisive seront abandonnés et incendiés !

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Bien qu'il abandonne la piste Bozeman, le traité abuse pourtant Red Cloud car il inclut d'autres clauses installant les Sioux dans un vaste territoire situé dans la région des Blacks Hills dans le Dakota du Sud, le Wyoming et le Montana, promettant la protection de la population indienne et de sa culture, prévoyant des formations visant le développement de l'agriculture : déjà, un avant-goût de réserve indienne.  

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Les fréquentes violations du traité par les blancs, allant même jusqu'à la saisie de certaines terres promises, obligent Red Cloud et d'autres chefs Sioux - en 1869-1870 - à se rendre à Washington pour présenter leurs doléances et convaincre le Président Grant d'honorer les traités existants en endiguant le flot de mineurs et chercheurs d'or traversant leurs terres sacrées.  A son retour, il préconise aux Indiens la paix et s'établit dans la réserve Red Cloud Agency, dans le Nebraska..

En bas, de gauche à droite,

Sittinf Bull, Red Cloud, Swift Bear.

En haut à droite, Spotted Tail.

Julius Meyer les accompagne

à Omaha, dans le Nebraska,

en route vers Washington DC,

afin de rencontrer le Présiden Grant

et discuter de l'avenir des Black Hills

et de la Nation Sioux.


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Son propre fils Jack Red Cloud, entouré d'autres jeunes guerriers, refuse toutefois d'enterrer la hache de guerre et poursuit la lutte. L'arrivée, en 1874, d'émissaires du gouvernement guidés par le lieutenant-colonel George Armstrong Custer demandant aux Sioux de renoncer à leurs lieux de chasse des Blacks Hills pour pouvoir en toute sécurité aller y prospecter l'or, donne raison aux résistants : les Sioux risquent d'être trahis par la violation annoncée de leurs collines sacrées.

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Debout  de gauche à droite :

Red Bear, Young Man Afraid of his Horse, Good Voice,

Ring Thunder, Iron Crow, White Tail, Young Spotted Tail.

 

Assis de gauche à droite :

Yellow Bear, Jack Red Cloud (fils de Chief Red Cloud),

Big Road, Little Wound, Black Crow ;

circa 1860-1880

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Red Cloud lui-même repousse immédiatement une telle proposition, puis, s'entendant dire que de toute manière on leur en retirerait bientôt le droit, accepte, contre paiement immédiat de l'indemnisation proposée en fusils et en chevaux, et réaffirme les droits des Sioux sur le nord du Nebraska.  D'autres chefs Sioux, tels Crazy Horse ou Sitting Bull, refusent pourtant de se laisser contrôler. La guerre de 1875-1876 commence : Red Cloud n'y participe pas.

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Après la défaite de Custer sur les bords de la Little Bighorn River, le 25 juin 1876 - bataille à laquelle participa Jack Red Cloud, envoyé par Chief Red Cloud, armé de la carabine paternelle et portant sa coiffe de guerrier - , les Américains vont chercher à se venger... Mais de tout cela, je préfère vous en parler un autre jour car je ne résiste pas plus longtemps à l'envie de vous présenter l'étape suivante du dessin de Jack Red Cloud :

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JACK RED CLOUD

unique fils de CHIEF RED CLOUD

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vendredi 1er juin 2018

Si Red Cloud cautionne la participation de son fils à la bataille de Little Bighorn - puisque Jack s'y engage portant la coiffe de guerrier du Chef indien et armé de la carabine de son père -, mon sentiment est qu'il ne capitule pas devant l'ennemi mais se montre tout simplement prudent et surtout ambitieux pour l'avenir de son fils Jack ! 

Pour bien comprendre l'attitude de Red Cloud, il faut que je vous parle de coups et d'honneurs ...

En effet, dans les temps anciens de l'histoire des Indiens, les temps dont je vous parle, la qualité de chef ne se transmettait pas nécessairement de père en fils : Red Cloud lui-même, je vous le disais en début d'article, n’était pas d’une lignée de chefs mais avait été reconnu et choisi comme leader parce qu’il avait courageusement défendu son peuple non seulement contre les ennemis, mais aussi contre l’injustice et l’agression au sein même de sa tribu, les Oglalas. La règle était qu'un Indien ne pouvait prétendre à mériter ce titre de chef s’il n’avait perpétré des coups récompensés par des honneurs, prouvant sa bravoure au cours d’affrontement guerriers, comme capturer un ou plusieurs chevaux d'une tribu rivale, tuer un adversaire et emporter son scalp, ou encore - la façon la plus héroïque entre toutes - s'introduire dans les rangs de l'ennemi à cheval et - entreprise périlleuse s'il en est - toucher un adversaire aux yeux de tous sans pour autant essayer de le blesser ! Quand un homme avait participé à quatre batailles et acquis dans chacune un honneur, il devenait éligible au rang de chef.

Red Cloud est ambitieux pour son fils unique et pour les raisons évoquées ci-dessus, il préfère sans doute jouer un rôle de conseiller plutôt que de guerrier dans cette bataille de Little Bighorn, les 25 et 26 juin 1876, comme dans une autre bataille de  Rosebud Creek survenue quelques jours auparavant, le 17 juin 1876, déjà remportée par les Sioux : Jack y avait - déjà - ardemment combattu.

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En fouillant sur quantité de sites rédigés en anglais voués aux Native American Indians, dans le but de mieux cerner cette période historique décisive pour l'avenir des Indiens, j'ai découvert quatre dessins annotés particulièrement intéressants, bien qu'empreints d'une touchante naïveté. Peints à la gouache, ils sont signés Daniel Long Soldier. Né en 1949, cet artiste est un Sioux oglala lakota né dans la réserve indienne de Pine Ridge (j'en reparlerai) à laquelle ont bien avant lui vécu Red Cloud, sa tribu et ses descendants. Il se plaît à dépeindre les histoires de son peuple telles qu'elles lui furent contées par son grand-père et ses oncles qui tous ont connu Jack Red Cloud et ses coups.

Il nous en raconte une ci-dessous... J'ai tenté de la traduire aussi fidèlement que possible et le jeu m'a beaucoup amusé !

     Alors qu'ils quittaient le camp oglagla, un combat avec les Crows implique le fils de Red Cloud, Jack Red Cloud, alors adolescent, qui avait rejoint d'autres jeunes gens désireux de gagner leurs premiers honneurs au combat. Il porte la coiffe de guerre de son père et est aussi armé de sa célèbre carabine, une long rifle Winchester à levier d'action, modèle 1866, surnommée "Yellow Boy".

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      Les traces de sabots montrent Jack Red Cloud battre en retraite.

     Alors qu'il vivait, adolescent, à la réserve indienne "Red Cloud Agency", c'était pour lui l'occasion de se joindre à une bataille. Soucieux de remporter les honneurs de guerre, Jack Red Cloud attaque seul un groupe de guerriers Crows. Il est à court de balles et bat rapidement en retraite.

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     Les guerriers Crows donnent la chasse à Jack Red Cloud. Le reconnaissant comme le fils du Chef Red Cloud, ils le narguent, se moquent de lui, puis le prennent en cible avec leurs flèches et le fouettent avec leur cravache. Ils lui enlèvent la coiffe de son père, le désarment, puis le font tomber de son cheval.

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     Il est secouru par un guerrier sioux oglala.

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photo originalephoto originale pour dessin d'indien chief jack red cloud    

Jack Red Cloud perpétrera-t-il suffisamment de coups ?

Jack Red Cloud méritera-t-il suffisamment d'honneurs pour être éligible et élu au rang de Chef ?

Que vont devenir Red Cloud et sa tribu des Oglalas ?

Quels seront les prochains détails de mon dessin

qui progresse lentement, trait par trait, pas à pas ?

A toutes ces questions, il y aura réponse ...

    dessin inachevé- Chief Jack Red Cloud -

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mercredi 6 juin 2018

Ainsi, Red Cloud est ambitieux pour son fils. En juin 1876, il ne participe aux importantes batailles de Rosebud Creek ou Little Bighorn, les dernières remportées par les Sioux, qu'en tant que conseiller, mais il incite son fils Jack à s'y illustrer pour y récolter des honneurs : on n'hérite pas du titre de Chef indien, on le mérite...

Red Cloud reste un Chef reconnu par son peuple. Les autorités gouvernementales se méfient de lui car elles lui reconnaissent une grande influence près des siens, qui le respectent et lui restent fidèles depuis ses succès guerriers contre l'armée américaine, contrainte de signer le traité de Fort Laramie aboutissant à l'abandon de trois fortifications le long de la piste Bozeman destinée à protéger les colons et leurs convois sur la route de l'or.

Est-ce pour tout cela qu’en automne 1876, ces autorités gouvernementales cherchent à humilier Red Cloud en proclamant à la tête des Sioux un autre chef plus docile, Spotted Tail, que, l'on s'en doute aisément, les Oglalas fidèles à Red Cloud ne reconnaîtront pas ? D'autres chefs le considèrent même comme traître. En 1881 il meurt assassiné...

Les Américains cherchent alors à se venger et s'en prennent aux tribus des réserves : celle des Lakotas de Red Cloud voit ses armes et ses chevaux confisqués. Plus grave encore : la famine les guette car les troupeaux de bisons sont décimés et les attributions de vivres réduites.

Grande victoire indienne, la bataille de Little Bighorn sonne donc paradoxalement, comme le chant du cygne, la fin de la résistance indienne. La débacle de Custer en fait un martyr pour l'opinion américaine, et le gouvernement ordonne la traque des Sioux. Les plus opiniâtres abandonnent l'un après l'autre la guerre, vaincus par la supériorité en matériel et en armes de l'armée américaine. Sitting Bull fuit vers le Canada, Crazy Horse finit par être abattu, et à l'orée des années 1880, les Indiens sont presque vaincus : il ne reste que quelques résistances isolées.

C'est alors que se met en place le système des réserves créées par l'Etat, où les Indiens - souvent forcés et contraints -, sont véritablement parqués pour être dépendants du bon vouloir des Blancs. En novembre 1877, le gouvernement décide la déportation des Oglalas : Chief Red Cloud, clairvoyant sue l'issue fatale des conflits, négocie avec le gouvernement et accepte de quitter, avec les siens, la vaste réserve du Nebraska pour aller s'établir dans la réserve de Pine Ridge Indian Reservation dans l'actuel Dakota du Sud, où ils sont encore installés, confinés, de nos jours.

   

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Le 29 décembre 1890, l'armée américaine massacre environ 300 Indiens à Wounded Knee. Les débats sont encore nombreux sur les circonstances et le bilan de ce drame. Cet épisode tragique est considéré comme la fin des guerres indiennes, mais il est aussi devenu le symbole des atrocités qui ont marqué les conflits entre les colons blancs et les peuples indigènes. Dans la mémoire des Indiens d'aujourd'hui, cette date est incontournable pour l'affirmation de leur identité, alors que pour les Etats-Unis elle est beaucoup plus occultée.  

 - Chief Jack Red Cloud - 2

A bientôt.

Je poursuivrai cette douloureuse histoire des Indiens, des Sioux, des Oglalas.

Je vous parlerai enfin de la coiffe et des habits, de plus en plus apparents sur mon dessin de

Jack Red Cloud.

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samedi  9 juin 2018

 "Ils nous faisaient beaucoup de promesses, plus que je ne peux me rappeler, mais ils n’en ont jamais tenu qu’une seule ; ils ont promis de prendre nos terres, et ils les ont prises."

Maȟpíya Lúta (Red Cloud - en français Nuage Rouge), chef des Oglalas

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CHIEF RED CLOUD

Atteint de cécité, Red Cloud meurt le 10 décembre 1909.

 

Jusqu'à sa mort, il remplit dignement son rôle de meneur d'hommes, sert d'intermédiaire à son peuple dans les relations difficiles avec les agents de la réserve et le gouvernement et résiste fièrement à la volonté américaine de briser le pouvoir des chefs qu'il considère comme garants du mode de vie traditionnel indien.

 

 

 

A son décès, les Oglalas choisissent son fils Jack pour lui succéder, probablement autant en raison des honneurs de guerre mérités dans sa jeunesse que par respect pour son père. Chief Jack Red Cloud honorera ce tire jusqu'à son décès en 1928. Par la suite, ses descendants continueront à être choisis eux-aussi comme chefs traditionnels des Oglalas.

 

- James Red Cloud, 1928-1960.

- Charles Red Cloud (son frère), 1960-1979.

- Olivier Red Cloud, 1979-2013.

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CHIEF JACK RED CLOUD

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En 1917, les Indiens étaient une ethnie en voie de disparition en raison de son niveau élevé de mortalité. La culture des ancêtres avait en grande partie disparu, les perspectives économiques paraissaient inexistantes. Confrontés à la misère, à un chômage endémique, à l’ennui, à l’alcoolisme, ils ne croyaient plus en l'avenir.

L’entrée en guerre des États-Unis leur apparut comme un moyen de de retrouver une dignité perdue et de ressusciter l’esprit guerrier de leurs ancêtres, jadis symbole d’honneur et de respect au sein des tribus. Selon leur expression, ils "traversèrent la mare" et partirent pour l’Europe.

Les officiers américains rapportèrent que, complètement intégrés au sein de leurs unités, ils se battaient souvent  avec plus de fougue et courage que les autres soldats. Rentrés chez eux, ils avaient la conviction d’avoir gagné "la plus grande de toutes les guerres", après avoir découvert d’autres pays, cultures et styles de vie. Ils maîtrisaient mieux l'anglais et avaient acquis nombre de capacités techniques qui les aidèrent à trouver un travail. Ils avaient aussi rencontré des membres d’autres tribus de différentes régions des États-Unis et réalisé qu’ils avaient des préoccupations communes : ils ne purent dès lors plus concevoir leur identité en termes seulement tribaux et une grande partie des luttes qui allaient être menées au cours de la seconde moitié du XXe siècle par les autochtones pour leurs droits le seraient au nom de la Nation indienne.

Par la suite, la politique de Washington contribua à affirmer le nouvel état d’esprit amorcé au sein de la communauté indienne par la Première Guerre mondiale. En 1934 l’Indian Reorganization Act* étendit les programmes d’éducation aux adultes qui n’avaient pas eu la possibilité d’aller à l’école et mit en place à une large échelle des services de santé, des cours d’anglais, de cuisine, d’hygiène, de couture, d’agriculture et de formation professionnelle en général. Entre 1934 et 1941, 80 000 Indiens furent embauchés dans le cadre d’un programme fédéral et touchèrent souvent pour la première fois de leur vie un salaire. Ils construisirent des barrages, des ponts, des puits, des routes et des voies de chemin de fer.

* Par l'Indian Reorganization Act, l'État fédéral américain mit fin au processus de parcellisation des terres indiennes et reconnut aux tribus indiennes le droit à l'autonomie.

Les progrès accomplis en moins d’une décennie permirent aux Indiens de ressentir, pour la première fois, un sentiment d’inclusion dans la population générale du pays, et de découvrir un concept entièrement nouveau pour eux, celui d’une identité nationale. En témoigne le fait que les Indiens furent 45 000 – souvent volontaires et d’un enthousiasme sidérant - à s’enrôler dans l’armée des États-Unis durant la Deuxième Guerre mondiale : un tiers de tous les hommes valides âgés de 18 à 50 ans, jusqu’à 70 % dans certaines tribus, comme les Sioux et les Navajos, plus d’un dixième de l’ensemble de la population indienne (une proportion bien plus élevée que dans toutes les autres communautés du pays).

Dans leurs motivations à s’enrôler figurait aussi l’appât du gain : l’argent, la solde de l’armée, 60 dollars par mois ou plus si l’on montait au front. Les engagés flairèrent la possibilité de rentrer avec un joli pécule. Lorsque la seconde guerre arriva, beaucoup d’Indiens voyaient déjà dans leur niveau de vie et leurs perspectives d’avenir de notables améliorations. Et quand elle se termina, leur revenu annuel – bien que ne représentant qu’une fraction de celui des Blancs – était trois fois plus élevé qu’en 1941.

Surtout, les Indiens avaient à ce moment-là réalisé que la démocratie était en danger dans le monde. Ils avaient compris que la liberté, cette valeur depuis toujours suprême à leurs yeux, était en jeu, que la défense de leur pays était nécessaire. Ils oublièrent les humiliations, les ressentiments et l’amertume du passé pour faire preuve d’un patriotisme et d’une loyauté extraordinaires envers leur pays. En quittant pour la première fois leurs réserves pour aller travailler dans des usines d’armement, en s’engageant dans la Croix Rouge et les services féminins de l’armée, plus de 40 000 hommes et femmes – en plus des soldats – se mélangèrent pour la première fois aux Blancs, les connurent, les comprirent mieux, se familiarisèrent avec leur culture, leur mode de vie et leurs valeurs, apprirent comment se comporter avec eux, et vice versa.

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Une proportion considérable d’Indiens américains devenaient des Américains indiens. 


- DESSIN D'INDIEN - Chief Jack Red Cloud - 07

CHIEF JACK RED CLOUD a revêtu une magnifique coiffure

en plumes couramment appelées plumes d'aigle royal.

En réalité, elles proviennent du Bald Eagle, le pygargue à tête blanche !

Connaissez-vous mon dessin de Bald Eagle  ?

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La coiffe de plumes était un objet sacré. Les plus communes comportaient 28 à 32 plumes montées en rayon autour d’un bonnet (la queue d’un Bald Eagle ne comporte que 13 plumes). Chaque partie de la coiffe avait une signification qui pouvait être comprise par tous les membres de la tribu. La forme du bonnet avec ses plumes rayonnant autour de la tête du guerrier était le symbole de la grâce divine du Grand Esprit qui rayonne comme le soleil. L'utilisation de plumes de aigle était aussi un symbole : ne vole-t-il pas très haut, près du soleil ? 

Chez les Sioux, les coiffes de guerre, toutes différentes l'une de l'autre, permettaient d'afficher le nombre de coups comptés par le guerrier qui l'arborait, chaque coup donnant droit a des plumes, taillées de façon différente suivant leur nature. Lorsque les coups comptés consistaient par exemple - je vous en ai parlé précédemment dans l'article - à toucher l’ennemi sans être soi-même touché, cet exploit donnait droit à des plumes provenant de la queue d’un aigle mâle. Les chefs de guerre de chaque tribu étaient choisis parmi les guerriers arborant la coiffe la plus prestigieuse puisqu’elle symbolisait l'immense valeur de celui qui la portait. Chez certains indiens parmi les plus réputés, elle pouvait même descendre jusqu’aux pieds.

La coiffe était investie de pouvoirs surnaturels qui protégeaient son porteur lors des combats. Elle faisait également partie de la garde-robe de festivités des personnes distinguées. Enfin, les guerriers qui portaient une coiffe affichaient ainsi leur appartenance à un groupe.

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    Calumet, médaille, veste à franges en peaux et poils ornée de perles et motifs géométriques.

Le calumet sioux typique est un long tuyau ouvragé, décoré de piquants de porc-épic, dont le fourneau est en catlinite, pierre rouge au grain très fin qui, selon la mythologie sioux, était un don du Grand Esprit. 

Le nom de catlinite fut donné à la suite de la visite du peintre américain George Catlin dans les carrières du Minnesota vers 1835. Les Amérindiens utilisaient ces carrières depuis au moins le début du XVe siècle.

Dans cette mythologie, en des temps très anciens, le Grand Esprit, sous la forme d'un oiseau, posé sur une muraille de rocher, fit venir toutes les tribus autour de lui et, brisant un morceau de catlinite, en fit une pipe et la fuma, les volutes de fumée recouvrant toute la multitude. Il dit alors à ses enfants rouges que cette pierre rouge était leur chair, qu'ils étaient nés de cette pierre, qu'ils devaient fumer dans des pipes fabriquées avec cette pierre - car la fumée qui s'en exhalait était leur prière qui montait vers lui - , qu'ils ne devaient utiliser cette pierre que pour leurs pipes, et que comme celle-ci appartenait également à toutes les tribus, ce terrain était sacré, et aucune arme ne devait y être utilisée ou introduite.

Avez-vous remarqué la médaille ?  Pour un chef indien, porter une médaille de la paix à l'effigie d'un Président - ici, Ulysses S. Grant, qui exerça deux mandats successifs de 1869 à 1877 - revêtait une importance primordiale. Les Indiens avaient fait de cet objet - il y avait cinq types de médailles et les plus grandes étaient bien sûr destinées aux plus grands - une marque distinctive des chefs, ceux qui étaient aptes à conduire leur peuple, fut-ce dans la charge suicidaire et désespérée contre des "soldats bleus" chargés de dégager la voie des colons. Grant était respecté chez les Sioux : lors de la défaite du général Custer à Little Big Horn, qui avait provoqué chez les Blancs un grand scandale et une animosité croissante vis-à-vis des Indiens, il avait osé prendre position contre Custer et l'armée et classer l'affaire sans enquête préalable.

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A bientôt, en cours de semaine prochaine, pour une dernière publication,

où je vous présenterai le dessin achevé et entier,

et où il sera question de poésie et de sagesse.

Un au revoir, comme si nous fumions le calumet de la paix,

avant de partir vers d'autres horizons ...

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vendredi 15 juin 2018

 

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Parlons sagesse ...

"Tout ce que fait un Indien, il le fait dans un Cercle"

"Il en est ainsi parce que le Pouvoir de l'Univers opère toujours en cercles et que toute chose tend à être ronde.

Dans les temps anciens, lorsque nous étions un peuple heureux et fort, notre pouvoir nous venait du cercle sacré de la Nation et tant qu'il ne fut pas brisé, notre Peuple a prospéré.

Tout ce que fait le Pouvoir de l'Univers se fait dans un cercle.

Le cercle est rond et j'ai entendu dire que la Terre est ronde comme une balle et que toutes les étoiles le sont aussi.

Le vent, dans sa plus grande puissance, tourbillonne. Les oiseaux font leur nid en rond, car leur religion est la même que la nôtre.

Le soleil s'élève et redescend dans un cercle.

La lune fait de même, et ils sont ronds l'un et l'autre.

Même les saisons, dans leur changement, forment un grand cercle et reviennent toujours où elles étaient.

La vie d'un homme est un cercle d'enfance à enfance, et ainsi en est-il de toute chose où le Pouvoir se meut.

Aussi, nos tentes étaient rondes comme les nids des oiseaux et toujours disposées en cercle, le cercle de la nation, nid fait de nombreux nids où nous couvions nos enfants selon la volonté du Grand Esprit."

                                                                        Elan Noir, Indien sioux oglala

 

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"Les Indiens d'Amérique sont une ancienne civilisation, et leurs perspectives en ces temps anciens étaient tout à fait différentes de celles de nos contemporains. 

Je leur ai enseigné à percevoir le monde en tant qu'un organisme entier. J'ai enseigné aux personnes à respecter chaque vie, leur ai enseigné à vivre et à agir parfaitement sur la Terre, ne dérangeant pas l'harmonie, l'équilibre et la beauté de l'environnement. 

Depuis son enfance, un Indien apprenait à écouter afin de comprendre le monde autour de lui — le Soleil, les étoiles, le vent, la forêt, les rivières, les lacs et les animaux … Les Indiens ont appris à suivre les lois de la nature dans leur vie ; ils ont compris qu'en violant ces lois on cause de la douleur inutile à la vie. Contrairement aux Européens modernes, ils ne se sont pas ‘emprisonnés’ eux-mêmes dans des maisons en pierre, n'étaient pas ‘enchaînés’ par des dogmes au sujet de la structure du monde. 

Les Indiens estimaient qu'ils étaient une partie intégrale de la nature ; leur maison était la forêt illimitée, les montagnes rocheuses, les lacs bleus et les chutes d'eau. L'état de fusion avec la nature était très naturel pour eux. Traversant une rivière sur une pirogue, marchant sur des sentiers en forêt, les Indiens se sentaient un avec le vent, l'eau, les montagnes, les oiseaux… Depuis le jeune âge, ils savaient que le corps n'était qu'un petit fragment dans le monde de la matière, qu'il n'était pas plus important que les pins se balançant dans le vent, que les nuages flottant dans le ciel, que les écureuils gambadant dans les arbres ou les poissons nageant dans les eaux…"

White Eagle (Aigle Blanc)

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Pour prier, ouvre-toi entièrement au ciel, à la terre, au soleil, à la lune,

à la voix totale qui est en toi,

et sache qu’il y a davantage que tu peux voir, entendre, connaître,

sinon dans ces moments qui croissent, forts,

et dans des langues seulement entendues dans d’autres Cercles de Mouvement.

 

Comme l’Aigle ce dimanche matin au-dessus de Salt River,

tournoyant dans le ciel bleu, dans le vent,

balayant nos cœurs de ses ailes sacrées,

nous te voyons, nous voyons et savons

que nous devons prendre d’extrêmes précautions

et être bienveillants en toutes choses.

 

Inspirons, en sachant que nous sommes constitués de tout ceci,

et expirons, en sachant que nous sommes vraiment bénis

parce que nous sommes nés, et mourrons bientôt,

dans un vrai Cercle de Mouvement,

comme l’aigle qui éveille le matin en nous.

 

Nous prions pour qu’il en soit ainsi, dans la beauté,

dans la beauté.

Joy Harjo

 

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Parlons poésie ...

 

Une feuille nous quitte

et c'est l'automne.

Ne frissonne pas.

Cela est l'ordre.

Enclose ici, et verte, en feuille singulière.

Là, dissoute et rendue à l'ouvert.

                          ... Mais le gain ? dis-tu.

Va, demande aux oiseaux,

à l'herbe, aux amants,

qui captait le soleil ?

qui leur chantait le vent ?

qui leur sera printemps.

 

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L'étoile

que le nuage efface continue d'exister.

 

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L'églantine accroche son âme au buisson

et sa candeur nous égratigne.

 

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Oiseaux

qui sur un fil tenez,

de la portée

donnez-nous la mesure.

 

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Vastes vents

qui passez sur nos terres morcelées,

jetez bas nos clôtures.

 

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Lune,

quand ta moitié seule apparaît,

c'est ton entier visage que je sais.

 

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... Ne fut pas cueillie la rose

qui devant ma fenêtre décline.

Sa métamorphose m'était nécessaire.

Et ... tandis qu'à l'extrême, abandonnée,

offerte,

elle va s'effaçant,

lui vient au coeur un fruit,

son fruit.

Empruntant sa sève et son vide,

la Vie continue de passer.

 

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Poèmes de Ghislaine Henry-Yernaux

lus à la messe de ses funérailles, le 18 juillet 2012

 

 

 

HOMMAGE

 

Avant de lire la Prière de Joy Harjo, sa famille l'a confié à l'assemblée :

elle se passionnait pour la spiritualité des Indiens d'Amérique ;

elle avait un jour voyagé là-bas à la rencontre des Navajos, et d'autres tribus.

 

Nul doute :  elle appréciait la Great Spirit Prayer.

Elle savait que tout ce que fait un Indien, il le fait dans un Cercle. 

Elle connaissait la sagesse d'Aigle Blanc.

 

Elle aimait - beaucoup - la nature.

Elle aimait encore prendre sa plume et écrire.

 

Souffrante, des années et des années, puis alitée, sa maison était un peu

son tipi qu'elle ne quittait plus.

(Elle était une épouse aimée, une maman adorée.)

 

Tout cela se ressent à la lecture de ses poèmes, écoutés, lus à la messe de ses funérailles.

Ses poèmes que chacun a précieusement emportés, tel un trésor, à la fin de la cérémonie.

   
 

Merci Chantale, toi son aînée, amie de longue date.

Tu as marqué ton accord, enthousiaste,

pour que les mots de ta maman s'envolent ici, au-delà des frontières, au-delà des nuages ...

 

- DESSIN D'INDIEN - Chief Jack Red Cloud - 09

 

 

 

20 décembre 2017

Satu, berger d'Ethiopie.

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Ce nouvel article, accompagnant un portrait de berger éthiopien jamais publié jusqu'à présent,

est régulièrement mis à jour.

Les sites Internet qui m'ont inspiré seront mentionnés lors de la dernière étape de la publication,

ainsi que le nom du photographe dont je reproduis certaines œuvres.

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Vendredi 22 septembre

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Je me réjouis de vous le présenter...

 

dimanche 24 septembre

à suivre, cet après-midi :

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Les terres semi-arides du Sud éthiopien sont le territoire exclusif du peuple Borana

qui a réussi à dompter cet environnement hostile.

 

Les Boranas, considérés comme issus de la lignée la plus pure et la plus ancienne des peuples d’Éthiopie, a su conserver un mode de vie traditionnel ancestral. Ils sont demeurés d’indéfectibles pasteurs semi-nomades, dépendant exclusivement pour leur subsistance de leurs troupeaux de zébus. La survie d’un bétail si précieux dépend de l’eau et les pousse à creuser d’impressionnants puits atteignant parfois une profondeur de 40 mètres. La technique employée pour l'excavation de ces puits en usage depuis des siècles s'est perdue.

De tels ouvrages témoignent d’une société qui devait être parfaitement organisée, susceptible de mobiliser des ressources humaines importantes. De cette organisation, les Boranas ont conservé un sens aigu de la discipline et de la coopération : le tirage de l’eau s’apparente à un service social auquel tous participent au profit de la communauté.

 

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mercredi 27 septembre

 

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Dans la corne de l’Afrique, au sud de l’Éthiopie, les pluies sont rares – à peine 300 mm par an - et en outre, ne se répartissent que durant une courte saison des pluies. La majeure partie de l’année, il ne pleut jamais ; la sécheresse est interminable ; l’herbe est grillée. Satu, à 66 ans, a toujours vécu au rythme des sécheresses et souffre de leur intensification. Les scientifiques ont observé une hausse de la température de 1,3 °C en 10 ans et une réduction de la pluviométrie de 10 % en 50 ans. Les périodes d’intense sécheresse se répètent de plus en plus souvent.

 

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Face à de telles conditions, confronté à un cruel manque d’eau et d’alimentation pour son bétail, comment Satu peut-il encore réussir à élever son troupeau de 30 vaches ?  Comment peut-il s'adapter ? 

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vendredi 29 septembre

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Le petit troupeau de zébus que Satu, éleveur semi-nomade, possède, est sa principale richesse. Pour leur procurer l’eau dont elles ont besoin tous les deux jours, il parcourt plusieurs kilomètres à pied, deux heures de marche le matin et autant en début d'après-midi pour regagner le village.

En 2007, lors d’une sécheresse exceptionnelle, Satu avait perdu la moitié de ses vaches. Lui et sa famille avec ses sept enfants risquaient de perdre l’unique repas du soir –un bol de lait de vache, mélangé avec du maïs pilé-. Alors, Satu a acheté quelques chameaux, mieux adaptés à la sécheresse, qui lui donnent plus de lait que ses vaches. Il n’en possède pas beaucoup, car ils coûtent trop chers…

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lundi 2 octobre

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Si la saison sèche s’éternise, les niveaux d’eau s’amenuisent. Les tensions sont vives entre les éleveurs, vivant chacun dans une grande précarité. L’enjeu du dérèglement climatique global est crucial, tant pour le bétail que pour les hommes. La femme de Satu rejoint les autres femmes des villages environnants, au puits d’eau potable le plus proche. Ici, plus que partout au monde peut-être, les préoccupations humaines restent les besoins primaires : manger et boire. Le peuple Borana doit s’adapter pour survivre. Ainsi, depuis 2008, Satu et son village cultivent quelques céréales, un peu de maïs, de sorgho, de pois. La voie de la diversification est tracée, même si les rendements sont encore faibles…

 

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jeudi 5 octobre

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Le photographe auteur de ces clichés de Satu donne régulièrement des conférences. Souvent, les participants lui demandent comment ils pourraient aider Satu et sa famille, ainsi que tous les peuples sous-alimentés à travers le monde, victimes du réchauffement climatique.

Sa réponse est simple : "Réduisons ici, dans notre pays, nos propres émissions de gaz à effet de serre, afin de ne pas amplifier la sécheresse là-bas, dans les régions vulnérables du sud ; car aider les personnes les plus vulnérables aux changements climatiques ne peut réussir que grâce à des actes simples et silencieux, ceux du quotidien, ici."

Pour lui, surmonter la faim est le défi le plus réalisable au monde. Il y a suffisamment de nourriture pour tous les humains  et il ne faut aucune révolution scientifique pour combattre ce fléau.

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Dernier rendez-vous ce dimanche 8 octobre,

pour la publication de la photo qui m'a inspiré ce dessin.

(ainsi que la publication du nom du photographe et des sites Internet qui m'ont inspiré)

 

dimanche 8 octobre

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Satu, le berger, une photo de Gaël Derive.

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Ci-après, larges extraits et vidéos copiés sur le site de Gaël Derive (lien) :

Grâce à ses passionnants périples à travers le monde, sous toutes les latitudes - de l'Arctique à l'Amazonie, du Pacifique à l'Himalaya - Gaël est aujourd'hui l'un des grands témoins de l'évolution de l'Homme et de la planète...

"Je suis un expert. Je suis un grand témoin. J'interpelle la conscience de l’humain face à la beauté et la fragilité de la planète Terre. Aujourd'hui, le défi climatique nous impose un nouveau regard sur le développement de l'humanité. Osons le regarder en face, avec pragmatisme et humanisme. A nous d'inventer une nouvelle histoire. Nous en sommes capables. Tout démarre maintenant ..."

Au coeur de la nature

En tant qu'humain, Gaël est convaincu qu'il faut ressentir la beauté de la petite bille bleue terrestre pour percevoir le monde tel qu'il nous entoure. Ainsi, il parcourt la planète sous soutes les latitudes pour retranscrire sa diversité climatique, de la débâcle arctique aux sommets himalayens, des atolls perdus à la forêt amazonienne. L'émerveillement est la premier pas vers le respect.

Un expert scientifique

Docteur ès sciences, Gaël a travaillé au sein des grands organismes scientifiques français (CNRS, INRA, IRD) sur l'étude de la planète (la glace, l'eau, le climat, la biosphère). Son engagement l'a aussi amené à s'impliquer dans le premier Plan Climat d’une agglomération (PCET), celui de Grenoble. Avec son âme de scientifique, la rigueur de ses propos constitue toujours le pilier de son discours.

Un voyageur à hauteur d'homme

L'une des plus grandes richesses de la planète : l'humain. Gaël rencontre les hommes et femmes directement chez eux, dans leur famille, pour partager leur quotidien, les pieds dans les rizières ou sur la banquise. Chaque rencontre sonne comme un témoignage unique, apportant des bouts de réponses précieux. A hauteur d'homme, la situation humaine et planétaire se dévoile plus facilement.

 

 

 

 

L'une des plus grandes richesses de la planète : l'humain. Gaël rencontre les hommes et femmes directement chez eux, dans leur famille, pour partager leur quotidien, les pieds dans les rizières ou sur la banquise. Chaque rencontre sonne comme un témoignage unique, apportant des bouts de réponses précieux. A hauteur d'homme, la situation humaine et planétaire se dévoile plus facilement.

 

 

Si vous souhaitez approfondir le sujet, et découvrir plus encore Gaël Derive , je vous conseille aussi :

http://www.lr2l.fr/actualites/habiter-la-terre-avec-le-cl...

http://www.grands-reportages.com/tv-gael-derive-planete-c...

http://boutique.terrevivante.org/librairie/interview/aute...

https://fr-fr.facebook.com/gderive/

https://www.youtube.com/watch?v=rx75HeNBXK0

http://biosphere.blog.lemonde.fr/2015/02/26/nous-aurions-...

 

 

15 décembre 2017

Aubade sous la fenêtre (à Tilcara, en Argentine).

Ce dessin pas à pas, ainsi que l'article qui l'accompagne, 

sont à présent achevés.

 

Ne manquez pas la dernière mise à jour, en bas de page !!!

 

La date de la prochaine parution d'article sera annoncée à la mi-septembre.

 

Je vous remercie pour votre fidélité.

 

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Mardi 15 août 2017

Lors de la première publication de ce dessin en 2010,

sur un autre blog progressivement sauvegardé ici, complété par de nouvelles publications,

dans les premiers mots du texte l'accompagnant,

j'écrivais que ce dessin promettait d'être bien ... cadenassé !

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Autant vous prévenir d'emblée ! Il ne s'agit pas d'un dessin de cadenas d'amour !

  (voyez à ce sujet la note publiée, en cliquant sur ce lien.)

 

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Jeudi 17 août 2017

Sur mon dessin, pas la moindre inscription,

et un cadenas – vous l’aviez remarqué -, qui ne ferme rien !

 

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Aujourd’hui, je vous propose un élément déterminant de mon dessin :

une main vieille et ridée …

Pour la suite, permettez-moi de laisser libre cours à votre imagination !  

 

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crayon%20anim%C3%A9.gifSamedi 19 août 2017

Tous les deux jours, je vous présenterai l'une à la suite de l'autre les étapes évolutives de ce dessin qui prend vie, ce dessin de cadenas, ce dessin de main ridée.

Sans plus attendre, voici l'étape de ce jour :

 

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... deux mains appuyées sur un montant de bois ...

... les détails du gilet tout en dentelle ...

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Lundi 21 août 2017 

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.... un oeil ridé, un dos courbé, un torse appuyé ...

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Mercredi 17 août 2017

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... l'esquisse des lèvres, de ses commissures ...

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Vendredi 25 août 2017

cadenas d'amour - 9 -

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... la bouche d'une dame sans doute âgée ...

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Mais, que regarde-t-elle avec autant d'attention, d'intérêt, d'insistance ?

 Ne manquez pas de revenir dans deux jours, pour quelques éléments de réponse.

 

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Dimanche 27 août 2017

cadenas d'amour - 12 -

Que penser de ce regard ?

Est-il troublant ? Critique ? Inquisiteur ? Ou simplement … égaré ?

Arrivé à cette étape du dessin sur mon précédent blog OB, je demandai à mes quelques lecteurs d’imaginer ce que pense cette vieille dame, ce qu’elle regarde avec curiosité, avec une apparente extrême attention …

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Tantôt sérieux, tantôt humoristiques, voici ce qu'ils imaginaient : 

- Ce pourrait être la mère Michel qui a perdu son chat et crie à la fenêtre à qui le lui rendra !  D’ailleurs, qui sait ce que la mère Michel regardait vraiment !

- Ces mains paraissent porter moins d'années que l'aperçu de son visage...

- Contrairement à sa bouche édentée, son œil est éclatant !

- Cette dame âgée, sauf le respect que l’on lui doit, aurait peut-être été un rapace dans une vie antérieure avec son nez fortement charpenté, ses yeux vivaces ?  C’est vers d'autres horizons que se dirige sa pensée. On la verrait bien s'envoler avec des compagnons ailés ... Ce sont eux qu'elle guette.

- Cette femme a vu la réalité extérieure bien en face !

- Et si c’était la sorcière de Blanche-Neige ?

- Elle regarde, confiante, un événement insolite qui se passe devant chez elle, quelque chose qui a l'air de lui faire plaisir, peut-être des gens qui participent à une manif ?

 

Sachez que je n'ai pas reproduit ici le plus beau, le plus poétique, signé Aurore,

celui que j'avais préféré pour accompagner le dessin

à sa première (et dernière, car il avait été acheté !) exposition publique !

Je le garde pour le dernier jour de la présentation, pas à pas, de ce dessin.


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 Mardi 29 août 2017

 
Que regarde-t-elle, avec curiosité, tête, épaule et mains hors de cette lucarne ?

Qui est-elle ?

Les cheveux manquent encore... Les voici, quelque peu !

De quoi mieux appréhender le visage de cette vieille dame !

 

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 Jeudi 31 août 2017 

 

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Qui est-elle ?

Cette vieille dame parle le Quechua et vit à Tilcara, un petit village dont le nom pourrait signifier étoile filante, perdu dans la province de Jujuy, en Argentine, à 2 465 mètres d’altitude, un petit village dans la Quebrada de Humahuaca (un profond canyon) déclaré Patrimoine Culturel et Naturel de l’Humanité depuis 2003, ceci tant pour ses splendides paysages que pour les nombreux villages et cités qui abritent nombre de vestiges précolombiens et coloniaux, tels ceux de la culture Omaguaca conservée quasi intacte.

Mais que regarde-t-elle ?

Un merveilleux commentaire d'Aurore, de 2010, en guise de réponse, samedi matin !

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Samedi 1er septembre : fin !

Un fidèle ami d'enfance est venu lui donner l'aubade !

Il est suivi par une longue file de mulets chargés de fleurs séchées

(dame ! depuis tant d'années...)

timidement cueillies et conservées tout au long de sa vie.

Ce matin, le vieillard s'est dit :

"Il est temps de déclarer ma flamme à ma belle"...

 Aurore

 

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Mille Mercis encore, Aurore - son blog n'existe plus - ,

pour ce merveilleux commentaire reçu en 2010.

(lors de la première publication de ce dessin sur mon précédent blog, aujourd'hui à l'abandon)