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08 mai 2016

L'Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz, une étrange chapelle espagnole...

- une présentation progressive de dessin - 

- ultime mise à jour ce samedi 16 avril -

- prochain dessin fin du mois de mai -

 

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DIMANCHE 3 AVRIL 2016

Chers lectrices, chers lecteurs, si vous saviez comme j'ai hâte de montrer à nouveau - cette fois sur ce blog hébergé par Hautetfort,- un dessin déjà proposé il y a près de sept ans sur mon précédent blog, dont les plus fidèles d'entre vous se souviendront peut-être !

C'est vers une chapelle espagnole que mes mines et moi-même vous emmenons...

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Au hasard de mes fréquentes pérégrinations sur l'internet à la recherche de photos susceptibles de susciter un dessin au portemine, j'avais découvert, un jour de 2008, par le plus grand des hasards, un surprenant édifice religieux. 

 

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Sans hésiter, j’avais préparé mes portemines et une grande feuille de papier, pris mes repères et tracé les premiers traits. En sélectionnant cette photo, j’étais convaincu d’avoir réalisé un bon choix. Par la suite, je n'avais pas désenchanté. Au fur et à mesure de l’avancement du dessin de cette étonnante bâtisse, je pressentais qu’elle disposait d'une valeur architecturale certaine, sans toutefois en savoir davantage...

J'avais bien vite découvert que cette chapelle est située en Espagne, dans la Communauté valencienne, une des dix-sept communautés autonomes d'Espagne (Comunidad autónoma), dont le castillan, langue nationale, est la langue principale. Elle porte le nom aussi long que charmant de "Ermita de la Nuestra Señora de la Huerta de Ademuz" ou encore "Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz". Dès le premier regard, ses proportions inhabituelles m'avaient surpris et séduit. 

Regardez ce large porche d'entrée et cette toiture supportée par deux colonnes : ne sont-elles pas étonnantes, disproportionnées même, comparées à l'ensemble de la bâtisse, à la petite et vieille porte en bois surmontée d’un majestueux demi-arc de cercle sur lequel quelques inscriptions sont encore visibles ?

 

          
 
La courbe de cette toiture qui semble s'affaisser me surprend tout autant...  Est-elle délibérée, ou au contraire la conséquence des outrages du temps ? 
Et j'aime beaucoup ces vieilles tuiles romaines antiques, qui me rappellent celles, souvent observées, de ces régions du sud souvent visitées, comme la Provence, la Toscane ou l'Ombrie...
Quel bonheur aussi de représenter tous les détails de la maçonnerie, ces tuiles savamment posées l'une sur l'autre, et cette porte étonnante...
 
                             
 
 
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MARDI 5 AVRIL 2016
 
Ce clocher aux cloches envolées, dominant à peine le portail d'entrée, je le trouve tout simplement ravissant.  On y aperçoit, creusés dans la pierre, leurs trous d'ancrage et des traces circulaires, sans doute le souvenir du régulier frottement de l'une d'entre elles. Sous ce clocher au côté droit du parvis de l'Ermita, les murs de pierre bien conservés, restaurés même, attestent de récents efforts de rénovation. 
 
          
 
Par contre, le mur du côté gauche recouvert de ciment en décrépitude attend probablement une bienvenue rénovation. Quant au dôme bombé à quatre faces, il est tout simplement... magnifique !
 
            
 
Cet autre dôme moins bombé et plus pointu, à droite et à l'arrière de la chapelle, rend à mes yeux l'ensemble architectural plus beau.  Je me demande à quelle partie de la chapelle il correspond ?  En observant attentivement la photo proposée en début d'article, j'ai l'impression que le chœur est construit sous l'autre dôme...
 
               

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JEUDI 7 AVRIL 2016

Vous souvenez-vous de ces quelques mots du début d'article "Je pressentais qu’elle disposait d'une valeur architecturale certaine" : vous imaginez certainement mon envie de découvrir l'origine et la valeur historique de cette Ermita !

D'emblée, lors de mes premières recherches, je suis confronté à une difficulté majeure : je ne récolte que peu de renseignements rédigés en langue française. Les sites rencontrés sont écrits en castillan (la langue officielle espagnole) ou parfois catalan : trop tard pour apprendre ces langues ! La fonction de traduction automatique disponible sur Google n'est pas toujours suffisamment performante pour oser entièrement s'y fier...  Alors, je me débrouille en parallèle avec un site de traduction en ligne et - puisque les langues que je compare sont chacune romanes - avec une bonne dose de réflexion et d'analyse des mots et phrases...

                                                    

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Un an plus tard, dans mon précédent blog, je présente le dessin.  Arrivé à cette étape de son avancement et de l'article qui l'accompagne, un commentaire inattendu, extraordinaire - signé Isabel López - s'affiche sur mon écran à la suite de l'article.  Je le reproduis tel quel ci-dessous...

Un hasard, je viens d'ouvrir votre blog, j'ai vu vos dessins et qu'est ce que je vois? La ermita de la Virgen de la Huerta, à 4 Km. du village oú j'habite. C'est pas fou??
Comme vous pourrez voir dans la wikipedia, cette église est située à "el Rincón de Ademuz", région naturel (comarque) dans la province de Valencia. Le vrai nom est en castellano "Nuestra Señora de la Huerta" ou "Virgen de la Huerta", parce que nous sommes castellanophones. Nous sommes trés proches a l'autonomie d'Aragón, à 30 Km. de Teruel, un enclave de Valencia entre les provinces de Teruel et Cuenca. Une sorte d'île, administrativement, parce que la culture ne connais pas les frontiéres. Avec la surprise j'oublié de vous dire que vos dessins sont trés beaux, merveilleux, je vous admire et félicite. Je vais vous envoyer des photos de nôtre region, si pauvre, si perdue, si belle et presque vide, il ne reste que la Nature, quelques vieux et très peux d'idéalistes. Je vais suivre la suite de votre travail. Saludos et vive le hasard !!!
Isabel López

Voici les links :
http://es.wikipedia.org/wiki/Ermita_de_Nuestra_Se%C3%B1or...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ademuz

J'écarquille les yeux : une dame a donc découvert, par un heureux hasard, mon dessin de cette chapelle qu'elle connaît très bien, puisqu'elle habite à proximité, à quatre kilomètres précisément ! Je lis et relis le reste du commentaire. Tout en me communiquant quelques renseignements géographiques fort intéressants, elle m'apporte d'emblée les précisions nécessaires qui me permettent de dénommer parfaitement cette Ermita. 

Ce serait passionnant, si elle acceptait de m'aider pour améliorer la suite de l'article !

                     

 

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SAMEDI 9 AVRIL 2016

Une passionnante collaboration permet la préparation de la suite de l'article, supervisée, critiquée, précisée, corrigée puis amendée par Isabel.  Un plaisir pour elle, si j'en juge par ses compétences : à ce moment en 2009, elle est responsable d'une ADL (agence de développement locale), ainsi que du Centre internet et du Point Info Tourisme du village. Je suis heureux de vous présenter le fruit de cette passionnante collaboration.

Que signifie ce nom Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz ?

De découverte en découverte, d'explication en explication, je découvre que cet édifice religieux est aussi appelé, dans certains documents écrits en catalan, Ermita de la Mare de Déu de l'Horta d'Ademús. La Mare de Déu se traduit aisément, vous l'aviez imaginé, par la Mère de Dieu. On lit encore en castillan Ermita de Nostra Señora c’est-à-dire l’ermitage de Notre-Dame. Ces dénominations varient donc en fonction de la langue. 

Une ermita signifie un ermitage : une simple chapelle, généralement exiguë, isolée dans la campagne, retirée loin des autres habitations et permettant une retraite pieuse et spirituelle.

Voici un cliché de l'Ermita pris à la fin du XIXe siècle, témoignant de son environnement de l'époque. Elle possède clairement les caractéristiques évoquées. Les plus attentifs auront observé que la porte d'entrée est obstruée par un tas de bois peut-être, ou plutôt un buisson ? Cette chapelle paraît abandonnée, comparée à la photo plus récente qui a servi de modèle à mon dessin.

Une Huerta est une zone agricole partagée en portions de terrain où l'on cultive fruits et légumes. De nombreux paysans en vivent ; les parcelles sont rentabilisées au mieux. Ces productions reposent également sur une bonne irrigation, climat oblige, très réglementée à cause des insuffisances en eau en certaines périodes.

La Huerta de Ademuz (horta en catalan, huerta en castillan) est une comarque espagnole de la Province de Valence. Qu’est-ce qu’une comarque ?  Ce terme "comarca" utilisé dans la péninsule ibérique (et en France avec les "comarques" dans les Pyrénées-Orientales) pourrait se traduire par contrée : il correspond plus ou moins à la notion de pays ou de région naturelle en France.

 

Une parenthèse historico-géographique s'impose. Depuis 1833, L’Espagne est partagée en 50 provinces qui forment l'essentiel de son territoire. Ces provinces, avant la Constitution espagnole de 1978, n'avaient pas de pouvoir, l'Etat étant centralisé. Depuis 1978, l'Espagne est décentralisée et structurée en 17 communautés autonomes, chacune composée d'une ou plusieurs provinces. La Constitution établit quels sont les pouvoirs respectifs de ces communautés (qui jouissent d'une assez large autonomie), selon qu'elles appartiennent essentiellement à l'Etat ou qu'elles soient partagées.

"Rincón de Ademuz" est une comarque de la Province de Valence située dans la Communauté valencienne - une des 17 communautés, Ademuz étant son centre administratif - qui reconnaît deux langues officielles, le castillan et le valencien, mais pas le catalan. Même si la plupart des mots sont identiques dans ces deux dernières langues citées, à Valence on parle le  "valencià" (en valencien) ou "valenciano" (en castillan). Dans la région de Rincón de Ademuz, 100 km à la ronde, le valencien n'est pas pratiqué, bien qu'il soit enseigné à l'école et que ce soit la langue officielle prônée par le gouvernement autonome. On y parle le castillan.

 
LES 50 PROVINCES
 
 

L’Espagne comprend 50 provinces qui forment l'essentiel de son territoire.

 

 

 

 

Ci-contre, la carte de ces provinces, avec la minuscule enclave "Rincón de Ademuz" appartenant à la Province de Valence, indiquée par des flèches sur la carte ci-dessous.

 LES 17 COMMUNAUTES

La comarque "Rincón de Ademuz" est séparée de son territoire principal et enclavée entre Castille la Manche et Aragon, deux autres communautés espagnoles.  La langue parlée est majoritairement le castillan.



 
 

L' "Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz" appartient donc à la Communauté valencienne dans laquelle la langue principale, parlée par 74% de la population, est le castillan.
              

Avant de vous quitter ce jour, je voudrais encore vous présenter deux étonnantes photos, glanées sur l'Internet, de l'Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz : je m'aperçois que je ne suis pas le seul à avoir eu un "coup de foudre"pour cette superbe autant qu'étrange Ermita !

photo by Tony Duarte (Flickr)

 

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photo by Rosa Dia Del Camp (Flickr)

 

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LUNDI 11 AVRIL 2016

Cet édifice médiéval du XIVe siècle, construit selon les caractéristiques propres au siècle précédent et en partie transformé ultérieurement, est considéré comme un joyau du patrimoine artistique de Valence. Selon la tradition, c’est Jacques Ier dit le Conquérant (en castillan : Jaime I El Conquistador), né à Montpellier(1208-1276), qui fit ériger la chapelle initiale au cours de son règne. Sa situation privilégiée sur les rives de la rivière Túria et le long d’une ancienne voie de communication va progressivement faire de ce lieu un sanctuaire d’une grande popularité.

Il ne me reste plus qu'à pousser le portail d'entrée : l'intérieur, paraît-il, n'est pas dépourvu d'intérêt. Je ne suis pas déçu : que de découvertes...

 

                                                    

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Isabel m'a envoyé une série de photos personnelles accompagnées d'explications écrites : plusieurs vues sous différents angles, gros plan sur le portail, dépassements de tuiles, divers détails de façade, et aussi, cerise sur le gâteau, clichés multiples pris à l'intérieur de l'édifice.

Cette Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz me passionne depuis que je l'ai découverte, vous l'aurez compris si vous suivez cet article que je lui consacre. En début d'article, j'avais écrit : "Regardez ce large parvis supporté par deux colonnes de pierre. N'est-il pas étonnant, disproportionné par rapport à la petite et vieille porte en bois surmontée d’un majestueux demi-arc de cercle sur lequel quelques inscriptions sont encore visibles..."

Regardez, apercevez-vous ces lettres en partie disparues ?

Vous êtes un peu loin, n'est-ce pas.  Approchez-vous... un peu plus encore...

Cette porte d’entrée de tradition romane est protégée par un portique soutenu par deux larges colonnes toscanes.  Elle offre à notre vue ce détail très intéressant, l'inscription qui nous occupe ce jour, en partie effacée au cours du temps, d’une phrase du Coran (psaume V,8) traduite en caractères hébraïques. Voici sa traduction en catalan suivie de la traduction française.

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Mes jo, per l'abundància de la teva gràcia, entraré a casa teva,

em postraré en el teu Temple Sant, en el teu amor.

Image du Blog ypjane.centerblog.netMais moi, par l'abondance de ta Grâce, j'entrerai dans ta maison

et je me prosternerai dans ton Temple Saint, dans ton amour.

Image du Blog ypjane.centerblog.net

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MERCREDI 13 AVRIL 2016

Parmi les photos qu'Isabel m'a envoyées, accompagnées de commentaires et explications, j'ai choisi de vous montrer celle de la porte d'entrée vue de face, avec ces inscriptions en partie encore  intactes : Isabel nous a ouvert l'un des battants pour notre visite guidée...

© Concha Tormo

 

   
Entrons dans cette "Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz". Découvrons l'intérieur de cet étonnant édifice moyenâgeux.
La lecture d'extraits du livre "Ademuz y su patrimonio histórico-artístico" écrit par Raúl Eslava Blasca, proposé en format PDF sur internet, nous a permis de préparer la visite guidée qui suit...

     
Sans conteste, cette Ermita de Ademuz est, parmi les œuvres architecturales qui ont survécu au fil des siècles dans ces terres du nord-est de l’Espagne, celle qui brille le plus par sa singularité et son état surprenant de conservation, bien qu’elle fut longtemps négligée au cours des siècles précédents. De facture romane, c’est le bijou le plus remarquable du patrimoine artistique de la Communauté valencienne et un bâtiment d’une grande valeur, historique par ses origines du Moyen Âge d’une part, religieuse et sentimentale d’autre part grâce à l’attrait qu’elle inspire aux touristes et pèlerins qui la visitent et y prient. 

Malgré cette importance, l'édifice était pourtant peu étudié par les historiens de l’art jusqu’en 1996. Depuis, heureusement, le niveau des connaissances de la richesse historique du bâtiment a sensiblement été accru par les recherches de Raúl Eslava Blasco et d'utiles restaurations ont été effectuées.
 
Cette ermita répond à un modèle de typologie architecturale bien défini appelé "iglesias de conquista", que l’on pourrait traduire par "église de conquête" (destinée à développer le culte du christianisme dans les nouvelles terres conquises par l'Islam).
Construite à l’origine sur un plan rectangulaire, elle bénéficie d’une toiture en bois, reposant sur six arcs gothiques disposés longitudinalement et sur des piliers massifs, créant ainsi une nef centrale deux fois plus large que les deux latérales ; on peut aussi y admirer un jubé et un chœur avec balustrades en bois.
             

 
     
         
   

 
Cette construction originale du XIIIe siècle a donc subi, tout au long de son histoire, divers agrandissements, en accord avec les nouvelles modes et les goûts architecturaux des époques qui ont suivi sa conception. Ainsi, deux chapelles collatérales au sanctuaire ont été ajoutées fin du XVIe siècle et redécorées au siècle suivant.
 
J'aime beaucoup cette charmante coupole octogonale ornée d'une décoration picturale certes endommagée, mais digne d'intérêt : très lumineuse, construite sur pechina*, elle est le résultat d'un agrandissement profond du sanctuaire en pleine époque baroque et terminé en 1673.
* pechina

("una pechina", c’est un triangle curvilinéaire, soutenant une coupole

et permettant de passer d’un plan carré à un autre circulaire.)

 

La chapelle St-Antoine de Padoue (Sant Antoni de Pàdua) (1673), adossée au mur sud de la  construction initiale, a constitué le dernier ajout à l'ermitage médiéval. 

Bien qu'elle ait été
érigée au XVIIe siècle, elle reproduit en grande partie la conception spatiale du sanctuaire puisque son plan est similaire et se compose également d'une coupole sur pechina.
         

Cette chapelle est bien visible sur la photo ci-dessous, à droite et à l’arrière de l’Ermita, qui me permet de trouver l’explication de ce dôme pointu mais légèrement bombé situé du côté droit et qui m’intriguait lorsque je le dessinai.
 
 
                  

 

 

A l’intérieur de l’Ermita, des pilastres d'ordre corinthien soutiennent des décorations picturales de moindre qualité, avec des motifs floraux, de vases blancs ou d’angelots sur un fond rose.

Datant pour la plupart du XIXe siècle, ces frises furent peintes dans le style élisabéthain, tout comme ces rubans rouges et les encadrements floraux sur les espaces plats sous la coupole et les mur
s.

 
     
 
     
 

Il reste cependant quelques fragments de peintures originales, possiblement médiévales, qui affleurent au-dessous des plafonnages décoratifs modernes et permettent aux experts de bien évaluer la construction comme étant d'époque romane.

   
 

 
La visite vous plaît-elle ?  Je vous invite, dès ce vendredi 15 avril, à la poursuivre, avec la présentation d'autres richesses artistiques de cette Ermita.
 
Image du Blog ypjane.centerblog.net

VENDREDI 15 AVRIL 2016

Poursuivre cette visite..., disais-je il y a deux jours ; et l'achever, bientôt !
 
Mes lectures m'ont aussi appris que cette chapelle abritait sous son toit un grand et magnifique retable du XVIIe siècle nommé  "Retable de Saint Jean Baptiste" (Retablo de San Juan Bautista). Ce chef-d’œuvre aurait été réalisé en 1681 et est malheureusement introuvable depuis 1930. Il n'en subsiste que des photos...
 
A l'origine simple meuble de bois ou de pierre dont la fonction semblait surtout utilitaire (en quelque sorte, des gradins destinés à recevoir des objets liturgiques), un retable est une construction verticale, en arrière de la table d'autel, portant des décors sculptés ou peints et ayant plutôt une dimension décorative liée à la fonction religieuse.
Si on le rencontre
à partir du Moyen Âge, c'est aux 17e et 18e siècles qu'il prend de l'importance, en devenant une véritable œuvre d'art. Son iconographie évoque essentiellement la vie du Christ, de la Vierge et des Saints.
 
 
Retablo de San Juan Bautista. Círculo del Maestro de Perea. Ermita de Nuestra Señora de la Huerta. Ademuz.

Photo :  Arxiu Mas, 1932

Le "Retable de Saint Jean Baptiste" n'échappe pas à la tradition et présente parmi d'autres sujets l’Annonciation de l’Archange Gabriel, Saint Jean l’Évangéliste, la Vierge des Douleurs, Sainte Barbara, Sainte Lucie, etc. Il semble qu'à l'époque des quatre prises de vue que je vous en propose, le curé de la localité ait décidé de déplacer retable, peintures et autres objets de valeur, de l'ermita moyenâgeuse à l'église paroissiale. Depuis, toute trace de cette œuvre a disparu.
 
 

"San Miguel"

Photo : Arxiu Mas, 1932

     

  

"Virgen de la Humildad"

Dios Padre y Anunciación en los guardapolvos.

Photo : Arxiu Mas, 1932

 



"San Sebastián"

Photo : Arxiu Mas, 1932


Pour le plus grand bonheur des historiens, l’Ermita abrite encore sous son toit deux autres œuvres artistiques historiquement intéressantes. 

La chapelle a conservé jusqu’à nos jours une peinture sur bois de "la Vierge au Lait", un tableau de l'école valencienne du XVe siècle attribué à Reixach. Je ne puis malheureusement vous en montrer une photo. 

Par contre, l'on peut encore admirer ici-contre, peinte sur un pilastre, l’effigie de Marie Madeleine (La figura de María Magdalena).
                                            
 
Déjà, depuis quelques décennies, quelques fragments de cette peinture murale restaient apparents et laissaient présager d’une œuvre d’origine ancienne, qui fut par la suite révélée par des méthodes peu orthodoxes, à coups de marteau égriseur, au temps de la construction de l' (horrible) institut d'enseignement secondaire limitrophe.
 


 
Peut-être animé par la découverte, l'auteur anonyme de cette maladroite restauration a ensuite essayé d'enlever la couche de plâtre à base de gypse présente à divers endroits des arcs gothiques, avec l'envie évidente de trouver de nouvelles peintures.

Cette intervention agressive a certes abîmé certaines œuvres picturales anciennes. Cependant, comme il n'existe pas mal qui par bien ne finisse, l'action a mis en évidence qu'une série de peintures murales ornaient - par le passé - l'Ermita, quelques fragments de ces  décorations étant déjà devinés dans certaines zones ; ces peintures, nous le verrons plus loin, sont aujourd'hui considérées de grande valeur, à cause de leur caractère ancien et parce qu’elles comptent parmi les exemples  - peu abondants en ce domaine - conservés dans la Communauté valencienne.

    
   
    
Cette effigie de la première moitié du XVe siècle a fait l'objet d'une minutieuse restauration. Peinte sur un fond pâle gris bleuté, elle se trouve encadrée dans sa partie supérieure par une fine décoration crénelée dans des tons vivants orangés et ocre : une architecture succincte en manière de dais, qui évoque le lieu  d'origine de la sainte représentée, Magdala, ville fortifiée de Galilée avec à cette époque vingt mille habitants. Enfin, aucun doute n’est possible quant à l’attribution de cette effigie à Marie Madeleine, car  la composition picturale reste couronnée d'une inscription en lettres gothiques noires...

Une Madeleine

De forme élancée, parée d’une tunique d’un rouge criard, estampée de motifs floraux blancs, elle présente un beau visage ovale entouré de très longs cheveux blonds qui se prolongent des deux côtés du corps jusqu’à hauteur des genoux. Un fin collier de perles rouges et noires enserre le cou : avec les vêtements riches et la longue chevelure, il symbolise la vanité mondaine et se présente comme un témoin de sa vie passée dissolue.

À la main droite, elle exhibe son attribut le plus caractéristique : le flacon d'onguents destinés à laver les pieds de Jésus ou son corps après sa crucifixion. Remarquons le nimbe qui entoure sa tête, indicateur indubitable de sa sainteté.


     

Avant de nous séparer bientôt, je voudrais encore, chère visiteuse, cher visiteur, attirer votre attention sur les tuiles qui recouvrent l'Ermita. Veuillez me suivre à l'extérieur. Regardez : patinées par le temps, elles sont de couleur ocre clair, rosée ou grise, pour se fondre dans le paysage environnant. Ce sont ces tuiles canal dont je vous parlais avec admiration en début d'article...

 

            
 
       

On les nomme aussi "romaines" ou encore "arabes", car elles sont venues du Proche-Orient par la route de la soie - apportées par les Grecs et les Romains - et doivent leur forme à la technique du potier. Moulées directement sur la cuisse, elles sont incurvées, étroites vers le genou et plus larges vers l'aine. Cette forme leur permet d'être utilisées d'un côté ou de l'autre. L'assemblage des tuiles canal est simple : Il est fait sur voligeage horizontal, c’est-à-dire la pose d'un fin plancher latté sur lequel elles sont attachées. L'imbrication des tuiles de couverture dos au ciel, par-dessus celles d'écoulement, dos au toit, et leur  orientation côté large vers le bas, ainsi que leur superposition et alignement en tête-bêche, garantissent une isolation et une étanchéité efficaces contre tous les temps au fil des saisons. Du mortier ou quelques pierres les fixent par la partie supérieure pour résister aux vents ravageurs. Ainsi l'eau qui ruisselle sur le dos des tuiles de dessus et réussit tout de même à s'infiltrer est recueillie par le canal que constituent celles de dessous.

 
J'espère avoir été à la hauteur de la réputation de mon édifice "coup de coeur" ! L’ermitage de Notre Dame de l’Horta, ce joyau de l’architecture valencienne, constitue donc un résumé de styles artistiques, en vertu des agrandissements successifs réalisés pendant son histoire et des œuvres qu'elle contient ou a contenus. Je suis ému, pas peu fier même (veuillez excusez ce sentiment qui pourrait paraître, à tort, présomptueux), d’avoir pu la dessiner et  partager avec vous  toutes ces découvertes.

L'article n'est pourtant pas achevé, comme je l'annonçais au début de mon intervention de ce jour.  L'article, ou plutôt le dessin, incomplet...  En le comparant avec la photo, vous remarquerez peut-être une étrange différence...

 
    
 
SAMEDI 16 AVRIL 2016 
 
Il manque, un effet, un élément architectural important.  Concentrez votre regard sur les deux dômes à pans... Si celui de gauche, bombé, ne présente aucune anomalie, celui de droite, pointu, est inachevé: j'ai malencontreusement oublié d'en dessiner l'un des pans !
 
 
Cette erreur rectifiée, je vous présente à présent le dessin achevé !
(tout en vous donnant rendez-vous, pour le prochain dessin, à la fin du mois de mai)
 

 

                                        762519450.gif                  

prochaine publication de dessin

à la fin du mois de mai
 
  de
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27 mai 2013

Le Palais du Marquis des Deux Eaux (Valence - Espagne) - - El Palau del Marqués de Dosaigües (València - España)

 

un dessin pas à pas

mis à jour régulièrement en fin de page

SAMEDI 11 MAI

En novembre 2009 apparaissait sur mon précédent blog Overblog cette première étape d'un dessin - qui compte parmi mes favoris - que l'on a par la suite souvent qualifié, à juste titre, de déroutant...

De jour en jour, pas à pas, ce dessin retrouvera vie ici, sur ce nouveau blog Hautetfort, accompagné d'une synthèse des articles qui l'accompagnaient alors.

Peut-être vous en rappelez-vous déjà, car vous le connaissez bien. 

Peut-être ne l'avez-vous jamais vu.

Quoi qu'il en soit, je vous invite à revenir !

Nous découvrirons ce détail de la façade du Palais du Marquis des Deux Eaux de Valence - El Palau del Marqués de Dosaigües, València - qui grandira sous vos yeux.  

Comme si nous étions à nouveau en 2009 !

    

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 DIMANCHE 12 MAI - 1 - 1750045209.jpg

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Le dessin prend forme.  Forme humaine...

L'ébauche d'un front. Appuyé sur une main.  

Un front et une main, détails d'une ancienne et monumentale sculpture d'extérieur, en albâtre calcaire semi-transparent, matériau fragile et donc, visiblement, très altéré par le temps...

Une main, étrangement disproportionnée...

DIMANCHE 12 MAI - 2 - 

Le tracé n'est pas aisé. Sa difficulté réside dans la restitution de toutes ces taches, lignes et dégradations diverses qu'a imprimées le temps sur la matière de cette sculpture : l'essentiel est de redoubler d'attention afin de les rendre aussi fidèlement que possible.

Autant vous prévenir : cet atlante en albâtre, particulièrement son visage - est troublant, choquant peut-être.  Ce genre de dessin, de portrait, m'est inhabituel : il ne s'agit pas d'une copie de photo mais d'une copie de sculpture.  Oh, comme j'admire profondément le travail de l'artiste !  En voyant cet atlante pour la première fois, j'ai immédiatement ressenti l'envie de le dessiner tout en me demandant si je serais capable de relever ce défi ! 

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LUNDI 13 MAI

Je ressens d'étranges impressions face à cette sculpture de style rococo exubérant : elle m'attire, me subjugue.  Ce visage regardé des jours et des jours, tout en le dessinant, m'interpelle, me met parfois... mal à l'aise !

Ce visage est-il beau, mais d'une beauté inquiétante, étrangement diabolique ?

Ce visage est-il laid, mais d'une belle laideur, fascinante et attirante ?  (Da Vinci n'a-t-il pas dessiné de superbes têtes grotesques, caricaturales ?)

Que pensent tous ceux dont, un jour, le regard s'est attardé sur ces paupières baissées et sur cet oeil en apparence fermé - mais en apparence seulement - ?

Et finalement, quelle est la frontière entre le beau et le laid ?  Existe-t-elle ?  N'est-elle pas, tout simplement, subjective ?

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MARDI 14 MAI

Il m'importe avant tout d'essayer de respecter - scrupuleusement - la réalité de l'oeuvre originale, un sujet apparemment ingrat ; afin d'en réaliser, par un travail exaltant, un "beau" dessin, dans mon esprit du moins, quoique puisse en penser celui qui pourrait ne pas apprécier le "modèle" !

Qu’il soit déformé et pas vraiment beau, ou étrangement superbe comme je le pense, peu importe finalement : dessiner ce personnage allégorique qui m’attire et m’envoûte me plaît, énormément.

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 JEUDI 16 MAI

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  VENDREDI 17 MAI 

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  SAMEDI 18 MAI 

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  DIMANCHE 19 MAI -              LE DESSIN ACHEVE 3815261029.JPG

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La façade du Palais - que cet atlante aux doigts déformés et à la position quasimodesque semble protéger - est considérée comme un joyau d’architecture rococo ; cerise sur le gâteau, elle abrite un célèbre musée qui participe à la réputation de la ville de Valence... 


Ces pages historiques, je vous invite à les découvrir

dans la rubrique "pages" de la colonne droite de ce blog,

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LIEN : A PROPOS DE L'HISTOIRE DE L'EDIFICE

LIEN : A PROPOS DES ATLANTES

LIEN : A PROPOS DU MUSEE DE LA CERAMIQUE ET DES ARTS SOMPTUAIRES

 
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