Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27 mars 2015

le dessin de Goupil le renard roux, maraudeur et gourmand : tout un roman !

Nouvelle publication d'un dessin déjà présenté en août 2014.

 

En consultant en bas d'article les mises à jour qui seront régulières,

vous verrez progressivement grandir ce renard,

connaîtrez son histoire, et les méfaits que l'on lui attribue !

LUNDI 11 AOÛT 2014

1899497316.JPG

Je me réjouis de vous présenter sous peu, à nouveau, les différentes étapes d'un dessin évolutif réalisé en 2009 (auparavant déjà proposées sur mon précédent blog Overblog). 

En guise d'alléchante mise en bouche pour ce jour, voyez ce tableau et les textes ci-dessous : ils vous donneront un avant-goût de ce qui se trame sous mes mines...

3403938497.jpg

M. Verlat,  "Retour du maraudeur" (1860)

..................................................................................................................................

" ...  Mais si la loi de chasse accorde quelque faveur, à l’animal des bois poursuivi à force ouverte ;

si, avant de lâcher les chiens et de décocher la flèche, nous permettons au cerf de s’éloigner un peu,

le renard maraudeur n’a point les mêmes privilèges ; on le prend, on le tue, où et quand on le peut.  ... " 

Sir Walter Scott, poète et écrivain irlandais, 1771-1832

..................................................................................................................................

« … A quelques centimètres du museau de renard, nageait une anguille insouciante dont les ondulations le fascinaient. Chaque fois qu'elle passait et repassait sous le reflet de ses crocs, goupil sentait au creux de son ventre un délicieux petit creux qu'il avait une irrésistible envie de combler. Ce n'était pas de la faim puisque, profitant de ce que le fermier avait passé sa nuit à courir les bois, il avait eu tout le loisir de se gaver de ses poules, de ses canards et de ses cailles. C'était autre chose, quelque chose d'inutile, sans doute, mais tellement agréable qu'il ne saurait être question d'y renoncer. C'était quelque chose à quoi les renards ne savent pas donner de nom et que parfois les hommes appellent gourmandise. Péché mortel... »

extrait de « La sittelle et le renard » (la Gourmandise) © Dominique Lemaire

(Dans le cadre du Festival Bibliobulle (Aizenay - Vendée) : la Gourmandise)
..................................................................................................................................

La loi du plus fort ...

891613549.jpg

... n'est pas toujours  ...

80538608.jpg

... celle à laquelle on pense ! 

..................................................................................................................................

 MERCREDI 13 AOÛT 2014

Bonjour.  Tout un roman que ce renard roux Goupil, maraudeur et gourmand, que je vous présenterai sous forme d'un dessin évolutif que j'intégrerai dans un article lui aussi évolutif !  Comme souvent, à intervalles réguliers, en mentionnant la date de mise à jour, j'ajouterai chaque nouvelle photo de l'avancement de mon dessin l'une à la suite de l'autre, le tout agrémenté parfois de quelques explications sur les mœurs du renard.

915963316.JPG

Maître Renard, par l’odeur alléché, est-il parti visiter quelque poulailler ?

Si le renard a mauvaise réputation -on le dit invétéré mangeur de poules, lapins ou lièvres- , la réalité est pourtant bien différente. N’oublions pas son rôle d’efficace régulateur des pullulations de rongeurs dans les campagnes :  considérons-le avant tout comme un fantastique prédateur de rats, de souris ou de campagnols (il en mange entre 6000 et 10 000 par an ; on aurait un jour dénombré, ai-je lu, 48 campagnols des champs dans l’estomac d’un seul individu).  Bon nombre d’agriculteurs ne l’ignorent pas : de leurs tracteurs, ils le voient chasser, tôt le matin, dans les prairies fraîchement fauchées.

Par ailleurs, son régime alimentaire diversifié –qui varie selon le type d'habitat, la période de l'année et également, au cours de son existence, en fonction de son âge, de ses habitudes de chasse, de ses besoins nutritionnels et de ceux de sa portée- est constitué aussi bien de proies vivantes, de végétaux, que de déchets ménagers et de charognes et cadavres d'animaux, notamment les accidentés de la route (chats, hérissons, oiseaux...) qu'il glane ici et là. C'est dire son utilité.  Durant la bonne saison, les invertébrés -lombrics, coléoptères...- et les végétaux -baies, fruits...– complètent son menu, en fonction des disponibilités du moment.

3117975572.JPG

Maître Renard, par l’odeur alléché, aurait-il visité quelque poulailler ?  
A bientôt, ci-dessous, pour le savoir !..................................................................................................................................

VENDREDI 15 AOÛT 2014 2991129710.2.gif

Je dois d'emblée vous prévenir : âmes sensibles, s'abstenir.  Les images qui  suivent risquent de choquer nos plus jeunes spectateurs.  Demandez à vos enfants, s'ils jouent près de vous voire sur vos genoux, de quitter des yeux quelques instants l'écran de votre ordinateur ...

Chers lecteurs, Goupil vous dit merci !  Oui.  Grâce à l’homme et aux modifications qu’il apporte à l’environnement, le renard trouve réunies de bonnes conditions pour s’installer et vivre heureux, tant à la campagne qu’en ville.

L’écologie, à la mode, se traduit à la campagne par une profusion de petits élevages - poulaillers, oiseaux d’ornement,… qui, souvent trop peu protégés par des grillages mal posés, sont une aubaine : il ne reste plus à notre animal rusé qu’à se servir.

Si, d’aventure, il ne trouve pas en ville de volatile à se mettre sous la dent, il ne s’en soucie guère.  Des déchets ménagers mis à sa disposition - parfois volontairement (nourrissage des animaux dans les parcs) – feront l’affaire : opportuniste, le renard "fait les poubelles" sans se gêner.

Le petit gibier disparaît-il dans les plaines à cause, notamment, des cultures intensives ?  Peu importe.  Faisans et perdrix se multiplient par contre : peu adaptés à la vie sauvage, ils sont pour lui des proies faciles.

Vous m'avez compris : la lutte était inégale et cette pauvre oie a perdu la vie ...

2226692516.JPG

3273186164.JPG

4269339332.JPG

Voici le sol couvert de racines, brindilles et feuilles mortes ...

 goupil 08

Ne trouvez-vous pas, maintenant que vous avez découvert cette proie,
que ce regard de renard n'est plus aussi amène, beau et gentil que précédemment ?


C'est avec cette provisoire vue d'ensemble de notre Goupil le maraudeur, 
que nous nous séparerons aujourd'hui ! 
A très bientôt pour la suite ...

1095257253.JPG
..................................................................................................................................

DIMANCHE 17 AOÛT 2014

 A votre avis, Goupil le maraudeur vit-il seul, en couple ou en bande ? 

Quelle que soit votre réponse, je vous donne raison. 

2026248993.JPG

Pourquoi ?  La réponse est simple : tout dépend de son milieu de vie. 

4257525265.JPG

Que son environnement soit pauvre en ressources alimentaires et le renard vivra en solitaire : seule la période de rut l’incitera à rencontrer un congénère.  Un milieu plus favorable l’autorisera à vivre en couple l’année durant.  Une pullulation de rongeurs -et donc un garde-manger bien achalandé- lui permettra d’adopter un mode de vie communautaire.  Des bandes hiérarchisées se formeront alors, constituées d’un mâle dominant, d’au moins une femelle dominante reproductrice, et de quelques individus de rang subalterne, en l’occurrence des femelles non reproductrices dont la mission sera de participer à l’alimentation et à l’éducation des renardeaux.  Dès lors, les groupes de renards hiérarchisés occuperont un territoire bien délimité -inversement proportionnel, la logique étant ainsi respectée, à la quantité de nourriture disponible- qu’ils marqueront et défendront.  Dès lors, les renards solitaires seront itinérants mais prêts à occuper un espace dès qu’il se libérera.

3232008097.JPG

Mais alors, qu’en est-il de la progéniture, des rejetons lorsqu’ils sont capables de voler de leurs propres ailes ? (pardonnez-moi cette expression de circonstance pouvant paraître un tantinet déplacée !) 

Vers la fin de l'été, les jeunes renards quitteront le territoire parental et se disperseront en quête d'un nouvel espace de vie ou d'une place vacante dans un groupe social. Les jeunes mâles entameront des déplacements généralement plus importants que leurs homologues féminins (entre 5 et 25 km, rarement au-delà de 30), qui peuvent rester dans le territoire parental, et occuperont alors une position subalterne dans la hiérarchie du groupe social.

1921276849.JPG

La proie a souffert, pas trop longtemps, je l'espère.

Notre Goupil le maraudeur s'est montré le plus fort mais la lutté était inégale.

(Rassurez-vous : il n'a pas perdu une patte dans l'aventure, il n'est pas "unipattiste" !)

..................................................................................................................................

MERCREDI 20 AOÛT 2014

Le dessin évolue, lentement ; peut-être trop lentement à votre goût, cher ami lecteur ?

Vous savez que le niveau de précision que je cherche à atteindre me force à une extrême rigueur et à une grande lenteur !  Les détails supplémentaires que vous découvrirez aujourd’hui ont nécessité, à l'époque, une quinzaine d’heures…

Deux de ces trois poignées d’heures m'ont permis de dessiner la souche sur laquelle notre renard se campe.  La photo qui m'a inspiré, à cet endroit, était un peu floue : pour représenter des détails, j’ai ajouté à l’avant-plan quelques feuilles mortes, brindilles et autres petits champignons des bois.

2591320098.JPG

Avez-vous remarqué ?

Goupil le maraudeur continue à grandir sous mon portemine : d’unipattiste, il est devenu bipède.

Grâce à la troisième poignée d’heures !

891560289.JPG

Le pelage de l’entrejambe et de son torse, sous le cou arraché de l’oie, est achevé.  Ce ne fut pas une mince affaire : difficile de transformer en noir et blanc ces feuilles mortes, ces débris végétaux collés sur ce cou déplumé et sanguinolent, sur le poil du renard !  J’avais envie d’essayer de colorer en rouge : je n’ai pas osé, c'eût été trop cruel...

3077879472.JPG

Gros plan sur mes pattes ...

26251231.JPG

De bipède, je suis enfin devenu quadrupède !

1022404207.JPG

  Mon arrière-train et mon pelage me mettent à mon avantage, je trouve ...

2068896959.JPG

Il est stoïque : sans doute a-t-il été surpris par le photographe …

Clic-clac, clic-clac, clic-clac, clic-clac ... Photo !

Un photographe ?  S'il vous racontait lui-même l'histoire de sa photo ?

...........................................................................................................................................

DIMANCHE 24 AOÛT 2014

Jean-Claude Dechamps, le photographe,

nous raconte la passionnante histoire de sa photo :

je vous invite à la découvrir en suivant   ce lien...

...........................................................................................................................................

MERCREDI 27 AOÛT 2014

Cette histoire de Goupil le renard, contée par le photographe Jean-Claude Dechamps, se termine par ces mots : 

« ... il s'agissait certainement là d'une proie tentante et exceptionnelle qu'un imprudent avait sans doute oublié de protéger.  N'oublions pas que le renard, en détruisant quantité de micromammifères, est un des meilleurs alliés de nos agriculteurs.  A ce titre, il mérite bien, sans doute, une récompense gastronomique de temps à autre : tout travail mérite salaire...».

Ce regard bienveillant qu'il porte sur l'animal ne doit cependant pas nous faire oublier que, depuis plusieurs décennies, l’homme a tenté de le supprimer : parce que, dans l’esprit du public, il passe pour un invétéré mangeur de poules ; parce qu’il dérange lorsqu’il implante ses terriers à proximité des habitations humaines, dans des endroits pour le moins inattendus ; parce qu’il fait les poubelles et visite les dépotoirs ; parce qu’il est vecteur de la rage, cette maladie virale mortelle pour l’homme...

Mais à quoi bon s’efforcer d’exterminer le renard ? 

Voici, en conclusion à ce long article évolutif, une tentative de réponse...

Le renard n’est pas en surnombre parce que, par définition, un prédateur ne peut jamais être en surnombre.  Les études scientifiques attestent que la densité de population d'un prédateur, quel qu’il soit, est fonction avant tout de la disponibilité du milieu en proies. Si celles du renard sont abondantes, s'il y a pullulation de rongeurs par exemple, ses nichées seront fournies. Si la nourriture vient à manquer sur le territoire, le nombre de renards diminuera en conséquence, par interaction des mécanismes de mortalité importante, de dispersion et de concurrence territoriale.

Les populations de renards n’ont jamais été régulées par les superprédateurs, aujourd’hui disparus de la plupart de nos régions, que sont l’ours, le loup ou le lynx.  Aucun d’eux n’a jamais été capable de les infléchir, même s’ils capturaient à l'occasion l'un ou l'autre renardeau ou adulte.  Seul, dans mes contrées belges, le hibou grand-duc peut, parfois, l’attaquer, le blesser, rarement le tuer.

L’homme, dans ce rôle de régulateur, se révèle lui aussi totalement inefficace.  Souvenez-vous (si votre âge vous y autorise !) : alors que des centaines de milliers de renards étaient annuellement massacrés en Europe, au cours des années 1980 – 1990, au plus fort de l'épidémie de rage, jamais les populations ne se sont si bien maintenues ; en Belgique, les renards étaient moins répandus avant l'apparition de l'épidémie, au début des années soixante, que lorsque cette dernière atteignait son pic maximal d'incidence et que la lutte contre le renard était la plus intensive !

On peut donc légitimement se poser la question de l'utilité de tenter la destruction du renard...  Tout au plus peut-on stabiliser ses effectifs en limitant les ressources alimentaires accessibles à cet omnivore opportuniste :

en encourageant les propriétaires de petits poulaillers à grillager efficacement leur élevage ;

en privilégiant l'utilisation de poubelles rigides à la place des sacs poubelles ;

en encourageant les agriculteurs et les chasseurs à maintenir et restaurer, dans les plaines, des habitats favorables au petit gibier (bandes herbeuses, jachères, haies,...) ;

en obligeant les agriculteurs à enterrer les arrière-faix de leur bétail après les mises bas, et les chasseurs à enterrer les viscères du gibier et les animaux non consommables abattus...

 

A quoi bon s'efforcer d’exterminer le renard ?

Sachons tout simplement vivre avec lui !

Sources  http://www.aves.be

 

2668397683.jpg

 

© Jc Dechamps - pour blog                            

2668397683.jpg

 

 

mouche-copie-1.gif

 

 

A VOS AGENDAS !

PROCHAIN DESSIN : DEBUT SEPTEMBRE

 

762519450.gif

           3199407460.gif

 ..................................................................................................................................