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18 décembre 2015

1991. L'opération "Provide Comfort" met fin au tragique exode des Kurdes, provoqué par la féroce répression de Saddam Hussein et de son armée irakienne.

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présentation progressive

de trois dessins inédits

- ultime mise à jour le samedi 12 décembre -

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SAMEDI 28 NOVEMBRE 2015

C'était en 1991...

C'est comme si depuis, le monde n'avait pas changé.

 

ENCORE ET TOUJOURS, DES PEUPLES SOUFFRENT...

ENCORE ET TOUJOURS, DES PEUPLES LUTTENT...

 

JUSTE, POUR AVOIR LE DROIT D'EXISTER.

JUSTE, POUR AVOIR LE DROIT DE VIVRE.

C'était en 1991... 

Fuyant la répression de l'armée irakienne, des centaines de milliers de Kurdes, démunis de tout, tentent de se réfugier en Turquie ou en Iran. L'aide humanitaire tarde à venir.  Ils ont oublié jusqu'à l'espoir.

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D'abord il y a ces regards.  Sombres, vides, résignés.

Ceux d'hommes qui, pour tout avenir, auront le destin que d'autres leur préparent.

Leurs yeux scrutent ceux de l'étranger qui passe.

Ils y cherchent quelques signes d'espoir, un peu de sympathie, un encouragement.

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 Les Kurdes ont oublié ce qu'espérer veut dire.

Ils attendent leur sort en errant sur de méchantes pistes escarpées entre Irak et Turquie.

MARDI 1er DECEMBRE 2015

Et puis, il y a les enfants, au milieu d'une foule en marche.

Des milliers de gosses qui pleurent, qui trébuchent sur les cailloux.

Des milliers de gosses qui glissent dans la boue, épuisés par des jours de marche.

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Les larmes dessinent de longs sillons noirs sur leurs visages maculés de poussière.

Affaiblis par la faim et la soif,

ils traînent leurs pieds mal chaussés sur des chemins qui feraient peiner un mulet.

Les aînés portent les cadets sur leur dos, les plus petits réclament leur maison ou appellent leur mère.

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S'ils sont assez forts, leurs parents leur assignent une part du fardeau.

Un bidon d'eau, une marmite, un ballot.

VENDREDI 4 DECEMBRE 2015

« Ce qui distingue les nations n’est ni la race ni la langue. Les hommes sentent dans leur cœur qu’ils sont un même peuple lorsqu’ils ont une communauté d’idées, d’intérêts, d’affections, de souvenirs et d’espérances.[…] La patrie, c’est ce qu’on aime."

 Fustel de Coulanges (1830-1889), historien français

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ZORAN, Kurde fuyant la répression - un dessin de 1991 - 20 x 30 cm

 

Au printemps 1991, un mois à peine après la fin de la première guerre du Golfe, les populations kurdes au Nord et chiites au Sud se soulèvent contre le régime de Bagdad. La riposte de l'armée de Saddam Hussein est brutale, sans que la coalition occidentale réagisse. Bombardements et massacres commencent, poussant plus de 1,5 million de civils vers les frontières turques et iraniennes, exode tragique et sans précédent.

 

LUNDI 7 DECEMBRE 2015

 

Dans la neige et le froid mordant des montagnes d'Anatolie, à 1800 mètres d'altitude, plus de 450 000 Kurdes se massent à la frontière turque en moins d'une semaine. Les soldats qui en gardent l'accès ont reçu pour consigne du gouvernement d'Ankara d'interdire le passage aux réfugiés.

Commence alors une des plus importantes opérations de secours de Médecins Sans Frontières depuis sa création : 150 volontaires se relayent sur le terrain, 57 avions spéciaux sont affrétés et 2 000 tonnes de matériel acheminées pour porter assistance à ces centaines de milliers de civils épuisés, affamés, transis de froid, dont la survie ne dépend plus que de la solidarité internationale.

 

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MARDI 8 DECEMBRE 2015

Les images de ces milliers de Kurdes accrochés aux montagnes parcourent le monde entier.  Des voix s'élèvent partout contre l'intransigeance de la Turquie à refuser l'entrée sur son territoire de cette population en péril.  Au début d’avril, les conditions rudimentaires dans la région causent la mort de 800 à 1 000 personnes par jour. Le Conseil de sécurité de l’ONU et les alliés de la coalition adoptent la fameuse résolution 688 le 5 avril 1991 : elle demande à l’Irak de mettre fin à la répression et aux Etats membres de contribuer aux opérations de secours humanitaires.

Le 6 avril, l’opération Provide Comfort, lancée par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, instaure par la force une zone de sécurité au Nord De l’Irak qui doit protéger les Kurdes des forces irakiennes afin qu'ils puissent rentrer de leur exil.  Les réfugiés regagnent alors une région dévastée, où vivres, médicaments et médecins manquent dramatiquement.  Les équipes de Médecins sans frontières accompagnent leur retour et assurent une assistance médicale dans des centres de santé et des hôpitaux de villes et villages en territoire irakien. De nombreuses autres organisations humanitaires leur apportent leur précieuse aide.

 

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Réfugié kurde et son enfant en pleurs, fuyant la répression

un dessin de 1991 - 25 x 35 cm 

 

JEUDI 10 DECEMBRE 2015

Pour appuyer cette initiative, les États-Unis lancent l’opération Provide Comfort le 6 avril, à partir de la base aérienne d’Incirlik, en Turquie. Des avions-cargos britanniques et français arrivent le lendemain, suivis bientôt par ceux de dix autres nations.

L’opération Provide Comfort comporte deux volets : une opération de secours, à laquelle participe le Canada dans le cadre des opérations Assist et Regard, et une opération de sécurité visant à empêcher l’Irak de nuire à l'opération de secours. L’opération de sécurité comprend aussi l'établissement d'une zone d’interdiction aérienne au nord du 36e parallèle, dans laquelle les avions irakiens sont interdits.

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SAMEDI 12 DECEMBRE 2015

Pour appuyer les deux volets, des avions A 10 américains précèdent les avions de secours afin d’empêcher les troupes irakiennes au sol d’agir, tandis que des chasseurs F-15 et F-16 se tiennent prêts à riposter à toute menace aérienne irakienne. Un appareil AWACS E-3 effectue un survol de l'ensemble pour surveiller la situation et contrôler les avions d’appui.

Le volet humanitaire de l'opération Provide Comfort prend fin en 1996, et l’ensemble de l’opération, le 31 décembre 1996. La zone d’interdiction aérienne est maintenue dans le cadre de l'opération Northern Watch.

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un dessin de 1991 - 30 x 40 cm 

C'était en 1991...

C'est comme si depuis, le monde n'avait pas changé.

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2015

Un réfugié syrien avec son fils dans un camp de réfugiés.

Photo : HCR/N. Colt
 

En 2015, le nombre total de réfugiés ayant fui le conflit en Syrie vers les pays voisins atteint désormais près de 4,5 millions, confirmant que cette crise de réfugiés est la plus importante au monde depuis près d'un quart de siècle, a déclaré le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

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Pour m'informer et élaborer l'article qui accompagne ces trois dessins,

j'ai consulté les archives reprises ci-dessous et me suis inspiré de certaines d'entre elles.

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http://www.irenees.net/fr/fiches/analyse/fiche-analyse-85...

http://www.paperblog.fr/3065506/les-murmures-du-vent-de-s...

http://www.anarkismo.net/article/15360

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/saddam-hussein-mor...

http://www.lexpress.fr/informations/kurdistan-la-course-c...

http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/Kurdes/128180

http://www.lexpress.fr/informations/kurdistan-la-course-c...

http://www.cmp-cpm.forces.gc.ca/dhh-dhp/od-bdo/di-ri-fra....

http://www.msf.fr/histoire-sommaire/1991-kurdistan-irakien

https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Provide_Comf...

http://www.institutkurde.org/publications/bulletins/pdf/s...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_en_Irak_%28199...

http://www.levif.be/actualite/international/les-kurdes-un...

http://www.france-terre-asile.org/actualites/actualites/a...

25 septembre 2015

Troisième participation au concours artistique de l'Espace d'Art Christie à Soiron.

31 AOUT 2015

Septembre est bientôt là et, avec lui, le traditionnel concours artistique de

 l'ESPACE D'ART CHRISTIE à Soiron.

 

ci-dessous, les invitations officielles de l'ESPACE D'ART CHRISTIE

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Ainsi, vous êtes chaleureusement invité au vernissage de cette exposition à l’ ESPACE D’ART CHRISTIE à Soiron, un concours auquel j'ai la chance de participer pour la troisième année consécutive.

Je vous l'assure, cette exposition, rien que pour le plaisir des yeux, vaudra certainement le détour !  Je puis également vous l'assurer, l'accueil que vous réservera Christie mérite amplement le mot que j'ai employé : chaleureusement !

Si vous ne pouvez vous libérer ce week-end, l'exposition restera ouverte jusqu'au 19 septembre (les vendredis, samedis et dimanches de 14 à 19h.)


En 2013 et 2014, les dessins que j'avais présentés à ce concours avaient obtenu - à ma grand étonnement - le "premier prix du jury - catégorie illustrations" (membres du jury : le journaliste et écrivain Albert Moxhet, le photographe de presse Jean Deblond et le peintre Marcel Leruth). 

Les rêves sont permis : qui sait, cette année encore ?

En quittant l’ESPACE D’ART CHRISTIE, pourquoi ne profiteriez-vous pas d'une agréable promenade dans le charmant village de Soiron en contrebas ?  Il mérite amplement sa réputation de l'un des plus beaux villages de Wallonie...

 

MERCREDI 23 SEPTEMBRE

Jamais deux sans trois !  2013, 2014, puis 2015 : un Premier Prix qui ne se refuse pas !

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VENDREDI 25 SEPTEMBRE

Suis-je distrait !? 

J'allais oublier de vous présenter ce dessin ayant obtenu le Premier Prix à Soiron !

Vous le reconnaîtrez car vous le connaissez,

ce Kapokier, ce Kapok Tree,

le dernier dessin né et grandi sous mes mines,

ce dessin présenté dès ses premiers traits, en primeur, au mois d'août dernier...

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27 août 2015

un dessin de "kapokier" ou "kapok tree" (ceiba pentendra), nommé encore "fromager".

Voyez ci-dessous l'évolution pas à pas de cet arbre

et en bas de page le dessin achevé

(JEUDI 27 août).

 

MARDI 4 AOÛT 2015

Voici la première étape de mon dernier dessin, celui d’un vieil arbre majestueux des forêts tropicales, pouvant atteindre une hauteur de soixante mètres et vivre trois siècles. 

Aujourd’hui, jetons un premier regard sur les détails d'une partie de la base de son tronc à contreforts ou racines-contreforts, si particulières, dont la hauteur atteint parfois deux mètres pour un diamètre approchant, pour les plus vieux, la dizaine de mètres. (je vous en montrerai l'une ou l'autre photo dans quelques jours).

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Je vous invite à revenir régulièrement pour découvrir les étapes suivantes de la réalisation de ce dessin, achevé à la fin de ce dernier mois de juillet ; comme de coutume, j'accompagnerai les photos de ce dessin pas à pas de multiples explications à propos de ce kapokier, répondant au nom vernaculaire de fromager et au nom scientifique de ceiba pentendra, appelé Kapok tree en anglais.

JEUDI 6 AOÛT 2015

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Une photo de Beth Moon m’a inspiré ce dessin.

Beth Moon, pendant 14 années, a parcouru les continents à la recherche des arbres les plus beaux, les plus vieux, les plus majestueux.  Elle a recueilli l’histoire de ces végétaux exceptionnels qui ont défié les années, sur des terrains privés ou des sites protégés.

Pour renforcer le caractère ancien de ces arbres séculaires, les plus grands parmi les plus vieux êtres vivants de la planète, Beth Moon a développé ses photos "à l’ancienne", au platine et au palladium.  Un procédé qui permet aux deux métaux de devenir partie intégrante du papier et de durer ainsi, elle l’espère, pendant des siècles : comme les arbres qu'elle a rassemblés dans son livre intitulé "Ancient Trees".

 

DIMANCHE 9 AOÛT 2015

 

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"Les courants océaniques et les vents transportent les graines de kapokier en Afrique"

En vert : zones de distribution du kapokier

Cet arbre dont j'ai tenté de dessiner les moindres détails de l’écorce (ride par ride, me suis-je souvent dit, comme ces marques du temps de quelque Dame âgée parfois dessinée), ce kapokier est un arbre vivant dans les forêts denses et humides des régions tropicales et subtropicales, nommées par les scientifiques forêts ombrophiles sempervirentes, ce qui signifie qu'elles sont composées essentiellement d’arbres à feuillage persistant, restant vert ou fleuri toute l’année (sempervirent - ou semperflorens – veut dire "à feuillage persistant"). 

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Je ne suis ni botaniste ni historien (et ne prétend en aucun cas l’être).  Dès lors, un aspect de mes diverses lectures - via l’écran de mon ordinateur - afin d'enrichir mes connaissances à propos cet arbre dont la photo m’a subjugué, me laisse songeur : l’origine de son nom fromager me paraît quelque peu incertaine.  Elle pourrait, ai-je lu, provenir de la consistance de son bois qui rappelle celle du fromage de Hollande, ou du fait que par ailleurs son bois était auparavant utilisé pour la fabrication de boîtes pour les fromages ; elle pourrait aussi être expliquée par la déformation de l’expression forme âgée inspirée par les reliefs du tronc évoquant ces rides dont je vous parlais précédemment.

 

MERCREDI 12 AOÛT 2015

Le tronc du kapokier (dont la base n'est pas encore achevée sur l'étape suivante de mon dessin ci-dessous) servait autrefois à la fabrication de pirogues - il était parfois appelé piroguier -, et plus tard de contreplaqués, de cageots et de caisses. Ce tronc, recouvert de grosses et larges épines lorsqu’il est jeune, est lisse et gris cendré à l’âge adulte. 

Les plus grosses branches de la couronne de l’arbre, que je commence à dessiner, étalées en forme d’immense parasol, supportent des plantes aériennes appelées épiphytes, fournissant l’habitat idéal à de nombreuses espèces animales. 

Ainsi, une multitude d’oiseaux se nourrissent et nichent aux plus hautes perches des extrémités ; les mammifères utilisent les membres de ce géant végétal comme des routes aériennes ; les grenouilles donnent vie à leurs têtards dans de petits réservoirs d’eau recueillis par les broméliacées suspendues à l’arbre ; les insectes atteignent le sommet de leur diversité dans la canopée de cet arbre colossal.

 

202673692.JPGDIMANCHE 16 AOÛT 2015

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Les fleurs du kapokier sont de couleur blanc crème, jaunâtre ou rosé avec une tache brune à la base, aux pétales très laineux.  La floraison est nocturne et lorsque l’arbre est dépourvu de feuilles.

Les fruits sont de longues capsules pendantes vertes d’environ 18 cm qui, à maturité, deviennent marron clair. Ces fruits sont remplis d’une fibre végétale soyeuse, blanchâtre, imputrescible et imperméable, proche du coton, appelée « Kapok », longtemps utilisée pour le rembourrage de coussins d’oreillers, de matelas et de gilets de sauvetage, également utilisée pour absorber les hydrocarbures lors de pollutions maritimes.  

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Elle est en revanche très inflammable, caractéristique qui a causé - en 1942 - l’incendie et la perte du paquebot Normandie dont les gilets de sauvetage en kapok ont pris feu par accident.1104949015.JPG

MERCREDI 19 AOÛT 2015


Le kapokier était un arbre sacré pour les Mayas d’Amérique centrale qui le vénéraient comme l’arbre de vie, considérant qu’il reliait le centre de la terre et le monde terrestre au monde des esprits du dessus, grâce aux longues et épaisses floraisons qui pendent de ses membres étalés, fournissant une connexion vers les cieux pour les âmes qui y montaient.    De nos jours encore, ce grand arbre est très souvent épargné lorsque les forêts sont décimées.  Seul vestige de ce passé végétal d’antan en rapide disparition, il n’est pas rare de voir un kapokier isolé étendant fièrement ses branches, ombrageant ainsi un pâturage ou un champ agricole.

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SAMEDI 22 AOÛT 2015

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Voici bientôt mon dessin de kapokier achevé.  La semaine prochaine, je vous présenterai trois photos d'admirables kapokiers, choisis parmi les plus gigantesques ! 

Auparavant, je ne voudrais clore la partie rédactionnelle et didactique de cet article sans aborder les vertus médicales que les habitants des régions tropicales lui attribuent, à tort peut-être ou très judicieusement, qui peut vraiment les certifier...

Ils lui reconnaissent des propriétés antiseptiques, anti-inflammatoires ou encore diurétiques qui servent à traiter maux de dents, aphtes, troubles intestinaux ou encore règles douloureuses.  Les racines sont réputées vomitives et utilisées lors de dysenterie chronique, rachitisme ou tétanos.  L’écorce aux vertus aphrodisiaques serait le remède idéal contre l’hypertension, la stérilité féminine, la toux, les caries dentaires, le paludisme, la diarrhée et la dysenterie, à nouveau. Les feuilles permettraient de soigner les maladies mentales, les abcès, la conjonctivite et la fièvre.  Les fleurs et fruits sont utilisés comme remède contre la céphalée et les vertiges.

MARDI 25 AOÛT 2015

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- le kapokier le plus large connu au monde -

 

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- une autre vue du kapokier le plus large connu au monde -

 une photo de Chrishibbard (encyclopédie wikipédia anglaise)

 

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Le kapokier relie le centre de la terre et le monde terrestre

au monde des esprits du dessus,

en connexion vers les cieux pour les âmes qui y montent. 

 

JEUDI 27 AOÛT 20152961874370.JPG

KAPOK TREE ou KAPOKIER

dessin achevé en juillet 2015

30 X 40 CM

PROCHAINE

PUBLICATION

AUX ALENTOURS

DE LA MI-SEPTEMBRE

 

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18 juillet 2015

Les brise-lames de Zelande : une suite avec " l'Océan " de Dominique A.

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On l'entendait de loin s'écraser contre terre,
Ecumer de colère d'être ainsi rejeté,
Au pied de pauvres dunes sur d'indignes rochers,
Lui pourtant si puissant, pourtant si volontaire.

On courait sur les dunes et il apparaissait,
Et parfois il daignait nous couvrir d'écume,
Un de ces jours bleu gris où sa colère montait,
Contre la terre et les humeurs de la lune,

L'océan...

L'océan : une chanson, une vidéo de Dominique A.

L'Océan, de Dominique A : le complément idéal au dessin

"Plage et brise-lames en Zélande, Pays-Bas, Mer du Nord."

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Il y a quelque chose de surnaturel à se retrouver presque seul dans un musée.  On ne voit pas les œuvres de la même manière. On prend mieux le temps de les regarder, de les disséquer.  On entend le moindre bruit se décupler à l’infini dans la grandeur du lieu, celui de ses pas résonner dans le labyrinthe de couloirs et de salles et rebondir sur le marbre.

C’est dans le cadre surréaliste d’un musée qu’un concert très particulier a été filmé avec Dominique A, un des chanteurs français les plus talentueux à mon goût, un chanteur majuscule...

Dominique A, victoire de la Musique en 2013, entouré d’un quatuor à cordes, habille "L’Océan" de violons et de violoncelle pour envelopper le timbre de sa voix unique du doux écrin solennel que ce lieu exigeait - avant de livrer une version dépouillée de la belle "Eleor" - en déambulant dans les allées d’un musée que l’on croirait construit pour sa musique.

"L’Océan" est un des meilleurs titres extrait de "Eléor", son dixième album empli de mélancolie, de belles mélodies acccompagnant des textes bouleversants.  Dominique A porte haut le verbe et défend ardemment le filon d’une chanson française classique ; comme ses aînés, Jean Ferrat, Jean-Louis Murat ou Gérard Manset qu'il adore comme moi.

Il y a quelque chose de surnaturel à se retrouver presque seul dans un musée en écoutant la guitare et la voix de Dominique A s’emparer de l’immensité, une impression d'autant plus forte que ce musée n’est autre que celui d’Orsay, lieu à l’aura étourdissante dans lequel se trouvent certaines des œuvres les plus précieuses, connues et fondamentales de la peinture et de la sculpture mondiales.

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Mes sources pour la rédaction de cet article :

http://www.parismatch.com/Culture/Musique/Dominique-A-un-...

http://www.blogotheque.net/2015/03/02/dominique/

 

 

Publié dans MUSIQUE | Tags : dominique a, l'océan, eléore, musée d'orsay, dessin au crayon | Lien permanent | Commentaires (2) |

01 juillet 2015

Les nymphéas de Proust, Monet... et de mes portemines.

En ces premiers jours de juillet et de vacances scolaires belges, le soleil darde copieusement ses rayons : il est question d'une canicule persistante... 

Oh, je ne m'en plaindrai pas : mon antidote à ce que d'aucuns considèrent comme un calvaire, voire l’apocalypse (que ceux que le sport décourage ou, surtout, qui souffrent physiquement de cette chaleur accablante, me pardonnent), réside tout simplement (résultat d'une progressive préparation depuis le début de juin), en deux km de natation dans la piscine extérieure de ma commune chaque jour (et bientôt davantage : le double, peut-être, avant la fin août).

Mais pareil à chacun, j'apprécie toujours un peu de fraîcheur : alors, place à la réédition d’un dessin de 2008 dont vous vous souviendrez peut-être, si vous l’avez rencontré en 2010 sur mon précédent blog aujourd'hui abandonné, ou observé lors de l’une de mes expositions dans ma région de Belgique ; place à un dessin inspiré de créations parmi les plus prodigieuses que Dame Nature nous offre,

les plantes et fleurs aquatiques. 

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Certes, le dessin n’a pas changé - et depuis sa création, il orne les murs du propriétaire de ces nymphéas photographiés - mais j'ai modifié certains éléments de l’article qui l’accompagne. 

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Mes mots pour décrire ces merveilles seraient peu éloquents.  Alors, permettez-moi de faire appel à un écrivain au talent incomparable...

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Comment ne pas résister à la tentation de citer un extrait du livre "Du côté de chez Swann" (A la recherche du temps perdu, tome 1) de Marcel Proust pour brillamment accompagner ces quelques photos personnelles d’introduction.  Nul autre que lui n'a jamais réussi à décrire avec tant de sensibilité et élégance ces extraordinaires plantes aquatiques.

Laissons-nous emporter...  Rêvons et frémissons nous aussi...

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... "Mais plus loin le courant se ralentit, il traverse une propriété dont l’accès était ouvert au public par celui à qui elle appartenait et qui s’y était complu à des travaux d’horticulture aquatique, faisant fleurir, dans les petits étangs que forme la Vivonne, de véritables jardins de nymphéas. Comme les rives étaient à cet endroit très boisées, les grandes ombres des arbres donnaient à l’eau un fond qui était habituellement d’un vert sombre mais que parfois, quand nous rentrions par certains soirs rassérénés d’après-midi orageux, j’ai vu d’un bleu clair et cru, tirant sur le violet, d’apparence cloisonnée et de goût japonais. Çà et là, à la surface, rougissait comme une fraise une fleur de nymphéa au cœur écarlate, blanc sur les bords. Plus loin, les fleurs plus nombreuses étaient plus pâles, moins lisses, plus grenues, plus plissées, et disposées par le hasard en enroulements si gracieux qu’on croyait voir flotter à la dérive, comme après l’effeuillement mélancolique d’une fête galante, des roses mousseuses en guirlandes dénouées.  Ailleurs un coin semblait réservé aux espèces communes qui montraient le blanc et rose proprets de la julienne, lavés comme de la porcelaine avec un soin domestique, tandis qu’un peu plus loin, pressées les unes contre les autres en une véritable plate-bande flottante, on eût dit des pensées des jardins qui étaient venues poser comme des papillons leurs ailes bleuâtres et glacées, sur l’obliquité transparente de ce parterre d’eau ; de ce parterre céleste aussi : car il donnait aux fleurs un sol d’une couleur plus précieuse, plus émouvante que la couleur des fleurs elles-mêmes ; et, soit que pendant l’après-midi il fît étinceler sous les nymphéas le kaléidoscope d’un bonheur attentif, silencieux et mobile, ou qu’il s’emplît vers le soir, comme quelque port lointain, du rose et de la rêverie du couchant, changeant sans cesse pour rester toujours en accord, autour des corolles de teintes plus fixes, avec ce qu’il y a de plus profond, de plus fugitif, de plus mystérieux, — avec ce qu’il y a d’infini, — dans l’heure, il semblait les avoir fait fleurir en plein ciel." ...

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Vous aimez les nymphéas, ces fleurs reines des jardins aquatiques ?  

 

Parlons maintenant d'orthographe et de symbolisme. 

L’Académie française écrivait auparavant "nénufar" en raison de son étymologie persane ; puis, dans sa huitième édition du dictionnaire en 1935, en adoptant "nénuphar", elle choisissait d’effectuer un rapprochement sémantique avec le mot d’origine grecque "nymphe" (divinité partageant avec cette plante aquatique un attrait certain pour l'eau) et le genre "nymphaea" qui est celui de certaines variétés de nénuphars.  Les « Rectifications orthographiques du français (1990) » préconisent de revenir à l’ancienne orthographe « nénufar » : sa véritable étymologie lui serait de la sorte rendue et sa graphie, dit-on, simplifiée.

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Quoi qu'il en soit, ces plantes aquatiques embellissent généreusement le petit étang entouré d'un jardin soigné ou au contraire le plan d'eau sauvage perdu dans la nature : n'est-ce pas là l'essentiel ?  Qui ne connaît ces feuilles arrondies flottant à la surface des eaux calmes, qui inspirent beauté, paix, grâce et volupté ?   Qui n’a jamais admiré ces fleurs solitaires, qu’elles soient rougeâtres ou blanches, jaunes ou violacées, qui accrochent le regard tant leur couleur douce s’oppose au foncé de l’eau qu’elles laissent apparaître entre leurs feuilles sombres

De tout temps, le nénuphar (permettez-moi de rester fidèle à l’ancienne orthographe) a été considéré comme une fleur à part, objet de symbole de la Méditerranée à l’Inde ou la Chine - il fait partie de la famille des Nymphéacées, à laquelle appartient également le très célèbre lotus blanc dont la floraison symbolise, dans les traditions égyptienne, hindoue et bouddhiste, la réalisation de l’être qui a réussi à quitter les profondeurs des eaux obscures pour atteindre la pleine clarté de la lumière du jour -, mais aussi de contemplation pour les romantiques et de poésie un peu partout !  

Avant de vous quitter, permettez-moi de vous présenter la photo-modèle, choisie parmi une dizaine de clichés pris en juillet 2008, chez mon ami Marcel, que je remercie ici d'offrir à ses invités, lorsqu'il les reçoit parfois l'été sur la terrasse de son jardin, un tel spectacle !

Voici cette photos choisie pour ce dessin dont vous avez déjà vu une partie.  Je dois être capable de reproduire avec mes mines grises toutes ces subtilités de tons verts ou roses...  Je dois réussir à dessiner cette eau limpide qui stagne à la surface des feuilles... Je dois laisser apparaître les nervures sombres visibles à l'ombre du dos des feuilles...

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"Les nymphéas"

dessin au portemine d'après photo personnelle

20 x 29 cm - 2008

Les fleurs de la "Nymphéa Attraction" sont d'un rouge grenat foncé, s'éclaircissant sur les bords.  Elles s'ouvrent en coupe puis deviennent étoilées, pouvant mesurer jusqu'à 25 cm de diamètre.  Les feuilles sont ovales, d'un vert bronze clair, recourbées sur leur pourtour.

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"Les nymphéas"

photo personnelle

Croyez-moi : j'ai éprouvé un immense plaisir à tenter de reproduire, avec toutes les nuances de gris que mes portemines permettent, ces subtilités de tons verts ou roses, cette eau transparente stagnant à la surface des feuilles et ces nervures sombres visibles à l'ombre de leur dos !

Impossible à cet instant de ne pas partir rêvasser dans le jardin de Giverny créé par Claude Monet.  Parcourons le site officiel de sa Fondation, baladons-nous en toute quiétude dans ces lieux où tout visiteur ressent intensément l'atmosphère qui régnait chez le maître de l'impressionnisme, et s'émerveille devant les compositions de fleurs et de nymphéas, ses sources d'inspiration les plus fécondes.

Puis, partons en visite au Musée de l'Orangerie du Jardin des Tuileries de Paris : ne manquons en aucun cas la visite virtuelle qu'il offre à ses visiteurs venus de l'immense toile internet.  Nous y flânerons dans deux spacieuses salles elliptiques dans lesquelles se déploie - sur deux mètres de hauteur et près de cent  mètres linéaires - un paysage d'eau jalonné de nymphéas, de branches de saules,  de reflets d'arbres et de nuages ; nous resterons sans voix devant cet immense ensemble mural, somme de toute une vie d'artiste, devant donner au visiteur l'illusion d'un tout sans fin, d'une onde sans horizon et sans rivage, cette idée étant venue à l'artiste en 1910, alors qu'il peignait déjà depuis plusieurs années cet espace de son jardin de Giverny.

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 "La tentation m'est venue d'employer à la décoration d'un salon ce thème des nymphéas : transporté le long des murs, enveloppant toutes les parois de son unité, il aurait procuré l'illusion d'un tout sans fin, d'une onde sans horizon et sans rivage ; les nerfs surmenés par le travail se seraient détendus là,  selon l'exemple reposant de ces eaux stagnantes et, à qui l'eût  habitée, cette pièce aurait offert l'asile d'une méditation paisible au centre d'un aquarium fleuri."

                                                          Claude Monet

Source :

DU PANORAMA PICTURAL AU CINEMA CIRCULAIRE,

Origines et histoire d'un autre cinéma,1785-1998

Emmanuelle Michaux - L'HARMATTAN


Je ne résiste pas au plaisir de vous présenter ici six toiles de Monet parmi ses plus belles, chacune exposée dans un célèbre musée ou appartenant à une collection privée, choisies sur le site http://www.intermonet.com/, présentées chronologiquement et accompagnées de citations de l'artiste.

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"Nymphéas, effet du soir", 1897, 73 x 100 cm, Musée Marmottan, Paris.

"Tout d'un coup j'ai eu la révélation des fééries de mon étang.  J'ai pris ma palette.  Depuis ce temps je n'ai guère eu d'autre modèle."

 

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"Nymphéas", 1904, 90 x 92 cm, collection privée.

"Il y avait un ruisseau, l'Epte, qui descend de Gisors en bordure de ma propriété.  Je lui ai ouvert un fossé, de façon à remplir un petit étang creusé dans mon jardin.  J'aime l'eau, mais j'aime aussi les fleurs.  C'est pourquoi, le bassin rempli, je songeai à le garnir de plantes.  J'ai pris un catalogue et j'ai fait un choix au petit bonheur, voilà tout."

 

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"Nymphéas", 1905, 81 x 100 cm, National Museum of Wels, Cardiff Great Britain.

"Les effets varient constamment, non seulement d'une saison à l'autre, mais d'une minute à l'autre, puisque les fleurs aquatiques sont loin de constituer toute la scène ; vraiment, elles ne sont que l'accompagnement."

 

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"Nymphéas", 1906, 90 x 93 cm, The Art Institute of Chicago, Chicago Illinois USA.

"L'essentiel du motif est le miroir d'eau dont l'aspect s'altère à chaque moment, à cause des lambeaux de ciel qui s'y reflètent, et qui lui donnent sa lumière et son mouvement. " 

 

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  "Nymphéas", 1908, 92 x 81cm, Collection privée.

"Ces paysages d'eau et de reflets sont devenus mon obsession.  Ils sont bien au-delà de mes pouvoirs de vieux et malgré tout je veux réussir à traduire ce que je ressens.  J'en détruis certains...  Je recommence encore...  et j'espère que quelque chose finira par sortir de tant d'efforts."

 

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"Nymphéas", 1908, 92 x 89 cm, collection privée, Japon.

" J'ai mis du temps à comprendre mes nymphéas...  Je les avais plantés pour le plaisir ; je les cultivais sans songer à les peindre...  Un paysage ne vous imprègne pas en un jour..."

 

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"Le Nénuphar"

Le nénuphar s’étend là, monotone et vaseux,

Plaine d’ajoncs rompus et de mousses gluantes,

Immonde rendez-vous où mille êtres visqueux

Croisent obscurément leurs légions fuyantes.

 

Or, parmi ces débris de corruptions lentes,

On voit, immaculé, splendide, glorieux,

Le nénuphar dresser sa fleur étincelante

Des blancheurs de la neige et de l’éclat des cieux.

 

Il surgit, noble et pur, en ce désert étrange,

Écrasant ces laideurs qui le montrent plus beau,

Et, pour lui faire un lit sans tache en cette fange,

 

Ses feuilles largement épandent leur rideau,

Et leur grand orbe vert semble être, au fil de l’eau,

Un disque d’émeraude où luit une aile d’ange.

 

 Louis DANTIN, extrait de : « Le Coffret de Crusoë »