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06 mars 2017

Le Maître et son Rapace : la force du Regard

Depuis ce 12 janvier 2017, voici l’histoire d’un dessin, d’une photo,
d’un homme hors du commun !
 

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   ULTIME MISE A JOUR - en bas de page - CE MARDI 28 FEVRIER.  

   La date de la prochaine publication est incertaine.  

   Elle sera annoncée plusieurs jours à l'avance : venez voir de temps à autre ... 


Il me plaisait de remémorer ici, sur Hautetfort, cette histoire déjà publiée une première fois sur mon précédent blog Overblog, aujourd'hui délaissé. Le dessin que vous allez (re)découvrir m'a permis de vivre une histoire personnelle riche et émouvante.

L'article sera mis à jour régulièrement, grâce à de nouveaux éléments, apportés en fin de page. Ces mises à jour seront chaque fois annoncées en haut et bas d'article.

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JEUDI 12 JANVIER 2017

Aujourd’hui, je suis impatient et heureux de vous présenter le début de l’histoire de cet être d'exception, Monsieur Jean-Pierre Vergès, et et de son hibou grand-duc.

Vous l'avez probablement remarqué, depuis le temps que j'écris des articles pour mes blogs : c'est dans ma nature, j'ai besoin d'en savoir toujours plus, encore et encore, à propos des dessins que je réalise. Puisque chacun d'eux trouve son inspiration dans une photo, parfois personnelle, qui m’a attiré et qui repose - pour celui qui a appuyé sur le déclencheur - sur l’envie de garder en souvenir un instant visuel privilégié et exceptionnel, je cherche à comprendre tout ce qui entoure cet instant devenu définitif et ce qu’il signifie. Et si j'ignore tout de l'origine d'une photo, je cherche à la découvrir, j'entreprends de longues et captivantes recherches pour mieux cerner ce qu'elle représente. Cette démarche me passionne à chaque fois.

Trêve de bavardages : commençons donc par ... le début de cette histoire !

Nous sommes en 2004. Des amis venus des Pays-Bas, Mirjam et Sébastien, me font découvrir une impressionnante photo chargée pour eux de souvenirs et d'émotions, ça se lit dans leurs yeux, ça s'entend dans leur voix : ce regard que la pellicule a gravé me charme dès le premier coup d’œil. A ce moment déjà, ils me parlent de ce hibou grand-duc et de son Maître. Je me lance alors le défi de les dessiner méthodiquement avec la pointe de mes portemines : nul doute, le plaisir promet d'être au rendez-vous : il sera immense !

Avant d'apposer ma signature au bas de ce dessin, il m'a bien sûr été nécessaire de me pencher de longues heures sur ce puissant échange de regards. C'est sûr, à mes yeux : ces deux-là, immortalisés sur la pellicule, se connaissent parfaitement et sont même inséparables. Cela se devine, cela se voit ! Mais qui est le Maître, est-ce l’Homme ou le Grand-Duc ? Ne sont-ils pas, simplement, compagnons ? L’oiseau soutient, immobile et fier, ce regard, aussi autoritaire que respectueux, qui le fixe et l’observe. Quelle intensité ! Leurs yeux se parlent, mais ne se défient pas. Pourquoi en auraient-ils besoin ?

 

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01 - dresseur - gros plan visage

Ils s’apprécient !

04 - hibou - gros plan

Ils s'aiment !

Cher lecteur, chère lectrice, pour vous, pour moi, j'ai cherché, cinq ans plus tard, à connaître plus en détails leur histoire, celle de mon dessin : la voici, telle que mes amis me l’ont alors contée plus en détails en 2009, la voici avec tout ce que j'ai pu y ajouter moi-même par la suite...

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DIMANCHE 15 JANVIER 2017

Tout d'abord, parlons de Marc. Néerlandais lui aussi, il est à la fois artiste, artisan, réputé restaurateur d’antiquités, forgeron et horloger. Mirjam et Sébastien le comptent parmi leurs proches. En 1990, Marc quitte son pays pour un long pèlerinage qui doit le mener à Saint-Jacques-de-Compostelle. En cheminant dans le sud de la France, il rencontre un autre pèlerin, Jean-Pierre, accompagné de son chien et d'un faucon - pèlerin, lui aussi !- juché sur son épaule : lui s’est mis en route depuis son village natal. Il est Catalan et habite au pied du massif du Canigou, dans les Pyrénées-Orientales.

Marc apprécie très vite la compagnie de cet homme jovial et chaleureux, portant un fin collier de barbe blanche bien soigné, et coiffé comme il se doit - vu ses origines - d'un chapeau rouge. Ils sympathisent et marchent ensemble, à l'unisson, dans un but commun propice à la création de liens profonds et durables.

Effectivement : ils se lient d'amitié. Chaque année, Marc et son épouse Linda prennent la route vers le Sud, destination le Vallespir, la vallée du fleuve Le Tech, où Jean-Pierre les accueille. Bientôt, les deux passions de Jean-Pierre, les rapaces et les vieilles pierres, n'ont plus de secrets pour eux.

Les rapaces ? C’est que le faucon pèlerin que Marc a connu sur les chemins de Compostelle n’est pas le seul oiseau de ce sympathique compagnon de voyage : le Catalan recueille et héberge tous les rapaces blessés et malades, victimes d’accidents ou d’empoisonnement qui, sans son aide, périraient. Sa maison est un refuge, il sauve et ramène à la vie tous ces oiseaux sauvages en perdition qu’on lui apporte de toute la région.

Les vieilles pierres ? Depuis 1981, bien plus que son Président, Jean-Pierre est l'âme d'une association de bénévoles comptant beaucoup de jeunes, s'occupant de la restauration et de la reconstruction d'une vieille église romane située à deux pas de chez lui, près de Sant Marti de Cortsavi, consacrée en 993, reconstruite une première fois en 1159, église paroissiale du XVIe siècle, et abandonnée depuis.

Marc et son épouse, quant ils rencontrent nos amis communs néerlandais, sont intarissables : ils parlent, racontent, et au travers de toutes ces confidences, Mirjam et Sébastien découvrent un être d’exception qu’ils ont envie, eux aussi, de rencontrer. Mais Marc décède suite à une longue et pénible maladie… 

Leur rêve prend tout de même forme : ce sera un hommage à leur ami ! La tête emplie de tous ces souvenirs qui leur ont été confiés, ils partent, en 2003, dans les Pyrénées, dans le but de rencontrer l’ami de leurs amis, dans le but de connaître cet homme passionné, comme eux, de nature et de culture, dans le but de voir de leurs propres yeux ces rapaces blessés qu’il recueille chez lui, dans le but d'admirer la reconstruction de cette église. Très ému, Jean-Pierre les accueille chaleureusement : eux ont l’impression de l’avoir toujours connu !

En arrivant chez lui à Arles-sur-Tech, on est accueilli par poules et poussins, mais aussi chiens, canards et oies, et surtout rapaces qui prennent l'air au soleil, retenus à des blocs ou piquets par des longes et tourets. Le plus impressionnant de tous, précisent-ils, c'est ce hibou grand-duc recueilli à l'époque tout jeune et blessé, encore avec ses plumes de duvet, et qui ne pouvait plus que voleter. Notre homme le soigne comme son enfant. A l’intérieur de la maison, le ménage d’un homme seul ; sur l’armoire, une photo-souvenir de sa maman, décédée, dont il s’est occupé jusqu’à la fin.

Quant à l’église Sant Martí de Cortsavi, son autre passion, ils m'invitent à la découvrir sur ce site présentant dans ses moindres détails l’historique, l’architecture et l’incroyable travail de l’association que Monsieur Vergès a créée en 1981, appelée  "Salvaguarda de Sant Martí de Cortsavi".

http://www.guideduvallespir.com/accueil/vallespir-tourism...

Vous vous en doutez, l'histoire ne s'arrête pas ici : lorsque je l'ai publiée sur mon précédent blog en janvier 2010, il y a tout juste sept ans, elle ne faisait, mais je ne m'en doutais pas encore vraiment, que commencer.  Permettez-moi de vous demander de patienter quelques jours, tout au plus jusqu'au prochain week-end, pour en découvrir la suite...

 

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Prochaine mise à jour le dimanche 22 janvier en journée.

 

DIMANCHE 22 JANVIER 2017

Un matin d'octobre 2009 (le dessin était encadré depuis cinq ans déjà), mes amis Mirjam et Sébastien prennent une tasse de café et un petit verre chez moi. Nous parlons de loisirs, de la société (nous refaisons un peu le monde !), de mes récents dessins au portemine, de Jean-Pierre et bien sûr de son fidèle compagnon grand-duc...

Qui  de nous émet l'excellente idée de prendre de ses nouvelles ? Je ne sais plus, mais peu importe. L'idée se concrétise bientôt : je photocopie mon dessin et Mirjam le joint à une lettre.

De mon côté, quelques recherches sur internet me mènent au site internet d'Arles-sur-Tech (en catalan : Arles de Tec - voir note ci-dessous) avec quelques liens qui m'intéressent beaucoup (j'y reviendrai).

Note :
Merci à M. Jean Pla Sabadell, conseiller municipal à la commune d'Arles, qui m'informa plus tard, lors d'un échange de courrier, que Arles-sur-Tech est le nom francisé d'Arles de Tec en catalan : le h, poursuivait-il, a été introduit on ne sait trop par qui ni pourquoi, en tout cas, par quelqu'un qui ne connaissait sans doute rien du catalan. Peut-être s'agissait-il d'un technocrate parisien qui, lors de la francisation forcée par l’État français des noms catalans, a ainsi reproduit le "h" du mot "technocrate".

Le 23 novembre, Jean-Pierre répond à mes amis. La veille de Noël, ils me parlent de cette lettre et me l'envoient, scannée, quelques jours plus tard... Pour moi, un cadeau venu du ciel. 

 

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Cette lettre est avant tout le reflet de sa bonté et de sa gentillesse. Jean-Pierre parle d'Arthuro, de Sant Marti de Cortsavi, de quelques malheureux soucis de santé qu'il explique avec philosophie et humour, et ses pensées vont aussi vers Linda ; je vous ai parlé moi-même de tout cela, c'est un peu comme s'il me répondait, comme s'il tenait à nous expliquer. Ces mots font chaud au cœur. Et quel bel en-tête de lettre avec cette maxime qui lui va comme un gant (de fauconnier) : la beauté est dans l’œil de celui qui regarde. 
 

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Après avoir lu cette lettre, je n'ai qu'une envie, montrer mon dessin sur le blog, raconter cette histoire de Jean-Pierre et de son grand-duc que j'ai commencée par la fin, peut-être le faire savoir dans son village, parmi ses amis que j'imagine nombreux : tout cela à la condition bien sûr que quelqu'un, là-bas parmi ses proches, trouve l'idée plaisante et lui demande son accord. Mais qui contacter ? Non, pas son association de sauvegarde de Sant Marti de Cortsavi dont il est Président : je n'ose pas, d'autant plus que je voudrais le surprendre, par l'intermédiaire d'un de ses proches !


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A quelle porte frapper ? A qui écrire ? En voyageant sur les liens du site de la municipalité d'Arles-sur-Tech (je vous avais promis d'y revenir), je découvre le site internet d'une bien sympathique chorale.
 
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Les quelques mots que je lis sur ce site me réjouissent énormément !

"Après deux mois de vacances, l’Ensemble Vocal a repris ses activités par un stage de 3 jours à Corsavy, les 4-5 et 6 septembre. Ce stage a été suivi d’un concert, dont le bénéfice est allé à l’association “Salvaguarda de SantMarti de Cortsavi”, concert donné dans la vieille église restaurée par notre ami Jean-Pierre Vergès. L’émotion était au rendez-vous. Concert et journée inoubliable." (J. Weckel)

Chef de choeur : Thomas DELIGNY - Présidente : Josiane WECKEL

 
Ainsi, je trouve, en la personne de la Présidente Josiane Weckel, une amie qui l'apprécie beaucoup ! L'adresse de messagerie de cette dame est mentionnée. Fébrile, je lui écris un message dont vous devinez la teneur. Je me présente et lui propose de découvrir mes dessins à travers mon blog. Surtout, je lui explique en quelques mots comment m'est venue l'idée de dessiner le fauconnier et son grand-duc (un dessin dont il a reçu il y a peu de temps une copie format A4). Je lui envoie bien sûr une image JPEG du dessin et lui propose de demander à Monsieur Vergès s'il accepte que je raconte sur mon blog son histoire, tout en se prêtant à un petit interview. Et elle me répond...
 
Jeudi prochain, je vous montrerai la réponse reçue :
quelle joie, quelle émotion, en lisant et relisant les mots qu'elle contient...

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 JEUDI 26 JANVIER 2017

... et elle me répond très vite, le 4 janvier 2010, en ces termes...

 

Je viens de prendre connaissance de votre émail au sujet de Jean-Pierre Vergès. Je ne suis pas surprise de l'effet qu'a produit sur vous la photo de Jean-Pierre, et votre dessin lui rend hommage. Sa forte personnalité, sa détermination se lisent sur son visage, mais son cœur, sa générosité et sa gentillesse ne se comprennent qu'à son contact, et si vous ne le connaissez pas encore, je vous recommande de le faire sans tarder.
 
Bien sûr, je serai heureuse de faire connaître votre blog, je vais faire le nécessaire auprès des membres de l'Ensemble vocal, mais aussi auprès de l'association théâtrale d'Arles/Tech et des autres associations.
 
Je suis allée voir votre blog et j'ai pu voir (trop vite, mais j'y reviendrai) vos dessins et vos commentaires qui rendent vos dessins encore plus intéressants.
 
Je vous remercie de me donner l'occasion de rendre un peu à Jean-Pierre ce qu' il nous donne si généreusement : son amitié.
 
Avec tous mes sincères remerciements,
Josiane Weckel.
 

J'osais à peine espérer un accueil aussi immédiat et chaleureux.

Le contact est créé et gardé ; nous convenons de la date de publication de l'article, le mardi 26 janvier.
 
Le samedi 23 janvier, je reçois cet important courriel de Josiane :
 

23 JANVIER 2010
 
Voilà c'est fait, du moins une partie. Chaque personne que j'ai prévenue en fera autant de son côté.
J'ai pu voir Jean-Pierre entre deux Galettes des rois :-))).  Je lui ai dit deux mots sur votre projet. Il a été très étonné qu'on parle de lui aussi loin. (toujours aussi modeste notre Jean-Pierre).
Il n' a pas Internet, mais une de ses amies proche, Ingrid, s'en occupe à sa place. Voici son adresse : (...) 
Le lendemain il a mis ces photos dans ma boîte à lettres pour que je vous les envoie. Je les ai scannées...

église 1
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Actuellement il est très préoccupé par la recherche de fonds pour la construction du clocher de Sant Marti. Ce n'est pas une chose facile pour lui.
Voilà ce que je peux faire pour l'instant, je vais aussi imprimer quelques cartes avec l'adresse de votre blog, car je n'ai malheureusement pas les adresses mail de tout le monde.
Je fais bien sûr cela pour Jean-Pierre, mais j'estime aussi que votre blog vaut le détour, je n'ai pas encore tout vu, car le temps me fait parfois défaut.... Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais depuis la retraite le temps passe plus vite :-))) 
En tout cas vous avez beaucoup de talent et pour les dessins et pour la forme originale de les mettre en valeur.
J'attends impatiemment la parution de votre article sur Jean-Pierre. A bientôt, Josiane.
 
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 DIMANCHE 29 JANVIER 2017

L'histoire présentée ci-dessus peut donc être publiée. Et je m'y attelle sans tarder.

Quel étrange sentiment de savoir qu'à mille km de chez moi, de nombreuses personnes attendent...

Bien sûr, j'accompagne la publication du dessin complet :

 
"Le Maître et son rapace ou la force du regard"
 
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 Prendre une belle photo, c’est commencer une histoire par la fin ! "
(Valérie ZENATTI, journaliste, professeur, traductrice et romancière d'origine juive)

Deux jours plus tard, Jean-Pierre m'écrit déjà par l'intermédiaire d'Ingrid, une voisine et amie de longue date...

Cher ami,

Merci pour le blog......... c'est super et je suis heureux que vous mettiez mon Grand-Duc en valeur.

Je suis émerveillé (et le mot est faible !) par la qualité de vos dessins, pleins de vie !

Comme fauconnier sachez bien que je n'utilise jamais de cage car jamais un fauconnier ne met un rapace - quel qu'il soit - en cage (blocs de faucons ou d'autours, longe, tourets........ oui ! mais surtout jamais de cage car les rapaces se blessent la cire du bec, dès qu'ils sont en cage........... C'est la raison pour laquelle nous ne pouvons que les "jardiner", terme de fauconnerie : blocs dans un pré ou une pelouse).

En ce qui concerne le Grand-Duc (son nom est Arthur) : c'était un jeune grand-duc, blessé malheureusement par un coup de feu........... un vétérinaire a essayé de le sauver, puis me l'a confié car il avait perdu une partie de ses capacités pour chasser et n'a jamais pu récupérer de cet handicap : il peut "voleter" mais nous restons ensemble obligatoirement........... ad vitam aeternam............

Merci pour tout et mes amitiés à Linda, Myriam et Sébastien.

Je n'ai jamais oublié Marc Van Baars - un homme hors du commun qui m'a aidé sur le "chemin".

Jean Pierre Vergès

 

Très vite après la parution de l'article, je reçois aussi des témoignages via ma boîte de messagerie personnelle. C'est merveilleux, Jean-Pierre, là-bas, au pied des Pyrénées, fait l'unanimité : ses qualités humaines sont à chaque fois mises en exergue. Je mesure, à travers tous ces mots, l'ampleur de ces valeurs essentielles que sont l'estime, le respect et l'amitié qui le lient à chacun de ses amis. Je le pressentais, en introduction à cette histoire, Monsieur Vergès est un Homme d'Exception : je l'avais d'emblée perçu en découvrant la photo. Mes amis me l'avaient dit ; sans savoir qu'un jour j'en parlerais de cette manière.
 
Voici ce que m'écrit Josiane, Présidente de la chorale, qui a parlé de la publication de l'article dans son entourage et communiqué mon adresse email...

Cher Jean-Claude, à la lecture de votre blog, l'émotion est partagée des deux côtés. Il y a d'un côté l'émotion de voir Jean-Pierre mis à l'honneur, et de l’autre l'émotion de la découverte de votre talent. J'ai eu un peu de temps pour me promener à l'intérieur du blog, je n'ai pas encore tout vu ni tout lu, mais ce que j'y vois me plaît tellement.

Lorsque j'aurai tout exploré je vous dirai ce qui m'a le plus touché. Jusqu'à présent c'est la souffrance que j'ai lue sur le visage d'un petit garçon qui porte des briques trop lourdes pour lui, et le regard du renard dans lequel je n'ai vu aucune cruauté, mais une détermination.  Je ne connais pas assez la technique du dessin pour oser simplement donner un avis. La seule chose qui me vient à l'esprit, c'est le mot "merveilleux". Tout est merveilleux. 

Voilà, vous en faites ce que vous voulez  :-)))

Je viens d'écrire ce poème, très vite, c'est maladroit mais je ne le renie pas...

Dites-moi pourquoi je ne suis pas étonnée

Que notre ami Jean-Pierre soit ainsi honoré ?

Vous ne le connaissez pas ?  Je vais vous en parler :

Il a l’aspect d’un roc, de cette pierre dure

Que durant des années il a su façonner.

De sa jeunesse il n’a plus l’élégante stature,

Mais son regard est plein de générosité.

Il vous parle d’oiseaux, d’abeilles et de pierres

Avec un enthousiasme qui vous les fait aimer.

Mais son plus grand amour je sais que c’est sa Terre

Celle de ses racines, ce sont ses Pyrénées.

Cette belle rencontre de Jean-Claude et Jean-Pierre

N'est pas due au hasard, c’est bien plus que cela

Une chaîne d’amitié qui passe les frontières

Il  y a fort à parier qu’ils n’en resteront pas là.

Un grand Merci Jean-Claude,

Un grand Merci Jean-Pierre,

Vous êtes tous les deux des êtres exceptionnels.

Et puis il y a la suite du courriel de Josiane, qui a elle-même reçu des messages qu'elle me transmet...

De Marie-Claire : "Un régal, ce site".

De Nicole : "'Quel plaisir de voir et lire, puisque JC Vincent nous offre les deux, que de belles rencontres peuvent se faire. Je ne saurais que te dire merci car je suis ravie de voir ce beau dessin de Jean-Pierre et d'Arthur, son ami Grand-Duc. Bises et à bientôt."

D'ingrid : "Quel merveilleux dessin de JP avec Arthur (le grand-duc). C'est vrai que le regard sort du commun : il y a vraiment beaucoup à lire dedans : amour, complicité, jeu, humour... Tout Jean-Pierre, non ?"

Et d'autres encore mais de vive voix.

Samedi, nous organisons un repas, Jean-Pierre sera des nôtres, je penser que nous parlerons beaucoup de vous. Amicalement, Josiane.

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MERCREDI 1er FEVRIER 2017

Ingrid, cette dame qui m’avait très vite fait parvenir le commentaire de Jean-Pierre reproduit précédemment, m'a adressé ce chaleureux message : 

Bonjour Monsieur Vincent,

Je viens de visiter votre blog et l'histoire de Jean-Pierre. Je suis touchée.

Votre blog est magnifique, votre travail un régal pour les yeux........... Vous êtes un être sensible et vous savez partager cette sensibilité..........  dans ce monde d'aujourd'hui : un cadeau ! ! !

Je vous envoie encore quelques photos : Jean-Pierre avec l'autour Onix, Jean-Pierre en montagne avec son sac à dos et une photo de Sant Marti du compte-rendu que nous envoyons chaque année aux adhérents de l'association "Salvaguarda de Sant Marti de Corsavy".

Je vous remercie et n'hésitez pas à me contacter, si je peux faire quelque chose pour vous.

Avec mon amitié,

Ingrid Matthys

Je vous montrerai bientôt, bien sûr, les photos qu’elle m’a envoyées. Vous verrez : celle avec l'autour Onix, tout particulièrement, est superbe, très différente mais tout aussi attirante que celle que j’ai dessinée…  Un autre regard, mais tout aussi fort !

Je continuerai par cet autre message reçu : les mots parlent d’eux-mêmes... (Jean-Pierre, soyez heureux. Si vous ne le saviez pas encore, maintenant, vous ne pouvez l’ignorer : on vous aime, là-bas, autour de vous, au pied de votre Terre).

La journée a bien commencé avec la joie de découvrir votre dessin et l'article parlant de Jean-Pierre.

Jean-Pierre fait partie de nos amis rencontrés ici à Arles-sur-Tech. Vous parler de lui, des heures de conversations sur plein de sujets, de repas pris ensemble dans la joie, la musique, le chant, de partager ses passions, de la générosité de son accueil, je n'y arriverais pas en cent feuilles de papier.

C'est un enchanteur qui parle de ses passions … avec passion !  Fin orateur, il a la facilité de nous faire entrer dans son monde et son humanisme.  Nos petits-enfants ont eu la chance de le côtoyer, c'est important pour les jeunes de faire des rencontres comme celle-là.  Jean-Pierre a réussi à les captiver pendant des heures en leur présentant ses rapaces, son église, ses abeilles et sa philosophie sur le monde.

Vous dire que parler de Jean-Pierre devrait se faire au coin du feu de bois, résume l'atmosphère généreuse qui se crée de suite avec lui.

Jean Pierre a aussi écrit un livre retraçant des histoires du Vallespir.  

Votre dessin est sublime de finesse et de sensibilité, de justesse dans son approche quand on connaît Jean-Pierre : vos amis vous ont bien parlé de lui et ont su vous faire ressentir le personnage.  J'attends la suite de l'histoire avec impatience.  Vos dessins révèlent votre talent et votre blog donne envie d’aller y voir jusqu'au bout, le passage des photos à vos dessins est impressionnant.

Bernadette.

 Je reçois aussi ce message d' une lectrice parmi les plus fidèles et attentives de mon blog : 

MonsieurJean-Pierre Vergès est sans nul doute une personne que beaucoup aimeraient voir, connaître, écouter. Merci, cher Jean-Claude, de nous faire "rencontrer" cet homme d'une personnalité si attachante, cette belle âme... Je viendrai souvent lire et relire votre article et les messages que vous portez si amicalement à notre connaissance.

Aurore, le 28.01.2010 à 19h36

Puis, cet email qui m'a réjoui ; mes amis Mirjam et Sébastien m'avaient promis de lui parler de mon dessin et de mon blog... :  

Je suis l'épouse de Marc, c'est si bon de trouver ce blog. L'histoire de l'amitié de Marc et Jean-Pierre reste très vivant, merci pour tout ça...

Linda Majoor, le 01.02.2010 à 11h49

Et ces deux autres encore, de deux dames dont je ne sais rien d'autre...

Quel bel hommage à Jean-Pierre.

Habitant Corsavy avec mon mari Christian, la vie a permis que nos chemins se rencontrent. C'est vraiment quelqu'un d'authentique, de passionné et passionnant. On ne se lasse jamais de l'écouter tant il a à nous apprendre.

Et félicitations pour votre dessin qui porte bien son titre !

Isabelle, le 02.02.2010 à 18h29

.......................................................................................................................................................................

Je suis une Arlésienne (c'est ainsi que l'on nomme les habitants d'Arles-sur-Tech) et je suis ébahie de découvrir ici notre ami Jean-Pierre dont vous parlez avec justesse et élégance. Le portrait, dans les deux sens du terme, que vous en tirez est copie conforme de la réalité, criant de vérité et je vous remercie de ce que vous avez fait pour lui.

Je ne vous dirai presque rien de vos dessins, vous le savez déjà tant on vous l'écrit à ce que j'ai vu en parcourant votre site, ils sont tout simplement époustouflants. On vous a dit aussi que votre talent pour les mettre en valeur est immense? Je ne peux que le répéter alors. Félicitations.

Je reviendrai vous lire ce week-end, c'est certain.

Une Arlésienne, le 05.02.2010 à 11h21

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DIMANCHE 5 FEVRIER 2017

Avant de vous présenter, comme promis, les photos qu'Ingrid m'a envoyées, voici le message que Josiane m’envoie...


Merci Jean-Claude, mais je suis gênée de la place que vous me donnez dans cette belle histoire.
Je n'ai été qu'un intermédiaire, heureuse de l'être, ça c'est sûr.
Merci à vous de nous donner la possibilité de vivre ensemble des moments d'intenses émotions.
Je continue à venir sur votre blog, afin de tout voir et de tout lire.
Je viens y puiser beauté, émotion et gentillesse.
Je vous embrasse affectueusement - Josiane

Josiane Weckel, le 07.02.2010 à 17h38

 
 
Place donc à ces deux magnifiques photos de Jean-Pierre et tout d'abord celle-ci, de Sant Marti, extraite du compte-rendu annuel envoyé en 2010 aux adhérents de l'association "Salvaguarda de Sant Marti de Corsavy".


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Jean-Pierre sur le massif du Canigou.


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Jean-Pierre et un autour.
 
L'effet boule de neige, assurément : d'autres courriels arrivent encore, sur le blog ou dans ma messagerie personnelle, trop nombreux pour les reprendre tous ici... Vous vous en doutez, l'histoire n'est pas terminée. Permettez-moi, avant de vous quitter jusqu'à mercredi, de vous dire combien Jean-Pierre me fait penser au personnage central du livre de Jean Giono, "Que ma joie demeure", cet hymne à la vie, ce chant merveilleux en l'honneur de la nature, des hommes et des animaux. Là-bas, en Provence, les enseignements de Bobi, cet homme au cœur généreux, révolutionnent le triste labeur des paysans qui peinent tristement sur leurs terres, chacun de leur côté, sur le rude plateau de Grémone. Bobi leur révèle une vie meilleure, plus authentique, moins égoïste, en harmonie avec la nature, les hommes et les animaux. Une vision idéaliste sans doute, mais émouvante et interpellante. Ces hommes comprendront le message de joie et d'espérance que leur apporte le sage Bobi, et, malgré les difficultés de l'existence, la joie renaîtra sur le plateau. Certes, Jean-Pierre n'est pas Bobi... mais ils ont tous deux des points communs, c'est sûr !
 

MERCREDI 8 FEVRIER 2017

L'histoire n'est pas terminée, écrivais-je dimanche ! Avec bien sûr, l'accord de les publier sur mon blog, je reçois d'autres nouvelles de Jean-Pierre... En réponse aux questions que je lui ai posées - pour mieux le connaître - par l'intermédiaire d'Ingrid, il m'écrit longuement, aimablement...

Bonjour Monsieur Jean-Claude, ici Jean-Pierre, voici le message que je voudrais vous transmettre...

Le blog que vous réalisez est super-intéressant et vous êtes remarquable en ce domaine du coup de crayon et du conte : mais en toute franchise, je voudrais vous dire que les qualificatifs employés à mon égard me gênent, me troublent et m’interpellent parfois, ainsi que les réactions très sympathiques qui me sont envoyées. Arrivé à un âge « respectable »,  je pense être parvenu à me connaître sans tricher et je sais que je suis un homme comme tous les hommes avec des qualités et des défauts : arrivé à l'orée de ma vie, je suis conscient - me semble-t-il - de mes imperfections et de mes faiblesses : je les connais !  Vaste programme pour y faire face !

Jean-Claude, votre initiative concernant Arthuro m'a fait énormément plaisir et votre démarche ne peut que faire aimer la nature et les rapaces de jour et de nuit. Les explications qui suivent, et toutes celles sur la fauconnerie ainsi que mon "chemin" dans l’approche de cette technique, peuvent être utilisés par vous et pour votre conte.

Vous demandez à en connaître un peu plus sur Arthuro mon Grand-Duc … 

Handicapé depuis tant d'années à la suite d'un malheureux coup de feu, il m’avait été confié par un vétérinaire.  J'ai fait tout ce que j'ai pu pour lui permettre de survivre malgré son handicap pour la chasse. Il est libre dans ma petite propriété : il a de l'eau, un repas substantiel (un demi-pigeon par jour), une cabane de tronc d'arbre, du soleil et de l'ombre quand il le désire… et il se rappelle à mon bon souvenir quand j'oublie parfois de lui porter son "repas" ...  Il me tue alors une poule ou un canard et leur mange la tête en premier (plat favori, souvent, des rapaces) ... Nous vieillissons ensemble - j'aimerais "partir" avec lui dans la "fosse commune du temps" - et il a actuellement autour de 30 ans : c'est un âge très respectable pour ce beau rapace de nuit (un traité de fauconnerie très ancien nous parle d'un fauconnier syrien qui détenait un Grand-Duc âgé de 35 ans) .  Inch Allah !

Vous me demandez comment j’ai pris goût à la fauconnerie…

 Je l’ai pratiquée, comme l'autourserie, par le biais de la sécurité des vols dans les aéroports car j'ai travaillé pour l'aviation ; le péril aviaire est réel sur beaucoup d’aérodromes et bien des accidents sont arrivés dans l'aviation civile et militaire à cause des collisions avions/volatiles. Il y a divers moyens pour effaroucher les oiseaux sur les aéroports : la technique qui consiste à utiliser les rapaces dressés pour faire fuir mouettes et goélands par exemple, est un de ces moyens.

Un jour j'ai eu connaissance de l'expérience d'un éminent ornithologue espagnol Félix Rodriguez de la Fuente qui avait réussi à chasser avec des faucons les petits canards d'un aérodrome important en Espagne. Cet éminent personnage est mort en accident d'avion au Canada en faisant un reportage sur les loups. Un peu plus tard, j'ai connu l'expérience réussie d'un grand autoursier hollandais Monsieur Arendonk qui était arrivé à chasser les gros goélands de l’aéroport de Leeuwaarden aux Pays Bas... Il  est "parti" aussi…  J'ai également fait appel à un éminent autoursier et fauconnier français, qui lui aussi réussit à chasser mouettes et goélands de certains aéroports. Cet homme remarquable est devenu mon ami, Monsieur Prévost Bernard.

Un jour, j’ai quitté l'aviation ; je garderai cette passion dans mon cœur tant que la santé me le permettra car la fauconnerie est un sport, une manière de vivre, une éthique.

Cette santé et une certaine disponibilité m'ont aussi permis d'essayer de sauver, avec de nombreux amis, une très ancienne église romane du XII°S, totalement ruinée "Sant Marti de Cortsavi" : plus de 2500 personnes de toutes confessions,  de tous milieux et de toutes nationalités, jeunes pour la plupart, ont à ce jour participé à ce sauvetage de notre patrimoine architectural et culturel catalan. C’est une histoire étrange et particulière qui restera dans le cœur de chacun.

Je terminerai par la passion des abeilles qui me fut transmise par un oncle qui les aimait beaucoup : ce fut de l'apiculture traditionnelle avec des récoltes pour la famille. Je fus initié à ce monde par mon oncle, décédé depuis 20 ans, un monde personnel, curieux, étrange. Je parle de l'apiculture artisanale et familiale avec ses traditions un peu particulières.

Monsieur Jean-Claude, je vous remercie pour tout votre art au service de la nature. Vous pouvez utiliser les explications de ma réponse à votre guise.

Jean-Pierre.

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SAMEDI 11 FEVRIER 2017

Quant à l'église Sant Marti, cette autre passion de Jean-Pierre à propos de laquelle il se montre discret et modeste, voici l'historique de sa rénovation, récemment conté, lu sur Internet.

(Située à 1 km du village de Corsavy, l'église Sant Martí de Cortsaví - Saint Martin de Corsavy - fut consacrée en 993, puis en 1158 suite à une reconstruction. Elle est dans le plus pur style roman du Vallespir. Elle restera église paroissiale de Corsavy jusqu'à la fin du XVIe siècle. Elle est actuellement en cours de restauration grâce aux bénévoles de l'association Salvaguarda de Sant Martí de Cortsaví et de la municipalité de Corsavy.)

"De retour d'une excursion au Canigou, en août 1981, un Breton et un Catalan décidèrent de sauver les magnifiques ruines de l'ancienne église Saint Martin, proche du village de Corsavy, en Vallespir. Appelé "église vieille" depuis son abandon au XVIe siècle, cet édifice fut consacré en 1158 par Artal, évêque d'Elne. En partie détruit lors du tremblement de terre de la Chandeleur 1428, puis pillé vers 1500 et depuis en ruines, ce bâtiment devint une carrière de granit, fut transformé en citerne de récupération des eaux de pluie aux alentours de 1870 puis abandonné en 1917.

En août 1981, une équipe de jeunes, encadrée par nos deux montagnards, commence à défricher autour et dans l'église où une importante végétation a pris place. Une association "Salvaguarda de Sant Martí de Cortsaví" est créée, regroupant une dizaine de personnes motivées par la préservation du patrimoine local.

En 1982, l'association demande à la municipalité d'acheter les ruines et l'acquisition est réalisée l'année suivante. Quelques temps plus tard, un protocole définissant les buts poursuivis et les rapports entre l'association et la municipalité est signé.

Durant les trois premières années, l'église est dégagée de la végétation qui l'étouffe et le site est aménagé. Le monument est débarrassé de la terre et des gravats qui l'envahissent. Les vestiges  du clocher sont mis à jour dès 1982. En 1983 et 1984, des sondages sont exécutés.

En 1985 commencent les premiers travaux de restauration proprement dits : dégagement des restes du clocher du Xe siècle, remontage des murs, construction d'un escalier d'accès en taille de pierre pour commencer à reconstituer les parements intérieurs disparus, grâce aux calepinages fournis par le service départemental de l'architecture des Pyrénées-Orientales.

Des chantiers avaient lieu régulièrement chaque année pour continuer à sauver ce patrimoine. Il y a quelques années encore, de nombreux jeunes se relayaient sur le site, y apprenant la maçonnerie, la construction des murs en pierres sèches, le gâchage du mortier de chaux, la taille du granit et la forge des outils.

Au cours des 30 dernières années ont été restaurés, reconstruits même, le chevet ainsi que la chapelle latérale sud et leurs toits d'ardoises, la porte monumentale, les piliers et l'arc triomphal, l'abside et tous les murs intérieurs de l'église, dont les parements avaient disparus au cours de ces cinq cents ans d'abandon et de pillage. En 2003, le coffrage puis la voûte en pierre en arc brisé sont réalisés. En 2005 sont posées les dents d'engrenage, les corniches extérieures ainsi que le toit d'ardoises brutes (200m²). Puis les deux acrotères est et ouest sont réalisées. Dès 2012, le clocher du Xe XIe siècle commence à être relevé avec les autorisations de la DDE, de l'architecte des bâtiments de France, de la DRAC et des monuments historiques.

L'on peut dire aujourd'hui que les ruines de Sant Martí de Cortsaví sont sauvées. Le site est aménagé, entretenu par la municipalité, et la restauration se poursuit. Cette mission nécessite des équipes plus petites et déjà formées. Cette action bien ancrée dans le pays indique que les travaux se poursuivront pour que restent vivantes l'histoire de ce pays, sa civilisation, sa culture, son architecture médiévale.

Le chantier de Saint Martin de Corsavy est exemplaire dans la mesure où s'est instauré un dialogue permanent entre bénévoles, architecte des bâtiments de France et municipalité, ayant pour but la mise en valeur d'un monument médiéval, littéralement arraché à l'oubli, animé par la population locale et de plus en plus visité dans cette région touristique du Vallespir."

Jean-Pierre Vergès

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MERCREDI 15 FEVRIER 2017

Sur mon précédent blog en 2010, l'histoire "Le Maître et son rapace ou la force du regard" s'arrêtait ici.

Avec, en conclusion, quelques messages choisis, tous aussi chaleureux les uns que les autres, parmi tous ceux qui me parvenaient, dans ma messagerie personnelle ou dans un commentaire, des messages qui parlaient de cet homme hors du commun… 

Si je ne peux que lui donner raison lorsqu'il écrit que, comme chacun, il a aussi des défauts et des faiblesses, du moins puis-je aussi affirmer, sans même le connaître, que ses qualités et richesses sont grandes et qu'il est bon de les mettre en valeur !

En lisant ces quelques lignes, j'ai réellement eu l'impression d'y voir mon grand-père.
C'est vrai, il a la main sur le cœur, et ses innombrables talents font de lui un homme Extraordinaire.
C'est un grand homme, qui aime avant tout le calme de sa région à laquelle il est très attaché.
Je me souviens des montées au Tresvents, au Canigou, de sa joie de vivre qu'il a encore d'ailleurs !
En bref, je voulais vous remercier pour ce portrait en beauté, en détail, d'un homme qui mérite le respect, et qui aime à rendre heureux les gens qui l'entourent :)

Je vous remercie très sincèrement, car il est tout de même rare de reconnaître un homme à sa juste valeur.
Vous avez su rendre mon grand-père tel qu'il est, sans artifice ni mensonge.

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La beauté de vos dessins m'épate...
L'histoire de Jean-Pierre Vergès et de cette modeste église m'émeut beaucoup ; je l'ai entr'aperçue en passant lors de ma visite à Corsavy, je regrette de n'avoir pas pris le temps de m'arrêter !
Les photos "avant-après" montrent l'ampleur du travail accompli, c'est remarquable !
merci de m'avoir fait connaître Jean-Pierre Vergès et une partie de ses talents.

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… mon mari et moi avons pris un repas en bonne compagnie, puisqu’il y avait, parmi les invités, Jean-Pierre.  Il nous a raconté des petites histoires vécues avec une telle passion qu'il nous aurait été impossible de nous ennuyer …

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… il est important pour les jeunes de connaître quelqu’un comme lui …

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... la vie a permis que nos chemins se rencontrent. C'est vraiment quelqu'un d'authentique, de passionné et passionnant.  On ne se lasse jamais de l'écouter tant il a à nous apprendre. ...

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… Jean-Pierre est un grand Monsieur avec un énorme cœur et des rêves plein la tête, rêves qui se réalisent grâce à sa passion qui se transmet rapidement à son contact …

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... Je n' ai pas encore vu Jean-Pierre, mais je connais déjà sa réaction à la lecture de cette histoire. Il a pleuré c' est sûr. … La première phrase qu’il vous écrit le définit bien : "Je suis heureux que vous mettiez mon grand-duc en valeur..."  Cette modestie n'est pas feinte, il est ainsi, les autres d' abord. …

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... Nous vous remercions d'avoir ainsi rendu hommage à Jean-Pierre qui apporte beaucoup à notre communauté par son attachement au riche patrimoine que nous ont légué nos ancêtres. …

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… Je n'ai pas revu Jean-Pierre depuis plus d'un an autrement que par Webcam. Ce fut d'ailleurs un grand moment de bonheur cette “webcam party” : eh dis ! tu me vois ?! oh c'est fabuleux ! et tu m'entends aussi ? attends, j'appelle tout le monde on va chanter ensemble !"…
J’ai connu Jean-Pierre sur le chantier de Sant Marti et il m’a appris à tailler le granit, j’avais 10 ans à l’époque. C'est un cadeau immense que vous lui avez fait là, lui qui est si humble. Il a dû être touché au plus profond de recevoir un pareil présent. ...

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...  Je suis ébahie de découvrir ici notre ami Jean-Pierre dont vous parlez avec justesse et élégance. Le portrait, dans les deux sens du terme, que vous en tirez est copie conforme de la réalité, criant de vérité et je vous remercie de ce que vous avez fait pour lui. ...

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MERCREDI 22 FEVRIER 2017

En février 2010 encore, je recevais deux demandes inattendues et similaires. Bien sûr, sans l'ombre d'une hésitation, j'avais marqué mon accord...

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Une demande par courriel :

De : Benjamin de tresvents.fr [mailto:-----XXX@---XXX.fr]
Envoyé : mercredi 3 février 2010 1:58
À : ----xxx@----xxx.be
Cc : Tres vents
Objet : La Force du Regard Jean-Pierre VERGES et son hibou grand-duc

Bonjour Jean-Claude,

Je me présente : Benjamin, fondateur du site tresvents.fr et ami de la famille Vergès. J'ai découvert avec plaisir votre blog grâce non pas à Jean-Pierre mais à votre lien vers notre site (merci beaucoup ça nous fait toujours plaisir de voir que notre site est utile).

Vivant temporairement au Canada (oui c'est moi les points verts de ce côté du monde sur la carte de votre compteur de visites), je n'ai pas revu Jean-Pierre depuis plus d'un an autrement que par Webcam. Ce fut d'ailleurs un grand moment de bonheur cette “webcam party”:

… eh dit ! tu me vois fils ?! oh c'est fabuleux !
et tu m'entends aussi ? attends, j'appelle tout le monde on va chanter ensemble !"…

J’ai connu Jean-Pierre sur le chantier de Sant Marti et il m’a appris à tailler le granit, j’avais 10 ans à l’époque.

C'est un cadeau immense que vous lui avez fait là, lui qui est si humble. Il a dû être touché au plus profond de recevoir un pareil présent. Je trouve d'ailleurs votre démarche artistique ingénieuse et remarquable, un grand bravo.

Nous serions très intéressés par présenter votre blog avec, si possible, en illustration votre travail sur Jean-Pierre. Notre site Tres Vents (nom emprunté du "Pic des trois vents" qui est le petit frère du mont Canigou) a été créé par une petite équipe dans le but d’aider et promouvoir les démarches culturelles, artistiques et artisanales du Vallespir. La documentation et le savoir de Jean-Pierre nous sont d'ailleurs d'une grande aide.

Nous serions très heureux si vous acceptiez la présentation de votre blog sur notre site.

Au plaisir et bonne continuation.

Benjamin Malassingne

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Cette autre demande émanant d'un conseiller municipal d'Arles-sur-Tech, Monsieur Jean Pla Sabadell, dont voici l'aboutissement :

 

En 2010, ni Jean-Pierre, ni ses amis et connaissances ne m'avaient parlé de cet autre talent de Jean-Pierre, celui d'écrivain. Je ne l'ai découvert que plus tard...

En 2005 en effet, Joan-Pere Vergès publiait aux "Presses Littéraires" le livre "Arrels de Ferro" (Racines d'acier) dont la traduction française était confiée à François Gorrée. Le succès était au rendez-vous, et après quelques temps, l'édition du libre était épuisée.

En juin 2012, le Bulletin municipal d'Arles-sur-Tech écrivait :

L'édition du livre Arrels de Ferro / Racines d'acier de Jean-Pierre Vergès était épuisée depuis quelque temps. Une deuxième édition a été réalisée et ce livre est actuellement disponible à la la vente à l'Office de Tourisme au coût de 17 €. Il s'agit de 33 anecdotes vraies qui se déroulent dans notre région. Les profits de la vente sont dédiés à l'Association Salvaguarda de Sant Marti de Cortsavi qui se consacre principalement à la réédification de la chapelle Sant Marti, entre Arles et Corsavy.

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SAMEDI 25 FEVRIER 2017

 
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Le 17 août 2012, le quotidien régional de l'Aude et des Pyrénées-Orientales L'INDEPENDANT écrivait :
 
Jean-Pierre Vergès est un Vallespirien pure souche.
Il réédite son livre d'histoires et anecdotes de la région. (propos recueillis par Denis Dupont).
Jean-Pierre Vergès a eu plusieurs vies. Après une carrière dans l'aviation, il a pris sa retraite dans son pays natal le Vallespir, et vient de rééditer son ouvrage bilingue Arrels de ferro, Racines d'acier. Il le présente et le dédicace aujourd'hui au Pressoir de la rue Saint-Ferréol à Ceret, autour d'une dégustation des vins du domaine de Caladroy.
Rencontre avec un homme surprenant, qui du haut de ses 75 ans (à peine passés) a toujours des choses à nous apprendre.

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Qu'est ce qui vous a poussé à écrire ce recueil d'histoires locales ?

Je pense qu'il est nécessaire pour les jeunes générations, mais aussi pour les autres de laisser une trace écrite sur ce qu'est notre culture et notre histoire. Même si aujourd'hui les jeunes ne lisent que très peu, un jour ils auront envie de connaître ces histoires et de comprendre un peu mieux, un peu plus le pays. C'est pourquoi j'ai écrit ces 33 récits.

Des histoires vraies ?

Bien sûr, j'en ai vécu beaucoup. J'ai eu aussi la grande chance de vivre longtemps avec deux femmes que j'ai beaucoup aimées, ma mère et ma grand-mère. Elles ont vécu jusqu'à 92 et 96 ans, elles m'ont raconté de très nombreuses anecdotes et histoires d'ici, je les ai toujours en mémoire. Il fallait les écrire avant que cela ne disparaisse. Quatre histoires se déroulent d'ailleurs ici à Céret, autour de Saint-Ferréol.

Le livre est bilingue français catalan, comment avez-vous écrit les textes ?

Cela dépend, certains ont été rédigés en français, d'autres en catalan. Après, avec un ami, François Gorrée nous les avons un peu retravaillés. Le texte en français était parfois un peu lourd par rapport au catalan, il fallait trouver des expressions propres sans trahir l'idée et en conservant la saveur de la langue. Les textes dans les deux langues sont présentés en vis-à-vis, cela peut aussi être un bon outil pour se perfectionner ou apprécier l'une ou l'autre langue.

Le livre est paru dans un premier temps il y a quelques années, pourquoi le présenter aujourd'hui ?

À la demande de plusieurs amis il a été réédité. Il était devenu introuvable, aujourd'hui il est de nouveau présent. Cela devrait faire plaisir à de nombreux lecteurs. Bernard le patron du Pressoir m'a proposé de le présenter. Et comme les recettes sont destinées à l'association pour la sauvegarde de l'église de Sant-Marti de Corsavy, et que lui comme moi nous sommes amoureux des vieilles pierres et de l'art roman, je n'ai pas pu refuser.

Pourquoi Racines d'acier ?

Un grand nombre d'histoires vécues se déroulent dans le pays minier du Haut Vallespir, cette idée de mêler les racines et le travail du fer m'a intéressé et parle aussi aux gens d'ici.

Une suite est-elle imaginable ?

Là aussi on me le demande. J'y pense, j'ai déjà une quinzaine de nouveaux textes écrits. Dans trois ou quatre ans, si Dieu le veut, cela sera d'actualité.

 
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L'an dernier, le 19 juillet 2016, ce même quotidien parlait à nouveau de Jean-Pierre...

Arles-sur-Tech. Les nouvelles histoires de Jean-Pierre Vergès.

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Après une carrière militaire durant laquelle, contrôleur d’opérations aériennes, il travaillait dans les stations radar de l’armée française, Jean-Pierre Vergès, apiculteur à ses heures, marcheur et dresseur de faucons, tient aussi à son rôle sacré de croquemort bénévole. "La mort fait partie de la vie", rappelle-t-il.  Tailleur de pierre, instigateur passionné de la restauration de l’Eglise Sant Marti de Corsavy et défenseur du patrimoine catalan, il est également  un  fin connaisseur de ce petit coin de Vallespir qu’il aime tant, entre Arles et Corsavy. 

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Défendre la mémoire des humbles.

Des histoires, l’ami Jean Pierre en a plein sa mémoire et en 2005, il a publié 33 d’entre elles, dans un ouvrage bilingue français-catalan, "Arrels de ferro : Racines d’acier" dont le succès l’a amené à commander plusieurs rééditions.

"A la demande de nombreux amis, j’ai décidé de publier 33 nouvelles histoires", annonce le conteur, j’ai confié l’édition à l’imprimerie Copylux. J’y raconte les accidents d’avion qui ont endeuillé le Canigó, le drame vécu dans la montagne par Louis Mata. J’y défends la mémoire de personnes qui ont vécu la Retirada, celle des humbles, des paysans, des artisans, et  même celle des simples d’esprit, avant qu’ils ne tombent dans la fosse commune du temps… "

Et notre écrivain de conclure dans un sourire : "J’ai une chance, j’aime les gens."

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Jean-Pierre Vergès présentera et dédicacera son livre "Arrels de ferro, noves histories : Racines de fer, nouvelles histoires" le mardi 26 juillet à 18h à la salle de la Crypte.

 
 
Auteur : Vergès Joan-Pere (Vergès Jean-Pierre)
Titre : Arrels de ferro : noves històries (Racines d'acier : nouvelles histoires)
Relecture et version française : François Gorrée
 
 
Édition : Arles-sur-Tech : Ed. Copylux, 2016
 
Description :280 p. : ill., couv. ill. en coul. ; 23 cm

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MARDI 28 FEVRIER 2017

Vous l'imaginez, même si je n'y ai fait allusion jusqu'à présent, ni dans cet article, ni par ailleurs à l'époque sur mon précédent blog : comme dans toutes les belles histoires, la fin est plus belle encore...

Vous l'imaginez, tout au long de cette merveilleuse histoire, lors de ces échanges de messages de début 2010 relatés ci-dessus, mon envie de rencontrer un jour Jean-Pierre est immense. Qu'importent le voyage et les 1200 km à parcourir entre Theux et Arles-sur-Tech : cette envie est trop grande... Notre décision est prise, ma femme et moi prendrons un jour la route à la rencontre de Jean-Pierre, de son fidèle ami Arthuro, de ses autres non moins fidèles amies Josiane ou Ingrid, et tant d'autres dont j'aimerais aussi faire connaissance...

Permettez-moi pourtant, par discrétion afin de respecter le souhait de Jean-Pierre, de ne pas raconter tous les  détails de cette émouvante fin d'histoire : sachez cependant que ces deux journées des 4 et 5 juin 2011 passées là-bas furent passionnantes et émouvantes, au-delà de toute attente et de toute espérance ; et que, finalement, elles seraient bien impossibles à raconter...

Impossibles à raconter ? Quoique...

Si vous le souhaitez, je peux toutefois vous en montrer, déjà, cinq images choisies...

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Je peux surtout vous la montrer sous forme d'un diaporama que j'avais patiemment créé à cette époque, en souvenir de ces deux magnifiques journées, une présentation PowerPoint (PPS) avec défilement automatique de 35 images agrémentées de textes incrustés et animés.

Malheureusement, l'administration Hautetfort ne permet pas d'intégrer un diaporama dans un article.

Si vous le souhaitez, je peux toutefois vous l'envoyer personnellement. Il vous suffit d'en faire la demande via le formulaire de contact, par un simple clic sur   Me contacter   (ou en haut de la colonne de droite de cette page.). Je recevrais ainsi votre adresse email et pourrais vous faire parvenir le diaporama dès que possible...

 

   Cet article est terminé. J'espère qu'il vous aura apporté joie et plaisir, beauté et détente.  

   La date de la prochaine publication est incertaine.  

   Elle sera annoncée plusieurs jours à l'avance : venez voir de temps à autre ... 

18 décembre 2016

Une insoutenable détresse...

une présentation progressive de dessin entamée le mercredi 30 novembre

ULTIME mise à jour effectuée ce DIMANCHE 18 décembre

PROCHAINE PUBLICATION EN JANVIER

 

 
MERCREDI 30 NOVEMBRE 2016
 
Bonjour. En cette fin novembre comme promis, je vous présente, chères lectrices, chers lecteurs, sur ce blog Hautetfort, un nouvel article accompagnant un dessin créé en 2011 et publié l'année suivante sur mon précédent blog Overblog, aujourd'hui abandonné.
 

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Une insoutenable détresse pénible à montrer, tant son origine est douloureuse .

Ce dessin évolutif s’agrandira progressivement sous vos yeux, à intervalles le plus souvent réguliers, parfois plus espacés... comme il en va de chacun de mes dessins qui, du premier trait jusqu'à la signature finale, voit s'écouler de nombreux jours, un mois souvent... 

Cette détresse que je vous montrerai est d'une terrible actualité, en cette année 2016 qui se termine avec ces dramatiques conflits armés en Syrie ou en Irak paraissant dans l'impasse, avec ces terribles scènes de souffrance que vivent les populations d'Alep ou de Mossoul, où l'on écoute chaque jour impuissant les SOS que lancent les humanitaires sur la situation de centaines de milliers d'habitants...

Progressivement, vous (re)découvrirez ce dessin en noir et blanc à tel point réaliste qu'il en sera pénible de le regarder. Mais c'est là où mes mines m'ont mené, et je vous raconterai ce que je sais de l'histoire de cette cruelle scène de vie que provoqua une guerre qui n'aurait jamais dû pouvoir exister.

En fin d'article, je vous présenterai la photo qui m'a inspiré ce dessin.

... Si toutefois vous souhaitez m'accompagner dans cet article évolutif, dans la présentation de ce dessin pas à pas d'une insoutenable détresse, je vous le répète...

 


JEUDI 1er DECEMBRE 2016

Lors de sa première présentation, je me doutais que les premiers traits de ce dessin et les explications l'accompagnant risquaient d’interpeller.  

J'avais par ailleurs hésité à me lancer dans ce portrait d'enfant en profond et douloureux désarroi, dans le dessin de cette insoutenable détresse provoquée par la folie meurtrière des adultes, quelque part sur le continent africain. Mais j'avais aussi ressenti, dès l’instant où je l’avais découverte, l’envie de dessiner cette douloureuse photo d’un photographe de presse de guerre, comme l'envie de la montrer par la suite sur mon blog Overblog, et je n'avais pas eu besoin de réfléchir plus longuement.  Je voulais suivre mes sentiments, mes envies, mes besoins.

 

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En cette fin novembre, tout en jonglant avec mes portemines sur les infimes détails d'un nouveau et passionnant dessin en cours, bien différent (il s'agit d'écorce d'arbre), j’ai alors longuement réfléchi : Ne devrais-je pas à nouveau montrer, quitte à ce que cela ressemble à un naïf apitoiement, cette image choquante ? Oui, il me paraît important d’éprouver une profonde compassion face aux souffrances absurdes que des enfants sont obligés de subir, à cause de la folie humaine : rester indifférent ou insensible serait par contre inadmissible.  Pire encore serait de se voiler la face et de ne pas juger opportun de montrer ces souffrances que personne ne réussira jamais à justifier raisonnablement. 

Essayez d'imaginer, chers lecteurs, dans les jours qui viennent, en observant l'avancement régulier de mon dessin, l'état d'esprit du photographe à cet instant précis où il a osé – sans nul doute un réflexe « réfléchi » - appuyer sur le déclencheur, face à cette terrible scène : vous comprendrez bientôt l’intensité de l'instant.  Pour cet homme témoin d’un drame indescriptible, il s'agissait d'un devoir de mémoire ! 

Moi-même, j’ai alors consacré des heures, des jours, à traduire avec mes mines cet instant, cette émotion, ce devoir.  Je ne le regrette pas. D'ailleurs, le bandeau d'accueil de mon blog de l'époque comportait ces mots chargés de sens :

ATTRAITS, EMOTIONS ET DESSEINS

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SAMEDI 3 DECEMBRE 2016

 

"Ma détresse est profonde, mais je la surmonterai, il le faut, il s’agit de tenir bon !

Tenir, avant tout, il le faut.

Je suis épuisée... je n’en peux plus... je vais m’écrouler... abandonner.

Oh, je pleure... non, vite, il faut essuyer ces larmes inutiles ... courage, il le faut.

Oui, il faut tenir : je dois La sauver, nous sauver.

Vite, je sèche ces larmes qui m’envahissent, ces larmes inutiles qu’il me faut contenir. Réprimer.

Réprimer ... Répression ... Que ces mots sont terribles, quand cela vous arrive...

Vite, je dois surmonter ces sentiments de total abandon et d’impuissance qui m’envahissent !

Je dois survivre.  Me sauver pour  la sauver. 

Que faire ?  Comment faire ? Je suis épuisée.  Je n’en peux plus.  

Où aller ? Comment  fuir ? M’en aller pour fuir où ? Fuir et les retrouver. Où les retrouver ?"

 

Protegee, cette fillette en fuite à l'est du Congo,

pensait probablement ces mots,

les murmurait peut-être ...

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Protegee, cette fillette en fuite à l'est du Congo,

aurait sans doute bien aimé que son prénom lui porte chance, à ce moment !


LUNDI 5 DECEMBRE 2016

Aujourd'hui, observons de près traits et détails de mon dessin.

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Percevez-vous comme moi la tristesse, la peine, la douleur qu'éprouve cette fillette ? Elle cache son visage...  Son attitude, ce bras qui, par-dessus le col du T-shirt, essuie des pleurs, nous permet de ressentir la profonde douleur qu'elle éprouve, à peine maîtrisée et réprimée.

Observons attentivement les cheveux : ils m'ont donné... beaucoup de fil à retordre ! La nature a certes admirablement réussi son œuvre en créant ces cheveux crépus, très denses et vrillés, un rempart naturel contre les attaques du soleil, évitant ainsi des souffrances au cuir chevelu ; mais croyez-bien qu'ils n'étaient pas aisés à représenter.

Observons aussi, mais sans doute l'aviez-vous déjà remarqué, l’œil : on le devine fermé et les sourcils relevés.  Ou encore cette joue creusée et ces petits boutons d'acné sur la peau. Ou enfin le relief du col du T-shirt souligné méthodiquement par les traits parallèles de mes portemines.

 

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C’est le bras qui essuie les larmes parce que les doigts de la main s’agrippent au tissu, pour une raison importante, primordiale, que vous comprendrez plus tard...
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Observons enfin les rayures du tissu : les dessiner se révèle bien plus ardu que je ne l’imaginais. En réalité, vous le découvrirez plus tard sur la photo couleur, quatre coloris le composent : des lignes bleues et roses côtoient d'autres beige clair et beige plus foncé. Pas facile de traduire ces teintes en noir et blanc.

Puis, il me faut impérativement mettre en valeur les plis formés par ces doigts agrippés au tissu. Et les rayures doivent se prolonger, correspondre d’un pli à l’autre. Vraiment, ce n’est pas une sinécure !

Je vous quitterai ce jour en vous priant de m'excuser : je vous ai involontairement - oh, la méprise n'est pas bien grave, mais importante pour la suite du dessin et de son histoire - induits en erreur. Il ne s'agit pas d'une fillette comme je l'ai précédemment écrit, mais plutôt d'une adolescente : en découvrant la nouvelle étape ci-dessous du dessin, vous en aurez la preuve en regardant l'épaule que le tissu glissant sur la peau dévoile...

 

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MERCREDI 7 DECEMBRE 2016 

 

Protegee, cette jeune fille congolaise, souffre.

Pourquoi ces larmes essuyées de l'avant-bras sur le col du T-Shirt? 

Pourquoi ce bras droit tendu vers l'arrière ?

06 - insoutenable détresse - dessin au crayon de jean-clau

 

Vous souvenez-vous ? A l'automne 2008, la province du Nord-Kivu de la République démocratique du Congo est en pleins troubles. Partout, des milliers et des milliers de civils sont forcés à fuir les combats. Malgré la présence des troupes des Nations-Unies. La plus forte présence au monde. 

Protegee, au milieu d'une foule d'un millier d'autres fuyards, marche depuis trois jours. Elle a parcouru une vingtaine de kilomètres, après avoir été séparée de sa mère alors qu'elles abandonnaient leur village. Protegee soutient d'un bras, sur son dos, sa petite nièce Reponse, effrayée, qui s'agrippe à elle de toutes ses forces...  Aussi terrorisée qu'elle... Plus encore ! 

 

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Protegee protège ... Il le faut. 

Il faut sauver Reponse. Il faut la sauver. Il faut se sauver. 

Il faut retrouver ses parents. Les siens. Les leurs. 

Pour elle. Pour elles.    

Il faut, il faut, il faut ... Il le faut.

 


 VENDREDI 9 DECEMBRE 2016  

« Trois millions de morts, c’est ce qu'on appelle une crise de basse intensité. Peu de grands titres dans la presse. Pas de manifestations, de collectes de fonds. Les chanteurs sont muets, les pétitionnaires aussi. Qui soutenir dans une affaire aussi compliquée ? Où sont les bons, les méchants, les persécutés ? ».

Cette citation de Colette Braeckman (Les nouveaux prédateurs. Politique des puissances en Afrique centrale, Fayard, 2003), journaliste belge spécialiste de la République Démocratique du Congo, résume bien le questionnement que l’on est en droit d’avoir à propos des violences connues par ce pays.

 

08 - insoutenable détresse - une guerre sans fin - Kiwanja

 

Trois millions de morts... en 2003, date de la publication du livre. D'autres sources parlaient de quatre millions...

A ce jour, d'après le site Cluster News (lien), le double... 

La RDC traverse une succession de conflits depuis le début des années 90.  Si le pays semblait avoir retrouvé une certaine stabilité sous Joseph-Désiré Mobutu, le « léopard de Kinshasa », entre 1965 et 1997, les tensions s’étaient ravivées dans les années 90. Le pays a connu des affrontements armés entre différentes communautés, d’autres violences découlant de l’épisode tristement célèbre du génocide rwandais de 1994, puis deux guerres, baptisées prosaïquement première et deuxième guerre du Congo. Le premier conflit (1996-1997) a vu la chute de Mobutu, évincé par Laurent-Désiré Kabila, tandis que le second (1998-2003) a opposé la RDC à certains de ses voisins, tout en étant soutenu lui-même par d’autres Etats limitrophes.

Depuis, tous les problèmes à l’origine des différents conflits sont loin d’être réglés : entre octobre 2008 et janvier 2009, date de son arrestation, l’offensive du général Laurent Nkunda - officier rebelle tutsi soutenu par le Rwanda, qui s'illustra déjà en 2002 lors des massacres de Kisangani - , est là pour rappeler que la RDC est toujours enlisée dans une guerre larvée – qui fait rage depuis une vingtaine d'années - ravageant une grande partie de l’est de son territoire.

Cette photo que j'ai dessinée, cette image de Protegee portant à bout de bras sa nièce Reponse a été prise le jeudi 6 novembre 2008, alors que les forces de Nkunda intensifiaient leur offensive sur le Nord Kivu, forçant des centaines de milliers de personnes à fuir les combats, et ce malgré la plus forte présence des troupes des Nations-Unies au monde.

Je vous raconterai bientôt ce terrible jeudi 6 novembre 2008.


DIMANCHE 11 DECEMBRE 2016  

Kiwanja : le Srebenicza du Congo

 

Selon un rapport de l’organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) publié en décembre 2008 à Kinshasa, au moins 150 civils (186 selon la Croix Rouge) ont été tués les 4 et 5 novembre de cette même année dans la ville de Kiwanja, dans l'est  de la RDC, la plupart exécutés sommairement par la rébellion de Laurent Nkunda, ces exécutions dont furent témoins Protegee et sa nièce Reponse, ces exécutions qui les obligèrent à fuir la ville pour tenter de sauver leur vie.

 

Sur base de plus de cent entretiens, HRW estime qu'au moins 150 habitants de Kiwanja ont été tués les 4 et 5 novembre à Kiwanja. La plupart des personnes tuées à Kiwanja ont été exécutées sommairement le 5 novembre par les forces du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du commandant rebelle Laurent Nkunda, assure HRW. Il s'agit du pire massacre dans la province du Nord-Kivu en deux ans. HRW dénonce des crimes de guerre commis par les deux parties, assurant que les rebelles de Laurent Nkunda et les milices Maï-Maï (des combattants irréguliers congolais qui coopèrent parfois avec les forces gouvernementales mais agissent aussi en francs tireurs) ont délibérément tué des civils au cours des deux derniers jours. Avec une virulence exceptionnelle, HRW met en cause les Casques bleus, qui disposent d’une base à Kiwanja : ils n’ont pas pris les mesures adéquates pour protéger les civils et n’ont mené que quelques patrouilles pour limiter les violences. HRW conclut : ces casques bleus, dont c’est pourtant le mandat, sont tout simplement incapables de protéger les civils qui sont délibérément visés.

 

La ville de Kiwanja, située à environ 80 km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu, était passée sous contrôle rebelle le 29 octobre. Mais des milices pro gouvernementales Maï-Maï avaient brièvement repris la localité le 4 novembre. Le 5 novembre, le CNDP avait lancé une contre-offensive. Après avoir rétabli leur contrôle sur Kiwanja, les rebelles ont lancé une opération brutale contre les éventuels combattants Maï-Maï restants ou leurs sympathisants supposés, affirmait HRW.

 

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un dessin de 30 X 40 cm

 

 

Colette Braeckman (voir mise à jour précédente) relate ainsi ce drame humain (extraits choisis).  

 

Au secours… Les hommes en armes passent de maison en maison. Ils s’emparent de tous les garçons et jeunes hommes et leur fracassent le crâne. Une femme de Kiwanja m’a appelée jeudi soir en pleurant, disant que les militaires de Laurent Nkunda étaient en train de massacrer la jeunesse de Kiwanja depuis mercredi à 13 heures. Ils font une opération de porte-à-porte pour enlever et tuer les jeunes garçons et filles entre 12 et 33 ans.

Des messages de détresse venus de Kiwanja ont commencé à affluer en Europe dès mercredi soir, deuxième jour des assassinats. Sur le terrain, les équipes de l’ONU, qui ont une base militaire à Kiwanja même, ont commencé à enquêter dès … vendredi midi sur d’éventuelles violations des droits de l’homme afin de déterminer les responsabilités. Il est vrai que, tentant des sorties, les Casques bleus ont à plusieurs reprises été la cible de tirs croisés et qu’ils ont tenté de protéger les réfugiés qui s’étaient placés sous leur protection aux abords de la base. Dès mercredi cependant, des journalistes se sont déjà rendus sur le terrain, dont Thomas Scheen, reporter pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Des reporters de la BBC ont également gagné Kiwanja jeudi. Ils ont vu des cadavres gisant dans les maisons et enregistré des récits d’horreur.

Des civils massacrés pratiquement sous les yeux de Casques bleus impuissants ou indifférents. Kiwanja serait-il un Srebenicza congolais ? A la décharge des soldats de la paix, un porte-parole de l’ONU a cependant déclaré que les soldats ne pouvaient tirer sur les rebelles, car ces derniers étaient entourés de civils qui couraient dans toutes les directions

 

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MARDI 13 DECEMBRE 2016  

 

Peut-on rester indifférent face à un tel désarroi ? 

12 - insoutenable détresse - une guerre sans fin - Kiwanja

format du dessin  30 x 40 cm

Chacun de mes dessins est le fruit d'un travail méthodique et de longue haleine, réclamant beaucoup de concentration. Combien de temps te faut-il ? me demande-t-on souvent... Un mois pour celui-ci, plus d'une centaine d'heures de travail, cent cinquante heures peut-être...

Jamais de repentir possible, comme dans la vie où aucune gomme ne permet d’effacer l’existence accomplie. Et comme tout effacement laisse d'infimes traces sur le papier immaculé, je ne m'en autorise que rarement. Une fois les repères pris, l'hésitation est interdite. Par ailleurs, je protège en permanence l'entièreté de la feuille : seul l'élément que je suis occupé à dessiner n'est pas recouvert. Pas à pas, millimètre par millimètre, mes traits remplissent l'espace vierge que je découvre puis recouvre, progressivement. Je ne reviens pas en arrière, ou exceptionnellement.

Tous les détails que je décèle sur une photo couleur, ma perception de ce qu'elle dévoile, les impressions qui m’envahissent au fur et à mesure de son observation, je les transforme en une impression avec mes mines, en noir et blanc, sur le papier...

Puisse cette impression à la mine de plomb, ce dessin, traduire l’impression de mes sentiments d’incompréhension face à une telle absurdité ; l'impression d’un besoin de la montrer pour que l’on sache ; l’impression intime d’un sentiment d’amour du monde qui m’entoure. Ce monde, je désirerais tant qu'il devienne meilleur, même si ce désir peut paraître inassouvissable, inapaisable ...

 

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Dans les prochains jours, vous découvrirez enfin la photo de presse, primée,

cette photo qui m’a bouleversé, qui m'a inspiré ce dessin.

Je vous raconterai ensuite l’épilogue de son histoire...

 Sera-t-il heureux, ou plus terrible encore ?   

 

12 - insoutenable détresse - une guerre sans fin - Kiwanja

  format du dessin  30 x 40 cm 

 


 
VENDREDI 16 DECEMBRE 2016  
 
 

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  2008 © Jérôme DELAY


   PRIX BAYEUX-CALVADOS DES CORRESPONDANTS DE GUERRE DE L'ANNEE 2009 

  1er prix du jury public et 3e prix du jury international (catégorie photo)

 


Jérôme DELAY Jerome-DELAY.jpg (ASSOCIATED PRESS)

 

Première ville libérée de France continentale en juin 1944, la ville normande de Bayeux, associée au Conseil général du Calvados, a lancé en 1994, dans le cadre du 50e anniversaire du Débarquement en Normandie, cet événement international annuel qui consiste en la remise d'un Prix prestigieux à des journalistes du monde entier qui exercent leur métier dans des conditions périlleuses pour nous permettre d'accéder à une information libre. 

Au-delà de la remise de trophées (qui concernent toutes les catégories de médias - presse écrite, radio, télévision et photographie -), le Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre propose chaque année une semaine riche en échanges, rencontres, débats avec le public pour prendre le temps de mieux comprendre l'actualité internationale. 


 

Jérôme Delay avait suivi l'offensive du général Laurent Nkunda dans le Nord Kivu à l'automne 2008.  

 

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Il avait photographié, inlassablement -12000 clichés -, afin que l'on sache de par le monde ; il voulait porter un regard objectif sur ces milliers de déplacés, ces milliers de réfugiés ; il voulait faire connaître à tous ce regard objectif sur une population meurtrie, si souvent oubliée.  

 

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 Jérôme DELAY présentait ensuite - à l'occasion de l'édition 2010 du Prix Bayeux des correspondants de guerre - 180 de ses photos (sous forme de tapisserie, clin d’œil à la célèbre tapisserie de la ville !) lors d'une exposition intitulée "Congo, une guerre sans fin".   

 12 - insoutenable détresse - une guerre sans fin - Kiwanja

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Il avait photographié Protegee :

elle n'avait pu lui dire que son prénom,

elle avait juste pu lui dire qu'elle était à la recherche de sa mère...  

 

L'histoire de cette photo aurait pu s'arrêter là, sans cette consécration par le public. Ce prix l'avait rendue célèbre. Sa publication dans de nombreux médias avait rapidement suscité l'émoi et l'envoi de centaines d'e-mails de personnes à travers le monde nourrissant l'espoir que quelqu'un, l'auteur de la photo peut-être, pourrait tenter de partir pour les retrouver et les aider.  

Alors, Jérôme Delay était retourné à Kiwanja, appareil numérique et photo à la main, avec l'espoir ténu, vain peut-être, de revoir ces fillettes vivantes et les aider à retrouver leur famille ; à moins que ces vœux ne soient déjà réalisés...

 


DIMANCHE 18 DECEMBRE 

"J'ai photographié la guerre et les réfugiés partout dans le monde depuis le début des années 1980. 

Je n’ignorais pas que mes chances de succès étaient minces en décidant de partir à la recherché de Protegee et de sa nièce. Mais j’avais été particulièrement touché par les réactions des lecteurs à la publication de cette enfant au visage défiguré par la peur et le désespoir, portée par une fillette en détresse : j'étais déterminé à essayer de les retrouver et de les aider.

Je n'ignorais pas que mes chances de succès étaient minces : je voyais des enfants marchant seuls sur les routes chaque jour. Des années de violence sporadique dans l'Est du Congo et les récents combats entre l'armée et les combattants fidèles au chef rebelle Laurent Nkunda avaient déplacé au moins 250 000 personnes, et ce malgré la présence de la plus importante au monde des forces de paix des Nations Unies. Des centaines d'enfants avaient été séparés de leurs familles depuis que les combats avaient éclaté en août et en une semaine, selon l'UNICEF, plus de 1600 enfants de la province du Nord Kivu étaient à la recherche de leurs parents. Leur jeune âge et leur incapacité à donner des informations détaillées - ainsi que le manque de documents officiels dans la campagne congolaise - rendaient encore plus difficiles ces recherches.

Kiwanja est une ville typiquement africaine avec une bande de chemin de terre bordée de quelques petits magasins  en guise de rue principale, un rond-point, un carrefour, et les bidonvilles tentaculaires s’étendant à l'infini sur les collines avoisinantes. Atteindre Kiwanja signifiait traverser une ligne de front instable à quelques kilomètres au nord de Goma, croiser des centaines de rebelles lourdement armés et les troupes gouvernementales déployées de chaque côté, parcourir un trajet cahotant de deux heures sur une route anciennement pavée, devenue aujourd'hui un nid de poule géant.

La photo de Protegee et Reponse à la main, j'ai commencé à questionner autour de moi. Les femmes fronçaient les sourcils : elles ne connaissaient pas ces filles. Pas plus de chance à la cour d'école ou à la clinique. Sur le point de rentrer à Goma, je me suis encore arrêté près d'une base des Nations Unies. Quelques jours plus tôt à peine, sa périphérie avait en effet accueilli des milliers de réfugiés. Pourtant, il ne restait plus que des squelettes de huttes de fortune et une tente blanche du UNHCR. (agence des Nations Unies pour les réfugiés).

 

Je me suis aventuré à l'intérieur de la tente. Là, les yeux de Maria Mukeshimani se sont éclairés à la vue de la photo. La femme, qui avait elle-même été déplacée suite aux violences, connaissait ces enfants : elle les avait vus dans cette même tente cinq jours plus tôt et elle connaissait la mère de Protegee ainsi que son nom Esperance Nirakagori.  Esperance - le mot français pour l'espoir.

Esperance s’était, paraît-il, refugiée à l'église catholique locale de Kiwanja. Je suis arrivé là-bas, accueilli par les voix d'une chorale. C'était la messe du soir. «Quelqu'un sait-il si Espérance habite par ici ?" ai-je demandé.  Un homme âgé m'a répondu que je la trouverais dans une petite maison à proximité.

Vêtue d'une robe jaune et bleue, Espérance m’a accueilli. Son foulard était mouillé de sueur et elle parlait doucement. Je lui ai montré la photo et elle a souri à la vue des filles. Elle m’a expliqué que Protegee et Reponse avaient erré seules, égarées, pendant trois jours, lorsque la famille avait fui à pied leur village de Kiseguru, à une vingtaine de km de là. Protegee avait dormi une nuit dans une église, sans nourriture ni eau, blottie contre Reponse sous un léger foulard.

J’ai été soulagé d’apprendre qu'elle les avait retrouvées. Malheureusement, trop faible pour faire elle-même le voyage, elle avait dû les renvoyer aussitôt chez sa fille aînée, dans leur village, seules et à pied, car elle craignait pour leur sécurité à Kiwanja. Elle continuait à regarder la photo. Ce n'est que lorsque je lui dis que je reviendrais le lendemain matin pour la conduire et rejoindre les filles à Kiseguru que son visage s'illumina en un large sourire sincère.

Nous partîmes le lendemain après un arrêt dans un restaurant en ville. Esperance était calme durant tout le trajet. Arrivée dans le village, elle serrait la photo des filles pendant qu’elle marchait dans les rues, une ribambelle d'enfants excités dans son sillage.

Les retrouvailles avec Protegee et Reponse, dans une petite cabane en terre, furent brèves. Elles se sourirent mutuellement. Personne ne parlait. Protegee est une jeune fille timide qui n'avait que deux mois quand son père avait été tué au Congo de la dernière guerre sanglante.

 

"Etes-vous heureux de voir votre mère?" lui demandai-je. 

Elle répondit, d'une voix douce: "Oui."

 

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Esperance Nirakagori, Reponse et Protegee dans leur hutte à Kiseguru,

lors de leurs retrouvailles du 17 novembre 2008.  

 

Protegee raconta comment elle était arrivée épuisée à Kiseguru le 12 novembre. Quand elle avait voulu trouver refuge dans sa famille, elle avait trouvé la maison vide - sa sœur et les autres membres de sa famille avaient fui. Pendant cinq jours, elle avait attendu qu’un adulte arrive. Personne ne venait. Elle avait l'intention de partir pour Kiwanja et rejoindre sa mère le jour même où je l’avais photographiée.

Protegee, Reponse et Espérance sont maintenant revenues à Kiwanja. Elles ont installé un lit dans le coin d'une chambre dans la propriété de l'église catholique. A l'extérieur, le Programme alimentaire mondial de l’ONU distribue de la nourriture, mais la situation dans la ville reste volatile.

Avant mon départ, j'ai offert à Esperance la photographie des enfants. Elle l’a tendue à Protegee, qui, avec Reponse sur ses genoux, l’a longuement regardée. Je les ai laissées là, sur leur lit, serrant la photo, l'une de leurs rares possessions.

Quand je leur demandai quand elles retourneraient dans leur village, Esperance répondit : «Quand la guerre sera finie."

 

texte inspiré d'un interview en anglais de Jérôme DELAY

extraits - traduction personnelle

 

 

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Protegee ferme la porte de sa hutte avant de quitter le village de Kiseguru,

pour la seconde fois, le 17 novembre. 

2008 ©  Jérôme DELHAY


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Protegee est suivie d’une ribambelle d’enfants en quittant Kiseguru.

  2008 ©  Jérôme DELHAY 

 

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Protegee montre comment elle enroulait une couverture sur elles

lorsqu’elle dormait dans l’église avec sa nièce.

2008 ©  Jérôme DELHAY

 

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Protegee montre l’église où elle a passé une nuit avec sa nièce Reponse. 

2008 ©  Jérôme DELHAY


Mes principales sources d'information pour la rédaction de "insoutenable détresse" :

 

Le prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre

Le Soir : les carnets de Colette Braeckman

The Sacramento Bee : Congo conflict continues

Human Rights Watch : killings in Kiwanja

reliefweb : massacres à Kiwanja

 

Human Rights Watch : massacres à Kiwanja : rapport PDF

 

Un blog d'un africain sur le bilan du massacre 

The Digital Journalist : finding Protegee and Reponse

The Sacramento Bee : children and mother reunited.

mouche-copie-1.gifImage du Blog ypjane.centerblog.net