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18 juillet 2018

Le chef indien Jack Red Cloud "Chief Jack Red Cloud".

Présentation d'un dessin pas à pas

entamée ce lundi 14 mai 2018.

    Une réédition, fidèle dans son ensemble,    

 d'un article présenté en 2012 sur un blog depuis abandonné (voir lien)

  avec quelques remaniements apportés en fonction de récents commentaires ou de nouvelles lectures.  

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 Ultime mise à jour : vendredi 15 juin 2018.

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"Qu'est-ce que la vie ? C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit, c'est le souffle d'un bison en hiver, c'est la petite ombre qui court dans l'herbe et se perd au couchant."

dernières paroles de Crawfoot, 1830-1890, chef indien Blackfoot. (Source, Wikipédia et Paroles indiennes, Ed. Albin Michel 1993, collection Carnets de sagesse.)

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 lundi 14 mai 2018

Dessine-moi un Indien ...

Un jour, un proche me propose gentiment, cartes postales d’Indiens à l'appui : Tu sais, il adore les Indiens.  Voici des photos qui lui appartiennentPeut-être, si l'idée te plaît, réussirais-tu à lui en dessiner un ?
Une idée me vient à l’esprit : secrètement, dessiner un de ces Indiens et lui offrir en surprise...
Ces photos, je les admire longuement, elles sont superbes. Pourtant, elles ne me conviennent pas : vous savez, question modèle de dessin, je suis très exigeant !
André Maurois n'a-t-il pas écrit : Etre exigeant, c'est montrer de l'intérêt.
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 Sans tarder, avec comme seul bagage souris et clavier d'ordinateur,

je pars pour un long voyage virtuel, à l'insu de mes proches, sur la piste des bisons.

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et surtout sur la piste des plus beaux portraits d'Indiens d'Amérique !

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vendredi 18 mai 2018

 

D'emblée, tous ceux que je découvre m'émeuvent et me fascinent... 

Plus encore que par leur beauté plastique, ces photographies prises fin du XIXe siècle et début du XXe siècle par Edward S. Curtis ou Frank A. Rinehart constituent la quintessence du portrait.

Des photographies réalisées dans l'optique de constituer une trace tangible d'un peuple que les colons soutenus par certains Présidents de l'Amérique ont exterminé délibérément.

Des photographies réalisées dans l'ultime but de rassembler pour l'avenir - avec une immense nostalgie - des traces visuelles de la disparition irrémédiable d'une nation entière.

 

Edward S. Curtis (1868 - 1952)

Admirerez-vous autant que moi ces prises de vue d'Edward Sheriff Curtis, le plus célèbre peut-être de tous ces photographes d'un autre temps ? 

Considéré comme ethnologue et anthropologue social des Amérindiens d'Amérique du Nord et de l'Ouest américain, il a, parallèlement à de nombreux écrits, entrepris l'inventaire photographique - sur plaques de verre - des 80 tribus existantes composant une population indienne estimée à plus d'un million d'individus au XVIIIe siècle et aux alentours de quelques dizaines de mille lorsqu'il se lança dans cet honorable travail de mémoire.  On estime qu'il a traversé 125 fois les Etats-Unis pour rassembler, en trente années, 50 000 clichés. Une partie de son travail fut publiée dans une somme de vingt volumes intitulée The North American Indian, comprenant 2500 photographies et 4000 pages de textes.

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EAR CUT EAR

Crow Tribe Chief

CALICO

Oglala Tribe Chief

SITTING BEAR

Arikara Tribe Chief

     
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RED HAWK

Oglala Chief

Apsaroke War Group

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Frank A. Rinehart (1861 - 1928)

On ne peut qu'admirer l'extraordinaire héritage photographique de Frank Albert Rinehart conservé au Haskell Indian Nations University.  En 1898, lors d'un célèbre Congrès indien, cet homme fut chargé de photographier l'événement et les personnalités amérindiennes qui y participaient, produisant ainsi l'une des meilleures documentations photographiques des dirigeants indiens à la fin du XIXe siècle : sans nul doute, les dernières photos de toute beauté que l'on put découvrir avant le déclin du peuple indien.

 

La beauté spectaculaire de ces portraits - réalisés dans un studio pour des raisons d'exposition - réside dans la dignité et la force d'expression de ces visages, ainsi que, techniquement parlant, dans leur tirage au platine produit pour offrir un large éventail de valeurs tonales. 

Après le Congrès, Rinehart parcourt les réserves indiennes deux années durant, dépeignant en photos les chefs de tribus absents à l'événement, tout autant que des aspects de la vie quotidienne et de la culture des peuples indiens.



 

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BROKEN ARM

Oglala Sioux

CHIEF HOLLOW HORN BEAR

Sioux

HIGH BEAR

Sioux

 

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In Summer, Kiowa Tribe Two Little Braves, Sac & Fox

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Dilemme ! 

Parmi tous ces étonnants clichés d'un peuple

si fier et élégant, mais colonisé et décimé,

lequel choisir ?

Et si je m'en remettais à Manitou pour me guider ?

Qui sait : le Grand Esprit me viendra-t-il en aide ?

 

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 mardi 22 mai 2018

Est-ce le hasard qui m'a guidé ? Le destin ? Manitou le Grand Esprit ?

 

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Fin mars : un court séjour dans ma belle-famille autrichienne touche à sa fin. Comme souvent à la veille du retour, je vais faire le plein d'essence. C'est l'occasion d'aller saluer le propriétaire de la seule Tankstelle du village, un copain de longue date (et d'économiser de précieux euros, les carburants sont si chers le long des autoroutes allemandes).

C'est la fin de la journée, pas de voiture en vue derrière moi, la clientèle se raréfie depuis qu' une voie rapide aménagée à flanc de montagne n'incite plus les touristes à traverser le village qui, dès lors, retrouve enfin la quiétude qu'il souhaitait depuis près de trois décennies ... 

Un brin de causette s'improvise, nous parlons de tout et de rien, du passé et de l'avenir, des enfants et des petits-enfants, du bonheur qu'ils procurent, de ses loisirs lorsqu'il en trouve le temps, de ma passion pour le dessin qui me comble : j'explique à Reinhard mon envie de dessiner un Indien d'Amérique et être à la recherche d'une photo qui me conviendrait !

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Tu cherches une photo d'Indien ?  Range ta voiture, suis-moi, les Indiens, c'est ma passion ... Nous passons dans le petit bar qui jouxte sa boutique.  Regarde ces photos au mur, ce calendrier accroché ...  Que des Indiens !  Attends, je possède encore tous ceux des années précédentes.  N'hésite pas, regarde les photos une à une, si tu trouves celle qui te plaira, emporte le calendrier jusqu'à ton prochain retour au Pays !   

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Je ne sais si c'est Manitou, le Grand Esprit qui m'est à ce moment venu en aide, mais je déniche enfin mon Indien !  Le temps de "ein großes Bier ?"  pour fêter dignement l'événement et j'emporte sous le bras un précieux calendrier de 2008, non sans promettre à Reinhard de le lui rapporter lors de ma prochaine visite, afin de ne pas amputer sa précieuse collection.  Accompagnera le précieux calendrier, promis, une reproduction numérique en haute qualité - seul un œil averti percevra les légères différences entre l'original et la copie - du dessin que j'aurai, d'ici là, eu le temps d'achever...

et dont voici les premiers traits. 

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vendredi 25 mai 2018

 Dessine-moi un mouton... », disait le Petit Prince.

Sur l’astéroïde du Petit Prince, minuscule, il suffisait de déplacer un peu sa chaise pour contempler, à volonté, un coucher de soleil. Il n’a eu longtemps pour distraction que leur douceur.

Je peux en admirer, disait-il, jusqu’à quarante-quatre sur une journée.  

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"J'aime bien les couchers de soleil. 

Allons voir un coucher de soleil... "

  

"Tu sais... quand on est tellement triste,

on aime les couchers de soleil... "

 

"Je voudrais voir un coucher de soleil...

Faites-moi plaisir... "

« Dessine-moi un Indien... » : ainsi commence cet article.

Le Petit Prince et mon Chef Indien partagent probablement l’admiration des couchers de soleil.  


Oui, ce Sioux dessiné à l’insu de ce proche, juste pour lui faire plaisir,

cet Indien de la tribu des Oglalas qui orne, majestueux, un mur de son séjour,

ce Chef Indien des Grandes Plaines admirait – comme vous, comme moi –

le spectacle quotidien des couchers de soleil... 

Assurément, il ne les manquait que rarement, du moins, je l'imagine.


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En feuilletant le calendrier, lors de mon premier regard vers ce visage d'Indien, je me souviens avoir admiré sa fierté hautaine, mêlée à une certaine tristesse ; je n’avais que trop peu prêté attention au nom, pourtant illustre.  A ce moment, il m'importait peu.  Mes yeux s'étaient ensuite tournés d'emblée vers le poème "Great Spirit Prayer" imprimé sur le côté gauche de la photo, rédigé en anglais.  Le message qu'il véhicule est une source de sagesse, fondée sur le respect de la nature et la compréhension de "l'Esprit" qui est en toute chose. Voici, en guise d'exemple, un court extrait...

Let me walk in beauty,

Laisse-moi marcher dans la beauté,

And make my eyes ever behold the red and purple sunset. 

 

Et permets que mes yeux contemplent toujours les couchers de soleil rouges et pourpres.

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je vous invite à découvrir

la traduction entière de ce poème

"Great Spirit Prayer"

- "Prière du Grand Esprit" -

  en cliquant sur son image.

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dessin d'indien - 02

Lorsque je vis "mon" Indien, vous disais-je, je n’avais que très peu prêté attention à son nom, pourtant illustre. Permettez-moi de ne pas encore vous le dévoiler avec tout le respect qu'il mérite ; pour vous permettre de mieux l'appréhender, je voudrais le situer dans son contexte historique et pour cela, vous conter - brièvement - l'histoire d’un autre Chef Sioux que "mon" Indien a admiré et aimé :

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"Ils nous ont fait beaucoup de promesses, plus que je ne puis me rappeler,

mais ils n'en ont jamais tenu qu'une :

ils avaient promis de prendre notre terre, et ils l'ont prise." 

RED CLOUD (1822-1909) - SIOUX - Chef indien Oglala de la tribu Lakota

 

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drapeau des Sioux 

Les Oglalas (« ils se dispersent » en langue lakota) constituent le plus puissant des sept clans indiens qui forment la branche des Lakotas, elle-même intégrée à la vaste Nation des Sioux, une des tribus indigènes qui peuplaient les grandes plaines et vivaient essentiellement de la chasse au bison. Ce sont eux qui représentent le stéréotype du "peau rouge" tel qu’il est représenté dans l’histoire et les westerns.

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lundi 25 mai 2018

 

A cet instant, vous attendez que je vous parle sans plus tarder de ce Sioux Red Cloud, Chef indien Oglala de la tribu Lakota.

Sachez déjà que les recherches effectuées pour connaître son passé m'ont passionné. Mais avant, permettez-moi, de transcrire ici le commentaire - merveilleusement rédigé - signé par la plume d'Améthyste après la mise à jour précédente. Ses mots illustreront à merveille mon propos de ce jour.


Tandis que vos mines tracent minutieusement, artistiquement, ce visage du Chef indien des Grandes Plaines qui vous inspira, j'ai scruté ses traits où j'ai découvert, en effet, cette "fierté hautaine" dont vous parlez si bien.

Cet Indien, au nom pour l'instant mystérieux, regarde au loin, bien au-delà de sa propre existence. Que voit-il ? L'errance sans fin de sa tribu, ou son enfermement dans une réserve ?

Je me suis tournée vers le Chef indien oglala Red Cloud et j'ai tenté de déchiffrer sur son visage, par-delà sa profonde gravité, toute la douloureuse lucidité blasée de celui à qui incombe la survie d'un peuple, la cruelle lutte d'un Chef contre un devenir inexorable.

Abattue, je me demandais comment ces deux magnifiques Chefs indiens parvenaient à ne pas s'effondrer, lorsque Red Cloud me désigna une ligne de la Prière du Grand Esprit : "Laisse-moi marcher dans la beauté..."

Merci, cher Jean-Claude, pour cette prière (que j'ai recopiée en français et en anglais !), prière intemporelle si belle avec ses mots pleins de fraîcheur dans leur simplicité, prière d'une sagesse infinie...

Améthyste


Red Cloud - son nom lakota : Mahpiya Lutaé - s'affirme, dès l'adolescence, comme un brillant chef de bande, autant par son caractère et son audace que par une bravoure et un courage exceptionnels. Pourtant, il n'est pas issu d'une lignée de chefs : il ne devra son ascension qu'à lui-même, en étendant son influence sur d'autres groupes de guerriers oglalas par son implication dans des guerres tribales et territoriales contre les Pawnees, les Crows, les Utes ou encore les Shoshones.

Les Grandes Plaines - ces prairies qui s'étendaient à perte de vue dans le mid-west - étaient les terres de chasse des Sioux, Cheyennes, Assiniboines, Crows, Blackfoots, Crees, Utes, Shoshones, Mandans, Arikaras, Kiowas, Comanches, Pawnees. Ces tribus d'Indiens nomades, dont les coiffes de plumes et les vêtements décorés de perles sont devenus les symboles même des Indiens d'Amérique, dépendaient entièrement du bison pour leur survie.

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"Bull Buffalo" — une peinture de George Catlin (1845) (source : Wikimedia Commons)

Les bisons étaient alors nombreux (plus de 30 millions) et parcouraient en toute liberté des plaines aux horizons illimités. Tout était utilisé : la viande bien sûr, mais aussi la peau pour confectionner les tipis, des couvertures, des boucliers, des mocassins ou des sacs. Les tendons servaient de fil à coudre et de cordes d'arc. Des cuillères étaient faites avec les cornes et la colle avec les sabots. Rien n'était gâché : jusqu'au crâne qui servait dans les cérémonies religieuses.

Avec l'arrivée des trappeurs, des chasseurs, puis des pionniers et des chercheurs d'or, presque tous les grands troupeaux de bisons furent rapidement décimés. Abattus par centaines de milliers pour leurs peaux, pour le sport - comme l'a illustré William Cody alias Buffalo Bill - voire seulement pour leur langue, mais aussi, et surtout, pour délibérément affaiblir les Indiens, ces massacres mettaient en péril la survie même des Amérindiens.

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"Laisse-moi marcher dans la beauté ..."

Soutenu par le Grand Esprit et jugeant indispensable de protéger les territoires de chasse ancestraux et sacrés de son peuple menacés par l'arrivée massive de tous ces hommes blancs, de tous ces visages pâles, nouveaux ennemis des Indiens, Red Cloud orchestre en 1865 une coalition de Sioux, d'Araphos et de Cheyennes : c'est la première fois dans l'histoire des Plaines que tant de guerriers, plusieurs milliers, sont rassemblés sous le commandement d'un seul chef. Réunis, ils combattent, avec un succès remarquable, l'armée américaine chargée de protéger ses colons, les harcèlent dans tous leurs déplacements, les empêchant de continuer à aménager des forts et d'utiliser la "piste Bozeman", le "Bozeman Trail Corridor", une route tracée à travers le cœur de l'important territoire de chasse des Lakotas et permettant aux convois des hommes blancs de passer du Wyoming au Montana et en Oregon pour gagner la côte pacifique, de nouvelles terres, et surtout... les champs aurifères et les riches mines d'or du Montana, leur but ultime !

 

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caravane de mineurs et de colons sur la piste Bozeman

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Chief Red Cloud organise, avec ses alliés de circonstance,

une guerre d'escarmouche contre les convois de ravitaillement.

Il intercepte les troupes assignées à l'aménagement de cette voie de passage.

Il les retient plusieurs semaines, les assiège.

Il isole les trois fortifications déjà construites dans le but de maintenir la piste ouverte.

Il exige leur abandon.

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Victorieux, il parvient à contraindre Washington de négocier, en avril 1866, un traité interdisant tout convoi et, les termes du traité ne le satisfaisant pas, car il demandait aussi le démantèlement des forts, il refuse de signer. En août, les États-Unis cèdent (ce sera la seule fois où Washington se résoudra à signer un traité comportant des clauses à son désavantage) : ainsi que le stipule le traité de Fort Laramie, signé en 1868, trois forts d'importance stratégique décisive seront abandonnés et incendiés !

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Bien qu'il abandonne la piste Bozeman, le traité abuse pourtant Red Cloud car il inclut d'autres clauses installant les Sioux dans un vaste territoire situé dans la région des Blacks Hills dans le Dakota du Sud, le Wyoming et le Montana, promettant la protection de la population indienne et de sa culture, prévoyant des formations visant le développement de l'agriculture : déjà, un avant-goût de réserve indienne.  

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Les fréquentes violations du traité par les blancs, allant même jusqu'à la saisie de certaines terres promises, obligent Red Cloud et d'autres chefs Sioux - en 1869-1870 - à se rendre à Washington pour présenter leurs doléances et convaincre le Président Grant d'honorer les traités existants en endiguant le flot de mineurs et chercheurs d'or traversant leurs terres sacrées.  A son retour, il préconise aux Indiens la paix et s'établit dans la réserve Red Cloud Agency, dans le Nebraska..

En bas, de gauche à droite,

Sittinf Bull, Red Cloud, Swift Bear.

En haut à droite, Spotted Tail.

Julius Meyer les accompagne

à Omaha, dans le Nebraska,

en route vers Washington DC,

afin de rencontrer le Présiden Grant

et discuter de l'avenir des Black Hills

et de la Nation Sioux.


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Son propre fils Jack Red Cloud, entouré d'autres jeunes guerriers, refuse toutefois d'enterrer la hache de guerre et poursuit la lutte. L'arrivée, en 1874, d'émissaires du gouvernement guidés par le lieutenant-colonel George Armstrong Custer demandant aux Sioux de renoncer à leurs lieux de chasse des Blacks Hills pour pouvoir en toute sécurité aller y prospecter l'or, donne raison aux résistants : les Sioux risquent d'être trahis par la violation annoncée de leurs collines sacrées.

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Debout  de gauche à droite :

Red Bear, Young Man Afraid of his Horse, Good Voice,

Ring Thunder, Iron Crow, White Tail, Young Spotted Tail.

 

Assis de gauche à droite :

Yellow Bear, Jack Red Cloud (fils de Chief Red Cloud),

Big Road, Little Wound, Black Crow ;

circa 1860-1880

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Red Cloud lui-même repousse immédiatement une telle proposition, puis, s'entendant dire que de toute manière on leur en retirerait bientôt le droit, accepte, contre paiement immédiat de l'indemnisation proposée en fusils et en chevaux, et réaffirme les droits des Sioux sur le nord du Nebraska.  D'autres chefs Sioux, tels Crazy Horse ou Sitting Bull, refusent pourtant de se laisser contrôler. La guerre de 1875-1876 commence : Red Cloud n'y participe pas.

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Après la défaite de Custer sur les bords de la Little Bighorn River, le 25 juin 1876 - bataille à laquelle participa Jack Red Cloud, envoyé par Chief Red Cloud, armé de la carabine paternelle et portant sa coiffe de guerrier - , les Américains vont chercher à se venger... Mais de tout cela, je préfère vous en parler un autre jour car je ne résiste pas plus longtemps à l'envie de vous présenter l'étape suivante du dessin de Jack Red Cloud :

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JACK RED CLOUD

unique fils de CHIEF RED CLOUD

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vendredi 1er juin 2018

Si Red Cloud cautionne la participation de son fils à la bataille de Little Bighorn - puisque Jack s'y engage portant la coiffe de guerrier du Chef indien et armé de la carabine de son père -, mon sentiment est qu'il ne capitule pas devant l'ennemi mais se montre tout simplement prudent et surtout ambitieux pour l'avenir de son fils Jack ! 

Pour bien comprendre l'attitude de Red Cloud, il faut que je vous parle de coups et d'honneurs ...

En effet, dans les temps anciens de l'histoire des Indiens, les temps dont je vous parle, la qualité de chef ne se transmettait pas nécessairement de père en fils : Red Cloud lui-même, je vous le disais en début d'article, n’était pas d’une lignée de chefs mais avait été reconnu et choisi comme leader parce qu’il avait courageusement défendu son peuple non seulement contre les ennemis, mais aussi contre l’injustice et l’agression au sein même de sa tribu, les Oglalas. La règle était qu'un Indien ne pouvait prétendre à mériter ce titre de chef s’il n’avait perpétré des coups récompensés par des honneurs, prouvant sa bravoure au cours d’affrontement guerriers, comme capturer un ou plusieurs chevaux d'une tribu rivale, tuer un adversaire et emporter son scalp, ou encore - la façon la plus héroïque entre toutes - s'introduire dans les rangs de l'ennemi à cheval et - entreprise périlleuse s'il en est - toucher un adversaire aux yeux de tous sans pour autant essayer de le blesser ! Quand un homme avait participé à quatre batailles et acquis dans chacune un honneur, il devenait éligible au rang de chef.

Red Cloud est ambitieux pour son fils unique et pour les raisons évoquées ci-dessus, il préfère sans doute jouer un rôle de conseiller plutôt que de guerrier dans cette bataille de Little Bighorn, les 25 et 26 juin 1876, comme dans une autre bataille de  Rosebud Creek survenue quelques jours auparavant, le 17 juin 1876, déjà remportée par les Sioux : Jack y avait - déjà - ardemment combattu.

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En fouillant sur quantité de sites rédigés en anglais voués aux Native American Indians, dans le but de mieux cerner cette période historique décisive pour l'avenir des Indiens, j'ai découvert quatre dessins annotés particulièrement intéressants, bien qu'empreints d'une touchante naïveté. Peints à la gouache, ils sont signés Daniel Long Soldier. Né en 1949, cet artiste est un Sioux oglala lakota né dans la réserve indienne de Pine Ridge (j'en reparlerai) à laquelle ont bien avant lui vécu Red Cloud, sa tribu et ses descendants. Il se plaît à dépeindre les histoires de son peuple telles qu'elles lui furent contées par son grand-père et ses oncles qui tous ont connu Jack Red Cloud et ses coups.

Il nous en raconte une ci-dessous... J'ai tenté de la traduire aussi fidèlement que possible et le jeu m'a beaucoup amusé !

     Alors qu'ils quittaient le camp oglagla, un combat avec les Crows implique le fils de Red Cloud, Jack Red Cloud, alors adolescent, qui avait rejoint d'autres jeunes gens désireux de gagner leurs premiers honneurs au combat. Il porte la coiffe de guerre de son père et est aussi armé de sa célèbre carabine, une long rifle Winchester à levier d'action, modèle 1866, surnommée "Yellow Boy".

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      Les traces de sabots montrent Jack Red Cloud battre en retraite.

     Alors qu'il vivait, adolescent, à la réserve indienne "Red Cloud Agency", c'était pour lui l'occasion de se joindre à une bataille. Soucieux de remporter les honneurs de guerre, Jack Red Cloud attaque seul un groupe de guerriers Crows. Il est à court de balles et bat rapidement en retraite.

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     Les guerriers Crows donnent la chasse à Jack Red Cloud. Le reconnaissant comme le fils du Chef Red Cloud, ils le narguent, se moquent de lui, puis le prennent en cible avec leurs flèches et le fouettent avec leur cravache. Ils lui enlèvent la coiffe de son père, le désarment, puis le font tomber de son cheval.

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     Il est secouru par un guerrier sioux oglala.

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photo originalephoto originale pour dessin d'indien chief jack red cloud    

Jack Red Cloud perpétrera-t-il suffisamment de coups ?

Jack Red Cloud méritera-t-il suffisamment d'honneurs pour être éligible et élu au rang de Chef ?

Que vont devenir Red Cloud et sa tribu des Oglalas ?

Quels seront les prochains détails de mon dessin

qui progresse lentement, trait par trait, pas à pas ?

A toutes ces questions, il y aura réponse ...

    dessin inachevé- Chief Jack Red Cloud -

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mercredi 6 juin 2018

Ainsi, Red Cloud est ambitieux pour son fils. En juin 1876, il ne participe aux importantes batailles de Rosebud Creek ou Little Bighorn, les dernières remportées par les Sioux, qu'en tant que conseiller, mais il incite son fils Jack à s'y illustrer pour y récolter des honneurs : on n'hérite pas du titre de Chef indien, on le mérite...

Red Cloud reste un Chef reconnu par son peuple. Les autorités gouvernementales se méfient de lui car elles lui reconnaissent une grande influence près des siens, qui le respectent et lui restent fidèles depuis ses succès guerriers contre l'armée américaine, contrainte de signer le traité de Fort Laramie aboutissant à l'abandon de trois fortifications le long de la piste Bozeman destinée à protéger les colons et leurs convois sur la route de l'or.

Est-ce pour tout cela qu’en automne 1876, ces autorités gouvernementales cherchent à humilier Red Cloud en proclamant à la tête des Sioux un autre chef plus docile, Spotted Tail, que, l'on s'en doute aisément, les Oglalas fidèles à Red Cloud ne reconnaîtront pas ? D'autres chefs le considèrent même comme traître. En 1881 il meurt assassiné...

Les Américains cherchent alors à se venger et s'en prennent aux tribus des réserves : celle des Lakotas de Red Cloud voit ses armes et ses chevaux confisqués. Plus grave encore : la famine les guette car les troupeaux de bisons sont décimés et les attributions de vivres réduites.

Grande victoire indienne, la bataille de Little Bighorn sonne donc paradoxalement, comme le chant du cygne, la fin de la résistance indienne. La débacle de Custer en fait un martyr pour l'opinion américaine, et le gouvernement ordonne la traque des Sioux. Les plus opiniâtres abandonnent l'un après l'autre la guerre, vaincus par la supériorité en matériel et en armes de l'armée américaine. Sitting Bull fuit vers le Canada, Crazy Horse finit par être abattu, et à l'orée des années 1880, les Indiens sont presque vaincus : il ne reste que quelques résistances isolées.

C'est alors que se met en place le système des réserves créées par l'Etat, où les Indiens - souvent forcés et contraints -, sont véritablement parqués pour être dépendants du bon vouloir des Blancs. En novembre 1877, le gouvernement décide la déportation des Oglalas : Chief Red Cloud, clairvoyant sue l'issue fatale des conflits, négocie avec le gouvernement et accepte de quitter, avec les siens, la vaste réserve du Nebraska pour aller s'établir dans la réserve de Pine Ridge Indian Reservation dans l'actuel Dakota du Sud, où ils sont encore installés, confinés, de nos jours.

   

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Le 29 décembre 1890, l'armée américaine massacre environ 300 Indiens à Wounded Knee. Les débats sont encore nombreux sur les circonstances et le bilan de ce drame. Cet épisode tragique est considéré comme la fin des guerres indiennes, mais il est aussi devenu le symbole des atrocités qui ont marqué les conflits entre les colons blancs et les peuples indigènes. Dans la mémoire des Indiens d'aujourd'hui, cette date est incontournable pour l'affirmation de leur identité, alors que pour les Etats-Unis elle est beaucoup plus occultée.  

 - Chief Jack Red Cloud - 2

A bientôt.

Je poursuivrai cette douloureuse histoire des Indiens, des Sioux, des Oglalas.

Je vous parlerai enfin de la coiffe et des habits, de plus en plus apparents sur mon dessin de

Jack Red Cloud.

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samedi  9 juin 2018

 "Ils nous faisaient beaucoup de promesses, plus que je ne peux me rappeler, mais ils n’en ont jamais tenu qu’une seule ; ils ont promis de prendre nos terres, et ils les ont prises."

Maȟpíya Lúta (Red Cloud - en français Nuage Rouge), chef des Oglalas

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CHIEF RED CLOUD

Atteint de cécité, Red Cloud meurt le 10 décembre 1909.

 

Jusqu'à sa mort, il remplit dignement son rôle de meneur d'hommes, sert d'intermédiaire à son peuple dans les relations difficiles avec les agents de la réserve et le gouvernement et résiste fièrement à la volonté américaine de briser le pouvoir des chefs qu'il considère comme garants du mode de vie traditionnel indien.

 

 

 

A son décès, les Oglalas choisissent son fils Jack pour lui succéder, probablement autant en raison des honneurs de guerre mérités dans sa jeunesse que par respect pour son père. Chief Jack Red Cloud honorera ce tire jusqu'à son décès en 1928. Par la suite, ses descendants continueront à être choisis eux-aussi comme chefs traditionnels des Oglalas.

 

- James Red Cloud, 1928-1960.

- Charles Red Cloud (son frère), 1960-1979.

- Olivier Red Cloud, 1979-2013.

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CHIEF JACK RED CLOUD

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En 1917, les Indiens étaient une ethnie en voie de disparition en raison de son niveau élevé de mortalité. La culture des ancêtres avait en grande partie disparu, les perspectives économiques paraissaient inexistantes. Confrontés à la misère, à un chômage endémique, à l’ennui, à l’alcoolisme, ils ne croyaient plus en l'avenir.

L’entrée en guerre des États-Unis leur apparut comme un moyen de de retrouver une dignité perdue et de ressusciter l’esprit guerrier de leurs ancêtres, jadis symbole d’honneur et de respect au sein des tribus. Selon leur expression, ils "traversèrent la mare" et partirent pour l’Europe.

Les officiers américains rapportèrent que, complètement intégrés au sein de leurs unités, ils se battaient souvent  avec plus de fougue et courage que les autres soldats. Rentrés chez eux, ils avaient la conviction d’avoir gagné "la plus grande de toutes les guerres", après avoir découvert d’autres pays, cultures et styles de vie. Ils maîtrisaient mieux l'anglais et avaient acquis nombre de capacités techniques qui les aidèrent à trouver un travail. Ils avaient aussi rencontré des membres d’autres tribus de différentes régions des États-Unis et réalisé qu’ils avaient des préoccupations communes : ils ne purent dès lors plus concevoir leur identité en termes seulement tribaux et une grande partie des luttes qui allaient être menées au cours de la seconde moitié du XXe siècle par les autochtones pour leurs droits le seraient au nom de la Nation indienne.

Par la suite, la politique de Washington contribua à affirmer le nouvel état d’esprit amorcé au sein de la communauté indienne par la Première Guerre mondiale. En 1934 l’Indian Reorganization Act* étendit les programmes d’éducation aux adultes qui n’avaient pas eu la possibilité d’aller à l’école et mit en place à une large échelle des services de santé, des cours d’anglais, de cuisine, d’hygiène, de couture, d’agriculture et de formation professionnelle en général. Entre 1934 et 1941, 80 000 Indiens furent embauchés dans le cadre d’un programme fédéral et touchèrent souvent pour la première fois de leur vie un salaire. Ils construisirent des barrages, des ponts, des puits, des routes et des voies de chemin de fer.

* Par l'Indian Reorganization Act, l'État fédéral américain mit fin au processus de parcellisation des terres indiennes et reconnut aux tribus indiennes le droit à l'autonomie.

Les progrès accomplis en moins d’une décennie permirent aux Indiens de ressentir, pour la première fois, un sentiment d’inclusion dans la population générale du pays, et de découvrir un concept entièrement nouveau pour eux, celui d’une identité nationale. En témoigne le fait que les Indiens furent 45 000 – souvent volontaires et d’un enthousiasme sidérant - à s’enrôler dans l’armée des États-Unis durant la Deuxième Guerre mondiale : un tiers de tous les hommes valides âgés de 18 à 50 ans, jusqu’à 70 % dans certaines tribus, comme les Sioux et les Navajos, plus d’un dixième de l’ensemble de la population indienne (une proportion bien plus élevée que dans toutes les autres communautés du pays).

Dans leurs motivations à s’enrôler figurait aussi l’appât du gain : l’argent, la solde de l’armée, 60 dollars par mois ou plus si l’on montait au front. Les engagés flairèrent la possibilité de rentrer avec un joli pécule. Lorsque la seconde guerre arriva, beaucoup d’Indiens voyaient déjà dans leur niveau de vie et leurs perspectives d’avenir de notables améliorations. Et quand elle se termina, leur revenu annuel – bien que ne représentant qu’une fraction de celui des Blancs – était trois fois plus élevé qu’en 1941.

Surtout, les Indiens avaient à ce moment-là réalisé que la démocratie était en danger dans le monde. Ils avaient compris que la liberté, cette valeur depuis toujours suprême à leurs yeux, était en jeu, que la défense de leur pays était nécessaire. Ils oublièrent les humiliations, les ressentiments et l’amertume du passé pour faire preuve d’un patriotisme et d’une loyauté extraordinaires envers leur pays. En quittant pour la première fois leurs réserves pour aller travailler dans des usines d’armement, en s’engageant dans la Croix Rouge et les services féminins de l’armée, plus de 40 000 hommes et femmes – en plus des soldats – se mélangèrent pour la première fois aux Blancs, les connurent, les comprirent mieux, se familiarisèrent avec leur culture, leur mode de vie et leurs valeurs, apprirent comment se comporter avec eux, et vice versa.

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Une proportion considérable d’Indiens américains devenaient des Américains indiens. 


- DESSIN D'INDIEN - Chief Jack Red Cloud - 07

CHIEF JACK RED CLOUD a revêtu une magnifique coiffure

en plumes couramment appelées plumes d'aigle royal.

En réalité, elles proviennent du Bald Eagle, le pygargue à tête blanche !

Connaissez-vous mon dessin de Bald Eagle  ?

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La coiffe de plumes était un objet sacré. Les plus communes comportaient 28 à 32 plumes montées en rayon autour d’un bonnet (la queue d’un Bald Eagle ne comporte que 13 plumes). Chaque partie de la coiffe avait une signification qui pouvait être comprise par tous les membres de la tribu. La forme du bonnet avec ses plumes rayonnant autour de la tête du guerrier était le symbole de la grâce divine du Grand Esprit qui rayonne comme le soleil. L'utilisation de plumes de aigle était aussi un symbole : ne vole-t-il pas très haut, près du soleil ? 

Chez les Sioux, les coiffes de guerre, toutes différentes l'une de l'autre, permettaient d'afficher le nombre de coups comptés par le guerrier qui l'arborait, chaque coup donnant droit a des plumes, taillées de façon différente suivant leur nature. Lorsque les coups comptés consistaient par exemple - je vous en ai parlé précédemment dans l'article - à toucher l’ennemi sans être soi-même touché, cet exploit donnait droit à des plumes provenant de la queue d’un aigle mâle. Les chefs de guerre de chaque tribu étaient choisis parmi les guerriers arborant la coiffe la plus prestigieuse puisqu’elle symbolisait l'immense valeur de celui qui la portait. Chez certains indiens parmi les plus réputés, elle pouvait même descendre jusqu’aux pieds.

La coiffe était investie de pouvoirs surnaturels qui protégeaient son porteur lors des combats. Elle faisait également partie de la garde-robe de festivités des personnes distinguées. Enfin, les guerriers qui portaient une coiffe affichaient ainsi leur appartenance à un groupe.

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    Calumet, médaille, veste à franges en peaux et poils ornée de perles et motifs géométriques.

Le calumet sioux typique est un long tuyau ouvragé, décoré de piquants de porc-épic, dont le fourneau est en catlinite, pierre rouge au grain très fin qui, selon la mythologie sioux, était un don du Grand Esprit. 

Le nom de catlinite fut donné à la suite de la visite du peintre américain George Catlin dans les carrières du Minnesota vers 1835. Les Amérindiens utilisaient ces carrières depuis au moins le début du XVe siècle.

Dans cette mythologie, en des temps très anciens, le Grand Esprit, sous la forme d'un oiseau, posé sur une muraille de rocher, fit venir toutes les tribus autour de lui et, brisant un morceau de catlinite, en fit une pipe et la fuma, les volutes de fumée recouvrant toute la multitude. Il dit alors à ses enfants rouges que cette pierre rouge était leur chair, qu'ils étaient nés de cette pierre, qu'ils devaient fumer dans des pipes fabriquées avec cette pierre - car la fumée qui s'en exhalait était leur prière qui montait vers lui - , qu'ils ne devaient utiliser cette pierre que pour leurs pipes, et que comme celle-ci appartenait également à toutes les tribus, ce terrain était sacré, et aucune arme ne devait y être utilisée ou introduite.

Avez-vous remarqué la médaille ?  Pour un chef indien, porter une médaille de la paix à l'effigie d'un Président - ici, Ulysses S. Grant, qui exerça deux mandats successifs de 1869 à 1877 - revêtait une importance primordiale. Les Indiens avaient fait de cet objet - il y avait cinq types de médailles et les plus grandes étaient bien sûr destinées aux plus grands - une marque distinctive des chefs, ceux qui étaient aptes à conduire leur peuple, fut-ce dans la charge suicidaire et désespérée contre des "soldats bleus" chargés de dégager la voie des colons. Grant était respecté chez les Sioux : lors de la défaite du général Custer à Little Big Horn, qui avait provoqué chez les Blancs un grand scandale et une animosité croissante vis-à-vis des Indiens, il avait osé prendre position contre Custer et l'armée et classer l'affaire sans enquête préalable.

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A bientôt, en cours de semaine prochaine, pour une dernière publication,

où je vous présenterai le dessin achevé et entier,

et où il sera question de poésie et de sagesse.

Un au revoir, comme si nous fumions le calumet de la paix,

avant de partir vers d'autres horizons ...

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vendredi 15 juin 2018

 

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Parlons sagesse ...

"Tout ce que fait un Indien, il le fait dans un Cercle"

"Il en est ainsi parce que le Pouvoir de l'Univers opère toujours en cercles et que toute chose tend à être ronde.

Dans les temps anciens, lorsque nous étions un peuple heureux et fort, notre pouvoir nous venait du cercle sacré de la Nation et tant qu'il ne fut pas brisé, notre Peuple a prospéré.

Tout ce que fait le Pouvoir de l'Univers se fait dans un cercle.

Le cercle est rond et j'ai entendu dire que la Terre est ronde comme une balle et que toutes les étoiles le sont aussi.

Le vent, dans sa plus grande puissance, tourbillonne. Les oiseaux font leur nid en rond, car leur religion est la même que la nôtre.

Le soleil s'élève et redescend dans un cercle.

La lune fait de même, et ils sont ronds l'un et l'autre.

Même les saisons, dans leur changement, forment un grand cercle et reviennent toujours où elles étaient.

La vie d'un homme est un cercle d'enfance à enfance, et ainsi en est-il de toute chose où le Pouvoir se meut.

Aussi, nos tentes étaient rondes comme les nids des oiseaux et toujours disposées en cercle, le cercle de la nation, nid fait de nombreux nids où nous couvions nos enfants selon la volonté du Grand Esprit."

                                                                        Elan Noir, Indien sioux oglala

 

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"Les Indiens d'Amérique sont une ancienne civilisation, et leurs perspectives en ces temps anciens étaient tout à fait différentes de celles de nos contemporains. 

Je leur ai enseigné à percevoir le monde en tant qu'un organisme entier. J'ai enseigné aux personnes à respecter chaque vie, leur ai enseigné à vivre et à agir parfaitement sur la Terre, ne dérangeant pas l'harmonie, l'équilibre et la beauté de l'environnement. 

Depuis son enfance, un Indien apprenait à écouter afin de comprendre le monde autour de lui — le Soleil, les étoiles, le vent, la forêt, les rivières, les lacs et les animaux … Les Indiens ont appris à suivre les lois de la nature dans leur vie ; ils ont compris qu'en violant ces lois on cause de la douleur inutile à la vie. Contrairement aux Européens modernes, ils ne se sont pas ‘emprisonnés’ eux-mêmes dans des maisons en pierre, n'étaient pas ‘enchaînés’ par des dogmes au sujet de la structure du monde. 

Les Indiens estimaient qu'ils étaient une partie intégrale de la nature ; leur maison était la forêt illimitée, les montagnes rocheuses, les lacs bleus et les chutes d'eau. L'état de fusion avec la nature était très naturel pour eux. Traversant une rivière sur une pirogue, marchant sur des sentiers en forêt, les Indiens se sentaient un avec le vent, l'eau, les montagnes, les oiseaux… Depuis le jeune âge, ils savaient que le corps n'était qu'un petit fragment dans le monde de la matière, qu'il n'était pas plus important que les pins se balançant dans le vent, que les nuages flottant dans le ciel, que les écureuils gambadant dans les arbres ou les poissons nageant dans les eaux…"

White Eagle (Aigle Blanc)

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Pour prier, ouvre-toi entièrement au ciel, à la terre, au soleil, à la lune,

à la voix totale qui est en toi,

et sache qu’il y a davantage que tu peux voir, entendre, connaître,

sinon dans ces moments qui croissent, forts,

et dans des langues seulement entendues dans d’autres Cercles de Mouvement.

 

Comme l’Aigle ce dimanche matin au-dessus de Salt River,

tournoyant dans le ciel bleu, dans le vent,

balayant nos cœurs de ses ailes sacrées,

nous te voyons, nous voyons et savons

que nous devons prendre d’extrêmes précautions

et être bienveillants en toutes choses.

 

Inspirons, en sachant que nous sommes constitués de tout ceci,

et expirons, en sachant que nous sommes vraiment bénis

parce que nous sommes nés, et mourrons bientôt,

dans un vrai Cercle de Mouvement,

comme l’aigle qui éveille le matin en nous.

 

Nous prions pour qu’il en soit ainsi, dans la beauté,

dans la beauté.

Joy Harjo

 

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Parlons poésie ...

 

Une feuille nous quitte

et c'est l'automne.

Ne frissonne pas.

Cela est l'ordre.

Enclose ici, et verte, en feuille singulière.

Là, dissoute et rendue à l'ouvert.

                          ... Mais le gain ? dis-tu.

Va, demande aux oiseaux,

à l'herbe, aux amants,

qui captait le soleil ?

qui leur chantait le vent ?

qui leur sera printemps.

 

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L'étoile

que le nuage efface continue d'exister.

 

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L'églantine accroche son âme au buisson

et sa candeur nous égratigne.

 

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Oiseaux

qui sur un fil tenez,

de la portée

donnez-nous la mesure.

 

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Vastes vents

qui passez sur nos terres morcelées,

jetez bas nos clôtures.

 

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Lune,

quand ta moitié seule apparaît,

c'est ton entier visage que je sais.

 

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... Ne fut pas cueillie la rose

qui devant ma fenêtre décline.

Sa métamorphose m'était nécessaire.

Et ... tandis qu'à l'extrême, abandonnée,

offerte,

elle va s'effaçant,

lui vient au coeur un fruit,

son fruit.

Empruntant sa sève et son vide,

la Vie continue de passer.

 

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Poèmes de Ghislaine Henry-Yernaux

lus à la messe de ses funérailles, le 18 juillet 2012

 

 

 

HOMMAGE

 

Avant de lire la Prière de Joy Harjo, sa famille l'a confié à l'assemblée :

elle se passionnait pour la spiritualité des Indiens d'Amérique ;

elle avait un jour voyagé là-bas à la rencontre des Navajos, et d'autres tribus.

 

Nul doute :  elle appréciait la Great Spirit Prayer.

Elle savait que tout ce que fait un Indien, il le fait dans un Cercle. 

Elle connaissait la sagesse d'Aigle Blanc.

 

Elle aimait - beaucoup - la nature.

Elle aimait encore prendre sa plume et écrire.

 

Souffrante, des années et des années, puis alitée, sa maison était un peu

son tipi qu'elle ne quittait plus.

(Elle était une épouse aimée, une maman adorée.)

 

Tout cela se ressent à la lecture de ses poèmes, écoutés, lus à la messe de ses funérailles.

Ses poèmes que chacun a précieusement emportés, tel un trésor, à la fin de la cérémonie.

   
 

Merci Chantale, toi son aînée, amie de longue date.

Tu as marqué ton accord, enthousiaste,

pour que les mots de ta maman s'envolent ici, au-delà des frontières, au-delà des nuages ...

 

- DESSIN D'INDIEN - Chief Jack Red Cloud - 09

 

 

 

10 décembre 2017

Le Maître et son Rapace : la force du Regard

Depuis ce 12 janvier 2017, voici l’histoire d’un dessin, d’une photo,
d’un homme hors du commun !
 

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   ULTIME MISE A JOUR - en bas de page - CE MARDI 28 FEVRIER.  

   La date de la prochaine publication est incertaine.  

   Elle sera annoncée plusieurs jours à l'avance : venez voir de temps à autre ... 


Il me plaisait de remémorer ici, sur Hautetfort, cette histoire déjà publiée une première fois sur mon précédent blog Overblog, aujourd'hui délaissé. Le dessin que vous allez (re)découvrir m'a permis de vivre une histoire personnelle riche et émouvante.

L'article sera mis à jour régulièrement, grâce à de nouveaux éléments, apportés en fin de page. Ces mises à jour seront chaque fois annoncées en haut et bas d'article.

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JEUDI 12 JANVIER 2017

Aujourd’hui, je suis impatient et heureux de vous présenter le début de l’histoire de cet être d'exception, Monsieur Jean-Pierre Vergès, et et de son hibou grand-duc.

Vous l'avez probablement remarqué, depuis le temps que j'écris des articles pour mes blogs : c'est dans ma nature, j'ai besoin d'en savoir toujours plus, encore et encore, à propos des dessins que je réalise. Puisque chacun d'eux trouve son inspiration dans une photo, parfois personnelle, qui m’a attiré et qui repose - pour celui qui a appuyé sur le déclencheur - sur l’envie de garder en souvenir un instant visuel privilégié et exceptionnel, je cherche à comprendre tout ce qui entoure cet instant devenu définitif et ce qu’il signifie. Et si j'ignore tout de l'origine d'une photo, je cherche à la découvrir, j'entreprends de longues et captivantes recherches pour mieux cerner ce qu'elle représente. Cette démarche me passionne à chaque fois.

Trêve de bavardages : commençons donc par ... le début de cette histoire !

Nous sommes en 2004. Des amis venus des Pays-Bas, Mirjam et Sébastien, me font découvrir une impressionnante photo chargée pour eux de souvenirs et d'émotions, ça se lit dans leurs yeux, ça s'entend dans leur voix : ce regard que la pellicule a gravé me charme dès le premier coup d’œil. A ce moment déjà, ils me parlent de ce hibou grand-duc et de son Maître. Je me lance alors le défi de les dessiner méthodiquement avec la pointe de mes portemines : nul doute, le plaisir promet d'être au rendez-vous : il sera immense !

Avant d'apposer ma signature au bas de ce dessin, il m'a bien sûr été nécessaire de me pencher de longues heures sur ce puissant échange de regards. C'est sûr, à mes yeux : ces deux-là, immortalisés sur la pellicule, se connaissent parfaitement et sont même inséparables. Cela se devine, cela se voit ! Mais qui est le Maître, est-ce l’Homme ou le Grand-Duc ? Ne sont-ils pas, simplement, compagnons ? L’oiseau soutient, immobile et fier, ce regard, aussi autoritaire que respectueux, qui le fixe et l’observe. Quelle intensité ! Leurs yeux se parlent, mais ne se défient pas. Pourquoi en auraient-ils besoin ?

 

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Ils s’apprécient !

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Ils s'aiment !

Cher lecteur, chère lectrice, pour vous, pour moi, j'ai cherché, cinq ans plus tard, à connaître plus en détails leur histoire, celle de mon dessin : la voici, telle que mes amis me l’ont alors contée plus en détails en 2009, la voici avec tout ce que j'ai pu y ajouter moi-même par la suite...

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DIMANCHE 15 JANVIER 2017

Tout d'abord, parlons de Marc. Néerlandais lui aussi, il est à la fois artiste, artisan, réputé restaurateur d’antiquités, forgeron et horloger. Mirjam et Sébastien le comptent parmi leurs proches. En 1990, Marc quitte son pays pour un long pèlerinage qui doit le mener à Saint-Jacques-de-Compostelle. En cheminant dans le sud de la France, il rencontre un autre pèlerin, Jean-Pierre, accompagné de son chien et d'un faucon - pèlerin, lui aussi !- juché sur son épaule : lui s’est mis en route depuis son village natal. Il est Catalan et habite au pied du massif du Canigou, dans les Pyrénées-Orientales.

Marc apprécie très vite la compagnie de cet homme jovial et chaleureux, portant un fin collier de barbe blanche bien soigné, et coiffé comme il se doit - vu ses origines - d'un chapeau rouge. Ils sympathisent et marchent ensemble, à l'unisson, dans un but commun propice à la création de liens profonds et durables.

Effectivement : ils se lient d'amitié. Chaque année, Marc et son épouse Linda prennent la route vers le Sud, destination le Vallespir, la vallée du fleuve Le Tech, où Jean-Pierre les accueille. Bientôt, les deux passions de Jean-Pierre, les rapaces et les vieilles pierres, n'ont plus de secrets pour eux.

Les rapaces ? C’est que le faucon pèlerin que Marc a connu sur les chemins de Compostelle n’est pas le seul oiseau de ce sympathique compagnon de voyage : le Catalan recueille et héberge tous les rapaces blessés et malades, victimes d’accidents ou d’empoisonnement qui, sans son aide, périraient. Sa maison est un refuge, il sauve et ramène à la vie tous ces oiseaux sauvages en perdition qu’on lui apporte de toute la région.

Les vieilles pierres ? Depuis 1981, bien plus que son Président, Jean-Pierre est l'âme d'une association de bénévoles comptant beaucoup de jeunes, s'occupant de la restauration et de la reconstruction d'une vieille église romane située à deux pas de chez lui, près de Sant Marti de Cortsavi, consacrée en 993, reconstruite une première fois en 1159, église paroissiale du XVIe siècle, et abandonnée depuis.

Marc et son épouse, quant ils rencontrent nos amis communs néerlandais, sont intarissables : ils parlent, racontent, et au travers de toutes ces confidences, Mirjam et Sébastien découvrent un être d’exception qu’ils ont envie, eux aussi, de rencontrer. Mais Marc décède suite à une longue et pénible maladie… 

Leur rêve prend tout de même forme : ce sera un hommage à leur ami ! La tête emplie de tous ces souvenirs qui leur ont été confiés, ils partent, en 2003, dans les Pyrénées, dans le but de rencontrer l’ami de leurs amis, dans le but de connaître cet homme passionné, comme eux, de nature et de culture, dans le but de voir de leurs propres yeux ces rapaces blessés qu’il recueille chez lui, dans le but d'admirer la reconstruction de cette église. Très ému, Jean-Pierre les accueille chaleureusement : eux ont l’impression de l’avoir toujours connu !

En arrivant chez lui à Arles-sur-Tech, on est accueilli par poules et poussins, mais aussi chiens, canards et oies, et surtout rapaces qui prennent l'air au soleil, retenus à des blocs ou piquets par des longes et tourets. Le plus impressionnant de tous, précisent-ils, c'est ce hibou grand-duc recueilli à l'époque tout jeune et blessé, encore avec ses plumes de duvet, et qui ne pouvait plus que voleter. Notre homme le soigne comme son enfant. A l’intérieur de la maison, le ménage d’un homme seul ; sur l’armoire, une photo-souvenir de sa maman, décédée, dont il s’est occupé jusqu’à la fin.

Quant à l’église Sant Martí de Cortsavi, son autre passion, ils m'invitent à la découvrir sur ce site présentant dans ses moindres détails l’historique, l’architecture et l’incroyable travail de l’association que Monsieur Vergès a créée en 1981, appelée  "Salvaguarda de Sant Martí de Cortsavi".

http://www.guideduvallespir.com/accueil/vallespir-tourism...

Vous vous en doutez, l'histoire ne s'arrête pas ici : lorsque je l'ai publiée sur mon précédent blog en janvier 2010, il y a tout juste sept ans, elle ne faisait, mais je ne m'en doutais pas encore vraiment, que commencer.  Permettez-moi de vous demander de patienter quelques jours, tout au plus jusqu'au prochain week-end, pour en découvrir la suite...

 

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Prochaine mise à jour le dimanche 22 janvier en journée.

 

DIMANCHE 22 JANVIER 2017

Un matin d'octobre 2009 (le dessin était encadré depuis cinq ans déjà), mes amis Mirjam et Sébastien prennent une tasse de café et un petit verre chez moi. Nous parlons de loisirs, de la société (nous refaisons un peu le monde !), de mes récents dessins au portemine, de Jean-Pierre et bien sûr de son fidèle compagnon grand-duc...

Qui  de nous émet l'excellente idée de prendre de ses nouvelles ? Je ne sais plus, mais peu importe. L'idée se concrétise bientôt : je photocopie mon dessin et Mirjam le joint à une lettre.

De mon côté, quelques recherches sur internet me mènent au site internet d'Arles-sur-Tech (en catalan : Arles de Tec - voir note ci-dessous) avec quelques liens qui m'intéressent beaucoup (j'y reviendrai).

Note :
Merci à M. Jean Pla Sabadell, conseiller municipal à la commune d'Arles, qui m'informa plus tard, lors d'un échange de courrier, que Arles-sur-Tech est le nom francisé d'Arles de Tec en catalan : le h, poursuivait-il, a été introduit on ne sait trop par qui ni pourquoi, en tout cas, par quelqu'un qui ne connaissait sans doute rien du catalan. Peut-être s'agissait-il d'un technocrate parisien qui, lors de la francisation forcée par l’État français des noms catalans, a ainsi reproduit le "h" du mot "technocrate".

Le 23 novembre, Jean-Pierre répond à mes amis. La veille de Noël, ils me parlent de cette lettre et me l'envoient, scannée, quelques jours plus tard... Pour moi, un cadeau venu du ciel. 

 

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Cette lettre est avant tout le reflet de sa bonté et de sa gentillesse. Jean-Pierre parle d'Arthuro, de Sant Marti de Cortsavi, de quelques malheureux soucis de santé qu'il explique avec philosophie et humour, et ses pensées vont aussi vers Linda ; je vous ai parlé moi-même de tout cela, c'est un peu comme s'il me répondait, comme s'il tenait à nous expliquer. Ces mots font chaud au cœur. Et quel bel en-tête de lettre avec cette maxime qui lui va comme un gant (de fauconnier) : la beauté est dans l’œil de celui qui regarde. 
 

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Après avoir lu cette lettre, je n'ai qu'une envie, montrer mon dessin sur le blog, raconter cette histoire de Jean-Pierre et de son grand-duc que j'ai commencée par la fin, peut-être le faire savoir dans son village, parmi ses amis que j'imagine nombreux : tout cela à la condition bien sûr que quelqu'un, là-bas parmi ses proches, trouve l'idée plaisante et lui demande son accord. Mais qui contacter ? Non, pas son association de sauvegarde de Sant Marti de Cortsavi dont il est Président : je n'ose pas, d'autant plus que je voudrais le surprendre, par l'intermédiaire d'un de ses proches !


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A quelle porte frapper ? A qui écrire ? En voyageant sur les liens du site de la municipalité d'Arles-sur-Tech (je vous avais promis d'y revenir), je découvre le site internet d'une bien sympathique chorale.
 
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Les quelques mots que je lis sur ce site me réjouissent énormément !

"Après deux mois de vacances, l’Ensemble Vocal a repris ses activités par un stage de 3 jours à Corsavy, les 4-5 et 6 septembre. Ce stage a été suivi d’un concert, dont le bénéfice est allé à l’association “Salvaguarda de SantMarti de Cortsavi”, concert donné dans la vieille église restaurée par notre ami Jean-Pierre Vergès. L’émotion était au rendez-vous. Concert et journée inoubliable." (J. Weckel)

Chef de choeur : Thomas DELIGNY - Présidente : Josiane WECKEL

 
Ainsi, je trouve, en la personne de la Présidente Josiane Weckel, une amie qui l'apprécie beaucoup ! L'adresse de messagerie de cette dame est mentionnée. Fébrile, je lui écris un message dont vous devinez la teneur. Je me présente et lui propose de découvrir mes dessins à travers mon blog. Surtout, je lui explique en quelques mots comment m'est venue l'idée de dessiner le fauconnier et son grand-duc (un dessin dont il a reçu il y a peu de temps une copie format A4). Je lui envoie bien sûr une image JPEG du dessin et lui propose de demander à Monsieur Vergès s'il accepte que je raconte sur mon blog son histoire, tout en se prêtant à un petit interview. Et elle me répond...
 
Jeudi prochain, je vous montrerai la réponse reçue :
quelle joie, quelle émotion, en lisant et relisant les mots qu'elle contient...

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 JEUDI 26 JANVIER 2017

... et elle me répond très vite, le 4 janvier 2010, en ces termes...

 

Je viens de prendre connaissance de votre émail au sujet de Jean-Pierre Vergès. Je ne suis pas surprise de l'effet qu'a produit sur vous la photo de Jean-Pierre, et votre dessin lui rend hommage. Sa forte personnalité, sa détermination se lisent sur son visage, mais son cœur, sa générosité et sa gentillesse ne se comprennent qu'à son contact, et si vous ne le connaissez pas encore, je vous recommande de le faire sans tarder.
 
Bien sûr, je serai heureuse de faire connaître votre blog, je vais faire le nécessaire auprès des membres de l'Ensemble vocal, mais aussi auprès de l'association théâtrale d'Arles/Tech et des autres associations.
 
Je suis allée voir votre blog et j'ai pu voir (trop vite, mais j'y reviendrai) vos dessins et vos commentaires qui rendent vos dessins encore plus intéressants.
 
Je vous remercie de me donner l'occasion de rendre un peu à Jean-Pierre ce qu' il nous donne si généreusement : son amitié.
 
Avec tous mes sincères remerciements,
Josiane Weckel.
 

J'osais à peine espérer un accueil aussi immédiat et chaleureux.

Le contact est créé et gardé ; nous convenons de la date de publication de l'article, le mardi 26 janvier.
 
Le samedi 23 janvier, je reçois cet important courriel de Josiane :
 

23 JANVIER 2010
 
Voilà c'est fait, du moins une partie. Chaque personne que j'ai prévenue en fera autant de son côté.
J'ai pu voir Jean-Pierre entre deux Galettes des rois :-))).  Je lui ai dit deux mots sur votre projet. Il a été très étonné qu'on parle de lui aussi loin. (toujours aussi modeste notre Jean-Pierre).
Il n' a pas Internet, mais une de ses amies proche, Ingrid, s'en occupe à sa place. Voici son adresse : (...) 
Le lendemain il a mis ces photos dans ma boîte à lettres pour que je vous les envoie. Je les ai scannées...

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Actuellement il est très préoccupé par la recherche de fonds pour la construction du clocher de Sant Marti. Ce n'est pas une chose facile pour lui.
Voilà ce que je peux faire pour l'instant, je vais aussi imprimer quelques cartes avec l'adresse de votre blog, car je n'ai malheureusement pas les adresses mail de tout le monde.
Je fais bien sûr cela pour Jean-Pierre, mais j'estime aussi que votre blog vaut le détour, je n'ai pas encore tout vu, car le temps me fait parfois défaut.... Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais depuis la retraite le temps passe plus vite :-))) 
En tout cas vous avez beaucoup de talent et pour les dessins et pour la forme originale de les mettre en valeur.
J'attends impatiemment la parution de votre article sur Jean-Pierre. A bientôt, Josiane.
 
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 DIMANCHE 29 JANVIER 2017

L'histoire présentée ci-dessus peut donc être publiée. Et je m'y attelle sans tarder.

Quel étrange sentiment de savoir qu'à mille km de chez moi, de nombreuses personnes attendent...

Bien sûr, j'accompagne la publication du dessin complet :

 
"Le Maître et son rapace ou la force du regard"
 
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 Prendre une belle photo, c’est commencer une histoire par la fin ! "
(Valérie ZENATTI, journaliste, professeur, traductrice et romancière d'origine juive)

Deux jours plus tard, Jean-Pierre m'écrit déjà par l'intermédiaire d'Ingrid, une voisine et amie de longue date...

Cher ami,

Merci pour le blog......... c'est super et je suis heureux que vous mettiez mon Grand-Duc en valeur.

Je suis émerveillé (et le mot est faible !) par la qualité de vos dessins, pleins de vie !

Comme fauconnier sachez bien que je n'utilise jamais de cage car jamais un fauconnier ne met un rapace - quel qu'il soit - en cage (blocs de faucons ou d'autours, longe, tourets........ oui ! mais surtout jamais de cage car les rapaces se blessent la cire du bec, dès qu'ils sont en cage........... C'est la raison pour laquelle nous ne pouvons que les "jardiner", terme de fauconnerie : blocs dans un pré ou une pelouse).

En ce qui concerne le Grand-Duc (son nom est Arthur) : c'était un jeune grand-duc, blessé malheureusement par un coup de feu........... un vétérinaire a essayé de le sauver, puis me l'a confié car il avait perdu une partie de ses capacités pour chasser et n'a jamais pu récupérer de cet handicap : il peut "voleter" mais nous restons ensemble obligatoirement........... ad vitam aeternam............

Merci pour tout et mes amitiés à Linda, Myriam et Sébastien.

Je n'ai jamais oublié Marc Van Baars - un homme hors du commun qui m'a aidé sur le "chemin".

Jean Pierre Vergès

 

Très vite après la parution de l'article, je reçois aussi des témoignages via ma boîte de messagerie personnelle. C'est merveilleux, Jean-Pierre, là-bas, au pied des Pyrénées, fait l'unanimité : ses qualités humaines sont à chaque fois mises en exergue. Je mesure, à travers tous ces mots, l'ampleur de ces valeurs essentielles que sont l'estime, le respect et l'amitié qui le lient à chacun de ses amis. Je le pressentais, en introduction à cette histoire, Monsieur Vergès est un Homme d'Exception : je l'avais d'emblée perçu en découvrant la photo. Mes amis me l'avaient dit ; sans savoir qu'un jour j'en parlerais de cette manière.
 
Voici ce que m'écrit Josiane, Présidente de la chorale, qui a parlé de la publication de l'article dans son entourage et communiqué mon adresse email...

Cher Jean-Claude, à la lecture de votre blog, l'émotion est partagée des deux côtés. Il y a d'un côté l'émotion de voir Jean-Pierre mis à l'honneur, et de l’autre l'émotion de la découverte de votre talent. J'ai eu un peu de temps pour me promener à l'intérieur du blog, je n'ai pas encore tout vu ni tout lu, mais ce que j'y vois me plaît tellement.

Lorsque j'aurai tout exploré je vous dirai ce qui m'a le plus touché. Jusqu'à présent c'est la souffrance que j'ai lue sur le visage d'un petit garçon qui porte des briques trop lourdes pour lui, et le regard du renard dans lequel je n'ai vu aucune cruauté, mais une détermination.  Je ne connais pas assez la technique du dessin pour oser simplement donner un avis. La seule chose qui me vient à l'esprit, c'est le mot "merveilleux". Tout est merveilleux. 

Voilà, vous en faites ce que vous voulez  :-)))

Je viens d'écrire ce poème, très vite, c'est maladroit mais je ne le renie pas...

Dites-moi pourquoi je ne suis pas étonnée

Que notre ami Jean-Pierre soit ainsi honoré ?

Vous ne le connaissez pas ?  Je vais vous en parler :

Il a l’aspect d’un roc, de cette pierre dure

Que durant des années il a su façonner.

De sa jeunesse il n’a plus l’élégante stature,

Mais son regard est plein de générosité.

Il vous parle d’oiseaux, d’abeilles et de pierres

Avec un enthousiasme qui vous les fait aimer.

Mais son plus grand amour je sais que c’est sa Terre

Celle de ses racines, ce sont ses Pyrénées.

Cette belle rencontre de Jean-Claude et Jean-Pierre

N'est pas due au hasard, c’est bien plus que cela

Une chaîne d’amitié qui passe les frontières

Il  y a fort à parier qu’ils n’en resteront pas là.

Un grand Merci Jean-Claude,

Un grand Merci Jean-Pierre,

Vous êtes tous les deux des êtres exceptionnels.

Et puis il y a la suite du courriel de Josiane, qui a elle-même reçu des messages qu'elle me transmet...

De Marie-Claire : "Un régal, ce site".

De Nicole : "'Quel plaisir de voir et lire, puisque JC Vincent nous offre les deux, que de belles rencontres peuvent se faire. Je ne saurais que te dire merci car je suis ravie de voir ce beau dessin de Jean-Pierre et d'Arthur, son ami Grand-Duc. Bises et à bientôt."

D'ingrid : "Quel merveilleux dessin de JP avec Arthur (le grand-duc). C'est vrai que le regard sort du commun : il y a vraiment beaucoup à lire dedans : amour, complicité, jeu, humour... Tout Jean-Pierre, non ?"

Et d'autres encore mais de vive voix.

Samedi, nous organisons un repas, Jean-Pierre sera des nôtres, je penser que nous parlerons beaucoup de vous. Amicalement, Josiane.

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MERCREDI 1er FEVRIER 2017

Ingrid, cette dame qui m’avait très vite fait parvenir le commentaire de Jean-Pierre reproduit précédemment, m'a adressé ce chaleureux message : 

Bonjour Monsieur Vincent,

Je viens de visiter votre blog et l'histoire de Jean-Pierre. Je suis touchée.

Votre blog est magnifique, votre travail un régal pour les yeux........... Vous êtes un être sensible et vous savez partager cette sensibilité..........  dans ce monde d'aujourd'hui : un cadeau ! ! !

Je vous envoie encore quelques photos : Jean-Pierre avec l'autour Onix, Jean-Pierre en montagne avec son sac à dos et une photo de Sant Marti du compte-rendu que nous envoyons chaque année aux adhérents de l'association "Salvaguarda de Sant Marti de Corsavy".

Je vous remercie et n'hésitez pas à me contacter, si je peux faire quelque chose pour vous.

Avec mon amitié,

Ingrid Matthys

Je vous montrerai bientôt, bien sûr, les photos qu’elle m’a envoyées. Vous verrez : celle avec l'autour Onix, tout particulièrement, est superbe, très différente mais tout aussi attirante que celle que j’ai dessinée…  Un autre regard, mais tout aussi fort !

Je continuerai par cet autre message reçu : les mots parlent d’eux-mêmes... (Jean-Pierre, soyez heureux. Si vous ne le saviez pas encore, maintenant, vous ne pouvez l’ignorer : on vous aime, là-bas, autour de vous, au pied de votre Terre).

La journée a bien commencé avec la joie de découvrir votre dessin et l'article parlant de Jean-Pierre.

Jean-Pierre fait partie de nos amis rencontrés ici à Arles-sur-Tech. Vous parler de lui, des heures de conversations sur plein de sujets, de repas pris ensemble dans la joie, la musique, le chant, de partager ses passions, de la générosité de son accueil, je n'y arriverais pas en cent feuilles de papier.

C'est un enchanteur qui parle de ses passions … avec passion !  Fin orateur, il a la facilité de nous faire entrer dans son monde et son humanisme.  Nos petits-enfants ont eu la chance de le côtoyer, c'est important pour les jeunes de faire des rencontres comme celle-là.  Jean-Pierre a réussi à les captiver pendant des heures en leur présentant ses rapaces, son église, ses abeilles et sa philosophie sur le monde.

Vous dire que parler de Jean-Pierre devrait se faire au coin du feu de bois, résume l'atmosphère généreuse qui se crée de suite avec lui.

Jean Pierre a aussi écrit un livre retraçant des histoires du Vallespir.  

Votre dessin est sublime de finesse et de sensibilité, de justesse dans son approche quand on connaît Jean-Pierre : vos amis vous ont bien parlé de lui et ont su vous faire ressentir le personnage.  J'attends la suite de l'histoire avec impatience.  Vos dessins révèlent votre talent et votre blog donne envie d’aller y voir jusqu'au bout, le passage des photos à vos dessins est impressionnant.

Bernadette.

 Je reçois aussi ce message d' une lectrice parmi les plus fidèles et attentives de mon blog : 

MonsieurJean-Pierre Vergès est sans nul doute une personne que beaucoup aimeraient voir, connaître, écouter. Merci, cher Jean-Claude, de nous faire "rencontrer" cet homme d'une personnalité si attachante, cette belle âme... Je viendrai souvent lire et relire votre article et les messages que vous portez si amicalement à notre connaissance.

Aurore, le 28.01.2010 à 19h36

Puis, cet email qui m'a réjoui ; mes amis Mirjam et Sébastien m'avaient promis de lui parler de mon dessin et de mon blog... :  

Je suis l'épouse de Marc, c'est si bon de trouver ce blog. L'histoire de l'amitié de Marc et Jean-Pierre reste très vivant, merci pour tout ça...

Linda Majoor, le 01.02.2010 à 11h49

Et ces deux autres encore, de deux dames dont je ne sais rien d'autre...

Quel bel hommage à Jean-Pierre.

Habitant Corsavy avec mon mari Christian, la vie a permis que nos chemins se rencontrent. C'est vraiment quelqu'un d'authentique, de passionné et passionnant. On ne se lasse jamais de l'écouter tant il a à nous apprendre.

Et félicitations pour votre dessin qui porte bien son titre !

Isabelle, le 02.02.2010 à 18h29

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Je suis une Arlésienne (c'est ainsi que l'on nomme les habitants d'Arles-sur-Tech) et je suis ébahie de découvrir ici notre ami Jean-Pierre dont vous parlez avec justesse et élégance. Le portrait, dans les deux sens du terme, que vous en tirez est copie conforme de la réalité, criant de vérité et je vous remercie de ce que vous avez fait pour lui.

Je ne vous dirai presque rien de vos dessins, vous le savez déjà tant on vous l'écrit à ce que j'ai vu en parcourant votre site, ils sont tout simplement époustouflants. On vous a dit aussi que votre talent pour les mettre en valeur est immense? Je ne peux que le répéter alors. Félicitations.

Je reviendrai vous lire ce week-end, c'est certain.

Une Arlésienne, le 05.02.2010 à 11h21

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DIMANCHE 5 FEVRIER 2017

Avant de vous présenter, comme promis, les photos qu'Ingrid m'a envoyées, voici le message que Josiane m’envoie...


Merci Jean-Claude, mais je suis gênée de la place que vous me donnez dans cette belle histoire.
Je n'ai été qu'un intermédiaire, heureuse de l'être, ça c'est sûr.
Merci à vous de nous donner la possibilité de vivre ensemble des moments d'intenses émotions.
Je continue à venir sur votre blog, afin de tout voir et de tout lire.
Je viens y puiser beauté, émotion et gentillesse.
Je vous embrasse affectueusement - Josiane

Josiane Weckel, le 07.02.2010 à 17h38

 
 
Place donc à ces deux magnifiques photos de Jean-Pierre et tout d'abord celle-ci, de Sant Marti, extraite du compte-rendu annuel envoyé en 2010 aux adhérents de l'association "Salvaguarda de Sant Marti de Corsavy".


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Jean-Pierre sur le massif du Canigou.


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Jean-Pierre et un autour.
 
L'effet boule de neige, assurément : d'autres courriels arrivent encore, sur le blog ou dans ma messagerie personnelle, trop nombreux pour les reprendre tous ici... Vous vous en doutez, l'histoire n'est pas terminée. Permettez-moi, avant de vous quitter jusqu'à mercredi, de vous dire combien Jean-Pierre me fait penser au personnage central du livre de Jean Giono, "Que ma joie demeure", cet hymne à la vie, ce chant merveilleux en l'honneur de la nature, des hommes et des animaux. Là-bas, en Provence, les enseignements de Bobi, cet homme au cœur généreux, révolutionnent le triste labeur des paysans qui peinent tristement sur leurs terres, chacun de leur côté, sur le rude plateau de Grémone. Bobi leur révèle une vie meilleure, plus authentique, moins égoïste, en harmonie avec la nature, les hommes et les animaux. Une vision idéaliste sans doute, mais émouvante et interpellante. Ces hommes comprendront le message de joie et d'espérance que leur apporte le sage Bobi, et, malgré les difficultés de l'existence, la joie renaîtra sur le plateau. Certes, Jean-Pierre n'est pas Bobi... mais ils ont tous deux des points communs, c'est sûr !
 

MERCREDI 8 FEVRIER 2017

L'histoire n'est pas terminée, écrivais-je dimanche ! Avec bien sûr, l'accord de les publier sur mon blog, je reçois d'autres nouvelles de Jean-Pierre... En réponse aux questions que je lui ai posées - pour mieux le connaître - par l'intermédiaire d'Ingrid, il m'écrit longuement, aimablement...

Bonjour Monsieur Jean-Claude, ici Jean-Pierre, voici le message que je voudrais vous transmettre...

Le blog que vous réalisez est super-intéressant et vous êtes remarquable en ce domaine du coup de crayon et du conte : mais en toute franchise, je voudrais vous dire que les qualificatifs employés à mon égard me gênent, me troublent et m’interpellent parfois, ainsi que les réactions très sympathiques qui me sont envoyées. Arrivé à un âge « respectable »,  je pense être parvenu à me connaître sans tricher et je sais que je suis un homme comme tous les hommes avec des qualités et des défauts : arrivé à l'orée de ma vie, je suis conscient - me semble-t-il - de mes imperfections et de mes faiblesses : je les connais !  Vaste programme pour y faire face !

Jean-Claude, votre initiative concernant Arthuro m'a fait énormément plaisir et votre démarche ne peut que faire aimer la nature et les rapaces de jour et de nuit. Les explications qui suivent, et toutes celles sur la fauconnerie ainsi que mon "chemin" dans l’approche de cette technique, peuvent être utilisés par vous et pour votre conte.

Vous demandez à en connaître un peu plus sur Arthuro mon Grand-Duc … 

Handicapé depuis tant d'années à la suite d'un malheureux coup de feu, il m’avait été confié par un vétérinaire.  J'ai fait tout ce que j'ai pu pour lui permettre de survivre malgré son handicap pour la chasse. Il est libre dans ma petite propriété : il a de l'eau, un repas substantiel (un demi-pigeon par jour), une cabane de tronc d'arbre, du soleil et de l'ombre quand il le désire… et il se rappelle à mon bon souvenir quand j'oublie parfois de lui porter son "repas" ...  Il me tue alors une poule ou un canard et leur mange la tête en premier (plat favori, souvent, des rapaces) ... Nous vieillissons ensemble - j'aimerais "partir" avec lui dans la "fosse commune du temps" - et il a actuellement autour de 30 ans : c'est un âge très respectable pour ce beau rapace de nuit (un traité de fauconnerie très ancien nous parle d'un fauconnier syrien qui détenait un Grand-Duc âgé de 35 ans) .  Inch Allah !

Vous me demandez comment j’ai pris goût à la fauconnerie…

 Je l’ai pratiquée, comme l'autourserie, par le biais de la sécurité des vols dans les aéroports car j'ai travaillé pour l'aviation ; le péril aviaire est réel sur beaucoup d’aérodromes et bien des accidents sont arrivés dans l'aviation civile et militaire à cause des collisions avions/volatiles. Il y a divers moyens pour effaroucher les oiseaux sur les aéroports : la technique qui consiste à utiliser les rapaces dressés pour faire fuir mouettes et goélands par exemple, est un de ces moyens.

Un jour j'ai eu connaissance de l'expérience d'un éminent ornithologue espagnol Félix Rodriguez de la Fuente qui avait réussi à chasser avec des faucons les petits canards d'un aérodrome important en Espagne. Cet éminent personnage est mort en accident d'avion au Canada en faisant un reportage sur les loups. Un peu plus tard, j'ai connu l'expérience réussie d'un grand autoursier hollandais Monsieur Arendonk qui était arrivé à chasser les gros goélands de l’aéroport de Leeuwaarden aux Pays Bas... Il  est "parti" aussi…  J'ai également fait appel à un éminent autoursier et fauconnier français, qui lui aussi réussit à chasser mouettes et goélands de certains aéroports. Cet homme remarquable est devenu mon ami, Monsieur Prévost Bernard.

Un jour, j’ai quitté l'aviation ; je garderai cette passion dans mon cœur tant que la santé me le permettra car la fauconnerie est un sport, une manière de vivre, une éthique.

Cette santé et une certaine disponibilité m'ont aussi permis d'essayer de sauver, avec de nombreux amis, une très ancienne église romane du XII°S, totalement ruinée "Sant Marti de Cortsavi" : plus de 2500 personnes de toutes confessions,  de tous milieux et de toutes nationalités, jeunes pour la plupart, ont à ce jour participé à ce sauvetage de notre patrimoine architectural et culturel catalan. C’est une histoire étrange et particulière qui restera dans le cœur de chacun.

Je terminerai par la passion des abeilles qui me fut transmise par un oncle qui les aimait beaucoup : ce fut de l'apiculture traditionnelle avec des récoltes pour la famille. Je fus initié à ce monde par mon oncle, décédé depuis 20 ans, un monde personnel, curieux, étrange. Je parle de l'apiculture artisanale et familiale avec ses traditions un peu particulières.

Monsieur Jean-Claude, je vous remercie pour tout votre art au service de la nature. Vous pouvez utiliser les explications de ma réponse à votre guise.

Jean-Pierre.

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SAMEDI 11 FEVRIER 2017

Quant à l'église Sant Marti, cette autre passion de Jean-Pierre à propos de laquelle il se montre discret et modeste, voici l'historique de sa rénovation, récemment conté, lu sur Internet.

(Située à 1 km du village de Corsavy, l'église Sant Martí de Cortsaví - Saint Martin de Corsavy - fut consacrée en 993, puis en 1158 suite à une reconstruction. Elle est dans le plus pur style roman du Vallespir. Elle restera église paroissiale de Corsavy jusqu'à la fin du XVIe siècle. Elle est actuellement en cours de restauration grâce aux bénévoles de l'association Salvaguarda de Sant Martí de Cortsaví et de la municipalité de Corsavy.)

"De retour d'une excursion au Canigou, en août 1981, un Breton et un Catalan décidèrent de sauver les magnifiques ruines de l'ancienne église Saint Martin, proche du village de Corsavy, en Vallespir. Appelé "église vieille" depuis son abandon au XVIe siècle, cet édifice fut consacré en 1158 par Artal, évêque d'Elne. En partie détruit lors du tremblement de terre de la Chandeleur 1428, puis pillé vers 1500 et depuis en ruines, ce bâtiment devint une carrière de granit, fut transformé en citerne de récupération des eaux de pluie aux alentours de 1870 puis abandonné en 1917.

En août 1981, une équipe de jeunes, encadrée par nos deux montagnards, commence à défricher autour et dans l'église où une importante végétation a pris place. Une association "Salvaguarda de Sant Martí de Cortsaví" est créée, regroupant une dizaine de personnes motivées par la préservation du patrimoine local.

En 1982, l'association demande à la municipalité d'acheter les ruines et l'acquisition est réalisée l'année suivante. Quelques temps plus tard, un protocole définissant les buts poursuivis et les rapports entre l'association et la municipalité est signé.

Durant les trois premières années, l'église est dégagée de la végétation qui l'étouffe et le site est aménagé. Le monument est débarrassé de la terre et des gravats qui l'envahissent. Les vestiges  du clocher sont mis à jour dès 1982. En 1983 et 1984, des sondages sont exécutés.

En 1985 commencent les premiers travaux de restauration proprement dits : dégagement des restes du clocher du Xe siècle, remontage des murs, construction d'un escalier d'accès en taille de pierre pour commencer à reconstituer les parements intérieurs disparus, grâce aux calepinages fournis par le service départemental de l'architecture des Pyrénées-Orientales.

Des chantiers avaient lieu régulièrement chaque année pour continuer à sauver ce patrimoine. Il y a quelques années encore, de nombreux jeunes se relayaient sur le site, y apprenant la maçonnerie, la construction des murs en pierres sèches, le gâchage du mortier de chaux, la taille du granit et la forge des outils.

Au cours des 30 dernières années ont été restaurés, reconstruits même, le chevet ainsi que la chapelle latérale sud et leurs toits d'ardoises, la porte monumentale, les piliers et l'arc triomphal, l'abside et tous les murs intérieurs de l'église, dont les parements avaient disparus au cours de ces cinq cents ans d'abandon et de pillage. En 2003, le coffrage puis la voûte en pierre en arc brisé sont réalisés. En 2005 sont posées les dents d'engrenage, les corniches extérieures ainsi que le toit d'ardoises brutes (200m²). Puis les deux acrotères est et ouest sont réalisées. Dès 2012, le clocher du Xe XIe siècle commence à être relevé avec les autorisations de la DDE, de l'architecte des bâtiments de France, de la DRAC et des monuments historiques.

L'on peut dire aujourd'hui que les ruines de Sant Martí de Cortsaví sont sauvées. Le site est aménagé, entretenu par la municipalité, et la restauration se poursuit. Cette mission nécessite des équipes plus petites et déjà formées. Cette action bien ancrée dans le pays indique que les travaux se poursuivront pour que restent vivantes l'histoire de ce pays, sa civilisation, sa culture, son architecture médiévale.

Le chantier de Saint Martin de Corsavy est exemplaire dans la mesure où s'est instauré un dialogue permanent entre bénévoles, architecte des bâtiments de France et municipalité, ayant pour but la mise en valeur d'un monument médiéval, littéralement arraché à l'oubli, animé par la population locale et de plus en plus visité dans cette région touristique du Vallespir."

Jean-Pierre Vergès

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MERCREDI 15 FEVRIER 2017

Sur mon précédent blog en 2010, l'histoire "Le Maître et son rapace ou la force du regard" s'arrêtait ici.

Avec, en conclusion, quelques messages choisis, tous aussi chaleureux les uns que les autres, parmi tous ceux qui me parvenaient, dans ma messagerie personnelle ou dans un commentaire, des messages qui parlaient de cet homme hors du commun… 

Si je ne peux que lui donner raison lorsqu'il écrit que, comme chacun, il a aussi des défauts et des faiblesses, du moins puis-je aussi affirmer, sans même le connaître, que ses qualités et richesses sont grandes et qu'il est bon de les mettre en valeur !

En lisant ces quelques lignes, j'ai réellement eu l'impression d'y voir mon grand-père.
C'est vrai, il a la main sur le cœur, et ses innombrables talents font de lui un homme Extraordinaire.
C'est un grand homme, qui aime avant tout le calme de sa région à laquelle il est très attaché.
Je me souviens des montées au Tresvents, au Canigou, de sa joie de vivre qu'il a encore d'ailleurs !
En bref, je voulais vous remercier pour ce portrait en beauté, en détail, d'un homme qui mérite le respect, et qui aime à rendre heureux les gens qui l'entourent :)

Je vous remercie très sincèrement, car il est tout de même rare de reconnaître un homme à sa juste valeur.
Vous avez su rendre mon grand-père tel qu'il est, sans artifice ni mensonge.

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La beauté de vos dessins m'épate...
L'histoire de Jean-Pierre Vergès et de cette modeste église m'émeut beaucoup ; je l'ai entr'aperçue en passant lors de ma visite à Corsavy, je regrette de n'avoir pas pris le temps de m'arrêter !
Les photos "avant-après" montrent l'ampleur du travail accompli, c'est remarquable !
merci de m'avoir fait connaître Jean-Pierre Vergès et une partie de ses talents.

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… mon mari et moi avons pris un repas en bonne compagnie, puisqu’il y avait, parmi les invités, Jean-Pierre.  Il nous a raconté des petites histoires vécues avec une telle passion qu'il nous aurait été impossible de nous ennuyer …

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… il est important pour les jeunes de connaître quelqu’un comme lui …

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... la vie a permis que nos chemins se rencontrent. C'est vraiment quelqu'un d'authentique, de passionné et passionnant.  On ne se lasse jamais de l'écouter tant il a à nous apprendre. ...

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… Jean-Pierre est un grand Monsieur avec un énorme cœur et des rêves plein la tête, rêves qui se réalisent grâce à sa passion qui se transmet rapidement à son contact …

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... Je n' ai pas encore vu Jean-Pierre, mais je connais déjà sa réaction à la lecture de cette histoire. Il a pleuré c' est sûr. … La première phrase qu’il vous écrit le définit bien : "Je suis heureux que vous mettiez mon grand-duc en valeur..."  Cette modestie n'est pas feinte, il est ainsi, les autres d' abord. …

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... Nous vous remercions d'avoir ainsi rendu hommage à Jean-Pierre qui apporte beaucoup à notre communauté par son attachement au riche patrimoine que nous ont légué nos ancêtres. …

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… Je n'ai pas revu Jean-Pierre depuis plus d'un an autrement que par Webcam. Ce fut d'ailleurs un grand moment de bonheur cette “webcam party” : eh dis ! tu me vois ?! oh c'est fabuleux ! et tu m'entends aussi ? attends, j'appelle tout le monde on va chanter ensemble !"…
J’ai connu Jean-Pierre sur le chantier de Sant Marti et il m’a appris à tailler le granit, j’avais 10 ans à l’époque. C'est un cadeau immense que vous lui avez fait là, lui qui est si humble. Il a dû être touché au plus profond de recevoir un pareil présent. ...

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...  Je suis ébahie de découvrir ici notre ami Jean-Pierre dont vous parlez avec justesse et élégance. Le portrait, dans les deux sens du terme, que vous en tirez est copie conforme de la réalité, criant de vérité et je vous remercie de ce que vous avez fait pour lui. ...

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MERCREDI 22 FEVRIER 2017

En février 2010 encore, je recevais deux demandes inattendues et similaires. Bien sûr, sans l'ombre d'une hésitation, j'avais marqué mon accord...

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Une demande par courriel :

De : Benjamin de tresvents.fr [mailto:-----XXX@---XXX.fr]
Envoyé : mercredi 3 février 2010 1:58
À : ----xxx@----xxx.be
Cc : Tres vents
Objet : La Force du Regard Jean-Pierre VERGES et son hibou grand-duc

Bonjour Jean-Claude,

Je me présente : Benjamin, fondateur du site tresvents.fr et ami de la famille Vergès. J'ai découvert avec plaisir votre blog grâce non pas à Jean-Pierre mais à votre lien vers notre site (merci beaucoup ça nous fait toujours plaisir de voir que notre site est utile).

Vivant temporairement au Canada (oui c'est moi les points verts de ce côté du monde sur la carte de votre compteur de visites), je n'ai pas revu Jean-Pierre depuis plus d'un an autrement que par Webcam. Ce fut d'ailleurs un grand moment de bonheur cette “webcam party”:

… eh dit ! tu me vois fils ?! oh c'est fabuleux !
et tu m'entends aussi ? attends, j'appelle tout le monde on va chanter ensemble !"…

J’ai connu Jean-Pierre sur le chantier de Sant Marti et il m’a appris à tailler le granit, j’avais 10 ans à l’époque.

C'est un cadeau immense que vous lui avez fait là, lui qui est si humble. Il a dû être touché au plus profond de recevoir un pareil présent. Je trouve d'ailleurs votre démarche artistique ingénieuse et remarquable, un grand bravo.

Nous serions très intéressés par présenter votre blog avec, si possible, en illustration votre travail sur Jean-Pierre. Notre site Tres Vents (nom emprunté du "Pic des trois vents" qui est le petit frère du mont Canigou) a été créé par une petite équipe dans le but d’aider et promouvoir les démarches culturelles, artistiques et artisanales du Vallespir. La documentation et le savoir de Jean-Pierre nous sont d'ailleurs d'une grande aide.

Nous serions très heureux si vous acceptiez la présentation de votre blog sur notre site.

Au plaisir et bonne continuation.

Benjamin Malassingne

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Cette autre demande émanant d'un conseiller municipal d'Arles-sur-Tech, Monsieur Jean Pla Sabadell, dont voici l'aboutissement :

 

En 2010, ni Jean-Pierre, ni ses amis et connaissances ne m'avaient parlé de cet autre talent de Jean-Pierre, celui d'écrivain. Je ne l'ai découvert que plus tard...

En 2005 en effet, Joan-Pere Vergès publiait aux "Presses Littéraires" le livre "Arrels de Ferro" (Racines d'acier) dont la traduction française était confiée à François Gorrée. Le succès était au rendez-vous, et après quelques temps, l'édition du libre était épuisée.

En juin 2012, le Bulletin municipal d'Arles-sur-Tech écrivait :

L'édition du livre Arrels de Ferro / Racines d'acier de Jean-Pierre Vergès était épuisée depuis quelque temps. Une deuxième édition a été réalisée et ce livre est actuellement disponible à la la vente à l'Office de Tourisme au coût de 17 €. Il s'agit de 33 anecdotes vraies qui se déroulent dans notre région. Les profits de la vente sont dédiés à l'Association Salvaguarda de Sant Marti de Cortsavi qui se consacre principalement à la réédification de la chapelle Sant Marti, entre Arles et Corsavy.

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SAMEDI 25 FEVRIER 2017

 
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Le 17 août 2012, le quotidien régional de l'Aude et des Pyrénées-Orientales L'INDEPENDANT écrivait :
 
Jean-Pierre Vergès est un Vallespirien pure souche.
Il réédite son livre d'histoires et anecdotes de la région. (propos recueillis par Denis Dupont).
Jean-Pierre Vergès a eu plusieurs vies. Après une carrière dans l'aviation, il a pris sa retraite dans son pays natal le Vallespir, et vient de rééditer son ouvrage bilingue Arrels de ferro, Racines d'acier. Il le présente et le dédicace aujourd'hui au Pressoir de la rue Saint-Ferréol à Ceret, autour d'une dégustation des vins du domaine de Caladroy.
Rencontre avec un homme surprenant, qui du haut de ses 75 ans (à peine passés) a toujours des choses à nous apprendre.

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Qu'est ce qui vous a poussé à écrire ce recueil d'histoires locales ?

Je pense qu'il est nécessaire pour les jeunes générations, mais aussi pour les autres de laisser une trace écrite sur ce qu'est notre culture et notre histoire. Même si aujourd'hui les jeunes ne lisent que très peu, un jour ils auront envie de connaître ces histoires et de comprendre un peu mieux, un peu plus le pays. C'est pourquoi j'ai écrit ces 33 récits.

Des histoires vraies ?

Bien sûr, j'en ai vécu beaucoup. J'ai eu aussi la grande chance de vivre longtemps avec deux femmes que j'ai beaucoup aimées, ma mère et ma grand-mère. Elles ont vécu jusqu'à 92 et 96 ans, elles m'ont raconté de très nombreuses anecdotes et histoires d'ici, je les ai toujours en mémoire. Il fallait les écrire avant que cela ne disparaisse. Quatre histoires se déroulent d'ailleurs ici à Céret, autour de Saint-Ferréol.

Le livre est bilingue français catalan, comment avez-vous écrit les textes ?

Cela dépend, certains ont été rédigés en français, d'autres en catalan. Après, avec un ami, François Gorrée nous les avons un peu retravaillés. Le texte en français était parfois un peu lourd par rapport au catalan, il fallait trouver des expressions propres sans trahir l'idée et en conservant la saveur de la langue. Les textes dans les deux langues sont présentés en vis-à-vis, cela peut aussi être un bon outil pour se perfectionner ou apprécier l'une ou l'autre langue.

Le livre est paru dans un premier temps il y a quelques années, pourquoi le présenter aujourd'hui ?

À la demande de plusieurs amis il a été réédité. Il était devenu introuvable, aujourd'hui il est de nouveau présent. Cela devrait faire plaisir à de nombreux lecteurs. Bernard le patron du Pressoir m'a proposé de le présenter. Et comme les recettes sont destinées à l'association pour la sauvegarde de l'église de Sant-Marti de Corsavy, et que lui comme moi nous sommes amoureux des vieilles pierres et de l'art roman, je n'ai pas pu refuser.

Pourquoi Racines d'acier ?

Un grand nombre d'histoires vécues se déroulent dans le pays minier du Haut Vallespir, cette idée de mêler les racines et le travail du fer m'a intéressé et parle aussi aux gens d'ici.

Une suite est-elle imaginable ?

Là aussi on me le demande. J'y pense, j'ai déjà une quinzaine de nouveaux textes écrits. Dans trois ou quatre ans, si Dieu le veut, cela sera d'actualité.

 
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L'an dernier, le 19 juillet 2016, ce même quotidien parlait à nouveau de Jean-Pierre...

Arles-sur-Tech. Les nouvelles histoires de Jean-Pierre Vergès.

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Après une carrière militaire durant laquelle, contrôleur d’opérations aériennes, il travaillait dans les stations radar de l’armée française, Jean-Pierre Vergès, apiculteur à ses heures, marcheur et dresseur de faucons, tient aussi à son rôle sacré de croquemort bénévole. "La mort fait partie de la vie", rappelle-t-il.  Tailleur de pierre, instigateur passionné de la restauration de l’Eglise Sant Marti de Corsavy et défenseur du patrimoine catalan, il est également  un  fin connaisseur de ce petit coin de Vallespir qu’il aime tant, entre Arles et Corsavy. 

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Défendre la mémoire des humbles.

Des histoires, l’ami Jean Pierre en a plein sa mémoire et en 2005, il a publié 33 d’entre elles, dans un ouvrage bilingue français-catalan, "Arrels de ferro : Racines d’acier" dont le succès l’a amené à commander plusieurs rééditions.

"A la demande de nombreux amis, j’ai décidé de publier 33 nouvelles histoires", annonce le conteur, j’ai confié l’édition à l’imprimerie Copylux. J’y raconte les accidents d’avion qui ont endeuillé le Canigó, le drame vécu dans la montagne par Louis Mata. J’y défends la mémoire de personnes qui ont vécu la Retirada, celle des humbles, des paysans, des artisans, et  même celle des simples d’esprit, avant qu’ils ne tombent dans la fosse commune du temps… "

Et notre écrivain de conclure dans un sourire : "J’ai une chance, j’aime les gens."

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Jean-Pierre Vergès présentera et dédicacera son livre "Arrels de ferro, noves histories : Racines de fer, nouvelles histoires" le mardi 26 juillet à 18h à la salle de la Crypte.

 
 
Auteur : Vergès Joan-Pere (Vergès Jean-Pierre)
Titre : Arrels de ferro : noves històries (Racines d'acier : nouvelles histoires)
Relecture et version française : François Gorrée
 
 
Édition : Arles-sur-Tech : Ed. Copylux, 2016
 
Description :280 p. : ill., couv. ill. en coul. ; 23 cm

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MARDI 28 FEVRIER 2017

Vous l'imaginez, même si je n'y ai fait allusion jusqu'à présent, ni dans cet article, ni par ailleurs à l'époque sur mon précédent blog : comme dans toutes les belles histoires, la fin est plus belle encore...

Vous l'imaginez, tout au long de cette merveilleuse histoire, lors de ces échanges de messages de début 2010 relatés ci-dessus, mon envie de rencontrer un jour Jean-Pierre est immense. Qu'importent le voyage et les 1200 km à parcourir entre Theux et Arles-sur-Tech : cette envie est trop grande... Notre décision est prise, ma femme et moi prendrons un jour la route à la rencontre de Jean-Pierre, de son fidèle ami Arthuro, de ses autres non moins fidèles amies Josiane ou Ingrid, et tant d'autres dont j'aimerais aussi faire connaissance...

Permettez-moi pourtant, par discrétion afin de respecter le souhait de Jean-Pierre, de ne pas raconter tous les  détails de cette émouvante fin d'histoire : sachez cependant que ces deux journées des 4 et 5 juin 2011 passées là-bas furent passionnantes et émouvantes, au-delà de toute attente et de toute espérance ; et que, finalement, elles seraient bien impossibles à raconter...

Impossibles à raconter ? Quoique...

Si vous le souhaitez, je peux toutefois vous en montrer, déjà, cinq images choisies...

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Je peux surtout vous la montrer sous forme d'un diaporama que j'avais patiemment créé à cette époque, en souvenir de ces deux magnifiques journées, une présentation PowerPoint (PPS) avec défilement automatique de 35 images agrémentées de textes incrustés et animés.

Malheureusement, l'administration Hautetfort ne permet pas d'intégrer un diaporama dans un article.

Si vous le souhaitez, je peux toutefois vous l'envoyer personnellement. Il vous suffit d'en faire la demande via le formulaire de contact, par un simple clic sur   Me contacter   (ou en haut de la colonne de droite de cette page.). Je recevrais ainsi votre adresse email et pourrais vous faire parvenir le diaporama dès que possible...

 

   Cet article est terminé. J'espère qu'il vous aura apporté joie et plaisir, beauté et détente.  

   La date de la prochaine publication est incertaine.  

   Elle sera annoncée plusieurs jours à l'avance : venez voir de temps à autre ... 

31 août 2016

Un dessin de soldat en terre cuite de l’armée enterrée de Qin Shi Huang.

Depuis le 4 juin, présentation d'un nouveau dessin pas à pas,

un soldat de l'armée millénaire du premier empereur de Chine,

QIN SHI HUANG (prononcer tchin che rhou-agne).

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- ultime mise à jour, en bas de page, le samedi 18 juin -

 

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SAMEDI 4 JUIN 2016    Qin Shi Huang, le César de la Chine

Bien avant l'ère des chrétiens, la Chine était écartelée en une multitude de royaumes et états guerriers, chacun sous le contrôle de seigneurs féodaux, ce qui engendrait une grande instabilité. 

De plus en plus, les 37 générations de la dynastie Qin et les penseurs de l’époque aspiraient à l’unité, tout en exerçant un pouvoir politique, militaire et économique sans précédent sur l’empire de Chine, et en faisant progresser son niveau social, culturel et artistique.

   

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plaine chinoise à la fin des Royaumes combattants (source : wikipedia)

     

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Qin Shi Huang (source : wikipedia)

 

On le surnomme "le César de la Chine". 

Autoritaire, il se fait appeler Zheng, "Homme-Dieu".

Le Prince Zheng, né en 259 avant notre ère, réalise le rêve auquel ses prédécesseurs aspiraient : il s’autoproclame Shihuang des Qin, c’est-à-dire "Premier Auguste Empereur de Qin".

Il monte sur le trône encore adolescent, abolit l’état féodal pour doter la Chine d’un régime impérial qui, tant bien que mal, ne s’éteindra qu’en 1911.

Il devient le fondateur du premier empire unifié de l’histoire chinoise.

 

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

étape 1 - gros plan sur le visage (grandeur réelle : ± 9 x 5 cm)

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LUNDI 6 JUIN 2016     Qin Shi Huang, son oeuvre

Qin Shi Huang promulgue des réformes politiques et économiques majeures à travers le pays.

Il standardise le système des poids et mesures, afin de calculer l’impôt en nature de manière exacte.

Il codifie les dimensions des essieux des roues de chars et charrettes.

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 Il impose une monnaie ronde, carrée en son centre

- pour les Chinois, le ciel est rond, la terre est carrée -,

unité monétaire qui restera en place

jusqu’à Mao Tsé-Toung.


Il unifie les caractères chinois en créant une écriture « petite sigillaire »

- c'est dramatique : tout en brûlant les livres classiques et en exterminant les lettrés ! -  

afin d’installer une langue et un seul système de communication.

                   

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Il entreprend de réunir et surtout de développer des tronçons de fortifications existants pour en faire un système défensif cohérent contre les invasions venues du nord : un projet extravagant, insensé... qui se poursuivra jusque sous les Ming (1368-1644) ! Ces travaux ont produit le plus gigantesque ouvrage de génie militaire du monde, la fameuse Grande Muraille de Chine. Son importance historique et stratégique n'a d'égale que sa valeur architecturale.

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carte de l'histoire de la construction de la Grande Muraille de Chine (source : wikipédia)

un clic ici, ou sur la carte, vous permettra de la visualiser dans ses moindres détails

 

Enfin, et j'y consacrerai entièrement la suite de cet article, il entreprend la construction de son fameux mausolée bâti sur son tombeau, encore inexploré de nos jours et protégé par une armée de milliers de soldats en terre cuite.

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

étape 2 - visage et partie de l'armure (grandeur réelle : ± 13 x14 cm)

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MERCREDI 8 JUIN 2016    

Qin Shi Huang, son oeuvre, selon Sima Qian et son livre Shiji

Le Premier empereur de Chine se comporte comme un despote : on le dit tyran, sanguinaire, mégalomane… Obsédé par l’immortalité dès le début de son règne, il réquisitionne, à l’âge de 26 ans, 700 000 ouvriers, et débute la construction d’un complexe funéraire sur 56,25 km2 – l’équivalent d’un carré de 7,5 km de côté - qui durera 38 ans.

Le mausolée, le plus important jamais construit de l’histoire chinoise, sera un palais souterrain, enfoui sous un gigantesque tumulus d’une hauteur de plus de 50 mètres, bâti à l’intérieur d’une enceinte rectangulaire à double paroi, protégé par une grande armée : toujours dans l’obsession d’un ennemi, jusque dans l’au-delà.  Des arbres plantés, à la fin des travaux, sur la vaste butte, lui donnent un air de colline verdoyante, mais les alentours ne sont que champs de maïs et de blé.

 

La seule description que l’on en possède provient du livre Shiji (Mémoires historiques) de l’historien chinois Sima Qian, écrit un siècle après la mort de l’empereur, un livre qui couvre l’histoire chinoise jusqu’à l’époque où vécut son auteur, un livre comparable aux Histoires d’Hérodote.

        

 

 

 

 

 

      

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CLIC SUR L'IMAGE

L’on pourrait penser que le récit relève de la science-fiction… On transporte des modèles de maisons, de bâtiments officiels, les objets les plus précieux. Des rivières de mercure représentant les deux grands fleuves de Chine, le Jaune et le Yangzi, sont mises en mouvement par des machines sophistiquées. Les vapeurs mortelles protégeraient la tombe des pilleurs, tout comme un système d’arbalètes au déclenchement automatique. La voûte est incrustée de perles symbolisant le soleil, la lune, les étoiles ; au sol, ce sont les planisphères de l’empire chinois. Les concubines sans enfants, les artisans, les ouvriers qui auparavant avaient subi le supplice de la castration, sont enterrés vivants.

Pure fantaisie que tout cela ? C’est ce qu'imaginait l’archéologue Wang Xueli, l’un des plus grands experts de la nécropole, avant d’étudier la composition chimique du sol sous le monticule, en 1981. Il a trouvé du mercure, beaucoup de mercure. Nous mesurons des taux jusqu’à 100 fois plus élevés que la normale, dit l’archéologue, qui a travaillé 14 ans sur le site…

 

Ces constations semblent corroborer les écrits de Shiji...

A bientôt, pour la suite !

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

étape 3 - visage et torse protégé par une armure (grandeur réelle : ± 15 x 21 cm)

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SAMEDI 11 JUIN 2016     Histoire de la découverte de l'armée en terre cuite

Mars 1974.

La sécheresse menace les récoltes si l’eau ne les irrigue pas… Les paysans sortent pelles et outils et creusent des puits. À environ 1 500 mètres du tumulus jamais exploré, présumé recouvrir le tombeau du Premier empereur de Chine, Yang Zhifa et ses frères buttent sur des fragments de terre cuite, puis sur des flèches en bronze. La trouvaille se révèle bientôt sensationnelle : ces fragments apparaissent provenir de guerriers en terre rouge cuite. Les chefs du village sont prévenus et l'information remonte aux autorités de la ville, puis de la capitale : les archéologues sont informés.

Telles est la version officielle de l’événement largement exploitée par le gouvernement de Mao Zedong, celle qui met en scène le petit peuple... Quoi qu'il en soit, les faits, indéniables, attestent le caractère exceptionnel de cette découverte.

Mai 1974.

Une équipe d’archéologues se rend sur les lieux pour entreprendre – négligemment, sans protection contre les intempéries - les premières fouilles de ce qui va devenir la plus grande découverte archéologique du 20e siècle. Ce n'est pourtant qu'en 1982, grâce à une nouvelle loi sur la sauvegarde des monuments, que le site se dote des infrastructures nécessaires. En 1987, le site est inscrit à la Liste du Patrimoine mondial de l’humanité. La mise au jour du tombeau de l’empereur s’annonce comme le défi archéologique des prochaines années.

                   

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Rien de comparable n'existe. Pas même la grande pyramide de Gizeh, en Égypte... La pyramide, ce n’est qu’un tombeau. Ici, nous parlons d’une vaste nécropole, d'une ville souterraine où les découvertes archéologiques s’enchaînent les unes après les autres.

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  Et ce n’est qu’à partir de 1991 que vu l’ampleur de la tâche, le vaste chantier s’ouvre progressivement aux chercheurs étrangers, même si, jusqu'il y a peu encore, la fierté nationale rendait difficile toute aide étrangère, comme cette offre de financement refusée, faite il y a quelques années par une chaîne de télévision japonaise, rêvant d'introduire une minuscule caméra high-tech dans le tombeau de Qin Shi Huang...

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

étape 4 - visage, buste et armure, bras et main (grandeur réelle : ± 15 x 24 cm)

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 MARDI 14 JUIN 2016        Des guerriers à la pelle !

Depuis plus de 40 ans, une véritable armée de guerriers en terre cuite grandeur nature, avec chevaux, chars et armes en bronze, sort de terre jour après jour. Sculptés dans les moindres détails, les soldats présentent des visages uniques, tous différents. Des chefs-d'œuvre de réalisme !

 

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Jusqu’à présent, on en dénombre environ sept mille à avoir accompagné leur maître dans l'au-delà. Ils témoignent de la mode vestimentaire de l’époque, des coiffures, des armures : c’est un document inestimable, une photo de l’histoire !

Sans doute ne représentent-ils que la garde, l’avant-poste veillant sur la nécropole ; et il reste probablement encore des milliers de statues à mettre au jour. Personne ne sait vraiment pourquoi cette immense armée tomba dans l'oubli et ne fut redécouverte que plus de deux millénaires plus tard. Les épées, lances, hallebardes à crochet pour désarçonner les cavaliers, flèches et autres carreaux de bronze ont été consolidés par une couche de chrome pour les rendre indestructibles. (en Europe le procédé de l’oxyde de chrome n’a été mis au point par le chimiste français Louis Nicolas Vauquelin qu’en 1797 !). Tous les soldats avec d'un côté les fantassins, de l'autre les archers et arbalétriers, sont disposés en ordre de bataille parfait, orientés vers l'ouest pour protéger le tombeau auquel ils tournent le dos. L'ennemi mongol n'a qu'à bien se tenir !

 

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On dénombre près de six cents chevaux sculptés, de race Prejvalski, avec leur harnachement et parfois leur char. Posséder de nombreux chars était un signe évident de richesse, dit Duan Qingbo qui dirige l’équipe d’archéologues sur le site. L’empereur les a emportés avec lui dans la tombe : comme si, dans 2 000 ans, on découvrait, enterrée près de Bill Gates, une collection de Mercedes-Benz !

 

Les vestiges totalisent plus de six cents sites dans une zone qui couvre 56,25 kilomètres carrés. Par ailleurs, on se doute que quelques dizaines de concubines ont été ensevelies quelque part, peut-être même une reproduction complète de son gouvernement, de sa cour, de ses fonctionnaires : les hommes de guerre ont échappé à ce sort en étant "simplement" modelés.

Des milliers de touristes visitent chaque jour les trois différents sites auxquels ils ont accès, trois vastes fosses rassemblant la majorité des statues de soldats découvertes. De larges bâtiments sont édifiés pour protéger les fosses. L'ensemble de ces statues était à l'époque recouvert par de grandes poutres dont on peut observer les fondations à certains endroits.

 

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Même si, avec les siècles, un grand nombre de statues a été endommagé, ou saccagé par d'autres conquérants sous d'autres dynasties, une grande partie a été fidèlement restaurée et la vision de ces milliers de soldats debout, combattants en arme aux visages figés, offre un spectacle saisissant.

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

étape 4 - visage, buste et armure, mains et bras posé sur genoux (grandeur réelle : ± 15 x 26 cm)

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SAMEDI 18 JUIN 2016      Si l'on pénétrait à l'intérieur du Mausolée...

Lorsqu’ils furent mis au jour, les soldats de l'armée de terracotta de l’empereur Qin étaient tous peints ; peu de temps après qu’on les eut dégagés du sol, la peinture s’écailla et tomba.

Selon l’archéologue en chef responsable des fouilles, Duan Qingbo, ouvrir maintenant le mausolée de l’empereur Qin scellé depuis des siècles modifierait immanquablement son environnement intérieur. Personne ne peut garantir que les objets que l’on trouverait, dès qu’ils seraient exposés à l’oxygène, à la lumière et aux bactéries, ne se détérioreraient pas ou même, s'agissant des étoffes, des soieries, des parchemins ou des fresques, ne se désintégreraient pas purement et simplement en poussière...

Les archéologues sont convaincus que tant qu'ils ne sont pas absolument certains de réaliser un travail de qualité, il est préférable de laisser le tombeau intact et de confier la poursuite des fouilles aux prochaines générations, car pour le moment, la Chine ne possède ni la technologie ni l’expertise nécessaires pour ouvrir ce tombeau, ni d’ailleurs les moyens financiers : mettre à découvert la sépulture nécessiterait, c'est certain, des investissements colossaux !

         

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D’ailleurs, même s’ils le voulaient, les archéologues se heurteraient à la position inflexible du Conseil d’Etat, l’instance suprême chinoise, qui s’en tient à sa dernière décision de 1997 de ne pas approuver l’excavation, dans un avenir proche, de tout mausolée d’empereur important.

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Lorsque les Chinois décideront d’aller de l’avant, trouveront-ils un tombeau vide, pillé des siècles plus tôt, comme ce fut le cas pour les pyramides d’Égypte? "Les textes anciens indiquent que la sépulture a été profanée", explique Duan Qingo. Si on les croit, le repos éternel de l’empereur a été plutôt court. À sa mort, les paysans se sont révoltés. Plus d’un million d’entre eux, soit 5% de la population de l’empire, avaient été réduits en esclavage pour bâtir la Grande Muraille et la nécropole. Ils seraient descendus dans la fosse où se trouvait l’armée de terre cuite et auraient volé la plupart des armes, brisant les statues sur leur passage. C’est en partie dans cet état, en morceaux, que les archéologues ont en effet trouvé bon nombre de ces dernières en 1974…

D’autres chercheurs estiment quant à eux que les insurgés ne se sont pas rendus jusqu’à la chambre funéraire, expliquant que l’armée de terre cuite n’était enterrée qu’à six mètres de profondeur. Se rendre à trente, quarante ou cinquante mètres sous terre est beaucoup plus difficile, de plus, selon les écrits historiques, sous des rivières de mercure nocives, véritable poison... 

Des solutions seront trouvées, ou existent déjà : elles seront vraisemblablement mises un jour en pratique par les responsables chinois. Peut-être décideront-ils d'utiliser des techniques de télédétection... Peut-être introduira-t-on à l’intérieur du monument une caméra miniature, une intrusion qui coûterait moins cher qu’une opération à plus grande échelle et permettrait d’en apprendre beaucoup en ne causant que des dégâts minimes…

Ce qui est sûr, c'est que l'avenir promet d'être passionnant...

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

dessin achevé  -  17 x 37 cm

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Mes sources principales d'informations pour l'élaboration de cet article :

UNESCO - liste du patrimoine mondial

Les soldats en terre cuite de Qin Shi huang

soldats terracotta qin shi huang : mausolée de l'empereur : entre mythe et réalité

herodote.net : Qin Shi Huangdi - L'armée immortelle de l'empereur Qin

Hélène de Ribaupierre : travail de mémoire de Bachelor en Système d’Information

lactualite.com : l'armée millénaire de l'empereur de Chine

Liberation.fr : la nouvelle garde de l'empereur

wikipedia.org : Mausolée de l'empereur Qin

blogs.mediapart.fr - Yves Faucoup - Armée en terre cuite : le tyran se cache dans les détails

rtbf.be - les fouilles reprennent dans le mausolée de l'empereur Qin

maxisciences.com : les soldats de l'armée en terre cuite portaient de redoutables armes

decouvertes-archeologiques : l'immense tombeau de la grand-mère du Premier Empereur de Chine

 http://www.voyage-chine.com : L’armée de soldat en terre cuite de l’empereur Qing

guide-de-voyage.com : L'armée enterrée de soldats en terre cuite - Chine 

 

 

23 novembre 2015

Il faut qu'on s'aime... (Alain BASHUNG)

HOMMAGE 

en ce début d'une semaine d'obsèques et d'hommages aux victimes des attentats de Paris

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“Il faut qu'on s'aime et que l'on sème beaucoup de choses derrière nous”

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Cette phrase était inscrite - en septembre 2014, au cimetière parisien du Père Lachaise -

sur un bac à fleurs déposé devant la sobre stèle du chanteur Alain Bashung

sur laquelle ont été gravés les mots "Alain Baschung. 1947-2009. Tant aimé"

(son vrai nom s'écrivant avec un C).

 

Le regard, que j'aime tant, du photographe "rock & roll" theutois Erik Duckers ,

lui a donné une ampleur toute particulière, comme en témoignage cette merveilleuse photo : 

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