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Les Alpes : un château d'eau qui fuit.

UN ARTICLE PARU EN 2010 POUR ACCOMPAGNER  "MONTAGNES ENNEIGEES"

 

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"Ce n'est pas le marteau qui a rendu ces pierres si parfaites,

mais l'eau, avec sa douceur, sa danse et sa chanson.

Là où la dureté ne fait que détruire, la douceur parvient à sculpter."

 

(citation de Rabindranath Tagore, écrivain indien, reprise sur le blog "Le nuage d'Aurore", aujourd'hui disparu)

 

 

le monde  26.09.10   Nathalie Grynszpan

« Les Alpes sont certes un château d'eau, mais il fuit ! »

 

libération  26.09.10           Eliane Patriarca 

 "L’Europe est menacée par une pénurie d’eau douce !"

Ces titres d’articles résument les réflexions relevées dans la synthèse de ces conférences et traduisent une prise de conscience générale de la nécessité d’apprendre à mieux gérer cette ressource naturelle qui s’épuise dans nos Alpes !montagne%20num%C3%A9ris%C3%A9e%20leveaux%20-%20compress%C3%A9.jpgLes experts sont unanimes dans leur constat que le changement climatique est inéluctable. L'augmentation des températures 1 et la diminution de l'enneigement - remplacé par des chutes de pluie avec comme conséquence la fonte des glaciers 2 - vont considérablement perturber, dans les décennies qui viennent, les régimes hydrauliques de tous les grands fleuves européens prenant leur source dans les Alpes : augmentation des risques d'inondation en période hivernale par excès de pluie, baisse considérable des débits fluviaux à la fin de l'été par manque d'eau provenant des masses glaciaires, et par conséquent baisse de la production hydroélectrique des barrages (j'y reviendrai), chiffrée à 15% en moyenne 3.

 

1 L’augmentation des températures : leur moyenne, dans les Alpes, a progressé depuis 1950 deux fois plus vite que celle de l'ensemble de la Terre, un phénomène encore accru en haute altitude.

2  La fonte des glaciers : ils ont perdu, depuis 1850, 80% de leur volume dans les Pyrénées et 40% dans les Alpes.

3 Les grands fleuves européens (Ebre, Rhône, Pô, Rhin, Danube) prennent leur source en montagne. Au printemps, glaciers et neiges fondent, la chaîne alpine «déstocke» et alimente le débit estival des  plus grands cours d'eau.  Si 11% du bassin du Rhin se trouvent dans les Alpes, celles-ci assurent 34% de son débit annuel, mais surtout plus de 50% de celui de l'été.

 

Vous l'avez compris : une pénurie d'eau douce menace les pays européens. Les précipitations tomberont de plus en plus sous forme de pluie. La limite pluie-neige remonte déjà de 150 mètres par degré supplémentaire, et on prévoit une diminution du nombre de jours d’enneigement de 40% au nord-ouest des Alpes et de 70% au sud-est. La fonte pourrait aussi se produire deux mois plus tôt. En hiver, ces pluies viendront doper les inondations des fleuves dans les plaines. L’été, avec la forte baisse des écoulements d'eau, les étiages des fleuves seront au plus bas. On devrait observer d’ici 2100 une augmentation de 20% des débits en hiver, mais une réduction de 17% au printemps, allant jusqu'à 55% en été. La production hydraulique pourrait alors se trouver réduite de 15%.  Que feront les EDF de chaque pays pour refroidir leurs centrales thermiques et nucléaires en pleine canicule estivale alors que les rivières seront presque à sec ? La navigation fluviale va aussi devoir s’adapter à de moindres tirants d’eau. En Allemagne, les armateurs imaginent déjà des barges de fret se contentant de moins de profondeur pour naviguer. 

 

La question n’est plus de discuter de la véracité des changements climatiques entraînant une augmentation de la température – ils sont réels et scientifiquement prouvés - mais de se demander « Que fait-on ? ». 

 

Tout ce qu'il faudra réaliser en termes d'efforts communs est déjà largement connu. Il ne s'agira pas de proposer des innovations technologiques, mais plutôt de coordonner un changement de pratiques passant par une vision globale de tous les usages : économies et stockage d’eau par une meilleure utilisation du sol dans les tourbières, les forêts ou les pâturages sont au programme, allant de pair avec une meilleure gestion des besoins en eau potable, de l’irrigation agricole, de la production neige de culture, des milieux aquatiques utilisés pour les sports d’eau vive,...

 

Plusieurs États membres élaborent déjà des stratégies nationales d’adaptation. Dès 2011, un centre européen d’information sur les effets du changement climatique devrait voir le jour. Et la Commission européenne va proposer en 2013 une stratégie commune. Elle dispose d’un outil fort : la directive-cadre sur l’eau, qui vise à la restauration des ressources en eau d’ici 2015.

 

Gageons que cette pénurie d'eau douce annoncée par les scientifiques et redoutée par tous ne survienne de si tôt ! Espérons que les responsables politiques européens auront le courage d'assumer leurs responsabilités et travailleront sans plus attendre à la mise au point de stratégies communes efficaces. 

 

Quant à vous et moi, chers lecteurs, profitons d'un tel spectacle de montagnes immaculées, condamné à plus ou moins courte échéance à ne plus se retrouver que dans les livres de photographie : puisse mon dessin vous inciter à penser à admirer d'autres paysages similaires et à vous en délecter ...

mouche-copie-1.gifImage du Blog ypjane.centerblog.net

Écrit par Jean-Claude VINCENT Lien permanent | Commentaires (0)

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