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Le cerf dans l'art (1)

Complément à l'article

Le cerf, roi de la forêt : un dessin d'un "16 cors irrégulier"

 Image du Blog ypjane.centerblog.net

 Le cerf dans l'art (1)

Image du Blog ypjane.centerblog.net
 

Vous arrive-t-il parfois, au gré de vos pérégrinations sur la toile, de lancer une recherche "images" à partir d'un mot clef judicieusement choisi ? Moi, régulièrement... Généralement, une mine de découvertes !

Je me suis, par exemple, embarqué dans semblable aventure en introduisant trois consonnes et une voyelle pour former ce mot "cerf" qui vous a tenu en haleine, cher lecteur, en ce mois d'octobre.

 

 

Des photos de ces élégants cervidés sont apparues à profusion sur l'écran. L’incroyable variété d'images s’alignant côte à côte m’a donné l’envie de sélectionner celles se rapportant au thème "Le cerf artistique". Permettez-moi de vous présenter le fruit de mon travail : quelques œuvres bien différentes les unes des autres, appartenant tour à tour au monde de l'histoire, de l’art, de l’artisanat, du design, ou de l'humour.


Art pariétal du paléolithique
   
        
L'art des peintures réalisées par l'homme préhistorique, tapi au fond des grottes, sur les parois obscures et invisibles, attend un rayon de lumière pour pouvoir s'exprimer : pour le contempler, il faut parfois parcourir des centaines de mètres sous terre en apportant sa propre source de lumière.

Privés des techniques d'éclairage d'aujourd'hui,  ces premiers artistes devaient surmonter leurs peurs et parcourir avant nous ce même chemin dans une obscurité angoissante. Ils utilisaient parfois les aspérités des parois pour mettre en relief leurs représentations.
 
Ci-dessus : Lascaux

Etonnante frise de cerfs qui peut être décryptée de deux façons. La première explication imagine que ces cervidés traversent un cours d'eau : seules leurs têtes dépassent de l'onde. La seconde découpe le mouvement, et fait de cette frise la première bande dessinée de la préhistoire.

Ci-contre :
Lascaux, "Frise des petits cerfs"
15 000 ans avant Jésus-Christ.
 

 

  © Musée des Civilisations anatoliennes,

   Ankara, Turquie.
   

"La capture d'un cerf"

peinture murale de Çatal Hüyük.

7000 ans avant Jésus-Christ.

Les nombreuses peintures qui décoraient les murs des habitations de Çatal Hüyük apportent de précieuses informations sur la civilisation du plus ancien néolithique anatolien.

Le bestiaire sauvage (cerfs, vautours) joue de toute évidence un rôle important chez ces premiers agriculteurs.





"Statuette de cerf"
bronze, Alacahöyük, 52.5 cm,
2e moitié du IIIe millénaire avant Jésus-Christ.



 
      Le cerf représente une divinité. Cette figurine était utilisée lors de cérémonies, maintenue sur un support, et elle était déposée comme offrande dans les tombes.

 

 

© Musée des Civilisations anatoliennes,

   Ankara, Turquie.

 

     
© Besançon,
    musée des Beaux-Arts et d'archéologie


Gustave Courbet
"L'Hallali du cerf"
Huile sur toile, 1867
Hauteur : 3.60 m.
Largeur : 5.09 m.
 
"L’Hallali", d’une sonorité et d’un éclat prodigieux, exalte à grande échelle les joies sportives de la chasse. La gamme chromatique sélectionnée dans cette peinture s’étend des gris verts, bruns, bleutés, jusqu’aux gris, noirs, bruns terriens, et tonalités bleutées des paysages glacés de l’hiver.
  © Photo RMN,  Paris, musée d'Orsay
© Gérard Blot, Christian Jean 

   Gustave Courbet
   "Le rut du printemps,
  combat de cerfs"

   Huile sur toile
   Hauteur : 3.550 m.
   Longueur : 5.070 m.


 
"Le combat" est une sorte d’épopée de la vie instinctive, surprise dans les profondeurs des règnes animal et végétal.  Courbet comparait l'importance d'un combat de cerfs à celui d'un enterrement humain.

Le rut du printemps, combat de cerfs (détail)
 
Le rut du printemps, combat de cerfs (détail)
 

     
Courbet raconte les circonstances de création du tableau.

C'est "une chose que je suis allé étudier en Allemagne. J'ai vu ces combats [...]. Je suis exactement sûr de cette action. Chez ces animaux, il n'y a aucun muscle apparent. Le combat est froid, la rage profonde, les coups sont terribles".

Courbet insiste sur sa fidélité à la nature, comme pour se convaincre : "Il n'y a pas un liard d'idéal. [...] Ils sont exacts comme des mathématiques".
 

 

 
Mais plus indifférent qu'il ne le dit à l'égard d'une transcription littérale, Courbet inscrit son tableau dans une temporalité incorrecte : le rut a lieu à l'automne et en hiver, jamais au printemps.

De même, il donne comme cadre à son drame un paysage familier de la Franche-Comté, alors qu'aucun cerf n'y vit au XIXe siècle.

Courbet recompose donc, invente, pour mieux raconter une tragédie primitive qui le fascine. C'est la condition nécessaire pour que le peintre retrouve l'état sauvage, pur et violent, qui le lie irrémédiablement à l'animal.

 

 

Merci à Aurore. C'est chez elle, dans son charmant nuage et son blog aujourd'hui disparu que Google avait déniché

la "Diane d'Anet"
(Milieu du XVIe siècle).

 
          

© Musée du Louvre/P. Philibert

   
Le groupe, symbole de la Renaissance française, surmontait une fontaine monumentale dans le parc du château d'Anet, construit par Philibert Delorme pour Diane de Poitiers, la maîtresse du roi Henri II. La beauté de la longue silhouette nue et chaste de la déesse est admirable.

Ce premier grand nu de la sculpture française pose l'énigme de son auteur. Sa beauté préjuge d'un grand maître, mais lequel, car l'attribution traditionnelle à Jean Goujon est contestée.


Quel que soit son auteur, il naît une certaine sensualité du contraste entre la nudité du corps et la richesse de la coiffure, mais la beauté idéale de la figure, la pureté des lignes confèrent à la déesse une chaste distinction.  Le corps élancé et souple, les seins menus et haut placés, la tête petite, la coiffure extrêmement raffinée, le dessin des yeux, tout lui confère une élégance altière.
 

 

Diane, déesse de la chasse,

accompagnée de ses deux chiens,

enlace un cerf majestueux.

Le groupe est un chef-d'oeuvre d'harmonie. Pour équilibrer la pose de la déesse et la présence imposante du cerf à la haute ramure, qui entraînent le groupe vers la gauche, le sculpteur a relevé le bras de la déesse et l'a armé d'un arc. Les têtes de Diane et du cerf tournées dans la même direction assurent la cohésion de la scène.

 

 

"Panthère tuant un cerf" de Rodin

XIXème siècle - 1835-1840

bronze, Metropolitan Museum of Art

Sans doute le plus grand sculpteur de son temps, jouissant d'un prestige international, Rodin est réputé comme le père de la sculpture moderne. Il considérait que la sculpture "sortait" de la pierre, et souvent ses œuvres ont une base "rocailleuse".

    
C'est avec ce bronze de Rodin (ci-dessus) et mon dessin (ci-contre) que je vous quitte pour ce jour, après vous avoir présenté quelques oeuvres remarquables que le passé nous a léguées. 




      Je vous invite à vous connecter à nouveau ce jeudi 3 novembre pour découvrir d'autres représentations de cerf, appartenant cette fois au monde de l'artisanat, du design et ... de l'humour !
 

 

Image du Blog ypjane.centerblog.net

Écrit par Jean-Claude VINCENT Lien permanent | Commentaires (0)

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