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Fang Zhaolin, peintre de la montagne, au Musée des beaux-arts de Verviers : une invitation au voyage..

Les textes, extraits de textes et reproductions d’œuvres qui suivent sont choisies dans le catalogue de l'exposition qui se tient du 24 janvier au 7 mars 2015 au Musée des beaux-arts de Verviers, les lundis, mercredis et samedis de 14 à 17 h. ainsi que les dimanches de 15 à 18h. 

Ce catalogue est une publication du Centre culturel Xuyuan de Pékin, sous la direction de Jean-Paul Desroches.

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Aujourd'hui, Fang Zhaolin (1914-2006) aurait cent ans.  Veuve à 36 ans, mère de 8 enfants, chef d'entreprise, elle n'en demeure pas moins l'une des figures de proue de la peinture chinoise du XXème siècle.  Disciple des plus grands maîtres, toute sa vie durant, elle n'a cessé de peindre.  Citoyenne du monde, elle ne se lassera pas de parcourir la planète.  Pourtant, c'est vers la Chine, sa terre natale, que toute son œuvre tend...  Une Chine aux paysages grandioses peuplée d'une vie intense qui hante sa mémoire et jaillit spontanément de son pinceau, une invitation au voyage intérieur, une saga restituée par la magie des images.

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ESCALADE

Hong Kong, mars 1991, signé Fang Zhaolin

Sceau : prolonge la vie

Sceau / Zhaolin Da Li

"La montagne est haute, mais il existe des sentiers pour la gravir.

L'au de la rivière est profonde, mais il y a toujours un timonier pour piloter le bateau."

79 x 147 cm

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FANG ZHAOLIN, UNE VIE D'IMAGES INTIMES

En janvier 2014, je me suis rendu en Chine, à Beijing plus précisément et ses alentours.

Lors de ma visite dans l'atelier de gravure Xuyan, société de développement d'art et culture, j'ai eu l'occasion de rencontrer l’œuvre de Fang Zhaolin et ce fut une vraie rencontre et une vraie découverte.  Ces paysages grands formats vous appellent et vous interrogent sur la Chine du XXème siècle et, par extension, sur la Chine de demain.

Comment pour nous, Européens, aborder l’œuvre de cette grande artiste qui en apparence nous ramène à la peinture traditionnelle chinoise ?

Certes, nous somme bien face à une peinture chinoise régie par des conventions traditionnelles, mais, celles-ci sont quelque peu bousculées.  C'est une peinture subtile et Fan Zhaolin, maître du pinceau traditionnel, la nourrit d'innovations techniques et d'images intérieures guidées par ses émotions.

La peinture de Fang Zhaolin se regarde avec le cœur, elle a d'ailleurs été réalisée avec le cœur et si l’œuvre peut être qualifiée d'"exquise", il n'en demeure pas moins que l'engagement politique et social est bien présent, amené en douceur.

L'artiste allait vers le paysage, se promenait dans la montagne qu'elle voulait représenter, elle souhaitait ressentir le lieu avant de le coucher sur papier ou sur toile, explorer ses "mystères" qui étaient une des sources de son inspiration renforçant de ce fait son caractère combatif et l'impact de son expérience de vie.

Ses paysages nous entraînent dans une illusion de beauté, ils ne sont pas que paysages, ils sont les témoins de son amour pour son pays, la Chine, mais ils sont également la résurgence de la misère humaine. 

Son œuvre est habitée par l'humain toujours présent, à quelques exceptions près, tant l'artiste croit en l'homme et à ses capacités à surmonter l'insurmontable.

Toute la beauté de la Chine nous est donnée à voir, mais également toute sa misère et sa douleur.

 

Daniel Sluse

Directeur

École Supérieure des Arts

Académie Royale des Beaux-Arts de la Ville de Liège

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AU-DELÀ DES NUAGES, D'AUTRES SOMMETS À ESCALADER

Fang Zhaolin, 1997

Sceau : Zhaolin Da Li

Sceau : œuvre de Zhaolin, à plus de 70 ans

"Les fondements de la peinture chinoise sont le pinceau, l'encre, l'émotion, l'imagination, la poésie...

Autant de critères que l'on pourrait exprimer avec des méthodes venues d'Occident,

mais nous ne devons pas oublier nos origines !"

106 x 144 cm

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(...)

"La culture chinoise ayant plus de cinq mille ans d'histoire, ce n'est qu'en raffermissant la confiance en notre art que nous pourrons nous faire respecter par les Occidentaux ; donc, tout en assimilant la quintessence des autres, il ne faut pas abandonner les traits caractéristiques de la culture chinoise.  La peinture chinoise est un art du pinceau et de l'encre, qui veille surtout à exprimer une conception artistique et à faire sentir le charme et la poésie.  On peut s'inspirer des techniques occidentales, mais il ne faut en aucun cas renier ses origines.  L'art n'a pas pour but d'embellir ou de représenter la réalité et des paysages objectifs, il consiste à transmettre les affects et les sentiments de l'artiste.  Les œuvres d'art sont une re-création de de l'idéal naturel, les unes plaisent aux yeux et aux oreilles, les autres ébranlent le cœur.  En tant que peintre chinois, on doit toujours se consacrer à perpétuer la grande tradition artistique chinoise, qui est profondément enracinée dans le pays, et en même temps, chercher à sortir de la routine pour créer un nouvel aspect !".

Ces paroles éclairantes de Fang Zhaolin reflètent non seulement sa vision de l'art chinois, mais aussi la confiance et les sentiments purs d'une artiste chinoise envers sa culture nationale.

Dans la grande forêt de la peinture chinoise du XXème siècle, Fang Zhaolin est, sans aucun doute, un arbre imposant et touffu, qui plonge profondément les racines de son art dans la Chine, comme dans une terre fertile, qui l'émeut et l'inspire sans cesse.  Elle s'évertue à puiser dans la civilisation chinois multimillénaire, et avec une noble ambition et un esprit optimiste et vaillant, elle hisse la peinture chinoise jusqu'à un nouveau sommet jamais gravi auparavant.

Zhao Xun

Vice-présidente de l'association des recherches sur Fang Zhaolin

Pékin, décembre 2014

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MONTAGNE VERDOYANTE AU-DELÀ DES NUAGES

Hong Kong, 1984, signé Fang Zhaolin âgée de 70 ans

Sceau : sceau de Fang Zhaolin

Sceau : image d'un bœuf

"J'aime bien les montages verdoyantes et, en me promenant, entrer dans les nuages.

Une fois les sommets atteints, les nuages blancs volent sous mes yeux."

98 x 109 cm

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 (...)

Quant à l'art du paysage qui constitue l'essence même de sa peinture, il se rattache à une pratique forte ancienne qui trouve ses fondements dans la calligraphie.  Tout artiste chinois appelé à réaliser une peinture traditionnelle, porte en fait à l'image un langage initialement façonné par la calligraphie.  Cette sorte de mise de l'écriture en image, l'oblige à privilégier l'encre qui définit le contour et anime la surface.  L'encre et le pinceau sont étroitement liés dans ce travail pictural.  Le pinceau découvre les lignes de forces, et donne à la composition picturale sa structure.  L'encre embrasse et porte en son sein la forme que le pinceau fait surgir.

(...)

Peindre, pour Fang Zhaolin, c'est d'abord peindre la montagne, convoquer des visions d'ensemble, faire coexister des échelles différentes, donner l'impression d'espaces démultipliés, mais peindre la montagne ce n'est pas seulement représenter la montagne, c'est aussi la gravir à l'image de ces pèlerins qui, chaque année, par d'interminables escaliers, accèdent au Taishan.  Atteindre les sommets, là où ils se confondent avec les nuages.  Découvrir des horizons improbables toujours recommencés.  Se noyer dans la brume humide qui donne à la lumière éclat et douceur...  Pour Fang Zhaolin la montagne, avant d'être un thème récurrent, est un modus vivendi, une façon de communier avec la nature par le truchement de la peinture.  C'est d'ailleurs ce que révèle le colophon inscrit sur l'une des œuvres exposées (cat.35).  Fang Zhaolin, loin de sa terre natale confortablement installée à Londres peint ces sommets voluptueusement enrobés de nuages.  Une simple feuille, de l'encre, des couleurs, un pinceau lui suffisent pour convoquer cette Chine des cimes sur le papier et la gravir jusqu'aux portes du ciel.  Ce mirage de la reconstruction, cette ascension symbolique, cette invitation au voyage n'est autre que l'errance en quête des vérités premières, une déambulation en communion avec la nature autrement dit la recherche du Tao, de la Voie.

Jean-Paul Desroches

Conservateur général honoraire du Patrimoine, Commissaire de l'exposition.

(Il a été professeur à l’École du Louvre, est aussi archéologue, et dirige la Mission archéologique française en Mongolie.  Il est l'auteur de nombreux ouvrages et a été le commissaire d’expositions majeures sur la Chine tant en France qu’en Extrême Orient.)

 

 

cat.35 :

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ATTEINDRE LES CIMES ENNEIGÉES

Londres, hiver 1984, signé Fang Zhaolin

Sceau : rivières et montagnes de mon pays natal

Sceau : Zhaolin Da Li

"Je suis arrivée en début d'année à Londres accompagnée de (mon fils) Mancheng.

Tout va bien, dans une atmosphère agréable, j'ai peint plusieurs grands formats."

144 x 180 cm

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CI-DESSOUS, QUELQUES PHOTOS PERSONNELLES PRISES AU VERNISSAGE !

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Jean-Paul Desroches, commissaire de l'exposition au Musée des beaux-arts de Verviers.

(autres fonctions et qualités, voir précédemment)

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Écrit par Jean-Claude VINCENT Lien permanent | Commentaires (0)

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