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31 août 2016

Un dessin de soldat en terre cuite de l’armée enterrée de Qin Shi Huang.

Depuis le 4 juin, présentation d'un nouveau dessin pas à pas,

un soldat de l'armée millénaire du premier empereur de Chine,

QIN SHI HUANG (prononcer tchin che rhou-agne).

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- ultime mise à jour, en bas de page, le samedi 18 juin -

 

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SAMEDI 4 JUIN 2016    Qin Shi Huang, le César de la Chine

Bien avant l'ère des chrétiens, la Chine était écartelée en une multitude de royaumes et états guerriers, chacun sous le contrôle de seigneurs féodaux, ce qui engendrait une grande instabilité. 

De plus en plus, les 37 générations de la dynastie Qin et les penseurs de l’époque aspiraient à l’unité, tout en exerçant un pouvoir politique, militaire et économique sans précédent sur l’empire de Chine, et en faisant progresser son niveau social, culturel et artistique.

   

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plaine chinoise à la fin des Royaumes combattants (source : wikipedia)

     

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Qin Shi Huang (source : wikipedia)

 

On le surnomme "le César de la Chine". 

Autoritaire, il se fait appeler Zheng, "Homme-Dieu".

Le Prince Zheng, né en 259 avant notre ère, réalise le rêve auquel ses prédécesseurs aspiraient : il s’autoproclame Shihuang des Qin, c’est-à-dire "Premier Auguste Empereur de Qin".

Il monte sur le trône encore adolescent, abolit l’état féodal pour doter la Chine d’un régime impérial qui, tant bien que mal, ne s’éteindra qu’en 1911.

Il devient le fondateur du premier empire unifié de l’histoire chinoise.

 

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

étape 1 - gros plan sur le visage (grandeur réelle : ± 9 x 5 cm)

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LUNDI 6 JUIN 2016     Qin Shi Huang, son oeuvre

Qin Shi Huang promulgue des réformes politiques et économiques majeures à travers le pays.

Il standardise le système des poids et mesures, afin de calculer l’impôt en nature de manière exacte.

Il codifie les dimensions des essieux des roues de chars et charrettes.

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 Il impose une monnaie ronde, carrée en son centre

- pour les Chinois, le ciel est rond, la terre est carrée -,

unité monétaire qui restera en place

jusqu’à Mao Tsé-Toung.


Il unifie les caractères chinois en créant une écriture « petite sigillaire »

- c'est dramatique : tout en brûlant les livres classiques et en exterminant les lettrés ! -  

afin d’installer une langue et un seul système de communication.

                   

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Il entreprend de réunir et surtout de développer des tronçons de fortifications existants pour en faire un système défensif cohérent contre les invasions venues du nord : un projet extravagant, insensé... qui se poursuivra jusque sous les Ming (1368-1644) ! Ces travaux ont produit le plus gigantesque ouvrage de génie militaire du monde, la fameuse Grande Muraille de Chine. Son importance historique et stratégique n'a d'égale que sa valeur architecturale.

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carte de l'histoire de la construction de la Grande Muraille de Chine (source : wikipédia)

un clic ici, ou sur la carte, vous permettra de la visualiser dans ses moindres détails

 

Enfin, et j'y consacrerai entièrement la suite de cet article, il entreprend la construction de son fameux mausolée bâti sur son tombeau, encore inexploré de nos jours et protégé par une armée de milliers de soldats en terre cuite.

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

étape 2 - visage et partie de l'armure (grandeur réelle : ± 13 x14 cm)

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MERCREDI 8 JUIN 2016    

Qin Shi Huang, son oeuvre, selon Sima Qian et son livre Shiji

Le Premier empereur de Chine se comporte comme un despote : on le dit tyran, sanguinaire, mégalomane… Obsédé par l’immortalité dès le début de son règne, il réquisitionne, à l’âge de 26 ans, 700 000 ouvriers, et débute la construction d’un complexe funéraire sur 56,25 km2 – l’équivalent d’un carré de 7,5 km de côté - qui durera 38 ans.

Le mausolée, le plus important jamais construit de l’histoire chinoise, sera un palais souterrain, enfoui sous un gigantesque tumulus d’une hauteur de plus de 50 mètres, bâti à l’intérieur d’une enceinte rectangulaire à double paroi, protégé par une grande armée : toujours dans l’obsession d’un ennemi, jusque dans l’au-delà.  Des arbres plantés, à la fin des travaux, sur la vaste butte, lui donnent un air de colline verdoyante, mais les alentours ne sont que champs de maïs et de blé.

 

La seule description que l’on en possède provient du livre Shiji (Mémoires historiques) de l’historien chinois Sima Qian, écrit un siècle après la mort de l’empereur, un livre qui couvre l’histoire chinoise jusqu’à l’époque où vécut son auteur, un livre comparable aux Histoires d’Hérodote.

        

 

 

 

 

 

      

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CLIC SUR L'IMAGE

L’on pourrait penser que le récit relève de la science-fiction… On transporte des modèles de maisons, de bâtiments officiels, les objets les plus précieux. Des rivières de mercure représentant les deux grands fleuves de Chine, le Jaune et le Yangzi, sont mises en mouvement par des machines sophistiquées. Les vapeurs mortelles protégeraient la tombe des pilleurs, tout comme un système d’arbalètes au déclenchement automatique. La voûte est incrustée de perles symbolisant le soleil, la lune, les étoiles ; au sol, ce sont les planisphères de l’empire chinois. Les concubines sans enfants, les artisans, les ouvriers qui auparavant avaient subi le supplice de la castration, sont enterrés vivants.

Pure fantaisie que tout cela ? C’est ce qu'imaginait l’archéologue Wang Xueli, l’un des plus grands experts de la nécropole, avant d’étudier la composition chimique du sol sous le monticule, en 1981. Il a trouvé du mercure, beaucoup de mercure. Nous mesurons des taux jusqu’à 100 fois plus élevés que la normale, dit l’archéologue, qui a travaillé 14 ans sur le site…

 

Ces constations semblent corroborer les écrits de Shiji...

A bientôt, pour la suite !

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

étape 3 - visage et torse protégé par une armure (grandeur réelle : ± 15 x 21 cm)

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SAMEDI 11 JUIN 2016     Histoire de la découverte de l'armée en terre cuite

Mars 1974.

La sécheresse menace les récoltes si l’eau ne les irrigue pas… Les paysans sortent pelles et outils et creusent des puits. À environ 1 500 mètres du tumulus jamais exploré, présumé recouvrir le tombeau du Premier empereur de Chine, Yang Zhifa et ses frères buttent sur des fragments de terre cuite, puis sur des flèches en bronze. La trouvaille se révèle bientôt sensationnelle : ces fragments apparaissent provenir de guerriers en terre rouge cuite. Les chefs du village sont prévenus et l'information remonte aux autorités de la ville, puis de la capitale : les archéologues sont informés.

Telles est la version officielle de l’événement largement exploitée par le gouvernement de Mao Zedong, celle qui met en scène le petit peuple... Quoi qu'il en soit, les faits, indéniables, attestent le caractère exceptionnel de cette découverte.

Mai 1974.

Une équipe d’archéologues se rend sur les lieux pour entreprendre – négligemment, sans protection contre les intempéries - les premières fouilles de ce qui va devenir la plus grande découverte archéologique du 20e siècle. Ce n'est pourtant qu'en 1982, grâce à une nouvelle loi sur la sauvegarde des monuments, que le site se dote des infrastructures nécessaires. En 1987, le site est inscrit à la Liste du Patrimoine mondial de l’humanité. La mise au jour du tombeau de l’empereur s’annonce comme le défi archéologique des prochaines années.

                   

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Rien de comparable n'existe. Pas même la grande pyramide de Gizeh, en Égypte... La pyramide, ce n’est qu’un tombeau. Ici, nous parlons d’une vaste nécropole, d'une ville souterraine où les découvertes archéologiques s’enchaînent les unes après les autres.

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  Et ce n’est qu’à partir de 1991 que vu l’ampleur de la tâche, le vaste chantier s’ouvre progressivement aux chercheurs étrangers, même si, jusqu'il y a peu encore, la fierté nationale rendait difficile toute aide étrangère, comme cette offre de financement refusée, faite il y a quelques années par une chaîne de télévision japonaise, rêvant d'introduire une minuscule caméra high-tech dans le tombeau de Qin Shi Huang...

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

étape 4 - visage, buste et armure, bras et main (grandeur réelle : ± 15 x 24 cm)

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 MARDI 14 JUIN 2016        Des guerriers à la pelle !

Depuis plus de 40 ans, une véritable armée de guerriers en terre cuite grandeur nature, avec chevaux, chars et armes en bronze, sort de terre jour après jour. Sculptés dans les moindres détails, les soldats présentent des visages uniques, tous différents. Des chefs-d'œuvre de réalisme !

 

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Jusqu’à présent, on en dénombre environ sept mille à avoir accompagné leur maître dans l'au-delà. Ils témoignent de la mode vestimentaire de l’époque, des coiffures, des armures : c’est un document inestimable, une photo de l’histoire !

Sans doute ne représentent-ils que la garde, l’avant-poste veillant sur la nécropole ; et il reste probablement encore des milliers de statues à mettre au jour. Personne ne sait vraiment pourquoi cette immense armée tomba dans l'oubli et ne fut redécouverte que plus de deux millénaires plus tard. Les épées, lances, hallebardes à crochet pour désarçonner les cavaliers, flèches et autres carreaux de bronze ont été consolidés par une couche de chrome pour les rendre indestructibles. (en Europe le procédé de l’oxyde de chrome n’a été mis au point par le chimiste français Louis Nicolas Vauquelin qu’en 1797 !). Tous les soldats avec d'un côté les fantassins, de l'autre les archers et arbalétriers, sont disposés en ordre de bataille parfait, orientés vers l'ouest pour protéger le tombeau auquel ils tournent le dos. L'ennemi mongol n'a qu'à bien se tenir !

 

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On dénombre près de six cents chevaux sculptés, de race Prejvalski, avec leur harnachement et parfois leur char. Posséder de nombreux chars était un signe évident de richesse, dit Duan Qingbo qui dirige l’équipe d’archéologues sur le site. L’empereur les a emportés avec lui dans la tombe : comme si, dans 2 000 ans, on découvrait, enterrée près de Bill Gates, une collection de Mercedes-Benz !

 

Les vestiges totalisent plus de six cents sites dans une zone qui couvre 56,25 kilomètres carrés. Par ailleurs, on se doute que quelques dizaines de concubines ont été ensevelies quelque part, peut-être même une reproduction complète de son gouvernement, de sa cour, de ses fonctionnaires : les hommes de guerre ont échappé à ce sort en étant "simplement" modelés.

Des milliers de touristes visitent chaque jour les trois différents sites auxquels ils ont accès, trois vastes fosses rassemblant la majorité des statues de soldats découvertes. De larges bâtiments sont édifiés pour protéger les fosses. L'ensemble de ces statues était à l'époque recouvert par de grandes poutres dont on peut observer les fondations à certains endroits.

 

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Même si, avec les siècles, un grand nombre de statues a été endommagé, ou saccagé par d'autres conquérants sous d'autres dynasties, une grande partie a été fidèlement restaurée et la vision de ces milliers de soldats debout, combattants en arme aux visages figés, offre un spectacle saisissant.

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

étape 4 - visage, buste et armure, mains et bras posé sur genoux (grandeur réelle : ± 15 x 26 cm)

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SAMEDI 18 JUIN 2016      Si l'on pénétrait à l'intérieur du Mausolée...

Lorsqu’ils furent mis au jour, les soldats de l'armée de terracotta de l’empereur Qin étaient tous peints ; peu de temps après qu’on les eut dégagés du sol, la peinture s’écailla et tomba.

Selon l’archéologue en chef responsable des fouilles, Duan Qingbo, ouvrir maintenant le mausolée de l’empereur Qin scellé depuis des siècles modifierait immanquablement son environnement intérieur. Personne ne peut garantir que les objets que l’on trouverait, dès qu’ils seraient exposés à l’oxygène, à la lumière et aux bactéries, ne se détérioreraient pas ou même, s'agissant des étoffes, des soieries, des parchemins ou des fresques, ne se désintégreraient pas purement et simplement en poussière...

Les archéologues sont convaincus que tant qu'ils ne sont pas absolument certains de réaliser un travail de qualité, il est préférable de laisser le tombeau intact et de confier la poursuite des fouilles aux prochaines générations, car pour le moment, la Chine ne possède ni la technologie ni l’expertise nécessaires pour ouvrir ce tombeau, ni d’ailleurs les moyens financiers : mettre à découvert la sépulture nécessiterait, c'est certain, des investissements colossaux !

         

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D’ailleurs, même s’ils le voulaient, les archéologues se heurteraient à la position inflexible du Conseil d’Etat, l’instance suprême chinoise, qui s’en tient à sa dernière décision de 1997 de ne pas approuver l’excavation, dans un avenir proche, de tout mausolée d’empereur important.

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Lorsque les Chinois décideront d’aller de l’avant, trouveront-ils un tombeau vide, pillé des siècles plus tôt, comme ce fut le cas pour les pyramides d’Égypte? "Les textes anciens indiquent que la sépulture a été profanée", explique Duan Qingo. Si on les croit, le repos éternel de l’empereur a été plutôt court. À sa mort, les paysans se sont révoltés. Plus d’un million d’entre eux, soit 5% de la population de l’empire, avaient été réduits en esclavage pour bâtir la Grande Muraille et la nécropole. Ils seraient descendus dans la fosse où se trouvait l’armée de terre cuite et auraient volé la plupart des armes, brisant les statues sur leur passage. C’est en partie dans cet état, en morceaux, que les archéologues ont en effet trouvé bon nombre de ces dernières en 1974…

D’autres chercheurs estiment quant à eux que les insurgés ne se sont pas rendus jusqu’à la chambre funéraire, expliquant que l’armée de terre cuite n’était enterrée qu’à six mètres de profondeur. Se rendre à trente, quarante ou cinquante mètres sous terre est beaucoup plus difficile, de plus, selon les écrits historiques, sous des rivières de mercure nocives, véritable poison... 

Des solutions seront trouvées, ou existent déjà : elles seront vraisemblablement mises un jour en pratique par les responsables chinois. Peut-être décideront-ils d'utiliser des techniques de télédétection... Peut-être introduira-t-on à l’intérieur du monument une caméra miniature, une intrusion qui coûterait moins cher qu’une opération à plus grande échelle et permettrait d’en apprendre beaucoup en ne causant que des dégâts minimes…

Ce qui est sûr, c'est que l'avenir promet d'être passionnant...

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

dessin achevé  -  17 x 37 cm

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Mes sources principales d'informations pour l'élaboration de cet article :

UNESCO - liste du patrimoine mondial

Les soldats en terre cuite de Qin Shi huang

soldats terracotta qin shi huang : mausolée de l'empereur : entre mythe et réalité

herodote.net : Qin Shi Huangdi - L'armée immortelle de l'empereur Qin

Hélène de Ribaupierre : travail de mémoire de Bachelor en Système d’Information

lactualite.com : l'armée millénaire de l'empereur de Chine

Liberation.fr : la nouvelle garde de l'empereur

wikipedia.org : Mausolée de l'empereur Qin

blogs.mediapart.fr - Yves Faucoup - Armée en terre cuite : le tyran se cache dans les détails

rtbf.be - les fouilles reprennent dans le mausolée de l'empereur Qin

maxisciences.com : les soldats de l'armée en terre cuite portaient de redoutables armes

decouvertes-archeologiques : l'immense tombeau de la grand-mère du Premier Empereur de Chine

 http://www.voyage-chine.com : L’armée de soldat en terre cuite de l’empereur Qing

guide-de-voyage.com : L'armée enterrée de soldats en terre cuite - Chine 

 

 

20 juillet 2016

D'un dessin de CORBEAU à celui d'un ... MOULIN !

- ultime mise à jour ce samedi 5 mars -

 

DIMANCHE 21 FÉVRIER 2016

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J'ai choisi un chef-d’œuvre d'une des quatre grandes figures de l'Ecole flamande de peinture pour établir une transition entre mon précédent  dessin de corbeau  et celui qui lui succédera dans ce blog, que je dévoilerai progressivement dans cet article pas-à-pas !

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En 1981, en famille, nous visitions le Kunsthistorisches Museum  - Musée de l'histoire de l'art - de Vienne. Mon garçon n'était pas encore de ce monde... Ma petite fille de 9 mois se reposait, bienheureuse, depuis une paire d'heures, sur mes bras endoloris (sa nacelle avait dû être déposée à la consigne). J'admirais, ébahi, l'une après l'autre, les sublimes huiles sur bois, conservées dans ce musée, de l’œuvre de Bruegel l’Ancien peint entre 1553 et 1568. Si le fameux syndrome de Stendhal se ressent aussi à Vienne, je pense l'avoir alors éprouvé...

Ce souvenir restera à tout jamais gravé dans ma mémoire : mes yeux contemplent encore Le Combat de carnaval et carême, Les Jeux d’enfants, Le Suicide de Saül, La Tour de Babel, La Rentrée des troupeaux, Chasseurs dans la neige, La Journée sombre, La Conversion de saint Paul, Le Repas de noce, La Danse des paysans, Le Paysan et le voleur de nid, sans oublier :

Bruegel%20le%20Moulin%20et%20la%20Croix%20-%20the%20Mill%20and%20the%20Cross%20-%20detail.jpg - Le Portement de croix de Pieter Brueghel l’Ancien - 1564 - 170 x 124 cm - Kunsthistorisches Museum, Wien -

(les détails du coin supérieur droit sont visibles sur les deux images de début d'article)

(site consulté pour les reproductions du Portement de croix :    amolenuvolette.it   )

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MARDI 23 FÉVRIER 2016

La complexe scène du Portement de croix relate avec une impressionnante virtuosité un épisode de la Passion du Christ. Peint en 1564, l’œuvre, une sorte de très grande miniature, aurait mérité une observation à la loupe (je n'en avais pas à ma disposition, mais d'un simple clic gauche sur la reproduction proposée ci-dessus, vous la verrez presque "grandeur nature"  !), tant elle est montre une foison de détails représentant un vaste paysage peuplé de quelque 500 personnages.  La plupart, friands de pendaisons et d'exécutions, s’affairent, vont de la ville au fond à gauche vers le Golgotha au fond à droite. D’autres, paysans, bergers et journaliers se dirigent vers la ville avec des denrées qu’ils se proposent de vendre au marché.

Toute l'attention se porte sur le groupe formé par la Vierge, saint Jean et les saintes femmes, d'une expression poignante. Minuscules, relégués au troisième plan mais pourtant élément central du tableau, les condamnés, le Christ succombant sous la croix et les deux larrons, cernés à gauche par l’arbre de vie et à droite par le gibet de mort, se dirigent vers le lieu d’exécution entourés d’une troupe de soldats en tuniques rouges. Aussi loin que porte le regard, ce ne sont que symboles angoissants : encore des gibets, des corbeaux et des soldats en chasse. Mais aussi, signes d’espoir, ces collines moutonnantes et ces ramures verdoyantes sous un ciel en partie serein mais s'assombrissant au-dessus du champ de supplice que la foule avide s'apprête à envahir... 

Élément surprenant, le tableau est dominé par une haute et improbable formation rocheuse surmontée d’un tout aussi improbable moulin : comment y acheminer le grain à moudre ? Comment redescendre la farine ainsi produite ?  Mystère...

Mise à jour, suite au commentaire de Christiana de ce 15 mars :

Ce mystère, peut-être, est-il résolu : si l'on observe avec attention la seconde photo de cette formation rocheuse, que je viens de trouver sur l'internet et d'insérer ci-après, on distingue nettement un sentier taillé dans le roc, bordé par une balustrade en bois...

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Liens vers les sites consultés :

Canal Academie – Les Académies et l’Institut de France sur internet

découvrir Bruegel

La Croix

détail du sentier, taillé dans le roc, menant sans doute au moulin.

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VENDREDI 26 FÉVRIER 2016

Le moulin

Guy de Maupassant

Fragment

… Tandis que devant moi,
Dans la clarté douteuse où s’ébauchait sa forme,
Debout sur le coteau comme un monstre vivant
Dont la lune sur l’herbe étalait l’ombre énorme,
Un immense moulin tournait ses bras au vent.
D’où vient qu’alors je vis, comme on voit dans un songe
Quelque corps effrayant qui se dresse et s’allonge
Jusqu’à toucher du front le lointain firmament,
Le vieux moulin grandir si démesurément
Que ses bras, tournoyant avec un bruit de voiles,
Tout à coup se perdaient au milieu des étoiles,
Pour retomber, brillant d’une poussière d’or
Qu’ils avaient dérobée aux robes des comètes ?
Puis, comme pour revoir leurs sublimes conquêtes,
A peine descendus, ils remontaient encor.

(23-24 octobre 1897)

Guy de Maupassant, Poésies diverses

Le moulin a paru dans Le Gaulois du dimanche du 23-24 octobre 1897 sous la signature de G. de V. soit Guy de Valmont.

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LUNDI 29 FÉVRIER 2016

Ah, moulins magiques de nos rêves...

Qu’ils soient rénovés ou délabrés, abandonnés ou en activité, ces imposants vestiges du passé ne me laissent jamais indifférent...

Le meunier d’un moulin de Provence avait besoin d’aide : seul, il ne pouvait faire pivoter son lourd toit en cône pour l’orienter et le diriger à la recherche du meilleur souffle du vent dominant, qu’il soit mistral ou vent d’est.  Pendant de longues minutes, par appuis successifs grâce à un ingénieux système de "roulement à billes" (en fait, des galets en buis !), la force de six hommes pouvait être requise pour ce déplacement.

Puis, il lui fallait gréer les voiles ; il pouvait enfin déverser les grains de blé, une fois les ailes en mouvement ; les meules s’occupaient du reste !

Le moulin - récemment restauré - que j’ai photographié cet été 2015 et que je dessine, est un de ces moulins provençaux, d'apparence extérieure en tout point similaire à ce schéma :

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Mais peut-être connaissez-vous déjà ce moulin perché sur sa butte à 578 mètres de haut, bâti presque au bout du monde, bâti au sommet d'une colline, bâti au bout d'un vieux et pittoresque village possédant encore une partie de ses fortifications ?
 

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MERCREDI 2 MARS 2016

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Région PACA, Haut-Var, en limite des Alpes de Haute-Provence,

au sein du Parc naturel régional du Verdon.

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À 25 km au sud-est de Manosque, du haut de ses 578 mètres, le pittoresque village historique de Saint-Julien-le-Montagnier est perché au sommet d’une butte dégagée (réchauffée par le soleil mais aussi fouettée par les vents) que l’on voit de loin depuis la plaine et la route D554, entre Vinon-sur-Verdon et Barjols puis Brignoles.

                

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De la table d’orientation en céramique de son belvédère construit sur le réservoir d’eau du village, on jouit d’un panorama exceptionnel, un des plus appréciables du Var, si vaste par temps dégagé (vue sur sept départements), permettant de découvrir les collines varoises au sud et la Haute-Provence au nord avec le massif du Verdon, jusqu’à la montagne de Lure et le mont Ventoux.

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Samedi, nous nous approcherons de ce moulin construit sur le site de Gourdane,

un site de grand intérêt régional : je vous le présenterai...

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SAMEDI  5 MARS 2016

L’occupation du site et de la région remonte à la préhistoire et l’on y retrouve en bordure ouest, là où est construit le moulin qui inspire mon dessin, les vestiges d’un oppidum (lieu fortifié de l’époque romaine, généralement aménagé en surplomb, servant de refuge et de lieu de rencontre). De cette époque remonte probablement le nom de la butte, Gourdane (appelée aussi avec justesse l’Aire du Bout du Monde), avec la racine pré indo-européenne GOR-D- (variante de KOR-) désignant une hauteur rocheuse.

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Les siècles passés, on accédait à l’Aire de Gourdane par une voie encaladée en pente raide, le « Chemin du Paradis des ânes » Les calades sont ces marches empierrées avec à leur bord inférieur une bordure légèrement surélevée destinée à bloquer les roues des petites charrettes tirées par des ânes, remontant lourdement chargées les récoltes de la plaine jusqu'au village, ce qui en principe évitait à ceux-ci de se laisser entraîner en arrière et de dévaler la pente sans retenue.

                                                                                           

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On entrait sur l’Aire du Bout du Monde - délimitée à l’ouest par une falaise abrupte et à l’est par une falaise non moins à pic - en franchissant la magnifique porte fortifiée du même nom, datée du XIIIe siècle, qui perce l’un des remparts occidentaux datés du Ve et XIIe siècles.

 

 

 

                                                         

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L’aire est soigneusement empierrée pour le battage du blé ; l’empierrage dessine au sol des rectangles réguliers qui servaient d’étalon pour mesurer le grain et assurer le partage entre le minotier, le seigneur et le propriétaire.

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Sur le coté droit est établie la Chapelle de l’Anonciade, un petit bijou d’art religieux rural avec ses retables et autel avec montants en bois sculptés. A son extrémité, dominant la plaine se dressent deux moulins à vent. En raison du manque d'archives, leurs origines et histoire est imprécise et le mystère plane même, dans les archives communales, sur leur nombre.

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Il est mentionné qu’à la demande du seigneur de l’époque, on en construisit un en 1653, mais deux ans plus tard le mistral indomptable brisa le fourgon, et l’on ne sait si des réparations furent effectuées (plainte fut déposée contre le meunier en 1661) : les délibérations à ce sujet restent muettes... Aucune mention officielle par contre à propos origines de l’autre moulin à vent : certaines sources parlent de 1635.

Au fil des temps, les moulins de Gourdane ont connu l'oubli. Devenus ruines, ils furent sauvés et remis à neuf - entièrement, pour celui que je dessine - à partir de 1999, et font de nouveau la fierté du village.

Actuellement restauré avec ses ailes, dans les règles de l’art et dans l’esprit d’une lointaine tradition, le moulin de 1653 est en parfait état de marche et des bénévoles se chargent de déployer les toiles et faire tourner les ailes pour les visiteurs lorsque les conditions météo le permettent, le deuxième dimanche d’août à la Fête des moissons d’antan, l'occasion d’assister tout d’abord au fauchage, au battage et au vannage du blé, puis de moudre de la farine afin de démontrer le parfait fonctionnement du mécanisme.              

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"LE MOULIN A VENT DE SAINT-JULIEN-LE-MONTAGNIER", 1653, 30 X 40 cm

(dessin au portemine achevé fin février 2016, d'après une photo personnelle)

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à bientôt,

si vous le voulez bien !

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Je vous remercie

pour votre fidélité. 

Les sources utilisées pour cet article après le 26 février :

http://www.lescheminsdupatrimoine.fr/wa_files/R16_20web_0...

http://www.merveilles-du-var.net/index.php?merv=fiche&...

http://www.lescheminsdupatrimoine.fr/l_aire_et_les_moulin...

http://fr.calameo.com/books/0024449899c6751ac65a7

http://www.saintjulienlemontagnier.com/historique.php

http://villages-et-villes-de-france.fr.over-blog.com/2015...

http://www.justacote.com/regusse-83630/site-touristique/

http://www.lac-sainte-croix.com/moulins-regusse.htm

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08 mai 2016

L'Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz, une étrange chapelle espagnole...

- une présentation progressive de dessin - 

- ultime mise à jour ce samedi 16 avril -

- prochain dessin fin du mois de mai -

 

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DIMANCHE 3 AVRIL 2016

Chers lectrices, chers lecteurs, si vous saviez comme j'ai hâte de montrer à nouveau - cette fois sur ce blog hébergé par Hautetfort,- un dessin déjà proposé il y a près de sept ans sur mon précédent blog, dont les plus fidèles d'entre vous se souviendront peut-être !

C'est vers une chapelle espagnole que mes mines et moi-même vous emmenons...

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Au hasard de mes fréquentes pérégrinations sur l'internet à la recherche de photos susceptibles de susciter un dessin au portemine, j'avais découvert, un jour de 2008, par le plus grand des hasards, un surprenant édifice religieux. 

 

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Sans hésiter, j’avais préparé mes portemines et une grande feuille de papier, pris mes repères et tracé les premiers traits. En sélectionnant cette photo, j’étais convaincu d’avoir réalisé un bon choix. Par la suite, je n'avais pas désenchanté. Au fur et à mesure de l’avancement du dessin de cette étonnante bâtisse, je pressentais qu’elle disposait d'une valeur architecturale certaine, sans toutefois en savoir davantage...

J'avais bien vite découvert que cette chapelle est située en Espagne, dans la Communauté valencienne, une des dix-sept communautés autonomes d'Espagne (Comunidad autónoma), dont le castillan, langue nationale, est la langue principale. Elle porte le nom aussi long que charmant de "Ermita de la Nuestra Señora de la Huerta de Ademuz" ou encore "Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz". Dès le premier regard, ses proportions inhabituelles m'avaient surpris et séduit. 

Regardez ce large porche d'entrée et cette toiture supportée par deux colonnes : ne sont-elles pas étonnantes, disproportionnées même, comparées à l'ensemble de la bâtisse, à la petite et vieille porte en bois surmontée d’un majestueux demi-arc de cercle sur lequel quelques inscriptions sont encore visibles ?

 

          
 
La courbe de cette toiture qui semble s'affaisser me surprend tout autant...  Est-elle délibérée, ou au contraire la conséquence des outrages du temps ? 
Et j'aime beaucoup ces vieilles tuiles romaines antiques, qui me rappellent celles, souvent observées, de ces régions du sud souvent visitées, comme la Provence, la Toscane ou l'Ombrie...
Quel bonheur aussi de représenter tous les détails de la maçonnerie, ces tuiles savamment posées l'une sur l'autre, et cette porte étonnante...
 
                             
 
 
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MARDI 5 AVRIL 2016
 
Ce clocher aux cloches envolées, dominant à peine le portail d'entrée, je le trouve tout simplement ravissant.  On y aperçoit, creusés dans la pierre, leurs trous d'ancrage et des traces circulaires, sans doute le souvenir du régulier frottement de l'une d'entre elles. Sous ce clocher au côté droit du parvis de l'Ermita, les murs de pierre bien conservés, restaurés même, attestent de récents efforts de rénovation. 
 
          
 
Par contre, le mur du côté gauche recouvert de ciment en décrépitude attend probablement une bienvenue rénovation. Quant au dôme bombé à quatre faces, il est tout simplement... magnifique !
 
            
 
Cet autre dôme moins bombé et plus pointu, à droite et à l'arrière de la chapelle, rend à mes yeux l'ensemble architectural plus beau.  Je me demande à quelle partie de la chapelle il correspond ?  En observant attentivement la photo proposée en début d'article, j'ai l'impression que le chœur est construit sous l'autre dôme...
 
               

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JEUDI 7 AVRIL 2016

Vous souvenez-vous de ces quelques mots du début d'article "Je pressentais qu’elle disposait d'une valeur architecturale certaine" : vous imaginez certainement mon envie de découvrir l'origine et la valeur historique de cette Ermita !

D'emblée, lors de mes premières recherches, je suis confronté à une difficulté majeure : je ne récolte que peu de renseignements rédigés en langue française. Les sites rencontrés sont écrits en castillan (la langue officielle espagnole) ou parfois catalan : trop tard pour apprendre ces langues ! La fonction de traduction automatique disponible sur Google n'est pas toujours suffisamment performante pour oser entièrement s'y fier...  Alors, je me débrouille en parallèle avec un site de traduction en ligne et - puisque les langues que je compare sont chacune romanes - avec une bonne dose de réflexion et d'analyse des mots et phrases...

                                                    

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Un an plus tard, dans mon précédent blog, je présente le dessin.  Arrivé à cette étape de son avancement et de l'article qui l'accompagne, un commentaire inattendu, extraordinaire - signé Isabel López - s'affiche sur mon écran à la suite de l'article.  Je le reproduis tel quel ci-dessous...

Un hasard, je viens d'ouvrir votre blog, j'ai vu vos dessins et qu'est ce que je vois? La ermita de la Virgen de la Huerta, à 4 Km. du village oú j'habite. C'est pas fou??
Comme vous pourrez voir dans la wikipedia, cette église est située à "el Rincón de Ademuz", région naturel (comarque) dans la province de Valencia. Le vrai nom est en castellano "Nuestra Señora de la Huerta" ou "Virgen de la Huerta", parce que nous sommes castellanophones. Nous sommes trés proches a l'autonomie d'Aragón, à 30 Km. de Teruel, un enclave de Valencia entre les provinces de Teruel et Cuenca. Une sorte d'île, administrativement, parce que la culture ne connais pas les frontiéres. Avec la surprise j'oublié de vous dire que vos dessins sont trés beaux, merveilleux, je vous admire et félicite. Je vais vous envoyer des photos de nôtre region, si pauvre, si perdue, si belle et presque vide, il ne reste que la Nature, quelques vieux et très peux d'idéalistes. Je vais suivre la suite de votre travail. Saludos et vive le hasard !!!
Isabel López

Voici les links :
http://es.wikipedia.org/wiki/Ermita_de_Nuestra_Se%C3%B1or...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ademuz

J'écarquille les yeux : une dame a donc découvert, par un heureux hasard, mon dessin de cette chapelle qu'elle connaît très bien, puisqu'elle habite à proximité, à quatre kilomètres précisément ! Je lis et relis le reste du commentaire. Tout en me communiquant quelques renseignements géographiques fort intéressants, elle m'apporte d'emblée les précisions nécessaires qui me permettent de dénommer parfaitement cette Ermita. 

Ce serait passionnant, si elle acceptait de m'aider pour améliorer la suite de l'article !

                     

 

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SAMEDI 9 AVRIL 2016

Une passionnante collaboration permet la préparation de la suite de l'article, supervisée, critiquée, précisée, corrigée puis amendée par Isabel.  Un plaisir pour elle, si j'en juge par ses compétences : à ce moment en 2009, elle est responsable d'une ADL (agence de développement locale), ainsi que du Centre internet et du Point Info Tourisme du village. Je suis heureux de vous présenter le fruit de cette passionnante collaboration.

Que signifie ce nom Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz ?

De découverte en découverte, d'explication en explication, je découvre que cet édifice religieux est aussi appelé, dans certains documents écrits en catalan, Ermita de la Mare de Déu de l'Horta d'Ademús. La Mare de Déu se traduit aisément, vous l'aviez imaginé, par la Mère de Dieu. On lit encore en castillan Ermita de Nostra Señora c’est-à-dire l’ermitage de Notre-Dame. Ces dénominations varient donc en fonction de la langue. 

Une ermita signifie un ermitage : une simple chapelle, généralement exiguë, isolée dans la campagne, retirée loin des autres habitations et permettant une retraite pieuse et spirituelle.

Voici un cliché de l'Ermita pris à la fin du XIXe siècle, témoignant de son environnement de l'époque. Elle possède clairement les caractéristiques évoquées. Les plus attentifs auront observé que la porte d'entrée est obstruée par un tas de bois peut-être, ou plutôt un buisson ? Cette chapelle paraît abandonnée, comparée à la photo plus récente qui a servi de modèle à mon dessin.

Une Huerta est une zone agricole partagée en portions de terrain où l'on cultive fruits et légumes. De nombreux paysans en vivent ; les parcelles sont rentabilisées au mieux. Ces productions reposent également sur une bonne irrigation, climat oblige, très réglementée à cause des insuffisances en eau en certaines périodes.

La Huerta de Ademuz (horta en catalan, huerta en castillan) est une comarque espagnole de la Province de Valence. Qu’est-ce qu’une comarque ?  Ce terme "comarca" utilisé dans la péninsule ibérique (et en France avec les "comarques" dans les Pyrénées-Orientales) pourrait se traduire par contrée : il correspond plus ou moins à la notion de pays ou de région naturelle en France.

 

Une parenthèse historico-géographique s'impose. Depuis 1833, L’Espagne est partagée en 50 provinces qui forment l'essentiel de son territoire. Ces provinces, avant la Constitution espagnole de 1978, n'avaient pas de pouvoir, l'Etat étant centralisé. Depuis 1978, l'Espagne est décentralisée et structurée en 17 communautés autonomes, chacune composée d'une ou plusieurs provinces. La Constitution établit quels sont les pouvoirs respectifs de ces communautés (qui jouissent d'une assez large autonomie), selon qu'elles appartiennent essentiellement à l'Etat ou qu'elles soient partagées.

"Rincón de Ademuz" est une comarque de la Province de Valence située dans la Communauté valencienne - une des 17 communautés, Ademuz étant son centre administratif - qui reconnaît deux langues officielles, le castillan et le valencien, mais pas le catalan. Même si la plupart des mots sont identiques dans ces deux dernières langues citées, à Valence on parle le  "valencià" (en valencien) ou "valenciano" (en castillan). Dans la région de Rincón de Ademuz, 100 km à la ronde, le valencien n'est pas pratiqué, bien qu'il soit enseigné à l'école et que ce soit la langue officielle prônée par le gouvernement autonome. On y parle le castillan.

 
LES 50 PROVINCES
 
 

L’Espagne comprend 50 provinces qui forment l'essentiel de son territoire.

 

 

 

 

Ci-contre, la carte de ces provinces, avec la minuscule enclave "Rincón de Ademuz" appartenant à la Province de Valence, indiquée par des flèches sur la carte ci-dessous.

 LES 17 COMMUNAUTES

La comarque "Rincón de Ademuz" est séparée de son territoire principal et enclavée entre Castille la Manche et Aragon, deux autres communautés espagnoles.  La langue parlée est majoritairement le castillan.



 
 

L' "Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz" appartient donc à la Communauté valencienne dans laquelle la langue principale, parlée par 74% de la population, est le castillan.
              

Avant de vous quitter ce jour, je voudrais encore vous présenter deux étonnantes photos, glanées sur l'Internet, de l'Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz : je m'aperçois que je ne suis pas le seul à avoir eu un "coup de foudre"pour cette superbe autant qu'étrange Ermita !

photo by Tony Duarte (Flickr)

 

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photo by Rosa Dia Del Camp (Flickr)

 

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LUNDI 11 AVRIL 2016

Cet édifice médiéval du XIVe siècle, construit selon les caractéristiques propres au siècle précédent et en partie transformé ultérieurement, est considéré comme un joyau du patrimoine artistique de Valence. Selon la tradition, c’est Jacques Ier dit le Conquérant (en castillan : Jaime I El Conquistador), né à Montpellier(1208-1276), qui fit ériger la chapelle initiale au cours de son règne. Sa situation privilégiée sur les rives de la rivière Túria et le long d’une ancienne voie de communication va progressivement faire de ce lieu un sanctuaire d’une grande popularité.

Il ne me reste plus qu'à pousser le portail d'entrée : l'intérieur, paraît-il, n'est pas dépourvu d'intérêt. Je ne suis pas déçu : que de découvertes...

 

                                                    

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Isabel m'a envoyé une série de photos personnelles accompagnées d'explications écrites : plusieurs vues sous différents angles, gros plan sur le portail, dépassements de tuiles, divers détails de façade, et aussi, cerise sur le gâteau, clichés multiples pris à l'intérieur de l'édifice.

Cette Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz me passionne depuis que je l'ai découverte, vous l'aurez compris si vous suivez cet article que je lui consacre. En début d'article, j'avais écrit : "Regardez ce large parvis supporté par deux colonnes de pierre. N'est-il pas étonnant, disproportionné par rapport à la petite et vieille porte en bois surmontée d’un majestueux demi-arc de cercle sur lequel quelques inscriptions sont encore visibles..."

Regardez, apercevez-vous ces lettres en partie disparues ?

Vous êtes un peu loin, n'est-ce pas.  Approchez-vous... un peu plus encore...

Cette porte d’entrée de tradition romane est protégée par un portique soutenu par deux larges colonnes toscanes.  Elle offre à notre vue ce détail très intéressant, l'inscription qui nous occupe ce jour, en partie effacée au cours du temps, d’une phrase du Coran (psaume V,8) traduite en caractères hébraïques. Voici sa traduction en catalan suivie de la traduction française.

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Mes jo, per l'abundància de la teva gràcia, entraré a casa teva,

em postraré en el teu Temple Sant, en el teu amor.

Image du Blog ypjane.centerblog.netMais moi, par l'abondance de ta Grâce, j'entrerai dans ta maison

et je me prosternerai dans ton Temple Saint, dans ton amour.

Image du Blog ypjane.centerblog.net

Image du Blog ypjane.centerblog.net

 

MERCREDI 13 AVRIL 2016

Parmi les photos qu'Isabel m'a envoyées, accompagnées de commentaires et explications, j'ai choisi de vous montrer celle de la porte d'entrée vue de face, avec ces inscriptions en partie encore  intactes : Isabel nous a ouvert l'un des battants pour notre visite guidée...

© Concha Tormo

 

   
Entrons dans cette "Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz". Découvrons l'intérieur de cet étonnant édifice moyenâgeux.
La lecture d'extraits du livre "Ademuz y su patrimonio histórico-artístico" écrit par Raúl Eslava Blasca, proposé en format PDF sur internet, nous a permis de préparer la visite guidée qui suit...

     
Sans conteste, cette Ermita de Ademuz est, parmi les œuvres architecturales qui ont survécu au fil des siècles dans ces terres du nord-est de l’Espagne, celle qui brille le plus par sa singularité et son état surprenant de conservation, bien qu’elle fut longtemps négligée au cours des siècles précédents. De facture romane, c’est le bijou le plus remarquable du patrimoine artistique de la Communauté valencienne et un bâtiment d’une grande valeur, historique par ses origines du Moyen Âge d’une part, religieuse et sentimentale d’autre part grâce à l’attrait qu’elle inspire aux touristes et pèlerins qui la visitent et y prient. 

Malgré cette importance, l'édifice était pourtant peu étudié par les historiens de l’art jusqu’en 1996. Depuis, heureusement, le niveau des connaissances de la richesse historique du bâtiment a sensiblement été accru par les recherches de Raúl Eslava Blasco et d'utiles restaurations ont été effectuées.
 
Cette ermita répond à un modèle de typologie architecturale bien défini appelé "iglesias de conquista", que l’on pourrait traduire par "église de conquête" (destinée à développer le culte du christianisme dans les nouvelles terres conquises par l'Islam).
Construite à l’origine sur un plan rectangulaire, elle bénéficie d’une toiture en bois, reposant sur six arcs gothiques disposés longitudinalement et sur des piliers massifs, créant ainsi une nef centrale deux fois plus large que les deux latérales ; on peut aussi y admirer un jubé et un chœur avec balustrades en bois.
             

 
     
         
   

 
Cette construction originale du XIIIe siècle a donc subi, tout au long de son histoire, divers agrandissements, en accord avec les nouvelles modes et les goûts architecturaux des époques qui ont suivi sa conception. Ainsi, deux chapelles collatérales au sanctuaire ont été ajoutées fin du XVIe siècle et redécorées au siècle suivant.
 
J'aime beaucoup cette charmante coupole octogonale ornée d'une décoration picturale certes endommagée, mais digne d'intérêt : très lumineuse, construite sur pechina*, elle est le résultat d'un agrandissement profond du sanctuaire en pleine époque baroque et terminé en 1673.
* pechina

("una pechina", c’est un triangle curvilinéaire, soutenant une coupole

et permettant de passer d’un plan carré à un autre circulaire.)

 

La chapelle St-Antoine de Padoue (Sant Antoni de Pàdua) (1673), adossée au mur sud de la  construction initiale, a constitué le dernier ajout à l'ermitage médiéval. 

Bien qu'elle ait été
érigée au XVIIe siècle, elle reproduit en grande partie la conception spatiale du sanctuaire puisque son plan est similaire et se compose également d'une coupole sur pechina.
         

Cette chapelle est bien visible sur la photo ci-dessous, à droite et à l’arrière de l’Ermita, qui me permet de trouver l’explication de ce dôme pointu mais légèrement bombé situé du côté droit et qui m’intriguait lorsque je le dessinai.
 
 
                  

 

 

A l’intérieur de l’Ermita, des pilastres d'ordre corinthien soutiennent des décorations picturales de moindre qualité, avec des motifs floraux, de vases blancs ou d’angelots sur un fond rose.

Datant pour la plupart du XIXe siècle, ces frises furent peintes dans le style élisabéthain, tout comme ces rubans rouges et les encadrements floraux sur les espaces plats sous la coupole et les mur
s.

 
     
 
     
 

Il reste cependant quelques fragments de peintures originales, possiblement médiévales, qui affleurent au-dessous des plafonnages décoratifs modernes et permettent aux experts de bien évaluer la construction comme étant d'époque romane.

   
 

 
La visite vous plaît-elle ?  Je vous invite, dès ce vendredi 15 avril, à la poursuivre, avec la présentation d'autres richesses artistiques de cette Ermita.
 
Image du Blog ypjane.centerblog.net

VENDREDI 15 AVRIL 2016

Poursuivre cette visite..., disais-je il y a deux jours ; et l'achever, bientôt !
 
Mes lectures m'ont aussi appris que cette chapelle abritait sous son toit un grand et magnifique retable du XVIIe siècle nommé  "Retable de Saint Jean Baptiste" (Retablo de San Juan Bautista). Ce chef-d’œuvre aurait été réalisé en 1681 et est malheureusement introuvable depuis 1930. Il n'en subsiste que des photos...
 
A l'origine simple meuble de bois ou de pierre dont la fonction semblait surtout utilitaire (en quelque sorte, des gradins destinés à recevoir des objets liturgiques), un retable est une construction verticale, en arrière de la table d'autel, portant des décors sculptés ou peints et ayant plutôt une dimension décorative liée à la fonction religieuse.
Si on le rencontre
à partir du Moyen Âge, c'est aux 17e et 18e siècles qu'il prend de l'importance, en devenant une véritable œuvre d'art. Son iconographie évoque essentiellement la vie du Christ, de la Vierge et des Saints.
 
 
Retablo de San Juan Bautista. Círculo del Maestro de Perea. Ermita de Nuestra Señora de la Huerta. Ademuz.

Photo :  Arxiu Mas, 1932

Le "Retable de Saint Jean Baptiste" n'échappe pas à la tradition et présente parmi d'autres sujets l’Annonciation de l’Archange Gabriel, Saint Jean l’Évangéliste, la Vierge des Douleurs, Sainte Barbara, Sainte Lucie, etc. Il semble qu'à l'époque des quatre prises de vue que je vous en propose, le curé de la localité ait décidé de déplacer retable, peintures et autres objets de valeur, de l'ermita moyenâgeuse à l'église paroissiale. Depuis, toute trace de cette œuvre a disparu.
 
 

"San Miguel"

Photo : Arxiu Mas, 1932

     

  

"Virgen de la Humildad"

Dios Padre y Anunciación en los guardapolvos.

Photo : Arxiu Mas, 1932

 



"San Sebastián"

Photo : Arxiu Mas, 1932


Pour le plus grand bonheur des historiens, l’Ermita abrite encore sous son toit deux autres œuvres artistiques historiquement intéressantes. 

La chapelle a conservé jusqu’à nos jours une peinture sur bois de "la Vierge au Lait", un tableau de l'école valencienne du XVe siècle attribué à Reixach. Je ne puis malheureusement vous en montrer une photo. 

Par contre, l'on peut encore admirer ici-contre, peinte sur un pilastre, l’effigie de Marie Madeleine (La figura de María Magdalena).
                                            
 
Déjà, depuis quelques décennies, quelques fragments de cette peinture murale restaient apparents et laissaient présager d’une œuvre d’origine ancienne, qui fut par la suite révélée par des méthodes peu orthodoxes, à coups de marteau égriseur, au temps de la construction de l' (horrible) institut d'enseignement secondaire limitrophe.
 


 
Peut-être animé par la découverte, l'auteur anonyme de cette maladroite restauration a ensuite essayé d'enlever la couche de plâtre à base de gypse présente à divers endroits des arcs gothiques, avec l'envie évidente de trouver de nouvelles peintures.

Cette intervention agressive a certes abîmé certaines œuvres picturales anciennes. Cependant, comme il n'existe pas mal qui par bien ne finisse, l'action a mis en évidence qu'une série de peintures murales ornaient - par le passé - l'Ermita, quelques fragments de ces  décorations étant déjà devinés dans certaines zones ; ces peintures, nous le verrons plus loin, sont aujourd'hui considérées de grande valeur, à cause de leur caractère ancien et parce qu’elles comptent parmi les exemples  - peu abondants en ce domaine - conservés dans la Communauté valencienne.

    
   
    
Cette effigie de la première moitié du XVe siècle a fait l'objet d'une minutieuse restauration. Peinte sur un fond pâle gris bleuté, elle se trouve encadrée dans sa partie supérieure par une fine décoration crénelée dans des tons vivants orangés et ocre : une architecture succincte en manière de dais, qui évoque le lieu  d'origine de la sainte représentée, Magdala, ville fortifiée de Galilée avec à cette époque vingt mille habitants. Enfin, aucun doute n’est possible quant à l’attribution de cette effigie à Marie Madeleine, car  la composition picturale reste couronnée d'une inscription en lettres gothiques noires...

Une Madeleine

De forme élancée, parée d’une tunique d’un rouge criard, estampée de motifs floraux blancs, elle présente un beau visage ovale entouré de très longs cheveux blonds qui se prolongent des deux côtés du corps jusqu’à hauteur des genoux. Un fin collier de perles rouges et noires enserre le cou : avec les vêtements riches et la longue chevelure, il symbolise la vanité mondaine et se présente comme un témoin de sa vie passée dissolue.

À la main droite, elle exhibe son attribut le plus caractéristique : le flacon d'onguents destinés à laver les pieds de Jésus ou son corps après sa crucifixion. Remarquons le nimbe qui entoure sa tête, indicateur indubitable de sa sainteté.


     

Avant de nous séparer bientôt, je voudrais encore, chère visiteuse, cher visiteur, attirer votre attention sur les tuiles qui recouvrent l'Ermita. Veuillez me suivre à l'extérieur. Regardez : patinées par le temps, elles sont de couleur ocre clair, rosée ou grise, pour se fondre dans le paysage environnant. Ce sont ces tuiles canal dont je vous parlais avec admiration en début d'article...

 

            
 
       

On les nomme aussi "romaines" ou encore "arabes", car elles sont venues du Proche-Orient par la route de la soie - apportées par les Grecs et les Romains - et doivent leur forme à la technique du potier. Moulées directement sur la cuisse, elles sont incurvées, étroites vers le genou et plus larges vers l'aine. Cette forme leur permet d'être utilisées d'un côté ou de l'autre. L'assemblage des tuiles canal est simple : Il est fait sur voligeage horizontal, c’est-à-dire la pose d'un fin plancher latté sur lequel elles sont attachées. L'imbrication des tuiles de couverture dos au ciel, par-dessus celles d'écoulement, dos au toit, et leur  orientation côté large vers le bas, ainsi que leur superposition et alignement en tête-bêche, garantissent une isolation et une étanchéité efficaces contre tous les temps au fil des saisons. Du mortier ou quelques pierres les fixent par la partie supérieure pour résister aux vents ravageurs. Ainsi l'eau qui ruisselle sur le dos des tuiles de dessus et réussit tout de même à s'infiltrer est recueillie par le canal que constituent celles de dessous.

 
J'espère avoir été à la hauteur de la réputation de mon édifice "coup de coeur" ! L’ermitage de Notre Dame de l’Horta, ce joyau de l’architecture valencienne, constitue donc un résumé de styles artistiques, en vertu des agrandissements successifs réalisés pendant son histoire et des œuvres qu'elle contient ou a contenus. Je suis ému, pas peu fier même (veuillez excusez ce sentiment qui pourrait paraître, à tort, présomptueux), d’avoir pu la dessiner et  partager avec vous  toutes ces découvertes.

L'article n'est pourtant pas achevé, comme je l'annonçais au début de mon intervention de ce jour.  L'article, ou plutôt le dessin, incomplet...  En le comparant avec la photo, vous remarquerez peut-être une étrange différence...

 
    
 
SAMEDI 16 AVRIL 2016 
 
Il manque, un effet, un élément architectural important.  Concentrez votre regard sur les deux dômes à pans... Si celui de gauche, bombé, ne présente aucune anomalie, celui de droite, pointu, est inachevé: j'ai malencontreusement oublié d'en dessiner l'un des pans !
 
 
Cette erreur rectifiée, je vous présente à présent le dessin achevé !
(tout en vous donnant rendez-vous, pour le prochain dessin, à la fin du mois de mai)
 

 

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prochaine publication de dessin

à la fin du mois de mai
 
  de
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