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Complément d'article : "Loro Piana et le Baby Cashmere de Mongolie"

 Complément à l'article "le succès du Baby Cachemire : une menace ?

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L'on peut regarder un pull en cachemire - à l’endroit - et admirer la plus douce des laines au monde, élaborée avec la plus fine et longue toison qui soit, celle de ces si belles chèvres gambadant dans un splendide et vaste paysage lointain, cajolées par de souriants nomades aux yeux bridés... Quelques coups de peigne et le miracle se produit alors : un pull en cachemire !

L'on peut aussi Regarder un pull en cachemire - à l’envers - et déplorer un élevage intensif de 40 millions de chèvres, un équilibre ancestral brisé dans la répartition des espèces, une crise de surpâturage entraînant des problèmes inquiétants de désertification, une population d’éleveurs en souffrance. J’ai même lu, et j’ai peine à le croire, qu’en Chine, certaines chèvres subiraient des courants d’air glacé afin que leur laine pousse plus vite.  Mais, sans doute, cela est probablement bien réel.  Ce qui est sûr, alors, c'est que la "toison d'or" ou "fibre d'or" fait tout d'un coup moins chic.  Ne trouvez-vous pas ?

La famille italienne Loro Piana entreprend chaque année le voyage entre Pékin et Oulan Bator pour se rendre dans les régions où sont élevées les chèvres cachemire.  Là, elle rencontre les bergers personnellement, conduit les négociations tout en respectant les traditions rituelles ancestrales et repart avec entre les mains son précieux trésor.  Depuis 1995, cette obstination créative a permis à Loro Piana de convaincre les éleveurs de leur mettre de côté, à chaque seul et unique "peignage", de petites quantités, près de 30 grammes net, de Baby Cashmere®.     C'est depuis 2007 une marque déposée en Italie et dans le monde.


Lisez, regardez l'histoire de ces voyages à la quête du Baby Cashmere de Mongolie !

Libre à chacun de Regarder cet article - dont je n'en suis pas l'auteur - à sa manière !

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Au printemps, les bergers mongols peignent leurs chèvres et vendent le précieux cachemire ainsi recueilli aux marchands du monde entier.  Depuis peu, ils réservent à Loro Piana quelque chose de très précieux : le cachemire de leurs chevreaux.

 

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Une colonne de camions avance péniblement à travers les plaines de Mongolie.  Ils sont partis de la capitale, Oulan-Bator.  Au fil de la semaine, le paysage va changer : vert et fertile le long des rives de l'Orkhon, désertique et montagneux autour du Grand Lac Blanc, puis, à nouveau, monotone à la limite du désert de Gobi.

Ce sont les premières images belles à couper le souffle du livre de photos que Loro Piana a fait réaliser sur leur voyage annuel dans les coins les plus reculés de Mongolie.

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BABY CASHMERE   "THE LONG JOURNEY OF EXCELLENCE"

 

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Tous les ans, au printemps, une délégation de la maison de luxe italienne Loro Piana entreprend ce voyage en Mongolie pour en revenir avec la plus précieuse des matières : le Baby Cashmere, le nec plus ultra du cachemire.


Tradition familiale

Il faut s'appeler Sergio et Pier Luigi Loro Piana pour avoir eu cette idée.  Depuis six générations déjà, les Loro Piana sont des marchands de laine.  Les deux frères ont repris l'entreprise familiale dans les années septante, et se succèdent au poste de directeur tous les trois ans.  Améliorer constamment la qualité de la laine est une tradition familiale.  « La laine et les tissus fins étaient nos jouets d'enfant », explique Pier Luigi Loro Piana, actuel CEO.  « Notre père, Franco, était passionné par son métier.  Il nous a transmis sa vision : travailler dur pour obtenir la qualité la plus élevée, et la diffuser dans le monde entier à une clientèle triée sur le volet.  Le Baby Cashmere constitue une nouvelle étape dans notre quête. »  Le duvet que les bergers mongoliens tirent du pelage de leurs chevreaux en les peignant pendant la mue naturelle est la qualité la plus fine au monde.  Les poils de cachemire mesurent généralement 15 microns (le millième d'un millimètre) d'épaisseur environ, et celui des chèvres de moins d'un an, à peine 13 microns.  Un chevreau fournit 30 grammes de laine seulement, contre 100 à 250 pour un adulte.  Pour faire un pull-over, il faut la laine de 19 chevreaux et, pour un manteau, celle de 58.

«Aucune autre matière n'est aussi légère, aussi douce et aussi thermorégulatrice que le Baby Cashmere», affirme avec enthousiasme Pier Luigi Loro Piana. « Comme le chevreau, il s'adapte : chaud en hiver et frais en été.  Quand on s'offre une pièce en Baby Cashmere, on s'offre ce qu'il y a de plus précieux. »

 

Voyage d'affaires au long cours

Les voyages en Mongolie sont plus que de simples voyages d'affaires pour les frères Loro Piana, surtout depuis qu'ils vont y chercher du Baby Cashmere.  « Chaque voyage est une histoire. De ces terres peu fréquentées, nous revenons avec la laine la plus fine, mais aussi des images, des anecdotes et de nouvelles expériences, et tous ces souvenirs sont chers à notre coeur. », écrivent-ils dans la préface de leur livre, Baby Cashmere,the long journey of excellence.

Au printemps, un convoi quitte le quartier général de Loro Piana à Oulan-Bator.  Pendant 5 jours, les camions mettent le cap au nord du pays, où broutent les chèvres des nomades.  Ce sont des chèvres Hircus, des animaux qui vivent en Asie centrale depuis plus de 10 000 ans. Les chèvres Hircus sont très robustes : elles survivent avec très peu d'eau et de nourriture, et leur laine les protège des éléments naturels. Lorsque les camions arrivent, les bergers ont déjà dressé leurs tentes sur le lieu de rendez-vous. Le comptoir temporaire de Loro Piana a également été installé, sous la surveillance de Deli Buyandelger, leur directeur des achats sur place.  Les transactions peuvent commencer.  « Chaque voyage est fatigant, mais tellement gratifiant ! » commente Pier Luigi Lora Piana.  « En quelques jours, les nomades vendent le travail de toute une année.  Nous sommes au début d’un nouveau processus de production ».

 

Langage secret

Nyamaa Dondog regarde droit dans l'objectif.  Elle a dix enfants.  L'un de ses fils, Ganbaatar, est depuis des années un contact commercial apprécié de Loro Piana. 

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En continuant à feuilleter le livre, on voit Dell Buyandelger manipuler des sacs pleins de laine.  Elle est à la tête des achats via la fondation Loro Piana Oulan-Bator, en 1997 - la première entreprise en Mongolie à avoir été intégralement financée par des capitaux européens.  Les négociations proprement dites ne figurent pas sur les photos, mais dans leur description: «il faut prendre le temps, aborder les choses avec lenteur.  Ce n'est qu'après avoir entretenu un dialogue aimable et andin que la famille présente son stock de laine.  Alors, l’acheteur peut commencer à négocier le prix. Tout ceci se déroule dans le silence le plus total.  Les négociations sont basées sur des gestes précis.  C’est un langage secret ancien, connu des seuls initiés. »

De par leur position privilégiée, Loro Piana a pu convaincre les Mongols de leur réserver du Baby Cashmere. « Les nomades sont de grands négociateurs.  Les relations et la confiance se bâtissent au fil des ans. Sans ce lien, il est très difficile d'acheter du cachemire. C'est en donnant du temps au temps que les dlifficultés s'aplanissent. » Ce n'est qu'après avoir bâti pendant dix ans des relations commerciales solides que Loro Piana a estimé qu’il était temps de leur faire une quête spéciale. Les bergers mongols mélangent l’ensemble de leur production, sans différence entre la laine de chevreau et de chèvre. Loro Piana convoitait le Baby Cashmere.  Voulaient-ils le leur réserver ? « Au début, les nomades n'en voyaient pas l’utilité » explique Pier Luigi Loro Piana. « Ce n'était pas l’habitude.  En plus il y en avait tellement peu qu'ils n'ont pas cru tout de suite que nous étions intéressés. Les convaincre nous a pris beaucoup de temps, mais cela en valait la peine. »

 

Une autre vie

Pier Luigi affirme que, depuis son enfance, il n'a jamais rêvé d’une autre vie : « Je vais en Mongolie et en Chine pour le cachemire, au Pérou pour la vigogne, en Australie et en Nouvelle-Zélande pour le mérinos.  Pourquoi rêverais-je d'une autre vie ? La première fois que je suis allé en Mongolie, dans les années 80, c'était notre premier voyage sur place, tout était encore nouveau, nous devions tout construire à partir de zéro.  Je me souviens encore à quel point j'ai été impressionné par le lien qui unit les nomades à la nature. C'est un peuple fier mais doux.  Ils sont accueillants, ils attachent une grande importance aux traditions et ils ont une capacité d’adaptation incroyable. J'y retourne pratiquement tous les ans au printemps. » Les camions de Loro Piana roulent dans les pas des chameaux de Marco Polo. Tous deux sont des Italiens qui voyagent en Extrême-Orient pour y négocier des produits merveilleux, mais pas sur la Route de la Soie : sur la Route du Cachemire. Pier Luigi Loro Piana conclut :  « Nous comparer à Marco Polo, c'est exagéré ! Nous avons certainement en commun la propension à voyager dans les endroits les plus reculés et à vivre des aventures fascinantes, découvrir des paysages stupéfiants et rencontrer des gens extraordinaires. »


Article paru dans SABATO, le magazine du week-end de L'ECHO (27 mars 2010)

crédit photos : B.Rotunno/Loro Piana/DRa/DR

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"Le succès du Baby Cashmere : une menace ?"

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Écrit par Jean-Claude VINCENT Lien permanent | Commentaires (6)

Commentaires

La photo du petit qui tient le chevreau dans ses bras est superbe aussi! Mais je suppose que tu as préféré réaliser la peau ridée, un beau défi technique.
(pourquoi suis-je la seule à écrire un commentaire? que sont devenus les autres?)

Écrit par : christiana | 27 février 2013

Je l’écrivais il y a quelques jours à Tifet : « (...) Avec à la clé un double défi à relever : faire ressortir avec mes mines l’étonnant contraste entre ce chevreau attendrissant et ce visage ridé (...) »

(les autres vont bien, sois rassurée : ils ont apprécié la photo et mon dessin sur la "note" de départ offrant un lien vers cette "page".)

Écrit par : Jean-Claude | 28 février 2013

Quel beau dessin vous en avez tiré !
Sinon, en ce qui concerne le "succès du baby cashmere", ce qui me frappe, c'est ce mélange bizarre de l'industrie du luxe, artificielle par essence, et de la plus pure beauté naturelle. Je ne sais qu'en dire.

Écrit par : Carole Chollet | 03 mars 2013

... par les émotions qu’elles dévoilent, la beauté des rides me passionne : un visage ridé est le plus beau des paysages, toujours en évolution ! ...

... Le "succès du baby cashmere" ? J’en dirais que la crise interminable n’empêche pas pour autant trop de gens sans honte ni vergogne de préférer encore le futile à l’utile, sans se soucier des Humains en péril...

Écrit par : Jean-Claude | 04 mars 2013

superbe dessin, superbe histoire, bravo à vous, je suis émue

Écrit par : charline bartraba | 27 mai 2014

Lorsque l'on me dit, m'écrit, se sentir ému(e) par un de mes dessins, c'est à chaque fois, pour moi, le sentiment d'avoir atteint mon but... Merci pour cet élogieux commentaire...

Écrit par : Jean-Claude | 28 mai 2014

Les commentaires sont fermés.