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14 juillet 2013

Rides d'une paysanne ... rides du Sertão !

 

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Les mêmes rides creusent le sol stérile

et le visage des paysannes du Sertão.

Là-bas, paysans et paysages se façonnent mutuellement

jusqu'à se ressembler.

jusqu'à mêler leur sève et leur sang, jusqu'à creuser les mêmes dessins

dans la peau des pauvres et la croûte du sol. 

2782278622.jpgDans les campagnes oubliées du Ceará,

la dignité et la misère sont des compagnes inséparables. 

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Chaque jour, c’est la même impitoyable lutte pour la vie,

alors que des sécheresses assassines

brûlent les cultures, déciment les troupeaux, dans une chaleur infernale.

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Dans le Nordeste brésilien, le Ceará est un milieu semi-aride : le climat, caractérisé par une courte saison humide - 3 ou 4 mois par an, de février à mai, sous une température moyenne de  25° - ne bénéficie d’aucune précipitation le reste de l’année, une chaleur caniculaire de 45° régnant même dans certaines contrées du Sertão. Les régions littorales jouissent par contre d’un climat moins torride avec température et humidité plus favorables au tourisme : ces côtes sont célèbres pour leurs superbes plages, réputées parmi les plus belles du monde - comme celles de Fortaleza - et en conséquence de moins en moins épargnées par le tourisme de masse,  leur attrait touristique étant accru par le faible coût de la vie, puisque le Ceará est l’État côtier le plus pauvre du Brésil.   

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Généralement lié à cette région du Ceará, le sens originel du mot Sertão se réfère à une zone éloignée des centres urbains ou aux arrière-pays et campagnes. 


Vous rappelez-vous ?  En 1980, Bernard Lavilliers chantait "Sertão".  

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« ... Pour te donner un avant-goût de vacances intelligentes.
Ceux qui vendent du soleil à tempérament,
Les cocotiers, les palaces, et le sable blanc,
Ne viendront jamais par ici.
Remarque, il paraît que voir les plus pauvres que soi, ça rassure.
Alors allez-y, ici tout le monde peut venir, ici il n'y a rien.
Un soleil ivre de rage tourne dans le ciel
Et dévore le paysage de terre et de sel. (...)

(...) Un éternel été émiette le Sertão.
Le temps s'est arrêté en plein midi. »

 

Le Sertão du Nordeste s'étend sur un million de kilomètres carrés et est décrit par les climatologues comme « le polygone de la sécheresse ».  Cette aridité catastrophique ne devrait pourtant pas être une fatalité, puisque dans le sous-sol existent des réserves d'eau infiltrées : bien que les différents gouvernements tentent de résoudre le problème en développant divers programmes d'irrigation visant principalement le développement économique de la région, ces réserves ne sont pas toutes exploitées et les points d'eau utilisables sont souvent trop éloignés des villages.

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L'élevage et l'agriculture sont, historiquement, les principales activités économiques du Sertão.  Au cours des dernières décennies, confrontés à divers cycles de sécheresses qui ont anéanti cultures et cheptels, les paysans sont à chaque fois obligés de quitter la région vers les villes côtières, pour y revenir, pour les plus courageux,  à la saison des pluies.

Ce dramatique problème a entraîné des vagues de migration vers les grands centres urbains (comme Fortaleza, la capitale de l'État), les migrants s'installant à la périphérie des centres villes, de façon souvent précaire, instable, illégale, dans l'insécurité : actuellement, la ville compte deux millions d'habitants dont le tiers vit dans des favelas.

 

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dessin signé en 1991, d'après une photo "Paris-Match"     

 

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Image du Blog ypjane.centerblog.net

 

13 juin 2013

La mendiante rwandaise - un dessin de 1987 !

  MISE A JOUR REGULIERE DE L'ARTICLE EN FIN DE NOTE

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jeudi 6 juin 2013

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La mendiante rwandaise - 1987 -

J'imaginais ne jamais pouvoir me séparer un jour de ce dessin de 1987 -mazette ! 26 ans déjà !-.  Cela me paraissait tellement difficile, presque impossible, tant je l'aime, ce portrait !

A tout le moins eût-il fallu que je sois tout à fait certain que cette « mendiante rwandaise » passe en de bonnes mains !

Tous ceux qui me connaissent bien et viennent chez moi la voyaient, la regardaient, l'admiraient si souvent.  Elle faisait en quelque sorte partie de la maison ; de la famille, oui.

Alors, quand, pour quelle raison, comment ai-je accepté de m’en séparer ? 

Et d'ailleurs, qui est-elle réellement ?  Une mendiante, vraiment ?  

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samedi 8 juin 2013


Respectez-la.  

Appuyée sur son bâton, cette vieille dame du Rwanda

 a dû endurer son lot de souffrances dans la vie.  


La première fois que je la vis, je suis resté sans voix 

devant ce visage buriné et ces rides profondes, 

devant cette peau sculptée par le soleil.  


Elle regarde je ne sais quoi, je ne sais où...  

Frêle en apparence ; solide, sans doute !  

Ne l'ennuyez pas, ne vous moquez pas d'elle...  

Dans son regard qui apparaît, on voit déjà qu'elle pourra se défendre...

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La photo (format 10 x 15) qui avait à l’époque inspiré mon dessin - je vous la montrerai - était l’œuvre du regretté Christian Grégoire, ancien curé à Theux, décédé en 2008.  Auparavant missionnaire chez les Pères Blancs au Rwanda, Il se dévouait pour l’orphelinat qu’il y avait créé tout autant que pour la population de Nyanza qu'il aimait et qui le lui rendait bien.

Ce portrait signé en 1987 était assurément le plus regardé, le plus apprécié – le plus « célèbre », oserai-je dire, n’ayons pas peur des mots ! – de mes dessins...

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 lundi 10 juin 2013

Cette vieille "mendiante du Rwanda" ne devait quitter que provisoirement les murs de ma maison, en mars 2011, afin d'être exposée au Centre Culturel de Theux parmi près de 80 de mes dessins.  C’est elle qui avait été le plus contemplée...  En l’accrochant aux cimaises, je n’avais tout d’abord pas l’intention de la vendre !  Puis, au dernier moment, à côté de son nom, j’avais ajouté un prix de vente, le plus élevé de tous les dessins exposés, pensant ainsi que personne ne l’achèterait !

J''ignorais tout de cette Dame.  Pourquoi n’avais-je jamais questionné l’abbé Grégoire, de son vivant ?  Je ne sais... Heureusement, un jour, à l’exposition, quelqu'un m'en parla...  

Ce visiteur theutois, très ému, m'expliqua qu'il était là, à côté du photographe, au moment où le cliché avait été pris ; ce jour-là, et d'autres jours encore, il avait rencontré cette vieille Dame car il avait accompagné l'abbé Grégoire lors d'un voyage vers cet orphelinat que ce prêtre avait dirigé quelques années auparavant.  En se remémorant cette rencontre et en me la racontant, il ajoutait :

"J'en tremble tant je la revois si réelle sur ton dessin : j'en ai la chair de poule".

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 jeudi 13 juin 2013

Voici les quelques phrases qu'il m'avait ensuite fait parvenir pour me raconter, à votre intention, ses souvenirs...

"Avec Christian Grégoire, nous retournons à Nyanza, petit village du Rwanda. Durant quelques années, auparavant, il y avait dirigé un home pour enfants orphelins ou abandonnés.

A peine arrivés, nous sommes accueillis par Mama Maria, cette brave octogénaire qui vit dans une case située à côté de l'orphelinat.  Connue et respectée de tous, la matriarche respire et communique la bonne humeur et l'enthousiasme malgré le poids des ans.  Son visage buriné traduit ses souffrances et le lourd labeur qu'elle a supportés durant toute sa vie.

La photo a été prise au moment où elle vient, en signe d'accueil, nous offrir quelques œufs ... sa seule richesse.

Vous vous doutez qu'un merci "financier" illumina son visage.  Nous nous doutions qu'avec cet argent, elle offrirait des petits cadeaux à quelques-uns de ses protégés.  Déjà, elle savourait le plaisir et la joie de rendre d'autres personnes heureuses."

J.L.

Je vous écrivais :

" J'imaginais ne jamais pouvoir me séparer un jour de ce dessin (...).  A tout le moins eût-il fallu que je sois tout à fait certain que cette « mendiante rwandaise » passe en de bonnes mains ! "

Pourtant, le prix proposé me paraissait élevé !  Mais je suis rassuré : je suis certain qu’il est en de bonnes mains !  Les meilleures qui soient : chez mes voisins !

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