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21 mai 2014

"ALI" : un dessin d'un vieil homme du Djebel Barkal dans le Nord-Soudan.

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- 28 x 35 cm -  février 2009 -

- Ali, un vieil homme de la tribu Shaygyiah -

- Djebel Barkal, Nord-Soudan -

 crédit photographique : flickr @ Vit Hassan


Chaque pays, de quel continent qu'il soit, compte une ou plusieurs merveilles naturelles devant lesquelles l’homme se sent petit, dérisoire, comme confronté à des puissances surnaturelles.  Le Djebel Barkal (que vous pourrez localiser sur la carte ci-dessous), l’un des sites majeurs du Soudan, l’un des plus spectaculaires, appartient, dit-on, à celles-là. 

 Ali, le vieil homme de mon dessin,

vit dans cette région grandiose du Nord-Soudan,

près d’une montagne sacrée que vous connaissez peut-être…

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Le Djebel Barkal, tout proche des bords du Nil (à environ deux km de la rive droite du fleuve), à une quinzaine de km en aval de la quatrième cataracte, est en réalité une très petite montagne, mais pourtant tellement impressionnante !  Sa forme très particulière lui fit donner par les anciens Egyptiens son nom, son image de « montagne pure », « montagne sainte » ou « montagne sacrée » : une grande table rocheuse d’environ 300 mètres par 250, dominant la vallée de 97 mètres, flanquée à l’est d’une aiguille de grès rose haute de 75 mètres, sorte de pilier au flanc de la façade.  Son isolement et la verticalité des pentes qui en défient l’ascension renforcent une étrange impression de solennité et entraînent un sentiment de crainte révérencielle.

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Ali vit dans cette région unique - la seule du Soudan à être classée dans la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO - de Djebel Barkal et des quatre autres sites archéologiques de culture napatéenne (de 900 à 270 avant J.-C.) et méroïtique (de 270 avant J.-C. à 350 après J.-C.) qui couvrent une région de plus de 60 km le long de la vallée du Nil.  Ces sites comprennent des vestiges de temples, de bâtiments d’habitation et de palais mais surtout des tombeaux avec et sans pyramide. Ces vestiges sont un éloquent témoignage d'une culture ancienne remarquable qui s’est épanouie en ces lieux au cours de l’Egypte ancienne.

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Ayant achevé la conquête de la Haute-Nubie, le pharaon Thoutmosis III étendit en effet - vers 1450 av. J.-C. - l’empire égyptien au sud jusqu’au Djebel Barkal et y fondit la ville de Napata, au pied de la célèbre colline. C’est à partir de son séjour que se développa le lien avec le dieu impérial Amon, adoré tout spécialement au pays de Koush sous sa forme criocéphale (à tête de bélier).  Napata devint en quelque sorte “la Karnak du Sud”, la montagne sacrée étant considérée comme la demeure d’Amon.

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Après plusieurs siècles d’occupation, la ville fut abandonnée par les Egyptiens au XIe siècle av. J.-C. et sur le territoire allant de Napata et Dongola s’établit une dynastie autonome nubienne ou plus exactement koushite, qui, aux alentours de 750 av. J.-C., défit les troupes d’occupation et conquit l’Egypte, alors en pleine anarchie. Cette dynastie koushite, dite à tort “éthiopienne”, forma la XXVe dynastie, dont “les Pharaons noirs” s’installèrent à Thèbes, la capitale de la Haute Egypte, et y régnèrent de 750 à 664 av. J.-C.


sources :

http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/le_djebel_barkal_et_le_te...

http://nubie-international.fr/accueil.php?a=page403010&am...

http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/1457980

http://whc.unesco.org/fr/list/1073

 http://www.ictam.com/site_pages_fr/-AFRIQUE/soudan2.html

  


Ah !

Ali, cet homme âgé au visage buriné par l'impitoyable soleil nord-soudanais, à la barbe blanche si soignée et au turban immaculé, a sans doute souvent contemplé la merveille des merveilles, le Djebel Barkal, son tertre primordial, les pyramides des derniers rois de Napata, le temple d’Amon avec tous les autres temples attenants ; car même ruinés, leur magie opère encore pour celui qui y est sensible.

 

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Pour cette raison, sans doute, j'ai tenté - sciemment - de redonner vivacité à ce regard qui me paraissait quelque peu triste ou désabusé !  J'ai tenté, une fois n'est pas coutume, de traduire mon sentiment plutôt que celui qu'un visage exprime par lui-même.  J'ai tenté de traduire par mes mines mon regard sur son regard...

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Publié dans VISAGES DU MONDE | Tags : ali, dessin vieil homme, djebel barkal, soudan, dessin rides | Lien permanent | Commentaires (4) |

28 novembre 2013

Ma perle d'Ethiopie...

 

DERNIERE MISE A JOUR EN BAS DE PAGE

CE MARDI 26 NOVEMBRE

 

MERCREDI 6 NOVEMBRE

Il y a près de trois ans, je me lançais - quelque peu sceptique tout de même - ce périlleux défi :

"Et si tu dessinais des centaines de perles colorées,

au portemine, en noir et blanc, en gris,  avec toutes les nuances que tes mines t'autorisent ?" 

Perles d'Ethiopie, perles tubulaires en pâte de verre,

un monde infini de poésie et de couleurs où se mêlent

les histoires du verre et l’alchimie des teintes.

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SAMEDI 9 NOVEMBRE

Perles nées sous les doigts des Egyptiens il y a des millénaires : 

ils confectionnaient une faïence de poudre de quartz pétrie avec du natron et cuite vers 900°, 

ce qui entraînait une vitrification ...

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MERCREDI 13 NOVEMBRE

 Les perles ?  Un trésor !

Perles de troc, utilisées comme monnaie jusqu’au XVe siècle...

Les perles ?  Un trésor !

Perles de parure et de code social, représentant encore maintenant opulence, rang et fortune...

Les perles ?  Un trésor !

Rouges, vertes, jaunes, bleues, oranges, roses, mauves ou noires,

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elles rivalisent de couleur et d’éclat pour cette jeune fille de la vallée de l’Omo, en Ethiopie...

VENDREDI 15 NOVEMBRE

Si vous feuilletez régulièrement les pages de ce blog, cette jeune Africaine arborant - à mes yeux d'Européen à tout le moins - un aussi surprenant qu'interminable collier de perles, ne vous est plus inconnue.

En outre, peut-être avez-vous eu l'occasion et la possibilité de la regarder de très près : j'avais choisi ce dessin "ma Perle d'Ethiopie" pour illustrer l'affiche de ma récente exposition

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et, le moins que je puisse encore en dire, en toute modestie, c'est que bien mis en valeur dans la Galerie - ainsi que pour une autre raison que j'ai l'intention de vous préciser bientôt -, il n'y est guère passé inaperçu.

... Sans oublier que, par cet article évolutif, il m'importe de vous en montrer le cheminement !

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mais aussi de vous parler de cette fière Ethiopienne et de sa tribu.

 

DIMANCHE 17 NOVEMBRE

Cette belle et énigmatique Africaine appartient au peuple des Nyangatoms vivant aux confins septentrionaux de l’Ethiopie, dans la basse vallée de la rivière Omo qui alimente le lac Turkana, situé pour l’essentiel sur le territoire du Kenya voisin. 

         

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La région, habituellement désolée et aride, est en pleine floraison après la saison des pluies.  La journée, un fusil d'assaut bariolé en bandoulière, les hommes mènent les troupeaux sur de vastes pâturages où les hautes tiges des champs de sorgho attirent chaque jour davantage d'oiseaux qu’il appartient aux femmes et aux enfants de chasser. 

Un fusil d’assaut bariolé en bandoulière ?  Une arme pour défendre les troupeaux et faire respecter son droit d'être là où on l’a décidé.  Une arme aussi pour dire que l'on est un homme, un guerrier.

Ethnie minoritaire originaire d'Ouganda - arrivée progressivement au coeur de la basse vallée de l'Omo vers la fin du XVIIIe siècle - les Nyangatoms seraient aujourd'hui 15.000 individus.  

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Les Nyangatoms !  Un nom de guerre signifiant les “fusils jaunes” ou “fusils neufs”.  Pendant des décennies, ce peuple combattant s'est battu sans relâche contre ses voisins pour l'accès aux pâturages et aux points d'eau. Une lutte sans merci avec les Karas et les Hamars à l'est, les Surmas et les Mursis au nord, les Turkanas et les Dassanechs au sud. 

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MERCREDI 20 NOVEMBRE 

Ces violentes et soudaines guerres entre tribus rivales résultent davantage des conditions écologiques de la vallée que d'une véritable inimitié culturelle.  Dans ce monde semi-désertique où, en dehors de la courte saison des pluies, l'accès à l'eau est limité à l'Omo et à quelques rivières temporaires, et où les aires de pâturage peuvent se modifier d'une année à l'autre, le premier arrivé sait qu'il survivra. 

Les Nyangatoms cultivent le sorgho, le maïs, les haricots, récoltent le miel dans les arbres, sèchent les poissons qu'ils pêchent.  L'homme possède pour toute richesse son troupeau, ses femmes et ses enfants, mais aussi ses ornements corporels, son appuie-tête et ses armes.

Les Nyangatoms ont réussi à maintenir leur mode de vie culturel et social très spécifique.  

L'identité de ce peuple de pasteurs et d'agriculteurs s'est construite autour de l'honneur, de la fierté et du courage. Naguère, celui qui tuait un ennemi au combat était honoré.  Aujourd’hui encore, le vol de bétail entre communautés voisines est fréquent et provoque inévitablement des situations conflictuelles.

Dans l'univers des Nyangatoms, les hommes peuvent se marier plusieurs fois.  Plus un homme possède de bétail, plus il peut prétendre à prendre une nouvelle épouse avec l'espoir de fonder son propre village au sein de la communauté.  La répartition des tâches de la vie quotidienne est à la fois très codifiée et pragmatique.  Certaines activités demeurent strictement masculines, comme la récolte du miel ou l'usage de l'arc et de la flèche pour extraire le sang du cou des zébus.  Les ornements portés par les femmes - colliers, labrets (plateau ou disque labial), bracelets - racontent l'histoire personnelle et indiquent la classe d'âge de leur propriétaire.  Ainsi l'appartenance sociale des femmes se lit-elle à livre ouvert au regard de tous les Nyangatoms.

 

Longtemps protégé par son mode de vie ancestral et l'isolement de la vallée de l'Omo,

ce peuple, aujourd'hui confronté à de graves problèmes, vit-il la fin de son histoire ?

Pour les Nyangatoms, le compte à rebours a-t-il commencé ?

Le monde agropastoral de ces semi-nomades est-il en voie de disparition ?

 

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De cette dramatique et sans doute inéluctable disparition, je vous reparlerai !

 

 SAMEDI 23 NOVEMBRE

 

 

Une lourde menace pèse sur les Nyangatoms de la basse vallée de l’Omo.

 

Tout comme sur les Mursis et tous les autres peuples des berges de la rivière, déjà presque en marge de la vie dans cette région le plus souvent sèche et aride.                                                   

 

      Gilgel Gibe III                                                                                                     

 

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Gilgel Gibe III : tel est le nom donné à ce gigantesque barrage hydroélectrique en construction dans le bassin supérieur de la rivière Omo, un barrage qui bouleversera le cycle du flux de la rivière.  Il remettra profondément en cause la gestion de l’eau et des territoires de la vallée de l’Omo, affectant immanquablement écosystèmes et modes de vie jusqu’au Lac Turkana du Nord du Kenya.

A terme, il finira par détruire la sécurité alimentaire et l’économie locale et conduira les populations (500 000 personnes appartenant à des communautés tribales éloignées et marginalisées, n’assurant leur subsistance qu’au travers de l’agriculture, la chasse ou la pêche) à l’exode forcé et à une sédentarisation nullement désirée, car elles sont entièrement dépendantes des crues alluvionnaires de la rivière pour leur existence.  Non sans avoir au préalable aiguisé les conflits locaux entre les différents groupes ethniques - composés essentiellement de pasteurs et pêcheurs - en quête de survie. 

Retenir l’eau en amont du lac va réduire le niveau de ses eaux de 7 à 10 mètres, avec toutes les conséquences que cela implique, comme, par exemple, la recrudescence de la malaria et de la typhoïde dues à la prolifération des moustiques.

La basse vallée de la rivière Omo - inscrite au patrimoine archéologique mondial de l’UNESCO, par les nombreux fossiles d’Hominiens découverts - est le lieu d’une riche biodiversité : une multitude de populations de crocodiles et d’hippopotames et de plus de 40 espèces de poissons y vivent.

Gilgel Gibe III est la troisième étape d’un vaste projet de constructions de complexes de barrages : Gibe I et II sont pour l’heure achevés.  Le gouvernement éthiopien projette d’en construire deux autres, Gibe IV et V.  Tout cela, l’on s’en doute, sans une réelle consultation des populations éthiopiennes affectées par ces projets et sans aucune consultation des autorités et populations kényanes.

Gilgel Gibe III, en voie d'achèvement, atteindra une hauteur de 243 m et sera associé à une centrale hydroélectrique de 1870 MW. qui triplerait ainsi la capacité du pays, actuellement de 800 MW. et assurerait l'exportation de l’électricité aux pays voisins par un système régional d'interconnexion de transmission. La production de Gilgel Gibe III sera entièrement exportée au Kenya.  Le coût total estimé avoisine 1,5 milliards d’Euros.

Aucune mesure n’a pourtant été prise,

aucun moyen financier n’a été engagé pour assurer le suivi des personnes déplacées...

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"Le problème aujourd'hui n'est pas l'énergie atomique, mais le coeur des hommes"

Albert EINSTEIN
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MARDI 26 NOVEMBRE 

Et si j'osais apporter de la couleur

- oh, si peu, à peine pour deux perles, mais si importantes ! -

au superbe collier de cette jeune et ravissante Nyangatom ?

3091333966.JPGC'est ce dessin que j'ai choisi de présenter, en octobre dernier, à un concours artistique organisé à la Galerie d'art "Espace Christie" de Soiron, un des plus beaux villages de Wallonie, sur le Plateau de Herve.

Ce dessin est depuis auréolé du "Prix du Jury Illustration" !

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PROCHAINE PUBLICATION

DEBUT DECEMBRE

     

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"Le mot, issu d'une pensée, peut, s'il est choisi avec le coeur, apporter son lot de bonheur

à la quête étouffée de celui qui le reçoit."

Graziella GUERRIER
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14 juillet 2013

Rides d'une paysanne ... rides du Sertão !

 

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Les mêmes rides creusent le sol stérile

et le visage des paysannes du Sertão.

Là-bas, paysans et paysages se façonnent mutuellement

jusqu'à se ressembler.

jusqu'à mêler leur sève et leur sang, jusqu'à creuser les mêmes dessins

dans la peau des pauvres et la croûte du sol. 

2782278622.jpgDans les campagnes oubliées du Ceará,

la dignité et la misère sont des compagnes inséparables. 

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Chaque jour, c’est la même impitoyable lutte pour la vie,

alors que des sécheresses assassines

brûlent les cultures, déciment les troupeaux, dans une chaleur infernale.

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Dans le Nordeste brésilien, le Ceará est un milieu semi-aride : le climat, caractérisé par une courte saison humide - 3 ou 4 mois par an, de février à mai, sous une température moyenne de  25° - ne bénéficie d’aucune précipitation le reste de l’année, une chaleur caniculaire de 45° régnant même dans certaines contrées du Sertão. Les régions littorales jouissent par contre d’un climat moins torride avec température et humidité plus favorables au tourisme : ces côtes sont célèbres pour leurs superbes plages, réputées parmi les plus belles du monde - comme celles de Fortaleza - et en conséquence de moins en moins épargnées par le tourisme de masse,  leur attrait touristique étant accru par le faible coût de la vie, puisque le Ceará est l’État côtier le plus pauvre du Brésil.   

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Généralement lié à cette région du Ceará, le sens originel du mot Sertão se réfère à une zone éloignée des centres urbains ou aux arrière-pays et campagnes. 


Vous rappelez-vous ?  En 1980, Bernard Lavilliers chantait "Sertão".  

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« ... Pour te donner un avant-goût de vacances intelligentes.
Ceux qui vendent du soleil à tempérament,
Les cocotiers, les palaces, et le sable blanc,
Ne viendront jamais par ici.
Remarque, il paraît que voir les plus pauvres que soi, ça rassure.
Alors allez-y, ici tout le monde peut venir, ici il n'y a rien.
Un soleil ivre de rage tourne dans le ciel
Et dévore le paysage de terre et de sel. (...)

(...) Un éternel été émiette le Sertão.
Le temps s'est arrêté en plein midi. »

 

Le Sertão du Nordeste s'étend sur un million de kilomètres carrés et est décrit par les climatologues comme « le polygone de la sécheresse ».  Cette aridité catastrophique ne devrait pourtant pas être une fatalité, puisque dans le sous-sol existent des réserves d'eau infiltrées : bien que les différents gouvernements tentent de résoudre le problème en développant divers programmes d'irrigation visant principalement le développement économique de la région, ces réserves ne sont pas toutes exploitées et les points d'eau utilisables sont souvent trop éloignés des villages.

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L'élevage et l'agriculture sont, historiquement, les principales activités économiques du Sertão.  Au cours des dernières décennies, confrontés à divers cycles de sécheresses qui ont anéanti cultures et cheptels, les paysans sont à chaque fois obligés de quitter la région vers les villes côtières, pour y revenir, pour les plus courageux,  à la saison des pluies.

Ce dramatique problème a entraîné des vagues de migration vers les grands centres urbains (comme Fortaleza, la capitale de l'État), les migrants s'installant à la périphérie des centres villes, de façon souvent précaire, instable, illégale, dans l'insécurité : actuellement, la ville compte deux millions d'habitants dont le tiers vit dans des favelas.

 

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dessin signé en 1991, d'après une photo "Paris-Match"     

 

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Image du Blog ypjane.centerblog.net

 

13 juin 2013

La mendiante rwandaise - un dessin de 1987 !

  MISE A JOUR REGULIERE DE L'ARTICLE EN FIN DE NOTE

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jeudi 6 juin 2013

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La mendiante rwandaise - 1987 -

J'imaginais ne jamais pouvoir me séparer un jour de ce dessin de 1987 -mazette ! 26 ans déjà !-.  Cela me paraissait tellement difficile, presque impossible, tant je l'aime, ce portrait !

A tout le moins eût-il fallu que je sois tout à fait certain que cette « mendiante rwandaise » passe en de bonnes mains !

Tous ceux qui me connaissent bien et viennent chez moi la voyaient, la regardaient, l'admiraient si souvent.  Elle faisait en quelque sorte partie de la maison ; de la famille, oui.

Alors, quand, pour quelle raison, comment ai-je accepté de m’en séparer ? 

Et d'ailleurs, qui est-elle réellement ?  Une mendiante, vraiment ?  

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samedi 8 juin 2013


Respectez-la.  

Appuyée sur son bâton, cette vieille dame du Rwanda

 a dû endurer son lot de souffrances dans la vie.  


La première fois que je la vis, je suis resté sans voix 

devant ce visage buriné et ces rides profondes, 

devant cette peau sculptée par le soleil.  


Elle regarde je ne sais quoi, je ne sais où...  

Frêle en apparence ; solide, sans doute !  

Ne l'ennuyez pas, ne vous moquez pas d'elle...  

Dans son regard qui apparaît, on voit déjà qu'elle pourra se défendre...

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La photo (format 10 x 15) qui avait à l’époque inspiré mon dessin - je vous la montrerai - était l’œuvre du regretté Christian Grégoire, ancien curé à Theux, décédé en 2008.  Auparavant missionnaire chez les Pères Blancs au Rwanda, Il se dévouait pour l’orphelinat qu’il y avait créé tout autant que pour la population de Nyanza qu'il aimait et qui le lui rendait bien.

Ce portrait signé en 1987 était assurément le plus regardé, le plus apprécié – le plus « célèbre », oserai-je dire, n’ayons pas peur des mots ! – de mes dessins...

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 lundi 10 juin 2013

Cette vieille "mendiante du Rwanda" ne devait quitter que provisoirement les murs de ma maison, en mars 2011, afin d'être exposée au Centre Culturel de Theux parmi près de 80 de mes dessins.  C’est elle qui avait été le plus contemplée...  En l’accrochant aux cimaises, je n’avais tout d’abord pas l’intention de la vendre !  Puis, au dernier moment, à côté de son nom, j’avais ajouté un prix de vente, le plus élevé de tous les dessins exposés, pensant ainsi que personne ne l’achèterait !

J''ignorais tout de cette Dame.  Pourquoi n’avais-je jamais questionné l’abbé Grégoire, de son vivant ?  Je ne sais... Heureusement, un jour, à l’exposition, quelqu'un m'en parla...  

Ce visiteur theutois, très ému, m'expliqua qu'il était là, à côté du photographe, au moment où le cliché avait été pris ; ce jour-là, et d'autres jours encore, il avait rencontré cette vieille Dame car il avait accompagné l'abbé Grégoire lors d'un voyage vers cet orphelinat que ce prêtre avait dirigé quelques années auparavant.  En se remémorant cette rencontre et en me la racontant, il ajoutait :

"J'en tremble tant je la revois si réelle sur ton dessin : j'en ai la chair de poule".

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 jeudi 13 juin 2013

Voici les quelques phrases qu'il m'avait ensuite fait parvenir pour me raconter, à votre intention, ses souvenirs...

"Avec Christian Grégoire, nous retournons à Nyanza, petit village du Rwanda. Durant quelques années, auparavant, il y avait dirigé un home pour enfants orphelins ou abandonnés.

A peine arrivés, nous sommes accueillis par Mama Maria, cette brave octogénaire qui vit dans une case située à côté de l'orphelinat.  Connue et respectée de tous, la matriarche respire et communique la bonne humeur et l'enthousiasme malgré le poids des ans.  Son visage buriné traduit ses souffrances et le lourd labeur qu'elle a supportés durant toute sa vie.

La photo a été prise au moment où elle vient, en signe d'accueil, nous offrir quelques œufs ... sa seule richesse.

Vous vous doutez qu'un merci "financier" illumina son visage.  Nous nous doutions qu'avec cet argent, elle offrirait des petits cadeaux à quelques-uns de ses protégés.  Déjà, elle savourait le plaisir et la joie de rendre d'autres personnes heureuses."

J.L.

Je vous écrivais :

" J'imaginais ne jamais pouvoir me séparer un jour de ce dessin (...).  A tout le moins eût-il fallu que je sois tout à fait certain que cette « mendiante rwandaise » passe en de bonnes mains ! "

Pourtant, le prix proposé me paraissait élevé !  Mais je suis rassuré : je suis certain qu’il est en de bonnes mains !  Les meilleures qui soient : chez mes voisins !

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08 avril 2013

Un, ou deux, ou trois portraits de trois Mauritaniennes ou... peut-être d'une seule !

Dimanche 24 mars

C'est sous cet énigmatique titre - pardonnez-moi ! - que je vous présenterai bientôt un tout nouveau dessin pas à pas. (Même mes proches ne le connaissent pas, ou guère...)

Première publication ce mercredi 27 mars !

Image du Blog ypjane.centerblog.net

Mercredi 27 mars

Avec l'aimable autorisation de son auteur, je publierai en toute fin d'article 

"la" photo qui a inspiré ce portrait

qui, de jour en jour, se multipliera deux, trois fois, sous vos yeux...  

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Jeudi 28 mars

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Vendredi 29 mars

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J'ignore qui elle est, et en la regardant, je cherche, j'hésite, je m'interroge sur ces yeux qui semblent fuir.  Un signe de soumission ? Est-elle timide, modeste et pudique ?

Le commentaire sous la photo, sur le site du photographe, écrit en ces termes : "Lors de notre bivouac, quelques femmes du village sont venues partager avec nous quelques instants de chants et de danse.  Merci !" ne permet guère de répondre à la question...

Samedi 30 mars

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Dimanche 31 avril

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Lundi 1er avril 

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Mardi 2 avril

 Les voici, ces deux premiers portrait de femmes de Mauritanie.   

Avant une troisième Mauritanienne, bientôt, je vous le promets :

sur la feuille de dessin, elle s'approchera des deux autres,

gracieusement cachée sous ses drapés et plissés si élégants...

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 Mercredi 3 avril

Un, ou deux, ou trois portraits de trois Mauritaniennes !

Premiers traits du troisième portrait...

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Jeudi 4 avril

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Samedi 6 avril

 « Le Maure cherche toujours à se donner, par la dignité de son maintien, l’aspect respectable de l’homme sage et pieux, conscient de vivre sous le regard de Dieu.  Il marque ainsi sa différence à l’égard de ses chefs et de ses aînés, tout en inspirant le respect aux jeunes (et aux inférieurs). Il atteint ses buts par des vêtements amples et longs et par un art inné des drapés sculpturaux »

Odette du Puigaudeau – (1894-1991)

(Bretonne, elle partagea la vie des nomades du désert pendant des années, tout en effectuant des recherches archéologiques, botaniques et ethnographiques.)

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Le troisième portrait est achevé.

Dimanche 7 avril

Dans le désert, le soleil, le vent (et le sable lorsque souffle une tempête) agressent la peau, la dessèchent, la déshydratent.  Les gens du désert ont l’habitude et savent comment se protéger et s’isoler de ces agressions en choisissant des habits adéquats - souvent amples et superposés - et en s’enveloppant dans de longs voiles souples et protecteurs.

Le voile maure transporte - comme dans un rêve - l'histoire des femmes et de l'élégance en héritage, transparente, fluide et legère. 

Elles portent, gracieusement, la melhafa, enroulée à la façon d’un sari autour du corps et de la tête : elle semble là pour cacher le visage par timidité ou pudeur.  Cette très longue pièce de tissu, souvent de couleur vive, auparavant noir ou teinté à l’indigo, passe aujourd’hui par des tons pastels, vifs parfois, et est décorée au pochoir par des motifs se répétant.  Mesurant jusqu’à 7 m de long, portée sans bouton ni couture, elle est maintenue par de petits nœuds, enroulée de façon à couvrir le corps des pieds à la tête, hormis les mains et parfois le visage.

Le Coran, chapitre « la lumière » verset 31, précise : "Dis aux croyantes de baisser pudiquement leur regard et de protéger leur vertu. Qu’elles ne fassent pas étalage de leurs parures, hormis celles que l’on ne peut tenir cachées. Qu’elles rabattent leurs voiles sur leur poitrine et qu’elles veillent à ne pas étaler leurs ornements, sauf devant leur époux, père, beau-père, fils, frères, neveux, esclaves des deux sexes, serviteurs mâles non suspects de désirs charnels et les enfants non encore initiés au sexe; qu’elles évitent de frapper le sol de leurs pieds en marchant, pour montrer leurs atours cachés" .

 

1065662441.JPGLundi 8 avril

Grégory ROHART, photographe professionnel, est le fondateur de www.i-trekkings.net , portail communautaire sur la randonnée itinérante et le trekking, qu'il a créé en 2007 pour partager et échanger autour de la randonnée avec d'autres passionnés de la marche itinérante.  Toutes les destinations sont abordées sur I-Trekkings.  Il est l'homme à tout faire du site : journaliste, photographe, webmaster ; et il lui arrive même de temps en temps de mettre la main dans le code informatique...

Voici, enfin, cette photo-montage que j'adore - de Grégory ROHART - et qui m'a inspiré ce dessin de trois Mauritaniennes : votre oeil attentif décèlera les détails qui m'on permis de titrer cet article "Un, ou deux, ou trois portraits de trois Mauritaniennes ou... peut-être d'une seule !  Elle est visible sur le site www.i-voyages.net (cliquer sur le lien ou l'image ci-dessous).
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A bientôt, pour de nouveaux voyages...