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08 septembre 2016

Souris à tes rides, apprends à les aimer...

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LUNDI 14 MARS 2016

"Oui, souris à tes rides, apprends à les aimer, elles parlent de ta vie,

elles parlent du temps, de l'énergie qui circule."

(Boris Razon)

En ouverture de cet article de présentation d'un dessin qui m'est cher  - s'il est nouveau ici, il fut déjà présenté sur mon précédent blog -, j'ai choisi cette citation de Boris Razon, journaliste français, ancien rédacteur en chef de Le Monde.fr, actuellement à la tête du département Nouvelles Écritures de France Télévisions, qui publia chez Stock en 2013 le roman Palladium (Stock).

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MERCREDI 16 MARS 2016 

Boris Razon a vécu tout ce qu'il rapporte dans son premier roman Palladium qu'il a mis sept ans à écrire et réécrire (il projetait de l’étaler sur trois tomes mais on le retrouve sur moins de 500 pages serrées). En 2005, subitement, tout en lui s’engourdit. Il a des fourmis dans les doigts. Un mal violent dans la colonne vertébrale lui coupe le souffle, comme un étau sur la poitrine, comme une mâchoire qui se refermerait cruellement sur le milieu du dos.

Il est terrassé par une maladie méningo-polyradiculonévrite ou syndrome de Guillain-Barré atypique, une affection auto-immune qui touche le système nerveux périphérique et le conduit à la tétraplégie. Toute communication lui est impossible. L’enfer à ciel ouvert. Il connaît alors six mois d'emprisonnement en soi transformé en foetus, immobile, et coincé dans mon enveloppe. Intubé, ventilé, dépendant à 100%. Il guérit pourtant. Ses pieds vont plus doucement désormais, mais ils vont. Si on ne sait pas, ce ralenti dans sa façon de s’exprimer fait croire à de la timidité.

Alors, il sait de quoi il parle lorsqu'il écrit : ... souris à tes rides ... elles parlent de ta vie ... elles parlent de l’énergie qui circule ..., et l'on imagine - oh, juste un peu - ce qu’il ressent...

lien : Boris Razon, quand sa vie a basculé dans la fiction.

lien : Boris Razon, un enfer à ciel ouvert.

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première étape du dessin "Souris à tes rides, apprends à les aimer".

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VENDREDI 18 MARS 2016 

Ces 8 entrelaçés tout en courbes, ces sortes de boudins ou rouleaux sources de soucis quand je les ai dessinés, que représentent-ils ? Une bague, bien sûr, vous l’avez deviné, en argent très probablement. Sera-t-elle portée par des doigts de fée ?

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Cette superbe photo en noir et blanc découverte Il y a quelques années, par hasard, sur http://www.flickr.com/ m'a toujours fasciné : je me devais, et me réjouissais, de la dessiner. La photo s’intitule Hands of 87 years - my mother's hands ce qui signifie mains de 87 ans - les mains de ma mère. Jamais je n'ai trouvé renseignement précis à propos de l'énigmatique photographe répondant à l'époque au pseudonyme Gaspi Your Guide, et que je viens à peine de retrouver, cette fois sous le nom Gary H. Spielvogel ; à nouveau de manière très imprécise, secrète même, sans aucune autre référence. Tout ce que j'ai lu, mais est-ce bien certain ?, c'est que cette photo, prise aux Caraïbes en 1989, fut à cette époque primée à divers concours.

Vous l’avez compris, j’ai relevé le pari de dessiner des mains ridées, des mains qui parlent de la vie, des mains qui parlent de l'énergie qui circule ! Le sujet choisi me demande une précision extrême dans l’observation de la photo, beaucoup de rigueur dans le travail et une grande patience : tout cela ne peut que me réjouir. Il m’arrive souvent, même, d’utiliser l’écran de l’ordinateur pour agrandir à outrance les détails de la photo...

Vous remarquerez ci-dessous à droite que j'ai choisi, comme sur la photo d'origine que je vous dévoilerai le moment adéquat, de dessiner un fond noir : un long et parfois fastidieux travail en perspective, mais qui me permettra ainsi de mieux mettre la main en valeur.  

deuxième étape du dessin "Souris à tes rides, apprends à les aimer".

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DIMANCHE 20 MARS 2016 

"Le premier jour de la vieillesse n'est pas celui où une ride plisse notre front, où un cheveu blanc se montre à nos tempes ; c'est celui où l'imagination s'affaisse sous le poids des souvenirs ; où nous disons hier plus volontiers que demain, j'ai fait plus complaisamment que je ferai."

Citation de Marie de Flavigny, comtesse d’Agoult "Esquisses morales" (1849).

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 troisième étape du dessin "Souris à tes rides, apprends à les aimer".

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LUNDI 21 MARS 2016 

Quand on approche de la vieillesse, il ne faut s'occuper que du soin de faire un meilleur usage du temps qui reste à vivre, qu'on n'a fait de celui qu'on a vécu, et ne songer à son existence que pour se préparer à la perdre bientôt.

Citation de Jean-Jacques Rousseau "Pensées d'un esprit droit" (1826).

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  quatrième étape du dessin "Souris à tes rides, apprends à les aimer".

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MARDI 22 MARS 2016  

Quand la grâce se mêle aux rides, elle est adorable : il y a on ne sait quelle aurore dans de la vieillesse épanouie.

Victor Hugo "Les Misérables" (1862).

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  cinquième étape du dessin "Souris à tes rides, apprends à les aimer".

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MERCREDI 23 MARS 2016  

La vieillesse craint de soulever le voile de l'avenir qui cache sa tombe ; elle porte les yeux en arrière, parcourt d'un regard rapide les pages d'or de sa vie passée, et s'exclame, hélas, à regret : j'ai vécu.

Citation de Madame Necker  "Souvenirs et pensées" (1784).

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sixième étape du dessin "Souris à tes rides, apprends à les aimer".

Cette première main terminée, je la trouve si belle.  Ses veines gonflées sous la peau lui apportent chaleur et vie.  Ses veines gonflées sous les rides parlent de l'énergie qui circule...  Ces rides, pour réussir à les reproduire, j'ai presque dû les démêler.  Elles m'ont appris à regarder et observer les miennes différemment, à chaque étape de l'évolution du dessin.  Certes, que de différences, mais aussi que de ressemblances ; caressez votre peau, plissez-la, faites glisser les veines sous vos doigts : vous verrez...

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 JEUDI 24 MARS 2016  

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septième étape du dessin "Souris à tes rides, apprends à les aimer".

 

Les rides devraient simplement être l'empreinte des sourires.

Citation de Mark Twain "En suivant l'équateur" (1897).

Ces doigts qui portent une bague attirant le regard, ces ongles si bien soignés sont d'une merveilleuse élégance.  Je me souviens : il y a trois ans, j'exposais au Centre culturel de Theux.  Ce dessin était en cours d'élaboration : je le dessinais devant les visiteurs attentifs, intrigués.  Une dame, longuement, a observé les doigts et les ongles de ces "mains de 87 ans"...  Elle m'a souri : elle avait envie de me faire part de ses sentiments, elle tenait à m'expliquer en quelques mots combien ces mains étaient soignées, cela... "jusqu'au bout des ongles !". Elle a admiré ces ongles bien coupés qui laissaient supposer que - probablement - ils appartenaient à une dame âgée, fière et coquette.  Puis, très émue, elle m'a parlé de sa maman, alitée en Maison de retraite, sans chercher à dissimuler les larmes qui lui venaient aux yeux : chaque semaine, elle se faisait une joie que ses ongles soient taillés "dans les règles de l'art"...

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huitième étape du dessin "Souris à tes rides, apprends à les aimer".

VENDREDI 25 MARS 2016  

L'amour naît d'un sourire, niche dans une fossette, et meurt d'une ride.

Citation de Paul Masson "Les pensées d'un Yoghi" (1896).

Près de cette dame très émue, une visiteuse attentive, médecin généraliste, porte un regard de professionnelle sur ces ongles : sans doute, l'une ou l'autre carence alimentaire explique-t-elle leurs stries bien apparentes ?  Effectivement : j'ai par la suite découvert que l’examen des ongles (ou onychologie : l'étude de la forme des ongles, de leur couleur et texture) donne des indications concernant les carences alimentaires possibles ou certaines tendances cardiaques ou respiratoires.  Des ongles trop longs ou trop petits peuvent être indicateurs de faiblesse métabolique ou de manque de vivacité.  Un ongle étroit indiquerait plutôt une tendance à une hypersensibilité.  Les ongles striés dans le sens de la longueur, porteurs de taches blanches dites d’albugo, indiqueraient généralement une carence en zinc, en silice ou en magnésium, ou une insuffisance de fonctionnement de la glande thyroïde, aboutissant à une déshydratation des ongles qui poussent alors à des épaisseurs variables.  Un ongle plat serait un indicateur de troubles gynécologiques chez la femme, ou d’anémie, plus généralement. 

Toutefois, ne vous inquiétez pas outre mesure, surtout si comme moi vous n'êtes plus très, très jeune : dans la plupart des cas, les ongles striés sont heureusement et essentiellement liés au vieillissement naturel...

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SAMEDI 26 MARS 2016  

 L'absence est une ride du souvenir. C'est la douceur d'une caresse, un petit poème oublié sur la table.

Citation de Tahar Ben Jelloun  "Moha le fou, Moha le sage" (1978).

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DIMANCHE 27 MARS 2016 

J'ai choisi de terminer cet article en vous proposant un poème de Baudelaire, un texte en prose illustrant ce thème cher à l'écrivain de la "non-communication" : ici, entre les deux âges opposés de l'être humain, entre les deux extrémités de la vie, la naissance et la mort. Il me semble que chacun pourra, selon son ressenti, établir aisément un parallèle (ou une divergence de vue) entre ce texte et ce que mon dessin montre ou suggère...

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Baudelaire : un génie des sentiments...

Le Désespoir de la vieille

La petite vieille ratatinée se sentit toute réjouie en voyant ce joli enfant à qui chacun faisait fête, à qui tout le monde voulait plaire ; ce joli être, si fragile comme elle, la petite vieille, et, comme elle aussi, sans dents et sans cheveux.
Et elle s’approcha de lui, voulant lui faire des risettes et des mines agréables.
Mais l’enfant épouvanté se débattait sous les caresses de la bonne femme décrépite, et remplissait la maison de ses glapissements.
Alors la bonne vieille se retira dans sa solitude éternelle, et elle pleurait dans un coin, se disant : — « Ah ! pour nous, malheureuses vieilles femelles, l’âge est passé de plaire, même aux innocents ; et nous faisons horreur aux petits enfants que nous voulons aimer ! »

Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, 1869

Baudelaire écrit dans un registre littéraire évoluant dans une délibérée désinvolture en choisissant des mots familiers comme "ratatinée", "risettes", "décrépite" ou "femelles" qui n'appartiennent pas a priori au registre poétique habituel, à la "norme" (mais Baudelaire méprise la norme). Tout est décrit sans fard ni artifice, avec le mot direct. Cependant, il refuse de s’apitoyer en présentant, sans aucune autre forme de commentaire, la réalité nue et terrible...

Lorsqu’il écrit ces quelques mots, remarquables par leur violence et leur vigueur, tellement tristes et cruels, en même temps remplis de compassion, il se trouve endetté à Bruxelles, usé par la drogue et l’alcool : il souhaite entreprendre une tournée de conférences.  Hélas, ses talents de critique d’art éclairé n’attirent plus grand monde... Fatigué de lutter pour une vie qu'il n'aime plus, il analyse ses états d’âme dans cette prose poétique.  Comme cette vieille, le poète se sent rejeté, esseulé, incapable de communiquer...

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31 août 2016

Un dessin de soldat en terre cuite de l’armée enterrée de Qin Shi Huang.

Depuis le 4 juin, présentation d'un nouveau dessin pas à pas,

un soldat de l'armée millénaire du premier empereur de Chine,

QIN SHI HUANG (prononcer tchin che rhou-agne).

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- ultime mise à jour, en bas de page, le samedi 18 juin -

 

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SAMEDI 4 JUIN 2016    Qin Shi Huang, le César de la Chine

Bien avant l'ère des chrétiens, la Chine était écartelée en une multitude de royaumes et états guerriers, chacun sous le contrôle de seigneurs féodaux, ce qui engendrait une grande instabilité. 

De plus en plus, les 37 générations de la dynastie Qin et les penseurs de l’époque aspiraient à l’unité, tout en exerçant un pouvoir politique, militaire et économique sans précédent sur l’empire de Chine, et en faisant progresser son niveau social, culturel et artistique.

   

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plaine chinoise à la fin des Royaumes combattants (source : wikipedia)

     

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Qin Shi Huang (source : wikipedia)

 

On le surnomme "le César de la Chine". 

Autoritaire, il se fait appeler Zheng, "Homme-Dieu".

Le Prince Zheng, né en 259 avant notre ère, réalise le rêve auquel ses prédécesseurs aspiraient : il s’autoproclame Shihuang des Qin, c’est-à-dire "Premier Auguste Empereur de Qin".

Il monte sur le trône encore adolescent, abolit l’état féodal pour doter la Chine d’un régime impérial qui, tant bien que mal, ne s’éteindra qu’en 1911.

Il devient le fondateur du premier empire unifié de l’histoire chinoise.

 

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

étape 1 - gros plan sur le visage (grandeur réelle : ± 9 x 5 cm)

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LUNDI 6 JUIN 2016     Qin Shi Huang, son oeuvre

Qin Shi Huang promulgue des réformes politiques et économiques majeures à travers le pays.

Il standardise le système des poids et mesures, afin de calculer l’impôt en nature de manière exacte.

Il codifie les dimensions des essieux des roues de chars et charrettes.

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 Il impose une monnaie ronde, carrée en son centre

- pour les Chinois, le ciel est rond, la terre est carrée -,

unité monétaire qui restera en place

jusqu’à Mao Tsé-Toung.


Il unifie les caractères chinois en créant une écriture « petite sigillaire »

- c'est dramatique : tout en brûlant les livres classiques et en exterminant les lettrés ! -  

afin d’installer une langue et un seul système de communication.

                   

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Il entreprend de réunir et surtout de développer des tronçons de fortifications existants pour en faire un système défensif cohérent contre les invasions venues du nord : un projet extravagant, insensé... qui se poursuivra jusque sous les Ming (1368-1644) ! Ces travaux ont produit le plus gigantesque ouvrage de génie militaire du monde, la fameuse Grande Muraille de Chine. Son importance historique et stratégique n'a d'égale que sa valeur architecturale.

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carte de l'histoire de la construction de la Grande Muraille de Chine (source : wikipédia)

un clic ici, ou sur la carte, vous permettra de la visualiser dans ses moindres détails

 

Enfin, et j'y consacrerai entièrement la suite de cet article, il entreprend la construction de son fameux mausolée bâti sur son tombeau, encore inexploré de nos jours et protégé par une armée de milliers de soldats en terre cuite.

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

étape 2 - visage et partie de l'armure (grandeur réelle : ± 13 x14 cm)

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MERCREDI 8 JUIN 2016    

Qin Shi Huang, son oeuvre, selon Sima Qian et son livre Shiji

Le Premier empereur de Chine se comporte comme un despote : on le dit tyran, sanguinaire, mégalomane… Obsédé par l’immortalité dès le début de son règne, il réquisitionne, à l’âge de 26 ans, 700 000 ouvriers, et débute la construction d’un complexe funéraire sur 56,25 km2 – l’équivalent d’un carré de 7,5 km de côté - qui durera 38 ans.

Le mausolée, le plus important jamais construit de l’histoire chinoise, sera un palais souterrain, enfoui sous un gigantesque tumulus d’une hauteur de plus de 50 mètres, bâti à l’intérieur d’une enceinte rectangulaire à double paroi, protégé par une grande armée : toujours dans l’obsession d’un ennemi, jusque dans l’au-delà.  Des arbres plantés, à la fin des travaux, sur la vaste butte, lui donnent un air de colline verdoyante, mais les alentours ne sont que champs de maïs et de blé.

 

La seule description que l’on en possède provient du livre Shiji (Mémoires historiques) de l’historien chinois Sima Qian, écrit un siècle après la mort de l’empereur, un livre qui couvre l’histoire chinoise jusqu’à l’époque où vécut son auteur, un livre comparable aux Histoires d’Hérodote.

        

 

 

 

 

 

      

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CLIC SUR L'IMAGE

L’on pourrait penser que le récit relève de la science-fiction… On transporte des modèles de maisons, de bâtiments officiels, les objets les plus précieux. Des rivières de mercure représentant les deux grands fleuves de Chine, le Jaune et le Yangzi, sont mises en mouvement par des machines sophistiquées. Les vapeurs mortelles protégeraient la tombe des pilleurs, tout comme un système d’arbalètes au déclenchement automatique. La voûte est incrustée de perles symbolisant le soleil, la lune, les étoiles ; au sol, ce sont les planisphères de l’empire chinois. Les concubines sans enfants, les artisans, les ouvriers qui auparavant avaient subi le supplice de la castration, sont enterrés vivants.

Pure fantaisie que tout cela ? C’est ce qu'imaginait l’archéologue Wang Xueli, l’un des plus grands experts de la nécropole, avant d’étudier la composition chimique du sol sous le monticule, en 1981. Il a trouvé du mercure, beaucoup de mercure. Nous mesurons des taux jusqu’à 100 fois plus élevés que la normale, dit l’archéologue, qui a travaillé 14 ans sur le site…

 

Ces constations semblent corroborer les écrits de Shiji...

A bientôt, pour la suite !

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

étape 3 - visage et torse protégé par une armure (grandeur réelle : ± 15 x 21 cm)

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SAMEDI 11 JUIN 2016     Histoire de la découverte de l'armée en terre cuite

Mars 1974.

La sécheresse menace les récoltes si l’eau ne les irrigue pas… Les paysans sortent pelles et outils et creusent des puits. À environ 1 500 mètres du tumulus jamais exploré, présumé recouvrir le tombeau du Premier empereur de Chine, Yang Zhifa et ses frères buttent sur des fragments de terre cuite, puis sur des flèches en bronze. La trouvaille se révèle bientôt sensationnelle : ces fragments apparaissent provenir de guerriers en terre rouge cuite. Les chefs du village sont prévenus et l'information remonte aux autorités de la ville, puis de la capitale : les archéologues sont informés.

Telles est la version officielle de l’événement largement exploitée par le gouvernement de Mao Zedong, celle qui met en scène le petit peuple... Quoi qu'il en soit, les faits, indéniables, attestent le caractère exceptionnel de cette découverte.

Mai 1974.

Une équipe d’archéologues se rend sur les lieux pour entreprendre – négligemment, sans protection contre les intempéries - les premières fouilles de ce qui va devenir la plus grande découverte archéologique du 20e siècle. Ce n'est pourtant qu'en 1982, grâce à une nouvelle loi sur la sauvegarde des monuments, que le site se dote des infrastructures nécessaires. En 1987, le site est inscrit à la Liste du Patrimoine mondial de l’humanité. La mise au jour du tombeau de l’empereur s’annonce comme le défi archéologique des prochaines années.

                   

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Rien de comparable n'existe. Pas même la grande pyramide de Gizeh, en Égypte... La pyramide, ce n’est qu’un tombeau. Ici, nous parlons d’une vaste nécropole, d'une ville souterraine où les découvertes archéologiques s’enchaînent les unes après les autres.

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  Et ce n’est qu’à partir de 1991 que vu l’ampleur de la tâche, le vaste chantier s’ouvre progressivement aux chercheurs étrangers, même si, jusqu'il y a peu encore, la fierté nationale rendait difficile toute aide étrangère, comme cette offre de financement refusée, faite il y a quelques années par une chaîne de télévision japonaise, rêvant d'introduire une minuscule caméra high-tech dans le tombeau de Qin Shi Huang...

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

étape 4 - visage, buste et armure, bras et main (grandeur réelle : ± 15 x 24 cm)

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 MARDI 14 JUIN 2016        Des guerriers à la pelle !

Depuis plus de 40 ans, une véritable armée de guerriers en terre cuite grandeur nature, avec chevaux, chars et armes en bronze, sort de terre jour après jour. Sculptés dans les moindres détails, les soldats présentent des visages uniques, tous différents. Des chefs-d'œuvre de réalisme !

 

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Jusqu’à présent, on en dénombre environ sept mille à avoir accompagné leur maître dans l'au-delà. Ils témoignent de la mode vestimentaire de l’époque, des coiffures, des armures : c’est un document inestimable, une photo de l’histoire !

Sans doute ne représentent-ils que la garde, l’avant-poste veillant sur la nécropole ; et il reste probablement encore des milliers de statues à mettre au jour. Personne ne sait vraiment pourquoi cette immense armée tomba dans l'oubli et ne fut redécouverte que plus de deux millénaires plus tard. Les épées, lances, hallebardes à crochet pour désarçonner les cavaliers, flèches et autres carreaux de bronze ont été consolidés par une couche de chrome pour les rendre indestructibles. (en Europe le procédé de l’oxyde de chrome n’a été mis au point par le chimiste français Louis Nicolas Vauquelin qu’en 1797 !). Tous les soldats avec d'un côté les fantassins, de l'autre les archers et arbalétriers, sont disposés en ordre de bataille parfait, orientés vers l'ouest pour protéger le tombeau auquel ils tournent le dos. L'ennemi mongol n'a qu'à bien se tenir !

 

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On dénombre près de six cents chevaux sculptés, de race Prejvalski, avec leur harnachement et parfois leur char. Posséder de nombreux chars était un signe évident de richesse, dit Duan Qingbo qui dirige l’équipe d’archéologues sur le site. L’empereur les a emportés avec lui dans la tombe : comme si, dans 2 000 ans, on découvrait, enterrée près de Bill Gates, une collection de Mercedes-Benz !

 

Les vestiges totalisent plus de six cents sites dans une zone qui couvre 56,25 kilomètres carrés. Par ailleurs, on se doute que quelques dizaines de concubines ont été ensevelies quelque part, peut-être même une reproduction complète de son gouvernement, de sa cour, de ses fonctionnaires : les hommes de guerre ont échappé à ce sort en étant "simplement" modelés.

Des milliers de touristes visitent chaque jour les trois différents sites auxquels ils ont accès, trois vastes fosses rassemblant la majorité des statues de soldats découvertes. De larges bâtiments sont édifiés pour protéger les fosses. L'ensemble de ces statues était à l'époque recouvert par de grandes poutres dont on peut observer les fondations à certains endroits.

 

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Même si, avec les siècles, un grand nombre de statues a été endommagé, ou saccagé par d'autres conquérants sous d'autres dynasties, une grande partie a été fidèlement restaurée et la vision de ces milliers de soldats debout, combattants en arme aux visages figés, offre un spectacle saisissant.

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

étape 4 - visage, buste et armure, mains et bras posé sur genoux (grandeur réelle : ± 15 x 26 cm)

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SAMEDI 18 JUIN 2016      Si l'on pénétrait à l'intérieur du Mausolée...

Lorsqu’ils furent mis au jour, les soldats de l'armée de terracotta de l’empereur Qin étaient tous peints ; peu de temps après qu’on les eut dégagés du sol, la peinture s’écailla et tomba.

Selon l’archéologue en chef responsable des fouilles, Duan Qingbo, ouvrir maintenant le mausolée de l’empereur Qin scellé depuis des siècles modifierait immanquablement son environnement intérieur. Personne ne peut garantir que les objets que l’on trouverait, dès qu’ils seraient exposés à l’oxygène, à la lumière et aux bactéries, ne se détérioreraient pas ou même, s'agissant des étoffes, des soieries, des parchemins ou des fresques, ne se désintégreraient pas purement et simplement en poussière...

Les archéologues sont convaincus que tant qu'ils ne sont pas absolument certains de réaliser un travail de qualité, il est préférable de laisser le tombeau intact et de confier la poursuite des fouilles aux prochaines générations, car pour le moment, la Chine ne possède ni la technologie ni l’expertise nécessaires pour ouvrir ce tombeau, ni d’ailleurs les moyens financiers : mettre à découvert la sépulture nécessiterait, c'est certain, des investissements colossaux !

         

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D’ailleurs, même s’ils le voulaient, les archéologues se heurteraient à la position inflexible du Conseil d’Etat, l’instance suprême chinoise, qui s’en tient à sa dernière décision de 1997 de ne pas approuver l’excavation, dans un avenir proche, de tout mausolée d’empereur important.

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Lorsque les Chinois décideront d’aller de l’avant, trouveront-ils un tombeau vide, pillé des siècles plus tôt, comme ce fut le cas pour les pyramides d’Égypte? "Les textes anciens indiquent que la sépulture a été profanée", explique Duan Qingo. Si on les croit, le repos éternel de l’empereur a été plutôt court. À sa mort, les paysans se sont révoltés. Plus d’un million d’entre eux, soit 5% de la population de l’empire, avaient été réduits en esclavage pour bâtir la Grande Muraille et la nécropole. Ils seraient descendus dans la fosse où se trouvait l’armée de terre cuite et auraient volé la plupart des armes, brisant les statues sur leur passage. C’est en partie dans cet état, en morceaux, que les archéologues ont en effet trouvé bon nombre de ces dernières en 1974…

D’autres chercheurs estiment quant à eux que les insurgés ne se sont pas rendus jusqu’à la chambre funéraire, expliquant que l’armée de terre cuite n’était enterrée qu’à six mètres de profondeur. Se rendre à trente, quarante ou cinquante mètres sous terre est beaucoup plus difficile, de plus, selon les écrits historiques, sous des rivières de mercure nocives, véritable poison... 

Des solutions seront trouvées, ou existent déjà : elles seront vraisemblablement mises un jour en pratique par les responsables chinois. Peut-être décideront-ils d'utiliser des techniques de télédétection... Peut-être introduira-t-on à l’intérieur du monument une caméra miniature, une intrusion qui coûterait moins cher qu’une opération à plus grande échelle et permettrait d’en apprendre beaucoup en ne causant que des dégâts minimes…

Ce qui est sûr, c'est que l'avenir promet d'être passionnant...

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Soldat en terre cuite de l'armée de l'empereur

dessin achevé  -  17 x 37 cm

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Mes sources principales d'informations pour l'élaboration de cet article :

UNESCO - liste du patrimoine mondial

Les soldats en terre cuite de Qin Shi huang

soldats terracotta qin shi huang : mausolée de l'empereur : entre mythe et réalité

herodote.net : Qin Shi Huangdi - L'armée immortelle de l'empereur Qin

Hélène de Ribaupierre : travail de mémoire de Bachelor en Système d’Information

lactualite.com : l'armée millénaire de l'empereur de Chine

Liberation.fr : la nouvelle garde de l'empereur

wikipedia.org : Mausolée de l'empereur Qin

blogs.mediapart.fr - Yves Faucoup - Armée en terre cuite : le tyran se cache dans les détails

rtbf.be - les fouilles reprennent dans le mausolée de l'empereur Qin

maxisciences.com : les soldats de l'armée en terre cuite portaient de redoutables armes

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 http://www.voyage-chine.com : L’armée de soldat en terre cuite de l’empereur Qing

guide-de-voyage.com : L'armée enterrée de soldats en terre cuite - Chine 

 

 

16 mars 2015

Achala, nomade, Achala, Rabari.

Nouvelle publication d'un dessin déjà présenté en août 2014.

 

En consultant -en bas d'article- les mises à jour régulières,

-LA DERNIERE EN DATE CE LUNDI 4 AOUT-

vous verrez progressivement grandir ce portrait d'Achala le Rabari

et connaîtrez l'histoire et le mode de vie de ce peuple nomade.

LUNDI 30 JUIN 2014

 "Là où mes mines me mènent ..."2734466719.gif

 

Dès ce mercredi 2 juillet, en ce début de mois de vacances et de voyages, c’est vers le nord de l'Inde que mes mines guideront mes pas, jour après jour, en votre compagnie si le voyage vous tente, à la rencontre des Rabaris, ce peuple qui parcourt les territoires du Gudjarat, du Pendjab, du Harayana et du Rajasthan, le long de la frontière avec le Pakistan ; nous voyagerons à la faveur d'un dessin évolutif que je vous avais déjà proposé à pareille époque sur mon blog précédent il y a 3 ans, un dessin agrémenté de quelques superbes photos d'artistes de renom et de diverses explications glanées sur la toile quant au mode de vie de ces nomades aux origines lointaines et méconnues, au futur incertain.

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Venez avec moi à la rencontre d'Achala, un Rabari, berger comme ses frères !

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MERCREDI 2 JUILLET

Ce peuple de pasteurs nomades, depuis des siècles et des siècles, parcourt les territoires du Gudjarat, du Pendjab, du Harayana et du Rajasthan, situés le long de la frontière avec le Pakistan. 

 

Rabari signifie « hors du chemin ».

 

Ils seraient originaires du Baluchistan (une région du Pakistan), et auraient migré vers l'Inde il y a plus d'un millénaire.  Certaines sources les apparente parfois au peuple des Tsiganes.  Le mythe décrivant les origines des Rabaris raconte que leurs hommes ont épousé les Apsaras, ces demi-déesses, des nymphes célestes à la beauté séduisante qui habitaient les cieux et les airs et marchaient sur l’eau.

Chez les Rabaris, la plupart des hommes portent un costume composé d’un large pantalon blanc orné, parfois, de discrets motifs de couleurs, et d'une chemise courte -blanche également- avec de longues et amples manches.  Achala, vous le verrez, fait honneur à la tradition : un turban immaculé complète le plus souvent ce costume.  Ils arborent parfois deux grosses boucles d’oreille de forme semi-conique assez lourdes appelées « Toliya »qui traversent le cartilage de l’oreille de part et d’autre : Achala n'en portera pas, vous le verrez, mais à la place, il a choisi... mais cela, il est encore un peu tôt pour en parler, attendons que le dessin vous le révèle bientôt !

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mise à jour du SAMEDI 5 JUILLET.

LA VIE DE NOMADE AVANT 1947 ... 

Depuis des siècles, basés dans leur région ancestrale du Kutch, les Rabaris partent en transhumance -sitôt la mousson estivale terminée- et sillonnent les plaines à la recherche de pâturages, en parfait accord avec les paysans des régions traversées, selon un mode de vie séculaire, rythmé par les saisons et les besoins de leurs troupeaux de chameaux, dromadaires, vaches, chèvres et moutons.

Depuis des siècles. 

Jusqu’en 1947.

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(Les agneaux, trop faibles pour parcourir de longs trajets, sont ménagés !)

Jusqu'en 1947, jusqu'à ce que la "révolution verte" lancée alors par le gouvernement indien

bouleverse progressivement, complètement et irrémédiablement leur vie. 

 

LA VIE DE NOMADE APRES 1947 ...

Une nouvelle politique agricole plus intensive, instaurée afin de nourrir une population humaine en pleine expansion, a mené à un épuisement des sols et, pour de multiples raisons que je tenterai de résumer bientôt, a obligé les Rabaris à abandonner leurs zones de pâture traditionnelles, à mener toujours plus loin leurs troupeaux, essentiellement composés de nos jours de chèvres et de moutons, et à devenir progressivement semi-nomades : en 2010, l’on estimait que seulement 2% de Rabaris sont encore nomades.

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Beaucoup vivent dans de petits hameaux de huttes rondes aux murs de boue et toits de chaume. 

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Sous une chaleur accablante, les hommes continuent, inlassablement, à sillonner -les routes cette fois– en quête de nouveaux pâturages, souvent en butte à l'hostilité des cultivateurs locaux qui les voient maintenant comme des envahisseurs, souvent en butte au racket et au mépris, pendant que les femmes redoublent d’astuce et d’intelligence pour vendre la laine et le beurre clarifié près des commerçants des villes proches.

Plus encore que le turban, c'est l'étoffe de la chemise d'Achala que j'ai aimé dessiner : vous la découvrirez bientôt... 

Davantage encore, le visage, ridé à souhait, m'a intéressé. Quel plaisir pour moi de le détailler ! En voici les premiers traits, ici, et ci-dessous.

Enfin, et surtout, j'ai craqué pour ses moustaches, de belles bacchantes...

Vraiment : j'ai littéralement jubilé en les dessinant, poil après poil !

 

 

 

 

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mise à jour du MARDI 8 JUILLET.

LES RABARIS : en voie vers une lente et inéluctable disparition ?

Le gouvernement indien, par sa révolution verte de 1947, a tenté de protéger les terres agricoles des dégradations dues à l’érosion et a procédé à des plantations d’arbustes qui, envahissant aussi les terres incultes que les Rabaris avaient coutume d’utiliser, ont condamné leur accès et limité les parcours traditionnels de transhumances.  Ces plantations se répandant le long des routes, les pasteurs ont même été contraints de se déplacer en leur bordure, cette situation provoquant ainsi des risques pour le bétail et de graves perturbations pour la circulation.

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Auparavant, les régions réservées aux cultures et celles propices à l’élevage étaient bien distinctes et les pasteurs n’entraient guère en concurrence avec les paysans locaux.  Par certaines réformes, le gouvernement a progressivement incité ces derniers à élever eux-mêmes d'autres espèces de bovidés.  Les vaches indigènes des Rabaris, dont les productions telles que les bouses pour la fumure, les peaux ou la traction étaient autrefois hautement appréciées par les agriculteurs que les nomades côtoyaient lors de leurs déplacements, ont alors perdu de leur valeur.  En tant que mode d’existence, le pastoralisme a par voie de conséquence été hautement déprécié car l'élevage intensif des buffles a été privilégié sur les exploitations agricoles comme source principale de revenus, les agriculteurs conservant désormais les résidus de cultures pour leurs propres animaux plutôt que de laisser les pasteurs les utiliser. 

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L’agriculture s’est intensifiée et des champs qui demeuraient toute l’année en jachère –prisés par le peuple nomade– ont désormais été exploités toute l’année pour des cultures et un élevage rentables, allant même parfois jusqu’à bloquer l’accès aux points d’eaux pour les pasteurs.  Les engrais chimiques ont supplanté le fumier autrefois tant apprécié.  Les rapports se sont détériorés, querelles et tensions sont venues remplacer l’harmonie d’antan, laissant le peuple des Rabaris, les frères d'Achala, dans la perplexité et l'incompréhension.

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Parlons aussi du secteur industriel : lui qui reposait autrefois sur le textile, et donc profitait aux Rabaris éleveurs, s’est diversifié avec l’exploitation de minéraux comme le bauxite, ou du pétrole et du gaz naturel.  En conséquence déplorable,  les nouvelles industries se sont souvent implantées sur des terres marginales, sources de fourrages pour les pasteurs au cours de leurs migrations.

Enfin, l’évolution climatique -ce réchauffement qui affecte la planète entière- ne joue pas non plus en faveur des Rabaris.  Ces dernières décennies, une tendance à des sécheresses prolongées répétitives est apparue,  ce qui a perturbé la croissance des végétaux en détruisant les graines et appauvrissant les terres : la détérioration croissante des sols a réduit le nombre et la variété des espèces fourragères disponibles.


MISE A JOUR DU SAMEDI 12 JUILLET 

Le crépuscule des Rabaris

  Devront-ils perdre leur identité pour survivre ?

 

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Le crépuscule des Rabaris

2528017748.jpg  Hier, une vocation, aujourd’hui, un commerce. 

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Où qu'ils aillent, les Rabaris doivent désormais payer les agriculteurs qui ont cessé de les accueillir sur leurs champs en toute liberté.  Les redevances des contrats de pâture, établies pour une durée spécifiée, se négocient entre les villageois - qui décident le plus souvent des prix - et les chefs de tribus : il est du devoir des pasteurs de ne pas transgresser les règles du système, sans quoi ils ne seront plus acceptés dans le voisinage.

 

CREDIT PHOTOGRAPHIQUE : ©Meena Kadri

En conséquence, les Rabaris perçoivent de nos jours le nomadisme tout autrement : ce n’est plus une vocation mais un commerce !  Incités par le gouvernement qui leur octroie prêts, assurances, voire même aide financière lors des années de sécheresse, ils se lancent, bon gré mal gré, dans celui de la laine –pour la confection de vêtements et tapis– et dans la vente d’animaux sur les marchés locaux (la vente de bovins pour la consommation humaine constitue encore une infraction morale, mais  les ovins et caprins fournissent une viande non interdite par la tradition hindoue).  La vente de lait - jadis tenue comme un délit semblable à la vente de sang – entre également dans les mœurs. 

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©Michael Sheridan

Puisque les pasteurs n’ont qu’une connaissance très limitée de l’économie de marché, ils ne savent pas grand-chose de l’âpre concurrence qui joue entre les négociants d’ovins et de laine ; avec la fluctuation des prix, ils reçoivent parfois moins d’argent pour leur laine ou leurs moutons que lors de la transaction précédente et pensent avoir été floués ; ils ont le sentiment d’être trahis par ceux en qui ils avaient confiance.

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©Steve McCurry

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 MISE A JOUR DU MARDI 15 JUILLET

 S’adapter par la sédentarisation, l’éducation et le changement d’activité.

S’il ne reste que 15 ou 20 moutons et chèvres, un membre de la famille gardera le troupeau pendant que les autres –y compris femmes et enfants- rechercheront un emploi salarié comme main-d’œuvre non qualifiée : manœuvre pour creuser l’argile, travailleur dans les champs, ouvrier dans les mines de sel, garde de nuit sur des chantiers de construction, employé dans des stations-service et des commerces.  Le domaine des transports les attire également : voyager est dans leur sang. 

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Pour permettre cette intégration par le travail, ils considèrent que l’enseignement, vital, leur permettra de développer de nouvelles opportunités d’abandonner leur mode de vie inadapté à ce monde moderne auquel ils veulent s’intégrer pour survivre. Pour ces adultes analphabètes -qui parfois n'ont ni emploi ni papiers officiels pour attester de leur existence- gagner un statut reconnu est un vrai défi et ils ne veulent pas que leurs enfants rencontrent les mêmes problèmes ; mais faute d’écoles mobiles, la scolarisation ne peut vraiment concerner que les familles sédentarisées. 

Des choix de vie importants conditionnent et bouleversent leur vie et de telles décisions ne peuvent être prises à la légère ...

... sans le conseil des anciens ...   ... sans le soutien des proches ...

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Photo © Angshuman Chateerjee Photo © Angshuman Chateerjee

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Photo © Caleb Coleman 

De plus, très conscients de l'impact négatif que l'école peut jouer sur le tissu culturel de leur groupe ethnique, ils souhaitent un système d'éducation qui respecterait leurs valeurs morales et religieuses, leurs traditions, leur style de vie de nomades. Les écoles formelles des villages voient à peine la réalisation de ce projet d'éducation. Les valeurs des groupes minoritaires ne sont-elles pas réduites par les messages traditionnels des textes d'école ?  De plus, il n'y a que très peu d'enseignants d’origine rabari qui puissent être des exemples pour les enfants et pour les jeunes gens de la communauté.

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Photo © Mitchell Kanashkevich  

 

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MISE A JOUR DU VENDREDI 1er AOUT 2014

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Le crépuscule des Rabaris

Devront-ils cesser d’être qui ils sont pour pouvoir survivre ?

Devront-ils cesser d'être... pour pouvoir survivre ?

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 Les tatouages, une affaire de femmes ...

Les Rabaris font partie des peuples les plus tatoués d'Asie. 

Traditionnellement, le tatouage incombait -et était destiné- aux femmes qui, munies d'une longue aiguille,  représentaient des motifs compliqués sur les jambes, bras, mains, cous et visages, motifs qui assuraient la fertilité, protégeaient des dangers extérieurs et racontaient leur vie, celle des chameliers nomades du désert du Gudjarat.  Très fréquemment, on retrouvait le symbole du puits sur les avant-bras : avec un climat essentiellement sec, il représentait la vie pour ces nomades qui voyagent.  L’encre se composait d’un mélange de charbon noir et de colorants naturels.  Les mères tatouaient leurs filles dès l'âge de trois ans et jusqu’à leur mariage à 20 ans, car une femme non tatouée n’était pas considérée comme attrayante et ne pouvait attirer un mari.

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Il y a une trentaine d'années, la machine à tatouer a remplacé les aiguilles.  Des tatoueurs ambulants –qui utilisent dorénavant de l’huile de noix de coco et du kérosène dilué dans de l’eau- ont repris le rôle autrefois dévolu aux femmes.  Cependant, leur méconnaissance de la symbolique rabari a provoqué une dégradation de la tradition, qui disparaît peu à peu au nom du progrès et de la modernité issus du monde occidental et valorisant des images de femmes modernes à la peau claire.

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  all photo © Daniel Pissondes

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Le crépuscule des Rabaris

Devront-ils cesser d’être qui ils sont pour pouvoir survivre ?

Devront-ils cesser d'être... pour pouvoir survivre ?

Des femmes monochromes  ...

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  photo © Angshuman Chatterjee

Les femmes portent un long châle noir, puisque les moutons des Rabaris sont souvent noirs, châle appelé « lobadi » ou « ludi » et qui recouvre la tête, allant parfois jusqu’à voiler entièrement le visage lorsqu’un homme étranger à la famille apparaît.  Dessous s’entrevoit une blouse courte ornée de broderies colorées et rehaussées d’or et d’argent, blouse ouverte dans le dos et dont les pans sont reliés par des lacets.

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    Des femmes monochromes aux couleurs chatoyantes ...

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photo © Angshuman Chatterjee 

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photo © Angshuman Chatterjee 

De tous temps, les femmes brodent pendant leur temps libre et transmettent leur savoir-faire aux jeunes filles.  La broderie joue un rôle primordial dans leur vie : c’est une obligation sociale et une monnaie d’échange lors des mariages, mais aussi l’expression matérielle de leur culture.  Chaque point, chaque motif, chaque dessin -et la manière dont ils sont réalisés-, les occasions auxquelles les étoffes sont portées, tout a une signification et permet de distinguer la provenance du tissu par ses broderies.

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photo © Angshuman Chatterjee

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photo © Angshuman Chatterjee

 

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 MISE A JOUR DU LUNDI 4 AOUT

«J’avais remarqué un sac aux finitions délicates, le tissu était brodé de couleurs chatoyantes et parsemé de miroirs» écrit Judith Frater, anthropologue américaine qui se bat pour la survie des artisanats locaux et a partagé plusieurs mois la vie de ce peuple nomade."

    «The Threads of Identity» (1995) [Tissus identitaires].  

“C’était à la fois naïf et vivant, les miroirs en forme de cœurs et les couleurs vibrantes étincelaient joyeusement pour créer un autre univers.  J’étais comme hypnotisée.»

“J’ai été frappée par ces femmes mystérieuses enveloppées de noir, dont je n’apercevais qu’un œil à travers l’entrebâillement des portes. Qui étaient ces femmes de l’ombre ? Comment leur existence monochrome leur permettait-elle de créer ces broderies exubérantes ? A quoi pensaient-elles quand elles brodaient ces motifs si expressifs ?”

   

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Les motifs de chameaux, de paons et d’éléphants rappellent leurs origines de chameliers et leur lignée royale, et les scorpions, l’acacia et les femmes qui portent de l’eau évoquent l’âpreté de la vie dans le désert.  Les miroirs sont des parures, mais ils sont également destinés à aveugler et à désorienter les esprits malfaisants ainsi qu’à protéger leurs enfants du mauvais œil.

 

photo © Retlaw Snellac

De nos jours, l’art rabari résiste pourtant mal aux pressions du monde moderne.  De plus en plus de femmes se sont mises à travailler et consacrent donc moins de temps à la broderie, préférant même orner leurs vêtements de passements en tissu synthétique brillant, ou utiliser la machine à coudre ; la laine est délaissée pour le polyester, et les motifs anciens du désert comme les paons et les oiseaux sont remplacées par des motifs plus urbains et futiles comme des tracteurs et des motos.

 

Oui, les Rabaris ont déjà cessé ...

d'être ce qu'ils sont ... ... pour pouvoir survivre !

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Photo © Hervé Blandin

   Photo © Hervé Blandin

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 Mes principales sources d'information :

 http://www.decomood.com/s/18599_94990_les-rabaris-font-le...

http://www.trekearth.com/gallery/Asia/India/West/Gujarat/...

 http://www.touarek.org/BODYART/histoire_tatouage.php

http://www.kustomtattoo.com/tatouage-piercing-paris-tatoo...

http://fiveprime.org/hivemind/Tags/rabari,tattoo

http://www.courrierinternational.com/article/2005/08/04/b...

http://art.ba.meunier.free.fr/index.php?option=com_conten...

http://www.hommes-racines.fr/peuples-les-rabaris/page_4kk...

http://ngm.nationalgeographic.com/2010/02/nomads/mccurry-...

http://ngm.nationalgeographic.com/2010/02/nomads/lancaste...

http://www.photoradar.com/photos/757/ffotolady/rabari-elder

http://www.eenet.org.uk/resources/eenet_newsletter/news4_...

http://books.google.be/books?id=_xb59d1KcC0C&pg=PA11&lpg=PA11&dq=les+rabaris&source=bl&ots=XAR29Px07c&sig=0uYPSrYJH95JWZT4J2cfM9GUEaE&hl=fr&ei=3xYPTqPaCcyZOp_CobgL&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CBcQ6AEwADgo#v=onepage&q=les%20rabaris&f=false

http://indiahistoryspeaks.blogspot.com/2008/07/rabaris-of... 


Depuis le 30 juin, au gré des mises à jour de cet article,  vous m'avez accompagné, aussi attentivement que fidèlement je l'espère, tout au long du cheminement de ce dessin évolutif, de ce portrait d'Achala le Rabari, de ce magnifique berger nomade de l'Inde !  

Le voici enfin terminé, tout vêtu de blanc, sa barbe (un des pans s'est décroché) suspendue aux oreilles par un collier de fines perles, de part et d'autre d'un visage aux traits amaigris, le regard empli de tristesse peut-être, mais d'une grande fierté, sans aucun doute ; et chargé d'interrogations...

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 "ACHALA, LE BERGER NOMADE RABARI" -  25 x 37 cm

Le voici donc : ci-dessus, en dessin, ci-dessous, en photo.

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Au gré de mes recherches pour élaborer cet article, j'ai découvert sur l'internet que le mensuel "Sciences et Avenir" avait publié en novembre 2009 un article intitulé "Le voyage sans fin des Rabaris".  J'ai très vite réussi -grâce à la redoutable efficacité de la bibliothécaire de ma ville- à me procurer ce numéro 753 qui m'intéressait, vous vous en doutez, au plus haut point.  Permettez-moi, à l'occasion de la présentation de mon dessin achevé, de vous présenter ce texte en intégralité : il me paraît compléter à merveille mes articles. Ensuite, je vous proposer de visionner une vidéo -en anglais- tout aussi judicieuse !

De vrais reportages de journalistes et cinéastes

partis vivre quelques semaines parmi les Rabaris,

que vous pouvez découvrir en cliquant sur le dessin d'Achala ci-dessous !

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14 novembre 2014

Lalibela, version sculpture, version Tifet.

MISE A JOUR DE L'ARTICLE EN BAS DE PAGE LE VENDREDI 14 NOVEMBRE

 

MARDI 11 NOVEMBRE 2014

Bonjour !  

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Vous vous en souviendrez sans doute, si vous me suiviez à l'époque sur mon précédent blog...

En automne 2011, lorsque j'avais présenté ce dessin de Lalibela, je n'ignorais pas qu'une amie internaute, Tifet, passionnée de sculpture -l'un de ses brillants talents- s'était lancé le périlleux défi de représenter, en trois dimensions et en argile, ce visage... (après m'avoir auparavant contacté pour que je lui envoie à cette fin, outre une bonne reproduction de mon dessin, la photo qui l'avait inspiré).

Je me souviens comme je me réjouissais de découvrir cette sculpture ...

Je ne doutais guère de la réussite de ce projet artistique : le talent de Tifet est énorme !  Elle avait permis, par exemple, de faire revivre, d'une certaine manière, sa grand-maman Laure, en la modelant de main de maître d'après ses souvenirs et une simple photo d'identité... Ou encore Gandhi, magistralement ressuscité. Voyagez dans son blog : outre sa passion pour l'Egypte, vous y découvrirez d'autres superbes œuvres !

Voici donc, sans plus attendre, Lalibela, version "sculpture" de Tifet, avant séchage et donc non cuite, et en parallèle Lalibela, ma version "dessin" !  

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Lalibela en terre non cuite et avant séchage

Lalibela, dessin original

 "Quelle ressemblance !  Quelle réussite !"

Au-delà de cette admirable similitude, je retrouvais avec grande émotion ce regard qui m'avait tant bouleversé lorsque je l'avais dessiné, ce regard empli de tristesse et de résignation, ce regard usé mais fier et serein d'une vieille dame que la vie n'a sans doute jamais épargnée !

Permettez-moi de vous demander de revenir ce vendredi 14 novembre : je résumerai ici, tel que je l'avais perçu, tout le processus de réflexion et de création -rempli de doutes et d'incertitudes- qui avait amené Tifet, après la cuisson, à patiner sa sculpture afin d'obtenir un résultat final merveilleusement réussi. 

VENDREDI 14 NOVEMBRE 2014

Mardi, je vous ai montré "Lalibela en terre non cuite et avant séchage"...  Il s'agit ensuite de laisser le temps nécessaire à la terre pour sécher progressivement et parfaitement.

A ce moment, Tifet m'explique qu' après cuisson à 1300 degrés, Lalibela devrait prendre une couleur "pain brûlé" ; j'ai un peu la trouille ! ajoute-t-elle.

Quelques jours plus tard, comme tous les lecteurs de son blog, je découvre la sculpture enfin cuite que ces mots accompagnent : Elle aurait dû être couleur "pain brûlé" ... elle est plus claire avec quelques touches plus foncées, je crois que je vais la laisser comme cela, à l'état "brut".  Une patine ?  Peut-être pas...  Donnez-moi votre sentiment !

 

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Lalibela après cuisson

En toute sincérité, j'avoue alors à Tifet, à demi-mots, ma déception "... tout en la trouvant très belle, pour les raisons évoquées la première fois que je la vis sur votre blog, je dois avouer que je la préférais dans sa couleur d'origine non cuite, non sèche même...  Je pense que Lalilela me plairait mieux avec une patine foncée... " Elle partage mon avis car elle me répond : Je vous comprends Jean-Claude car quand je l'ai récupérée chez le potier, j'ai été un peu déçue par son teint !  Je la voyais plus foncée, plus proche de la photo d'origine.  Alors maintenant, j'ai un vrai problème, comment la patiner ?  il faut que je fasse des essais, à suivre donc, j'ai encore du boulot... ! 

Bien plus tard, un nouvel article paraît.  Aujourd'hui, elle est terminée ...  Après avoir longtemps hésité, cherché, fait des essais, j'ai suivi mes envies, ça a été laborieux, long, j'étais pleine de contradictions et voilà, j'ai osé : j'assume pleinement ce qu'elle est devenue.

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Pour les vêtements, j'ai fait une patine au lait chaud avec des pigments de blanc, pour le visage j'ai d'abord commencé par faire les rides (tous les creux) en cire marron foncé au pinceau, puis j'ai passé ensuite une cire plus claire sur tout le visage en plusieurs couches en essuyant au chiffon, puis de la cire noire au chiffon par endroits comme les sourcils ou le menton, le creux des yeux, tout en laissant ces petits points blancs lumineux dans les yeux pour "illuminer son regard".

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J'éprouve une profonde admiration, un coup de foudre instantané pour cette "nouvelle" Lalibela, que je découvre aussi belle qu'en réalité (du moins, que la profonde réalité que ce visage exprime, puisque de cette Dame nous ne connaissons que la photo).

Au-delà de mon émerveillement, au-delà des émotions que cette sculpture de veille Ethiopienne parvient à susciter en chacun et que je ressens probablement, j'épinglerai tout particulièrement le talent et la volonté de Tifet...  Quelque peu déçue, comme moi, par la couleur de la peau "après cuisson", n'a-t-elle a décidé de se lancer dans ce périlleux travail de patine, au risque de tout gâcher ?  Il fallait oser prendre ce risque et elle a relevé ce défi, avec talent : magistralement !  A en juger par les commentaires déposés sur son blog, personne, d'ailleurs, n'a pu rester indifférent et ignorer Lalibela : jugez-en par  vous-même en lisant ces quelques extraits.

Elle est époustouflante !!!  Epoustouflante de vérité, de sentiments à fleur de peau... Elle est devenue une oeuvre d'art à part entière ; quelle maîtrise !  Quelle réussite totale. 

Tant de réalisme, devant tant de véracité.  L'humaine condition dans toute sa splendeur...  Dans les premières secondes, j'ai vraiment cru qu'elle allait me parler...  Et puis, lorsque nos regards se sont attardés l'un sur l'autre, elle m'avait parlé !  Ses rides, sa moue, l'inclinaison de sa tête, ses yeux qui longuement investirent les miens, tant elle me parla : je vis combien elle était belle, combien son âme était belle... 

Cela est de mon goût !!!  Ses yeux plein d'humanité sont là et il est certain que l'on a envie de lui poser des tas de questions sur ce qu'elle a vu et entendu durant sa longue vie !!!

Elle est belle et nous dit à chacun beaucoup de choses sur son histoire !!!

Bravo Tifet, Lalibela est encore plus expressive comme cela, la patine du temps lui ira si bien...

La patine lui va bien et d'ici quelques temps, lorsqu'elle sera moins "neuve", je pense que ce sera encore plus vrai !

C'est bien d'avoir osé, il faut toujours suivre son instinct.  Ce teint basané lui va bien et la rend très réaliste, le visage est buriné par la vie...

C'est magnifique !!! Pour mes yeux elle est vivante.  BRAVO !

Je suis conquise par ce visage buriné et j'admire le talent de l'artiste.  C'est très beau.

Génial, tu as super bien travaillé la colorisation de ton oeuvre.  C'est magnifique.  Quelle perfection !

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    Vous aurez compris, cher lecteur, que Lalibela, cette vieille Dame du Wollo,

pour Tifet comme pour moi, est dorénavant "notre" Reine d'Ethiopie !