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08 mai 2016

L'Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz, une étrange chapelle espagnole...

- une présentation progressive de dessin - 

- ultime mise à jour ce samedi 16 avril -

- prochain dessin fin du mois de mai -

 

Image du Blog ypjane.centerblog.net

DIMANCHE 3 AVRIL 2016

Chers lectrices, chers lecteurs, si vous saviez comme j'ai hâte de montrer à nouveau - cette fois sur ce blog hébergé par Hautetfort,- un dessin déjà proposé il y a près de sept ans sur mon précédent blog, dont les plus fidèles d'entre vous se souviendront peut-être !

C'est vers une chapelle espagnole que mes mines et moi-même vous emmenons...

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Au hasard de mes fréquentes pérégrinations sur l'internet à la recherche de photos susceptibles de susciter un dessin au portemine, j'avais découvert, un jour de 2008, par le plus grand des hasards, un surprenant édifice religieux. 

 

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Sans hésiter, j’avais préparé mes portemines et une grande feuille de papier, pris mes repères et tracé les premiers traits. En sélectionnant cette photo, j’étais convaincu d’avoir réalisé un bon choix. Par la suite, je n'avais pas désenchanté. Au fur et à mesure de l’avancement du dessin de cette étonnante bâtisse, je pressentais qu’elle disposait d'une valeur architecturale certaine, sans toutefois en savoir davantage...

J'avais bien vite découvert que cette chapelle est située en Espagne, dans la Communauté valencienne, une des dix-sept communautés autonomes d'Espagne (Comunidad autónoma), dont le castillan, langue nationale, est la langue principale. Elle porte le nom aussi long que charmant de "Ermita de la Nuestra Señora de la Huerta de Ademuz" ou encore "Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz". Dès le premier regard, ses proportions inhabituelles m'avaient surpris et séduit. 

Regardez ce large porche d'entrée et cette toiture supportée par deux colonnes : ne sont-elles pas étonnantes, disproportionnées même, comparées à l'ensemble de la bâtisse, à la petite et vieille porte en bois surmontée d’un majestueux demi-arc de cercle sur lequel quelques inscriptions sont encore visibles ?

 

          
 
La courbe de cette toiture qui semble s'affaisser me surprend tout autant...  Est-elle délibérée, ou au contraire la conséquence des outrages du temps ? 
Et j'aime beaucoup ces vieilles tuiles romaines antiques, qui me rappellent celles, souvent observées, de ces régions du sud souvent visitées, comme la Provence, la Toscane ou l'Ombrie...
Quel bonheur aussi de représenter tous les détails de la maçonnerie, ces tuiles savamment posées l'une sur l'autre, et cette porte étonnante...
 
                             
 
 
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MARDI 5 AVRIL 2016
 
Ce clocher aux cloches envolées, dominant à peine le portail d'entrée, je le trouve tout simplement ravissant.  On y aperçoit, creusés dans la pierre, leurs trous d'ancrage et des traces circulaires, sans doute le souvenir du régulier frottement de l'une d'entre elles. Sous ce clocher au côté droit du parvis de l'Ermita, les murs de pierre bien conservés, restaurés même, attestent de récents efforts de rénovation. 
 
          
 
Par contre, le mur du côté gauche recouvert de ciment en décrépitude attend probablement une bienvenue rénovation. Quant au dôme bombé à quatre faces, il est tout simplement... magnifique !
 
            
 
Cet autre dôme moins bombé et plus pointu, à droite et à l'arrière de la chapelle, rend à mes yeux l'ensemble architectural plus beau.  Je me demande à quelle partie de la chapelle il correspond ?  En observant attentivement la photo proposée en début d'article, j'ai l'impression que le chœur est construit sous l'autre dôme...
 
               

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JEUDI 7 AVRIL 2016

Vous souvenez-vous de ces quelques mots du début d'article "Je pressentais qu’elle disposait d'une valeur architecturale certaine" : vous imaginez certainement mon envie de découvrir l'origine et la valeur historique de cette Ermita !

D'emblée, lors de mes premières recherches, je suis confronté à une difficulté majeure : je ne récolte que peu de renseignements rédigés en langue française. Les sites rencontrés sont écrits en castillan (la langue officielle espagnole) ou parfois catalan : trop tard pour apprendre ces langues ! La fonction de traduction automatique disponible sur Google n'est pas toujours suffisamment performante pour oser entièrement s'y fier...  Alors, je me débrouille en parallèle avec un site de traduction en ligne et - puisque les langues que je compare sont chacune romanes - avec une bonne dose de réflexion et d'analyse des mots et phrases...

                                                    

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Un an plus tard, dans mon précédent blog, je présente le dessin.  Arrivé à cette étape de son avancement et de l'article qui l'accompagne, un commentaire inattendu, extraordinaire - signé Isabel López - s'affiche sur mon écran à la suite de l'article.  Je le reproduis tel quel ci-dessous...

Un hasard, je viens d'ouvrir votre blog, j'ai vu vos dessins et qu'est ce que je vois? La ermita de la Virgen de la Huerta, à 4 Km. du village oú j'habite. C'est pas fou??
Comme vous pourrez voir dans la wikipedia, cette église est située à "el Rincón de Ademuz", région naturel (comarque) dans la province de Valencia. Le vrai nom est en castellano "Nuestra Señora de la Huerta" ou "Virgen de la Huerta", parce que nous sommes castellanophones. Nous sommes trés proches a l'autonomie d'Aragón, à 30 Km. de Teruel, un enclave de Valencia entre les provinces de Teruel et Cuenca. Une sorte d'île, administrativement, parce que la culture ne connais pas les frontiéres. Avec la surprise j'oublié de vous dire que vos dessins sont trés beaux, merveilleux, je vous admire et félicite. Je vais vous envoyer des photos de nôtre region, si pauvre, si perdue, si belle et presque vide, il ne reste que la Nature, quelques vieux et très peux d'idéalistes. Je vais suivre la suite de votre travail. Saludos et vive le hasard !!!
Isabel López

Voici les links :
http://es.wikipedia.org/wiki/Ermita_de_Nuestra_Se%C3%B1or...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ademuz

J'écarquille les yeux : une dame a donc découvert, par un heureux hasard, mon dessin de cette chapelle qu'elle connaît très bien, puisqu'elle habite à proximité, à quatre kilomètres précisément ! Je lis et relis le reste du commentaire. Tout en me communiquant quelques renseignements géographiques fort intéressants, elle m'apporte d'emblée les précisions nécessaires qui me permettent de dénommer parfaitement cette Ermita. 

Ce serait passionnant, si elle acceptait de m'aider pour améliorer la suite de l'article !

                     

 

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SAMEDI 9 AVRIL 2016

Une passionnante collaboration permet la préparation de la suite de l'article, supervisée, critiquée, précisée, corrigée puis amendée par Isabel.  Un plaisir pour elle, si j'en juge par ses compétences : à ce moment en 2009, elle est responsable d'une ADL (agence de développement locale), ainsi que du Centre internet et du Point Info Tourisme du village. Je suis heureux de vous présenter le fruit de cette passionnante collaboration.

Que signifie ce nom Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz ?

De découverte en découverte, d'explication en explication, je découvre que cet édifice religieux est aussi appelé, dans certains documents écrits en catalan, Ermita de la Mare de Déu de l'Horta d'Ademús. La Mare de Déu se traduit aisément, vous l'aviez imaginé, par la Mère de Dieu. On lit encore en castillan Ermita de Nostra Señora c’est-à-dire l’ermitage de Notre-Dame. Ces dénominations varient donc en fonction de la langue. 

Une ermita signifie un ermitage : une simple chapelle, généralement exiguë, isolée dans la campagne, retirée loin des autres habitations et permettant une retraite pieuse et spirituelle.

Voici un cliché de l'Ermita pris à la fin du XIXe siècle, témoignant de son environnement de l'époque. Elle possède clairement les caractéristiques évoquées. Les plus attentifs auront observé que la porte d'entrée est obstruée par un tas de bois peut-être, ou plutôt un buisson ? Cette chapelle paraît abandonnée, comparée à la photo plus récente qui a servi de modèle à mon dessin.

Une Huerta est une zone agricole partagée en portions de terrain où l'on cultive fruits et légumes. De nombreux paysans en vivent ; les parcelles sont rentabilisées au mieux. Ces productions reposent également sur une bonne irrigation, climat oblige, très réglementée à cause des insuffisances en eau en certaines périodes.

La Huerta de Ademuz (horta en catalan, huerta en castillan) est une comarque espagnole de la Province de Valence. Qu’est-ce qu’une comarque ?  Ce terme "comarca" utilisé dans la péninsule ibérique (et en France avec les "comarques" dans les Pyrénées-Orientales) pourrait se traduire par contrée : il correspond plus ou moins à la notion de pays ou de région naturelle en France.

 

Une parenthèse historico-géographique s'impose. Depuis 1833, L’Espagne est partagée en 50 provinces qui forment l'essentiel de son territoire. Ces provinces, avant la Constitution espagnole de 1978, n'avaient pas de pouvoir, l'Etat étant centralisé. Depuis 1978, l'Espagne est décentralisée et structurée en 17 communautés autonomes, chacune composée d'une ou plusieurs provinces. La Constitution établit quels sont les pouvoirs respectifs de ces communautés (qui jouissent d'une assez large autonomie), selon qu'elles appartiennent essentiellement à l'Etat ou qu'elles soient partagées.

"Rincón de Ademuz" est une comarque de la Province de Valence située dans la Communauté valencienne - une des 17 communautés, Ademuz étant son centre administratif - qui reconnaît deux langues officielles, le castillan et le valencien, mais pas le catalan. Même si la plupart des mots sont identiques dans ces deux dernières langues citées, à Valence on parle le  "valencià" (en valencien) ou "valenciano" (en castillan). Dans la région de Rincón de Ademuz, 100 km à la ronde, le valencien n'est pas pratiqué, bien qu'il soit enseigné à l'école et que ce soit la langue officielle prônée par le gouvernement autonome. On y parle le castillan.

 
LES 50 PROVINCES
 
 

L’Espagne comprend 50 provinces qui forment l'essentiel de son territoire.

 

 

 

 

Ci-contre, la carte de ces provinces, avec la minuscule enclave "Rincón de Ademuz" appartenant à la Province de Valence, indiquée par des flèches sur la carte ci-dessous.

 LES 17 COMMUNAUTES

La comarque "Rincón de Ademuz" est séparée de son territoire principal et enclavée entre Castille la Manche et Aragon, deux autres communautés espagnoles.  La langue parlée est majoritairement le castillan.



 
 

L' "Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz" appartient donc à la Communauté valencienne dans laquelle la langue principale, parlée par 74% de la population, est le castillan.
              

Avant de vous quitter ce jour, je voudrais encore vous présenter deux étonnantes photos, glanées sur l'Internet, de l'Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz : je m'aperçois que je ne suis pas le seul à avoir eu un "coup de foudre"pour cette superbe autant qu'étrange Ermita !

photo by Tony Duarte (Flickr)

 

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photo by Rosa Dia Del Camp (Flickr)

 

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LUNDI 11 AVRIL 2016

Cet édifice médiéval du XIVe siècle, construit selon les caractéristiques propres au siècle précédent et en partie transformé ultérieurement, est considéré comme un joyau du patrimoine artistique de Valence. Selon la tradition, c’est Jacques Ier dit le Conquérant (en castillan : Jaime I El Conquistador), né à Montpellier(1208-1276), qui fit ériger la chapelle initiale au cours de son règne. Sa situation privilégiée sur les rives de la rivière Túria et le long d’une ancienne voie de communication va progressivement faire de ce lieu un sanctuaire d’une grande popularité.

Il ne me reste plus qu'à pousser le portail d'entrée : l'intérieur, paraît-il, n'est pas dépourvu d'intérêt. Je ne suis pas déçu : que de découvertes...

 

                                                    

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Isabel m'a envoyé une série de photos personnelles accompagnées d'explications écrites : plusieurs vues sous différents angles, gros plan sur le portail, dépassements de tuiles, divers détails de façade, et aussi, cerise sur le gâteau, clichés multiples pris à l'intérieur de l'édifice.

Cette Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz me passionne depuis que je l'ai découverte, vous l'aurez compris si vous suivez cet article que je lui consacre. En début d'article, j'avais écrit : "Regardez ce large parvis supporté par deux colonnes de pierre. N'est-il pas étonnant, disproportionné par rapport à la petite et vieille porte en bois surmontée d’un majestueux demi-arc de cercle sur lequel quelques inscriptions sont encore visibles..."

Regardez, apercevez-vous ces lettres en partie disparues ?

Vous êtes un peu loin, n'est-ce pas.  Approchez-vous... un peu plus encore...

Cette porte d’entrée de tradition romane est protégée par un portique soutenu par deux larges colonnes toscanes.  Elle offre à notre vue ce détail très intéressant, l'inscription qui nous occupe ce jour, en partie effacée au cours du temps, d’une phrase du Coran (psaume V,8) traduite en caractères hébraïques. Voici sa traduction en catalan suivie de la traduction française.

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Mes jo, per l'abundància de la teva gràcia, entraré a casa teva,

em postraré en el teu Temple Sant, en el teu amor.

Image du Blog ypjane.centerblog.netMais moi, par l'abondance de ta Grâce, j'entrerai dans ta maison

et je me prosternerai dans ton Temple Saint, dans ton amour.

Image du Blog ypjane.centerblog.net

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MERCREDI 13 AVRIL 2016

Parmi les photos qu'Isabel m'a envoyées, accompagnées de commentaires et explications, j'ai choisi de vous montrer celle de la porte d'entrée vue de face, avec ces inscriptions en partie encore  intactes : Isabel nous a ouvert l'un des battants pour notre visite guidée...

© Concha Tormo

 

   
Entrons dans cette "Ermita de la Virgen de la Huerta de Ademuz". Découvrons l'intérieur de cet étonnant édifice moyenâgeux.
La lecture d'extraits du livre "Ademuz y su patrimonio histórico-artístico" écrit par Raúl Eslava Blasca, proposé en format PDF sur internet, nous a permis de préparer la visite guidée qui suit...

     
Sans conteste, cette Ermita de Ademuz est, parmi les œuvres architecturales qui ont survécu au fil des siècles dans ces terres du nord-est de l’Espagne, celle qui brille le plus par sa singularité et son état surprenant de conservation, bien qu’elle fut longtemps négligée au cours des siècles précédents. De facture romane, c’est le bijou le plus remarquable du patrimoine artistique de la Communauté valencienne et un bâtiment d’une grande valeur, historique par ses origines du Moyen Âge d’une part, religieuse et sentimentale d’autre part grâce à l’attrait qu’elle inspire aux touristes et pèlerins qui la visitent et y prient. 

Malgré cette importance, l'édifice était pourtant peu étudié par les historiens de l’art jusqu’en 1996. Depuis, heureusement, le niveau des connaissances de la richesse historique du bâtiment a sensiblement été accru par les recherches de Raúl Eslava Blasco et d'utiles restaurations ont été effectuées.
 
Cette ermita répond à un modèle de typologie architecturale bien défini appelé "iglesias de conquista", que l’on pourrait traduire par "église de conquête" (destinée à développer le culte du christianisme dans les nouvelles terres conquises par l'Islam).
Construite à l’origine sur un plan rectangulaire, elle bénéficie d’une toiture en bois, reposant sur six arcs gothiques disposés longitudinalement et sur des piliers massifs, créant ainsi une nef centrale deux fois plus large que les deux latérales ; on peut aussi y admirer un jubé et un chœur avec balustrades en bois.
             

 
     
         
   

 
Cette construction originale du XIIIe siècle a donc subi, tout au long de son histoire, divers agrandissements, en accord avec les nouvelles modes et les goûts architecturaux des époques qui ont suivi sa conception. Ainsi, deux chapelles collatérales au sanctuaire ont été ajoutées fin du XVIe siècle et redécorées au siècle suivant.
 
J'aime beaucoup cette charmante coupole octogonale ornée d'une décoration picturale certes endommagée, mais digne d'intérêt : très lumineuse, construite sur pechina*, elle est le résultat d'un agrandissement profond du sanctuaire en pleine époque baroque et terminé en 1673.
* pechina

("una pechina", c’est un triangle curvilinéaire, soutenant une coupole

et permettant de passer d’un plan carré à un autre circulaire.)

 

La chapelle St-Antoine de Padoue (Sant Antoni de Pàdua) (1673), adossée au mur sud de la  construction initiale, a constitué le dernier ajout à l'ermitage médiéval. 

Bien qu'elle ait été
érigée au XVIIe siècle, elle reproduit en grande partie la conception spatiale du sanctuaire puisque son plan est similaire et se compose également d'une coupole sur pechina.
         

Cette chapelle est bien visible sur la photo ci-dessous, à droite et à l’arrière de l’Ermita, qui me permet de trouver l’explication de ce dôme pointu mais légèrement bombé situé du côté droit et qui m’intriguait lorsque je le dessinai.
 
 
                  

 

 

A l’intérieur de l’Ermita, des pilastres d'ordre corinthien soutiennent des décorations picturales de moindre qualité, avec des motifs floraux, de vases blancs ou d’angelots sur un fond rose.

Datant pour la plupart du XIXe siècle, ces frises furent peintes dans le style élisabéthain, tout comme ces rubans rouges et les encadrements floraux sur les espaces plats sous la coupole et les mur
s.

 
     
 
     
 

Il reste cependant quelques fragments de peintures originales, possiblement médiévales, qui affleurent au-dessous des plafonnages décoratifs modernes et permettent aux experts de bien évaluer la construction comme étant d'époque romane.

   
 

 
La visite vous plaît-elle ?  Je vous invite, dès ce vendredi 15 avril, à la poursuivre, avec la présentation d'autres richesses artistiques de cette Ermita.
 
Image du Blog ypjane.centerblog.net

VENDREDI 15 AVRIL 2016

Poursuivre cette visite..., disais-je il y a deux jours ; et l'achever, bientôt !
 
Mes lectures m'ont aussi appris que cette chapelle abritait sous son toit un grand et magnifique retable du XVIIe siècle nommé  "Retable de Saint Jean Baptiste" (Retablo de San Juan Bautista). Ce chef-d’œuvre aurait été réalisé en 1681 et est malheureusement introuvable depuis 1930. Il n'en subsiste que des photos...
 
A l'origine simple meuble de bois ou de pierre dont la fonction semblait surtout utilitaire (en quelque sorte, des gradins destinés à recevoir des objets liturgiques), un retable est une construction verticale, en arrière de la table d'autel, portant des décors sculptés ou peints et ayant plutôt une dimension décorative liée à la fonction religieuse.
Si on le rencontre
à partir du Moyen Âge, c'est aux 17e et 18e siècles qu'il prend de l'importance, en devenant une véritable œuvre d'art. Son iconographie évoque essentiellement la vie du Christ, de la Vierge et des Saints.
 
 
Retablo de San Juan Bautista. Círculo del Maestro de Perea. Ermita de Nuestra Señora de la Huerta. Ademuz.

Photo :  Arxiu Mas, 1932

Le "Retable de Saint Jean Baptiste" n'échappe pas à la tradition et présente parmi d'autres sujets l’Annonciation de l’Archange Gabriel, Saint Jean l’Évangéliste, la Vierge des Douleurs, Sainte Barbara, Sainte Lucie, etc. Il semble qu'à l'époque des quatre prises de vue que je vous en propose, le curé de la localité ait décidé de déplacer retable, peintures et autres objets de valeur, de l'ermita moyenâgeuse à l'église paroissiale. Depuis, toute trace de cette œuvre a disparu.
 
 

"San Miguel"

Photo : Arxiu Mas, 1932

     

  

"Virgen de la Humildad"

Dios Padre y Anunciación en los guardapolvos.

Photo : Arxiu Mas, 1932

 



"San Sebastián"

Photo : Arxiu Mas, 1932


Pour le plus grand bonheur des historiens, l’Ermita abrite encore sous son toit deux autres œuvres artistiques historiquement intéressantes. 

La chapelle a conservé jusqu’à nos jours une peinture sur bois de "la Vierge au Lait", un tableau de l'école valencienne du XVe siècle attribué à Reixach. Je ne puis malheureusement vous en montrer une photo. 

Par contre, l'on peut encore admirer ici-contre, peinte sur un pilastre, l’effigie de Marie Madeleine (La figura de María Magdalena).
                                            
 
Déjà, depuis quelques décennies, quelques fragments de cette peinture murale restaient apparents et laissaient présager d’une œuvre d’origine ancienne, qui fut par la suite révélée par des méthodes peu orthodoxes, à coups de marteau égriseur, au temps de la construction de l' (horrible) institut d'enseignement secondaire limitrophe.
 


 
Peut-être animé par la découverte, l'auteur anonyme de cette maladroite restauration a ensuite essayé d'enlever la couche de plâtre à base de gypse présente à divers endroits des arcs gothiques, avec l'envie évidente de trouver de nouvelles peintures.

Cette intervention agressive a certes abîmé certaines œuvres picturales anciennes. Cependant, comme il n'existe pas mal qui par bien ne finisse, l'action a mis en évidence qu'une série de peintures murales ornaient - par le passé - l'Ermita, quelques fragments de ces  décorations étant déjà devinés dans certaines zones ; ces peintures, nous le verrons plus loin, sont aujourd'hui considérées de grande valeur, à cause de leur caractère ancien et parce qu’elles comptent parmi les exemples  - peu abondants en ce domaine - conservés dans la Communauté valencienne.

    
   
    
Cette effigie de la première moitié du XVe siècle a fait l'objet d'une minutieuse restauration. Peinte sur un fond pâle gris bleuté, elle se trouve encadrée dans sa partie supérieure par une fine décoration crénelée dans des tons vivants orangés et ocre : une architecture succincte en manière de dais, qui évoque le lieu  d'origine de la sainte représentée, Magdala, ville fortifiée de Galilée avec à cette époque vingt mille habitants. Enfin, aucun doute n’est possible quant à l’attribution de cette effigie à Marie Madeleine, car  la composition picturale reste couronnée d'une inscription en lettres gothiques noires...

Une Madeleine

De forme élancée, parée d’une tunique d’un rouge criard, estampée de motifs floraux blancs, elle présente un beau visage ovale entouré de très longs cheveux blonds qui se prolongent des deux côtés du corps jusqu’à hauteur des genoux. Un fin collier de perles rouges et noires enserre le cou : avec les vêtements riches et la longue chevelure, il symbolise la vanité mondaine et se présente comme un témoin de sa vie passée dissolue.

À la main droite, elle exhibe son attribut le plus caractéristique : le flacon d'onguents destinés à laver les pieds de Jésus ou son corps après sa crucifixion. Remarquons le nimbe qui entoure sa tête, indicateur indubitable de sa sainteté.


     

Avant de nous séparer bientôt, je voudrais encore, chère visiteuse, cher visiteur, attirer votre attention sur les tuiles qui recouvrent l'Ermita. Veuillez me suivre à l'extérieur. Regardez : patinées par le temps, elles sont de couleur ocre clair, rosée ou grise, pour se fondre dans le paysage environnant. Ce sont ces tuiles canal dont je vous parlais avec admiration en début d'article...

 

            
 
       

On les nomme aussi "romaines" ou encore "arabes", car elles sont venues du Proche-Orient par la route de la soie - apportées par les Grecs et les Romains - et doivent leur forme à la technique du potier. Moulées directement sur la cuisse, elles sont incurvées, étroites vers le genou et plus larges vers l'aine. Cette forme leur permet d'être utilisées d'un côté ou de l'autre. L'assemblage des tuiles canal est simple : Il est fait sur voligeage horizontal, c’est-à-dire la pose d'un fin plancher latté sur lequel elles sont attachées. L'imbrication des tuiles de couverture dos au ciel, par-dessus celles d'écoulement, dos au toit, et leur  orientation côté large vers le bas, ainsi que leur superposition et alignement en tête-bêche, garantissent une isolation et une étanchéité efficaces contre tous les temps au fil des saisons. Du mortier ou quelques pierres les fixent par la partie supérieure pour résister aux vents ravageurs. Ainsi l'eau qui ruisselle sur le dos des tuiles de dessus et réussit tout de même à s'infiltrer est recueillie par le canal que constituent celles de dessous.

 
J'espère avoir été à la hauteur de la réputation de mon édifice "coup de coeur" ! L’ermitage de Notre Dame de l’Horta, ce joyau de l’architecture valencienne, constitue donc un résumé de styles artistiques, en vertu des agrandissements successifs réalisés pendant son histoire et des œuvres qu'elle contient ou a contenus. Je suis ému, pas peu fier même (veuillez excusez ce sentiment qui pourrait paraître, à tort, présomptueux), d’avoir pu la dessiner et  partager avec vous  toutes ces découvertes.

L'article n'est pourtant pas achevé, comme je l'annonçais au début de mon intervention de ce jour.  L'article, ou plutôt le dessin, incomplet...  En le comparant avec la photo, vous remarquerez peut-être une étrange différence...

 
    
 
SAMEDI 16 AVRIL 2016 
 
Il manque, un effet, un élément architectural important.  Concentrez votre regard sur les deux dômes à pans... Si celui de gauche, bombé, ne présente aucune anomalie, celui de droite, pointu, est inachevé: j'ai malencontreusement oublié d'en dessiner l'un des pans !
 
 
Cette erreur rectifiée, je vous présente à présent le dessin achevé !
(tout en vous donnant rendez-vous, pour le prochain dessin, à la fin du mois de mai)
 

 

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prochaine publication de dessin

à la fin du mois de mai
 
  de
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19 juin 2014

Un Tour à Pise, le temps d'un dessin, vous tente-t-il ?

 

PROCHAIN DESSIN LE LUNDI 30 JUIN  !

PROCHAIN DESSIN LE LUNDI 30 JUIN  !

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En consultant en bas d'article les mises à jour régulières,

dont la toute dernière ce jeudi 19 juin,

vous verrez grandir, étage après étage, le dessin de la Tour de Pise,

et connaîtrez quelques aspects de son histoire.


 

MERCREDI 4 JUIN : DESSIN DU REZ-DE-CHAUSSEE DE LA TOUR DE PISE

Après avoir, en avril dernier, refermé à double tour LA PORTE DU PARADIS (lien) de Florence, retournons, si le voyage vous tente, en Toscane.  Voulez-vous m'accompagner dans la ville de la plus célèbre des tours penchées ? Je vous propose un Tour à Pise.  Avec un dessin au portemine de 1990, qu'accompagnent mes photos de 2006, je vous emmène là où mes mines m'ont un jour mené, au pied de la Tour Penchée de Pise, et tout autour, aux alentours...  Puis, outre "ma" Tour, je vous en montrerai en veux-tu en voilà, des Tours de Pise, à vous donner le tournis, à vous faire perdre l'équilibre, à vous faire vaciller...

Aujourd'hui, ci-dessous, je vous propose d’admirer une photo de cet ensemble architectural qui compte parmi les plus harmonieux au monde : un cliché protégé par copyright, proposé sur un site internet par des spécialistes de la photographie aérienne par cerf-volant !  Je remercie très sincèrement ses auteurs pour l’aimable autorisation qu’ils m’accordèrent immédiatement, lorsque je les contactai en exprimant le souhait d'utiliser leur photo sur mon blog.  Elle illustrera idéalement la suite de cet article accompagnant étape par étape, étage par étage même, la publication du dessin,

en l'entamant par le rez-de-chaussée ...

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Approchons-nous, silencieusement, de la Place des Miracles : découvrons-la du ciel, tel un oiseau.

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Copyright © Ludovic Belchior, Anthony Levaufre et Fanny Poulain. 

- site internet "Survol de France" -


VENDREDI 6 JUIN : DESSIN DU PREMIER ETAGE DE LA TOUR DE PISE

Avant de découvrir ce premier étage de la Tour de mon dessin, flânons ensemble et admirons

la Piazza dei Miracoli, ce miracle d'harmonie !

Ce nom synthétise parfaitement l'admiration qu'éprouve immanquablement celui qui, parvenant du Ponte Solferino par la Via Santa Maria comme j'en eus moi-même le bonheur il y a 8 ans, embrasse d'un seul coup d'oeil la blanche pureté du marbre des monuments qui la composent, contrastant harmonieusement avec le vert éclatant du tapis herbeux.

 

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Lorsque je déambulai dans Pise pour partir à la découverte de ce site d'exception, je me souviens d'emblée avoir été particulièrement surpris par l'isolement singulier de ce vaste lieu où sont construits ces édifices sacrés, de ce large espace situé en bordure de l'habitat urbain, dans une position grandiose mais éloignée des préoccupations quotidiennes de la ville.

Quelques lectures historiques attentives centrées sur les origines de l'implantation du site m'ont permis de restituer à ce Champ des Miracles toute sa centralité dans la vie religieuse et civile de la ville de Pise.        

   

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A l’époque étrusque, Pise était déjà une grande ville qui se hissa progressivement par la suite au centre d'un réseau de parcours maritimes, fluviaux et terrestres, avec un arrière-pays capable d'offrir non seulement une vaste gamme de produits agricoles mais aussi du bois et des matériaux en pierre pour les constructions.  Au XIe siècle, la maîtrise du bassin occidental de la méditerranée place la ville côtière à la tête d’un négoce maritime de portée internationale et lui fournit les moyens financiers d’entreprendre, sur le Champ des Miracles, la construction d’une cathédrale dédiée à la Vierge Marie.  Le «temple de marbre blanc comme la neige»  de l’architecte Buscheto allait alors refléter, aux yeux du monde, célébrité et puissance, sur un lieu choisi comme siège de l'Église pisane depuis ses origines, antérieures au IVe siècle.  Si les plus anciens édifices sacrés n’existent plus de nos jours, les monuments que nous admirons aujourd'hui remontent au Moyen Âge, au temps de cette riche suprématie de Pise. 

C'est donc par cette origine antique que l'emplacement de la cathédrale perd son apparente marginalité et acquiert une centralité inédite qui aujourd'hui n'est plus perceptible.  Une rivière aujourd'hui disparue - l'Auser – sur les rives de laquelle était implanté le port fluvial - léchait alors le périmètre de la Piazza pour aller se jeter dans l'Arno.  A l'époque, les alluvions charriées par le fleuve menaçaient déjà le port d'ensablement.  Aujourd'hui, il se jette dans la mer à 12 km de là et le port de Pise n'est plus qu'un lointain souvenir.

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Duomo di Santa Maria Assunta  (Cathedrale de Notre-Dame de l'Assomption)

 Quittons-nous -deux jours à peine- après un petit tour sur la Tour,

 au premier étage de mon dessin,

en attendant l'étage suivant, et la suite de l'article !

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 DIMANCHE 8 JUIN : DESSIN DU DEUXIEME ETAGE DE LA TOUR DE PISE

 La Piazza dei Miracoli, ce miracle d'harmonie !

Remontons le temps et penchons-nous sur le début du XXe siècle.  La Piazza dei Miracoli éblouit le célèbre architecte Le Corbusier : il y admire ce qu’il appellera la liberté des organes.    Il n'est âgé que de 20 ans et découvre Pise et ses monuments une première fois - durant 4 jours - en septembre 1907.  Il regrette de devoir partir et écrit à son professeur de dessin (extraits) : Je me suis fait “pincer” en quelques heures. Je ne retrouverai jamais ce calme de 6 heures, quand couché dans l’herbe, alors que tout le monde est loin, le feu d’artifice bat son plein.  Il séjourne ensuite longuement à Florence, d’où il écrit (extraits) : J’ai maintenant tout visité. La ville me paraît peu riche en architecture, est-ce vrai ? ou ai-je les yeux encore éblouis par Pise ? 

Quatre ans plus tard, il entreprend son fameux "voyage d'Orient" qui le conduit en Europe Centrale à Istanbul, en Grèce au mont Athos, Athènes et Delphes, puis à nouveau en Italie à Naples, Pompéi, Rome et Pise.  Ce périple provoque un choc, une révélation, un éblouissement dont le souvenir est consigné dans près de quatre-vingt carnets de croquis, constituant une somme d’impressions et de souvenirs que l’architecte utilisera tout au long de sa carrière.  A propos de Pise, terme de son voyage, il écrit (extraits) :  Ça a été l’ultime après-midi. La symphonie se termine sur la règle classique. Pise fut ma première admiration et reste la dernière. C’est véritablement beau. 

 

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Le Corbusier, dessin de Pise,

novembre 1911.

Le Corbusier, dessin de Pise, 1911,
avec pour légende :
« Pise : cylindres, sphères, cônes, cubes ».

On le voit, il retrouve à Pise les mêmes émotions que celles éprouvées quatre ans plus tôt.  Son intérêt se porte davantage sur les relations entre les bâtiments, dont il fait ressortir les qualités volumétriques.  Il parle alors de volumes assemblés sous la lumière et de  Pise : cylindres, sphères, cônes, cubes. Il appréhende la Piazza dei Miracoli comme un ensemble : Toute l’affaire est un bloc, et je dis ça, moi qui ai vu Athènes !  Il se dit encore déçu de l’Italie, mais toujours amoureux de Pise. Un bloc ... oui,  même après le Parthénon et Pompeï.  La nuit surtout.  Je suis fou de couleur blanche, du cube, de la sphère, du cylindre et de la pyramide et du disque tout uni et d’une grande étendue vide.

Le Corbusier inventera un nouveau mouvement architectural qu’il appellera « le purisme » et au sujet duquel il écrira : Les œuvres sont rendues lisibles par des formes simples et dépouillées, organisées en constructions ordonnées, génératrices d'harmonie.   

Manifestement, Pise et ses merveilleux monuments auront considérablement influencé l'oeuvre - certes parfois controversée, mais d'une importance majeure - de cet architecte, urbaniste, peintre, designer et homme de lettres du XXe siècle !

source d'information :  

L’espace convexe : Le Corbusier et le plan libre.
Jacques Lucan, Composition, non-composition. 
Architecture et théories, XIXe-XXe siècles, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2009

Quittons-nous, oh, rien que pendant deux jours,

avec un petit tour sur la Tour, au deuxième étage de mon dessin !

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 MARDI 10 JUIN : DESSIN DU TROISIEME ETAGE DE LA TOUR DE PISE

  LA TOUR DE PISE S'ECROULERA-T-ELLE ?

Si vous aviez visité la Piazza dei Miracoli en l'an 2000 ou peu de temps auparavant, vos yeux surpris auraient vu la Tour retenue par d'horribles mais solides bretelles posées en 97-98 pour l'empêcher de s'écrouler.  Le chef-d’œuvre architectural toscan était par ailleurs fermé au public depuis 1990 car son inclinaison par rapport à l'axe vertical était extrême et ses 14 400 tonnes de marbre menaçaient de s'effondrer.  Depuis, d'importants travaux ont heureusement permis à la Tour de se redresser progressivement ; le public peut à nouveau la visiter depuis l'an 2000 ; en outre, débarrassée en avril 2011 d'une solide structure métallique qui l'enserrait, elle "tient toute seule", comme au bon vieux temps.

  Vous attendez, à ce stade de mon dessin, que je vous en montre le troisième étage ?

  Patientez quelques instants encore ... 

Saviez-vous que la construction de la Tour, commencée en 1173, fut interrompue 5 ans plus tard à ce troisième niveau,

suite à la découverte d'instabilités de terrain, et qu'elle ne reprit qu'une centaine d'années plus tard ? 

 

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En 1993, l'inclinaison par rapport à l'axe vertical avait atteint la limite extrême de 4,47 mètres. La Tour, surplombant de 56 mètres la Place des Miracles, risquait à tout moment de s'effondrer.  Des travaux titanesques avaient aussitôt démarré : excavation de ses fondations, coulage de centaines de tonnes de béton pour la stabiliser, cerclage par anneaux métalliques, drainage du sol pour alléger la nappe phréatique sur laquelle elle est érigée, etc.

Les scientifiques estiment de nos jours que l'inclinaison de la construction est stabilisée pour une durée d'au moins trois siècles : depuis l'été 2004, leurs mesures ont démontré que la Tour a interrompu sa course vers l'abîme.  Nous pouvons dire d'une manière sûre qu'elle est à l'abri pour 300 ans, affirme Michele Jamiol­kowski, l'ingénieur qui a dirigé le collectif scientifique responsable de la consolidation de l'édifice.  En un peu plus de 10 ans, la lourde construction a été redressée d'un demi-mètre.  Aujourd'hui, elle ne penche plus que de 3,99 mètres.  Elle continue de bouger vers l'ouest, par exemple quand le soleil se lève ou en fonction des mouvements de la nappe phréatique, mais il s'agit d'oscillations physiologiques de faible amplitude.

Puisque la Tour est stabilisée, je vous en présente donc le troisième étage !

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 JEUDI 12 JUIN : DESSIN DU QUATRIEME ETAGE DE LA TOUR DE PISE


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Vous ne l’ignorez plus si vous vous laissez emmener régulièrement là où mes mines me mènent : j’éprouve un penchant aussi sincère que justifié pour la Toscane ! 

J'adore la porte d'or de Florence - déjà, en avril dernier, j'étais resté pantois devant cette Porte du Paradis - et je ne peux rester de marbre devant Pise et sa Piazza dei Miracoli puisque, depuis quelques jours, je gravis en votre compagnie, étage par étage (nous sommes arrivés au troisième) les escaliers qui nous mèneront au sommet, au beffroi de la célèbre tour penchée en marbre blanc le Campanile.

 

(en Italie, à la Renaissance, un campanile est un clocher en forme de tour ronde ou carrée construit comme un élément à part entière mais ne faisant pas partie d’une cathédrale).

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Du haut du beffroi de la "Torre pendente", 

dont mon dessin - dans un instant - s'offrira sous vos yeux son quatrième étage,

vous pourrez admirer les autres édifices que la Piazza dei Miracoli regroupe

sur la magnifique Piazza del Duomo.   

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Vous vous émerveillerez, en est-il possible autrement, devant la Cathédrale Notre-Dame de l'Assomption - Duomo di Santa Maria Assunta - que vous pourrez ensuite découvrir sous tous ses angles en longeant le "Museo delle Sinopie" en direction du splendide baptistère  - Battistero - avant d'admirer enfin le cimetière - Camposanto Monumentale -. 

Vous retrouverez dans chacune de ces trois merveilles architecturales le même thème de la galerie à colonnettes et arcades, aveugles ou non, romanes ou gothiques, qui rythment l'ensemble des façades utilisant le même matériau - marbre blanc - avec une similaire alternance de bandes blanches et verdâtres.

Cattedrale ou Duomo

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Ses travaux commencèrent en 1063 : la Cattedrale, conçue selon le plan caractéristique des églises romanes en croix latine, fut consacrée en 1118 mais sa construction ne s'acheva que deux siècles plus tard.  Ses dimensions monumentales sont frappantes.  Grande construction à cinq nefs, elle est considérée comme le chef-d'oeuvre du style architectural de l'école pisane tout comme le vivant symbole de la grande foi des anciens Pisans et celui de la puissance économique de leur République.  

Épinglons, sous sa superbe coupole décorée ou abritées entre ses murs, quelques merveilles artistiques participant à sa célébrité, comme la splendide chaire - de plan circulaire, richement ornée de précieux hauts-reliefs et soutenue par des colonnes et des sculptures féminines rappelant les cariatides de l'Erechtéion d'Athènes -, le fameux lampadaire en bronze dit "de Galilée" ou encore le magnifique plafond Renaissance à caissons en bois doré.

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Battistero

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Avez-vous remarqué combien cet édifice penche lui aussi ?

Rassurez-vous : seul le photographe est à incriminer ! 

Le Battistero, presque aussi célèbre ma foi que la Tour, est parfaitement circulaire, avec un diamètre intérieur de 35,50 mètres.  Commencé en 1153, il ne fut achevé qu'au XIVe siècle ; ses deux premiers étages de style roman reçurent leur décoration gothique à partir de 1269 ; ce n'est qu'en 1358 qu'on décida de le couvrir de sa splendide coupole dont l’aspect très original, l'aviez-vous remarqué ? lui est donné par ce cône qui la coiffe. La beauté de ses frontons, gables et pinaques gothiques ornés de bustes d'évangélistes est particulièrement mise en évidence, croyez-moi, lorsque la lumière les frappe de plein fouet, comme ce jour de 2006 où j'ai découvert Pise : le temps était superbe et le ciel d'un bleu éclatant. 

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A découvrir de l'intérieur - si vous avez la chance d'y pénétrer un jour - cette originale terminaison conique de la coupole qui renforce l'impression d'une dilatation de l'espace dans le sens vertical ; à voir aussi les fonts baptismaux, un bassin octogonal à panneaux de marbre ciselés et incrustés que trois marches exhaussent, et la chaire antérieure à celle de la Cathedrale, marquant de façon révolutionnaire la naissance de la grande sculpture pisane, et même toscane, influencée par le naturalisme gothique.

Camposanto Monumentale (détail)

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Le cimetière - Camposanto Monumentale - dont la terre fut en son temps apportée de Palestine par 53 vaisseaux - est d'une grande simplicité, fermé par un long mur de marbre blanc lisse et poli, rythmé mais à peine marqué par le relief des 43 arcades aveugles.  A L'intérieur, à votre grande surprise, vous pourrez découvrir une sorte d'immense basilique - avec son vaisseau central en plein air - entourée d'un cloître monumental qui  renferme tombes, sarcophages, monuments funéraires de toutes sortes, sépultures solennelles des plus illustres citoyens de Pise mais aussi d'empereurs, tandis que sur le sol les dalles funèbres des nobles marquent l'endroit où ils sont enterrés.   

Le Camposanto doit avant tout sa célébrité aux étonnantes fresques qui décorent ses murs. Le plomb fondu qui coula, en 1944, de sa toiture incendiée, s'infiltra dans le plâtre sur lequel étaient peintes les célèbres fresques, le faisant craquer dans tous les sens. Les travaux de restauration commencèrent à la fin de la guerre, mais ce que l'on peut voir aujourd'hui n'est probablement qu'un pâle reflet de la réalité antérieure.

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Les avez-vous comptés ?  Comme prévu, nous venons d'atteindre le quatrième étage et je serais étonné que vous me demandiez combien d'étages restent encore à dessiner : j'ai le sentiment qu'impatient, vous les avez déjà de belle lurette comptés sur les photos de la Tour !  Permettez-moi, Je vous le demande encore et toujours, de réclamer votre patience : bientôt, le beffroi sonnera les cloches pour fêter la publication de mon dessin entier !  


SAMEDI 14 JUIN : DESSIN DU CINQUIEME ETAGE DE LA TOUR DE PISE

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Je vous en ai parlé : Le Corbusier admirait la composition architecturale de la Piazza dei Miracoli, l'agencement et les volumes de ses édifices. 

Magritte, un demi-siècle après Le Corbusier, un demi-siècle avant son compatriote Geluck, n'est pas non plus resté insensible au fragile équilibre de la Tour de Pise : il y est même allé de son pinceau !  Sur deux toiles des années cinquante, "La nuit de Pise" et "Pise et la plume", le plus célèbre des surréalistes (belges, à tout le moins) a peint une plume et une cuillère à l'aplomb du campanile.

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 Avez-vous déjà vu ou entendu parler du Domaine Enchanté de ce maître du surréalisme ? 

Permettez-moi, sinon, de vous le présenter : la Tour de Pise y est à nouveau représentée ...

Début 1953.  Côte belge.  Knokke-le-Zoute, station balnéaire huppée de la côte, haut lieu du tourisme des classes moyennes et aisées belges.  Sollicité par le Casino, René Magritte présente des esquisses à la gouache pour une vaste fresque murale destinée à décorer la salle du Lustre.

Fin avril.  Le projet est accepté et lui est confié : il s’empresse de livrer huit maquettes sous forme d’huiles sur toile.

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Rene Magritte, Le Domaine Enchanté (VI), 1953, huile sur toile

L'une des huit maquettes -sous forme d'huiles sur toile- transposée sur les murs du Casino.

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Début juillet.  Il faut faire vite : le travail doit être réalisé en quelques semaines. 

 

Une équipe de peintres décorateurs transpose ces tableaux sur les murs de la salle.  L’ensemble - composé de huit sections – compose une large fresque panoramique (70 mètres de long sur une hauteur de 4 mètres) sur la partie supérieure des murs de la pièce aux angles arrondis.  

Pour gagner du temps, l’on peint alors directement sur les murs en ciment et non sur une toile préalablement tendue.  C’était prévisible : l’air humide et salé de cet édifice si proche de la mer produit des dégâts.  Puis, au lieu d’agrandir les contours des œuvres par une mise au carreau (une technique déjà utilisée dans l'Egypte antique), toujours pour gagner du temps, on projette les diapositives des maquettes sur le mur.  Outre superviser les travaux, Magritte ne s’occupe que de la préparation du bleu des ciels, en effectuant lui-même les mélanges.

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Je vous invite à découvrir les huit maquettes de René Magritte

transposées sur la salle du Lustre du Casino de Knokke

en cliquant sur la Tour de Pise ci-dessous ...

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En si belle compagnie, ma Tour de Pise fait bien pâle figure !

Mais bon ... A chacun ses talents !

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LUNDI 16 JUIN : DESSIN DU SIXIEME ET AVANT-DERNIER ETAGE DE LA TOUR DE PISE

La perspective complexe de ce bâtiment ne fut vraiment pas évidente à dessiner.  Saviez-vous que le penchant de la tour n'est pas régulier et constant ?  Les architectes ont essayé de la redresser au fil des étages, ce qui donne une vision un peu étrange...

Pour étayer cette considération qui pourrait vous surprendre, je vous invite à observer cette photo personnelle où cette variation d'inclinaison est bien visible.  Voyez l'étage supérieur : du premier coup d’œil, il apparaît visiblement plus horizontal que son rez-de-chaussée.  Voyez aussi l'aspect global légèrement courbé que les redressements progressifs lui ont infligé !

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L'angle de prise de vue de cette photo permet de bien appréhender l'inclinaison évolutive de la Tour au cours de sa construction : lors des étapes succédant à une première longue interruption - voyez les schémas du mardi 10 juin - , l'apport d'un procédé technique qui consista à rehausser sur le côté incliné les galeries des étages supérieurs compensa, tout particulièrement dans sa dernière étape, l'effet d'inclinaison.

Dans son trimestriel d’avril 2001, le Conseil international des monuments et des sites ICOMOS Wallonie-Bruxelles publie à ce propos - en ses pages 3 et 4 - un article très complet intitulé "Moyens mis en œuvre pour la sauvegarde de la Tour de Pise" introduit en ces termes :

"Le Professeur Jean Barthélemy a donné une conférence à la tribune des " Amitiés françaises " de Mons, le mardi 23 janvier dernier, sur l’histoire et sur les moyens mis en œuvre pour la sauvegarde de la tour de Pise. Rappelons qu'il fait partie du Comité international créé à cet effet. Nous remercions le professeur Barthélemy de nous avoir communiqué ce compte-rendu succinct."

C’est en effet en 1990 - suite à une catastrophe nationale, l’écroulement inattendu de la tour civique de Pavie - que le Président du Conseil italien a désigné un collège d’experts internationaux en lui donnant pour mission de stabiliser la tour. Ce collège comptait treize membres : onze professeurs italiens et deux professeurs étrangers, un anglais et un belge, le professeur Jean Barthélemy.

Voici quelques extraits de ce compte-rendu choisis afin d'illustrer cette étrange inclinaison.  J'ai par ailleurs tenté, en parallèle, de réaliser un montage-photo permettant de visualiser clairement cette étonnante courbure : alors que les lignes noires sont parallèles, les rouges prouvent la différence de niveau d'un côté à l'autre de la Tour, nettement plus importante au bas de l'édifice qu'au dernier étage. 

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Histoire de la construction de la tour  

 

 

"Celle-ci n’a pu se réaliser que par tranches successives durant plus de 200 ans. Les travaux débutèrent le 9 août 1173 et progressèrent allègrement jusqu’au quatrième niveau qui est terminé en 1178. Les travaux sont alors interrompus. En 1272, Giovanni di Simone reprend la construction. En six ans, les travaux aboutissent à la septième corniche. Mais en 1278, ils sont à nouveau suspendus. Enfin, en 1360, Tommaso di Andrea Pisano termine l’œuvre en y apportant une ultime et importante correction géométrique, ce que confirme la présence au sud de plusieurs marches de rattrapage qui permettent d’atteindre le niveau de la salle des cloches, celle-ci étant de plain-pied du côté nord.

 

 

Toutes les gravures anciennes indiquent clairement que la tour était, en tout cas, déjà sérieusement penchée dès son achèvement. Les premières mesures sérieuses sont seulement faites en 1550 par Vasari. L’inclinaison mesurée était déjà de l’ordre d’un peu plus de 4 degrés vers le Sud. Pour fixer les idées, l’inclinaison mesurée en 1993 est de 5°33’ et le surplomb de 4,47 m."

"Il faut aussi savoir que la tour est en perpétuel mouvement sous les effets combinés du soleil, du vent et de la pluie, suivant bien entendu des variations minimes. Les mouvements de la tour tendent d’ailleurs à devenir saisonniers. A la fin du mois d’août ou au début du mois de septembre, elle commence à se mouvoir vers le sud et continue à le faire jusqu’au mois de décembre ou celui de janvier, l’angle résiduel étant d’environ 6’’. Ce phénomène est lié aux mouvements de la nappe aquifère alimentée par les pluies saisonnières."

         

 

Arrêtons-nous un instant sur cette étonnante inclinaison de la Tour de Pise dont je vous parlais.  Ne vous semble-t-il pas, à vous aussi, que son aspect global paraît légèrement incurvé ?

 

L'on pourrait penser qu'il s'agit là d'un effet dû à la photo prise avec un objectif grand angle, ou de tout autre effet de distorsion dû à cette prise de vue.

 

Ce n'est nullement le cas : le meilleur moyen de vous en convaincre est de vous montrer deux autres photos prises à quelques instants d'intervalle, petit appareil numérique de poche réglé en automatique : vous y retrouverez cette apparente courbure bien perceptible, tout particulièrement sur les étages supérieurs. 

   

           

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Regardez cette photo de la Tour ci-dessus dans son intégralité.  Comparez son inclinaison avec l'avant-plan de la cathédrale dont les murs ne me paraissent, eux, nullement courbés ou distorsionnés.

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   Observez, à droite - très peu visible - l'étage des cloches de la Tour !

 On le croirait presque parfaitement vertical, ne vous semble-t-il pas ?

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Dans le très complet guide touristique "ART ET HISTOIRE DE PISE", l'on peut lire, à propos des corrections délibérément apportées à l'inclinaison de la Tour lors de sa construction, ces phrases :

La reprise des travaux fut commencée en 1275, plus d’un siècle après la pose de la première pierre, sous la direction de Giovanni di Simone qui haussa l’édifice de trois étages en corrigeant l’axe du Campanile.  En 1284, les six étages à arcades étaient pratiquement terminés ce qui portait la hauteur de la construction à 48 m.  L’apport d’un procédé technique qui consista à rehausser sur le côté incliné les galeries des étages supérieurs compensa, au moins sur le plan optique, l’effet d’inclinaison.


Sur le site de l' Opera Primaziale Pizana , l'Oeuvre de la Primatiale Pisane (une institution créée pour superviser les travaux de construction des monuments de la Place de la Cathédrale ; cette dénomination commença à être employé dès la dernière décennie du XIe siècle), on peut lire cette phrase :

On aboutit à ces conclusions en observant outre la composition du terrain, les corrections faites à chacun des étages de l’édifice.


 Sur le blog "dans le temps jadis" apparaît cette phrase explicite :

Une des plus ingénieuses consiste à faire des piliers plus grands au sud qu'au nord, pour redresser la construction.


 Enfin, sur le site  "Archive multilingue" , l'on peut lire, en italien :

In uno sforzo compensare l'inclinazione, gli assistenti tecnici hanno costruito gli più alti pavimenti con un più alto laterale dell'altro. Ciò ha fatto la torretta cominciare a appoggiarsi a nell'altro senso. A causa di questa, la torretta realmente è curvata.

mots que je traduirai - sans doute imparfaitement - par :

Dans un effort pour compenser l'inclinaison, les assistants techniques ont construit les planchers plus hauts sur un côté latéral que l'autre. Ceci a eu comme conséquence que la tour commença à s'incliner dans l'autre direction. Pour cette raison, la tour est réellement courbée .

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 JEUDI 19 JUIN : LA TOUR, COMPLETE, ET DES TOURS, DES TOURS, DES TOURS...

Cet article évolutif tournant autour de la Tour touche à sa fin : j'ai cherché à vous en dévoiler sa beauté et celle de ce lieu qu'elle domine, son histoire, ses origines, ses réputées et surprenantes caractéristiques architecturales,...

Vous souvenez-vous que ce 4 juin, je vous écrivais, en introduction à la première partie de l'article :

"Avec un dessin au portemine de 1990, qu'accompagnent mes photos de 2006, je vous emmène là où mes mines m'ont un jour mené, au pied de la Tour Penchée de Pise, et tout autour, aux alentours...  Puis, outre "ma" Tour, je vous en montrerai en veux-tu en voilà, des Tours de Pise, à vous donner le tournis, à vous faire perdre l'équilibre, à vous faire vaciller...

Comme annoncé, je voudrais donc aujourd'hui vous présenter, en apothéose, ce feu d'artifice promis de Tours de Pise en tous genres, à vous en faire perdre la tête.  Etes-vous prêts ?  Regardez !

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Pise du futur

Pise à la Dali Pise sur un plateau    
 

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Respire, Pise ! La Tour Hula Hoop La Tour Pizza    
 

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Italian Space Tower Coca-Cola Tower Iwo Jima Tower    

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King Kong Tower Tour Komatsu Inligua Pisa Tower    

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Babel Pisa Tower Déluge à Pise  Star Wars Tower    

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Tour cassée de Pise Pise de l'an 3000   la Tour de Pise sous eau    

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Tour couchée de Pise   Pisa Tower Bridge

De mon dessin, seul l'étage construit au-dessus de la dernière corniche manque encore. Je vous invite à me suivre, à emboîter mon pas, à gravir les escaliers tout en prenant garde à ne pas perdre l'équilibre...

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 Le voici donc, ce dernier étage, celui des cloches !

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PHOTO ORIGINALE 12 x 29 cm

DESSIN 19 X 44 cm

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Votre regard attentif aura sans aucun doute remarqué que cette étonnante courbure de la Tour dont je vous ai longuement parlé lundi n'est visible ni sur la photo, ni sur le dessin ; et vous aurez sans doute compris que seul l'angle de prise de vue explique cette courbure invisible, tout comme le ventre arrondi d'une femme enceinte ne peut se remarquer que vu de profil, et non de face.849692883.JPG

DESSIN 19 X 44 cm


 l'essentiel de mes sources d'information pour la conception de cet article

- le site "Opera Primaziale" (Œuvre de la Primatiale Pisane) -

- " Art et histoire de Pise » par Giuliano Valdés "  -

- " BRUNETTE - Brussels Network for Telematic and Education " -

Encyclopédie Universalis -

- Encyclopédie Larousse -

- Le Corbusier sur Evene  -  Le Corbusier sur Espace Temps  -  Le Corbusier "Voyage d'Orient"

- Le blog "Le clown lyrique" -

- Libération - Libération -

- Le Figaro -

- -

- Guides touristiques, guides voyages -

 

PROCHAIN DESSIN LE LUNDI 30 JUIN  !

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