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27 mars 2015

le dessin de Goupil le renard roux, maraudeur et gourmand : tout un roman !

Nouvelle publication d'un dessin déjà présenté en août 2014.

 

En consultant en bas d'article les mises à jour qui seront régulières,

vous verrez progressivement grandir ce renard,

connaîtrez son histoire, et les méfaits que l'on lui attribue !

LUNDI 11 AOÛT 2014

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Je me réjouis de vous présenter sous peu, à nouveau, les différentes étapes d'un dessin évolutif réalisé en 2009 (auparavant déjà proposées sur mon précédent blog Overblog). 

En guise d'alléchante mise en bouche pour ce jour, voyez ce tableau et les textes ci-dessous : ils vous donneront un avant-goût de ce qui se trame sous mes mines...

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M. Verlat,  "Retour du maraudeur" (1860)

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" ...  Mais si la loi de chasse accorde quelque faveur, à l’animal des bois poursuivi à force ouverte ;

si, avant de lâcher les chiens et de décocher la flèche, nous permettons au cerf de s’éloigner un peu,

le renard maraudeur n’a point les mêmes privilèges ; on le prend, on le tue, où et quand on le peut.  ... " 

Sir Walter Scott, poète et écrivain irlandais, 1771-1832

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« … A quelques centimètres du museau de renard, nageait une anguille insouciante dont les ondulations le fascinaient. Chaque fois qu'elle passait et repassait sous le reflet de ses crocs, goupil sentait au creux de son ventre un délicieux petit creux qu'il avait une irrésistible envie de combler. Ce n'était pas de la faim puisque, profitant de ce que le fermier avait passé sa nuit à courir les bois, il avait eu tout le loisir de se gaver de ses poules, de ses canards et de ses cailles. C'était autre chose, quelque chose d'inutile, sans doute, mais tellement agréable qu'il ne saurait être question d'y renoncer. C'était quelque chose à quoi les renards ne savent pas donner de nom et que parfois les hommes appellent gourmandise. Péché mortel... »

extrait de « La sittelle et le renard » (la Gourmandise) © Dominique Lemaire

(Dans le cadre du Festival Bibliobulle (Aizenay - Vendée) : la Gourmandise)
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La loi du plus fort ...

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... n'est pas toujours  ...

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... celle à laquelle on pense ! 

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 MERCREDI 13 AOÛT 2014

Bonjour.  Tout un roman que ce renard roux Goupil, maraudeur et gourmand, que je vous présenterai sous forme d'un dessin évolutif que j'intégrerai dans un article lui aussi évolutif !  Comme souvent, à intervalles réguliers, en mentionnant la date de mise à jour, j'ajouterai chaque nouvelle photo de l'avancement de mon dessin l'une à la suite de l'autre, le tout agrémenté parfois de quelques explications sur les mœurs du renard.

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Maître Renard, par l’odeur alléché, est-il parti visiter quelque poulailler ?

Si le renard a mauvaise réputation -on le dit invétéré mangeur de poules, lapins ou lièvres- , la réalité est pourtant bien différente. N’oublions pas son rôle d’efficace régulateur des pullulations de rongeurs dans les campagnes :  considérons-le avant tout comme un fantastique prédateur de rats, de souris ou de campagnols (il en mange entre 6000 et 10 000 par an ; on aurait un jour dénombré, ai-je lu, 48 campagnols des champs dans l’estomac d’un seul individu).  Bon nombre d’agriculteurs ne l’ignorent pas : de leurs tracteurs, ils le voient chasser, tôt le matin, dans les prairies fraîchement fauchées.

Par ailleurs, son régime alimentaire diversifié –qui varie selon le type d'habitat, la période de l'année et également, au cours de son existence, en fonction de son âge, de ses habitudes de chasse, de ses besoins nutritionnels et de ceux de sa portée- est constitué aussi bien de proies vivantes, de végétaux, que de déchets ménagers et de charognes et cadavres d'animaux, notamment les accidentés de la route (chats, hérissons, oiseaux...) qu'il glane ici et là. C'est dire son utilité.  Durant la bonne saison, les invertébrés -lombrics, coléoptères...- et les végétaux -baies, fruits...– complètent son menu, en fonction des disponibilités du moment.

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Maître Renard, par l’odeur alléché, aurait-il visité quelque poulailler ?  
A bientôt, ci-dessous, pour le savoir !..................................................................................................................................

VENDREDI 15 AOÛT 2014 2991129710.2.gif

Je dois d'emblée vous prévenir : âmes sensibles, s'abstenir.  Les images qui  suivent risquent de choquer nos plus jeunes spectateurs.  Demandez à vos enfants, s'ils jouent près de vous voire sur vos genoux, de quitter des yeux quelques instants l'écran de votre ordinateur ...

Chers lecteurs, Goupil vous dit merci !  Oui.  Grâce à l’homme et aux modifications qu’il apporte à l’environnement, le renard trouve réunies de bonnes conditions pour s’installer et vivre heureux, tant à la campagne qu’en ville.

L’écologie, à la mode, se traduit à la campagne par une profusion de petits élevages - poulaillers, oiseaux d’ornement,… qui, souvent trop peu protégés par des grillages mal posés, sont une aubaine : il ne reste plus à notre animal rusé qu’à se servir.

Si, d’aventure, il ne trouve pas en ville de volatile à se mettre sous la dent, il ne s’en soucie guère.  Des déchets ménagers mis à sa disposition - parfois volontairement (nourrissage des animaux dans les parcs) – feront l’affaire : opportuniste, le renard "fait les poubelles" sans se gêner.

Le petit gibier disparaît-il dans les plaines à cause, notamment, des cultures intensives ?  Peu importe.  Faisans et perdrix se multiplient par contre : peu adaptés à la vie sauvage, ils sont pour lui des proies faciles.

Vous m'avez compris : la lutte était inégale et cette pauvre oie a perdu la vie ...

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Voici le sol couvert de racines, brindilles et feuilles mortes ...

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Ne trouvez-vous pas, maintenant que vous avez découvert cette proie,
que ce regard de renard n'est plus aussi amène, beau et gentil que précédemment ?


C'est avec cette provisoire vue d'ensemble de notre Goupil le maraudeur, 
que nous nous séparerons aujourd'hui ! 
A très bientôt pour la suite ...

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DIMANCHE 17 AOÛT 2014

 A votre avis, Goupil le maraudeur vit-il seul, en couple ou en bande ? 

Quelle que soit votre réponse, je vous donne raison. 

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Pourquoi ?  La réponse est simple : tout dépend de son milieu de vie. 

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Que son environnement soit pauvre en ressources alimentaires et le renard vivra en solitaire : seule la période de rut l’incitera à rencontrer un congénère.  Un milieu plus favorable l’autorisera à vivre en couple l’année durant.  Une pullulation de rongeurs -et donc un garde-manger bien achalandé- lui permettra d’adopter un mode de vie communautaire.  Des bandes hiérarchisées se formeront alors, constituées d’un mâle dominant, d’au moins une femelle dominante reproductrice, et de quelques individus de rang subalterne, en l’occurrence des femelles non reproductrices dont la mission sera de participer à l’alimentation et à l’éducation des renardeaux.  Dès lors, les groupes de renards hiérarchisés occuperont un territoire bien délimité -inversement proportionnel, la logique étant ainsi respectée, à la quantité de nourriture disponible- qu’ils marqueront et défendront.  Dès lors, les renards solitaires seront itinérants mais prêts à occuper un espace dès qu’il se libérera.

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Mais alors, qu’en est-il de la progéniture, des rejetons lorsqu’ils sont capables de voler de leurs propres ailes ? (pardonnez-moi cette expression de circonstance pouvant paraître un tantinet déplacée !) 

Vers la fin de l'été, les jeunes renards quitteront le territoire parental et se disperseront en quête d'un nouvel espace de vie ou d'une place vacante dans un groupe social. Les jeunes mâles entameront des déplacements généralement plus importants que leurs homologues féminins (entre 5 et 25 km, rarement au-delà de 30), qui peuvent rester dans le territoire parental, et occuperont alors une position subalterne dans la hiérarchie du groupe social.

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La proie a souffert, pas trop longtemps, je l'espère.

Notre Goupil le maraudeur s'est montré le plus fort mais la lutté était inégale.

(Rassurez-vous : il n'a pas perdu une patte dans l'aventure, il n'est pas "unipattiste" !)

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MERCREDI 20 AOÛT 2014

Le dessin évolue, lentement ; peut-être trop lentement à votre goût, cher ami lecteur ?

Vous savez que le niveau de précision que je cherche à atteindre me force à une extrême rigueur et à une grande lenteur !  Les détails supplémentaires que vous découvrirez aujourd’hui ont nécessité, à l'époque, une quinzaine d’heures…

Deux de ces trois poignées d’heures m'ont permis de dessiner la souche sur laquelle notre renard se campe.  La photo qui m'a inspiré, à cet endroit, était un peu floue : pour représenter des détails, j’ai ajouté à l’avant-plan quelques feuilles mortes, brindilles et autres petits champignons des bois.

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Avez-vous remarqué ?

Goupil le maraudeur continue à grandir sous mon portemine : d’unipattiste, il est devenu bipède.

Grâce à la troisième poignée d’heures !

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Le pelage de l’entrejambe et de son torse, sous le cou arraché de l’oie, est achevé.  Ce ne fut pas une mince affaire : difficile de transformer en noir et blanc ces feuilles mortes, ces débris végétaux collés sur ce cou déplumé et sanguinolent, sur le poil du renard !  J’avais envie d’essayer de colorer en rouge : je n’ai pas osé, c'eût été trop cruel...

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Gros plan sur mes pattes ...

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De bipède, je suis enfin devenu quadrupède !

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  Mon arrière-train et mon pelage me mettent à mon avantage, je trouve ...

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Il est stoïque : sans doute a-t-il été surpris par le photographe …

Clic-clac, clic-clac, clic-clac, clic-clac ... Photo !

Un photographe ?  S'il vous racontait lui-même l'histoire de sa photo ?

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DIMANCHE 24 AOÛT 2014

Jean-Claude Dechamps, le photographe,

nous raconte la passionnante histoire de sa photo :

je vous invite à la découvrir en suivant   ce lien...

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MERCREDI 27 AOÛT 2014

Cette histoire de Goupil le renard, contée par le photographe Jean-Claude Dechamps, se termine par ces mots : 

« ... il s'agissait certainement là d'une proie tentante et exceptionnelle qu'un imprudent avait sans doute oublié de protéger.  N'oublions pas que le renard, en détruisant quantité de micromammifères, est un des meilleurs alliés de nos agriculteurs.  A ce titre, il mérite bien, sans doute, une récompense gastronomique de temps à autre : tout travail mérite salaire...».

Ce regard bienveillant qu'il porte sur l'animal ne doit cependant pas nous faire oublier que, depuis plusieurs décennies, l’homme a tenté de le supprimer : parce que, dans l’esprit du public, il passe pour un invétéré mangeur de poules ; parce qu’il dérange lorsqu’il implante ses terriers à proximité des habitations humaines, dans des endroits pour le moins inattendus ; parce qu’il fait les poubelles et visite les dépotoirs ; parce qu’il est vecteur de la rage, cette maladie virale mortelle pour l’homme...

Mais à quoi bon s’efforcer d’exterminer le renard ? 

Voici, en conclusion à ce long article évolutif, une tentative de réponse...

Le renard n’est pas en surnombre parce que, par définition, un prédateur ne peut jamais être en surnombre.  Les études scientifiques attestent que la densité de population d'un prédateur, quel qu’il soit, est fonction avant tout de la disponibilité du milieu en proies. Si celles du renard sont abondantes, s'il y a pullulation de rongeurs par exemple, ses nichées seront fournies. Si la nourriture vient à manquer sur le territoire, le nombre de renards diminuera en conséquence, par interaction des mécanismes de mortalité importante, de dispersion et de concurrence territoriale.

Les populations de renards n’ont jamais été régulées par les superprédateurs, aujourd’hui disparus de la plupart de nos régions, que sont l’ours, le loup ou le lynx.  Aucun d’eux n’a jamais été capable de les infléchir, même s’ils capturaient à l'occasion l'un ou l'autre renardeau ou adulte.  Seul, dans mes contrées belges, le hibou grand-duc peut, parfois, l’attaquer, le blesser, rarement le tuer.

L’homme, dans ce rôle de régulateur, se révèle lui aussi totalement inefficace.  Souvenez-vous (si votre âge vous y autorise !) : alors que des centaines de milliers de renards étaient annuellement massacrés en Europe, au cours des années 1980 – 1990, au plus fort de l'épidémie de rage, jamais les populations ne se sont si bien maintenues ; en Belgique, les renards étaient moins répandus avant l'apparition de l'épidémie, au début des années soixante, que lorsque cette dernière atteignait son pic maximal d'incidence et que la lutte contre le renard était la plus intensive !

On peut donc légitimement se poser la question de l'utilité de tenter la destruction du renard...  Tout au plus peut-on stabiliser ses effectifs en limitant les ressources alimentaires accessibles à cet omnivore opportuniste :

en encourageant les propriétaires de petits poulaillers à grillager efficacement leur élevage ;

en privilégiant l'utilisation de poubelles rigides à la place des sacs poubelles ;

en encourageant les agriculteurs et les chasseurs à maintenir et restaurer, dans les plaines, des habitats favorables au petit gibier (bandes herbeuses, jachères, haies,...) ;

en obligeant les agriculteurs à enterrer les arrière-faix de leur bétail après les mises bas, et les chasseurs à enterrer les viscères du gibier et les animaux non consommables abattus...

 

A quoi bon s'efforcer d’exterminer le renard ?

Sachons tout simplement vivre avec lui !

Sources  http://www.aves.be

 

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© Jc Dechamps - pour blog                            

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A VOS AGENDAS !

PROCHAIN DESSIN : DEBUT SEPTEMBRE

 

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13 septembre 2014

Découvrons le surprenant, fascinant, emblématique pygargue à tête blanche !

En consultant en bas d'article les mises à jour régulières,

- MISE A JOUR FINALE CE SAMEDI 13 SEPTEMBRE-

vous verrez progressivement grandir ce PYGARGUE A TETE BLANCHE !

PROCHAIN ARTICLE, LE 24 SEPTEMBRE 2014

MERCREDI 3 SEPTEMBRE 2014

Le samedi 28 mars 2010, sur un précédent blog depuis longtemps abandonné, je présentais, en préambule à la publication d'un nouveau dessin "pas à pas", un fragment d'une gravure que l'on pourrait ne pas reconnaître d'emblée, mais que je qualifierai pourtant, sans courir le risque de me tromper, de mondialement célèbre. 

Un fragment de gravure à lui seul indice solide pour permettre d'imaginer le sujet de ce nouveau dessin qui bientôt, prendra son envol, je l'espère, sous de nombreuses paires d'yeux attentifs !

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Je vous souhaite une réflexion bénéfique et vous demande de patienter un peu encore !
  A bientôt !
 

 JEUDI 4 SEPTEMBRE 2014

PREMIER DETAIL DU DESSIN EVOLUTIF

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PHOTO                       OEIL DU PYGARGUE  A TETE BLANCHE                      DESSIN

Aviez-vous reconnu cette gravure apparaissant sur le billet de banque le plus célèbre au monde, le fameux billet vert, le « ONE DOLLAR» : conçu en 1935, approuvé par Franklin Delano Roosevelt, trente-deuxième président américain (1933-1945)...

(Que ce président ait été franc-maçon, qu'il apparaisse sur ce billet à côté d'autres symboles de la franc-maçonnerie, là n'est pas l'objet de cet article.  Mais si une opinion, parmi d'autres, vous intéresse sur le sujet, vous pouvez consulter ceci )

Le dollar américain présente donc, d'un côté, le visage de George Washington, généralissime pendant la guerre d’indépendance (1775–1783) puis premier président des United States of America, et de l’autre une iconographie intitulée « Grand Sceau des États-Unis ».

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L’œil illustre la providence divine, déjà représentée de cette manière en Égypte antique avec l’œil d’Horus, le dieu faucon, l’œil du maître qui organise et veille à l’harmonie de l’univers : il symbolise donc le regard bienveillant de Dieu sur les entreprises humaines (les mots latins ANNUIT COEPTIS signifient qu’une « entreprise » est « approuvée »).

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Il domine, signe de stabilité et endurance, une pyramide de treize étages (les treize États d’origine) dont l'aspect inachevé suggère que la nouvelle nation est destinée à s’agrandir et prospérer (le second latinisme NOVUS ORDO SECLORUM veut dire « un nouvel ordre des siècles » ou « un nouvel ordre de l’Histoire » et fait référence à la croyance que la démocratie sera in fine adoptée dans le monde entier).

Les chiffres romains à la base de l’édifice –1776– rappellent l’année de la Déclaration d’Indépendance des États-Unis d’Amérique.

L’autre côté du Grand Sceau montre un pygargue à tête blanche (souvent appelé erronément, j’y reviendrai, aigle à tête blanche) tenant dans ses serres, côté droit, un rameau d’olivier, symbole de paix, et côté gauche, treize flèches -pour les treize États originels- représentant la puissance militaire.

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Alors que, à l’origine, le rapace dirigeait son regard vers sa gauche, Truman le fera regarder, à partir de 1945, vers sa droite, et donc vers le rameau d’olivier, ceci afin de signifier la volonté américaine de préserver la paix après la seconde guerre mondiale.

Il est protégé par un bouclier, sur lequel figurent treize bandes verticales (toujours pour les États originels), dominées par une large bande horizontale représentant le Congrès : le fait que le bouclier ne soit pas tenu ou soutenu est supposé montrer l'autonomie des États-Unis. 

Il tient dans son bec une bannière portant l’inscription: E PLURIBUS UNUM, qui peut se traduire par "un à partir de plusieurs" : cette devise rappelle à nouveau la création d'une nation fédérale à partir des treize Etats et sera ensuite utilisée pour souligner la diversité culturelle de tous ces immigrants désireux de devenir citoyens américains. 

Les treize étoiles au-dessus de la tête du pygargue déterminent, non pas un pentagramme (une étoile à cinq branches), mais une étoile de David (à six branches), pour rappeler que les premiers américains se voyaient comme des enfants d'Israël.

Sources : Jacob Maillet, doctorant en civilisation américaine à l'université de Paris III, Sorbonne Nouvelle, spécialisé en sciences politiques des États-Unis, et enseignant en Licence mention Langues Littérature et Civilisations Étrangères (LLCE) à l'Université de Nantes.

http://jacobmaillet.blogspot.com 

 Que sera donc ce dessin évolutif dont je vous ai proposé l'oeil en début d'article ?  

Vous l'avez compris : un PYGARGUE A TETE BLANCHE.

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A bientôt !

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 DIMANCHE 7 SEPTEMBRE 2014

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... regard perçant sous la calotte qui, tel un parasol,  protège du soleil ...

En latin, pygargue à tête blanche, Haliaeetus leucocephalus, signifie « aigle de mer » pour  Haliaeetus,  leucocephalus désignant sa tête blanche.  Malgré son nom anglais de Bald Eagle (aigle chauve) ou sa dénomination populaire d'aigle à tête blanche, ce gros oiseau n'est pas un aigle mais un pygargue.

Il s'en distingue par son régime alimentaire, essentiellement composé de poissons (j’y reviendrai), mais aussi par son bec plus massif et par le fait que ses pattes ne sont pas recouvertes de plumes jusqu'aux serres, l'un des caractères propres au vrai aigle qui vit quant à lui dans les massifs forestiers et les montagnes, alors que le pygargue préfère les lacs, les rivières et les zones côtières, où il peut trouver sa nourriture. À ce titre, il est parfois nommé encore « aigle de mer ».

C'est un rapace : ce mot vient du latin rapax, signifiant "ravisseur", dérivé de rapere, "prendre de force".

Il n'y a pas de dimorphisme : les sexes ont un plumage résolument identique.  Celui des adultes  (coloration définitive à l'âge de cinq ans en moyenne) est brun foncé, presque noir.  Il s'oppose aux plumes blanches de la tête (avec une légère nuance crème pour nuque, menton, dessous des ailes et queue) : quel vif contraste avec le bec, les yeux et les pattes jaunes ! Quant aux serres, elles sont noires. 

 

         

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 Ses ailes, bien adaptées au vol plané, sont larges et longues, leur envergure atteignant plus de deux mètres.

Lorsque l’oiseau est perché, sa taille dépasse parfois un mètre. 

Les femelles pesant plus de  six kilos ne sont pas rares, les mâles étant souvent un kilo plus légers.

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... gros plan sur les plumes derrière les yeux et au-dessus de la nuque,

ainsi que sur les commissures du bec, à peine visibles ...

MARDI 9 SEPTEMBRE 2014. 

Choisie comme emblème national par les États-Unis, présente à peu près partout, selon la saison, sur le territoire nord-américain, l'espèce se rencontre de l'Alaska au nord du Mexique et n’est représentée – en milieu naturel - nulle part ailleurs sur la planète. 

Elle a été menacée tout un temps, au milieu du XXe siècle ; heureusement, ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Les pygargues à tête blanche occupent un habitat délimité par leurs besoins alimentaires.  La plupart du temps, il s'agit d'un endroit susceptible de fournir des poissons - en suffisance  et de belle taille ! - et d'un lieu pas trop éloigné du site de nidification et bénéficiant d'un calme relatif pendant la reproduction.  Dès lors, on les trouve généralement à proximité des littoraux, sur les berges des rivières ou les rives des lacs - s’ils sont suffisamment étendus, leur circonférence devant idéalement dépasser une dizaine de kilomètres -. 

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La carte représente, en rouge, l’aire de reproduction, et en jaune, l’aire d’hivernage. 

 L’oiseau réside toute l’année dans les zones de couleur orange.

Ces rapaces nichent et se perchent sur de vieux arbres, parvenus à maturité et dont la tête est souvent dénudée car elle doit former une structure ouverte pour permettre d'obtenir une bonne visibilité ; leur taille n'est cependant pas, vous l’aurez compris, un critère aussi essentiel que la proximité de l'eau.

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Ils sont superbes !  Comme si le photographe leur avait demandé de prendre la pose :

"Vous, tournez la tête vers la gauche ..."  "Toi, regarde-moi ..."

"Toi, redresse le bec ..."  "Vous, pivotez légèrement vers la droite ..."

"Voilà, vous êtes parfaits les pygargues, on ne bouge plus !"

Comme tous les rapaces, les pygargues sont très sensibles aux perturbations provoquées par la présence humaine : aussi restent-ils assez éloignés des zones d'activité et de peuplement, généralement à une distance d’un ou deux kilomètres de toute source de dérangement.

Ils sont clairement territoriaux, à tout le moins pendant la période de nidification. Le long de la côte de l'Alaska, les nids sont distants d’un peu plus d’un kilomètre et demi les uns des autres, ce qui représente largement la plus forte concentration de pygargues en Amérique du Nord.  En Floride, leur zone d'influence s'étend même, généralement, à huit cents mètres dans toutes les directions autour du nid.

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... le plumage brun foncé, presque noir, de la poitrine,

s'oppose aux plumes banches du menton, de la gorge et de la tête...

MERCREDI 10 SEPTEMBRE 2014

 

    Petit à petit, levons le voile sur la suite du dessin ...

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     ... pour laisser apparaître les mandibules et la narine ...

... de ce bec capable de pénétrer la chair comme une pointe de couteau puis de la découper grâce à ses bords tranchants, aidé dans son action par des mouvements tournants de la tête, la proie étant solidement maintenue par les pattes ...

... de ce bec de couleur jaune très prononcée et qui joue un rôle secondaire dans la parade nuptiale, magnifique et complexe, avec ses cris et ses acrobaties aériennes telles que des tonneaux, des montées et des descentes en flèche vertigineuses ou encore des poursuites, la partie la plus spectaculaire intervenant lorsque les deux partenaires se saisissent par les serres et ne se séparent que parvenus à faible distance du sol ...

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La structure de l’œil du pygargue, quelque peu dirigé vers l’avant, particulièrement grand, courbé, pourvu d’une rétine très sensible, lui offre une excellente vue, trois ou quatre fois plus perçante que celle des humains ai-je lu : cette acuité visuelle le sert parfaitement pour la chasse ou pour repérer les carcasses d’animaux. Comme les autres rapaces, outre les paupières supérieure et inférieure, il en possède une troisième, une membrane nictitante translucide - se déplaçant horizontalement sur le globe oculaire - qui favorise le nettoiement et l’humidification et se ferme souvent lors des captures, pour le protéger.

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"En garde ! ...

... Et songe bien, oui, songe ...

... qu'un œil noir te regarde !" ...

(Carmen - Bizet)

Les serres de l’animal visibles sur les photos ci-dessous, d'une longueur de près de 15 cm, particulièrement puissantes, infligent, lors des impacts avec les proies, de violents coups ; des protubérances épineuses sous les doigts, appelées spicules, l’aident à maintenir fermement les poissons glissants.   

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L’ouïe du pygargue à tête blanche est relativement comparable à celle des humains et ses sens du goût et de l’odorat sont peu développés. Le répertoire de ses manifestations vocales est assez limité.  Sa voix porte loin et il émet des cris aigus, perçants et jacassants, qui ont probablement pour but de renforcer les liens conjugaux ainsi que de prévenir les congénères et les intrus que le territoire est défendu. 

En dehors de la période de nidification, les densités de population varient en fonction de la disponibilité en nourriture, et donc, selon la saison.  Deux mille individus, parfois même plus de trois mille, se rassemblent en automne et au début de l'hiver sur la rivière Chilkat (en Alaska) et sur la rivière Squamish (Colombie britannique), au moment de la remontée des saumons pour le frai.  Au milieu de cette abondance, il n’est  pas rare de voir parfois une quarantaine de pygargues perchés sur un même arbre !  Les adultes s’abattent sur leurs proies qui affleurent à la surface des torrents à plus de 120 km/h pour les capturer .  Les plus jeunes, encore maladroits, pataugent vers les poissons morts aisément accessibles sur les rives.

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Les pygargues à tête blanche sont partiellement migrateurs.  Si leur territoire est adjacent à des étendues d'eau toujours vives, ils l'occuperont toute l'année. Par contre, si les glaces rendent toute pêche impossible, ils migrent vers le sud ou sur le littoral, les déplacements ayant lieu en période diurne, lorsque le soleil produit des courants thermiques ascensionnels.  Quand ils battent des ailes ou planent ainsi, ils produisent une impression de puissants voiliers et peuvent atteindre la vitesse de 70 km/h.

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       ... contrastes et nuances de gris ...

 ... jeune pygargue proche de l'âge adulte ...

 ... les plumes de la tête ne sont pas encore d'un blanc immaculé ...


 SAMEDI 13 SEPTEMBRE 2014

Lorsque les bald eagles sont capables – vers l’âge de cinq ans - de se reproduire, un phénomène fréquent dans le monde animal, appelé philopatrie, leur permet de rejoindre leur lieu de naissance : ils s’y apparieront pour la vie, même s’ils ne s’accoupleront pas nécessairement chaque année.

 

Si d'aventure l'un des membres du couple vient à disparaître, le survivant cherchera un nouveau partenaire ; s’ils échouent à plusieurs reprises pour mener à terme une nichée, les partenaires briseront le lien conjugal !

           

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Le pygargue construit -dans un grand arbre près de l’eau ou à défaut sur le sol- le plus gigantesque nid d'oiseau que l’on puisse trouver en Amérique du Nord ; chaque année, les couples successifs qui l’occuperont rajouteront morceaux de branches, brindilles et mousses supplémentaires, si bien qu’un nid ainsi réaménagé pendant plusieurs décennies atteindra des dimensions étonnantes (un record de 6 mètres de profondeur, 3 mètres de diamètre avec un poids de 3 tonnes a déjà été observé). 

Au centre, une petite dépression - quelques centimètres tout au plus - garnie de matières végétales souples et de plumes, accueille la femelle qui pond de 1 à 3 gros œufs blanc mat que les parents (la femelle surtout, les premiers jours) couvent à tour de rôle pendant un peu plus d’un mois pour les maintenir à bonne température, les protéger du soleil, de la pluie et du vent, ou des prédateurs ; celui qui ne couve pas étant chargé de la garniture du lit et du ravitaillement des jeunes.

Couverts d’un duvet gris à l’éclosion, les juvéniles voient apparaître les premières plumes à l’âge de 4 à 5 semaines ; voraces, ils croissent très rapidement, passant d’environ 90 g à l’éclosion à 4 kg en moyenne à l'âge adulte pour les mâles et 5 kg pour les femelles, deux mois plus tard ; ils ne prennent leur envol qu'entre 70 et 92 jours après leur naissance.

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Bien que leur menu soit souvent composé de poissons ou d’oiseaux aquatiques (dans certaines régions, ces derniers représentent jusqu'à près de 50% des proies), nos imposants prédateurs - surtout quand ils ne peuvent trouver leurs aliments de base - ont un régime varié et opportuniste d’animaux malades, blessés ou morts (en cela, ils sont des charognards !) et se rabattent sur tout ce qui présente une valeur alimentaire ; les mammifères comme les lièvres ou les jeunes loutres de mer constituent aussi un complément non négligeable ; si besoin est, ils n'hésitent pas, par ailleurs,  à voler honteusement les proies des autres oiseaux !

Les pygargues à tête blanche sont des oiseaux puissants, capables d’agripper et porter de lourdes proies, grâce à leurs serres imposantes. Lorsqu'ils chassent, ils dominent assez facilement les autres prédateurs tels que les coyotes, les renards, les vautours ou les goélands et les obligent à quitter les lieux. En concurrence avec l'aigle royal, aucun ne prend vraiment l'ascendant et l'issue dépend souvent de la carrure de l'individu.  Ils ont tendance à chasser collectivement lorsqu’il s’agit de mammifères : un oiseau entreprend de courts vols au-dessus de leur territoire pour les débusquer ou les faire sortir de leur cachette, un autre pygargue se charge de la capture dès que la victime jaillit dans l'espace découvert. 

      Le pygargue photographié ci-dessous a presque atteint l'âge adulte

(la pointe de son bec n'est pas encore uniformément jaune !).

Il chasse ... en tout bien tout honneur ... Cela paraît si simple ...

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Superbe attitude avec les serres tendues, prêtes à agripper fermement sa proie !

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Et le tour est joué ...  Bel épisode de chasse !

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Ce pygargue est donc un chasseur, un vrai prédateur ?  Pas vraiment ...

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La tâche n'était que trop aisée : il s'agissait d'un cadavre  ...

Pour capturer leurs proies, les pygargues plongent des airs ou de leur perchoir en piqué, cette méthode n’étant pourtant guère couronnée de succès, n’assurant seulement que 25% de réussite, comme cette autre technique, peu utilisée et inefficace, d'attendre patiemment au bord de la glace et d'attraper une proie quand elle se présente. La stratégie la plus probante consiste à patauger dans l'eau peu profonde et à saisir le poisson avec son bec.  Ils sont donc moins prédateurs que charognards et opportunistes.

Ce fameux bec, dites-moi, je crois que je ne vous l'ai pas encore montré ! Permettez-moi de vous présenter, enfin, la photo - puis mon dessin entier, complet, achevé - de cette splendide tête de pygargue !

plus très jeune, pas encore tout à fait adulte...

 

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 PROCHAIN ARTICLE, LE 24 SEPTEMBRE 2014