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18 juillet 2018

Le chef indien Jack Red Cloud "Chief Jack Red Cloud".

Présentation d'un dessin pas à pas

entamée ce lundi 14 mai 2018.

    Une réédition, fidèle dans son ensemble,    

 d'un article présenté en 2012 sur un blog depuis abandonné (voir lien)

  avec quelques remaniements apportés en fonction de récents commentaires ou de nouvelles lectures.  

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 Ultime mise à jour : vendredi 15 juin 2018.

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"Qu'est-ce que la vie ? C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit, c'est le souffle d'un bison en hiver, c'est la petite ombre qui court dans l'herbe et se perd au couchant."

dernières paroles de Crawfoot, 1830-1890, chef indien Blackfoot. (Source, Wikipédia et Paroles indiennes, Ed. Albin Michel 1993, collection Carnets de sagesse.)

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 lundi 14 mai 2018

Dessine-moi un Indien ...

Un jour, un proche me propose gentiment, cartes postales d’Indiens à l'appui : Tu sais, il adore les Indiens.  Voici des photos qui lui appartiennentPeut-être, si l'idée te plaît, réussirais-tu à lui en dessiner un ?
Une idée me vient à l’esprit : secrètement, dessiner un de ces Indiens et lui offrir en surprise...
Ces photos, je les admire longuement, elles sont superbes. Pourtant, elles ne me conviennent pas : vous savez, question modèle de dessin, je suis très exigeant !
André Maurois n'a-t-il pas écrit : Etre exigeant, c'est montrer de l'intérêt.
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 Sans tarder, avec comme seul bagage souris et clavier d'ordinateur,

je pars pour un long voyage virtuel, à l'insu de mes proches, sur la piste des bisons.

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et surtout sur la piste des plus beaux portraits d'Indiens d'Amérique !

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vendredi 18 mai 2018

 

D'emblée, tous ceux que je découvre m'émeuvent et me fascinent... 

Plus encore que par leur beauté plastique, ces photographies prises fin du XIXe siècle et début du XXe siècle par Edward S. Curtis ou Frank A. Rinehart constituent la quintessence du portrait.

Des photographies réalisées dans l'optique de constituer une trace tangible d'un peuple que les colons soutenus par certains Présidents de l'Amérique ont exterminé délibérément.

Des photographies réalisées dans l'ultime but de rassembler pour l'avenir - avec une immense nostalgie - des traces visuelles de la disparition irrémédiable d'une nation entière.

 

Edward S. Curtis (1868 - 1952)

Admirerez-vous autant que moi ces prises de vue d'Edward Sheriff Curtis, le plus célèbre peut-être de tous ces photographes d'un autre temps ? 

Considéré comme ethnologue et anthropologue social des Amérindiens d'Amérique du Nord et de l'Ouest américain, il a, parallèlement à de nombreux écrits, entrepris l'inventaire photographique - sur plaques de verre - des 80 tribus existantes composant une population indienne estimée à plus d'un million d'individus au XVIIIe siècle et aux alentours de quelques dizaines de mille lorsqu'il se lança dans cet honorable travail de mémoire.  On estime qu'il a traversé 125 fois les Etats-Unis pour rassembler, en trente années, 50 000 clichés. Une partie de son travail fut publiée dans une somme de vingt volumes intitulée The North American Indian, comprenant 2500 photographies et 4000 pages de textes.

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EAR CUT EAR

Crow Tribe Chief

CALICO

Oglala Tribe Chief

SITTING BEAR

Arikara Tribe Chief

     
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RED HAWK

Oglala Chief

Apsaroke War Group

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Frank A. Rinehart (1861 - 1928)

On ne peut qu'admirer l'extraordinaire héritage photographique de Frank Albert Rinehart conservé au Haskell Indian Nations University.  En 1898, lors d'un célèbre Congrès indien, cet homme fut chargé de photographier l'événement et les personnalités amérindiennes qui y participaient, produisant ainsi l'une des meilleures documentations photographiques des dirigeants indiens à la fin du XIXe siècle : sans nul doute, les dernières photos de toute beauté que l'on put découvrir avant le déclin du peuple indien.

 

La beauté spectaculaire de ces portraits - réalisés dans un studio pour des raisons d'exposition - réside dans la dignité et la force d'expression de ces visages, ainsi que, techniquement parlant, dans leur tirage au platine produit pour offrir un large éventail de valeurs tonales. 

Après le Congrès, Rinehart parcourt les réserves indiennes deux années durant, dépeignant en photos les chefs de tribus absents à l'événement, tout autant que des aspects de la vie quotidienne et de la culture des peuples indiens.



 

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BROKEN ARM

Oglala Sioux

CHIEF HOLLOW HORN BEAR

Sioux

HIGH BEAR

Sioux

 

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In Summer, Kiowa Tribe Two Little Braves, Sac & Fox

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Dilemme ! 

Parmi tous ces étonnants clichés d'un peuple

si fier et élégant, mais colonisé et décimé,

lequel choisir ?

Et si je m'en remettais à Manitou pour me guider ?

Qui sait : le Grand Esprit me viendra-t-il en aide ?

 

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 mardi 22 mai 2018

Est-ce le hasard qui m'a guidé ? Le destin ? Manitou le Grand Esprit ?

 

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Fin mars : un court séjour dans ma belle-famille autrichienne touche à sa fin. Comme souvent à la veille du retour, je vais faire le plein d'essence. C'est l'occasion d'aller saluer le propriétaire de la seule Tankstelle du village, un copain de longue date (et d'économiser de précieux euros, les carburants sont si chers le long des autoroutes allemandes).

C'est la fin de la journée, pas de voiture en vue derrière moi, la clientèle se raréfie depuis qu' une voie rapide aménagée à flanc de montagne n'incite plus les touristes à traverser le village qui, dès lors, retrouve enfin la quiétude qu'il souhaitait depuis près de trois décennies ... 

Un brin de causette s'improvise, nous parlons de tout et de rien, du passé et de l'avenir, des enfants et des petits-enfants, du bonheur qu'ils procurent, de ses loisirs lorsqu'il en trouve le temps, de ma passion pour le dessin qui me comble : j'explique à Reinhard mon envie de dessiner un Indien d'Amérique et être à la recherche d'une photo qui me conviendrait !

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Tu cherches une photo d'Indien ?  Range ta voiture, suis-moi, les Indiens, c'est ma passion ... Nous passons dans le petit bar qui jouxte sa boutique.  Regarde ces photos au mur, ce calendrier accroché ...  Que des Indiens !  Attends, je possède encore tous ceux des années précédentes.  N'hésite pas, regarde les photos une à une, si tu trouves celle qui te plaira, emporte le calendrier jusqu'à ton prochain retour au Pays !   

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Je ne sais si c'est Manitou, le Grand Esprit qui m'est à ce moment venu en aide, mais je déniche enfin mon Indien !  Le temps de "ein großes Bier ?"  pour fêter dignement l'événement et j'emporte sous le bras un précieux calendrier de 2008, non sans promettre à Reinhard de le lui rapporter lors de ma prochaine visite, afin de ne pas amputer sa précieuse collection.  Accompagnera le précieux calendrier, promis, une reproduction numérique en haute qualité - seul un œil averti percevra les légères différences entre l'original et la copie - du dessin que j'aurai, d'ici là, eu le temps d'achever...

et dont voici les premiers traits. 

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vendredi 25 mai 2018

 Dessine-moi un mouton... », disait le Petit Prince.

Sur l’astéroïde du Petit Prince, minuscule, il suffisait de déplacer un peu sa chaise pour contempler, à volonté, un coucher de soleil. Il n’a eu longtemps pour distraction que leur douceur.

Je peux en admirer, disait-il, jusqu’à quarante-quatre sur une journée.  

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"J'aime bien les couchers de soleil. 

Allons voir un coucher de soleil... "

  

"Tu sais... quand on est tellement triste,

on aime les couchers de soleil... "

 

"Je voudrais voir un coucher de soleil...

Faites-moi plaisir... "

« Dessine-moi un Indien... » : ainsi commence cet article.

Le Petit Prince et mon Chef Indien partagent probablement l’admiration des couchers de soleil.  


Oui, ce Sioux dessiné à l’insu de ce proche, juste pour lui faire plaisir,

cet Indien de la tribu des Oglalas qui orne, majestueux, un mur de son séjour,

ce Chef Indien des Grandes Plaines admirait – comme vous, comme moi –

le spectacle quotidien des couchers de soleil... 

Assurément, il ne les manquait que rarement, du moins, je l'imagine.


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En feuilletant le calendrier, lors de mon premier regard vers ce visage d'Indien, je me souviens avoir admiré sa fierté hautaine, mêlée à une certaine tristesse ; je n’avais que trop peu prêté attention au nom, pourtant illustre.  A ce moment, il m'importait peu.  Mes yeux s'étaient ensuite tournés d'emblée vers le poème "Great Spirit Prayer" imprimé sur le côté gauche de la photo, rédigé en anglais.  Le message qu'il véhicule est une source de sagesse, fondée sur le respect de la nature et la compréhension de "l'Esprit" qui est en toute chose. Voici, en guise d'exemple, un court extrait...

Let me walk in beauty,

Laisse-moi marcher dans la beauté,

And make my eyes ever behold the red and purple sunset. 

 

Et permets que mes yeux contemplent toujours les couchers de soleil rouges et pourpres.

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je vous invite à découvrir

la traduction entière de ce poème

"Great Spirit Prayer"

- "Prière du Grand Esprit" -

  en cliquant sur son image.

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dessin d'indien - 02

Lorsque je vis "mon" Indien, vous disais-je, je n’avais que très peu prêté attention à son nom, pourtant illustre. Permettez-moi de ne pas encore vous le dévoiler avec tout le respect qu'il mérite ; pour vous permettre de mieux l'appréhender, je voudrais le situer dans son contexte historique et pour cela, vous conter - brièvement - l'histoire d’un autre Chef Sioux que "mon" Indien a admiré et aimé :

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"Ils nous ont fait beaucoup de promesses, plus que je ne puis me rappeler,

mais ils n'en ont jamais tenu qu'une :

ils avaient promis de prendre notre terre, et ils l'ont prise." 

RED CLOUD (1822-1909) - SIOUX - Chef indien Oglala de la tribu Lakota

 

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drapeau des Sioux 

Les Oglalas (« ils se dispersent » en langue lakota) constituent le plus puissant des sept clans indiens qui forment la branche des Lakotas, elle-même intégrée à la vaste Nation des Sioux, une des tribus indigènes qui peuplaient les grandes plaines et vivaient essentiellement de la chasse au bison. Ce sont eux qui représentent le stéréotype du "peau rouge" tel qu’il est représenté dans l’histoire et les westerns.

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lundi 25 mai 2018

 

A cet instant, vous attendez que je vous parle sans plus tarder de ce Sioux Red Cloud, Chef indien Oglala de la tribu Lakota.

Sachez déjà que les recherches effectuées pour connaître son passé m'ont passionné. Mais avant, permettez-moi, de transcrire ici le commentaire - merveilleusement rédigé - signé par la plume d'Améthyste après la mise à jour précédente. Ses mots illustreront à merveille mon propos de ce jour.


Tandis que vos mines tracent minutieusement, artistiquement, ce visage du Chef indien des Grandes Plaines qui vous inspira, j'ai scruté ses traits où j'ai découvert, en effet, cette "fierté hautaine" dont vous parlez si bien.

Cet Indien, au nom pour l'instant mystérieux, regarde au loin, bien au-delà de sa propre existence. Que voit-il ? L'errance sans fin de sa tribu, ou son enfermement dans une réserve ?

Je me suis tournée vers le Chef indien oglala Red Cloud et j'ai tenté de déchiffrer sur son visage, par-delà sa profonde gravité, toute la douloureuse lucidité blasée de celui à qui incombe la survie d'un peuple, la cruelle lutte d'un Chef contre un devenir inexorable.

Abattue, je me demandais comment ces deux magnifiques Chefs indiens parvenaient à ne pas s'effondrer, lorsque Red Cloud me désigna une ligne de la Prière du Grand Esprit : "Laisse-moi marcher dans la beauté..."

Merci, cher Jean-Claude, pour cette prière (que j'ai recopiée en français et en anglais !), prière intemporelle si belle avec ses mots pleins de fraîcheur dans leur simplicité, prière d'une sagesse infinie...

Améthyste


Red Cloud - son nom lakota : Mahpiya Lutaé - s'affirme, dès l'adolescence, comme un brillant chef de bande, autant par son caractère et son audace que par une bravoure et un courage exceptionnels. Pourtant, il n'est pas issu d'une lignée de chefs : il ne devra son ascension qu'à lui-même, en étendant son influence sur d'autres groupes de guerriers oglalas par son implication dans des guerres tribales et territoriales contre les Pawnees, les Crows, les Utes ou encore les Shoshones.

Les Grandes Plaines - ces prairies qui s'étendaient à perte de vue dans le mid-west - étaient les terres de chasse des Sioux, Cheyennes, Assiniboines, Crows, Blackfoots, Crees, Utes, Shoshones, Mandans, Arikaras, Kiowas, Comanches, Pawnees. Ces tribus d'Indiens nomades, dont les coiffes de plumes et les vêtements décorés de perles sont devenus les symboles même des Indiens d'Amérique, dépendaient entièrement du bison pour leur survie.

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"Bull Buffalo" — une peinture de George Catlin (1845) (source : Wikimedia Commons)

Les bisons étaient alors nombreux (plus de 30 millions) et parcouraient en toute liberté des plaines aux horizons illimités. Tout était utilisé : la viande bien sûr, mais aussi la peau pour confectionner les tipis, des couvertures, des boucliers, des mocassins ou des sacs. Les tendons servaient de fil à coudre et de cordes d'arc. Des cuillères étaient faites avec les cornes et la colle avec les sabots. Rien n'était gâché : jusqu'au crâne qui servait dans les cérémonies religieuses.

Avec l'arrivée des trappeurs, des chasseurs, puis des pionniers et des chercheurs d'or, presque tous les grands troupeaux de bisons furent rapidement décimés. Abattus par centaines de milliers pour leurs peaux, pour le sport - comme l'a illustré William Cody alias Buffalo Bill - voire seulement pour leur langue, mais aussi, et surtout, pour délibérément affaiblir les Indiens, ces massacres mettaient en péril la survie même des Amérindiens.

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"Laisse-moi marcher dans la beauté ..."

Soutenu par le Grand Esprit et jugeant indispensable de protéger les territoires de chasse ancestraux et sacrés de son peuple menacés par l'arrivée massive de tous ces hommes blancs, de tous ces visages pâles, nouveaux ennemis des Indiens, Red Cloud orchestre en 1865 une coalition de Sioux, d'Araphos et de Cheyennes : c'est la première fois dans l'histoire des Plaines que tant de guerriers, plusieurs milliers, sont rassemblés sous le commandement d'un seul chef. Réunis, ils combattent, avec un succès remarquable, l'armée américaine chargée de protéger ses colons, les harcèlent dans tous leurs déplacements, les empêchant de continuer à aménager des forts et d'utiliser la "piste Bozeman", le "Bozeman Trail Corridor", une route tracée à travers le cœur de l'important territoire de chasse des Lakotas et permettant aux convois des hommes blancs de passer du Wyoming au Montana et en Oregon pour gagner la côte pacifique, de nouvelles terres, et surtout... les champs aurifères et les riches mines d'or du Montana, leur but ultime !

 

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caravane de mineurs et de colons sur la piste Bozeman

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Chief Red Cloud organise, avec ses alliés de circonstance,

une guerre d'escarmouche contre les convois de ravitaillement.

Il intercepte les troupes assignées à l'aménagement de cette voie de passage.

Il les retient plusieurs semaines, les assiège.

Il isole les trois fortifications déjà construites dans le but de maintenir la piste ouverte.

Il exige leur abandon.

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Victorieux, il parvient à contraindre Washington de négocier, en avril 1866, un traité interdisant tout convoi et, les termes du traité ne le satisfaisant pas, car il demandait aussi le démantèlement des forts, il refuse de signer. En août, les États-Unis cèdent (ce sera la seule fois où Washington se résoudra à signer un traité comportant des clauses à son désavantage) : ainsi que le stipule le traité de Fort Laramie, signé en 1868, trois forts d'importance stratégique décisive seront abandonnés et incendiés !

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Bien qu'il abandonne la piste Bozeman, le traité abuse pourtant Red Cloud car il inclut d'autres clauses installant les Sioux dans un vaste territoire situé dans la région des Blacks Hills dans le Dakota du Sud, le Wyoming et le Montana, promettant la protection de la population indienne et de sa culture, prévoyant des formations visant le développement de l'agriculture : déjà, un avant-goût de réserve indienne.  

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Les fréquentes violations du traité par les blancs, allant même jusqu'à la saisie de certaines terres promises, obligent Red Cloud et d'autres chefs Sioux - en 1869-1870 - à se rendre à Washington pour présenter leurs doléances et convaincre le Président Grant d'honorer les traités existants en endiguant le flot de mineurs et chercheurs d'or traversant leurs terres sacrées.  A son retour, il préconise aux Indiens la paix et s'établit dans la réserve Red Cloud Agency, dans le Nebraska..

En bas, de gauche à droite,

Sittinf Bull, Red Cloud, Swift Bear.

En haut à droite, Spotted Tail.

Julius Meyer les accompagne

à Omaha, dans le Nebraska,

en route vers Washington DC,

afin de rencontrer le Présiden Grant

et discuter de l'avenir des Black Hills

et de la Nation Sioux.


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Son propre fils Jack Red Cloud, entouré d'autres jeunes guerriers, refuse toutefois d'enterrer la hache de guerre et poursuit la lutte. L'arrivée, en 1874, d'émissaires du gouvernement guidés par le lieutenant-colonel George Armstrong Custer demandant aux Sioux de renoncer à leurs lieux de chasse des Blacks Hills pour pouvoir en toute sécurité aller y prospecter l'or, donne raison aux résistants : les Sioux risquent d'être trahis par la violation annoncée de leurs collines sacrées.

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Debout  de gauche à droite :

Red Bear, Young Man Afraid of his Horse, Good Voice,

Ring Thunder, Iron Crow, White Tail, Young Spotted Tail.

 

Assis de gauche à droite :

Yellow Bear, Jack Red Cloud (fils de Chief Red Cloud),

Big Road, Little Wound, Black Crow ;

circa 1860-1880

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Red Cloud lui-même repousse immédiatement une telle proposition, puis, s'entendant dire que de toute manière on leur en retirerait bientôt le droit, accepte, contre paiement immédiat de l'indemnisation proposée en fusils et en chevaux, et réaffirme les droits des Sioux sur le nord du Nebraska.  D'autres chefs Sioux, tels Crazy Horse ou Sitting Bull, refusent pourtant de se laisser contrôler. La guerre de 1875-1876 commence : Red Cloud n'y participe pas.

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Après la défaite de Custer sur les bords de la Little Bighorn River, le 25 juin 1876 - bataille à laquelle participa Jack Red Cloud, envoyé par Chief Red Cloud, armé de la carabine paternelle et portant sa coiffe de guerrier - , les Américains vont chercher à se venger... Mais de tout cela, je préfère vous en parler un autre jour car je ne résiste pas plus longtemps à l'envie de vous présenter l'étape suivante du dessin de Jack Red Cloud :

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JACK RED CLOUD

unique fils de CHIEF RED CLOUD

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vendredi 1er juin 2018

Si Red Cloud cautionne la participation de son fils à la bataille de Little Bighorn - puisque Jack s'y engage portant la coiffe de guerrier du Chef indien et armé de la carabine de son père -, mon sentiment est qu'il ne capitule pas devant l'ennemi mais se montre tout simplement prudent et surtout ambitieux pour l'avenir de son fils Jack ! 

Pour bien comprendre l'attitude de Red Cloud, il faut que je vous parle de coups et d'honneurs ...

En effet, dans les temps anciens de l'histoire des Indiens, les temps dont je vous parle, la qualité de chef ne se transmettait pas nécessairement de père en fils : Red Cloud lui-même, je vous le disais en début d'article, n’était pas d’une lignée de chefs mais avait été reconnu et choisi comme leader parce qu’il avait courageusement défendu son peuple non seulement contre les ennemis, mais aussi contre l’injustice et l’agression au sein même de sa tribu, les Oglalas. La règle était qu'un Indien ne pouvait prétendre à mériter ce titre de chef s’il n’avait perpétré des coups récompensés par des honneurs, prouvant sa bravoure au cours d’affrontement guerriers, comme capturer un ou plusieurs chevaux d'une tribu rivale, tuer un adversaire et emporter son scalp, ou encore - la façon la plus héroïque entre toutes - s'introduire dans les rangs de l'ennemi à cheval et - entreprise périlleuse s'il en est - toucher un adversaire aux yeux de tous sans pour autant essayer de le blesser ! Quand un homme avait participé à quatre batailles et acquis dans chacune un honneur, il devenait éligible au rang de chef.

Red Cloud est ambitieux pour son fils unique et pour les raisons évoquées ci-dessus, il préfère sans doute jouer un rôle de conseiller plutôt que de guerrier dans cette bataille de Little Bighorn, les 25 et 26 juin 1876, comme dans une autre bataille de  Rosebud Creek survenue quelques jours auparavant, le 17 juin 1876, déjà remportée par les Sioux : Jack y avait - déjà - ardemment combattu.

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En fouillant sur quantité de sites rédigés en anglais voués aux Native American Indians, dans le but de mieux cerner cette période historique décisive pour l'avenir des Indiens, j'ai découvert quatre dessins annotés particulièrement intéressants, bien qu'empreints d'une touchante naïveté. Peints à la gouache, ils sont signés Daniel Long Soldier. Né en 1949, cet artiste est un Sioux oglala lakota né dans la réserve indienne de Pine Ridge (j'en reparlerai) à laquelle ont bien avant lui vécu Red Cloud, sa tribu et ses descendants. Il se plaît à dépeindre les histoires de son peuple telles qu'elles lui furent contées par son grand-père et ses oncles qui tous ont connu Jack Red Cloud et ses coups.

Il nous en raconte une ci-dessous... J'ai tenté de la traduire aussi fidèlement que possible et le jeu m'a beaucoup amusé !

     Alors qu'ils quittaient le camp oglagla, un combat avec les Crows implique le fils de Red Cloud, Jack Red Cloud, alors adolescent, qui avait rejoint d'autres jeunes gens désireux de gagner leurs premiers honneurs au combat. Il porte la coiffe de guerre de son père et est aussi armé de sa célèbre carabine, une long rifle Winchester à levier d'action, modèle 1866, surnommée "Yellow Boy".

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      Les traces de sabots montrent Jack Red Cloud battre en retraite.

     Alors qu'il vivait, adolescent, à la réserve indienne "Red Cloud Agency", c'était pour lui l'occasion de se joindre à une bataille. Soucieux de remporter les honneurs de guerre, Jack Red Cloud attaque seul un groupe de guerriers Crows. Il est à court de balles et bat rapidement en retraite.

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     Les guerriers Crows donnent la chasse à Jack Red Cloud. Le reconnaissant comme le fils du Chef Red Cloud, ils le narguent, se moquent de lui, puis le prennent en cible avec leurs flèches et le fouettent avec leur cravache. Ils lui enlèvent la coiffe de son père, le désarment, puis le font tomber de son cheval.

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     Il est secouru par un guerrier sioux oglala.

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photo originalephoto originale pour dessin d'indien chief jack red cloud    

Jack Red Cloud perpétrera-t-il suffisamment de coups ?

Jack Red Cloud méritera-t-il suffisamment d'honneurs pour être éligible et élu au rang de Chef ?

Que vont devenir Red Cloud et sa tribu des Oglalas ?

Quels seront les prochains détails de mon dessin

qui progresse lentement, trait par trait, pas à pas ?

A toutes ces questions, il y aura réponse ...

    dessin inachevé- Chief Jack Red Cloud -

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mercredi 6 juin 2018

Ainsi, Red Cloud est ambitieux pour son fils. En juin 1876, il ne participe aux importantes batailles de Rosebud Creek ou Little Bighorn, les dernières remportées par les Sioux, qu'en tant que conseiller, mais il incite son fils Jack à s'y illustrer pour y récolter des honneurs : on n'hérite pas du titre de Chef indien, on le mérite...

Red Cloud reste un Chef reconnu par son peuple. Les autorités gouvernementales se méfient de lui car elles lui reconnaissent une grande influence près des siens, qui le respectent et lui restent fidèles depuis ses succès guerriers contre l'armée américaine, contrainte de signer le traité de Fort Laramie aboutissant à l'abandon de trois fortifications le long de la piste Bozeman destinée à protéger les colons et leurs convois sur la route de l'or.

Est-ce pour tout cela qu’en automne 1876, ces autorités gouvernementales cherchent à humilier Red Cloud en proclamant à la tête des Sioux un autre chef plus docile, Spotted Tail, que, l'on s'en doute aisément, les Oglalas fidèles à Red Cloud ne reconnaîtront pas ? D'autres chefs le considèrent même comme traître. En 1881 il meurt assassiné...

Les Américains cherchent alors à se venger et s'en prennent aux tribus des réserves : celle des Lakotas de Red Cloud voit ses armes et ses chevaux confisqués. Plus grave encore : la famine les guette car les troupeaux de bisons sont décimés et les attributions de vivres réduites.

Grande victoire indienne, la bataille de Little Bighorn sonne donc paradoxalement, comme le chant du cygne, la fin de la résistance indienne. La débacle de Custer en fait un martyr pour l'opinion américaine, et le gouvernement ordonne la traque des Sioux. Les plus opiniâtres abandonnent l'un après l'autre la guerre, vaincus par la supériorité en matériel et en armes de l'armée américaine. Sitting Bull fuit vers le Canada, Crazy Horse finit par être abattu, et à l'orée des années 1880, les Indiens sont presque vaincus : il ne reste que quelques résistances isolées.

C'est alors que se met en place le système des réserves créées par l'Etat, où les Indiens - souvent forcés et contraints -, sont véritablement parqués pour être dépendants du bon vouloir des Blancs. En novembre 1877, le gouvernement décide la déportation des Oglalas : Chief Red Cloud, clairvoyant sue l'issue fatale des conflits, négocie avec le gouvernement et accepte de quitter, avec les siens, la vaste réserve du Nebraska pour aller s'établir dans la réserve de Pine Ridge Indian Reservation dans l'actuel Dakota du Sud, où ils sont encore installés, confinés, de nos jours.

   

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Le 29 décembre 1890, l'armée américaine massacre environ 300 Indiens à Wounded Knee. Les débats sont encore nombreux sur les circonstances et le bilan de ce drame. Cet épisode tragique est considéré comme la fin des guerres indiennes, mais il est aussi devenu le symbole des atrocités qui ont marqué les conflits entre les colons blancs et les peuples indigènes. Dans la mémoire des Indiens d'aujourd'hui, cette date est incontournable pour l'affirmation de leur identité, alors que pour les Etats-Unis elle est beaucoup plus occultée.  

 - Chief Jack Red Cloud - 2

A bientôt.

Je poursuivrai cette douloureuse histoire des Indiens, des Sioux, des Oglalas.

Je vous parlerai enfin de la coiffe et des habits, de plus en plus apparents sur mon dessin de

Jack Red Cloud.

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samedi  9 juin 2018

 "Ils nous faisaient beaucoup de promesses, plus que je ne peux me rappeler, mais ils n’en ont jamais tenu qu’une seule ; ils ont promis de prendre nos terres, et ils les ont prises."

Maȟpíya Lúta (Red Cloud - en français Nuage Rouge), chef des Oglalas

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CHIEF RED CLOUD

Atteint de cécité, Red Cloud meurt le 10 décembre 1909.

 

Jusqu'à sa mort, il remplit dignement son rôle de meneur d'hommes, sert d'intermédiaire à son peuple dans les relations difficiles avec les agents de la réserve et le gouvernement et résiste fièrement à la volonté américaine de briser le pouvoir des chefs qu'il considère comme garants du mode de vie traditionnel indien.

 

 

 

A son décès, les Oglalas choisissent son fils Jack pour lui succéder, probablement autant en raison des honneurs de guerre mérités dans sa jeunesse que par respect pour son père. Chief Jack Red Cloud honorera ce tire jusqu'à son décès en 1928. Par la suite, ses descendants continueront à être choisis eux-aussi comme chefs traditionnels des Oglalas.

 

- James Red Cloud, 1928-1960.

- Charles Red Cloud (son frère), 1960-1979.

- Olivier Red Cloud, 1979-2013.

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CHIEF JACK RED CLOUD

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En 1917, les Indiens étaient une ethnie en voie de disparition en raison de son niveau élevé de mortalité. La culture des ancêtres avait en grande partie disparu, les perspectives économiques paraissaient inexistantes. Confrontés à la misère, à un chômage endémique, à l’ennui, à l’alcoolisme, ils ne croyaient plus en l'avenir.

L’entrée en guerre des États-Unis leur apparut comme un moyen de de retrouver une dignité perdue et de ressusciter l’esprit guerrier de leurs ancêtres, jadis symbole d’honneur et de respect au sein des tribus. Selon leur expression, ils "traversèrent la mare" et partirent pour l’Europe.

Les officiers américains rapportèrent que, complètement intégrés au sein de leurs unités, ils se battaient souvent  avec plus de fougue et courage que les autres soldats. Rentrés chez eux, ils avaient la conviction d’avoir gagné "la plus grande de toutes les guerres", après avoir découvert d’autres pays, cultures et styles de vie. Ils maîtrisaient mieux l'anglais et avaient acquis nombre de capacités techniques qui les aidèrent à trouver un travail. Ils avaient aussi rencontré des membres d’autres tribus de différentes régions des États-Unis et réalisé qu’ils avaient des préoccupations communes : ils ne purent dès lors plus concevoir leur identité en termes seulement tribaux et une grande partie des luttes qui allaient être menées au cours de la seconde moitié du XXe siècle par les autochtones pour leurs droits le seraient au nom de la Nation indienne.

Par la suite, la politique de Washington contribua à affirmer le nouvel état d’esprit amorcé au sein de la communauté indienne par la Première Guerre mondiale. En 1934 l’Indian Reorganization Act* étendit les programmes d’éducation aux adultes qui n’avaient pas eu la possibilité d’aller à l’école et mit en place à une large échelle des services de santé, des cours d’anglais, de cuisine, d’hygiène, de couture, d’agriculture et de formation professionnelle en général. Entre 1934 et 1941, 80 000 Indiens furent embauchés dans le cadre d’un programme fédéral et touchèrent souvent pour la première fois de leur vie un salaire. Ils construisirent des barrages, des ponts, des puits, des routes et des voies de chemin de fer.

* Par l'Indian Reorganization Act, l'État fédéral américain mit fin au processus de parcellisation des terres indiennes et reconnut aux tribus indiennes le droit à l'autonomie.

Les progrès accomplis en moins d’une décennie permirent aux Indiens de ressentir, pour la première fois, un sentiment d’inclusion dans la population générale du pays, et de découvrir un concept entièrement nouveau pour eux, celui d’une identité nationale. En témoigne le fait que les Indiens furent 45 000 – souvent volontaires et d’un enthousiasme sidérant - à s’enrôler dans l’armée des États-Unis durant la Deuxième Guerre mondiale : un tiers de tous les hommes valides âgés de 18 à 50 ans, jusqu’à 70 % dans certaines tribus, comme les Sioux et les Navajos, plus d’un dixième de l’ensemble de la population indienne (une proportion bien plus élevée que dans toutes les autres communautés du pays).

Dans leurs motivations à s’enrôler figurait aussi l’appât du gain : l’argent, la solde de l’armée, 60 dollars par mois ou plus si l’on montait au front. Les engagés flairèrent la possibilité de rentrer avec un joli pécule. Lorsque la seconde guerre arriva, beaucoup d’Indiens voyaient déjà dans leur niveau de vie et leurs perspectives d’avenir de notables améliorations. Et quand elle se termina, leur revenu annuel – bien que ne représentant qu’une fraction de celui des Blancs – était trois fois plus élevé qu’en 1941.

Surtout, les Indiens avaient à ce moment-là réalisé que la démocratie était en danger dans le monde. Ils avaient compris que la liberté, cette valeur depuis toujours suprême à leurs yeux, était en jeu, que la défense de leur pays était nécessaire. Ils oublièrent les humiliations, les ressentiments et l’amertume du passé pour faire preuve d’un patriotisme et d’une loyauté extraordinaires envers leur pays. En quittant pour la première fois leurs réserves pour aller travailler dans des usines d’armement, en s’engageant dans la Croix Rouge et les services féminins de l’armée, plus de 40 000 hommes et femmes – en plus des soldats – se mélangèrent pour la première fois aux Blancs, les connurent, les comprirent mieux, se familiarisèrent avec leur culture, leur mode de vie et leurs valeurs, apprirent comment se comporter avec eux, et vice versa.

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Une proportion considérable d’Indiens américains devenaient des Américains indiens. 


- DESSIN D'INDIEN - Chief Jack Red Cloud - 07

CHIEF JACK RED CLOUD a revêtu une magnifique coiffure

en plumes couramment appelées plumes d'aigle royal.

En réalité, elles proviennent du Bald Eagle, le pygargue à tête blanche !

Connaissez-vous mon dessin de Bald Eagle  ?

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La coiffe de plumes était un objet sacré. Les plus communes comportaient 28 à 32 plumes montées en rayon autour d’un bonnet (la queue d’un Bald Eagle ne comporte que 13 plumes). Chaque partie de la coiffe avait une signification qui pouvait être comprise par tous les membres de la tribu. La forme du bonnet avec ses plumes rayonnant autour de la tête du guerrier était le symbole de la grâce divine du Grand Esprit qui rayonne comme le soleil. L'utilisation de plumes de aigle était aussi un symbole : ne vole-t-il pas très haut, près du soleil ? 

Chez les Sioux, les coiffes de guerre, toutes différentes l'une de l'autre, permettaient d'afficher le nombre de coups comptés par le guerrier qui l'arborait, chaque coup donnant droit a des plumes, taillées de façon différente suivant leur nature. Lorsque les coups comptés consistaient par exemple - je vous en ai parlé précédemment dans l'article - à toucher l’ennemi sans être soi-même touché, cet exploit donnait droit à des plumes provenant de la queue d’un aigle mâle. Les chefs de guerre de chaque tribu étaient choisis parmi les guerriers arborant la coiffe la plus prestigieuse puisqu’elle symbolisait l'immense valeur de celui qui la portait. Chez certains indiens parmi les plus réputés, elle pouvait même descendre jusqu’aux pieds.

La coiffe était investie de pouvoirs surnaturels qui protégeaient son porteur lors des combats. Elle faisait également partie de la garde-robe de festivités des personnes distinguées. Enfin, les guerriers qui portaient une coiffe affichaient ainsi leur appartenance à un groupe.

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    Calumet, médaille, veste à franges en peaux et poils ornée de perles et motifs géométriques.

Le calumet sioux typique est un long tuyau ouvragé, décoré de piquants de porc-épic, dont le fourneau est en catlinite, pierre rouge au grain très fin qui, selon la mythologie sioux, était un don du Grand Esprit. 

Le nom de catlinite fut donné à la suite de la visite du peintre américain George Catlin dans les carrières du Minnesota vers 1835. Les Amérindiens utilisaient ces carrières depuis au moins le début du XVe siècle.

Dans cette mythologie, en des temps très anciens, le Grand Esprit, sous la forme d'un oiseau, posé sur une muraille de rocher, fit venir toutes les tribus autour de lui et, brisant un morceau de catlinite, en fit une pipe et la fuma, les volutes de fumée recouvrant toute la multitude. Il dit alors à ses enfants rouges que cette pierre rouge était leur chair, qu'ils étaient nés de cette pierre, qu'ils devaient fumer dans des pipes fabriquées avec cette pierre - car la fumée qui s'en exhalait était leur prière qui montait vers lui - , qu'ils ne devaient utiliser cette pierre que pour leurs pipes, et que comme celle-ci appartenait également à toutes les tribus, ce terrain était sacré, et aucune arme ne devait y être utilisée ou introduite.

Avez-vous remarqué la médaille ?  Pour un chef indien, porter une médaille de la paix à l'effigie d'un Président - ici, Ulysses S. Grant, qui exerça deux mandats successifs de 1869 à 1877 - revêtait une importance primordiale. Les Indiens avaient fait de cet objet - il y avait cinq types de médailles et les plus grandes étaient bien sûr destinées aux plus grands - une marque distinctive des chefs, ceux qui étaient aptes à conduire leur peuple, fut-ce dans la charge suicidaire et désespérée contre des "soldats bleus" chargés de dégager la voie des colons. Grant était respecté chez les Sioux : lors de la défaite du général Custer à Little Big Horn, qui avait provoqué chez les Blancs un grand scandale et une animosité croissante vis-à-vis des Indiens, il avait osé prendre position contre Custer et l'armée et classer l'affaire sans enquête préalable.

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A bientôt, en cours de semaine prochaine, pour une dernière publication,

où je vous présenterai le dessin achevé et entier,

et où il sera question de poésie et de sagesse.

Un au revoir, comme si nous fumions le calumet de la paix,

avant de partir vers d'autres horizons ...

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vendredi 15 juin 2018

 

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Parlons sagesse ...

"Tout ce que fait un Indien, il le fait dans un Cercle"

"Il en est ainsi parce que le Pouvoir de l'Univers opère toujours en cercles et que toute chose tend à être ronde.

Dans les temps anciens, lorsque nous étions un peuple heureux et fort, notre pouvoir nous venait du cercle sacré de la Nation et tant qu'il ne fut pas brisé, notre Peuple a prospéré.

Tout ce que fait le Pouvoir de l'Univers se fait dans un cercle.

Le cercle est rond et j'ai entendu dire que la Terre est ronde comme une balle et que toutes les étoiles le sont aussi.

Le vent, dans sa plus grande puissance, tourbillonne. Les oiseaux font leur nid en rond, car leur religion est la même que la nôtre.

Le soleil s'élève et redescend dans un cercle.

La lune fait de même, et ils sont ronds l'un et l'autre.

Même les saisons, dans leur changement, forment un grand cercle et reviennent toujours où elles étaient.

La vie d'un homme est un cercle d'enfance à enfance, et ainsi en est-il de toute chose où le Pouvoir se meut.

Aussi, nos tentes étaient rondes comme les nids des oiseaux et toujours disposées en cercle, le cercle de la nation, nid fait de nombreux nids où nous couvions nos enfants selon la volonté du Grand Esprit."

                                                                        Elan Noir, Indien sioux oglala

 

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"Les Indiens d'Amérique sont une ancienne civilisation, et leurs perspectives en ces temps anciens étaient tout à fait différentes de celles de nos contemporains. 

Je leur ai enseigné à percevoir le monde en tant qu'un organisme entier. J'ai enseigné aux personnes à respecter chaque vie, leur ai enseigné à vivre et à agir parfaitement sur la Terre, ne dérangeant pas l'harmonie, l'équilibre et la beauté de l'environnement. 

Depuis son enfance, un Indien apprenait à écouter afin de comprendre le monde autour de lui — le Soleil, les étoiles, le vent, la forêt, les rivières, les lacs et les animaux … Les Indiens ont appris à suivre les lois de la nature dans leur vie ; ils ont compris qu'en violant ces lois on cause de la douleur inutile à la vie. Contrairement aux Européens modernes, ils ne se sont pas ‘emprisonnés’ eux-mêmes dans des maisons en pierre, n'étaient pas ‘enchaînés’ par des dogmes au sujet de la structure du monde. 

Les Indiens estimaient qu'ils étaient une partie intégrale de la nature ; leur maison était la forêt illimitée, les montagnes rocheuses, les lacs bleus et les chutes d'eau. L'état de fusion avec la nature était très naturel pour eux. Traversant une rivière sur une pirogue, marchant sur des sentiers en forêt, les Indiens se sentaient un avec le vent, l'eau, les montagnes, les oiseaux… Depuis le jeune âge, ils savaient que le corps n'était qu'un petit fragment dans le monde de la matière, qu'il n'était pas plus important que les pins se balançant dans le vent, que les nuages flottant dans le ciel, que les écureuils gambadant dans les arbres ou les poissons nageant dans les eaux…"

White Eagle (Aigle Blanc)

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Pour prier, ouvre-toi entièrement au ciel, à la terre, au soleil, à la lune,

à la voix totale qui est en toi,

et sache qu’il y a davantage que tu peux voir, entendre, connaître,

sinon dans ces moments qui croissent, forts,

et dans des langues seulement entendues dans d’autres Cercles de Mouvement.

 

Comme l’Aigle ce dimanche matin au-dessus de Salt River,

tournoyant dans le ciel bleu, dans le vent,

balayant nos cœurs de ses ailes sacrées,

nous te voyons, nous voyons et savons

que nous devons prendre d’extrêmes précautions

et être bienveillants en toutes choses.

 

Inspirons, en sachant que nous sommes constitués de tout ceci,

et expirons, en sachant que nous sommes vraiment bénis

parce que nous sommes nés, et mourrons bientôt,

dans un vrai Cercle de Mouvement,

comme l’aigle qui éveille le matin en nous.

 

Nous prions pour qu’il en soit ainsi, dans la beauté,

dans la beauté.

Joy Harjo

 

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Parlons poésie ...

 

Une feuille nous quitte

et c'est l'automne.

Ne frissonne pas.

Cela est l'ordre.

Enclose ici, et verte, en feuille singulière.

Là, dissoute et rendue à l'ouvert.

                          ... Mais le gain ? dis-tu.

Va, demande aux oiseaux,

à l'herbe, aux amants,

qui captait le soleil ?

qui leur chantait le vent ?

qui leur sera printemps.

 

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L'étoile

que le nuage efface continue d'exister.

 

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L'églantine accroche son âme au buisson

et sa candeur nous égratigne.

 

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Oiseaux

qui sur un fil tenez,

de la portée

donnez-nous la mesure.

 

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Vastes vents

qui passez sur nos terres morcelées,

jetez bas nos clôtures.

 

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Lune,

quand ta moitié seule apparaît,

c'est ton entier visage que je sais.

 

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... Ne fut pas cueillie la rose

qui devant ma fenêtre décline.

Sa métamorphose m'était nécessaire.

Et ... tandis qu'à l'extrême, abandonnée,

offerte,

elle va s'effaçant,

lui vient au coeur un fruit,

son fruit.

Empruntant sa sève et son vide,

la Vie continue de passer.

 

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Poèmes de Ghislaine Henry-Yernaux

lus à la messe de ses funérailles, le 18 juillet 2012

 

 

 

HOMMAGE

 

Avant de lire la Prière de Joy Harjo, sa famille l'a confié à l'assemblée :

elle se passionnait pour la spiritualité des Indiens d'Amérique ;

elle avait un jour voyagé là-bas à la rencontre des Navajos, et d'autres tribus.

 

Nul doute :  elle appréciait la Great Spirit Prayer.

Elle savait que tout ce que fait un Indien, il le fait dans un Cercle. 

Elle connaissait la sagesse d'Aigle Blanc.

 

Elle aimait - beaucoup - la nature.

Elle aimait encore prendre sa plume et écrire.

 

Souffrante, des années et des années, puis alitée, sa maison était un peu

son tipi qu'elle ne quittait plus.

(Elle était une épouse aimée, une maman adorée.)

 

Tout cela se ressent à la lecture de ses poèmes, écoutés, lus à la messe de ses funérailles.

Ses poèmes que chacun a précieusement emportés, tel un trésor, à la fin de la cérémonie.

   
 

Merci Chantale, toi son aînée, amie de longue date.

Tu as marqué ton accord, enthousiaste,

pour que les mots de ta maman s'envolent ici, au-delà des frontières, au-delà des nuages ...

 

- DESSIN D'INDIEN - Chief Jack Red Cloud - 09

 

 

 

16 juillet 2018

coupe du monde de football 2018 : que le meilleur gagne...

   ULTIME MISE A JOUR CE LUNDI 16 JUILLET !    

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Huit pays s'étaient rencontrés ces 6 et 7 juillet

lors des quarts de finale de la coupe du monde 2018 de football.

Quatre équipes s'étaient ainsi qualifiées pour les demi-finales !

 

RESULTATS

 

URUGUAY / FRANCE         0 - 2   

BRESIL / BELGIQUE           1 - 2    

SUEDE / ANGLETERRE       0 - 2   

RUSSIE / CROATIE       2 - 2     qualification par tirs au but  : 3 - 4       

 

Face à la Belgique,

la France s'est qualifiée pour la finale de ce dimanche 15.

   BELGIQUE 0 - FRANCE 1   

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Ce mercredi 11, la Croatie s'est qualifiée

pour la finale de ce dimanche 15.

   ANGLETERRE 1 - CROATIE 2   

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La Belgique a battu l'Angleterre  2 - 0 ce samedi 14

dans le match pour les places d'honneur :

elle atteint ainsi la 3e place de ce Mondial de foot 2018,

un événement historique.

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La France a battu la Croatie  4 - 2 ce 15 juillet en finale.

Elle remporte la coupe du monde

pour la deuxième fois de son histoire.

 

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     des dessins signés Philippe GELUCK, dessinateur et humoriste (belge)