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20 juillet 2016

D'un dessin de CORBEAU à celui d'un ... MOULIN !

- ultime mise à jour ce samedi 5 mars -

 

DIMANCHE 21 FÉVRIER 2016

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J'ai choisi un chef-d’œuvre d'une des quatre grandes figures de l'Ecole flamande de peinture pour établir une transition entre mon précédent  dessin de corbeau  et celui qui lui succédera dans ce blog, que je dévoilerai progressivement dans cet article pas-à-pas !

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En 1981, en famille, nous visitions le Kunsthistorisches Museum  - Musée de l'histoire de l'art - de Vienne. Mon garçon n'était pas encore de ce monde... Ma petite fille de 9 mois se reposait, bienheureuse, depuis une paire d'heures, sur mes bras endoloris (sa nacelle avait dû être déposée à la consigne). J'admirais, ébahi, l'une après l'autre, les sublimes huiles sur bois, conservées dans ce musée, de l’œuvre de Bruegel l’Ancien peint entre 1553 et 1568. Si le fameux syndrome de Stendhal se ressent aussi à Vienne, je pense l'avoir alors éprouvé...

Ce souvenir restera à tout jamais gravé dans ma mémoire : mes yeux contemplent encore Le Combat de carnaval et carême, Les Jeux d’enfants, Le Suicide de Saül, La Tour de Babel, La Rentrée des troupeaux, Chasseurs dans la neige, La Journée sombre, La Conversion de saint Paul, Le Repas de noce, La Danse des paysans, Le Paysan et le voleur de nid, sans oublier :

Bruegel%20le%20Moulin%20et%20la%20Croix%20-%20the%20Mill%20and%20the%20Cross%20-%20detail.jpg - Le Portement de croix de Pieter Brueghel l’Ancien - 1564 - 170 x 124 cm - Kunsthistorisches Museum, Wien -

(les détails du coin supérieur droit sont visibles sur les deux images de début d'article)

(site consulté pour les reproductions du Portement de croix :    amolenuvolette.it   )

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MARDI 23 FÉVRIER 2016

La complexe scène du Portement de croix relate avec une impressionnante virtuosité un épisode de la Passion du Christ. Peint en 1564, l’œuvre, une sorte de très grande miniature, aurait mérité une observation à la loupe (je n'en avais pas à ma disposition, mais d'un simple clic gauche sur la reproduction proposée ci-dessus, vous la verrez presque "grandeur nature"  !), tant elle est montre une foison de détails représentant un vaste paysage peuplé de quelque 500 personnages.  La plupart, friands de pendaisons et d'exécutions, s’affairent, vont de la ville au fond à gauche vers le Golgotha au fond à droite. D’autres, paysans, bergers et journaliers se dirigent vers la ville avec des denrées qu’ils se proposent de vendre au marché.

Toute l'attention se porte sur le groupe formé par la Vierge, saint Jean et les saintes femmes, d'une expression poignante. Minuscules, relégués au troisième plan mais pourtant élément central du tableau, les condamnés, le Christ succombant sous la croix et les deux larrons, cernés à gauche par l’arbre de vie et à droite par le gibet de mort, se dirigent vers le lieu d’exécution entourés d’une troupe de soldats en tuniques rouges. Aussi loin que porte le regard, ce ne sont que symboles angoissants : encore des gibets, des corbeaux et des soldats en chasse. Mais aussi, signes d’espoir, ces collines moutonnantes et ces ramures verdoyantes sous un ciel en partie serein mais s'assombrissant au-dessus du champ de supplice que la foule avide s'apprête à envahir... 

Élément surprenant, le tableau est dominé par une haute et improbable formation rocheuse surmontée d’un tout aussi improbable moulin : comment y acheminer le grain à moudre ? Comment redescendre la farine ainsi produite ?  Mystère...

Mise à jour, suite au commentaire de Christiana de ce 15 mars :

Ce mystère, peut-être, est-il résolu : si l'on observe avec attention la seconde photo de cette formation rocheuse, que je viens de trouver sur l'internet et d'insérer ci-après, on distingue nettement un sentier taillé dans le roc, bordé par une balustrade en bois...

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Liens vers les sites consultés :

Canal Academie – Les Académies et l’Institut de France sur internet

découvrir Bruegel

La Croix

détail du sentier, taillé dans le roc, menant sans doute au moulin.

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VENDREDI 26 FÉVRIER 2016

Le moulin

Guy de Maupassant

Fragment

… Tandis que devant moi,
Dans la clarté douteuse où s’ébauchait sa forme,
Debout sur le coteau comme un monstre vivant
Dont la lune sur l’herbe étalait l’ombre énorme,
Un immense moulin tournait ses bras au vent.
D’où vient qu’alors je vis, comme on voit dans un songe
Quelque corps effrayant qui se dresse et s’allonge
Jusqu’à toucher du front le lointain firmament,
Le vieux moulin grandir si démesurément
Que ses bras, tournoyant avec un bruit de voiles,
Tout à coup se perdaient au milieu des étoiles,
Pour retomber, brillant d’une poussière d’or
Qu’ils avaient dérobée aux robes des comètes ?
Puis, comme pour revoir leurs sublimes conquêtes,
A peine descendus, ils remontaient encor.

(23-24 octobre 1897)

Guy de Maupassant, Poésies diverses

Le moulin a paru dans Le Gaulois du dimanche du 23-24 octobre 1897 sous la signature de G. de V. soit Guy de Valmont.

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LUNDI 29 FÉVRIER 2016

Ah, moulins magiques de nos rêves...

Qu’ils soient rénovés ou délabrés, abandonnés ou en activité, ces imposants vestiges du passé ne me laissent jamais indifférent...

Le meunier d’un moulin de Provence avait besoin d’aide : seul, il ne pouvait faire pivoter son lourd toit en cône pour l’orienter et le diriger à la recherche du meilleur souffle du vent dominant, qu’il soit mistral ou vent d’est.  Pendant de longues minutes, par appuis successifs grâce à un ingénieux système de "roulement à billes" (en fait, des galets en buis !), la force de six hommes pouvait être requise pour ce déplacement.

Puis, il lui fallait gréer les voiles ; il pouvait enfin déverser les grains de blé, une fois les ailes en mouvement ; les meules s’occupaient du reste !

Le moulin - récemment restauré - que j’ai photographié cet été 2015 et que je dessine, est un de ces moulins provençaux, d'apparence extérieure en tout point similaire à ce schéma :

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Mais peut-être connaissez-vous déjà ce moulin perché sur sa butte à 578 mètres de haut, bâti presque au bout du monde, bâti au sommet d'une colline, bâti au bout d'un vieux et pittoresque village possédant encore une partie de ses fortifications ?
 

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MERCREDI 2 MARS 2016

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Région PACA, Haut-Var, en limite des Alpes de Haute-Provence,

au sein du Parc naturel régional du Verdon.

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À 25 km au sud-est de Manosque, du haut de ses 578 mètres, le pittoresque village historique de Saint-Julien-le-Montagnier est perché au sommet d’une butte dégagée (réchauffée par le soleil mais aussi fouettée par les vents) que l’on voit de loin depuis la plaine et la route D554, entre Vinon-sur-Verdon et Barjols puis Brignoles.

                

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De la table d’orientation en céramique de son belvédère construit sur le réservoir d’eau du village, on jouit d’un panorama exceptionnel, un des plus appréciables du Var, si vaste par temps dégagé (vue sur sept départements), permettant de découvrir les collines varoises au sud et la Haute-Provence au nord avec le massif du Verdon, jusqu’à la montagne de Lure et le mont Ventoux.

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Samedi, nous nous approcherons de ce moulin construit sur le site de Gourdane,

un site de grand intérêt régional : je vous le présenterai...

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SAMEDI  5 MARS 2016

L’occupation du site et de la région remonte à la préhistoire et l’on y retrouve en bordure ouest, là où est construit le moulin qui inspire mon dessin, les vestiges d’un oppidum (lieu fortifié de l’époque romaine, généralement aménagé en surplomb, servant de refuge et de lieu de rencontre). De cette époque remonte probablement le nom de la butte, Gourdane (appelée aussi avec justesse l’Aire du Bout du Monde), avec la racine pré indo-européenne GOR-D- (variante de KOR-) désignant une hauteur rocheuse.

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Les siècles passés, on accédait à l’Aire de Gourdane par une voie encaladée en pente raide, le « Chemin du Paradis des ânes » Les calades sont ces marches empierrées avec à leur bord inférieur une bordure légèrement surélevée destinée à bloquer les roues des petites charrettes tirées par des ânes, remontant lourdement chargées les récoltes de la plaine jusqu'au village, ce qui en principe évitait à ceux-ci de se laisser entraîner en arrière et de dévaler la pente sans retenue.

                                                                                           

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On entrait sur l’Aire du Bout du Monde - délimitée à l’ouest par une falaise abrupte et à l’est par une falaise non moins à pic - en franchissant la magnifique porte fortifiée du même nom, datée du XIIIe siècle, qui perce l’un des remparts occidentaux datés du Ve et XIIe siècles.

 

 

 

                                                         

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L’aire est soigneusement empierrée pour le battage du blé ; l’empierrage dessine au sol des rectangles réguliers qui servaient d’étalon pour mesurer le grain et assurer le partage entre le minotier, le seigneur et le propriétaire.

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Sur le coté droit est établie la Chapelle de l’Anonciade, un petit bijou d’art religieux rural avec ses retables et autel avec montants en bois sculptés. A son extrémité, dominant la plaine se dressent deux moulins à vent. En raison du manque d'archives, leurs origines et histoire est imprécise et le mystère plane même, dans les archives communales, sur leur nombre.

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Il est mentionné qu’à la demande du seigneur de l’époque, on en construisit un en 1653, mais deux ans plus tard le mistral indomptable brisa le fourgon, et l’on ne sait si des réparations furent effectuées (plainte fut déposée contre le meunier en 1661) : les délibérations à ce sujet restent muettes... Aucune mention officielle par contre à propos origines de l’autre moulin à vent : certaines sources parlent de 1635.

Au fil des temps, les moulins de Gourdane ont connu l'oubli. Devenus ruines, ils furent sauvés et remis à neuf - entièrement, pour celui que je dessine - à partir de 1999, et font de nouveau la fierté du village.

Actuellement restauré avec ses ailes, dans les règles de l’art et dans l’esprit d’une lointaine tradition, le moulin de 1653 est en parfait état de marche et des bénévoles se chargent de déployer les toiles et faire tourner les ailes pour les visiteurs lorsque les conditions météo le permettent, le deuxième dimanche d’août à la Fête des moissons d’antan, l'occasion d’assister tout d’abord au fauchage, au battage et au vannage du blé, puis de moudre de la farine afin de démontrer le parfait fonctionnement du mécanisme.              

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"LE MOULIN A VENT DE SAINT-JULIEN-LE-MONTAGNIER", 1653, 30 X 40 cm

(dessin au portemine achevé fin février 2016, d'après une photo personnelle)

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à bientôt,

si vous le voulez bien !

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Je vous remercie

pour votre fidélité. 

Les sources utilisées pour cet article après le 26 février :

http://www.lescheminsdupatrimoine.fr/wa_files/R16_20web_0...

http://www.merveilles-du-var.net/index.php?merv=fiche&...

http://www.lescheminsdupatrimoine.fr/l_aire_et_les_moulin...

http://fr.calameo.com/books/0024449899c6751ac65a7

http://www.saintjulienlemontagnier.com/historique.php

http://villages-et-villes-de-france.fr.over-blog.com/2015...

http://www.justacote.com/regusse-83630/site-touristique/

http://www.lac-sainte-croix.com/moulins-regusse.htm

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Commentaires

Malgré tes soucis de papy, tu as su faire un excellent choix pour un joli dessin! je viendrai admirer le cheminement! Bon Dimanche Bisous Fan

Écrit par : FAN | 21 février 2016

J'ai cru un instant ne pas l'avoir mentionné... Mais si : cette visite à Vienne, c'était en 1981, je n'étais donc pas encore papy, mais jeune papa ! Certes, mes bras étaient pourtant douloureux : je pense avoir porté ainsi sur les bras ma fille endormie, âgée de 9 mois, au moins deux heures...

Quant au choix du dessin, la première étape sera présentée mardi ! A bientôt, Fan.

Écrit par : Jean-Claude | 21 février 2016

Bonjour Jean-Claude, je m'en veux de ne pas venir assez souvent chez toi alors que je viens de lire et voir de si belles choses... Caspar David Friedrich que j'adore et bien sûr, ce tableau extraordinaire de Bruegel.
As-tu vu ce film étrange qui s'appelle "Bruegel, le Moulin et la Croix" (titre original : The Mill and the Cross). Un film polono-suédois de Lech Majewski sorti en 2011. Il a reconstitué le paysage du tableau et raconte toutes les histoires des personnages de ce tableau. ex: le meunier, on pénètre dans le moulin et on voit sa vie, on suit tous ces pauvres gens, les condamnés à la roue, etc...
Et puis en voyant cette roue et les corbeaux, je ne peux m'empêcher de penser au très beau poème de François Villon: "La ballade des pendus".

Tiens, je te le mets, pour le plaisir (en version adaptée pour la compréhension))

Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A lui n'ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

J'ai eu beau chercher partout, je n'ai pas trouvé où m'inscrire pour recevoir ta newsletter... et ainsi ne plus rester aussi longtemps avant de venir te visiter...
Dis-moi comment faire?

Très heureuse de ces jolies découvertes ce matin, tes dessins sont toujours aussi magnifiques!

Écrit par : Christiana | 01 mars 2016

Bonjour, Christiana. Merci pour ton passage "chez moi"... Je me réjouis que tu y lises et voies de belles choses : chaque dessin, pour moi, est prétexte à communiquer les recherches et découvertes réalisées dans des domaines culturels aussi passionnants que variés...

Non, je n'ai pas vu ce film "Bruegel, le Moulin et la Croix", mais tout au long de mes recherches pour la préparation de cet article via le moteur de recherche GOOGLE, je l'ai très souvent rencontré et ai pensé que lorsqu'il sera programmé à la télévision, je ne le manquerai pas, tant les critiques sont élogieuses...

Bien sûr, qui n'a pas appris sur les bancs de l'école secondaire ce poème de Villon et son célèbre vers "Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !" ?
Les mots "Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils."
m'effrayaient, à l'époque...

J'en suis désolé, mais la version gratuite de Hautetfort ne permet pas d'insérer un module d'inscription à la NEWSLETTER. Cependant, comme tu connais ce blog depuis sa création, tu auras remarqué que j'annonce toujours, dans chaque article pas-à-pas, la date de publication de la mise à jour suivante, le plus souvent deux ou trois jours plus tard. Et entre chaque présentation de dessin, je ne m'éloigne guère plus du clavier qu'une dizaine de jours, sauf avis écrit en page d'accueil...
Alors, comme l'agenda et le crayon orange y invite très souvent : "à vos agendas" !

Écrit par : Jean-Claude | 01 mars 2016

Je comprends que ce chef-d'oeuvre, "le Portement de croix" par Pieter Brueghel l'Ancien, soit aussi pour un Artiste tel que vous source d'émotion. Ce moulin, en grand danger sur un socle posé sur de massifs rochers, semble étendre, lui aussi, ses bras en croix sur une foule où se mêlent souffrance et violence, curiosité et indifférence. Au-dessus de cette multitude de personnes, il est difficile de détourner son regard d'un ciel d'une telle beauté tourmentée qu'elle subjugue ceux qui le contemplent.

Je ne connaissais pas le village de Saint-Julien-le-Montagnier dont j'aime le blason "d'or à la tour donjonnée" et, en regardant votre dessin, je me poserai certainement pendant des années ces questions : "Mais comment peut-on projeter toutes ces ombres à l'aide de mines ? Comment est-il possible d'atteindre avec tant de justesse, tant de perfection, ces différences dans les gris, dans les noirs, dans toutes ces nuances sombres ou bien pâles comme celles des pierres ?" La réponse, elle, n'attendra pas des années : "Vos mines sont magiques !"

Merci pour cette magnifique visite qui, grâce à vos photographies, accompagne les pas des lecteurs jusqu'à l'Aire du Bout du Monde...

Écrit par : Améthyste | 05 mars 2016

Merci.

J’aime beaucoup le parallèle que vous établissez entre le moulin de l’Aire du Bout du Monde de Saint-Julien-le-Montagnier et le chef-d’œuvre de Brueghel... Votre commentaire m’a incité à observer avec une attention accrue ce ciel tourmenté qui subjugue et qui, relativement clair au-dessus de Jérusalem, s’assombrit nettement au-dessus du Golgotha, avec ces inquiétants corbeaux tournoyant sous des nuages d’orage (comme ses autres toiles La Rentrée des troupeaux ou Tempête, plus sombres également vers leur droite...).

Je ne sais si les quelques mines que j’utilise (de marque Pentel, 0,5 et 0,3 mm, allant de 4H à 2B) sont magiques, mais votre observation de mon dessin et les questions que vous posez illustrent à merveille le double défi que je me lançais en choisissant de dessiner ce moulin provençal : réussir à projeter les ombres des ailes sur son mur, et dessiner ses pierres chauffées par le soleil grâce à un jeu de nuances subtiles entre gris et noirs !

Écrit par : Jean-Claude | 07 mars 2016

Superbe moulin de Saint-Julien-le-Montagnier!! j'ai appris son historique! Les moulins sont toujours aimés et admirés car il y a un côté mystérieux qui les anime!! Toute jeune je me suis régalée avec "les lettres de mon Moulin" d'A.Daudet et habitant à Nîmes, j'avais écouté en 2006, une conférence sur cet écrivain qui habitait en centre ville! et lors de mes balades, je ne rate jamais la visite d'un moulin si moulin il y a!! Bravo JC pour celui-ci que je connaissais pas!! Dans le midi, il y en a encore pour l'huile BIO !
Bisous Fan

Écrit par : FAN | 06 mars 2016

Deux heures de route et 159 km séparent Nîmes, votre ville, de ce moulin : qui sait, peut-être un jour un but d’excursion ?

Plus sérieusement, merci, Fan, pour votre commentaire : je me réjouis que mon dessin et l’article qui l’accompagne ravive en vous de beaux souvenirs de jeunesse et des émotions personnelles. J’ai aussi savouré, tout jeune, les lettres de mon Moulin ; tout comme j’ai tenté de lutter à côté du valeureux Don Quichotte de Miguel de Cervantès dans l'épouvantable et inimaginable aventure des moulins à vent...

Écrit par : Jean-Claude | 07 mars 2016

Je ne connais pas ce moulin... seulement celui d'Alphonse Daudet. Peut-être lors de prochaines vacances en Provence?

Concernant le moulin de Bruegel, tu dis: "comment y acheminer le grain à moudre ? Comment redescendre la farine ainsi produite ? Mystère..." dans le film "Bruegel, le Moulin et la Croix", le mystère est dévoilé; il y a un chemin pour descendre...

Écrit par : Christiana | 15 mars 2016

Personnellement, je préfère « mon moulin » à celui de Daudet, de son vrai nom le Moulin Ribet appelé aussi le Moulin Saint-Pierre, construit à Fontvieille (à dix kilomètres des Baux de Provence) bien plus tard que celui de Saint-Julien, en 1814 (mais je n'ai vu celui de Daudet qu’en photo). Tu n’ignores sans doute pas qu'il broya du blé pendant un siècle puisqu’il arrêta de fonctionner en 1915 (la grande guerre fit que l’on réquisitionna à la fois les hommes et le blé, ce qui signa définitivement l’arrêt de mort du moulin) ; et que, par ailleurs, il est depuis 2013 l’objet d'un litige entre la mairie de Fontvieille et ses propriétaires : il tombe apparemment en ruines, délabré, fermé au public.

Suite à la seconde partie de ton commentaire, très pertinente, j’ai mis à jour la partie de l’article datée du mardi 23 février : j’ai en effet découvert une reproduction très précise de ce chemin – je parlerais plutôt d’un sentier taillé à même le roc – qui permet d’atteindre le moulin ou d’en descendre... Merci de m’avoir aidé à résoudre, sans doute, ce mystère !

Écrit par : Jean-Claude | 15 mars 2016

J'ai visité le moulin de Daudet en 1975 :-( et à l'époque, il n'était pas encore en ruine (comme moi) J'avais même oublié le nom Fontvieille!
Je me souvenais seulement des premières lignes de Daudet: C'est de là que je vous écris, ma porte grande ouverte, au bon soleil...

Écrit par : Christiana | 16 mars 2016

Si j'ai tardé à te répondre, c'est parce que je voulais retrouver dans mes cours d'orthographe de 6e année, archivés (et rangés depuis près de 8 ans déjà), une dictée extraite du chapitre "installation" des Lettres de mon moulin que j'ai très souvent proposée... Ce texte précède ta citation "C'est de là que je vous écris..."

Voici cette dictée, presque entièrement copiée du livre, et que je scindais en deux séquences :

"Ce sont les lapins qui ont été étonnés !… Depuis si longtemps qu’ils voyaient la porte du moulin fermée, les murs et la plate-forme envahis par les herbes, ils avaient fini par croire que la race des meuniers était éteinte, et, trouvant la place bonne, ils en avaient fait quelque chose comme un quartier général, un centre d’opérations stratégiques… La nuit de mon arrivée, il y en avait bien, sans mentir, une vingtaine assis en rond sur la plate-forme, en train de se chauffer les pattes à un rayon de lune… Le temps d’entrouvrir une lucarne, frrt ! voilà le bivouac en déroute, et tous ces petits derrières blancs qui détalent, la queue en l’air, dans le fourré. J’espère bien qu’ils reviendront.
Quelqu’un de très étonné aussi, en me voyant, c’est le locataire du premier, un vieux hibou sinistre, à tête de penseur, qui habite le moulin depuis plus de vingt ans. Je l’ai trouvé dans la chambre du haut, immobile et droit sur l’arbre de couche, au milieu des plâtras, des tuiles tombées. Il m’a regardé un moment avec son œil rond ; puis, tout effaré de ne pas me reconnaître, il s’est mis à faire : « Hou ! hou ! » et à secouer péniblement ses ailes grises de poussière."

Écrit par : Jean-Claude | 21 mars 2016

Oh oui! Je me souviens fort bien d'avoir étudié ce texte à l'école aussi... Ce qui m'a donné envie de lire tout le livre après...
Merci pour les souvenirs!
Ton moulin resplendit sous le soleil!

Écrit par : Christiana | 22 mars 2016

Merci.
Sans ces contrastes de couleurs déployées par le soleil, je n'aurais probablement pas eu envie de dessiner les ailes de ce moulin en noir, gris et blanc !

Écrit par : Jean-Claude | 05 avril 2016

Bonsoir. Les moulins de mon enfance ne ressemblent pas à celui là pourtant quand je vois ces constructions je me dis que j'aurais bien aimé attendre, assise sur les sacs de blé, la farine fraîchement moulue. Quel plaisir de nous rendre, nous avions, à dos d'âne ou avec des brouettes pour faire moudre les grains d'orge ou de blé! C était le bon temps. Bien que ces moulins ne soient plus que décoratifs pour la plupart, ils enchantent grands et petits rien qu'à les regarder. Un dessin tel que le votre nous oblige à nous arrêter pour admirer le coup de crayon.

Écrit par : Dalida | 05 avril 2016

La nostalgie, n'est-ce pas le regret des souvenirs de l'enfance, des temps passés, des lieux disparus ou devenus lointains ? Ah, c'était le bon temps... Les moulins de mes souvenirs d'enfant ne ressemblent pas non plus à celui-ci ! Et voilés, ils tournaient, ils tournaient, ils tournaient...
Merci pour votre arrêt sur cette page !

Écrit par : Jean-Claude | 05 avril 2016

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