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14 novembre 2014

Lalibela, version sculpture, version Tifet.

MISE A JOUR DE L'ARTICLE EN BAS DE PAGE LE VENDREDI 14 NOVEMBRE

 

MARDI 11 NOVEMBRE 2014

Bonjour !  

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Vous vous en souviendrez sans doute, si vous me suiviez à l'époque sur mon précédent blog...

En automne 2011, lorsque j'avais présenté ce dessin de Lalibela, je n'ignorais pas qu'une amie internaute, Tifet, passionnée de sculpture -l'un de ses brillants talents- s'était lancé le périlleux défi de représenter, en trois dimensions et en argile, ce visage... (après m'avoir auparavant contacté pour que je lui envoie à cette fin, outre une bonne reproduction de mon dessin, la photo qui l'avait inspiré).

Je me souviens comme je me réjouissais de découvrir cette sculpture ...

Je ne doutais guère de la réussite de ce projet artistique : le talent de Tifet est énorme !  Elle avait permis, par exemple, de faire revivre, d'une certaine manière, sa grand-maman Laure, en la modelant de main de maître d'après ses souvenirs et une simple photo d'identité... Ou encore Gandhi, magistralement ressuscité. Voyagez dans son blog : outre sa passion pour l'Egypte, vous y découvrirez d'autres superbes œuvres !

Voici donc, sans plus attendre, Lalibela, version "sculpture" de Tifet, avant séchage et donc non cuite, et en parallèle Lalibela, ma version "dessin" !  

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Lalibela en terre non cuite et avant séchage

Lalibela, dessin original

 "Quelle ressemblance !  Quelle réussite !"

Au-delà de cette admirable similitude, je retrouvais avec grande émotion ce regard qui m'avait tant bouleversé lorsque je l'avais dessiné, ce regard empli de tristesse et de résignation, ce regard usé mais fier et serein d'une vieille dame que la vie n'a sans doute jamais épargnée !

Permettez-moi de vous demander de revenir ce vendredi 14 novembre : je résumerai ici, tel que je l'avais perçu, tout le processus de réflexion et de création -rempli de doutes et d'incertitudes- qui avait amené Tifet, après la cuisson, à patiner sa sculpture afin d'obtenir un résultat final merveilleusement réussi. 

VENDREDI 14 NOVEMBRE 2014

Mardi, je vous ai montré "Lalibela en terre non cuite et avant séchage"...  Il s'agit ensuite de laisser le temps nécessaire à la terre pour sécher progressivement et parfaitement.

A ce moment, Tifet m'explique qu' après cuisson à 1300 degrés, Lalibela devrait prendre une couleur "pain brûlé" ; j'ai un peu la trouille ! ajoute-t-elle.

Quelques jours plus tard, comme tous les lecteurs de son blog, je découvre la sculpture enfin cuite que ces mots accompagnent : Elle aurait dû être couleur "pain brûlé" ... elle est plus claire avec quelques touches plus foncées, je crois que je vais la laisser comme cela, à l'état "brut".  Une patine ?  Peut-être pas...  Donnez-moi votre sentiment !

 

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Lalibela après cuisson

En toute sincérité, j'avoue alors à Tifet, à demi-mots, ma déception "... tout en la trouvant très belle, pour les raisons évoquées la première fois que je la vis sur votre blog, je dois avouer que je la préférais dans sa couleur d'origine non cuite, non sèche même...  Je pense que Lalilela me plairait mieux avec une patine foncée... " Elle partage mon avis car elle me répond : Je vous comprends Jean-Claude car quand je l'ai récupérée chez le potier, j'ai été un peu déçue par son teint !  Je la voyais plus foncée, plus proche de la photo d'origine.  Alors maintenant, j'ai un vrai problème, comment la patiner ?  il faut que je fasse des essais, à suivre donc, j'ai encore du boulot... ! 

Bien plus tard, un nouvel article paraît.  Aujourd'hui, elle est terminée ...  Après avoir longtemps hésité, cherché, fait des essais, j'ai suivi mes envies, ça a été laborieux, long, j'étais pleine de contradictions et voilà, j'ai osé : j'assume pleinement ce qu'elle est devenue.

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Pour les vêtements, j'ai fait une patine au lait chaud avec des pigments de blanc, pour le visage j'ai d'abord commencé par faire les rides (tous les creux) en cire marron foncé au pinceau, puis j'ai passé ensuite une cire plus claire sur tout le visage en plusieurs couches en essuyant au chiffon, puis de la cire noire au chiffon par endroits comme les sourcils ou le menton, le creux des yeux, tout en laissant ces petits points blancs lumineux dans les yeux pour "illuminer son regard".

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J'éprouve une profonde admiration, un coup de foudre instantané pour cette "nouvelle" Lalibela, que je découvre aussi belle qu'en réalité (du moins, que la profonde réalité que ce visage exprime, puisque de cette Dame nous ne connaissons que la photo).

Au-delà de mon émerveillement, au-delà des émotions que cette sculpture de veille Ethiopienne parvient à susciter en chacun et que je ressens probablement, j'épinglerai tout particulièrement le talent et la volonté de Tifet...  Quelque peu déçue, comme moi, par la couleur de la peau "après cuisson", n'a-t-elle a décidé de se lancer dans ce périlleux travail de patine, au risque de tout gâcher ?  Il fallait oser prendre ce risque et elle a relevé ce défi, avec talent : magistralement !  A en juger par les commentaires déposés sur son blog, personne, d'ailleurs, n'a pu rester indifférent et ignorer Lalibela : jugez-en par  vous-même en lisant ces quelques extraits.

Elle est époustouflante !!!  Epoustouflante de vérité, de sentiments à fleur de peau... Elle est devenue une oeuvre d'art à part entière ; quelle maîtrise !  Quelle réussite totale. 

Tant de réalisme, devant tant de véracité.  L'humaine condition dans toute sa splendeur...  Dans les premières secondes, j'ai vraiment cru qu'elle allait me parler...  Et puis, lorsque nos regards se sont attardés l'un sur l'autre, elle m'avait parlé !  Ses rides, sa moue, l'inclinaison de sa tête, ses yeux qui longuement investirent les miens, tant elle me parla : je vis combien elle était belle, combien son âme était belle... 

Cela est de mon goût !!!  Ses yeux plein d'humanité sont là et il est certain que l'on a envie de lui poser des tas de questions sur ce qu'elle a vu et entendu durant sa longue vie !!!

Elle est belle et nous dit à chacun beaucoup de choses sur son histoire !!!

Bravo Tifet, Lalibela est encore plus expressive comme cela, la patine du temps lui ira si bien...

La patine lui va bien et d'ici quelques temps, lorsqu'elle sera moins "neuve", je pense que ce sera encore plus vrai !

C'est bien d'avoir osé, il faut toujours suivre son instinct.  Ce teint basané lui va bien et la rend très réaliste, le visage est buriné par la vie...

C'est magnifique !!! Pour mes yeux elle est vivante.  BRAVO !

Je suis conquise par ce visage buriné et j'admire le talent de l'artiste.  C'est très beau.

Génial, tu as super bien travaillé la colorisation de ton oeuvre.  C'est magnifique.  Quelle perfection !

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    Vous aurez compris, cher lecteur, que Lalibela, cette vieille Dame du Wollo,

pour Tifet comme pour moi, est dorénavant "notre" Reine d'Ethiopie !

 

 

08 novembre 2014

Lalibela, vieille Dame du Wollo.

 Je vous invite à consulter régulièrement, en bas d'article,

les mises à jour de ce dessin "pas à pas" et de l'article évolutif qui l'accompagne !

(un portrait présenté auparavant sur mon précédent blog et intégré sur le bandeau d'accueil ci-dessus)

MISE A JOUR CE VENDREDI 7 NOVEMBRE

 

LUNDI 27 OCTOBRE 2014

LALIBELA 
(1ère partie)
 
Le voici, ce portrait...  Un regard, avant tout.

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Je suis particulièrement fier de vous présenter à nouveau ce portrait d'une vieille Dame, et l'article remanié qui l'accompagne.
 
J'ignore comment se nomme cette vieille Africaine, que j'ai choisi d'appeler -comme son village- Lalibela : je l'ai patiemment dessinée tout au long du mois de novembre 2008, au rythme journalier moyen de quelque six heures de travail.
 
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Ses rides témoignent de son grand âge : Lalibela vit depuis toujours dans son pays natal, le Wollo.  Sur son visage las et fatigué semblent se lire les famines répétées, la sécheresse et le manque d’eau, les épidémies, les invasions de criquets et les dévastations des cultures qu'elle a connus : ce cruel sort que la nature a réservé à l’Éthiopie, tout particulièrement pour la province du Wollo, une province du Nord, l’une des régions les plus touchées par tous ces drames. 

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MARDI 28 OCTOBRE 2014

Un regard, avant tout... Mais aussi les rides de son front.

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Souvenez-vous : une famine aux dramatiques conséquences et très médiatisée -on avait déploré au moins un demi-million de morts- avait dévasté l'Éthiopie en 1984 et 1985. Dans le Nord, les guerres internes avaient été les conséquences ultimes de cette famine, alors que les faibles précipitations de 1984 étaient à leur origine.

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Le Nord, et donc parmi les autres provinces visibles sur la carte ci-dessus, la Province du Wollo (nommée également Ouollo), était en proie à la guerre civile causée par les insurrections du Tigray et de l'Erythrée.  Cette guerre avait provoqué un exode d'un demi-million de paysans de la région, s'enfuyant  principalement ver le Soudan.  Beaucoup de ces fugitifs avaient trouvé la mort lors de leur transfert vers les camps de réfugiés à l'étranger.

MERCREDI 29 OCTOBRE 2014

Un regard, avant tout ; mais aussi les rides de son front... 
Et sa bouche, avec de fines lèvres.

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Lalibela est avant tout le nom d'un village du Wollo, cette province du nord de l'Ethiopie tristement célèbre pour ses famines répétées : elles avaient donné lieu, en 1985, au concert "Live Aid".    
   

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 L'affiche. Freddy Mercury, chanteur du groupe Queen.
 
Ce drame suscita dans le monde une vive émotion, relayée par les médias, notamment en Occident où des actions caritatives furent menées un peu partout, comme les concerts « Live Aid » simultanés au Wembley Stadium de Londres et au John F. Kennedy Stadium de Philadelphie, en juillet 1985, sous l’impulsion du chanteur Bob Geldof (Y fut rassemblé le gratin des musiciens et groupes de rock de l'époque -certains sont encore très actifs 25 ans plus tard- comme Queen, Phil Collins, The Who, Elton John, Sting, Madonna, Bob Dylan, Led Zeppelin, Status Quo, Cat Stevens, U2). On estime à 1,5 milliard le nombre de personnes ayant suivi cet événement musical à la télévision dans plus de 100 pays différents. Je me souviens : je faisais partie de ces téléspectateurs.  L'intégralité de l'événement Live Aid fut commercialisée (toujours à des fins caritatives) sous la forme d'un coffret quadruple DVD en 2005, à l'occasion de son vingtième anniversaire.
 
Lalibela, lors d'une exposition de mes dessins en juin 2009 au Centre Culturel de Theux, était probablement le préféré du public, ou du moins celui qui impressionna le plus. Je n’oublierai jamais, particulièrement, cette visiteuse (pas celle visible sur la photo ci-dessous)...

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... qui resta un long moment, bouche bée, devant ce portrait, voulut m'adresser la parole mais trop émue et sans voix, versa une larme puis m’expliqua, après avoir repris un peu d’assurance, être bouleversée par ce visage, parce que les souffrances que cette vieille Ethiopienne porte en elle se lisent dans ses yeux fiers et son regard résigné...  Ce fardeau la rendait belle et superbe à ses yeux, me dit-elle encore, et faisait resurgir au plus profond d'elle-même des douleurs personnelles profondes. 
La beauté de cette belle Dame sur laquelle je m’étais penché près de deux cents heures, en un instant, venait d’être décuplée à mes yeux. La photo de ce visage m’avait ému : je n’imaginais pas que le dessin qu'il m'avait inspiré pourrait ensuite bouleverser quelqu’un à tel point.
 

JEUDI 30 OCTOBRE 2014

Cette vieille Dame

que j'ai appelée Lalibela

habite donc à Lalibela,

ce village du Wollo

tristement célèbre

pour ses famines répétées...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mais heureusement réputé

pour une toute autre raison

dont je souhaite vous parler...

   

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(2ème partie)

 
Le village de Lalibela est extrêmement réputé pour un autre aspect que les épisodes noirs de son histoire : avez-vous déjà entendu parler de ses églises taillées dans la pierre ?  Permettez-moi de vous les présenter : suivez le guide... le temps d'ajuster ma casquette !

Lalibela, cette vieille femme, est originaire de la ville de Lalibela, une cité monastique située à 2630 mètres d’altitude, de réputation internationale.
Cette renommée s’explique par la présence,  à proximité de maisons traditionnelles rondes, de onze églises monolithes taillées dans la roche, sur ordre d'un certain roi Lalibela, il y a 800 ans.
Le site est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1978. 
                                                                                    

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Gebre Meskel Lalibela, roi chrétien d'Ethiopie (1181 – 1221) au 13ème siècle, trouvant les pèlerinages à Jérusalem incertains, fonda Lalibela : en quelque sorte "une Jérusalem de remplacement" sur l'inspiration de cette dernière. En raison de l'expansion de l'islam en effet, il était de plus en plus difficile pour les pèlerins chrétiens éthiopiens de se rendre à Jérusalem.  La légende raconte qu' à sa naissance, le roi Lalibela fut entouré d'abeilles.  D'où son nom qui signifie "Les abeilles savent qu'il sera grand.".  Durant son enfance, le trône d'Ethiopie était occupé par son frère qui, de crainte que l'oracle ne se réalise, tenta de l'empoisonner.  Il resta trois jours dans le coma.  Cette "expérience de mort imminente", comme aujourd'hui l'on dirait, fut à l'époque considérée comme un miracle : Dieu fit monter Lalibela au ciel et lui commanda d'ériger des églises faites d'une seule pierre.  Le roi estima dès lors qu'il était nécessaire d'ordonner la construction d'un sanctuaire dans la ville.  Cette nouvelle Jérusalem aurait également son Jourdain et son mont Sinaï, des noms de lieux saints étant ainsi repris. Il en reste à l’époque actuelle un site extraordinaire avec toutes ces églises monolithes et de nombreux édifices religieux dispersés aux environs dans les superbes paysages près du Lac Tana, source du Nil Bleu. C’est devenu depuis la ville sainte des chrétiens orthodoxes.
 

VENDREDI 31 OCTOBRE 2014

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Ces onze églises monolithes, taillées dans une coulée de déchets volcaniques rouges, sont reliées entre elles par un dédale de tunnels et de passages qui débouchent sur des grottes d'ermites et des catacombes.


Elles diffèrent toutes les unes des autres autant par leur conception que leur style.  Deux d'entre elles sont ornées de peintures murales et de figurations sculptées très intéressantes. 
                                            

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L’église « Bet Giyorgis », consacrée à Saint Georges, patron de l'armée éthiopienne, est le dernier et le plus spectaculaire des célèbres temples de Lalibela.

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Creusé, taillé puis modelé dans la roche du sous-sol, il y a huit siècles, par l'excavation d’une large tranchée tout autour de ses quatre murs, le bâtiment est en forme de croix.

Son toit coïncide donc avec le niveau du sol naturel et un large fossé l'entoure.

Les autres églises et temples sont adossés à la paroi rocheuse ou entièrement dégagés.

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LUNDI 3 NOVEMBRE 2014

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L'apothéose de ce lieu se situe pendant les fêtes du Timkat, début janvier, lors de la fête de l’Épiphanie éthiopienne, fête majeure de l’année liturgique, qui commémore fastueusement –12 jours après le Noël éthiopien dans le calendrier justinien– le baptême du Christ dans les eaux du Jourdain.  Les Tables Sacrées, le “Tarot”, d’ordinaire visibles du seul clergé, sortent de la ville pour une nuit et sont apportées, précieusement recouvertes d’étoffes, au bord de l’eau. La sérénité et la ferveur la plus intense, alliées à la beauté des ornements liturgiques, font de cette fête qui se déroule durant deux jours un événement exceptionnel.  Lors des processions qui précèdent et terminent le baptême rituel de la foule des pèlerins, le clergé se mêle aux fidèles au son des chants, des tambours et des sistres, arborant costumes sacerdotaux et chapes brodées, grandes croix d'or et multicolores ombrelles chatoyantes en soie.  C'est un événement qui est resté profondément religieux et qui constitue une des facettes de la beauté de cette Éthiopie méconnue.

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Mais malheureusement il y a un hic : le site est en danger !

Bien sûr, elles se sont dégradées au fil des décennies, mais les églises ont toujours résisté aux guerres, aux invasions et aux pluies diluviennes qui s’abattent sur les hauts plateaux de juin à septembre. Pourtant, en ce XXIème siècle, elles vont devoir survivre à un bien plus terrible danger, une vague touristique sans précédent annoncée et déjà en route : le gouvernement veut attirer un maximum de visiteurs à Lalibela.  Un souci qui répond à l’extrême pauvreté de la région. L’environnement est en effet trop érodé, trop dégradé, ce qui rend impossible tout essor de la foresterie ou de l’agriculture.

Le tourisme est le seul moyen d’améliorer les conditions de vie des autochtones.  Il y a quelques années, plus de 90 % de ce peuple souffrait de malnutrition.  Un adulte sur trois était sans emploi, la plupart des autres survivant grâce à la vente de bois de feu ou à un salaire de journalier agricole.  Concrètement, les églises représentent la seule richesse de la ville.  Elles font vivre un clergé pléthorique —quelque 350 prêtres, 250 diacres, 400 élèves et quelques centaines de moines— mais heureusement aussi une partie de la population qui gravite autour des touristes étrangers que le site attire de plus en plus.

A présent, la cité médiévale doit réussir son entrée dans la modernité.  Au vingtième siècle, elle était encore inaccessible par la route pendant la saison des pluies.  Depuis 1997, une nouvelle route mène à la ville équipée d’un véritable aéroport.  L’électricité est arrivée.  Sur le site, des restaurants et boutiques de souvenirs, des musées et des parkings voient le jour, se multiplient.  A la longue, le tourisme tuera Lalibela, comme il a longtemps tué le Mont-Saint-Michel en France, avant que de nécessaires mesures soient prises.  C’est une catastrophe.  Des hôtels sont construits n’importe où alors qu’on aurait pu utiliser les villages traditionnels des environs pour loger les touristes.  Lalibela risque de continuer à se développer de façon anarchique si on ne donne pas d’orientations aux habitants et aux tour-opérateurs pour protéger le périmètre des églises.
   
 
 

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Pourtant, rien d’irréparable n’a encore été commis en tous lieux. Mieux, le développement touristique pourrait stimuler une mise en valeur intelligente du site. Les visiteurs sont massivement favorables à la protection du périmètre des églises, déplorant le mauvais état des monuments et regrettant qu’ils soient recouverts par des abris.

(Ces structures de tôle et de bois destinées à les protéger empêchent, avec plus ou moins d’efficacité, les infiltrations d’eau de continuer à ravager les églises, en attendant mieux.)
 
     

 

Malheureusement, des divergences sur les priorités en matière de conservation opposent l’Unesco à la Commission européenne, toutes deux impliquées dans la mise en valeur du site.  La première n’a pas les moyens de financer sa restauration, la seconde n’a pas vocation à le faire : la seule chose qu’elle puisse s’autoriser est de sauvegarder le potentiel touristique du pays.  L’Unesco et la Direction éthiopienne du Patrimoine voudraient voir les travaux de restauration commencer.  La Commission européenne continue malheureusement à prévoir davantage d’argent pour l’entretien des "abris" des églises que pour leur conservation, abris qui sont un mal nécessaire mais ne peuvent être que provisoires.  Ils permettront au moins de protéger les églises pendant dix ans.  Ensuite, il appartiendra à l’Éthiopie de trouver de l’argent pour financer les travaux.  Autant dire qu’ils ne sont pas prêts de démarrer.  Mais le ciel peut attendre...

 

MERCREDI 5 NOVEMBRE 2014

Cher lecteur, j'espère que ce condensé de mes nombreuses recherches sur internet vous aura permis de découvrir Lalibela et la richesse de son passé : ces quelques aspects plaisent - et suffisent le plus souvent - aux touristes "aisés" parcourant ce "fameux" Wollo.

Lalibela, non plus la vieille et si belle Dame, mais ce village unique, est ... renversant !  En effet, si la foi soulève les montagnes, à Lalibela, elle les a creusées.  Lorsque notre cher Occident œuvrait là à nos cathédrales, ici, à coups de pics et de haches, des églises monumentales ont été taillées dans la roche.  Alors que nos cathédrales s’élevaient vers le ciel, les onze églises de Lalibela surgissaient du dedans de la montagne. 

Mais dites-moi, le sort des ouvriers de ci était-il enviable à celui des ouvriers de là ?

Vous avez compris, en lisant la phrase précédente, que ce condensé digne d'un guide touristique ne me suffisait pas !  J'ai beaucoup songé à ce résumé avant de le préciser ...  Continuons donc : ne suivez plus le guide à casquette mais emboîtez son pas dans sa réflexion !

Le sort des ouvriers n'était guère enviable.  La technique de travail a été reconstituée, sans peine : ils creusaient longuement, longtemps, inlassablement, presque démunis d'outils, les  tranchées extérieures délimitant le bloc de l'église, son volume brut.  La taille du monument s’effectuait donc de haut en bas.  À partir du bloc ainsi mis au jour, les ouvriers élaguaient les pilastres incrustés dans des murs, ouvraient des fenêtres, puis pénétraient dans le roc et procédaient à la taille des plafonds, coupoles, nefs, croix, piliers, arcs, chapiteaux, marches, et tombeaux : ils créaient ainsi, de l’intérieur, une église complète, "normale" aurait-on envie de dire !  Personnellement, je dirais... tout à fait hors du commun !

Vous continuez à me suivre ?  Très bien : je ne pense pas que les guides pour touristes en tous genres fréquentant Lalibela me suivraient dans la voie que je choisis ici.  Suivons-la pourtant...

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VENDREDI 7 NOVEMBRE 2014

 

Vous continuez à me suivre ?  Très bien : je ne pense pas que les guides pour touristes en tous genres fréquentant Lalibela me suivraient dans la voie que je choisis ici. 

Ce qui m'étonne le plus, c'est que ces constructions me paraissent dépasser tout entendement.  Je reste pantois devant la dimension humaine que ces églises monolithes expriment le plus fortement.  Je n’ose imaginer les chantiers pharaoniques qui furent nécessaires : comment ne pas penser ici à cette  civilisation  égyptienne aujourd'hui disparue, à ces gigantesques monuments qui font florès tout au long du Nil et qui, sous couvert de protéger à l'extrême le corps du roi défunt, n'avaient comme seul but que de rendre plus glorieux encore le règne de l'un par rapport à celui des autres, ses prédécesseurs.  Je n'ose imaginer la peine des ouvriers (et des animaux, sans doute des ânes martyrs ? ) qui ont extrait et transporté des tonnes et des tonnes de pierres, tous ainsi exploités au nom de Dieu et au profit de qui, de quoi ?   Mais bien sûr, travailler pour Pharaon, œuvrer pour le dieu sur terre devait représenter un honneur infini aux yeux de tous ces artistes et artisans égyptiens.  Et au Wollo, il en fut de même : que de similitudes, du point de vue religieux s'entend, avec certains rites nilotiques.

Permettez-moi d'ouvrir une parenthèse sur le mystère de la foi, ce mystère qui constitue la "condition humaine". Ici d’impressionnantes églises surgies des entrailles rocheuses, là des pyramides insurmontables, là encore des cathédrales, des temples, et comme depuis des temps immémoriaux, des dolmens, des menhirs et autres mégalithes.  Que ne commet-on au nom de l’espérance plus ou moins aveuglante?  Là à Lalibela, tout autour de ces monuments sublimes, j'ai pu me rendre compte - parfois - lors de mes multiples recherches sur des sites et blogs en toutes langues et tous styles que la misère s’étale, insupportable.

Le gouvernement le sait, certainement, et reste, pour longtemps encore, profondément démuni.  Une chose est la pauvreté, et l’Éthiopie est pauvre, ça oui !, une autre est la misère, celle qui abaisse l’homme plus bas que la terre, plus bas que les fosses des églises glorieuses.  L’Afrique se distingue à cet égard.  Quand nos papes arrêteront-ils de se voiler la face ?  L’Éthiopie, particulièrement, émerge de ce bien triste lot ; il y a du monde sur le podium !

Si nous pouvions être à Lalibela, au Wollo, nous regarderions, bouche bée : ils sont là, mes lectures me l'ont révélé, comme en d’innombrables cours des miracles, ces mendiants qui ne sont presque plus humains, de vrais infra-humains, aveugles, estropiés, fous hagards, malades mourants, affamés.  Et comment ne pas parler de ces enfants à la rue, en guenilles, pris par la fièvre, mourants !  Allez soutenir leurs regards, ne pas vous dérober à leurs plain

tes, leur faire l’aumône, les prendre… en photo ?  Lalibela a été prise en photo : tant mieux pour moi, tant mieux pour vous qui passez me lire, ne nions pas notre "plaisir".  Lalibela, je me plais à l'imaginer, me ferait un large sourire si elle lisait cet article !  Tu ne te trompes pas, me dirait-elle de sa voix de sage, prends la photo, dessine-moi, et fais savoir à tous tes lecteurs notre souffrance à nous, peuple du Wollo, habitants de Lalibela.

Oui, Lalibela, tu as raison : j'ai eu raison de vous parler ainsi, à vous, chers amis ! 

 

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Mes sources d'informations essentielles :
Le site de l'Unesco : http://whc.unesco.org/fr/
Le site des destinations sacrées : http://www.sacred-destinations.com/
Le site des monuments rupestres : http://rupestre.free.fr
"Ethiopie contemporaine" de Gérard Prunier, Editions Karthala                         
Unesco World Heritage List : http://www.thesalmons.org/lynn/world.heritage.html
Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Lalibela
 

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Je vous remercie, chers lecteurs, pour votre attention...

La visite est terminée, pour cet article. 

Retrouvez la suite de l'histoire de mon dessin sur un nouvel article,

en cliquant ici !