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19 juin 2014

Un Tour à Pise, le temps d'un dessin, vous tente-t-il ?

 

PROCHAIN DESSIN LE LUNDI 30 JUIN  !

PROCHAIN DESSIN LE LUNDI 30 JUIN  !

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En consultant en bas d'article les mises à jour régulières,

dont la toute dernière ce jeudi 19 juin,

vous verrez grandir, étage après étage, le dessin de la Tour de Pise,

et connaîtrez quelques aspects de son histoire.


 

MERCREDI 4 JUIN : DESSIN DU REZ-DE-CHAUSSEE DE LA TOUR DE PISE

Après avoir, en avril dernier, refermé à double tour LA PORTE DU PARADIS (lien) de Florence, retournons, si le voyage vous tente, en Toscane.  Voulez-vous m'accompagner dans la ville de la plus célèbre des tours penchées ? Je vous propose un Tour à Pise.  Avec un dessin au portemine de 1990, qu'accompagnent mes photos de 2006, je vous emmène là où mes mines m'ont un jour mené, au pied de la Tour Penchée de Pise, et tout autour, aux alentours...  Puis, outre "ma" Tour, je vous en montrerai en veux-tu en voilà, des Tours de Pise, à vous donner le tournis, à vous faire perdre l'équilibre, à vous faire vaciller...

Aujourd'hui, ci-dessous, je vous propose d’admirer une photo de cet ensemble architectural qui compte parmi les plus harmonieux au monde : un cliché protégé par copyright, proposé sur un site internet par des spécialistes de la photographie aérienne par cerf-volant !  Je remercie très sincèrement ses auteurs pour l’aimable autorisation qu’ils m’accordèrent immédiatement, lorsque je les contactai en exprimant le souhait d'utiliser leur photo sur mon blog.  Elle illustrera idéalement la suite de cet article accompagnant étape par étape, étage par étage même, la publication du dessin,

en l'entamant par le rez-de-chaussée ...

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Approchons-nous, silencieusement, de la Place des Miracles : découvrons-la du ciel, tel un oiseau.

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Copyright © Ludovic Belchior, Anthony Levaufre et Fanny Poulain. 

- site internet "Survol de France" -


VENDREDI 6 JUIN : DESSIN DU PREMIER ETAGE DE LA TOUR DE PISE

Avant de découvrir ce premier étage de la Tour de mon dessin, flânons ensemble et admirons

la Piazza dei Miracoli, ce miracle d'harmonie !

Ce nom synthétise parfaitement l'admiration qu'éprouve immanquablement celui qui, parvenant du Ponte Solferino par la Via Santa Maria comme j'en eus moi-même le bonheur il y a 8 ans, embrasse d'un seul coup d'oeil la blanche pureté du marbre des monuments qui la composent, contrastant harmonieusement avec le vert éclatant du tapis herbeux.

 

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Lorsque je déambulai dans Pise pour partir à la découverte de ce site d'exception, je me souviens d'emblée avoir été particulièrement surpris par l'isolement singulier de ce vaste lieu où sont construits ces édifices sacrés, de ce large espace situé en bordure de l'habitat urbain, dans une position grandiose mais éloignée des préoccupations quotidiennes de la ville.

Quelques lectures historiques attentives centrées sur les origines de l'implantation du site m'ont permis de restituer à ce Champ des Miracles toute sa centralité dans la vie religieuse et civile de la ville de Pise.        

   

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A l’époque étrusque, Pise était déjà une grande ville qui se hissa progressivement par la suite au centre d'un réseau de parcours maritimes, fluviaux et terrestres, avec un arrière-pays capable d'offrir non seulement une vaste gamme de produits agricoles mais aussi du bois et des matériaux en pierre pour les constructions.  Au XIe siècle, la maîtrise du bassin occidental de la méditerranée place la ville côtière à la tête d’un négoce maritime de portée internationale et lui fournit les moyens financiers d’entreprendre, sur le Champ des Miracles, la construction d’une cathédrale dédiée à la Vierge Marie.  Le «temple de marbre blanc comme la neige»  de l’architecte Buscheto allait alors refléter, aux yeux du monde, célébrité et puissance, sur un lieu choisi comme siège de l'Église pisane depuis ses origines, antérieures au IVe siècle.  Si les plus anciens édifices sacrés n’existent plus de nos jours, les monuments que nous admirons aujourd'hui remontent au Moyen Âge, au temps de cette riche suprématie de Pise. 

C'est donc par cette origine antique que l'emplacement de la cathédrale perd son apparente marginalité et acquiert une centralité inédite qui aujourd'hui n'est plus perceptible.  Une rivière aujourd'hui disparue - l'Auser – sur les rives de laquelle était implanté le port fluvial - léchait alors le périmètre de la Piazza pour aller se jeter dans l'Arno.  A l'époque, les alluvions charriées par le fleuve menaçaient déjà le port d'ensablement.  Aujourd'hui, il se jette dans la mer à 12 km de là et le port de Pise n'est plus qu'un lointain souvenir.

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Duomo di Santa Maria Assunta  (Cathedrale de Notre-Dame de l'Assomption)

 Quittons-nous -deux jours à peine- après un petit tour sur la Tour,

 au premier étage de mon dessin,

en attendant l'étage suivant, et la suite de l'article !

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 DIMANCHE 8 JUIN : DESSIN DU DEUXIEME ETAGE DE LA TOUR DE PISE

 La Piazza dei Miracoli, ce miracle d'harmonie !

Remontons le temps et penchons-nous sur le début du XXe siècle.  La Piazza dei Miracoli éblouit le célèbre architecte Le Corbusier : il y admire ce qu’il appellera la liberté des organes.    Il n'est âgé que de 20 ans et découvre Pise et ses monuments une première fois - durant 4 jours - en septembre 1907.  Il regrette de devoir partir et écrit à son professeur de dessin (extraits) : Je me suis fait “pincer” en quelques heures. Je ne retrouverai jamais ce calme de 6 heures, quand couché dans l’herbe, alors que tout le monde est loin, le feu d’artifice bat son plein.  Il séjourne ensuite longuement à Florence, d’où il écrit (extraits) : J’ai maintenant tout visité. La ville me paraît peu riche en architecture, est-ce vrai ? ou ai-je les yeux encore éblouis par Pise ? 

Quatre ans plus tard, il entreprend son fameux "voyage d'Orient" qui le conduit en Europe Centrale à Istanbul, en Grèce au mont Athos, Athènes et Delphes, puis à nouveau en Italie à Naples, Pompéi, Rome et Pise.  Ce périple provoque un choc, une révélation, un éblouissement dont le souvenir est consigné dans près de quatre-vingt carnets de croquis, constituant une somme d’impressions et de souvenirs que l’architecte utilisera tout au long de sa carrière.  A propos de Pise, terme de son voyage, il écrit (extraits) :  Ça a été l’ultime après-midi. La symphonie se termine sur la règle classique. Pise fut ma première admiration et reste la dernière. C’est véritablement beau. 

 

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Le Corbusier, dessin de Pise,

novembre 1911.

Le Corbusier, dessin de Pise, 1911,
avec pour légende :
« Pise : cylindres, sphères, cônes, cubes ».

On le voit, il retrouve à Pise les mêmes émotions que celles éprouvées quatre ans plus tôt.  Son intérêt se porte davantage sur les relations entre les bâtiments, dont il fait ressortir les qualités volumétriques.  Il parle alors de volumes assemblés sous la lumière et de  Pise : cylindres, sphères, cônes, cubes. Il appréhende la Piazza dei Miracoli comme un ensemble : Toute l’affaire est un bloc, et je dis ça, moi qui ai vu Athènes !  Il se dit encore déçu de l’Italie, mais toujours amoureux de Pise. Un bloc ... oui,  même après le Parthénon et Pompeï.  La nuit surtout.  Je suis fou de couleur blanche, du cube, de la sphère, du cylindre et de la pyramide et du disque tout uni et d’une grande étendue vide.

Le Corbusier inventera un nouveau mouvement architectural qu’il appellera « le purisme » et au sujet duquel il écrira : Les œuvres sont rendues lisibles par des formes simples et dépouillées, organisées en constructions ordonnées, génératrices d'harmonie.   

Manifestement, Pise et ses merveilleux monuments auront considérablement influencé l'oeuvre - certes parfois controversée, mais d'une importance majeure - de cet architecte, urbaniste, peintre, designer et homme de lettres du XXe siècle !

source d'information :  

L’espace convexe : Le Corbusier et le plan libre.
Jacques Lucan, Composition, non-composition. 
Architecture et théories, XIXe-XXe siècles, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2009

Quittons-nous, oh, rien que pendant deux jours,

avec un petit tour sur la Tour, au deuxième étage de mon dessin !

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 MARDI 10 JUIN : DESSIN DU TROISIEME ETAGE DE LA TOUR DE PISE

  LA TOUR DE PISE S'ECROULERA-T-ELLE ?

Si vous aviez visité la Piazza dei Miracoli en l'an 2000 ou peu de temps auparavant, vos yeux surpris auraient vu la Tour retenue par d'horribles mais solides bretelles posées en 97-98 pour l'empêcher de s'écrouler.  Le chef-d’œuvre architectural toscan était par ailleurs fermé au public depuis 1990 car son inclinaison par rapport à l'axe vertical était extrême et ses 14 400 tonnes de marbre menaçaient de s'effondrer.  Depuis, d'importants travaux ont heureusement permis à la Tour de se redresser progressivement ; le public peut à nouveau la visiter depuis l'an 2000 ; en outre, débarrassée en avril 2011 d'une solide structure métallique qui l'enserrait, elle "tient toute seule", comme au bon vieux temps.

  Vous attendez, à ce stade de mon dessin, que je vous en montre le troisième étage ?

  Patientez quelques instants encore ... 

Saviez-vous que la construction de la Tour, commencée en 1173, fut interrompue 5 ans plus tard à ce troisième niveau,

suite à la découverte d'instabilités de terrain, et qu'elle ne reprit qu'une centaine d'années plus tard ? 

 

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En 1993, l'inclinaison par rapport à l'axe vertical avait atteint la limite extrême de 4,47 mètres. La Tour, surplombant de 56 mètres la Place des Miracles, risquait à tout moment de s'effondrer.  Des travaux titanesques avaient aussitôt démarré : excavation de ses fondations, coulage de centaines de tonnes de béton pour la stabiliser, cerclage par anneaux métalliques, drainage du sol pour alléger la nappe phréatique sur laquelle elle est érigée, etc.

Les scientifiques estiment de nos jours que l'inclinaison de la construction est stabilisée pour une durée d'au moins trois siècles : depuis l'été 2004, leurs mesures ont démontré que la Tour a interrompu sa course vers l'abîme.  Nous pouvons dire d'une manière sûre qu'elle est à l'abri pour 300 ans, affirme Michele Jamiol­kowski, l'ingénieur qui a dirigé le collectif scientifique responsable de la consolidation de l'édifice.  En un peu plus de 10 ans, la lourde construction a été redressée d'un demi-mètre.  Aujourd'hui, elle ne penche plus que de 3,99 mètres.  Elle continue de bouger vers l'ouest, par exemple quand le soleil se lève ou en fonction des mouvements de la nappe phréatique, mais il s'agit d'oscillations physiologiques de faible amplitude.

Puisque la Tour est stabilisée, je vous en présente donc le troisième étage !

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 JEUDI 12 JUIN : DESSIN DU QUATRIEME ETAGE DE LA TOUR DE PISE


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Vous ne l’ignorez plus si vous vous laissez emmener régulièrement là où mes mines me mènent : j’éprouve un penchant aussi sincère que justifié pour la Toscane ! 

J'adore la porte d'or de Florence - déjà, en avril dernier, j'étais resté pantois devant cette Porte du Paradis - et je ne peux rester de marbre devant Pise et sa Piazza dei Miracoli puisque, depuis quelques jours, je gravis en votre compagnie, étage par étage (nous sommes arrivés au troisième) les escaliers qui nous mèneront au sommet, au beffroi de la célèbre tour penchée en marbre blanc le Campanile.

 

(en Italie, à la Renaissance, un campanile est un clocher en forme de tour ronde ou carrée construit comme un élément à part entière mais ne faisant pas partie d’une cathédrale).

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Du haut du beffroi de la "Torre pendente", 

dont mon dessin - dans un instant - s'offrira sous vos yeux son quatrième étage,

vous pourrez admirer les autres édifices que la Piazza dei Miracoli regroupe

sur la magnifique Piazza del Duomo.   

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Vous vous émerveillerez, en est-il possible autrement, devant la Cathédrale Notre-Dame de l'Assomption - Duomo di Santa Maria Assunta - que vous pourrez ensuite découvrir sous tous ses angles en longeant le "Museo delle Sinopie" en direction du splendide baptistère  - Battistero - avant d'admirer enfin le cimetière - Camposanto Monumentale -. 

Vous retrouverez dans chacune de ces trois merveilles architecturales le même thème de la galerie à colonnettes et arcades, aveugles ou non, romanes ou gothiques, qui rythment l'ensemble des façades utilisant le même matériau - marbre blanc - avec une similaire alternance de bandes blanches et verdâtres.

Cattedrale ou Duomo

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Ses travaux commencèrent en 1063 : la Cattedrale, conçue selon le plan caractéristique des églises romanes en croix latine, fut consacrée en 1118 mais sa construction ne s'acheva que deux siècles plus tard.  Ses dimensions monumentales sont frappantes.  Grande construction à cinq nefs, elle est considérée comme le chef-d'oeuvre du style architectural de l'école pisane tout comme le vivant symbole de la grande foi des anciens Pisans et celui de la puissance économique de leur République.  

Épinglons, sous sa superbe coupole décorée ou abritées entre ses murs, quelques merveilles artistiques participant à sa célébrité, comme la splendide chaire - de plan circulaire, richement ornée de précieux hauts-reliefs et soutenue par des colonnes et des sculptures féminines rappelant les cariatides de l'Erechtéion d'Athènes -, le fameux lampadaire en bronze dit "de Galilée" ou encore le magnifique plafond Renaissance à caissons en bois doré.

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Battistero

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Avez-vous remarqué combien cet édifice penche lui aussi ?

Rassurez-vous : seul le photographe est à incriminer ! 

Le Battistero, presque aussi célèbre ma foi que la Tour, est parfaitement circulaire, avec un diamètre intérieur de 35,50 mètres.  Commencé en 1153, il ne fut achevé qu'au XIVe siècle ; ses deux premiers étages de style roman reçurent leur décoration gothique à partir de 1269 ; ce n'est qu'en 1358 qu'on décida de le couvrir de sa splendide coupole dont l’aspect très original, l'aviez-vous remarqué ? lui est donné par ce cône qui la coiffe. La beauté de ses frontons, gables et pinaques gothiques ornés de bustes d'évangélistes est particulièrement mise en évidence, croyez-moi, lorsque la lumière les frappe de plein fouet, comme ce jour de 2006 où j'ai découvert Pise : le temps était superbe et le ciel d'un bleu éclatant. 

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A découvrir de l'intérieur - si vous avez la chance d'y pénétrer un jour - cette originale terminaison conique de la coupole qui renforce l'impression d'une dilatation de l'espace dans le sens vertical ; à voir aussi les fonts baptismaux, un bassin octogonal à panneaux de marbre ciselés et incrustés que trois marches exhaussent, et la chaire antérieure à celle de la Cathedrale, marquant de façon révolutionnaire la naissance de la grande sculpture pisane, et même toscane, influencée par le naturalisme gothique.

Camposanto Monumentale (détail)

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Le cimetière - Camposanto Monumentale - dont la terre fut en son temps apportée de Palestine par 53 vaisseaux - est d'une grande simplicité, fermé par un long mur de marbre blanc lisse et poli, rythmé mais à peine marqué par le relief des 43 arcades aveugles.  A L'intérieur, à votre grande surprise, vous pourrez découvrir une sorte d'immense basilique - avec son vaisseau central en plein air - entourée d'un cloître monumental qui  renferme tombes, sarcophages, monuments funéraires de toutes sortes, sépultures solennelles des plus illustres citoyens de Pise mais aussi d'empereurs, tandis que sur le sol les dalles funèbres des nobles marquent l'endroit où ils sont enterrés.   

Le Camposanto doit avant tout sa célébrité aux étonnantes fresques qui décorent ses murs. Le plomb fondu qui coula, en 1944, de sa toiture incendiée, s'infiltra dans le plâtre sur lequel étaient peintes les célèbres fresques, le faisant craquer dans tous les sens. Les travaux de restauration commencèrent à la fin de la guerre, mais ce que l'on peut voir aujourd'hui n'est probablement qu'un pâle reflet de la réalité antérieure.

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Les avez-vous comptés ?  Comme prévu, nous venons d'atteindre le quatrième étage et je serais étonné que vous me demandiez combien d'étages restent encore à dessiner : j'ai le sentiment qu'impatient, vous les avez déjà de belle lurette comptés sur les photos de la Tour !  Permettez-moi, Je vous le demande encore et toujours, de réclamer votre patience : bientôt, le beffroi sonnera les cloches pour fêter la publication de mon dessin entier !  


SAMEDI 14 JUIN : DESSIN DU CINQUIEME ETAGE DE LA TOUR DE PISE

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Je vous en ai parlé : Le Corbusier admirait la composition architecturale de la Piazza dei Miracoli, l'agencement et les volumes de ses édifices. 

Magritte, un demi-siècle après Le Corbusier, un demi-siècle avant son compatriote Geluck, n'est pas non plus resté insensible au fragile équilibre de la Tour de Pise : il y est même allé de son pinceau !  Sur deux toiles des années cinquante, "La nuit de Pise" et "Pise et la plume", le plus célèbre des surréalistes (belges, à tout le moins) a peint une plume et une cuillère à l'aplomb du campanile.

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 Avez-vous déjà vu ou entendu parler du Domaine Enchanté de ce maître du surréalisme ? 

Permettez-moi, sinon, de vous le présenter : la Tour de Pise y est à nouveau représentée ...

Début 1953.  Côte belge.  Knokke-le-Zoute, station balnéaire huppée de la côte, haut lieu du tourisme des classes moyennes et aisées belges.  Sollicité par le Casino, René Magritte présente des esquisses à la gouache pour une vaste fresque murale destinée à décorer la salle du Lustre.

Fin avril.  Le projet est accepté et lui est confié : il s’empresse de livrer huit maquettes sous forme d’huiles sur toile.

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Rene Magritte, Le Domaine Enchanté (VI), 1953, huile sur toile

L'une des huit maquettes -sous forme d'huiles sur toile- transposée sur les murs du Casino.

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Début juillet.  Il faut faire vite : le travail doit être réalisé en quelques semaines. 

 

Une équipe de peintres décorateurs transpose ces tableaux sur les murs de la salle.  L’ensemble - composé de huit sections – compose une large fresque panoramique (70 mètres de long sur une hauteur de 4 mètres) sur la partie supérieure des murs de la pièce aux angles arrondis.  

Pour gagner du temps, l’on peint alors directement sur les murs en ciment et non sur une toile préalablement tendue.  C’était prévisible : l’air humide et salé de cet édifice si proche de la mer produit des dégâts.  Puis, au lieu d’agrandir les contours des œuvres par une mise au carreau (une technique déjà utilisée dans l'Egypte antique), toujours pour gagner du temps, on projette les diapositives des maquettes sur le mur.  Outre superviser les travaux, Magritte ne s’occupe que de la préparation du bleu des ciels, en effectuant lui-même les mélanges.

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Je vous invite à découvrir les huit maquettes de René Magritte

transposées sur la salle du Lustre du Casino de Knokke

en cliquant sur la Tour de Pise ci-dessous ...

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En si belle compagnie, ma Tour de Pise fait bien pâle figure !

Mais bon ... A chacun ses talents !

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LUNDI 16 JUIN : DESSIN DU SIXIEME ET AVANT-DERNIER ETAGE DE LA TOUR DE PISE

La perspective complexe de ce bâtiment ne fut vraiment pas évidente à dessiner.  Saviez-vous que le penchant de la tour n'est pas régulier et constant ?  Les architectes ont essayé de la redresser au fil des étages, ce qui donne une vision un peu étrange...

Pour étayer cette considération qui pourrait vous surprendre, je vous invite à observer cette photo personnelle où cette variation d'inclinaison est bien visible.  Voyez l'étage supérieur : du premier coup d’œil, il apparaît visiblement plus horizontal que son rez-de-chaussée.  Voyez aussi l'aspect global légèrement courbé que les redressements progressifs lui ont infligé !

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L'angle de prise de vue de cette photo permet de bien appréhender l'inclinaison évolutive de la Tour au cours de sa construction : lors des étapes succédant à une première longue interruption - voyez les schémas du mardi 10 juin - , l'apport d'un procédé technique qui consista à rehausser sur le côté incliné les galeries des étages supérieurs compensa, tout particulièrement dans sa dernière étape, l'effet d'inclinaison.

Dans son trimestriel d’avril 2001, le Conseil international des monuments et des sites ICOMOS Wallonie-Bruxelles publie à ce propos - en ses pages 3 et 4 - un article très complet intitulé "Moyens mis en œuvre pour la sauvegarde de la Tour de Pise" introduit en ces termes :

"Le Professeur Jean Barthélemy a donné une conférence à la tribune des " Amitiés françaises " de Mons, le mardi 23 janvier dernier, sur l’histoire et sur les moyens mis en œuvre pour la sauvegarde de la tour de Pise. Rappelons qu'il fait partie du Comité international créé à cet effet. Nous remercions le professeur Barthélemy de nous avoir communiqué ce compte-rendu succinct."

C’est en effet en 1990 - suite à une catastrophe nationale, l’écroulement inattendu de la tour civique de Pavie - que le Président du Conseil italien a désigné un collège d’experts internationaux en lui donnant pour mission de stabiliser la tour. Ce collège comptait treize membres : onze professeurs italiens et deux professeurs étrangers, un anglais et un belge, le professeur Jean Barthélemy.

Voici quelques extraits de ce compte-rendu choisis afin d'illustrer cette étrange inclinaison.  J'ai par ailleurs tenté, en parallèle, de réaliser un montage-photo permettant de visualiser clairement cette étonnante courbure : alors que les lignes noires sont parallèles, les rouges prouvent la différence de niveau d'un côté à l'autre de la Tour, nettement plus importante au bas de l'édifice qu'au dernier étage. 

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Histoire de la construction de la tour  

 

 

"Celle-ci n’a pu se réaliser que par tranches successives durant plus de 200 ans. Les travaux débutèrent le 9 août 1173 et progressèrent allègrement jusqu’au quatrième niveau qui est terminé en 1178. Les travaux sont alors interrompus. En 1272, Giovanni di Simone reprend la construction. En six ans, les travaux aboutissent à la septième corniche. Mais en 1278, ils sont à nouveau suspendus. Enfin, en 1360, Tommaso di Andrea Pisano termine l’œuvre en y apportant une ultime et importante correction géométrique, ce que confirme la présence au sud de plusieurs marches de rattrapage qui permettent d’atteindre le niveau de la salle des cloches, celle-ci étant de plain-pied du côté nord.

 

 

Toutes les gravures anciennes indiquent clairement que la tour était, en tout cas, déjà sérieusement penchée dès son achèvement. Les premières mesures sérieuses sont seulement faites en 1550 par Vasari. L’inclinaison mesurée était déjà de l’ordre d’un peu plus de 4 degrés vers le Sud. Pour fixer les idées, l’inclinaison mesurée en 1993 est de 5°33’ et le surplomb de 4,47 m."

"Il faut aussi savoir que la tour est en perpétuel mouvement sous les effets combinés du soleil, du vent et de la pluie, suivant bien entendu des variations minimes. Les mouvements de la tour tendent d’ailleurs à devenir saisonniers. A la fin du mois d’août ou au début du mois de septembre, elle commence à se mouvoir vers le sud et continue à le faire jusqu’au mois de décembre ou celui de janvier, l’angle résiduel étant d’environ 6’’. Ce phénomène est lié aux mouvements de la nappe aquifère alimentée par les pluies saisonnières."

         

 

Arrêtons-nous un instant sur cette étonnante inclinaison de la Tour de Pise dont je vous parlais.  Ne vous semble-t-il pas, à vous aussi, que son aspect global paraît légèrement incurvé ?

 

L'on pourrait penser qu'il s'agit là d'un effet dû à la photo prise avec un objectif grand angle, ou de tout autre effet de distorsion dû à cette prise de vue.

 

Ce n'est nullement le cas : le meilleur moyen de vous en convaincre est de vous montrer deux autres photos prises à quelques instants d'intervalle, petit appareil numérique de poche réglé en automatique : vous y retrouverez cette apparente courbure bien perceptible, tout particulièrement sur les étages supérieurs. 

   

           

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Regardez cette photo de la Tour ci-dessus dans son intégralité.  Comparez son inclinaison avec l'avant-plan de la cathédrale dont les murs ne me paraissent, eux, nullement courbés ou distorsionnés.

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   Observez, à droite - très peu visible - l'étage des cloches de la Tour !

 On le croirait presque parfaitement vertical, ne vous semble-t-il pas ?

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Dans le très complet guide touristique "ART ET HISTOIRE DE PISE", l'on peut lire, à propos des corrections délibérément apportées à l'inclinaison de la Tour lors de sa construction, ces phrases :

La reprise des travaux fut commencée en 1275, plus d’un siècle après la pose de la première pierre, sous la direction de Giovanni di Simone qui haussa l’édifice de trois étages en corrigeant l’axe du Campanile.  En 1284, les six étages à arcades étaient pratiquement terminés ce qui portait la hauteur de la construction à 48 m.  L’apport d’un procédé technique qui consista à rehausser sur le côté incliné les galeries des étages supérieurs compensa, au moins sur le plan optique, l’effet d’inclinaison.


Sur le site de l' Opera Primaziale Pizana , l'Oeuvre de la Primatiale Pisane (une institution créée pour superviser les travaux de construction des monuments de la Place de la Cathédrale ; cette dénomination commença à être employé dès la dernière décennie du XIe siècle), on peut lire cette phrase :

On aboutit à ces conclusions en observant outre la composition du terrain, les corrections faites à chacun des étages de l’édifice.


 Sur le blog "dans le temps jadis" apparaît cette phrase explicite :

Une des plus ingénieuses consiste à faire des piliers plus grands au sud qu'au nord, pour redresser la construction.


 Enfin, sur le site  "Archive multilingue" , l'on peut lire, en italien :

In uno sforzo compensare l'inclinazione, gli assistenti tecnici hanno costruito gli più alti pavimenti con un più alto laterale dell'altro. Ciò ha fatto la torretta cominciare a appoggiarsi a nell'altro senso. A causa di questa, la torretta realmente è curvata.

mots que je traduirai - sans doute imparfaitement - par :

Dans un effort pour compenser l'inclinaison, les assistants techniques ont construit les planchers plus hauts sur un côté latéral que l'autre. Ceci a eu comme conséquence que la tour commença à s'incliner dans l'autre direction. Pour cette raison, la tour est réellement courbée .

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 JEUDI 19 JUIN : LA TOUR, COMPLETE, ET DES TOURS, DES TOURS, DES TOURS...

Cet article évolutif tournant autour de la Tour touche à sa fin : j'ai cherché à vous en dévoiler sa beauté et celle de ce lieu qu'elle domine, son histoire, ses origines, ses réputées et surprenantes caractéristiques architecturales,...

Vous souvenez-vous que ce 4 juin, je vous écrivais, en introduction à la première partie de l'article :

"Avec un dessin au portemine de 1990, qu'accompagnent mes photos de 2006, je vous emmène là où mes mines m'ont un jour mené, au pied de la Tour Penchée de Pise, et tout autour, aux alentours...  Puis, outre "ma" Tour, je vous en montrerai en veux-tu en voilà, des Tours de Pise, à vous donner le tournis, à vous faire perdre l'équilibre, à vous faire vaciller...

Comme annoncé, je voudrais donc aujourd'hui vous présenter, en apothéose, ce feu d'artifice promis de Tours de Pise en tous genres, à vous en faire perdre la tête.  Etes-vous prêts ?  Regardez !

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Pise du futur

Pise à la Dali Pise sur un plateau    
 

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Respire, Pise ! La Tour Hula Hoop La Tour Pizza    
 

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Italian Space Tower Coca-Cola Tower Iwo Jima Tower    

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King Kong Tower Tour Komatsu Inligua Pisa Tower    

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Babel Pisa Tower Déluge à Pise  Star Wars Tower    

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Tour cassée de Pise Pise de l'an 3000   la Tour de Pise sous eau    

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Tour couchée de Pise   Pisa Tower Bridge

De mon dessin, seul l'étage construit au-dessus de la dernière corniche manque encore. Je vous invite à me suivre, à emboîter mon pas, à gravir les escaliers tout en prenant garde à ne pas perdre l'équilibre...

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 Le voici donc, ce dernier étage, celui des cloches !

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PHOTO ORIGINALE 12 x 29 cm

DESSIN 19 X 44 cm

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Votre regard attentif aura sans aucun doute remarqué que cette étonnante courbure de la Tour dont je vous ai longuement parlé lundi n'est visible ni sur la photo, ni sur le dessin ; et vous aurez sans doute compris que seul l'angle de prise de vue explique cette courbure invisible, tout comme le ventre arrondi d'une femme enceinte ne peut se remarquer que vu de profil, et non de face.849692883.JPG

DESSIN 19 X 44 cm


 l'essentiel de mes sources d'information pour la conception de cet article

- le site "Opera Primaziale" (Œuvre de la Primatiale Pisane) -

- " Art et histoire de Pise » par Giuliano Valdés "  -

- " BRUNETTE - Brussels Network for Telematic and Education " -

Encyclopédie Universalis -

- Encyclopédie Larousse -

- Le Corbusier sur Evene  -  Le Corbusier sur Espace Temps  -  Le Corbusier "Voyage d'Orient"

- Le blog "Le clown lyrique" -

- Libération - Libération -

- Le Figaro -

- -

- Guides touristiques, guides voyages -

 

PROCHAIN DESSIN LE LUNDI 30 JUIN  !

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