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27 mai 2013

Le Palais du Marquis des Deux Eaux (Valence - Espagne) - - El Palau del Marqués de Dosaigües (València - España)

 

un dessin pas à pas

mis à jour régulièrement en fin de page

SAMEDI 11 MAI

En novembre 2009 apparaissait sur mon précédent blog Overblog cette première étape d'un dessin - qui compte parmi mes favoris - que l'on a par la suite souvent qualifié, à juste titre, de déroutant...

De jour en jour, pas à pas, ce dessin retrouvera vie ici, sur ce nouveau blog Hautetfort, accompagné d'une synthèse des articles qui l'accompagnaient alors.

Peut-être vous en rappelez-vous déjà, car vous le connaissez bien. 

Peut-être ne l'avez-vous jamais vu.

Quoi qu'il en soit, je vous invite à revenir !

Nous découvrirons ce détail de la façade du Palais du Marquis des Deux Eaux de Valence - El Palau del Marqués de Dosaigües, València - qui grandira sous vos yeux.  

Comme si nous étions à nouveau en 2009 !

    

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Le dessin prend forme.  Forme humaine...

L'ébauche d'un front. Appuyé sur une main.  

Un front et une main, détails d'une ancienne et monumentale sculpture d'extérieur, en albâtre calcaire semi-transparent, matériau fragile et donc, visiblement, très altéré par le temps...

Une main, étrangement disproportionnée...

DIMANCHE 12 MAI - 2 - 

Le tracé n'est pas aisé. Sa difficulté réside dans la restitution de toutes ces taches, lignes et dégradations diverses qu'a imprimées le temps sur la matière de cette sculpture : l'essentiel est de redoubler d'attention afin de les rendre aussi fidèlement que possible.

Autant vous prévenir : cet atlante en albâtre, particulièrement son visage - est troublant, choquant peut-être.  Ce genre de dessin, de portrait, m'est inhabituel : il ne s'agit pas d'une copie de photo mais d'une copie de sculpture.  Oh, comme j'admire profondément le travail de l'artiste !  En voyant cet atlante pour la première fois, j'ai immédiatement ressenti l'envie de le dessiner tout en me demandant si je serais capable de relever ce défi ! 

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LUNDI 13 MAI

Je ressens d'étranges impressions face à cette sculpture de style rococo exubérant : elle m'attire, me subjugue.  Ce visage regardé des jours et des jours, tout en le dessinant, m'interpelle, me met parfois... mal à l'aise !

Ce visage est-il beau, mais d'une beauté inquiétante, étrangement diabolique ?

Ce visage est-il laid, mais d'une belle laideur, fascinante et attirante ?  (Da Vinci n'a-t-il pas dessiné de superbes têtes grotesques, caricaturales ?)

Que pensent tous ceux dont, un jour, le regard s'est attardé sur ces paupières baissées et sur cet oeil en apparence fermé - mais en apparence seulement - ?

Et finalement, quelle est la frontière entre le beau et le laid ?  Existe-t-elle ?  N'est-elle pas, tout simplement, subjective ?

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MARDI 14 MAI

Il m'importe avant tout d'essayer de respecter - scrupuleusement - la réalité de l'oeuvre originale, un sujet apparemment ingrat ; afin d'en réaliser, par un travail exaltant, un "beau" dessin, dans mon esprit du moins, quoique puisse en penser celui qui pourrait ne pas apprécier le "modèle" !

Qu’il soit déformé et pas vraiment beau, ou étrangement superbe comme je le pense, peu importe finalement : dessiner ce personnage allégorique qui m’attire et m’envoûte me plaît, énormément.

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 JEUDI 16 MAI

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  VENDREDI 17 MAI 

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  SAMEDI 18 MAI 

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  DIMANCHE 19 MAI -              LE DESSIN ACHEVE 3815261029.JPG

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La façade du Palais - que cet atlante aux doigts déformés et à la position quasimodesque semble protéger - est considérée comme un joyau d’architecture rococo ; cerise sur le gâteau, elle abrite un célèbre musée qui participe à la réputation de la ville de Valence... 


Ces pages historiques, je vous invite à les découvrir

dans la rubrique "pages" de la colonne droite de ce blog,

ou en cliquant sur les liens ci-dessous  ! 

LIEN : A PROPOS DE L'HISTOIRE DE L'EDIFICE

LIEN : A PROPOS DES ATLANTES

LIEN : A PROPOS DU MUSEE DE LA CERAMIQUE ET DES ARTS SOMPTUAIRES

 
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Commentaires

Oui, je me souviens très bien de ce dessin. La frontière entre beau et laid? Un mystère... Cela me fait penser à un livre avec de "belles" illustrations que mon fils m'a offert "Histoire de la laideur" de Umberto Ecco.

Écrit par : christiana | 14 mai 2013

Merci pour ton commentaire...
Je viens de lire sur internet que dans ce livre - je l'emprunterai à la bibliothèque ou le réserverai - Ecco explique que la laideur, tout comme la beauté, témoigne d’une époque bien précise. Ce qui est laid aujourd’hui ne le sera pas forcément demain, et vice versa, pour des critères non pas esthétiques, mais politiques et sociaux... Cela m'intéresse d'en savoir davantage !

Écrit par : Jean-Claude | 16 mai 2013

Alors effectivement je me rappelle de ce dessin que j'avais vu sur ton blog à l'époque, tout à fait surprenant, et donc maintenant je me rends compte que tu l'as dessiné d'après une sculpture alors que moi je fais l'inverse et j'imagine que peut-être tu aurais pu être tenté par l'ensemble de la sculpture situé à droite de cette porte de ce beau palais espagnol !!! quel travail ! magnifique sculpture aussi, connais-tu le nom de ce sculpteur, j'avoue mon ignorance ! je n'ai pas eu le temps de faire des recherches sur le net, expos en vue, j'ai plein de choses à finaliser........à bientôt Jean Claude ! la semaine prochaine je pars 2 semaines retrouver les marmottes, sans ordi, sans wifi.........à +

Écrit par : TIFET | 16 mai 2013

Bien sûr, comment lis-tu mes pensées ? j'ai plus d'une fois rêvé dessiner le corps entier de l'atlante, en très grand format, j'en possède d'ailleurs une excellente photo sur laquelle tous les détails apparaissent : mais ce serait me lancer là dans un travail titanesque !!!
Qui sait, peut-être un jour, si je débordais de temps libre ???

Bonnes vacances Tifet, imite les marmottes et repose-toi bien avant de reprendre le rythme de vie habituel bien cadencé qui est le tien, à ce qu'il me semble...

Écrit par : Jean-Claude | 17 mai 2013

Ignacio VERGARA, j'ai trouvé l'auteur de cette sculpture !.............je suis un peu moins ignorante !

Écrit par : TIFET | 16 mai 2013

Tu ne te trompes pas Tifet, le sculpteur s'appelait effectivement VERGARA et l'histoire de l'édifice sera d'ailleurs le sujet d'une très complète et prochaine mise à jour de l'article...
Je peux déjà t'expliquer, en primeur, qu'en 1740, Giner Rabassa de Perellós y Lanuza (1706-1765), le premier à prendre le nom de "Marquis des Deux Eaux", lance une importante transformation du Palais, réalisée par le dessinateur (et architecte) Hipólito Rovira, en collaboration avec le sculpteur (et peintre) Ignacio Vergara, concepteurs, entre autres, du portail d'albâtre et de la coupole de l'escalier d'honneur. Ils modernisent le caractère sévère de l’ancien édifice en lui apportant une décoration abondante...

Écrit par : Jean-Claude | 17 mai 2013

Merci Jean Claude, je lirai donc un peu plus tard ta prochaine mise à jour sur l'histoire de cet édifice, mais es-tu sûr que cet Ignacio était aussi peintre car j'ai lu quelque part que c'était son frêre le peintre dont je ne me rappelle plus le prénom d'ailleurs.......... à +

Écrit par : TIFET | 17 mai 2013

A mon tour de te remercier pour ta lecture attentive : tu as probablement raison de mettre en doute cet ajout entre parenthèses de ma part "(et peintre)" car je ne retrouve trace nulle part sur internet - pour l'instant du moins - de l'origine de cette assertion reprise dans mes notes d'élaboration de l'article...

Écrit par : Jean-Claude | 17 mai 2013

Souffrance, incompréhension, écoeurement, abandon, désespoir... Que de sentiments, d'émotions peuvent être lus sur les traits de cet atlante torturé dont le corps est couturé par les siècles !

Mais aussi combien de talents réunis dans votre site ! Le peu de temps libre dont je dispose ne me permet pas, hélas ! de venir plus souvent m'abreuver des découvertes que vous offrez à vos lecteurs. Croyez bien que je le regrette très sincèrement.

Écrit par : Christian JOUGLA | 22 mai 2013

Monsieur Jougla,

Chacun découvre, selon sa propre sensibilité, cet étonnant atlante qui bouleverse, impressionne, ou dérange, par son visage, son corps et sa position recroquevillée d'un être apparemment assoupi. Par cette attitude mi-éveillée, il symbolise la rivière appelée Turia, au nord-est de l'Espagne, prête à jaillir de son lit avec force et fracas lors d’un violent orage…

Votre visite, votre commentaire, celui d’un écrivain, et votre envie de revenir me touchent ; j'ai effectivement lu sur votre site que la promotion de votre dernier recueil - vous savez combien je l'ai apprécié - ne vous laisse guère le temps de souffler, et je crois savoir de source sûre que la préparation de votre prochain livre va bon train !

Écrit par : Jean-Claude | 26 mai 2013

Cela me fait penser à une pétrification. Un homme fossile ou un de ces personnages pris sur le vif dans la lave de Pompei.

Écrit par : christiana | 22 mai 2013

Je perçois bien la ressemblance qui puisse exister entre cet atlante et ces humains pétrifiés de Pompéi : au niveau de la position corporelle, du moins. Car au niveau de la précision de la "sculpture" (si j'ose appeler ainsi ces cadavres fossilisés de Pompéi), la différence est bien grande... La finesse des détails est immense ici, et non là...

Écrit par : Jean-Claude | 26 mai 2013

Extraordinaire, sublimement beau, vrai et bon

Écrit par : jerome | 24 mai 2013

Votre commentaire et ceux qui le suivent me réjouissent et m'ouvrent la porte, non celle du Palais du Marquis des Deux Eaux, mais celle d'une profonde réflexion sur les thèmes qu'ils soulèvent : permettez donc que je tarde quelques jours encore avant de vous répondre, avec toute l'attention que vos considérations méritent (de plus, j'étais absent cette dernière semaine, pour un bref retour à la maison avant une nouvelle absence au cours de la semaine prochaine !)

Écrit par : Jean-Claude | 26 mai 2013

ce n'est pas que le laid et le beau se confondent; c'est que vous restituez une impression plus violente de la beauté; vous intériorisez davantage et c'est bien; le laid ne sera pas plus difforme ou moins harmonique, mais plus tiède, davantage recouvert d'une couche d'indifférence objective.
Bien a vous, jerome.

Écrit par : jerome | 24 mai 2013

Pardon, juste un dernier mot.Si on laisse de coté, l'esthétique de Ecco, et qu'on revient au fondamental grec, le beau est le seuil, le portail de l'absolu; la ou je me ressouvient de mon ignorance, ou a nouveau, l'ame rincée de tout contenu objectif, fait face a l'inconnu; mais les traits du dessin ou du poète peuvent a nouveau masquer, et refouler l'inconnu, ou bien le laisser transparaître dans cette étrange paradoxe ou le laid et le beau semblent se confondrent, alors que c'est seulement votre ame qui recouvre sa capacité éternelle d'étonnement vivant devant l'absolu de l'Etre.
Et c'est ce que j'aime particulièrement dans votre dernier dessin: l'objectivité du sujet (même magnifiquement dessiné comme vous savez le faire) s'efface devant l'éternel sphinx de la beauté.De sorte que vous laissez ouvert au spectateur l'écart mystérieux des aiesthesis ou se joue le vibrant sentiment de la beauté; vous redonnez au spectateur une impression de l'absolu qui se perd parfois dans la trop grande conformité au sujet; ici le modèle est déjà en soi un non-modèle, aussi, de le rendre ne renferme pas l'étonnement dans le sentiment de l'identique mais l'ouvre et le fait proprement éclater jusqu'au ressouvenir du mystère de l'inconnu.
Voila mon sentiment, excusez pour le dérangement, bien a vous jerome.

Écrit par : jerome | 24 mai 2013

Cher jean claude, mon intention n'était pas de vous engager dans de torturantes méditations esthétiques, mais vraiment, tout simplement, de dire que dans votre dernière oeuvre on pourrait presque croire que vous ne rabattez plus le ravissement de la beauté sur l'identité ou la conformité au modèle, mais que vous vous en détachez de sorte que le ravissement du beau se fait emportement dans l'inconnu, figure sans référence, ou le spectateur est plus que fasciné par votre talent, mais littéralement mis en demeure de produire un discours nouveau sur ce que vous lui présentez et qu'il n'a jamais vu; discours nouveau qui implique que le spectateur se détache de toute sa normativité déjà instituée, et que dans cette absence de contenu objectif, en inventant son logos, il touche a l'absolu exactement comme en philosophie. Ce que je dis ici n'a rien de nouveau c'est juste une mise en pratique de l'esthétique heideggerienne dont vous trouverez une introduction lisible et accessible ici : http://www.jdarriulat.net/Introductionphiloesth/PhiloContemp/Heidegger.html
bien a vous, jerome.

Écrit par : jerome | 26 mai 2013

Vous le savez mieux que moi, nous sommes là dans un des thèmes philosophiques les plus controversés au monde : la relativité de la notion de laid, de beau, de sublime !

Je vous remercie pour vos commentaires successifs : je dois vous avouer, cher Jérôme, que je me suis en effet engagé dans quelques méditations esthétiques, afin d’appréhender au mieux – car la philosophie n’est pas mon fort - leur sens ; en cela aidé par la lecture du texte que vous me proposez (imprimé et... emporté en vacances !) : méditations qui, dois-je ajouter, n’avaient rien de torturant. Que du contraire : elle m'ont amené à la découverte de notions comme l'aisthesis, l'anamnesis, l'aiesthesis, la catharsis,...

Je suis très heureux que ce dessin vous plaise : je pense que leur propriétaire (car il ne m’appartient plus depuis peu) appréciera tout autant que moi de lire votre avis et vos explications.

Je pense comme vous que le modèle choisi est en soi un non-modèle : et pourtant, il est devenu à mes yeux « le » modèle à imiter. Quelle satisfaction pour moi de le représenter avec mes mines, une sorte d’immense plaisir, de jouissance esthétique des sens... tout en admirant jalousement la technique du sculpteur capable d’une telle œuvre à si grande échelle, puisque mon dessin est minuscule par rapport à la taille de la sculpture originale.

Pouvez-vous imaginer combien l’envie me tenaille – depuis longtemps – de me lancer dans le portrait du second atlante... ?

Écrit par : Jean-Claude | 31 mai 2013

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