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15 juillet 2017

Une sculpture Don de la nature, en bois flotté.

 

  samedi 1er juillet 2017   

Je suis heureux de vous présenter mon dessin en cours de réalisation,

une sculpture de la nature, avec du bois flotté en guise de matériau ...

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Commencé le 8 juin dernier, il est en voie d'achèvement.

Une semaine de travail encore, si tout va bien...

Venez découvrir les étapes de sa création dès demain, 2 juillet,

des premiers traits jusqu'aux derniers.

 

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  dimanche 2 juillet 2017: - premiers traits du 8 juin dernier -   

 

… humble création de la Nature …

… Des mois, des ans … combien ? les flots tumultueux d’un torrent de montagne du Tyrol

ont-ils balloté, caressé, ce bout de bois auquel mes mines, à leur tour, donnent forme ?

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  lundi 3 juillet 2017: - traits au 11 juin -   


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  mercredi 5 juillet 2017: - traits au 13 juin -   

 

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  jeudi 6 juillet 2017: - traits au 16 juin -   

 

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  samedi 8 juillet 2017: - traits au 25 juin -  

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lundi 10 juillet 2017: - traits au 29 juin -  

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  mardi 11 juillet 2017: - traits au 1er juillet -    

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  jeudi 13 juillet 2017: - traits au 3 juillet -     

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  vendredi 14 juillet 2017: - traits au 5 juillet -   

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  samedi 15 juillet 2017: - traits au 6 juillet -   

 

Bois séché au soleil entre deux crues torrentielles.

 Bois comme imprégné de nourriture terrestre.

 

Inlassablement, le courant a poli, à l’infini, nombre d'irrégularités du bois.

Rivages secrets de l’humble création que les vagues et flots modèlent sous mes doigts.

 

Ici, un nœud, un dégradé ; là, une courbe, des lignes parallèles ou qui s’opposent.

Diversité des traits ou la différence brille et rayonne.

 

 Je tente de traduire l’harmonie de l’ensemble, plaisante au regard, au toucher.

 

Je ne camoufle aucune des irrégularités du bois.

Au contraire, je les mets en valeur afin de satisfaire la particularité, l’unicité de la matière.

 

Mes mines paraissent effleurer le bois comme pour le palper.

En ressentir les rondeurs et les creux, les nervures et la fibre.

 

Tous les éléments du dessin sont assemblés.

Comme une énigme patiemment déchiffrée.

Le voici, entier, complet, rien n'y manque, pas même la signature.

Il vous délivre enfin ses secrets ...

 

  samedi 15 juillet 2017, en fin de soirée : - PHOTO DU 2 JUIN -   

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Le deux mai dernier…

De passage dans la Zillertal, chez un jeune Tyrolien de ma belle-famille, menuisier-ébéniste de profession.

Chez lui tout n’est que bois façonné de ses mains. Mon regard s’attarde sur cette œuvre d’art posée sur un meuble… : je sais à l’instant qu’elle sera l’objet de mon prochain dessin !

Un instant bouche bée, je lui demande, quémande presque, non sans une émotion immanquablement perceptible,  si je peux la regarder de plus près…

Un court et profond échange de regards nous suffit : nous nous comprenons ! Il n'est pas le créateur de l’œuvre, mais il en serait tellement fier. Oui, c'est du bois flotté, trouvé sur le bord d'un torrent de montagne près de sa maison... Il sait ma passion pour le dessin, il connaît mes sujets de prédilection : il devine déjà, c’est probable, ce qui s’ensuivra… !

Je prends ; je touche ; je caresse ; j’admire… Je sors mon appareil photo, je cherche un endroit bien éclairé. Il me guide vers le balcon, devant un panneau en verre teinté : c’est là que je prends une, deux, trois, cinq, dix photos - sous tous les angles - de cette œuvre d’art façonnée par la Nature et tous ses éléments, avec en arrière-plan, un ciel, des nuages "à la Magritte."

Très modestement, j’ai tenté de dessiner cette merveille sous l’angle qui me plaît le mieux, l’angle que lui-même avait choisi en le posant sur son meuble, à hauteur de l’œil. Combien d’heures me suis-je penché sur ce dessin ? Cent cinquante… non, certainement davantage… deux cents… à tout le moins ! J’ai aimé relever ce superbe défi, j’ai du moins exploité au mieux les talents que l'on me connaît ; j’aime ce que j’ai réalisé…  

Mais, permettez-moi… Je viens de rouvrir sur mon ordinateur le dossier "souche de Hansjörg et Nicole".

Oh, vu de l’autre côté, ce bijou de bois flotté est tout aussi merveilleux !

... Un prochain dessin ? ...

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PROCHAIN ARTICLE 

MARDI 15 AOUT

EN COURS DE JOURNEE.

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27 août 2015

un dessin de "kapokier" ou "kapok tree" (ceiba pentendra), nommé encore "fromager".

Voyez ci-dessous l'évolution pas à pas de cet arbre

et en bas de page le dessin achevé

(JEUDI 27 août).

 

MARDI 4 AOÛT 2015

Voici la première étape de mon dernier dessin, celui d’un vieil arbre majestueux des forêts tropicales, pouvant atteindre une hauteur de soixante mètres et vivre trois siècles. 

Aujourd’hui, jetons un premier regard sur les détails d'une partie de la base de son tronc à contreforts ou racines-contreforts, si particulières, dont la hauteur atteint parfois deux mètres pour un diamètre approchant, pour les plus vieux, la dizaine de mètres. (je vous en montrerai l'une ou l'autre photo dans quelques jours).

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Je vous invite à revenir régulièrement pour découvrir les étapes suivantes de la réalisation de ce dessin, achevé à la fin de ce dernier mois de juillet ; comme de coutume, j'accompagnerai les photos de ce dessin pas à pas de multiples explications à propos de ce kapokier, répondant au nom vernaculaire de fromager et au nom scientifique de ceiba pentendra, appelé Kapok tree en anglais.

JEUDI 6 AOÛT 2015

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Une photo de Beth Moon m’a inspiré ce dessin.

Beth Moon, pendant 14 années, a parcouru les continents à la recherche des arbres les plus beaux, les plus vieux, les plus majestueux.  Elle a recueilli l’histoire de ces végétaux exceptionnels qui ont défié les années, sur des terrains privés ou des sites protégés.

Pour renforcer le caractère ancien de ces arbres séculaires, les plus grands parmi les plus vieux êtres vivants de la planète, Beth Moon a développé ses photos "à l’ancienne", au platine et au palladium.  Un procédé qui permet aux deux métaux de devenir partie intégrante du papier et de durer ainsi, elle l’espère, pendant des siècles : comme les arbres qu'elle a rassemblés dans son livre intitulé "Ancient Trees".

 

DIMANCHE 9 AOÛT 2015

 

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"Les courants océaniques et les vents transportent les graines de kapokier en Afrique"

En vert : zones de distribution du kapokier

Cet arbre dont j'ai tenté de dessiner les moindres détails de l’écorce (ride par ride, me suis-je souvent dit, comme ces marques du temps de quelque Dame âgée parfois dessinée), ce kapokier est un arbre vivant dans les forêts denses et humides des régions tropicales et subtropicales, nommées par les scientifiques forêts ombrophiles sempervirentes, ce qui signifie qu'elles sont composées essentiellement d’arbres à feuillage persistant, restant vert ou fleuri toute l’année (sempervirent - ou semperflorens – veut dire "à feuillage persistant"). 

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Je ne suis ni botaniste ni historien (et ne prétend en aucun cas l’être).  Dès lors, un aspect de mes diverses lectures - via l’écran de mon ordinateur - afin d'enrichir mes connaissances à propos cet arbre dont la photo m’a subjugué, me laisse songeur : l’origine de son nom fromager me paraît quelque peu incertaine.  Elle pourrait, ai-je lu, provenir de la consistance de son bois qui rappelle celle du fromage de Hollande, ou du fait que par ailleurs son bois était auparavant utilisé pour la fabrication de boîtes pour les fromages ; elle pourrait aussi être expliquée par la déformation de l’expression forme âgée inspirée par les reliefs du tronc évoquant ces rides dont je vous parlais précédemment.

 

MERCREDI 12 AOÛT 2015

Le tronc du kapokier (dont la base n'est pas encore achevée sur l'étape suivante de mon dessin ci-dessous) servait autrefois à la fabrication de pirogues - il était parfois appelé piroguier -, et plus tard de contreplaqués, de cageots et de caisses. Ce tronc, recouvert de grosses et larges épines lorsqu’il est jeune, est lisse et gris cendré à l’âge adulte. 

Les plus grosses branches de la couronne de l’arbre, que je commence à dessiner, étalées en forme d’immense parasol, supportent des plantes aériennes appelées épiphytes, fournissant l’habitat idéal à de nombreuses espèces animales. 

Ainsi, une multitude d’oiseaux se nourrissent et nichent aux plus hautes perches des extrémités ; les mammifères utilisent les membres de ce géant végétal comme des routes aériennes ; les grenouilles donnent vie à leurs têtards dans de petits réservoirs d’eau recueillis par les broméliacées suspendues à l’arbre ; les insectes atteignent le sommet de leur diversité dans la canopée de cet arbre colossal.

 

202673692.JPGDIMANCHE 16 AOÛT 2015

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Les fleurs du kapokier sont de couleur blanc crème, jaunâtre ou rosé avec une tache brune à la base, aux pétales très laineux.  La floraison est nocturne et lorsque l’arbre est dépourvu de feuilles.

Les fruits sont de longues capsules pendantes vertes d’environ 18 cm qui, à maturité, deviennent marron clair. Ces fruits sont remplis d’une fibre végétale soyeuse, blanchâtre, imputrescible et imperméable, proche du coton, appelée « Kapok », longtemps utilisée pour le rembourrage de coussins d’oreillers, de matelas et de gilets de sauvetage, également utilisée pour absorber les hydrocarbures lors de pollutions maritimes.  

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Elle est en revanche très inflammable, caractéristique qui a causé - en 1942 - l’incendie et la perte du paquebot Normandie dont les gilets de sauvetage en kapok ont pris feu par accident.1104949015.JPG

MERCREDI 19 AOÛT 2015


Le kapokier était un arbre sacré pour les Mayas d’Amérique centrale qui le vénéraient comme l’arbre de vie, considérant qu’il reliait le centre de la terre et le monde terrestre au monde des esprits du dessus, grâce aux longues et épaisses floraisons qui pendent de ses membres étalés, fournissant une connexion vers les cieux pour les âmes qui y montaient.    De nos jours encore, ce grand arbre est très souvent épargné lorsque les forêts sont décimées.  Seul vestige de ce passé végétal d’antan en rapide disparition, il n’est pas rare de voir un kapokier isolé étendant fièrement ses branches, ombrageant ainsi un pâturage ou un champ agricole.

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SAMEDI 22 AOÛT 2015

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Voici bientôt mon dessin de kapokier achevé.  La semaine prochaine, je vous présenterai trois photos d'admirables kapokiers, choisis parmi les plus gigantesques ! 

Auparavant, je ne voudrais clore la partie rédactionnelle et didactique de cet article sans aborder les vertus médicales que les habitants des régions tropicales lui attribuent, à tort peut-être ou très judicieusement, qui peut vraiment les certifier...

Ils lui reconnaissent des propriétés antiseptiques, anti-inflammatoires ou encore diurétiques qui servent à traiter maux de dents, aphtes, troubles intestinaux ou encore règles douloureuses.  Les racines sont réputées vomitives et utilisées lors de dysenterie chronique, rachitisme ou tétanos.  L’écorce aux vertus aphrodisiaques serait le remède idéal contre l’hypertension, la stérilité féminine, la toux, les caries dentaires, le paludisme, la diarrhée et la dysenterie, à nouveau. Les feuilles permettraient de soigner les maladies mentales, les abcès, la conjonctivite et la fièvre.  Les fleurs et fruits sont utilisés comme remède contre la céphalée et les vertiges.

MARDI 25 AOÛT 2015

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- le kapokier le plus large connu au monde -

 

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- une autre vue du kapokier le plus large connu au monde -

 une photo de Chrishibbard (encyclopédie wikipédia anglaise)

 

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Le kapokier relie le centre de la terre et le monde terrestre

au monde des esprits du dessus,

en connexion vers les cieux pour les âmes qui y montent. 

 

JEUDI 27 AOÛT 20152961874370.JPG

KAPOK TREE ou KAPOKIER

dessin achevé en juillet 2015

30 X 40 CM

PROCHAINE

PUBLICATION

AUX ALENTOURS

DE LA MI-SEPTEMBRE

 

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03 mai 2014

Un dessin d'arbre... au nom célèbre !

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dernière mise à jour de l'article et du dessin

effectuée -en bas de page- ce samedi 3 mai

 

LUNDI 21 AVRIL

Je vous emmène en promenade à la découverte de "l'Arbre de Las Cases", ce vieil arbre qui a prêté son nom à mon dessin que, peut-être, vous avez déjà rencontré sur mon blog précédent -nous étions alors en 2009- ou regardé par la suite lors d'une de mes expositions.

Cet arbre mort, sans doute un hêtre, je le connais depuis tant et tant d'années : combien de dizaines de fois ne suis-je passé, en pratiquant la course à pied, à quelques dizaines de mètres de lui, le long de la prairie qu'il domine, en l'admirant à chaque fois ?  Pourtant, en le dessinant, j'ignorais tout de sa glorieuse histoire.

2008.  Un jour, sous un plein soleil d'été et un ciel azur, je m'en suis approché ; de très près ! 

C'était prémédité : j'avais emporté l'appareil photographique numérique que j'étrennais.

C'était prémédité : j'avais envie depuis longtemps de dessiner ce tronc blanc et dénudé.  Je le voulais en pleine lumière, lorsque les ombres sont le plus marquées, lorsque les détails que je recherche pour tout dessin sont le plus visibles.

Il ne me restait plus qu'à choisir parmi les nombreux clichés ramenés.  Cet arbre, je l'avais en quelque sorte mitraillé : sous tous les angles, m'en approchant, m'en éloignant, adaptant au mieux les réglages de mon petit appareil numérique de poche.

Six photos avaient particulièrement retenu mon attention, en un premier temps.  Laquelle choisir ?

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Après longue réflexion, c'est celle en plan très rapproché que j'avais choisie, celle qui montre le tronc massif -même si l'on n'en voit que le haut-.  Une photo lumineuse où pourtant tant d'ombres apparaissent, jamais trop marquées cependant, une photo riche en détails : regardez attentivement ces lambeaux d'écorce prêts à lâcher prise, toutes ces nuances de gris apportant le relief, l'élégance de ces branches pourtant mortes depuis si longtemps : exactement ce que je recherchais.

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J'aimais l'arbre.  J'aimais cette photo.  Un mois plus tard, le dessin était terminé.

MERCREDI 23 AVRIL

   Je suis très heureux de vous présenter "L'Arbre de Sohan, l'Arbre de Las Cases".

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En le dessinant, je l'aimais déjà tellement !  Pourtant, j'ignorais pourtant tout de son glorieux passé...

J'ignorais tout...  Jusqu'à ce que j'aperçoive, lors d'une exposition, une dame âgée observer longuement silhouette puis détails de mon dessin.  Je l'abordai : elle cherchait à localiser cet arbre mort qu'elle croyait reconnaître.  Elle écouta attentivement mes explications puis me répondit : "Je le connais depuis toujours, depuis que je suis petite... Et à cette époque déjà, il était mort depuis longtemps... Voulez-vous connaître son nom ?  Il se nomme...

l'Arbre de Las Cases."

 

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Sans pouvoir m'en conter davantage, à son grand regret.

Par chance, M. Gonay -aujourd'hui décédé- me fit peu après l'honneur de sa visite.  Passionné d'histoire locale, il connaît tout sur le passé de notre commune, l'histoire de ses bâtiments, la généalogie de sa population, l'origine de ses noms de rue, etc. 

J'eus alors la bonne idée de lui demander si, peut-être, il connaissait cet arbre dont je venais d'apprendre le nom.  Il ne lui fallut que quelques secondes pour se remémorer le lieu et surtout me donner les précisions que j'espérais.  Quelle chance !  A mes yeux, en un instant, mon dessin prenait plus de valeur encore.

  D'où vient ce nom "Las Cases" ? 

 

VENDREDI 25 AVRIL

Le comte Emmanuel de Las Cases est tout simplement le mémorialiste de Napoléon, m'expliqua-t-il. Son ouvrage "Le mémorial de Sainte-Hélène" l'a rendu célèbre (...)

Contrairement à une idée largement répandue, Napoléon n'aurait pas dicté son texte (flagrante contradiction avec ce tableau représentant Napoléon en train de dicter ses mémoires) et Las Cases en aurait toujours assumé l'intégralité et l'originalité.

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Ce livre est un des plus grands succès de son siècle : il cristallise les regrets et la nostalgie. Napoléon y est présenté comme le continuateur de la Révolution, voulant le bonheur du peuple et, à cause de cela, haï par les rois.

Cet ouvrage contient l'essentiel des réflexions de Napoléon sur sa jeunesse et le récit de ses campagnes.

     

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De nombreuses éditions ont vu le jour au cours du XIXe siècle: 1822-1823 (édition originale), 1824 (ajouts et corrections à l'édition précédente), 1828 (nouveaux titres), 1830-1831 (édition revue), 1842 (édition revue et augmentée). 
Le mémorial  de Sainte-Hélène pose les bases du courant politique "le Bonapartisme".

Cet ouvrage est important pour la suite de cet article : en effet, il a été en partie écrit immédiatement après la mort de Napoléon (1821), à Sohan, plus précisément à proximité du Château de Sohan ...

 

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DIMANCHE 27 AVRIL

Le château de Sohan existait auparavant non loin de chez moi, sur un de mes parcours d'entraînement de joggeur.  Il était construit près du bois des Nids d'Aguesses de Pepinster et en retrait du chemin menant à Oneux à partir de la route de Pepinster -Theux.

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Le comte de Las Cases y séjourna, m'expliqua Mr Gonay.

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Le Château de Sohan, côté ouest.

 

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Le Château de Sohan, côté est.

Il appartenait à la famille Lejeune de Schiervel.   

Ce château du XVIIIe siècle fut reconstruit fin du XIXe siècle puis incendié en septembre 1944 par les troupes allemandes en retraite, en représailles à la suite de tirs à leur encontre par des "résistants".  Depuis, le chemin qui mène de ce lieu vers Heusy (en passant par le tout récent Club de golf) porte le nom de "Chemin de l'armée secrète".

Des civils, dont des enfants, furent massacrés lors de cet épisode.  Je remercie mon ami Joseph, décédé à 94 ans : bien qu'âgé en 1999 de 91 ans, il avait conservé une mémoire infaillible et m'a quelque peu raconté ces événements dramatiques.  Merci, tout autant, à l'abbé Monfort, de retour à Theux en Maison de Repos pour une retraite bien méritée après 60 ans de prêtrise, qui m'a également raconté ces événements qui ont marqué à tout jamais leur esprit ; et bien sûr, merci à M. Gonay.

De cet ancien château, il ne reste rien : des bâtiments de ferme ont été construits à leur place, ainsi que cette maison sans grand intérêt architectural. 

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MARDI 29 AVRIL

Mais quel est le rapport avec l'arbre, dans tout cela ?  Je vous l'ai dit en début d'article : je vous emmène en balade...

Il paraît que, selon M. Gonay, Las Cases avait coutume de se rendre quelques centaines de mètres en contrebas du château (deux kilomètres tout au plus), dans la vallée de Pepinster - Theux, au Château Rittwéger, pour y prendre ses repas de midi (à cheval, le moyen de locomotion de l'époque, d'autant plus que le chemin traverse un bois plutôt humide et surtout très escarpé).

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Ce château Rittwéger (Charles Rittwéger a par ailleurs  donné son nom à la rue principale de Juslenville) a de nos jours complètement disparu.  On devait le démonter et le reconstruire pièce par pièce en un autre lieu, m'a dit Joseph, mais cela ne s'est jamais réalisé. Il n'en subsistait, il y a peu de temps encore, qu'un seul vestige, un pont métallique délabré sur la Hoëgne, daté "1865" (et donc, postérieur à Las Cases), à Prévochamps à l'entrée de Juslenville, en contrebas du lieu-dit "les Dardanelles" et à proximité de la grotte du "Trou des Sottais" : deux lieux qui, dans mon esprit d'enfant, buts fréquents de mes expéditions de jeux, étaient synonymes de mystère et  d'aventure. 

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UNE PHOTO PRISE EN 2009

Lors de mes fréquentes escapades sportives, je suis donc passé régulièrement non loin de cet arbre mort qui se dresse au milieu d'une prairie pentue à gauche du chemin qu'empruntait Las Cases pour se rendre au château Rittwéger...  Vous me suivez ?

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Nous voici arrivés au terme de cette balade.

Le fait n'est pas historique, mais possible, voire très probable ... Du moins, l'explication que je vais vous proposer me plaît : peut-être est-ce sous le couvert de cet arbre (bien feuillu à l'époque) que Las Cases avait coutume de s'asseoir (tout en laissant brouter son cheval, j'imagine) pour rédiger ce fameux mémorial  de Sainte-Hélène.  

 

1565834373.jpgMERCREDI 30 AVRIL

Parlons encore un peu de Las Cases, le célèbre mémorialiste, auteur de l’ouvrage "Le mémorial de Sainte-Hélène" rédigé peu de temps après la mort de Napoléon Bonaparte ; parlons aussi, surtout, de son entourage à Sohan et au château Rittwéger.

Dans son édition du 3e trimestre 2010 (n°107), la revue historique verviétoise « Temps Jadis »,revient sur les fastes du château Rittwéger à Juslenville, fréquenté par d'éminents membres de la famille Bonaparte.  J'ai ainsi découvert quelques précieux renseignements qui m'ont permis de rédiger l'essentiel du texte ci-après.

"Au départ, résidence romantique du bourgmestre de Theux Edmond Fyon construite en 1781, à l’emplacement d’un ancien haut-fourneau, le château connut au fil du temps plusieurs remaniements ; on le vit aussi se doter du tout premier jardin à l’anglaise de Belgique.  Cette prestigieuse résidence fut démolie en 1958.  Aujourd'hui, seule la chapelle désacralisée - construite en 1821 sur la colline de Juslenville - atteste de l'importance de ce domaine.

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Le château Rittwéger fut, de son temps, le point de ralliement de célébrités. En 1810, la reine Hortense, épouse de Louis Bonaparte (frère de Napoléon) et fille de Joséphine de Beauharnais ( femme de l’Empereur), débarque avec ses deux fils au château Rittweger, à l'invitation du maître des lieux, ardent sympathisant de la France.  Par la suite, plusieurs éminences passeront par Juslenville, comme la soeur de Napoléon, Pauline Bonaparte : depuis lors, la Voie Pauline  porte son nom (j'y reviendrai).  Vers 1880, l'impératrice Eugénie, femme de Napoléon III, puis enfin la princesse Clémentine de Saxe-Cobourg-Gotha (fille cadette du roi Léopold II de Belgique et de la reine Marie-Henriette décédée à Spa en 1902, elle épousa Victor Napoléon Bonaparte en 1910, après des années d'attente) seront les dernières personnalités de haut rang à séjourner en ces lieux.

 

VUE EN DIRECTION DE JUSLENVILLE

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Entre-temps, en 1819, en cure thermale à Chaudfontaine, le comte de Las Cases est convié par Edmond Fyon à visiter le domaine, et à s'installer non loin de cette résidence, au château de Sohan, où il écrira quelques chapitres du Mémorial de Saint Hélène. Celui qui partagea durant 18 mois l'exil de Napoléon rédige donc en terre theutoise ses souvenirs les plus marquants, comme je vous l’avais expliqué dans le premier article.  Peut-être sous le couvert du feuillage du hêtre qui porte son nom !"

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Pour la "petite histoire", à propos de ce nom « voie Pauline », Regnier Tieffels (1879-1969), collaborateur au "Pays de Franchimont" (le journal hebdomadaire du Syndicat d’Initiative bien connu des Theutois), propose une explication bien différente ressemblant apparemment davantage à une légende qu’à une certitude historique : dans un ancien article, il explique qu’une famille du nom de Tonet possédait auparavant une longue et étroite parcelle de terrain située à l’emplacement de l’actuelle voie Pauline.  Lors de la concession de la ligne du chemin de fer Pepinster-Theux-Spa, cette parcelle fut partiellement expropriée sur toute sa longueur et le restant n’eut plus grande valeur.  A cette époque, Juslenville ne possédait pas d’école et les enfants fréquentaient celles de Theux.  Afin d’arriver en classe le plus tard possible, les gosses longeaient la route, comptant sur les longues fermetures des barrières du passage à niveau causées par les retards des trains.  Mais pour le retour, plus pressés, ils retournaient par l’étroite parcelle laissée à l’abandon qui alors appartenait à la vieille Pauline (Tenet). Arrivés devant l’arrêt de train de Juslenville, ils traversaient la ligne de chemin de fer non clôturée et surtout non surveillée, au grand effroi de la dame. Le sentier prit alors le nom de "Voie Pauline". 

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Actuellement, la célèbre « brocante des quais de la Hoëgne » est organisée chaque premier week-end de juillet depuis 20 ans bientôt, en cette voie et toutes les rues avoisinantes de mon quartier.

Et voici mon dessin achevé, complet...

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SAMEDI 3 MAI

Mardi, je vous présentais une photo personnelle de 2009 montrant ce pont métallique délabré enjambant la Hoëgne à Juslenville, dernier vestige encore visible de nos jours sur l'ancienne propriété du Château Rittwéger.

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La photo ci-dessous, une autre prise de vue de 2009, est délibérément centrée sur un élément de cette large passerelle , sa date de construction : 1865 ! 

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Deux ans plus tard, en janvier 2011, je photographiais, tout près de chez moi, une inhabituelle crue de la Hoëgne proche du débordement -le niveau de l'eau étant de près de trois mètres supérieur au niveau habituel- provoquée par de fortes pluies de redoux, entraînant la rapide fonte d'un important couvert neigeux sur le Plateau des Hautes Fagnes.

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Et, à ma grande surprise, quelques jours plus tard, empruntant à nouveau ce chemin qui longe ce pont métallique, m'approchant du dernier vestige d'un Château glorieux, je ne pouvais que constater qu'il avait bel et bien disparu...

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... emporté par les eaux : les poutrelles gisaient, et gisent encore depuis, sur le lit de la rivière, recouvertes par des amas de bois mort charriés par le courant qu'elles retiennent...

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Je me souviens de ce moment comme si c'était hier. J'aurais voulu plonger mes bras dans l'eau et replacer bien vite ces poutrelles à leur emplacement d'origine, en espérant que personne ne remarque rien...

Avec cette étrange impression d'un sentiment d'impuissance, les bras ballants, stupéfait, comme médusé (... tel la belle Méduse que, dans la mythologie, Neptune enleva et transforma en créature ignoble !)...

Avec cette étrange impression d'être le seul témoin, avec la disparition inéluctable de cette passerelle, d'un pan de l'histoire, certes locale, mais passionnante à mes yeux, qui se tourne...

Avec cette étrange impression que l'arbre mort de Las Cases qui, de mois en mois, perd une branche, un bout d'écorce, représente le dernier témoin -avec mon dessin- de ce pan d'histoire locale...

Et ce jour, avec à l'esprit cette citation de Warren Buffett

"Quelqu'un s'assoit à l'ombre aujourd'hui parce que

quelqu'un d'autre a planté l'arbre il y a longtemps." ...

Mais cela, c'est une autre histoire...

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Publié dans ARBRES ET SOUCHES | Tags : dessin arbre mort, portemine, las cases, arbre de sohan | Lien permanent | Commentaires (2) |

23 décembre 2013

Bientôt, Noël et l'An Neuf : pour vous, ce dessin de houx !

 

"Sache que ce monde tout entier est un miroir.
Dans chaque atome se trouvent cent soleils flamboyants.
Si tu fends le cœur d’une seule goutte d’eau,
Il en émerge cent purs océans.
Si tu examines chaque grain de poussière,
Mille Adam peuvent y être découverts.
Un univers est caché dans chaque grain de millet.".

Mahamud Shabestari, poète iranien.

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   A l'aube de ces Fêtes de fin d'année, pour vous, ce dessin de houx...
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Je ne vous apprendrai rien : après le sapin, élément indissociable des vœux de Noël, c’est le houx que l’on rencontre le plus souvent pour accompagner les souhaits qu’il est coutume de formuler en cette période, qu'ils le soient en guise d'illustration sur les cartes de vœux et sur les affiches, ou sur les objets décoratifs.

Le rouge et le vert sont les couleurs de décembre par excellence.  Au rouge sont associés le costume du Père Noël, les bougies de la fête, la chaleur conviviale et familiale, le rouge-gorge bravant l'hiver.  Le vert fait au contraire penser au sapin dont la parure résiste vaillamment au froid glacial, à la promesse du printemps verdoyant prochain, au houx et à ses feuilles vernissées ou au gui.

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Les textes bibliques expliquent que des miracles permirent à la Sainte Famille de progresser avec succès, lors de sa fuite en Egypte, afin d’échapper à l’ordre d’Hérode de massacrer tous les nouveau-nés dans l’unique but d’éliminer Jésus en qui il voyait un concurrent potentiel.  Parmi ces miracles, celui du houx qui dissimula de ses branches les parents et l'Enfant Jésus et empêcha les soldats, par ses feuilles piquantes, de pousser plus avant leurs investigations ; en guise de reconnaissance, Marie le bénit et promit qu’il resterait éternellement vert : il devint ainsi symbole d'immortalité.

Une légende raconte que la croix du Christ était en bois de houx et que les baies rouges symbolisent les gouttes de sang versées par le crucifié.  Les piquants le long des feuilles font référence à la Passion.  La couronne de houx de l'Avent et ses quatre bougies qu'on allume une à une les quatre dimanches de décembre en préparation de l'avènement du Christ, rappellent les liens entre Noël et Pâques.

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Pour que l'année à venir soit profitable, il faut faire rentrer du houx à la maison à Noël (suivi du gui au jour de l'An).  Nos voisins d’outre-Manche considèrent même qu’il peut influer sur la bonne entente du couple et que, dès lors, les deux variétés existantes – avec  et sans piquants -  doivent coexister. Les piquants symbolisent le mari, les bords lisses, la femme : afin que les rapports entre les conjoints soient équilibrés, les branches contenant les deux sortes de feuilles doivent entrer dans la maison ensemble, sans quoi l'un des deux, mari ou femme, dominera la maison.

 

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Tenez, dit l'avare : voici un calendrier neuf, et qu'il vous fasse toute l'année !

Jules Renard


Je ne prendrai pas de calendrier cette année,
car j'ai été très mécontent de celui de l'année dernière !

Alphonse Allais

L'année à venir n'existe pas.  Nous ne possédons que le petit instant présent.

Mahmûd Shabestarî


Tous les hommes font la même erreur,
de s'imaginer que bonheur veut dire que tous les vœux se réalisent.

Léon Tolstoï

Un jour, on aura besoin d'un visa pour passer du 31 décembre au 1er janvier.

Jacques Sternberg

Il n'est aucune chose qui aille plus vite que les années.

Leonardo da Vinci

"Qu'est-ce qu'une année, sinon le volume infini d'une pincée de secondes"

Dominique Rolin

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