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06 mars 2017

Le Maître et son Rapace : la force du Regard

Depuis ce 12 janvier 2017, voici l’histoire d’un dessin, d’une photo,
d’un homme hors du commun !
 

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   ULTIME MISE A JOUR - en bas de page - CE MARDI 28 FEVRIER.  

   La date de la prochaine publication est incertaine.  

   Elle sera annoncée plusieurs jours à l'avance : venez voir de temps à autre ... 


Il me plaisait de remémorer ici, sur Hautetfort, cette histoire déjà publiée une première fois sur mon précédent blog Overblog, aujourd'hui délaissé. Le dessin que vous allez (re)découvrir m'a permis de vivre une histoire personnelle riche et émouvante.

L'article sera mis à jour régulièrement, grâce à de nouveaux éléments, apportés en fin de page. Ces mises à jour seront chaque fois annoncées en haut et bas d'article.

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JEUDI 12 JANVIER 2017

Aujourd’hui, je suis impatient et heureux de vous présenter le début de l’histoire de cet être d'exception, Monsieur Jean-Pierre Vergès, et et de son hibou grand-duc.

Vous l'avez probablement remarqué, depuis le temps que j'écris des articles pour mes blogs : c'est dans ma nature, j'ai besoin d'en savoir toujours plus, encore et encore, à propos des dessins que je réalise. Puisque chacun d'eux trouve son inspiration dans une photo, parfois personnelle, qui m’a attiré et qui repose - pour celui qui a appuyé sur le déclencheur - sur l’envie de garder en souvenir un instant visuel privilégié et exceptionnel, je cherche à comprendre tout ce qui entoure cet instant devenu définitif et ce qu’il signifie. Et si j'ignore tout de l'origine d'une photo, je cherche à la découvrir, j'entreprends de longues et captivantes recherches pour mieux cerner ce qu'elle représente. Cette démarche me passionne à chaque fois.

Trêve de bavardages : commençons donc par ... le début de cette histoire !

Nous sommes en 2004. Des amis venus des Pays-Bas, Mirjam et Sébastien, me font découvrir une impressionnante photo chargée pour eux de souvenirs et d'émotions, ça se lit dans leurs yeux, ça s'entend dans leur voix : ce regard que la pellicule a gravé me charme dès le premier coup d’œil. A ce moment déjà, ils me parlent de ce hibou grand-duc et de son Maître. Je me lance alors le défi de les dessiner méthodiquement avec la pointe de mes portemines : nul doute, le plaisir promet d'être au rendez-vous : il sera immense !

Avant d'apposer ma signature au bas de ce dessin, il m'a bien sûr été nécessaire de me pencher de longues heures sur ce puissant échange de regards. C'est sûr, à mes yeux : ces deux-là, immortalisés sur la pellicule, se connaissent parfaitement et sont même inséparables. Cela se devine, cela se voit ! Mais qui est le Maître, est-ce l’Homme ou le Grand-Duc ? Ne sont-ils pas, simplement, compagnons ? L’oiseau soutient, immobile et fier, ce regard, aussi autoritaire que respectueux, qui le fixe et l’observe. Quelle intensité ! Leurs yeux se parlent, mais ne se défient pas. Pourquoi en auraient-ils besoin ?

 

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01 - dresseur - gros plan visage

Ils s’apprécient !

04 - hibou - gros plan

Ils s'aiment !

Cher lecteur, chère lectrice, pour vous, pour moi, j'ai cherché, cinq ans plus tard, à connaître plus en détails leur histoire, celle de mon dessin : la voici, telle que mes amis me l’ont alors contée plus en détails en 2009, la voici avec tout ce que j'ai pu y ajouter moi-même par la suite...

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DIMANCHE 15 JANVIER 2017

Tout d'abord, parlons de Marc. Néerlandais lui aussi, il est à la fois artiste, artisan, réputé restaurateur d’antiquités, forgeron et horloger. Mirjam et Sébastien le comptent parmi leurs proches. En 1990, Marc quitte son pays pour un long pèlerinage qui doit le mener à Saint-Jacques-de-Compostelle. En cheminant dans le sud de la France, il rencontre un autre pèlerin, Jean-Pierre, accompagné de son chien et d'un faucon - pèlerin, lui aussi !- juché sur son épaule : lui s’est mis en route depuis son village natal. Il est Catalan et habite au pied du massif du Canigou, dans les Pyrénées-Orientales.

Marc apprécie très vite la compagnie de cet homme jovial et chaleureux, portant un fin collier de barbe blanche bien soigné, et coiffé comme il se doit - vu ses origines - d'un chapeau rouge. Ils sympathisent et marchent ensemble, à l'unisson, dans un but commun propice à la création de liens profonds et durables.

Effectivement : ils se lient d'amitié. Chaque année, Marc et son épouse Linda prennent la route vers le Sud, destination le Vallespir, la vallée du fleuve Le Tech, où Jean-Pierre les accueille. Bientôt, les deux passions de Jean-Pierre, les rapaces et les vieilles pierres, n'ont plus de secrets pour eux.

Les rapaces ? C’est que le faucon pèlerin que Marc a connu sur les chemins de Compostelle n’est pas le seul oiseau de ce sympathique compagnon de voyage : le Catalan recueille et héberge tous les rapaces blessés et malades, victimes d’accidents ou d’empoisonnement qui, sans son aide, périraient. Sa maison est un refuge, il sauve et ramène à la vie tous ces oiseaux sauvages en perdition qu’on lui apporte de toute la région.

Les vieilles pierres ? Depuis 1981, bien plus que son Président, Jean-Pierre est l'âme d'une association de bénévoles comptant beaucoup de jeunes, s'occupant de la restauration et de la reconstruction d'une vieille église romane située à deux pas de chez lui, près de Sant Marti de Cortsavi, consacrée en 993, reconstruite une première fois en 1159, église paroissiale du XVIe siècle, et abandonnée depuis.

Marc et son épouse, quant ils rencontrent nos amis communs néerlandais, sont intarissables : ils parlent, racontent, et au travers de toutes ces confidences, Mirjam et Sébastien découvrent un être d’exception qu’ils ont envie, eux aussi, de rencontrer. Mais Marc décède suite à une longue et pénible maladie… 

Leur rêve prend tout de même forme : ce sera un hommage à leur ami ! La tête emplie de tous ces souvenirs qui leur ont été confiés, ils partent, en 2003, dans les Pyrénées, dans le but de rencontrer l’ami de leurs amis, dans le but de connaître cet homme passionné, comme eux, de nature et de culture, dans le but de voir de leurs propres yeux ces rapaces blessés qu’il recueille chez lui, dans le but d'admirer la reconstruction de cette église. Très ému, Jean-Pierre les accueille chaleureusement : eux ont l’impression de l’avoir toujours connu !

En arrivant chez lui à Arles-sur-Tech, on est accueilli par poules et poussins, mais aussi chiens, canards et oies, et surtout rapaces qui prennent l'air au soleil, retenus à des blocs ou piquets par des longes et tourets. Le plus impressionnant de tous, précisent-ils, c'est ce hibou grand-duc recueilli à l'époque tout jeune et blessé, encore avec ses plumes de duvet, et qui ne pouvait plus que voleter. Notre homme le soigne comme son enfant. A l’intérieur de la maison, le ménage d’un homme seul ; sur l’armoire, une photo-souvenir de sa maman, décédée, dont il s’est occupé jusqu’à la fin.

Quant à l’église Sant Martí de Cortsavi, son autre passion, ils m'invitent à la découvrir sur ce site présentant dans ses moindres détails l’historique, l’architecture et l’incroyable travail de l’association que Monsieur Vergès a créée en 1981, appelée  "Salvaguarda de Sant Martí de Cortsavi".

http://www.guideduvallespir.com/accueil/vallespir-tourism...

Vous vous en doutez, l'histoire ne s'arrête pas ici : lorsque je l'ai publiée sur mon précédent blog en janvier 2010, il y a tout juste sept ans, elle ne faisait, mais je ne m'en doutais pas encore vraiment, que commencer.  Permettez-moi de vous demander de patienter quelques jours, tout au plus jusqu'au prochain week-end, pour en découvrir la suite...

 

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Prochaine mise à jour le dimanche 22 janvier en journée.

 

DIMANCHE 22 JANVIER 2017

Un matin d'octobre 2009 (le dessin était encadré depuis cinq ans déjà), mes amis Mirjam et Sébastien prennent une tasse de café et un petit verre chez moi. Nous parlons de loisirs, de la société (nous refaisons un peu le monde !), de mes récents dessins au portemine, de Jean-Pierre et bien sûr de son fidèle compagnon grand-duc...

Qui  de nous émet l'excellente idée de prendre de ses nouvelles ? Je ne sais plus, mais peu importe. L'idée se concrétise bientôt : je photocopie mon dessin et Mirjam le joint à une lettre.

De mon côté, quelques recherches sur internet me mènent au site internet d'Arles-sur-Tech (en catalan : Arles de Tec - voir note ci-dessous) avec quelques liens qui m'intéressent beaucoup (j'y reviendrai).

Note :
Merci à M. Jean Pla Sabadell, conseiller municipal à la commune d'Arles, qui m'informa plus tard, lors d'un échange de courrier, que Arles-sur-Tech est le nom francisé d'Arles de Tec en catalan : le h, poursuivait-il, a été introduit on ne sait trop par qui ni pourquoi, en tout cas, par quelqu'un qui ne connaissait sans doute rien du catalan. Peut-être s'agissait-il d'un technocrate parisien qui, lors de la francisation forcée par l’État français des noms catalans, a ainsi reproduit le "h" du mot "technocrate".

Le 23 novembre, Jean-Pierre répond à mes amis. La veille de Noël, ils me parlent de cette lettre et me l'envoient, scannée, quelques jours plus tard... Pour moi, un cadeau venu du ciel. 

 

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Cette lettre est avant tout le reflet de sa bonté et de sa gentillesse. Jean-Pierre parle d'Arthuro, de Sant Marti de Cortsavi, de quelques malheureux soucis de santé qu'il explique avec philosophie et humour, et ses pensées vont aussi vers Linda ; je vous ai parlé moi-même de tout cela, c'est un peu comme s'il me répondait, comme s'il tenait à nous expliquer. Ces mots font chaud au cœur. Et quel bel en-tête de lettre avec cette maxime qui lui va comme un gant (de fauconnier) : la beauté est dans l’œil de celui qui regarde. 
 

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Après avoir lu cette lettre, je n'ai qu'une envie, montrer mon dessin sur le blog, raconter cette histoire de Jean-Pierre et de son grand-duc que j'ai commencée par la fin, peut-être le faire savoir dans son village, parmi ses amis que j'imagine nombreux : tout cela à la condition bien sûr que quelqu'un, là-bas parmi ses proches, trouve l'idée plaisante et lui demande son accord. Mais qui contacter ? Non, pas son association de sauvegarde de Sant Marti de Cortsavi dont il est Président : je n'ose pas, d'autant plus que je voudrais le surprendre, par l'intermédiaire d'un de ses proches !


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A quelle porte frapper ? A qui écrire ? En voyageant sur les liens du site de la municipalité d'Arles-sur-Tech (je vous avais promis d'y revenir), je découvre le site internet d'une bien sympathique chorale.
 
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Les quelques mots que je lis sur ce site me réjouissent énormément !

"Après deux mois de vacances, l’Ensemble Vocal a repris ses activités par un stage de 3 jours à Corsavy, les 4-5 et 6 septembre. Ce stage a été suivi d’un concert, dont le bénéfice est allé à l’association “Salvaguarda de SantMarti de Cortsavi”, concert donné dans la vieille église restaurée par notre ami Jean-Pierre Vergès. L’émotion était au rendez-vous. Concert et journée inoubliable." (J. Weckel)

Chef de choeur : Thomas DELIGNY - Présidente : Josiane WECKEL

 
Ainsi, je trouve, en la personne de la Présidente Josiane Weckel, une amie qui l'apprécie beaucoup ! L'adresse de messagerie de cette dame est mentionnée. Fébrile, je lui écris un message dont vous devinez la teneur. Je me présente et lui propose de découvrir mes dessins à travers mon blog. Surtout, je lui explique en quelques mots comment m'est venue l'idée de dessiner le fauconnier et son grand-duc (un dessin dont il a reçu il y a peu de temps une copie format A4). Je lui envoie bien sûr une image JPEG du dessin et lui propose de demander à Monsieur Vergès s'il accepte que je raconte sur mon blog son histoire, tout en se prêtant à un petit interview. Et elle me répond...
 
Jeudi prochain, je vous montrerai la réponse reçue :
quelle joie, quelle émotion, en lisant et relisant les mots qu'elle contient...

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 JEUDI 26 JANVIER 2017

... et elle me répond très vite, le 4 janvier 2010, en ces termes...

 

Je viens de prendre connaissance de votre émail au sujet de Jean-Pierre Vergès. Je ne suis pas surprise de l'effet qu'a produit sur vous la photo de Jean-Pierre, et votre dessin lui rend hommage. Sa forte personnalité, sa détermination se lisent sur son visage, mais son cœur, sa générosité et sa gentillesse ne se comprennent qu'à son contact, et si vous ne le connaissez pas encore, je vous recommande de le faire sans tarder.
 
Bien sûr, je serai heureuse de faire connaître votre blog, je vais faire le nécessaire auprès des membres de l'Ensemble vocal, mais aussi auprès de l'association théâtrale d'Arles/Tech et des autres associations.
 
Je suis allée voir votre blog et j'ai pu voir (trop vite, mais j'y reviendrai) vos dessins et vos commentaires qui rendent vos dessins encore plus intéressants.
 
Je vous remercie de me donner l'occasion de rendre un peu à Jean-Pierre ce qu' il nous donne si généreusement : son amitié.
 
Avec tous mes sincères remerciements,
Josiane Weckel.
 

J'osais à peine espérer un accueil aussi immédiat et chaleureux.

Le contact est créé et gardé ; nous convenons de la date de publication de l'article, le mardi 26 janvier.
 
Le samedi 23 janvier, je reçois cet important courriel de Josiane :
 

23 JANVIER 2010
 
Voilà c'est fait, du moins une partie. Chaque personne que j'ai prévenue en fera autant de son côté.
J'ai pu voir Jean-Pierre entre deux Galettes des rois :-))).  Je lui ai dit deux mots sur votre projet. Il a été très étonné qu'on parle de lui aussi loin. (toujours aussi modeste notre Jean-Pierre).
Il n' a pas Internet, mais une de ses amies proche, Ingrid, s'en occupe à sa place. Voici son adresse : (...) 
Le lendemain il a mis ces photos dans ma boîte à lettres pour que je vous les envoie. Je les ai scannées...

église 1
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Actuellement il est très préoccupé par la recherche de fonds pour la construction du clocher de Sant Marti. Ce n'est pas une chose facile pour lui.
Voilà ce que je peux faire pour l'instant, je vais aussi imprimer quelques cartes avec l'adresse de votre blog, car je n'ai malheureusement pas les adresses mail de tout le monde.
Je fais bien sûr cela pour Jean-Pierre, mais j'estime aussi que votre blog vaut le détour, je n'ai pas encore tout vu, car le temps me fait parfois défaut.... Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais depuis la retraite le temps passe plus vite :-))) 
En tout cas vous avez beaucoup de talent et pour les dessins et pour la forme originale de les mettre en valeur.
J'attends impatiemment la parution de votre article sur Jean-Pierre. A bientôt, Josiane.
 
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 DIMANCHE 29 JANVIER 2017

L'histoire présentée ci-dessus peut donc être publiée. Et je m'y attelle sans tarder.

Quel étrange sentiment de savoir qu'à mille km de chez moi, de nombreuses personnes attendent...

Bien sûr, j'accompagne la publication du dessin complet :

 
"Le Maître et son rapace ou la force du regard"
 
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 Prendre une belle photo, c’est commencer une histoire par la fin ! "
(Valérie ZENATTI, journaliste, professeur, traductrice et romancière d'origine juive)

Deux jours plus tard, Jean-Pierre m'écrit déjà par l'intermédiaire d'Ingrid, une voisine et amie de longue date...

Cher ami,

Merci pour le blog......... c'est super et je suis heureux que vous mettiez mon Grand-Duc en valeur.

Je suis émerveillé (et le mot est faible !) par la qualité de vos dessins, pleins de vie !

Comme fauconnier sachez bien que je n'utilise jamais de cage car jamais un fauconnier ne met un rapace - quel qu'il soit - en cage (blocs de faucons ou d'autours, longe, tourets........ oui ! mais surtout jamais de cage car les rapaces se blessent la cire du bec, dès qu'ils sont en cage........... C'est la raison pour laquelle nous ne pouvons que les "jardiner", terme de fauconnerie : blocs dans un pré ou une pelouse).

En ce qui concerne le Grand-Duc (son nom est Arthur) : c'était un jeune grand-duc, blessé malheureusement par un coup de feu........... un vétérinaire a essayé de le sauver, puis me l'a confié car il avait perdu une partie de ses capacités pour chasser et n'a jamais pu récupérer de cet handicap : il peut "voleter" mais nous restons ensemble obligatoirement........... ad vitam aeternam............

Merci pour tout et mes amitiés à Linda, Myriam et Sébastien.

Je n'ai jamais oublié Marc Van Baars - un homme hors du commun qui m'a aidé sur le "chemin".

Jean Pierre Vergès

 

Très vite après la parution de l'article, je reçois aussi des témoignages via ma boîte de messagerie personnelle. C'est merveilleux, Jean-Pierre, là-bas, au pied des Pyrénées, fait l'unanimité : ses qualités humaines sont à chaque fois mises en exergue. Je mesure, à travers tous ces mots, l'ampleur de ces valeurs essentielles que sont l'estime, le respect et l'amitié qui le lient à chacun de ses amis. Je le pressentais, en introduction à cette histoire, Monsieur Vergès est un Homme d'Exception : je l'avais d'emblée perçu en découvrant la photo. Mes amis me l'avaient dit ; sans savoir qu'un jour j'en parlerais de cette manière.
 
Voici ce que m'écrit Josiane, Présidente de la chorale, qui a parlé de la publication de l'article dans son entourage et communiqué mon adresse email...

Cher Jean-Claude, à la lecture de votre blog, l'émotion est partagée des deux côtés. Il y a d'un côté l'émotion de voir Jean-Pierre mis à l'honneur, et de l’autre l'émotion de la découverte de votre talent. J'ai eu un peu de temps pour me promener à l'intérieur du blog, je n'ai pas encore tout vu ni tout lu, mais ce que j'y vois me plaît tellement.

Lorsque j'aurai tout exploré je vous dirai ce qui m'a le plus touché. Jusqu'à présent c'est la souffrance que j'ai lue sur le visage d'un petit garçon qui porte des briques trop lourdes pour lui, et le regard du renard dans lequel je n'ai vu aucune cruauté, mais une détermination.  Je ne connais pas assez la technique du dessin pour oser simplement donner un avis. La seule chose qui me vient à l'esprit, c'est le mot "merveilleux". Tout est merveilleux. 

Voilà, vous en faites ce que vous voulez  :-)))

Je viens d'écrire ce poème, très vite, c'est maladroit mais je ne le renie pas...

Dites-moi pourquoi je ne suis pas étonnée

Que notre ami Jean-Pierre soit ainsi honoré ?

Vous ne le connaissez pas ?  Je vais vous en parler :

Il a l’aspect d’un roc, de cette pierre dure

Que durant des années il a su façonner.

De sa jeunesse il n’a plus l’élégante stature,

Mais son regard est plein de générosité.

Il vous parle d’oiseaux, d’abeilles et de pierres

Avec un enthousiasme qui vous les fait aimer.

Mais son plus grand amour je sais que c’est sa Terre

Celle de ses racines, ce sont ses Pyrénées.

Cette belle rencontre de Jean-Claude et Jean-Pierre

N'est pas due au hasard, c’est bien plus que cela

Une chaîne d’amitié qui passe les frontières

Il  y a fort à parier qu’ils n’en resteront pas là.

Un grand Merci Jean-Claude,

Un grand Merci Jean-Pierre,

Vous êtes tous les deux des êtres exceptionnels.

Et puis il y a la suite du courriel de Josiane, qui a elle-même reçu des messages qu'elle me transmet...

De Marie-Claire : "Un régal, ce site".

De Nicole : "'Quel plaisir de voir et lire, puisque JC Vincent nous offre les deux, que de belles rencontres peuvent se faire. Je ne saurais que te dire merci car je suis ravie de voir ce beau dessin de Jean-Pierre et d'Arthur, son ami Grand-Duc. Bises et à bientôt."

D'ingrid : "Quel merveilleux dessin de JP avec Arthur (le grand-duc). C'est vrai que le regard sort du commun : il y a vraiment beaucoup à lire dedans : amour, complicité, jeu, humour... Tout Jean-Pierre, non ?"

Et d'autres encore mais de vive voix.

Samedi, nous organisons un repas, Jean-Pierre sera des nôtres, je penser que nous parlerons beaucoup de vous. Amicalement, Josiane.

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MERCREDI 1er FEVRIER 2017

Ingrid, cette dame qui m’avait très vite fait parvenir le commentaire de Jean-Pierre reproduit précédemment, m'a adressé ce chaleureux message : 

Bonjour Monsieur Vincent,

Je viens de visiter votre blog et l'histoire de Jean-Pierre. Je suis touchée.

Votre blog est magnifique, votre travail un régal pour les yeux........... Vous êtes un être sensible et vous savez partager cette sensibilité..........  dans ce monde d'aujourd'hui : un cadeau ! ! !

Je vous envoie encore quelques photos : Jean-Pierre avec l'autour Onix, Jean-Pierre en montagne avec son sac à dos et une photo de Sant Marti du compte-rendu que nous envoyons chaque année aux adhérents de l'association "Salvaguarda de Sant Marti de Corsavy".

Je vous remercie et n'hésitez pas à me contacter, si je peux faire quelque chose pour vous.

Avec mon amitié,

Ingrid Matthys

Je vous montrerai bientôt, bien sûr, les photos qu’elle m’a envoyées. Vous verrez : celle avec l'autour Onix, tout particulièrement, est superbe, très différente mais tout aussi attirante que celle que j’ai dessinée…  Un autre regard, mais tout aussi fort !

Je continuerai par cet autre message reçu : les mots parlent d’eux-mêmes... (Jean-Pierre, soyez heureux. Si vous ne le saviez pas encore, maintenant, vous ne pouvez l’ignorer : on vous aime, là-bas, autour de vous, au pied de votre Terre).

La journée a bien commencé avec la joie de découvrir votre dessin et l'article parlant de Jean-Pierre.

Jean-Pierre fait partie de nos amis rencontrés ici à Arles-sur-Tech. Vous parler de lui, des heures de conversations sur plein de sujets, de repas pris ensemble dans la joie, la musique, le chant, de partager ses passions, de la générosité de son accueil, je n'y arriverais pas en cent feuilles de papier.

C'est un enchanteur qui parle de ses passions … avec passion !  Fin orateur, il a la facilité de nous faire entrer dans son monde et son humanisme.  Nos petits-enfants ont eu la chance de le côtoyer, c'est important pour les jeunes de faire des rencontres comme celle-là.  Jean-Pierre a réussi à les captiver pendant des heures en leur présentant ses rapaces, son église, ses abeilles et sa philosophie sur le monde.

Vous dire que parler de Jean-Pierre devrait se faire au coin du feu de bois, résume l'atmosphère généreuse qui se crée de suite avec lui.

Jean Pierre a aussi écrit un livre retraçant des histoires du Vallespir.  

Votre dessin est sublime de finesse et de sensibilité, de justesse dans son approche quand on connaît Jean-Pierre : vos amis vous ont bien parlé de lui et ont su vous faire ressentir le personnage.  J'attends la suite de l'histoire avec impatience.  Vos dessins révèlent votre talent et votre blog donne envie d’aller y voir jusqu'au bout, le passage des photos à vos dessins est impressionnant.

Bernadette.

 Je reçois aussi ce message d' une lectrice parmi les plus fidèles et attentives de mon blog : 

MonsieurJean-Pierre Vergès est sans nul doute une personne que beaucoup aimeraient voir, connaître, écouter. Merci, cher Jean-Claude, de nous faire "rencontrer" cet homme d'une personnalité si attachante, cette belle âme... Je viendrai souvent lire et relire votre article et les messages que vous portez si amicalement à notre connaissance.

Aurore, le 28.01.2010 à 19h36

Puis, cet email qui m'a réjoui ; mes amis Mirjam et Sébastien m'avaient promis de lui parler de mon dessin et de mon blog... :  

Je suis l'épouse de Marc, c'est si bon de trouver ce blog. L'histoire de l'amitié de Marc et Jean-Pierre reste très vivant, merci pour tout ça...

Linda Majoor, le 01.02.2010 à 11h49

Et ces deux autres encore, de deux dames dont je ne sais rien d'autre...

Quel bel hommage à Jean-Pierre.

Habitant Corsavy avec mon mari Christian, la vie a permis que nos chemins se rencontrent. C'est vraiment quelqu'un d'authentique, de passionné et passionnant. On ne se lasse jamais de l'écouter tant il a à nous apprendre.

Et félicitations pour votre dessin qui porte bien son titre !

Isabelle, le 02.02.2010 à 18h29

.......................................................................................................................................................................

Je suis une Arlésienne (c'est ainsi que l'on nomme les habitants d'Arles-sur-Tech) et je suis ébahie de découvrir ici notre ami Jean-Pierre dont vous parlez avec justesse et élégance. Le portrait, dans les deux sens du terme, que vous en tirez est copie conforme de la réalité, criant de vérité et je vous remercie de ce que vous avez fait pour lui.

Je ne vous dirai presque rien de vos dessins, vous le savez déjà tant on vous l'écrit à ce que j'ai vu en parcourant votre site, ils sont tout simplement époustouflants. On vous a dit aussi que votre talent pour les mettre en valeur est immense? Je ne peux que le répéter alors. Félicitations.

Je reviendrai vous lire ce week-end, c'est certain.

Une Arlésienne, le 05.02.2010 à 11h21

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DIMANCHE 5 FEVRIER 2017

Avant de vous présenter, comme promis, les photos qu'Ingrid m'a envoyées, voici le message que Josiane m’envoie...


Merci Jean-Claude, mais je suis gênée de la place que vous me donnez dans cette belle histoire.
Je n'ai été qu'un intermédiaire, heureuse de l'être, ça c'est sûr.
Merci à vous de nous donner la possibilité de vivre ensemble des moments d'intenses émotions.
Je continue à venir sur votre blog, afin de tout voir et de tout lire.
Je viens y puiser beauté, émotion et gentillesse.
Je vous embrasse affectueusement - Josiane

Josiane Weckel, le 07.02.2010 à 17h38

 
 
Place donc à ces deux magnifiques photos de Jean-Pierre et tout d'abord celle-ci, de Sant Marti, extraite du compte-rendu annuel envoyé en 2010 aux adhérents de l'association "Salvaguarda de Sant Marti de Corsavy".


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Jean-Pierre sur le massif du Canigou.


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Jean-Pierre et un autour.
 
L'effet boule de neige, assurément : d'autres courriels arrivent encore, sur le blog ou dans ma messagerie personnelle, trop nombreux pour les reprendre tous ici... Vous vous en doutez, l'histoire n'est pas terminée. Permettez-moi, avant de vous quitter jusqu'à mercredi, de vous dire combien Jean-Pierre me fait penser au personnage central du livre de Jean Giono, "Que ma joie demeure", cet hymne à la vie, ce chant merveilleux en l'honneur de la nature, des hommes et des animaux. Là-bas, en Provence, les enseignements de Bobi, cet homme au cœur généreux, révolutionnent le triste labeur des paysans qui peinent tristement sur leurs terres, chacun de leur côté, sur le rude plateau de Grémone. Bobi leur révèle une vie meilleure, plus authentique, moins égoïste, en harmonie avec la nature, les hommes et les animaux. Une vision idéaliste sans doute, mais émouvante et interpellante. Ces hommes comprendront le message de joie et d'espérance que leur apporte le sage Bobi, et, malgré les difficultés de l'existence, la joie renaîtra sur le plateau. Certes, Jean-Pierre n'est pas Bobi... mais ils ont tous deux des points communs, c'est sûr !
 

MERCREDI 8 FEVRIER 2017

L'histoire n'est pas terminée, écrivais-je dimanche ! Avec bien sûr, l'accord de les publier sur mon blog, je reçois d'autres nouvelles de Jean-Pierre... En réponse aux questions que je lui ai posées - pour mieux le connaître - par l'intermédiaire d'Ingrid, il m'écrit longuement, aimablement...

Bonjour Monsieur Jean-Claude, ici Jean-Pierre, voici le message que je voudrais vous transmettre...

Le blog que vous réalisez est super-intéressant et vous êtes remarquable en ce domaine du coup de crayon et du conte : mais en toute franchise, je voudrais vous dire que les qualificatifs employés à mon égard me gênent, me troublent et m’interpellent parfois, ainsi que les réactions très sympathiques qui me sont envoyées. Arrivé à un âge « respectable »,  je pense être parvenu à me connaître sans tricher et je sais que je suis un homme comme tous les hommes avec des qualités et des défauts : arrivé à l'orée de ma vie, je suis conscient - me semble-t-il - de mes imperfections et de mes faiblesses : je les connais !  Vaste programme pour y faire face !

Jean-Claude, votre initiative concernant Arthuro m'a fait énormément plaisir et votre démarche ne peut que faire aimer la nature et les rapaces de jour et de nuit. Les explications qui suivent, et toutes celles sur la fauconnerie ainsi que mon "chemin" dans l’approche de cette technique, peuvent être utilisés par vous et pour votre conte.

Vous demandez à en connaître un peu plus sur Arthuro mon Grand-Duc … 

Handicapé depuis tant d'années à la suite d'un malheureux coup de feu, il m’avait été confié par un vétérinaire.  J'ai fait tout ce que j'ai pu pour lui permettre de survivre malgré son handicap pour la chasse. Il est libre dans ma petite propriété : il a de l'eau, un repas substantiel (un demi-pigeon par jour), une cabane de tronc d'arbre, du soleil et de l'ombre quand il le désire… et il se rappelle à mon bon souvenir quand j'oublie parfois de lui porter son "repas" ...  Il me tue alors une poule ou un canard et leur mange la tête en premier (plat favori, souvent, des rapaces) ... Nous vieillissons ensemble - j'aimerais "partir" avec lui dans la "fosse commune du temps" - et il a actuellement autour de 30 ans : c'est un âge très respectable pour ce beau rapace de nuit (un traité de fauconnerie très ancien nous parle d'un fauconnier syrien qui détenait un Grand-Duc âgé de 35 ans) .  Inch Allah !

Vous me demandez comment j’ai pris goût à la fauconnerie…

 Je l’ai pratiquée, comme l'autourserie, par le biais de la sécurité des vols dans les aéroports car j'ai travaillé pour l'aviation ; le péril aviaire est réel sur beaucoup d’aérodromes et bien des accidents sont arrivés dans l'aviation civile et militaire à cause des collisions avions/volatiles. Il y a divers moyens pour effaroucher les oiseaux sur les aéroports : la technique qui consiste à utiliser les rapaces dressés pour faire fuir mouettes et goélands par exemple, est un de ces moyens.

Un jour j'ai eu connaissance de l'expérience d'un éminent ornithologue espagnol Félix Rodriguez de la Fuente qui avait réussi à chasser avec des faucons les petits canards d'un aérodrome important en Espagne. Cet éminent personnage est mort en accident d'avion au Canada en faisant un reportage sur les loups. Un peu plus tard, j'ai connu l'expérience réussie d'un grand autoursier hollandais Monsieur Arendonk qui était arrivé à chasser les gros goélands de l’aéroport de Leeuwaarden aux Pays Bas... Il  est "parti" aussi…  J'ai également fait appel à un éminent autoursier et fauconnier français, qui lui aussi réussit à chasser mouettes et goélands de certains aéroports. Cet homme remarquable est devenu mon ami, Monsieur Prévost Bernard.

Un jour, j’ai quitté l'aviation ; je garderai cette passion dans mon cœur tant que la santé me le permettra car la fauconnerie est un sport, une manière de vivre, une éthique.

Cette santé et une certaine disponibilité m'ont aussi permis d'essayer de sauver, avec de nombreux amis, une très ancienne église romane du XII°S, totalement ruinée "Sant Marti de Cortsavi" : plus de 2500 personnes de toutes confessions,  de tous milieux et de toutes nationalités, jeunes pour la plupart, ont à ce jour participé à ce sauvetage de notre patrimoine architectural et culturel catalan. C’est une histoire étrange et particulière qui restera dans le cœur de chacun.

Je terminerai par la passion des abeilles qui me fut transmise par un oncle qui les aimait beaucoup : ce fut de l'apiculture traditionnelle avec des récoltes pour la famille. Je fus initié à ce monde par mon oncle, décédé depuis 20 ans, un monde personnel, curieux, étrange. Je parle de l'apiculture artisanale et familiale avec ses traditions un peu particulières.

Monsieur Jean-Claude, je vous remercie pour tout votre art au service de la nature. Vous pouvez utiliser les explications de ma réponse à votre guise.

Jean-Pierre.

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SAMEDI 11 FEVRIER 2017

Quant à l'église Sant Marti, cette autre passion de Jean-Pierre à propos de laquelle il se montre discret et modeste, voici l'historique de sa rénovation, récemment conté, lu sur Internet.

(Située à 1 km du village de Corsavy, l'église Sant Martí de Cortsaví - Saint Martin de Corsavy - fut consacrée en 993, puis en 1158 suite à une reconstruction. Elle est dans le plus pur style roman du Vallespir. Elle restera église paroissiale de Corsavy jusqu'à la fin du XVIe siècle. Elle est actuellement en cours de restauration grâce aux bénévoles de l'association Salvaguarda de Sant Martí de Cortsaví et de la municipalité de Corsavy.)

"De retour d'une excursion au Canigou, en août 1981, un Breton et un Catalan décidèrent de sauver les magnifiques ruines de l'ancienne église Saint Martin, proche du village de Corsavy, en Vallespir. Appelé "église vieille" depuis son abandon au XVIe siècle, cet édifice fut consacré en 1158 par Artal, évêque d'Elne. En partie détruit lors du tremblement de terre de la Chandeleur 1428, puis pillé vers 1500 et depuis en ruines, ce bâtiment devint une carrière de granit, fut transformé en citerne de récupération des eaux de pluie aux alentours de 1870 puis abandonné en 1917.

En août 1981, une équipe de jeunes, encadrée par nos deux montagnards, commence à défricher autour et dans l'église où une importante végétation a pris place. Une association "Salvaguarda de Sant Martí de Cortsaví" est créée, regroupant une dizaine de personnes motivées par la préservation du patrimoine local.

En 1982, l'association demande à la municipalité d'acheter les ruines et l'acquisition est réalisée l'année suivante. Quelques temps plus tard, un protocole définissant les buts poursuivis et les rapports entre l'association et la municipalité est signé.

Durant les trois premières années, l'église est dégagée de la végétation qui l'étouffe et le site est aménagé. Le monument est débarrassé de la terre et des gravats qui l'envahissent. Les vestiges  du clocher sont mis à jour dès 1982. En 1983 et 1984, des sondages sont exécutés.

En 1985 commencent les premiers travaux de restauration proprement dits : dégagement des restes du clocher du Xe siècle, remontage des murs, construction d'un escalier d'accès en taille de pierre pour commencer à reconstituer les parements intérieurs disparus, grâce aux calepinages fournis par le service départemental de l'architecture des Pyrénées-Orientales.

Des chantiers avaient lieu régulièrement chaque année pour continuer à sauver ce patrimoine. Il y a quelques années encore, de nombreux jeunes se relayaient sur le site, y apprenant la maçonnerie, la construction des murs en pierres sèches, le gâchage du mortier de chaux, la taille du granit et la forge des outils.

Au cours des 30 dernières années ont été restaurés, reconstruits même, le chevet ainsi que la chapelle latérale sud et leurs toits d'ardoises, la porte monumentale, les piliers et l'arc triomphal, l'abside et tous les murs intérieurs de l'église, dont les parements avaient disparus au cours de ces cinq cents ans d'abandon et de pillage. En 2003, le coffrage puis la voûte en pierre en arc brisé sont réalisés. En 2005 sont posées les dents d'engrenage, les corniches extérieures ainsi que le toit d'ardoises brutes (200m²). Puis les deux acrotères est et ouest sont réalisées. Dès 2012, le clocher du Xe XIe siècle commence à être relevé avec les autorisations de la DDE, de l'architecte des bâtiments de France, de la DRAC et des monuments historiques.

L'on peut dire aujourd'hui que les ruines de Sant Martí de Cortsaví sont sauvées. Le site est aménagé, entretenu par la municipalité, et la restauration se poursuit. Cette mission nécessite des équipes plus petites et déjà formées. Cette action bien ancrée dans le pays indique que les travaux se poursuivront pour que restent vivantes l'histoire de ce pays, sa civilisation, sa culture, son architecture médiévale.

Le chantier de Saint Martin de Corsavy est exemplaire dans la mesure où s'est instauré un dialogue permanent entre bénévoles, architecte des bâtiments de France et municipalité, ayant pour but la mise en valeur d'un monument médiéval, littéralement arraché à l'oubli, animé par la population locale et de plus en plus visité dans cette région touristique du Vallespir."

Jean-Pierre Vergès

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MERCREDI 15 FEVRIER 2017

Sur mon précédent blog en 2010, l'histoire "Le Maître et son rapace ou la force du regard" s'arrêtait ici.

Avec, en conclusion, quelques messages choisis, tous aussi chaleureux les uns que les autres, parmi tous ceux qui me parvenaient, dans ma messagerie personnelle ou dans un commentaire, des messages qui parlaient de cet homme hors du commun… 

Si je ne peux que lui donner raison lorsqu'il écrit que, comme chacun, il a aussi des défauts et des faiblesses, du moins puis-je aussi affirmer, sans même le connaître, que ses qualités et richesses sont grandes et qu'il est bon de les mettre en valeur !

En lisant ces quelques lignes, j'ai réellement eu l'impression d'y voir mon grand-père.
C'est vrai, il a la main sur le cœur, et ses innombrables talents font de lui un homme Extraordinaire.
C'est un grand homme, qui aime avant tout le calme de sa région à laquelle il est très attaché.
Je me souviens des montées au Tresvents, au Canigou, de sa joie de vivre qu'il a encore d'ailleurs !
En bref, je voulais vous remercier pour ce portrait en beauté, en détail, d'un homme qui mérite le respect, et qui aime à rendre heureux les gens qui l'entourent :)

Je vous remercie très sincèrement, car il est tout de même rare de reconnaître un homme à sa juste valeur.
Vous avez su rendre mon grand-père tel qu'il est, sans artifice ni mensonge.

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La beauté de vos dessins m'épate...
L'histoire de Jean-Pierre Vergès et de cette modeste église m'émeut beaucoup ; je l'ai entr'aperçue en passant lors de ma visite à Corsavy, je regrette de n'avoir pas pris le temps de m'arrêter !
Les photos "avant-après" montrent l'ampleur du travail accompli, c'est remarquable !
merci de m'avoir fait connaître Jean-Pierre Vergès et une partie de ses talents.

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… mon mari et moi avons pris un repas en bonne compagnie, puisqu’il y avait, parmi les invités, Jean-Pierre.  Il nous a raconté des petites histoires vécues avec une telle passion qu'il nous aurait été impossible de nous ennuyer …

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… il est important pour les jeunes de connaître quelqu’un comme lui …

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... la vie a permis que nos chemins se rencontrent. C'est vraiment quelqu'un d'authentique, de passionné et passionnant.  On ne se lasse jamais de l'écouter tant il a à nous apprendre. ...

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… Jean-Pierre est un grand Monsieur avec un énorme cœur et des rêves plein la tête, rêves qui se réalisent grâce à sa passion qui se transmet rapidement à son contact …

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... Je n' ai pas encore vu Jean-Pierre, mais je connais déjà sa réaction à la lecture de cette histoire. Il a pleuré c' est sûr. … La première phrase qu’il vous écrit le définit bien : "Je suis heureux que vous mettiez mon grand-duc en valeur..."  Cette modestie n'est pas feinte, il est ainsi, les autres d' abord. …

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... Nous vous remercions d'avoir ainsi rendu hommage à Jean-Pierre qui apporte beaucoup à notre communauté par son attachement au riche patrimoine que nous ont légué nos ancêtres. …

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… Je n'ai pas revu Jean-Pierre depuis plus d'un an autrement que par Webcam. Ce fut d'ailleurs un grand moment de bonheur cette “webcam party” : eh dis ! tu me vois ?! oh c'est fabuleux ! et tu m'entends aussi ? attends, j'appelle tout le monde on va chanter ensemble !"…
J’ai connu Jean-Pierre sur le chantier de Sant Marti et il m’a appris à tailler le granit, j’avais 10 ans à l’époque. C'est un cadeau immense que vous lui avez fait là, lui qui est si humble. Il a dû être touché au plus profond de recevoir un pareil présent. ...

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...  Je suis ébahie de découvrir ici notre ami Jean-Pierre dont vous parlez avec justesse et élégance. Le portrait, dans les deux sens du terme, que vous en tirez est copie conforme de la réalité, criant de vérité et je vous remercie de ce que vous avez fait pour lui. ...

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MERCREDI 22 FEVRIER 2017

En février 2010 encore, je recevais deux demandes inattendues et similaires. Bien sûr, sans l'ombre d'une hésitation, j'avais marqué mon accord...

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Une demande par courriel :

De : Benjamin de tresvents.fr [mailto:-----XXX@---XXX.fr]
Envoyé : mercredi 3 février 2010 1:58
À : ----xxx@----xxx.be
Cc : Tres vents
Objet : La Force du Regard Jean-Pierre VERGES et son hibou grand-duc

Bonjour Jean-Claude,

Je me présente : Benjamin, fondateur du site tresvents.fr et ami de la famille Vergès. J'ai découvert avec plaisir votre blog grâce non pas à Jean-Pierre mais à votre lien vers notre site (merci beaucoup ça nous fait toujours plaisir de voir que notre site est utile).

Vivant temporairement au Canada (oui c'est moi les points verts de ce côté du monde sur la carte de votre compteur de visites), je n'ai pas revu Jean-Pierre depuis plus d'un an autrement que par Webcam. Ce fut d'ailleurs un grand moment de bonheur cette “webcam party”:

… eh dit ! tu me vois fils ?! oh c'est fabuleux !
et tu m'entends aussi ? attends, j'appelle tout le monde on va chanter ensemble !"…

J’ai connu Jean-Pierre sur le chantier de Sant Marti et il m’a appris à tailler le granit, j’avais 10 ans à l’époque.

C'est un cadeau immense que vous lui avez fait là, lui qui est si humble. Il a dû être touché au plus profond de recevoir un pareil présent. Je trouve d'ailleurs votre démarche artistique ingénieuse et remarquable, un grand bravo.

Nous serions très intéressés par présenter votre blog avec, si possible, en illustration votre travail sur Jean-Pierre. Notre site Tres Vents (nom emprunté du "Pic des trois vents" qui est le petit frère du mont Canigou) a été créé par une petite équipe dans le but d’aider et promouvoir les démarches culturelles, artistiques et artisanales du Vallespir. La documentation et le savoir de Jean-Pierre nous sont d'ailleurs d'une grande aide.

Nous serions très heureux si vous acceptiez la présentation de votre blog sur notre site.

Au plaisir et bonne continuation.

Benjamin Malassingne

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Cette autre demande émanant d'un conseiller municipal d'Arles-sur-Tech, Monsieur Jean Pla Sabadell, dont voici l'aboutissement :

 

En 2010, ni Jean-Pierre, ni ses amis et connaissances ne m'avaient parlé de cet autre talent de Jean-Pierre, celui d'écrivain. Je ne l'ai découvert que plus tard...

En 2005 en effet, Joan-Pere Vergès publiait aux "Presses Littéraires" le livre "Arrels de Ferro" (Racines d'acier) dont la traduction française était confiée à François Gorrée. Le succès était au rendez-vous, et après quelques temps, l'édition du libre était épuisée.

En juin 2012, le Bulletin municipal d'Arles-sur-Tech écrivait :

L'édition du livre Arrels de Ferro / Racines d'acier de Jean-Pierre Vergès était épuisée depuis quelque temps. Une deuxième édition a été réalisée et ce livre est actuellement disponible à la la vente à l'Office de Tourisme au coût de 17 €. Il s'agit de 33 anecdotes vraies qui se déroulent dans notre région. Les profits de la vente sont dédiés à l'Association Salvaguarda de Sant Marti de Cortsavi qui se consacre principalement à la réédification de la chapelle Sant Marti, entre Arles et Corsavy.

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SAMEDI 25 FEVRIER 2017

 
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Le 17 août 2012, le quotidien régional de l'Aude et des Pyrénées-Orientales L'INDEPENDANT écrivait :
 
Jean-Pierre Vergès est un Vallespirien pure souche.
Il réédite son livre d'histoires et anecdotes de la région. (propos recueillis par Denis Dupont).
Jean-Pierre Vergès a eu plusieurs vies. Après une carrière dans l'aviation, il a pris sa retraite dans son pays natal le Vallespir, et vient de rééditer son ouvrage bilingue Arrels de ferro, Racines d'acier. Il le présente et le dédicace aujourd'hui au Pressoir de la rue Saint-Ferréol à Ceret, autour d'une dégustation des vins du domaine de Caladroy.
Rencontre avec un homme surprenant, qui du haut de ses 75 ans (à peine passés) a toujours des choses à nous apprendre.

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Qu'est ce qui vous a poussé à écrire ce recueil d'histoires locales ?

Je pense qu'il est nécessaire pour les jeunes générations, mais aussi pour les autres de laisser une trace écrite sur ce qu'est notre culture et notre histoire. Même si aujourd'hui les jeunes ne lisent que très peu, un jour ils auront envie de connaître ces histoires et de comprendre un peu mieux, un peu plus le pays. C'est pourquoi j'ai écrit ces 33 récits.

Des histoires vraies ?

Bien sûr, j'en ai vécu beaucoup. J'ai eu aussi la grande chance de vivre longtemps avec deux femmes que j'ai beaucoup aimées, ma mère et ma grand-mère. Elles ont vécu jusqu'à 92 et 96 ans, elles m'ont raconté de très nombreuses anecdotes et histoires d'ici, je les ai toujours en mémoire. Il fallait les écrire avant que cela ne disparaisse. Quatre histoires se déroulent d'ailleurs ici à Céret, autour de Saint-Ferréol.

Le livre est bilingue français catalan, comment avez-vous écrit les textes ?

Cela dépend, certains ont été rédigés en français, d'autres en catalan. Après, avec un ami, François Gorrée nous les avons un peu retravaillés. Le texte en français était parfois un peu lourd par rapport au catalan, il fallait trouver des expressions propres sans trahir l'idée et en conservant la saveur de la langue. Les textes dans les deux langues sont présentés en vis-à-vis, cela peut aussi être un bon outil pour se perfectionner ou apprécier l'une ou l'autre langue.

Le livre est paru dans un premier temps il y a quelques années, pourquoi le présenter aujourd'hui ?

À la demande de plusieurs amis il a été réédité. Il était devenu introuvable, aujourd'hui il est de nouveau présent. Cela devrait faire plaisir à de nombreux lecteurs. Bernard le patron du Pressoir m'a proposé de le présenter. Et comme les recettes sont destinées à l'association pour la sauvegarde de l'église de Sant-Marti de Corsavy, et que lui comme moi nous sommes amoureux des vieilles pierres et de l'art roman, je n'ai pas pu refuser.

Pourquoi Racines d'acier ?

Un grand nombre d'histoires vécues se déroulent dans le pays minier du Haut Vallespir, cette idée de mêler les racines et le travail du fer m'a intéressé et parle aussi aux gens d'ici.

Une suite est-elle imaginable ?

Là aussi on me le demande. J'y pense, j'ai déjà une quinzaine de nouveaux textes écrits. Dans trois ou quatre ans, si Dieu le veut, cela sera d'actualité.

 
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L'an dernier, le 19 juillet 2016, ce même quotidien parlait à nouveau de Jean-Pierre...

Arles-sur-Tech. Les nouvelles histoires de Jean-Pierre Vergès.

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Après une carrière militaire durant laquelle, contrôleur d’opérations aériennes, il travaillait dans les stations radar de l’armée française, Jean-Pierre Vergès, apiculteur à ses heures, marcheur et dresseur de faucons, tient aussi à son rôle sacré de croquemort bénévole. "La mort fait partie de la vie", rappelle-t-il.  Tailleur de pierre, instigateur passionné de la restauration de l’Eglise Sant Marti de Corsavy et défenseur du patrimoine catalan, il est également  un  fin connaisseur de ce petit coin de Vallespir qu’il aime tant, entre Arles et Corsavy. 

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Défendre la mémoire des humbles.

Des histoires, l’ami Jean Pierre en a plein sa mémoire et en 2005, il a publié 33 d’entre elles, dans un ouvrage bilingue français-catalan, "Arrels de ferro : Racines d’acier" dont le succès l’a amené à commander plusieurs rééditions.

"A la demande de nombreux amis, j’ai décidé de publier 33 nouvelles histoires", annonce le conteur, j’ai confié l’édition à l’imprimerie Copylux. J’y raconte les accidents d’avion qui ont endeuillé le Canigó, le drame vécu dans la montagne par Louis Mata. J’y défends la mémoire de personnes qui ont vécu la Retirada, celle des humbles, des paysans, des artisans, et  même celle des simples d’esprit, avant qu’ils ne tombent dans la fosse commune du temps… "

Et notre écrivain de conclure dans un sourire : "J’ai une chance, j’aime les gens."

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Jean-Pierre Vergès présentera et dédicacera son livre "Arrels de ferro, noves histories : Racines de fer, nouvelles histoires" le mardi 26 juillet à 18h à la salle de la Crypte.

 
 
Auteur : Vergès Joan-Pere (Vergès Jean-Pierre)
Titre : Arrels de ferro : noves històries (Racines d'acier : nouvelles histoires)
Relecture et version française : François Gorrée
 
 
Édition : Arles-sur-Tech : Ed. Copylux, 2016
 
Description :280 p. : ill., couv. ill. en coul. ; 23 cm

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MARDI 28 FEVRIER 2017

Vous l'imaginez, même si je n'y ai fait allusion jusqu'à présent, ni dans cet article, ni par ailleurs à l'époque sur mon précédent blog : comme dans toutes les belles histoires, la fin est plus belle encore...

Vous l'imaginez, tout au long de cette merveilleuse histoire, lors de ces échanges de messages de début 2010 relatés ci-dessus, mon envie de rencontrer un jour Jean-Pierre est immense. Qu'importent le voyage et les 1200 km à parcourir entre Theux et Arles-sur-Tech : cette envie est trop grande... Notre décision est prise, ma femme et moi prendrons un jour la route à la rencontre de Jean-Pierre, de son fidèle ami Arthuro, de ses autres non moins fidèles amies Josiane ou Ingrid, et tant d'autres dont j'aimerais aussi faire connaissance...

Permettez-moi pourtant, par discrétion afin de respecter le souhait de Jean-Pierre, de ne pas raconter tous les  détails de cette émouvante fin d'histoire : sachez cependant que ces deux journées des 4 et 5 juin 2011 passées là-bas furent passionnantes et émouvantes, au-delà de toute attente et de toute espérance ; et que, finalement, elles seraient bien impossibles à raconter...

Impossibles à raconter ? Quoique...

Si vous le souhaitez, je peux toutefois vous en montrer, déjà, cinq images choisies...

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Je peux surtout vous la montrer sous forme d'un diaporama que j'avais patiemment créé à cette époque, en souvenir de ces deux magnifiques journées, une présentation PowerPoint (PPS) avec défilement automatique de 35 images agrémentées de textes incrustés et animés.

Malheureusement, l'administration Hautetfort ne permet pas d'intégrer un diaporama dans un article.

Si vous le souhaitez, je peux toutefois vous l'envoyer personnellement. Il vous suffit d'en faire la demande via le formulaire de contact, par un simple clic sur   Me contacter   (ou en haut de la colonne de droite de cette page.). Je recevrais ainsi votre adresse email et pourrais vous faire parvenir le diaporama dès que possible...

 

   Cet article est terminé. J'espère qu'il vous aura apporté joie et plaisir, beauté et détente.  

   La date de la prochaine publication est incertaine.  

   Elle sera annoncée plusieurs jours à l'avance : venez voir de temps à autre ... 

03 novembre 2016

Le cerf, roi de la forêt : un dessin d'un "16 cors irrégulier"

Ultime mise à jour en bas d'article effectuée ce JEUDI 3 NOVEMBRE.

La prochaine publication n'est pas envisagée

avant la fin du mois de novembre.

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DIMANCHE 2 OCTOBRE

En fin de période de brame du cerf dans mes forêts ardennaises, je suis heureux de vous retrouver pour vous présenter sur ce blog Hautetfort un dessin créé en 2009, déjà publié en ce temps sur mon précédent blog Overblog, aujourd'hui abandonné.

À cette époque, il y a sept ans, ce projet de dessin de cerf mijotait depuis le début de l'été mais la tâche paraissait ardue : serais-je capable de dessiner cet animal noble, majestueux, le Roi des forêts, le plus caractéristique des cervidés, traqué par les hommes depuis la nuit des temps, souvent considéré comme nuisible à cause des petites pousses, des jeunes arbres et des écorces dont il se régale, mais heureusement, grâce à certaines associations de défense de la faune, protégé par des réglementations strictes ? Assurément, il méritait de figurer un jour dans ma galerie de dessins...

Par ailleurs, mon vieil ami Joseph, aujourd'hui décédé, rêvait que je lui en dessine un. Je t'en commande un, m'avait-il dit un jour. Attention, il doit être magnifique... avait-il précisé.  Depuis qu'il avait vu mes dessins, l’idée de posséder et de pouvoir regarder tous les jours un portrait de cerf tracé de mes doigts trottait en effet dans sa tête... Serais-je capable d'exaucer son vœu ?

Ce double défi me stimulait. Le cerf représente l'une des rares espèces sauvages de cette taille que l'on peut encore contempler en pleine nature dans nos forêts d'Europe, si l’on sait s’y prendre. Sa majesté tient à la grandeur et à la beauté de ses bois. Réussirai-je à faire naître ce superbe animal sur ma feuille vierge, et ainsi rendre un ami heureux ?

Le projet me taraudait. J'étais pourtant obligé de le garder en veilleuse, ou plutôt de mettre l’ordinateur en veille, bredouille, chaque soir. Je recherchais en vain sur Internet une photographie de cerf répondant à quatre critères bien précis que Joseph et moi avions déterminés : une ramure bien développée ; il ne pouvait pas bramer ; il devait vous regarder bien en face, dans le blanc des yeux ; enfin et essentiel pour moi, la photo devait être très précise. Pas aisé à trouver : les quelques beaux clichés dénichés ça et là ne correspondaient pas pleinement aux trois premiers souhaits, ou n’étaient pas de qualité suffisante pour m’offrir les détails recherchés pour une précision extrême. Encore m'aurait-il fallu contacter au préalable les photographes pour obtenir leur autorisation... J’attendais donc : je trouverais bien, un jour...

Par hasard, lors d'une exposition de mes dessins en juin 2009, je rencontre un monsieur aussi discret que sympathique qui, lorsque je lui explique rechercher un modèle de cerf, pour honorer une demande, me dit Vous en voulez un ? et sort son portefeuille. Aurait-il une petite photo de cerf sur lui, me dis-je ?  Non, cela ne me conviendra pas, pensai-je très vite, la photo sera trop petite, les détails manqueront !  Et il me propose sa carte de visite.


Il pourrait m’envoyer en haute résolution un des cerfs dont son site regorge.  Vous verrez, vous aurez l'embarras du choix. me dit-il. A moi de sélectionner la prise de vue idéale et de le contacter.  Sitôt rentré à la maison, je m'assieds devant l'écran de l'ordinateur et découvre son blog d'alors "Ardennes sauvages" : il n'a rien exagéré.
 
       

Permettez, cher lecteur, de ne pas vous montrer d'emblée "la" photo qui a obtenu ma préférence. Sachez simplement qu'il s'agit d'un 16 cors irrégulier (les connaisseurs apprécieront !). Voici les premiers traits de mon dessin...

Le premier chandelier, appelé également l'empaumure, avec ses épois.

Le chandelier ou l'empaumure, c'est le nom que l'on donne aux extrémités du bois dont la disposition rappelle la forme d'un chandelier ou d'une main humaine ; les épois, ainsi s'appellent les cors qui terminent le bois.

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MERCREDI 5 OCTOBRE

Aujourd'hui, la suite de la présentation de mon dessin vous permettra de découvrir la chevillure, c'est-à-dire la troisième ramification du bois du cerf à partir de la tête, qui s'est développée sur le merrain, la tige du centre de la ramure. Les premiers traits du surandouiller, inachevé, apparaissent.

 

 

           
Dessiner l'oreille demande temps et précision... Méticuleusement, je tente de rendre compte de la finesse des poils.

Le surandouiller est achevé, comme l'andouiller de massacre (le cor au-dessus de l'oreille).

Si vous le voulez, vous apprécierez les détails sur la photo suivante, agrandie.



 

La large ramure de ce cerf m'oblige à dessiner... majestueusement !
Les dimensions prévues pour ce dessin ?  40 X 50 cm !

 © Jean-Claude Dechamps
Non, ce n'est pas ce cerf que je dessine...

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SAMEDI 8 OCTOBRE
Bonjour...
Au programme ce matin, avant de nouveaux traits de mon dessin,
quelques précisions fort utiles à propos de la ramure du cerf !

 

N'étant en aucune manière spécialiste en la matière, j'ai cherché à approfondir mes connaissances par Internet et surtout grâce à de fréquents et instructifs échanges d'emails avec Jean-Claude Dechamps, et je voudrais vous faire part de mes découvertes. 

 

J'ai précédemment écrit que "le cerf représente l'une des rares espèces sauvages de cette taille que l'on peut encore contempler en pleine nature...". Effectivement, il est le plus grand des animaux vivant dans nos forêts. Les données recueillies divergent quelque peu d’un site internet à l’autre, en fonction de la région concernée : en France par exemple, les cerfs de l’est ou du nord-est sont plus imposants que leurs congénères de l’ouest. L'on peut toutefois considérer que la hauteur au garrot dépasse parfois un mètre trente, la longueur du corps approche deux mètres et le poids des plus vieux spécimens peut atteindre deux cents kilos. Seul, le sanglier de nos Ardennes (et autres régions forestières) peut se targuer de le concurrencer, au niveau du poids, avec ses quelque 150 kilos.

 

Vous aurez probablement remarqué, à la lecture des premières étapes de cet article, que chaque pointe, chaque extrémité, chaque cor de la ramure de ce somptueux animal sauvage porte un nom bien spécifique. 

 

Une telle différenciation de termes trouve son origine dans le besoin des veneurs qui, lors de leurs chasses à courre, avaient coutume de donner des noms à chacun de ces cors de façon à pouvoir décrire au mieux l'animal qui était aperçu, chassé et abattu.
         
             
J'ai été surpris d'apprendre que la croissance de la ramure du cerf n'est pas aussi rectiligne que je ne l'imaginais (avec une chute des bois chaque année suivie d'une repousse annuelle d'un andouiller supplémentaire).

 

A l'âge d'un an et demi, un jeune mâle forme ses premiers bois, deux tiges droites, lisses et non ramifiées, appelées dagues (ce qui explique pourquoi l'animal est nommé daguet). Il les perdra. Ensuite - mais pas année après année - la dague sera remplacée par une tige plus forte, le merrain, qui portera l'andouiller de massacre, parfois désigné par andouiller d'oeil ou maître andouiller.  Apparaîtront plus tard, à la repousse, un surandouiller qui se placera au-dessus de l'ancien, puis par la suite, la chevillure, ainsi dénommée parce qu'elle sert de point d'articulation et d'appui aux cerfs lors des combats. Un andouiller supplémentaire ne poussera que rarement : la trochure qui donne alors aux bois une conformation assez reconnaissable.

 

J'ai écrit "à la repousse" car, contrairement à l'idée répandue, il ne s'ajoute pas un andouiller supplémentaire chaque année aux anciens bois : ils tombent à chaque printemps vers mars - à ce moment, on dit que le cerf est mulet - et repoussent bientôt, généralement plus gros et plus lourds, enveloppés dans une peau nourricière d'aspect doux, les fameux "velours".

 

En outre, l'observation des bois du cerf ne permet pas de déterminer avec certitude son âge puisque l'évolution des bois peut varier d'un animal à l'autre, pour devenir sans règle à partir d'une dizaine d'années, les aptitudes à la reproduction diminuant. On considère généralement que la ramure est à son apogée vers l'âge de 8 à 10 ans, et qu'elle régresse au-delà de 12 à 15 ans.

 

Les veneurs (encore eux) nommaient également les cerfs en fonction du nombre de leurs andouillers. Ils s'appelaient ainsi 2e tête, 3e tête, 4e tête,  puis 10 cors, 10 cors royal (pour les cerfs à empaumure), vieux cerf et enfin … grand vieux cerf.



 
Je ferme ici cette page didactique, en espérant qu'elle rencontrera l'approbation de mes lecteurs les plus avertis ou qu'un commentaire judicieux viendra compléter mes propos.
 
Passons sans plus tarder à mon dessin, la raison d'être, évidemment, de cet article. Je vous propose aujourd'hui le pivot, c'est-à-dire le socle sur lequel les bois poussent, ainsi qu'un oeil et presqu'une demi-tête. 
 
Voici plusieurs clichés de mon dessin : quelques détails et une vue d'ensemble pour terminer ! 
 
           
     
     
     
     
     
     


 
Votre oeil attentif aura peut-être remarqué que j'ai aussi entamé la robe (au niveau de la nuque) : beaucoup de travail en perspective, quelques cheveux blancs sans aucun doute, mais qu'importe ! 
 

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MARDI 11 OCTOBRE
Au programme aujourd'hui : la photo que m'a offerte le photographe J.-Cl. Dechamps et la tête entièrement dessinée complétée par quelques traits supplémentaires de la crinière, appelée aussi fanon.

  © Jean-Claude Dechamps

Il est rare de rencontrer pareil spécimen de cerf, un 16 cors irrégulier.

Comment ce nom est-il déterminé ? 

Observons-le attentivement, si vous voulez bien... 

Son merrain droit (à gauche, sur votre écran) porte sept andouillers : en commençant par le bas, nous voyons l’andouiller d’œil ou de massacre, le surandouiller et la chevillure surmontée par une empaumure (ou chandelier) de quatre épois (voyez également ces noms sur le schéma ci-dessous), l'un d'eux (et donc le septième andouiller), étant caché par le tronc de l’arbre !  (Ce qui, comme vous pouvez l'imaginer, me crée quelques soucis pour la suite du dessin.)

Son merrain gauche (à droite, pour nous…), achevé sur mon dessin, compte huit andouillers, puisque le chandelier compte un époi supplémentaire, et donc cinq épois.  

 

 

« 8 + 7 = 15 » me direz-vous ?  Pourquoi donc l'appelle-t-on "16 irrégulier" ?

Ce nom est déterminé en fonction du merrain qui porte le plus d’andouillers : huit, pour les cors de  notre cerf.  On multiplie alors ce nombre par deux, donc seize cors dans ce cas de figure ; irrégulier, vous avez compris pourquoi...

Ce cerf a été photographié en début du brame : un œil averti remarquera qu’il est encore bien gras (la crinière bien fournie cache à peine un sérieux embonpoint), aucun andouiller ne manque ou est brisé, et il ne montre pas de blessure apparente. 

Il est encore bien gras, disais-je : pendant la période du brame en effet (période de reproduction allant du 15 septembre au 15 octobre dans nos forêts d'Ardennes belges), à cause de son extrême vigilance pour éloigner ses rivaux et garder ses femelles,  et de son état d'excitation permanent, il ne se nourrit que très peu (si peu qu’on peut dire qu’il vit d’amour et d'eau fraîche !) et il perd une bonne partie de ses réserves qu’il devra ensuite reconstituer au cours de l’hiver.

Voici deux autres photos de ce même cerf, les trois clichés ayant été pris à quelques secondes d’intervalle. Si on regarde d’un œil rapide ces photos, m'explique Jean-Claude D., on pourrait penser que ce sont des individus différents, mais non, c’est bien le même. Il suivait la trace des biches au début du brame et avançait la tête baissée, le nez au sol dans les fougères, droit sur moi. Je l’ai un peu approché mais à cette courte distance, il a entendu le premier déclic, a levé la tête (deuxième photo) a encore fait quelques mètres puis m’a aperçu. A ce moment j'ai fait la 3e et dernière photo sans plus pouvoir me déplacer. J'étais ravi, un 16 c'est loin d'être courant !"

 

 

© Jean-Claude Dechamps

 

 

© Jean-Claude Dechamps

 

"Pour la petite histoire", puisque ces photos sont prises en sous-bois, et qu'il s'agit d'animaux totalement libres et sauvages, et donc très farouches, je suis obligé d'adapter la sensibilité en fonction des conditions de prises de vues. Et comme c'est souvent en forêt avec très peu de lumière, une sensibilité de 800 ASA, voire plus, est indispensable. La qualité des détails en souffre malheureusement. J'espère que la précision que vous recherchez sera suffisamment présente."

Oui, Jean-Claude, la qualité est largement suffisante. Comme il s'agit d'une photo de 7,87 mégas, en l'agrandissant (200%) à l'écran, les pixels et détails restent en quantité. Place à mon dessin maintenant, en guise de preuve.

 

       

           
         
           
           
           




 

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VENDREDI 14 OCTOBRE 

 

En début d'article, le dimanche 2 octobre, j’avais écrit, sans développer davantage mon idée, que le cerf est considéré comme nuisible, à cause des petites pousses, des jeunes arbres et des écorces dont il se régale : quelques précisions s'imposent.

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© Jean-Claude Dechamps

 

Il ne faut pas se leurrer : dans une forêt tournée vers une productivité intensive, le cerf, au même titre que le chevreuil ou le sanglier, est accusé de multiples dégâts et trop souvent jugé indésirable. Les dégradations qu'il occasionne aux arbres sont de trois types : l’abroutissement, l’écorçage et les frottis.

 

L’abroutissement, c’est la consommation par le cerf (ou le chevreuil) des jeunes pousses et des bourgeons. Ce dommage n'est heureusement pas irrémédiable : une pousse plus vigoureuse finira toujours par se développer...

 

Quant à l’écorçage pratiqué par le cerf, heureusement moins fréquent, il consiste comme son nom l’indique à arracher des morceaux d'écorce du tronc. Les écorçages d'hiver sont minimes. Ceux de printemps ou d'été sont souvent spectaculaires ; la sève étant remontée, des lambeaux entiers du tronc peuvent être arrachés. Les essences les plus touchées sont le frêne, le hêtre, le pin, l'épicéa et le douglas.

 

Enfin, les frottis apparaissent par frottement lorsque les cerfs vont "frayer" leurs bois sur les arbres afin de les dépouiller de leur velours : c’est d’ailleurs le tanin de l'écorce qui donnera la couleur aux bois. Ils surviennent le plus souvent en juillet quand les cerfs auront "tout allongé" c’est-à-dire lorsque leur ramure se sera complètement développée. On les observe également en mars lors de la chute des bois et lors de la période de rut en septembre.  Les essences les plus recherchées sont les résineux, pour leur pouvoir odorant, et les feuillus à bois plus tendre.  Les dégâts restent assez limités.

 

Mon cerf a eu tout le temps de frayer, puisque la photo a été prise en début de brame, et qu'il s'est débarrassé depuis longtemps de ses velours. Je puis vous en montrer la suite, la partie inférieure du second merrain et les andouillers qui le composent : l'andouiller d'oeil ou de massacre, le surandouiller et la chevillure.

 

J'ai beaucoup travaillé sur la seconde oreille et me suis concentré sur les longs poils drus de la crinière.  Ce fanon m'a donné beaucoup de... fil à retordre ! Comme la photo a été prise un mois de septembre, il est extrêmement fourni et d'une rare élégance...

 

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LUNDI 17 OCTOBRE 

Aujourd'hui, je vous montrerai le septième andouiller, ce cor manquant de l'empaumure caché sur la photo par le tronc d'arbre. Si dessiner sa forme était plutôt simple, en ce qui concerne les ombres, c'était moins aisé.

Enfin, vous découvrirez la suite de ce fanon bien fourni dans lequel, s'ils le pouvaient, nombre de chasseurs ou photographes glisseraient volontiers les doigts... 

 

Mais auparavant, voici encore quelques précisions fournies par Jean-Claude Dechamps en 2009 quant aux mœurs du cerf en période de brame, précieuses explications qui m'ont donné l’envie d’en connaître plus encore sur ses mœurs tout au long du reste de l’année, alors qu’il semble avoir disparu ou, du moins, se montre très discret.

Plusieurs fois par jour, il se roule dans la souille, une zone humide, une sorte de flaque dans laquelle il se couvre de boue, autant pour imprégner cet endroit de son odeur que pour se rafraîchir, car cette époque est un moment de grande activité pour lui : Il lui faut sans cesse rassembler ses biches et les tenir à l'œil jour et nuit, manifester en permanence sa présence et éloigner les rivaux voire même se lancer dans des violents combats...

 

Presque plus le temps de manger, juste dormir un peu et se souiller !

 

Entamons le cycle annuel en novembre/décembre, lorsque les plus âgés s’attroupent et se réfugient dans les grands forts, leurs repaires, leurs retraites au plus profond des bois. On trouve pourtant quelquefois, exceptionnellement, de vieux cerfs avec les jeunes, même avec des biches. Ils font leurs viandis – terme de vénerie signifiant aller en pâture – aux bruyères, dont ils mangent la pointe et la fleur (la substance de cette plante leur rend les forces perdues au rut). Ils sont aussi particulièrement friands de glands, châtaignes, faînes et autres marrons.

 

Les cerfs plus jeunes accompagnent les biches et se mettent en harde avec elles ; ils se retirent également dans les forts de fonds de forêt pour s'échauffer de leur haleine et pour y être à l'abri du froid, des neiges et des verglas. Ils font leur viandis, pendant ce mois, à toute espèce de bois mort, tout autant qu'au genêt, au saule, au peuplier, au châtaignier, aux ronces, aux framboisiers, à la bourdaine, etc. Ils sont entre autres fort friands du lierre de terre qui couvre certains sols, et de celui qui s'attache aux arbres contre lesquels ils s'élèvent pour l'atteindre, ce qui permet aux plus fins observateurs de se forger une petite connaissance de la taille et du corsage (du poitrail) du cerf qui s'en est repu. 

 

Au mois de janvier, les cerfs abandonnent les biches pour s'accompagner d'autres cerfs et recherchent les endroits à l’abri des grands coteaux car le froid y est parfois trop violent. Si la neige recouvre trop longtemps le sol, ils se nourrissent alors d'écorce qu'ils déchirent sur le fût des arbres, résineux de préférence, en longues lanières qu'ils saisissent avec leurs incisives

 

En février et mars, lorsque les grands froids sont souvent passés, les cerfs se séparent et se rapprochent des lisières des forêts, se choisissent des buissons commodes tant pour aller aux gagnages, ces prés verts où ils vont chercher leur nourriture dès la tombée de la nuit, que pour mettre bas, c’est-à-dire perdre leurs bois et refaire leur tête.

 

En avril et mai, puis l’époque des premières moissons passée, ils quittent difficilement la forêt et ses buissons (pourtant, les pommiers les attirent, ainsi que - autant profiter de l'aubaine - certains champs de carottes ou de betteraves).  Ils ne les abandonnent plus, ordinairement, qu'à l'entrée du rut, à moins qu'ils n'y soient inquiétés par l’homme.

 

Aux mois de juin, de juillet et août, les cerfs sont dans leur grande venaison : ils grossissent et accumulent de la graisse. Ce sont les graminées et céréales de toutes sortes, vertes ou en épis, qui ont leur prédilection, en raison de leur tendreté, ainsi que les feuilles de saule, de frêne, de hêtre ou de bourdaine. On les rencontre aux endroits où il y a de l'eau, parce que la grande chaleur de cette saison, jointe à la soif que leur ont causée les pâtures sèches, les obligent à aller y boire, et même à s'y vautrer dans la souille dont je vous parlais. Vers la mi-septembre généralement, ils quittent leurs buissons pour aller au rut…  Mais cela, c’est une autre histoire, que j'aurais voulu vivre et vous conter en fin connaisseur !

 

Vers la mi-septembre, ai-je écrit ?  Lors de la prise du cliché, nous y sommes depuis une dizaine de jours déjà.  Notre cerf se montre depuis peu : regardons-le. Sa crinière que voici, bien épaisse, cache difficilement un embonpoint certain qui disparaîtra bientôt. 

 

 

 

Prenons un peu de recul.  Souvenez-vous : les bois du cerf m'obligent à voir grand. Mon dessin mesure en réalité 40 X 50 cm : les cors occupent, dès lors, toute la largeur de la page.  La tête, d'une oreille à l'autre, sur papier : 18 cm.  La voici, cette tête, avec les épois au complet et le fanon achevé...

 

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JEUDI 20 OCTOBRE 
LE BRAME DU CERF  

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Permettez-moi d’interrompre aujourd'hui les étapes évolutives de la présentation de mon dessin de cerf car... le temps presse ! Il n'est déjà presque plus possible d'écouter le brame du cerf, que l'on entendait dès la mi-septembre en forêt ! Déjà, l’activité des mâles décroît et les biches se regroupent en noyaux familiaux tandis que les cerfs se retirent en petits groupes dans d’autres quartiers des massifs forestiers.
 
Depuis la mi-septembre, les cerfs quittaient leurs buissons pour aller au rut. Cette période de rut et de brame est donc achevée et en cette seconde partie d'octobre, je brûle d’impatience de vous la conter sans tarder. En 2009, n’étant guère compétent en la matière, j’avais consulté Internet et découvert un texte extrêmement intéressant, intitulé essai sur le brame des cerfs, écrit par le peintre ardennais Jacques V. Lemaire.

J'avais alors contacté l'auteur : il m’avait aimablement autorisé à puiser dans son essai tout élément susceptible de m’intéresser aux fins de rédiger un article sur ce thème. Je l’en remercie encore bien sincèrement et je me permets ici, modestement, de dégager de sa réflexion quelques éléments qui me semblent essentiels, dont vous pourrez prendre connaissance en cliquant sur le lien ci-dessous qui vous dirigera vers une page de ce blog.

essai sur le brame des cerfs

Je vous invite aussi, si vous le souhaitez, à consulter l’essai dans son entièreté, ainsi que le site artistique de l'artiste, les liens étant disponibles en fin de cette même page.

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DIMANCHE 23 OCTOBRE 

À l'époque de la réalisation de ce dessin, à ce stade d'avancement - en apparence achevé -, quelque chose me gênait beaucoup. J'avais longtemps cherché : comment résoudre un problème qui me perturbait au plus haut point ?

 

Le fond blanc, trop blanc, à côté de la crinière, me causait problème. Que faire ?
 
Devrais-je peut-être laisser apparaître les quelques fougères de l'avant-plan de la photo de Jean-Claude Dechamps ?
 
 
              



 

 

 

Non, j'avais finalement écarté ce projet : ces fougères, trop petites, ne combleraient pas suffisamment le vide qui me dérangeait. Dessiner quelques branches ? Envisageable... mais pas question d'en montrer à la hauteur des cors qui y perdraient en visibilité. Derrière eux, le fond doit rester immaculé.

Ma solution ? Faire rapidement pousser des herbes... De grandes, bien larges...

Dites-moi, comment appelle-t-on encore ces herbes auxquelles je pense... Comme sur cette photo ?


Ah oui, des joncs...

Non, ceux-là sont trop épais, trop larges. 

 

 



Ceux-ci peut-être... 


Oui oui... Ils me conviennent parfaitement.


C'est d
écidé : je vais en dessiner à la gauche de mon dessin.

               

Voici le résultat : gros plan sur les premières tiges et feuilles de joncs, puis dans la foulée, regardons l'effet qu'elles produisent à côté du cerf.

 

               
     
     

Belle opération non ? Sur ma lancée, j'avais aussi dessiné quelques feuilles devant la crinière du cerf : je l'avais prévu, il le fallait, mais l'opération s'avérait délicate et risquée. Il me fallait, exceptionnellement, gommer.

 

D'un geste souple et décidé (j'ai lu cette expression sur un écran de paiement de station-service !  "Retirez votre carte d'un geste souple et décidé")..., j'avais fait glisser ma gomme,  méticuleusement biseautée au cutter, sur la crinière du cerf (en la relevant d'un geste... tout aussi souple et décidé) : quitte ou double. Gagné : ça gommait bien. Pas trop large au début, affiné en fin de tige...Parfait.  Hop, hop, hop, en quelques  instants, les vides escomptés apparaissaient.  Y'avait plus qu'à border et griser ces blancs et le tour était joué...
 
Voulez-vous voir le dessin entier maintenant ? 
Non, Veuillez m'excuser... un peu de patience... revenez jeudi, voulez-vous bien ?

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JEUDI 27 OCTOBRE  

 
Ce dessin achevé promis pour ce jeudi , le voici ci-après...

... les joncs, destinés à combler discrètement cet espace vide éblouissant à côté de la crinière...


... les joncs, dessinés devant la crinière et les poils du cerf...


 
 
C'était une commande, vous le savez... De son fauteuil en maison de repos, souvent, pendant la journée, son propriétaire, aujourd'hui décédé, a inévitablement croisé, c'était son rêve, le regard de ce superbe cervidé.

Il était devenu SON cerf, il le comblait : je l'avais dessiné encore plus beau qu'il ne l'espérait, m'avait-il dit, et répété... :
 

 
Chers lecteurs, merci pour vos visites, votre fidélité.

Merci au photographe pour sa photo, pour sa précieuse collaboration !
Si mon dessin est réussi, c'est parce que sa photo était superbe.


Si le dessin est achevé, je n'ai pourtant pas l'intention de mettre un terme à cet article aujourd'hui. Revenez encore, car je voudrais vous raconter qu'en automne 2009, je suis allé, bien accompagné, écouter le brame en forêt ! Je vous en parlerai... dans la prochaine mise à jour prévue ce dimanche 30 octobre en cours de journée...
 
2146707527.png DIMANCHE 30 OCTOBRE
 
Le cerf brame, la forêt rêve.
 


Le cerf évoque la virilité.
Son brame, ce cri rauque qui symbolise l'extase, n’y est pas étranger !
 
 
Jeudi, je vous quittais avec ces mots : "Je suis allé, bien accompagné, écouter le brame en forêt !".

Pensez : vivre un mois en charmante symbiose avec mon cerf et découvrir tant de passionnantes choses à son propos donnent envie de partir à l’écoute de son brame. 

Et à l'époque de la création de ce dessin, je l'ai écouté, merveilleusement bien accompagné par un "guide" d'exception qui a accédé à ma demande avec une grande gentillesse, et accepté que je vous parle de cette escapade nocturne, malgré quelques légitimes réticences : surtout, ne pas dévoiler le lieu et bien mentionner le caractère exceptionnel de ce rôle de "guide"...

Ainsi, nous partons sur les chemins, quelque part dans les Hautes Fagnes, pour une visite crépusculaire vers le lieu de brame que mon guide a choisi de m'offrir et que je tairai donc, parce que, activité à la mode, l’écoute du brame du cerf, lorsqu’elle n’est pas menée en respectant quelques règles simples, peut effrayer inutilement l’animal et sa harde et le perturber fortement, à cette époque de rut. Dès lors, en reprenant ses paroles : "les gardes-forestiers, photographes naturalistes et autres spécialistes en la matière sont très réticents à la vue de tous ces gens, de plus en plus nombreux, non accompagnés, qui partent en forêt à ce moment de l’année, n’importe où, n’importe comment, et y font n’importe quoi sauf respecter la nature et ceux qui la peuplent, leurs véritables propriétaires. Si des personnes de tel gabarit prennent connaissance d'un lieu de brame, il est immédiatement... infesté !"

Mais tout cela ne correspond pas à Jean-Claude Dechamps : il préfère se fondre dans la nature qui l'acceptera, surtout s'il y va seul.  Je le lui promets : je m'engage à respecter le cerf et faire honneur à cette confiance qu'il m'accorde, généreusement en appliquant à la lettre les consignes reçues.

- Mes vêtements sont sombres et silencieux, pour éviter tout bruissement intempestif. Pas de K-WAY mais du tissu...

- Je porte bonnet noir et gants sombres : mes cheveux blancs, mes mains et mon visage pâle doivent autant que possible devenir invisibles...

- Mon GSM est coupé. Bien évidemment, pensez-vous ? Sachez qu'il paraît que cela arrive d'entendre quelqu’un qui, peut-être juché peut-être au sommet d'un arbre, s'écrie, portable en main "Eh, trop cool, attends, écoute le cerf qui brame!".

- Je ne me suis pas aspergé de parfum ou de lotion après-rasage : les cerfs ont un odorat particulièrement développé et me repéreraient à distance...

- Je ne fume jamais...

- Je n'ai aucune source lumineuse sur moi. Lui tient pourtant une lampe de poche, dans la rarissime éventualité où nous nous trouverions, inopinément, en tête à tête avec un cerf décontenancé : alors, le rayon lumineux suffirait à nous protéger et faire fuir notre pauvre animal (mais il n'en a jamais eu besoin).

- Il m’a prêté une bonne paire de jumelles de vision nocturne...

Les conditions climatiques sont idéales : un ciel dégagé, une lune gibbeuse ascendante, un imperceptible souffle de vent que j’apprends à percevoir et que les cerfs n'aiment guère car leurs larges oreilles y sont trop sensibles, un temps doux et un sol sec. Il ne devrait pas y avoir de problème, nous devrions entendre les cerfs bramer m’annonce Jean-Claude : même s'il arrive parfois, alors que toutes les conditions paraissent réunies, que ce soit le silence total. Et lui de stresser à l’idée de rentrer bredouille : et moi pareil !

Et c’est bien ainsi que cela commence : rien ! Jamais je n’ai marché aussi silencieusement : dans la pénombre de la nuit, je m’applique à coller à la forme sombre de mon compagnon que je suis, petits pas après petits pas.  Contrôle total du corps pour qu’il se glisse dans le silence, jusqu’à retenir son souffle...

Rien. 20 minutes passent très vite : il me chuchote quelques explications sur notre environnement. Nous observons le coupe-feu dans toute sa longueur avec nos jumelles : oui, même la nuit, on y voit clair, croyez-moi. Puis, enfin, ils se font entendre : loin, trop loin, à plus d’un kilomètre probablement, mais je les entends, pour la première fois. Étonnant !  Surprenant ! Merveilleux...

Déjà, je suis comblé. Encourageant, me dit mon ami : s’ils commencent à s’exciter entre eux de la sorte au loin, la soirée pourrait s’animer plus près de nous aussi.

Il a raison : subitement, un cerf a bramé à proximité, très près, moins de 50 mètres peut-être. Et dans le silence profond de la nuit, ce cri n’en prend que plus d’ampleur. Pour moi, non-initié, ce premier brame restera à jamais gravé dans ma mémoire... Ce puissant râle emplit la forêt et donne à ce lieu une atmosphère insolite et magique.

 

© Jean-Claude Dechamps

Nous l’écoutons quelques minutes (une éternité !), sans le moindre mouvement. Lui nous sent peut-être, puisqu'un léger frémissement aérien se déplace de notre lieu en sa direction. Nous l’entendons, un peu inquiet, lancer quelques rots graves et rauques, puis s’éloigner, lentement : le retentissement, paraît-il typique, de ses bois contre quelques branches d’arbres, est audible. Oui, il nous a sentis mais nous ne l’avons pas effrayé ni tracassé - enfin, juste un peu...

Nous continuons cette lente progression sur un sentier forestier. Jean-Claude, c'est flagrant, connaît parfaitement la typographie du terrain : il me prévient parfois, tantôt de la présence de racines peu apparentes, tantôt d'une petite zone boueuse ou de pierres protubérantes. 

La magie continue d'opérer, les cerfs brament de plus belle, dans le lointain. Il nous faut changer d’emplacement, sans attirer l’attention de ceux que nous cherchons à approcher : nous progressons un long moment (mais à peine de quelques dizaines de mètres), jusqu’à atteindre un champ bordé d’une haute sapinière, un endroit où mon ami escompte bien entendre l’un ou l’autre nouveau raire proche de nous. Là, il me propose d’utiliser ses lunettes d’approche avec amplificateur de lumière.  Je n’avais jamais entendu parler de ce type de lunettes, très impressionnantes : il me montre un lièvre traverser le champ, sans se presser.  Dans le noir, je ne l'aurais pas distingué : avec ces lunettes spéciales, je le vois clairement !

Subitement, le majestueux cri tant espéré retentit, très près de nous. Nous sommes, cette fois, du bon côté. L'odorat extrêmement  développé du cerf ne peut déceler notre présence car le souffle d'air circule de lui vers nous, ou du moins parallèlement à nos positions respectives.  Ainsi, pendant de longues minutes, je peux entendre le brame dans toute sa splendeur.

 

© Jean-Claude Dechamps

Le cerf progresse à l’orée de la sapinière, dans notre direction, lentement. Je suis figé. Nous entendons sans doute des raires de marquage et d’appel, leur fonction étant de marquer l'emplacement du cerf vis-à-vis de ses congénères et d’appeler les biches : il en a sans doute autour de lui et tente de les rassembler, on le perçoit au déplacement de son brame.  J’ai l’impression qu’il s’éloigne, puis subitement, se rapproche : non, non, le cerf lance cet appel aux différents points cardinaux avec un temps de latence et d’écoute plus ou moins important entre chaque émission, c'est pourquoi, selon la direction de l'appel, le son nous semble si proche, ou éloigné.

Quel moment intense pour moi, quelle scène exceptionnelle et naturelle se déroule là sous mes yeux, pardon, sous mes oreilles attentives. Régulièrement, j'ai la chance, le bonheur d'entendre retentir cette longue plainte rauque et profonde, ce cri étrange et pas aussi lugubre qu'on le dise :  c'est le brame du cerf.

Nous n’en avons pas vus : peu importe !  Les photos de Jean-Claude me suffisent. Mais je les ai entendus ! Je suis privilégié ... et comblé. 



Quel spectacle pour les sens ! 

Le cerf brame, la forêt rêve.

      

La prochaine publication

n'est pas envisagée avant,

le 20 novembre !

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Je vous remercie

pour votre fidélité.

19 juillet 2016

A nice Moment of Love ! Un beau moment d'amour !

Clap, première...

 

En 2010, j'ai pris le risque de mettre en couleur un de mes dessins au portemine !

Ce dessin évolutif déjà publié sur mon précédent blog en 2013,

je vous le présente à nouveau,

et vous invite à regarder les nouvelles modifications apportées à l'article l'accompagnant.

 

- ultime mise à jour ce JEUDI 14 JUILLET -

        prochaine parution prévue à la fin de ce mois de juillet     
 

Image du Blog ypjane.centerblog.net

ETAPE 1 : DIMANCHE 3 JUILLET 2016.

 

Pour ce seul dessin en couleur jamais signé, gros plan sur un détail,

histoire d'attiser votre curiosité et vous inciter à revenir mardi pour la suite !

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A mardi, pour la suite !

 

Image du Blog ypjane.centerblog.net

ETAPE 2 : MARDI 5 JUILLET 2016.

 

"Aux dons que ta bonté mesure

Tout l'univers est convié ;

Nul insecte n'est oublié

À ce festin de la nature."

 

- Hymne de l'enfant à son réveil - Alphonse de Lamartine

 

Les éléments du dessin présentés le 3 juillet, aux teintes jaune et orange,

sont ceux d'un corps longiligne,

qui se prolonge en un abdomen, un thorax et une tête d'insecte que voici, de couleur verte ...

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La frissonnante libellule
Mire les globes de ses yeux
Dans l'étang splendide où pullule
Tout un monde mystérieux.

Les Rayons et les Ombres (1840)
Victor Hugo
 

... le corps se prolonge (...) ai-je écrit plus haut ! On pourrait effectivement le penser !

Détrompez-vous ... (à suivre)

 

Image du Blog ypjane.centerblog.net

ETAPE 3 : MERCREDI 6 JUILLET 2016.

 Dans le livre La libellule et le philosophe,

il semble que pour son auteur Alain Cugno,

la libellule manifeste quelque chose qui l’interloque particulièrement,

une source singulière, pour lui, de perplexité comme de satisfaction.

 

(…) La libellule fascine par la façon dont, quasiment, elle s’efface. Presque végétale, elle paraît flotter, elle tient d’un effet d’atmosphère plus que d’un être individué, mais pourtant, improvise.

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(…) Par sa taille, la libellule (…) effleure notre monde, mais s’en absente. (…) Les libellules sont des êtres (...) trop petits pour être vraiment vues de loin, trop grosses et trop farouches pour l’être de très près, on les cherche et on les repère sans entrer dans leur monde puisqu’elles ne vous laissent pas le temps de changer d’échelle pour vous adapter.

(…) A différents points de vue donc, la libellule intrigue. Elle flotte, elle traverse, elle n’est que de passage, trop petite pour notre monde, trop grande pour celui des insectes, animal, mais animal qui semble incomplet, qui manque, dans ses tourbillons, ses errances, de cette forme de saturation de soi.

(…) La nature est machine jusqu’au bout, tandis que l’art ne l’est que jusqu’à un certain point ; l’art est moins mécanique que la vie ; par son manque de mécanisme, son côté rafistolé, la libellule a l’air fabriquée. Les libellules (…) font plus artificiel que nature.

 

(…) En somme, la libellule est signe d’un trouble ; elle est de ces phénomènes qui par leur fugacité, leur apparence de gratuité, par l’impression qu’ils donnent de n’appartenir à aucun ordre des choses mais de les traverser seulement, rappellent que les choses ne vont pas de soi.

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      Mes explications du mardi 7 juillet le suggéraient :

en réalité, deux insectes, et non un seul, sont à présent visibles,

étrangement collés, comme soudés l'un à l'autre !

Pourquoi cette étrange proximité ?  Quel est le nom de ces insectes ?

Vous le découvrirez bientôt ! Rendez-vous ce vendredi 8 juillet !

Image du Blog ypjane.centerblog.net

ETAPE 4 : VENDREDI 8 JUILLET 2016.

 

Peut-on rester de marbre devant ma beauté ?

Mes couleurs vives alliées à la forme caractéristique de mon corps impressionnent et participent à ma plaisante réputation ; par ailleurs, chacun me sait inoffensive ! Mes larves sont aquatiques : c'est pourquoi je multiplie mes allées et venues furtives, toujours très appréciées, dans les jardins proches d’un plan d’eau. A mon apparition, toute discussion s’arrête chez les humains et je me délecte de telles exclamations à peine murmurées : Ne bouge pas … Regarde, une libellule ! Ne fais aucun bruit ! J'adore particulièrement les mares bien aménagées : j'aime rivaliser de beauté avec les nymphéas en fleurs de l'ami Marcel. Je ne suis pas peu fière de réussir à capturer en plein vol les moustiques, surtout à la tombée du jour où ils se montrent plus abondants.

Je suis aisément reconnaissable, au premier regard, à mes grandes ailes allongées et très nervurées, mon thorax trapu et mon abdomen filiforme et annelé. S’il m’arrive de me poser et de permettre à mes admirateurs une observation attentive, je prends bien garde - pour ne pas les effaroucher - de leur montrer l'extrême mobilité de ma tête ! Ils pourront parfois, s’ils se comportent à mon égard avec le plus grand respect, découvrir combien mes grands yeux composés occupent un large espace et comprendront pourquoi ils me procurent un champ de vision avoisinant 350°. Peut-être réussiront-ils à apercevoir mes courtes antennes ? A tout le moins, mes pièces buccales, de type broyeur, les étonneront.  Et s’ils font preuve d’une extrême patience, je leur dévoilerai les techniques de ma vie amoureuse...

Mais je me sens rougir ... 

Sur mes ébats, je préfère rester, un peu encore, discrète...

Ne jetez qu'un simple coup d’œil sans trop vous attarder...

Et revenez bientôt : promis, je dévoilerai et partagerai un peu mon intimité ! 

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  Mais - cela dit entre nous - sommes-nous vraiment deux libellules ? 

Vous le découvrirez bientôt ! Rendez-vous ce lundi 11 juillet !

Image du Blog ypjane.centerblog.net

ETAPE 5 : LUNDI 11 JUILLET 2016.

  En réalité,  nous ne sommes pas des libellules... 

 

J’aperçois dans votre regard une surprise non feinte :

" Pas des libellules, ces insectes ailés, annelés et colorés ?  Mais bien sûr que si ?

Permettez-moi dès lors de réitérer ces mots : nous ne sommes pas des libellules. 

Quelques explications s'imposent.

D’apparence très proche et adoptant un mode de vie similaire, appartenant à un ordre commun, les odonates, la plus ancienne espèce d’insectes ailés dont les origines remontent à la Préhistoire, nous, les demoiselles, faisons partie du sous-ordre des zygoptères alors que nos cousines les libellules appartiennent à celui des anisoptères.

Des différences morphologiques évidentes permettent de nous distinguer. 

Observez tout d'abord les photos ci-dessous : pouvez-vous en déceler quelques-unes ?

 

dragonfly---libellule.jpg   Damselfly - demoiselle
  LIBELLULE (DRAGONFLY)   DEMOISELLE (DAMSELFLY)
YEUX-LIBELLULE.jpg YEUX-AGRION.jpg

 

Notre corps est plus élancé et notre abdomen plus svelte : force est de reconnaître que nous surpassons les libellules en élégance !

Notre vol est moins rapide et plus saccadé que celui de nos cousines, capables, accordons-leur ce privilège, de voler en surplace ou même en arrière, de faire des piqués ou de décoller à la verticale, imitées en ce domaine par les ... hélicoptères !

La position de nos ailes au repos -  toujours repliées l’une contre l’autre et dressées le long du corps ou au-dessus, alors qu’elles sont étendues à l’horizontale chez les anisoptères – permet  à celui qui hésiterait encore de nous différencier à coup sûr.

Observez enfin, en conclusion, une autre différence flagrante : les yeux des libellules sont gros et joints en un point tandis que les nôtres sont plus petits et toujours séparés …

 

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Tout à l'heure, je lisais dans vos yeux une certaine surprise !

Maintenant, je perçois à votre rythme de lecture de plus en plus rapide une évidente impatience.  Je sais que vous attendez que je lève le voile sur notre intimité : contentez-vous, pour aujourd'hui, de contempler nos ébats amoureux, car c'est bien d'une scène d'accouplement qu'il s'agit... Contemplez... et essayez de comprendre !

 

A bientôt : rendez-vous le 14 juillet en matinée !

 

mouche-copie-1.gifImage du Blog ypjane.centerblog.net

ETAPE 6 : JEUDI 14 JUILLET 2016. 

" LOVE MOMENT "

  Bayu Sahaja

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En colorisant mon dessin au portemine comme un infographiste le ferait avec un bon vieux film en noir et blanc, j'ai cherché à préserver l'éclat naturel de mes demoiselles ailées ! Êtes-vous, comme moi, émerveillé par leur élégance naturelle rare ?

Si vous m'avez accompagné dans les étapes successives de la mise en couleur de ce couple d'odonates et que vous avez lu avec attention les diverses considérations qui les ont accompagnées, vous êtes à coup sûr en mesure de différencier aisément libellules et demoiselles et vous n'avez pas oublié ma promesse de vous présenter en ces lignes les pratiques amoureuses propres à cette espèce d'insecte ailé que les entomologistes répertorient sous le ravissant nom de "agrion élégant" ("ischnura elegans").

 

  Alors, ne perdons pas une seconde et ne bougeons plus.

Observons-les un instant dans leur intimité. 

 

Habituellement, les mâles matures se distinguent aisément par leur thorax bleu pâle alors que les femelles sont de coloration variable, soit bleue (et ressemblent à s'y méprendre aux mâles), soit verte, soit verte et brune. Or, nous admirons ici un tandem inhabituel d'agrions élégants, tous deux de coloration verte, tout simplement parce que la femelle (à gauche) appartient au type vert et le mâle (au-dessus) est encore immature et donc, pas encore bleu. En général, seuls les imagos (les adultes en phase finale de développement) s'accouplent mais chez les demoiselles de telles unions ne sont pas rares.

Ce couple de fragiles et sveltes zygoptères (de près de quatre centimètres de long tout de même) est très, très amoureux...

Notre demoiselle mâle (surprenante association de mots !) a jeté son dévolu sur la compagne de ses rêves, s’est empressée de la saisir par le prothorax, au niveau du cou, et la maintient immobile à l’aide de sa paire de pinces caudales, ces appendices anaux appelés "cerques  abdominauxé que votre œil attentif observera sur mon dessin et la photo originale. Ainsi maîtrisée, lorsqu'elle est prête, la femelle se courbe et colle l'organe génital de l’extrémité de son abdomen contre le deuxième segment abdominal du mâle pour rejoindre son pénis.

 

Le couple adopte ainsi une posture caractéristique en cercle, roue ou coeur,

appelée "cœur copulatoire" ou encore "Wheel Position" (position de la roue).

Un vrai moment d'amour !

 

Bien arrimés, ces deux superbes agrions exécutent quelques zigzags dans le ciel, puis se posent sur des végétaux. Notre reproducteur s'accroche le plus souvent seul à une tige, tandis que la femelle se maintient dans les airs. Si des conditions climatiques venteuses ou l'arrivée impromptue d'un concurrent ne viennent pas perturber le mâle, l'accouplement dure de longues minutes, parfois plusieurs heures. La copulation terminée, il libère sa congénère, qui s'empresse après un court repos de partir en quête d'un site favorable à la ponte, à moitié enfoncée dans l'eau, attendant le plus souvent le soir pour pondre ses œufs.

Bien des aspects des caractéristiques et mœurs de ces passionnantes créatures animales n'ont pas été abordés ici. Si le sujet vous intéresse, voici quelques sites consultés pour la rédaction de mes articles : certaines de ces pages web, particulièrement spécialisées, ne manqueront pas de répondre aux questions supplémentaires que vous pourriez encore vous poser...

http://www.larousse.fr/encyclopedie/vie-sauvage/libellule/...

http://odonates69.unblog.fr/biologie/

http://1x.com/photos/member/32126/32553/

http://photosinsectes.free.fr/odo/album/elegans.htm

http://www.insectesjardins.com/index.htm

http://odonates22.chez-alice.fr/zygopteres/agrion_elegant...

http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/387812

http://www.meslibellules.fr/thematique/anat/pterostigmas/...

http://www.libellulesmaizieres.fr/zygoptera/ischnura_eleg...

http://fr.wikipedia.org

http://entnemdept.ufl.edu/creatures/misc/odonata/odonata_...

http://hymenopterius.chez.com/libellule.htm

 

Avant de vous quitter, voici quelques photos de cœurs copulatoires glanées sur la toile ...

 

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 Bayu Sahaja